Gabon - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/gabon/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Wed, 25 Feb 2026 09:35:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Gabon - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/gabon/ 32 32 La CEMAC ou la comédie du développement https://mondafrique.com/decryptage/la-cemac-ou-la-comedie-du-developpement/ https://mondafrique.com/decryptage/la-cemac-ou-la-comedie-du-developpement/#respond Wed, 25 Feb 2026 05:18:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147595 Alors que la Communauté économique de l’Afrique centrale est à l’arrêt depuis le début de l’année, faute d’argent, Venance Konan s’interroge sur la sincérité du projet de développement de ses membres.  Par Venance Konan La CEMAC, c’est la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Elle a été créée le 16 mars 1994 et regroupe […]

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Alors que la Communauté économique de l’Afrique centrale est à l’arrêt depuis le début de l’année, faute d’argent, Venance Konan s’interroge sur la sincérité du projet de développement de ses membres. 

Par Venance Konan

La CEMAC, c’est la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Elle a été créée le 16 mars 1994 et regroupe le Gabon, le Congo Brazzaville, la Guinée Équatoriale, la Centrafrique, le Cameroun et le Tchad. Elle a pour objectif de favoriser l’intégration économique, d’assurer la stabilité monétaire et de promouvoir la libre circulation des personnes et des biens. Depuis quelque temps, la CEMAC est à l’arrêt, faute de ressources financières. Et la situation est tellement grave qu’elle menace la survie même de l’organisation qui a dû suspendre toutes ses activités prévues au budget 2026, ne maintenant que celles jugées « hautement stratégiques». En cause, le non versement par les États membres de la taxe communautaire d’intégration qui alimente le budget de l’organisation. Cette taxe, pourtant perçue par les États membres sur les importations, n’est cependant pas reversée à la CEMAC. À l’exception du Gabon.

Des ressources naturelles abondantes

Donnons rapidement quelques informations sur les pays membres de la CEMAC.

Le Gabon : avec une population de 2,63 millions de personnes, il est un important producteur de pétrole – 230 000 barils/jour – et dispose de réserves évaluées à deux milliards de barils. Il est également le 2ème ou 3ème producteur mondial de manganèse, a une réserve en fer estimée à deux milliards de tonnes, et possède de l’or, de la potasse, de l’uranium, du cuivre et des terres rares.

Le Congo Brazzaville : avec une population de 6,6 millions de personnes, il est le 4ème producteur de pétrole de la région – 270 000 barils/jour – et a des réserves estimées à 1,8 milliard de barils. Il possède aussi de la potasse, du fer, du cuivre, du zinc, de l’or, du diamant et du phosphate. La forêt couvre 70% de son territoire.

La Guinée équatoriale : sa population est de 1,98 millions d’habitants. Elle produit 70 000 barils/jour de pétrole et dispose de réserves estimées à 1,1 milliard de barils.

La Centrafrique : le pays compte 5,6 millions d’habitants et dispose d’or, de diamants, d’uranium, de fer, de cuivre et de pétrole. Mais seuls l’or et le diamant sont exploités de manière industrielle pour le moment.

Le Cameroun : sa population est de 30 millions d’habitants et il possède de l’or, des diamants, du nickel, et une réserve de pétrole de 200 millions de barils, pour une production de 58 000 barils par jour.

Le Tchad : avec une population de 20 millions de personnes, le pays dispose d’or, d’uranium et de pétrole – avec une réserve prouvée de 1,5 milliard de barils – de la bauxite et des métaux polymétalliques.

Pauvres, dites-vous ? 

