Mali, les Français partent, la coopération avec les Américains se poursuit

Quelques jours après le retrait du dernier détachement de la force française “Barkhane” présente sur le sol malien, les États-Unis poursuivent leur coopération avec les autorités de Bamako, notamment en matière de restitution de biens culturels.

Les États-Unis ont renouvelé pour la septième fois leur engagement avec le Mali sur le retour des biens culturels issus de fouilles et de pillages, saisis par les douanes américaines. Le document a été signé le 22 août dernier au Musée national à Bamako entre le ministre de la Culture, Andogoly Guindo, et l’ambassadeur des États-Unis au Mali, Denis Bruce Hankins.

Le premier accord, un protocole d’accord d’urgence, date déjà du 19 septembre 1993 et portait sur les restitutions du matériel archéologique de la vallée du Niger et des Falaises de Bandiagara en pays Dogon.[1] Le phénomène du trafic illicite des biens culturels a connu ces cinq dernières années une augmentation dramatique dans les pays du Sahel. Les États-Unis ont conclu des accords bilatéraux sur les biens culturels avec 23 pays, et le Mali est le seul pays d’Afrique subsaharienne à posséder un tel accord. En 2017, le Mali et les États-Unis avaient ajouté à l’accord la protection des manuscrits du XIIe au XXe siècle.

900 objets restitués d’un coup !

Le 7 décembre 2021, peu de temps après que le Bénin réceptionnait les 26 pièces du fameux Trésor du Béhanzin de la France, le Mali a réceptionné, lui, pas moins de 900 objets archéologiques saisis par les douanes américaines. Comme l’expliquait alors Daouda Keita, le directeur du Musée national :

« Que 900 objets soient remis d’un seul coup au Mali, c’est la première fois, grâce à l’accord bilatéral qui lie les États Unis au Mali. Nous allons passer d’abord à l’inventaire et à la documentation des pièces que nous venons de recevoir avant de proposer une exposition au grand public ».

Présentation de l’exposition « Protégeons nos biens culturels pour les générations futures » par Daouda Keita, le directeur du Musée national du Mali, au ministre Andogoly Guindo et à l’ambassadeur des États-Unis au Mali, Denis Bruce Hankins, le 22 août 2022. Photo : Musée national du Mali.

La plupart de ces objets avaient été pillés sur des sites archéologiques au Mali et exportés illégalement vers les États-Unis entre 2008 et 2011.  es États-Unis ont financé le retour des objets au Mali. L’exposition vient d’être inaugurée à l’occasion de la signature de l’accord, ouverte jusqu’au 30 septembre 2022.

L’exposition est organisée par le département en charge de la Culture dans le cadre de la mise en œuvre du Projet «Sensibilisation, éducation à la lutte contre le trafic illicite et exposition des biens culturels», L’exposition  Protégeons nos biens culturels pour les générations futures présente plus de 200 objets, et est accompagnée d’un double numériqu:

Pas de trace de l’exposition physique et virtuelle sur le site du Musée national de Bamako

Actuellement, le site internet du musée national de Bamako ne mentionne malheureusement pas la présence de l’exposition, ni son double numérique. Espérons que l’exposition virtuelle ne soit pas un simple effet d’annonce de la conférence de presse et que nous puissions découvrir ces trésors qui ont retrouvé leur patrie.

NOTE

[1] Sur les falaises de Bandiagara, voir la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : https://whc.unesco.org/fr/list/516/gallery/&index=1&maxrows=12#.