On peut difficilement dire que ces pays sont fauchés. À l’exception, peut-être, du Tchad et de la Centrafrique, qui n’ont pas accès à la mer –ce qui n’a pas empêché le Président du premier de s’acheter des vêtements pour plus d’un milliard de francs CFA et l’empereur du second, en son temps, d’offrir des diamants à un président de la France. Au Gabon, des collaborateurs de l’ancien Président récemment déchu, qui ont été arrêtés, possédaient des dizaines de milliards de francs CFA sur leurs comptes en banque. Le fils du président de la Guinée Équatoriale lui, défraie régulièrement la chronique avec ses dépenses somptuaires en France et ailleurs en Europe ainsi qu’aux États-Unis. Concernant le Congo, on a appris en janvier dernier que la justice norvégienne avait inculpé deux hommes et une filiale d’un groupe pétrolier norvégien pour avoir versé environ 25 millions de dollars de pot-de-vin au président Denis Sassou N’guesso et à ses proches. Au Cameroun, il est vrai qu’avec un Président cacochyme de plus de 92 ans qui passe le plus clair de son temps à l’hôtel Intercontinental de Genève, le pays est en pilotage automatique depuis de longues années. Reste qu’il est l’une des économies les plus dynamiques de la région.

Alors pourquoi ces pays ne peuvent-ils pas financer la CEMAC ? Parce qu’à l’évidence, l’intégration des économies de cette région et, au-delà, le développement de leurs pays est le cadet des soucis de leurs dirigeants. Ce qui nous amène à nous poser à nouveau cette question de l’essayiste camerounaise Axelle Kabou dans son essai au titre éponyme « et si l’Afrique refusait le développement ? » paru en 1991. Ou, pour citer l’ouvrage d’un autre essayiste africain, l’Ivoirien Alain Tailly, ne sommes-nous pas en train de jouer « la comédie du développement » ?

Puisqu’on nous a dit que pour nous développer, il fallait passer par l’intégration de nos économies, comme le fait l’Union européenne, nous avons donc créé des organisations censées réaliser cette intégration ; nous avons été jusqu’à copier les institutions de l’Union européenne avec des commissions et des commissaires à n’en plus finir (à l’exemple de l’Union africaine). Et puis, nous refusons de donner à ces organisations les moyens de vivre et de jouer leur rôle.

Qu’il est long, très long, le chemin vers ce fameux développement que l’on promet depuis tant d’années aux populations africaines !

La CEMAC en panne sèche

 

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L’Union africaine contre le « blanchiment » des coups d’État https://mondafrique.com/limage-du-jour/union-africaine-mise-en-garde-contre-le-blanchiment-des-coups-detat/ Mon, 16 Feb 2026 11:51:22 +0000 https://mondafrique.com/?p=147238 Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché […]

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Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché des positions fortes sur plusieurs crises du continent. Mais au-delà des volets diplomatiques et économiques, l’une de ses déclarations a particulièrement retenu l’attention.

Soudan, RDC, Somaliland : des prises de position claires

Sur le Soudan, il s’est montré alarmiste, évoquant « une crise humanitaire sans précédent », avec « des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et la destruction d’infrastructures essentielles ». Il a appelé la communauté internationale à regarder « cette catastrophe en cours » et insisté sur la nécessité de protéger les civils et d’aider les Soudanais à retrouver « la voie juste vers la paix, la concorde et la réconciliation nationale».

Concernant la République démocratique du Congo, il a dit observer « avec inquiétude la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire », évoquant l’occupation de nouvelles positions par le M23 et l’installation d’une administration parallèle. Pour lui, il est « vital et urgent » de lancer un dialogue inter-congolais, présenté comme une étape essentielle vers la réconciliation nationale et une paix durable.

Il a également pris une position très claire sur le Somaliland, réaffirmant « la position ferme de l’Union africaine qui rejette toute initiative visant à reconnaître le Somaliland comme entité indépendante ». Une telle reconnaissance, a-t-il dit, violerait les principes de l’UA et la règle de l’intangibilité des frontières héritées des indépendances. Il a martelé que « la préservation de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de la stabilité de la Somalie est non négociable ».

Oligui Nguema et Mamadi Doumbouya dans le viseur

Cependant, la partie de son discours qui a le plus fait réagir concerne sa dénonciation du « blanchiment des coups d’État ». Pour le président angolais, le passage par les urnes « ne signifie pas que l’ordre constitutionnel est rétabli dès lors que les auteurs d’un coup d’État organisent des élections et se font élire ». Selon lui, c’est « une forme de blanchiment d’un acte entaché d’illégitimité ».

Il a prévenu que cela ne devait pas devenir « une nouvelle norme d’accès au pouvoir », car ce serait « une manière indirecte d’encourager les coups d’État ». S’il ne cite personne nommément, ses propos font clairement référence à la Guinée Conakry et au Gabon, où les putschistes ont organisé des élections et ont ensuite été réintégrés dans les institutions africaines.

 

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La CEMAC en panne sèche https://mondafrique.com/limage-du-jour/la-cemac-en-panne-seche/ Mon, 09 Feb 2026 05:03:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146830 La communauté d’Afrique centrale se débat dans des difficultés financières d’une ampleur inédite. L’organe dirigeant de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) est à l’arrêt, faute de ressources financières, a révélé dimanche RFI. Si le site internet de la CEMAC est muet sur le sujet, l’information figure dans une note interne […]

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La communauté d’Afrique centrale se débat dans des difficultés financières d’une ampleur inédite.

L’organe dirigeant de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) est à l’arrêt, faute de ressources financières, a révélé dimanche RFI. Si le site internet de la CEMAC est muet sur le sujet, l’information figure dans une note interne de la Commission de la CEMAC à laquelle RFI a eu accès. La note évoque une « dégradation continue» de la situation financière de l’organisation, d’une telle gravité qu’elle en menace même la survie, a rapporté le correspondant à Yaoundé de la radio. Toutes les activités prévues au budget 2026 sont suspendues. Seules les activités jugées « hautement stratégiques » seront maintenues. 

En cause, le non versement par les États membres de la taxe communautaire d’intégration supposée alimenter le budget de l’organisation d’Afrique centrale. Cette taxe est perçue par les États sur les importations mais pas reversée systématiquement à la CEMAC, comme cela devrait être le cas. Le Gabon est le seul des pays membres à avoir payé sa quote-part, à hauteur de 10,5 milliards de francs CFA en 2025. Le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad sont presque tous confrontés à des crises sécuritaires, politiques et économiques sévères. 

Le dernier message officiel du président de la Commission, l’Équato-Guinéen Baltasar Engonga Edjo’o, est un message de vœux du 31 décembre, dans lequel il a dressé, dans sa plus belle langue de bois, «un bilan positif de l’intégration régionale, marqué par une croissance de 2,7 % et le succès des projets intégrateurs.»

Le 22 janvier dernier, une session extraordinaire de la conférence des chefs d’État, accueillie par Denis Sassou N’guesso, avait reflété à mi-mots la situation financière difficile de la zone en mentionnant le rapport du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale selon lequel, compte-tenu du «contexte macroéconomique et des perspectives, des mesures urgentes et vigoureuses étaient [nécessaires] pour le redressement de la situation»

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Gabon, la chanteuse et … sénatrice Annie-Flore Batchiellilys https://mondafrique.com/loisirs-culture/gabon-la-chanteuse-annie-flore-batchiellilys-la-haine-ne-construit-pas/ Thu, 06 Feb 2025 15:09:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=126712 Il y a des artistes dont la voix transcende les générations, des voix qui portent plus loin que la musique. Annie-Flore Batchiellilys est de celles-là. Chanteuse, militante, passeuse de mémoire, elle a fait de son art une arme pour défendre l’Afrique, l’unité et l’héritage culturel gabonais. Mais aujourd’hui, alors qu’elle a rejoint les rangs du […]

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Il y a des artistes dont la voix transcende les générations, des voix qui portent plus loin que la musique. Annie-Flore Batchiellilys est de celles-là. Chanteuse, militante, passeuse de mémoire, elle a fait de son art une arme pour défendre l’Afrique, l’unité et l’héritage culturel gabonais. Mais aujourd’hui, alors qu’elle a rejoint les rangs du Sénat, une question se pose : son engagement politique sert-il ses idéaux ou la place-t-elle en caution du régime en place ?

Née en 1967 à Tchibanga, Annie-Flore Batchiellilys a grandi au rythme des chants traditionnels Nzébi, bercée par les récits et les valeurs de ses ancêtres. Très tôt, elle comprend que la musique n’est pas qu’un divertissement : c’est un langage, un cri, un acte de résistance.

Dans « Afrique mon toit », elle chante son attachement viscéral au continent, un amour teinté de douleur et d’espoir.

 Extrait des paroles de « Afrique mon toit » :
« Afrique mon toit, je te pleure et je te ris
Afrique mon toit, je t’appelle et je te prie
Je suis l’enfant de tes douleurs
Je suis la voix de ton espoir… »

Un texte puissant, qui résonne comme une promesse faite à sa terre natale.

Un appel à l’unité dans un pays fragmenté

Mais Annie-Flore ne chante pas seulement l’Afrique, elle porte aussi un message profondément gabonais. « Ngabu » est une ode à la diversité de son pays, un plaidoyer pour un Gabon où chaque communauté a sa place, au-delà des clivages ethniques :

« C’est dans l’unité que l’on doit devenir
Marions nos idées, la haine ne construit pas (ça c’est vrai)
Le Gabon sans tous ces groupes ethniques ne serait pas mon pays
Ngabu sans le groupe Mbendé, Okandé, Bakota et Pygmées, tsi Ngabu
Que tu sois du groupe Fang, Omyene, ou Merié
Travaillons ensemble, le Gabon est notre maison
L’héritage de nos enfants passe avant nous
Travaillons ensemble, le Gabon est notre raison
Abat le « chez moi d’abord », qu’on s’enivre de chez nous. »

Ces mots résonnent comme un engagement, un rappel que la véritable richesse d’un pays repose sur sa cohésion et non sur ses divisions.

Une militante de la culture… et une cible politique

Chanter pour la mémoire, pour la transmission, c’est aussi prendre des risques. En 2006, Annie-Flore Batchiellilys crée le festival des Nuits Atypiques de Mighoma, un événement qui devient plus tard la Rencontre Internationale des Peuples et des Arts de Mighoma. Plus qu’un festival, c’est un espace de dialogue entre les cultures, un carrefour où les voix oubliées trouvent une tribune.

Mais son engagement a un prix. Lors de l’élection présidentielle de 2009, ses prises de position lui valent d’être mise au ban du paysage médiatique gabonais. Pendant trois ans, elle est privée de concerts et ses chansons disparaissent des ondes. Ce n’est qu’en novembre 2015 qu’elle retrouve la scène à Libreville, comme une résurrection artistique et politique.

Sénatrice sous un régime militaire : engagement ou compromis ?

Le 6 octobre 2023, Annie-Flore Batchiellilys est nommée sénatrice par le général Brice Clothaire Oligui Nguema qui a renversé Ali Bongo lors du coup d’Etat du 30 aout 2023. Elle fait ainsi partie des 70 personnalités choisies pour siéger au sénat de la transition qui est la chambre haute du parlement du Gabon, dans un pays où la démocratie a été mise en suspens  et où le régime militaire soulève de plus en plus d’inquiétudes.

L’artiste engagée d’hier est-elle devenue une figure du pouvoir ? Son entrée en politique est-elle une manière de peser sur les décisions ou une intégration forcée dans un système qu’elle a autrefois critiqué ?

Dans « Dikoka », elle chante :
« Nous sommes l’histoire, nous sommes le chant des ancêtres
Nous sommes le feu qui danse sous les étoiles… »

Une manière de dire que l’histoire appartient à ceux qui osent la porter. Mais reste à savoir de quelle manière elle souhaite écrire la sienne.

Une étoile qui brille encore, mais sous quel ciel ?

Ce qui est certain, c’est qu’Annie-Flore Batchiellilys n’a jamais cessé d’être une voix singulière. Sur scène, elle ne chante pas, elle vibre, elle incarne chaque mot, chaque note, chaque silence.

 Conclusion avec « Afrique mon toit » :
« Je suis née sous tes étoiles
J’ai grandi dans ton regard
Je suis ton enfant, Afrique mon toit
Et je t’aimerai toujours… »

Un engagement sans faille pour la culture, une passion indéfectible pour son pays. Mais alors qu’elle occupe désormais un poste politique, la question demeure : sa voix continuera-t-elle à défier le pouvoir ou finira-t-elle par l’accompagner ?

 

Pierre Claver Akendengué : une Afrique en quête de sens

 

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Gabon, la Banque mondiale ferme le robinet des financements https://mondafrique.com/decryptage/gabon-la-banque-mondiale-ferme-le-robinet-des-financements/ Thu, 16 Jan 2025 18:36:09 +0000 https://mondafrique.com/?p=125113 Pour la deuxième fois sous le régime de la transition, la Banque mondiale suspend ses financements au Gabon à cause de nouveaux impayés. Une décision lourde de conséquences pour les projets de développement. La Banque africaine de développement (BAD) a également cessé ses décaissements depuis plusieurs mois. Le pays fait face à des défis financiers […]

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Pour la deuxième fois sous le régime de la transition, la Banque mondiale suspend ses financements au Gabon à cause de nouveaux impayés. Une décision lourde de conséquences pour les projets de développement. La Banque africaine de développement (BAD) a également cessé ses décaissements depuis plusieurs mois. Le pays fait face à des défis financiers majeurs.

Le Gabon voit ses relations avec ses partenaires financiers internationaux se détériorer davantage. Ce lundi, Africa Intelligence a révélé que la Banque mondiale avait suspendu une nouvelle fois ses financements au pays. Cette décision, prise en amont du sommet extraordinaire de la CEMAC à Yaoundé le 16 décembre, met en lumière l’incapacité de Libreville à gérer ses engagements financiers. En effet, des arriérés de paiement non résolus ont conduit l’institution de Bretton Woods à cette mesure drastique, marquant ainsi un sérieux revers pour les autorités de la transition.

Tensions au sommet de l’État

D’après des sources proches du dossier, le président de la transition, Clotaire Oligui Nguema, reprocherait à son ministre de l’Économie, Mays Mouissi, une gestion approximative des finances publiques, en particulier sur le contrôle de la dette et les rentrées fiscales. Les critiques se sont intensifiées, au point que Mouissi a été muté au ministère de l’Environnement lors d’un récent remaniement ministériel. Ce réajustement, qui porte le gouvernement à 35 membres, reflète la pression croissante sur l’équipe dirigeante pour redresser une économie vacillante.

Une crise aux répercussions sociales

La suspension des financements par la Banque mondiale risque d’avoir des effets graves sur plusieurs secteurs clés. L’éducation, les infrastructures et la santé, domaines déjà fragilisés, pourraient subir des retards importants, compromettant des projets essentiels pour le bien-être de la population gabonaise, déjà éprouvée par des difficultés économiques récurrentes.

La BAD suspend aussi ses financements

La Banque africaine de développement (BAD) a, elle aussi, décidé de geler ses décaissements. Selon les informations de Direct Info, cette suspension est en place depuis trois mois et résulte de l’accumulation d’impayés. La perte de confiance des partenaires financiers devient une préoccupation majeure.

Le ministère du Budget a confirmé que les arriérés envers la Banque mondiale s’élèvent à 17 milliards de francs CFA au 10 janvier 2025. Bien que l’administration évoque des difficultés passagères et assure qu’un plan de règlement est en cours, les conséquences pour l’image du pays sur la scène financière internationale sont déjà lourdes.

Une dette à 80% du PIB

Les dernières données du FMI sur le Gabon.

Pour éviter une spirale de sanctions supplémentaires, le gouvernement gabonais doit rapidement assainir ses finances publiques et s’acquitter de ses dettes. Sans cela, la poursuite des projets de développement reste compromise, et le risque de nouvelles suspensions de financement par d’autres bailleurs de fonds s’amplifie.Un gouvernement gabonais qui avait pourtant annoncé que grâce à sa « gestion efficace et efficiente ladette du Gabon avait été payée » mais  en réalité, la dette du Gabon est selon le Fond monétaire international à 80% du Produit Interieur Brut (PIB) du Pays…

 

 

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Gabon, les tortionnaires de Sylvia Bongo devant la justice française  https://mondafrique.com/confidentiels/gabon-les-tortionnaires-de-sylvia-bongo-devant-la-justice-francaise/ Thu, 16 Jan 2025 18:34:02 +0000 https://mondafrique.com/?p=125110 Un juge parisien appartenant au parquet spécialisé dans la lutte contre les crimes contre l’humanité a été désigné pour enquêter sur les tortures infligées à Sylvia Bongo et à son fils Noureddin Bongo depuis le renversement d’Ali Bongo par l’armée gabonaise le 30 août 2023. Le doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris […]

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Un juge parisien appartenant au parquet spécialisé dans la lutte contre les crimes contre l’humanité a été désigné pour enquêter sur les tortures infligées à Sylvia Bongo et à son fils Noureddin Bongo depuis le renversement d’Ali Bongo par l’armée gabonaise le 30 août 2023.

Le doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris a nommé un magistrat du pôle Crimes contre l’humanité pour enquêter sur les tortures subies par Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo, arrêtés les 29 et 30 août 2023 au Gabon.

Cette information a été communiquée par les avocats de Sylvia Bongo – Me François Zimeray, Me Catalina de la Sota et l’ancien bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur – lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 9 janvier 2025 à Paris.

Tortures et extorsions

Depuis leur arrestation – qui s’apparente davantage à une séquestration qu’à autre chose – Sylvia et Noureddin Bongo ont été soumis à diverses formes de torture. Battue à plusieurs reprises, Sylvia Bongo a également été étranglée à plusieurs occasions. Noureddin Bongo, quant à lui, a été battu, électrocuté et contraint, sous la menace de tortures plus sévères, à se battre avec d’autres prisonniers à l’aide de bâtons.

Outre le sadisme des tortionnaires, les actes de torture et les traitements inhumains infligés à Sylvia et Noureddin Bongo avaient également des motivations mercantiles. Ainsi, sous la torture, ils ont été contraints d’effectuer des virements bancaires au profit de tiers, dont certains proches du nouveau maître du Gabon, Brice Oligui Nguema.

Vent de panique

La désignation d’un magistrat pour enquêter sur ces tortures provoque un vent de panique au Gabon parmi les auteurs présumés des sévices, au nombre de huit, dont plusieurs membres de la Garde républicaine. Trois d’entre eux, officiers supérieurs, sont particulièrement proches de Brice Oligui Nguema. L’un d’eux, un colonel, est une figure clé du dispositif de sécurité du « général-président » et agit comme son garde du corps principal. Cet homme, probablement la deuxième personne la plus puissante du Gabon après Brice Oligui Nguema, serait furieux. Il envisagerait désormais d’éviter l’espace Schengen et les pays occidentaux, lui qui apprécie les luxueux hôtels parisiens. Un autre colonel, qui a été un collaborateur étroit de Brice Oligui Nguema lorsqu’il était commandant en chef de la Garde Républicaine du Gabon, lui aussi s’inquiète pour son avenir judiciaire.

Mais ceux chez qui l’inquiétude est la plus grande sont sans doute des civils visés par cette plainte donc par des poursuites judiciaires. Ainsi des civils très proches de Brice Clotaire Oligui Nguema impliqués dans le processus d’extorsion sont également visés par la plainte à Paris ainsi que des avocats de l’Etat Gabonais à qui Sylvia et Noureddin ont été contraints de signer des pouvoirs sur leurs biens.

Brice Oligui Nguema pas si inquiet

Les révélations par Mondafrique sur la destination des biens extorqués à la famille d’Ali Bongo a embarrassé Brice Oligui Nguema, d’autant que plusieurs militaires se plaignent de ne pas avoir été associés au partage des biens extorqués à la famille d’Ali Bongo hors de tout cadre légal bien entendu. Pour apaiser ces tensions, il leur aurait promis une meilleure répartition lors des prochaines extorsions, notamment en visant encore l’épouse et le fils aîné d’Ali Bongo, qu’il continue de traiter davantage comme des captifs que comme de véritables prisonniers.

Pour l’heure, la procédure judiciaire engagée en France semble peu inquiéter Brice Oligui Nguema. Le président de la transition est davantage préoccupé par son projet de se faire « élire » dans une élection dont le résultat semble joué d’avance puisque  sans garantie de transparence. Prudent, Brice Oligui Nguema a écarté son principal adversaire, Albert Ondo Ossa, en invoquant une « limite d’âge ».

Homme pressé, Brice Oligui Nguema aimerait que l’élection présidentielle se tienne avant le mois d’août, bien que cette échéance soit en porte à faux avec  le calendrier de transition qu’il a lui-même fixé…

Gabon, Sylvia et Noureddin Bongo maltraités par Oligui Nguema

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bases militaires françaises en Afrique, l’exception du Gabon https://mondafrique.com/a-la-une/bases-militaires-francaises-en-afrique-lexception-du-gabon/ Mon, 06 Jan 2025 07:56:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=124383 Alors qu’une vague de retrait – concertée ou non – de la présence militaire française en Afrique se poursuit avec l’annonce faite par le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, la fermeture de la base militaire française au Gabon n’est pas à l’ordre du jour. Mondafrique vous explique. En Centrafrique, au Mali, au Burkina […]

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Alors qu’une vague de retrait – concertée ou non – de la présence militaire française en Afrique se poursuit avec l’annonce faite par le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, la fermeture de la base militaire française au Gabon n’est pas à l’ordre du jour. Mondafrique vous explique.

En Centrafrique, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l’armée française, présente notamment dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme, a été contrainte de fermer ses bases et de se retirer. Dans certains cas – comme en Centrafrique et au Mali – ce retrait a ouvert la voie à l’arrivée de la Russie, par l’intermédiaire du groupe Wagner, aujourd’hui rebaptisé Africa Corps, ainsi qu’à d’autres forces, telles que les soldats rwandais en Centrafrique.

« Nous avons décidé du retrait concerté et organisé des forces françaises en Côte d’Ivoire »

Le Tchad, longtemps perçu comme un bastion de la présence militaire française depuis les années 1970, a également acté le départ des troupes françaises. Le 28 novembre 2024, le président Mahamat Idriss Déby Itno, désormais maréchal à 40 ans, a jugé les accords de défense avec la France « complètement obsolètes face aux réalités politiques et géostratégiques de notre temps ».

Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé le 31 décembre 2024 « la fin de toutes les présences militaires étrangères au Sénégal dès 2025 ».

La véritable surprise est venue du président ivoirien Alassane Ouattara, qui a déclaré lors de son discours à la nation le 31 décembre 2024 : « Nous pouvons être fiers de notre armée, dont la modernisation est désormais effective. C’est dans ce cadre que nous avons décidé du retrait concerté et organisé des forces françaises en Côte d’Ivoire (…) dès ce mois de janvier 2025. »

L’exception gabonaise

Au Gabon, où le général Brice Oligui Nguema a pris le pouvoir le 30 août 2023 par un coup d’État, la question du départ des forces françaises ne semble pas à l’ordre du jour. Si certains y voient une stratégie pour consolider son pouvoir sans se brouiller avec Paris, dont les liens historiques et multiformes avec Libreville sont bien connus (la France accueille la première diaspora gabonaise et a formé l’essentiel des cadres gabonais), d’autres soulignent une réorientation profonde de la présence militaire française.

« Le pôle opérationnel de coopération militaire de l’Afrique centrale »

Un article du principal journal du Gabon dénommé « L’Union ».

La France a amorcé une transformation de sa présence militaire au Gabon, désormais axée sur la formation des forces locales. L’inauguration, en juillet 2024, de l’ Ecole d’Administration des Forces de Défense de Libreville (EAFDL- créée en 2022) dans le camp général de Gaulle à Libreville, illustre ce changement. Cette base, qui comptait 350 militaires français, verra ses effectifs réduits à 200 d’ici 2025. Depuis 2022, les éléments français au Gabon se présentent comme « le pôle opérationnel de coopération militaire de l’Afrique centrale ». Ce dispositif privilégie le transfert de compétences et la formation des forces gabonaises, des unités d’élite aux sapeurs-pompiers, offrant un encadrement de haut niveau adapté aux besoins du pays. 

La coopération militaire Franco- Gabonaise se traduit également  par la présence de nombreux officiers français dans le forces armées gabonaises dans le cadre de la coopération sécurité défense…

Chinois et Américains en embuscade

Brice Oligui Nguema lors d’une visite au Pentagone le 27 juillet 2024.

Le Gabon demeure une terre de convoitises pour d’autres puissances. Avant le coup d’État, des discussions sur l’établissement d’une base militaire chinoise étaient en cours, mais cet intérêt semble avoir décliné sous le nouveau régime. Néanmoins, la coopération militaire avec la Chine reste forte, notamment en matière de fourniture d’équipements, tandis que de nombreux officiers gabonais, dont le général Antoine Balékidra, commandant par intérim de la Garde républicaine, ont été formés en Chine.

Par ailleurs, les relations militaires avec les États-Unis s’intensifient. Le général Brice Oligui Nguema a bénéficié d’une attention particulière du Département d’État et du Pentagone lors de son dernier voyage à Washington. L’idée d’une base militaire américaine au Gabon, en discussion depuis deux décennies, pourrait refaire surface.

Le spectre russe

Enfin, la Russie pourrait chercher à étendre son influence au Gabon. Bien qu’elle dispose déjà de relais parmi les proches collaborateurs du général Oligui Nguema, elle pourrait avancer très prochainement ses pions surtout si à Paris on critique un peu  trop fermement les résultats des élections présidentielles prévues en août 2025 et dont Brice Oligui Nguema sera très certainement donné vainqueur.

 Mais nous n’en sommes pas encore là…

 

Gabon, Sylvia et Noureddin Bongo maltraités par Oligui Nguema

 

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Gabon, la mort sous la torture d’un militaire https://mondafrique.com/politique/la-mort-sous-la-torture-dun-militaire-une-affaire-detat-au-gabon/ Wed, 01 Jan 2025 00:11:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=124150 Johan Bounda, second maître dans la marine gabonaise et membre des fusiliers marins, a été torturé à mort par des agents de la Direction générale des Contre-ingérences et de la Sécurité militaire (DGCISM), communément appelée « B2 », le 20 décembre 2024. Mondafrique revient sur une affaire d’État. Le samedi 21 décembre 2024, des proches […]

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Johan Bounda, second maître dans la marine gabonaise et membre des fusiliers marins, a été torturé à mort par des agents de la Direction générale des Contre-ingérences et de la Sécurité militaire (DGCISM), communément appelée « B2 », le 20 décembre 2024. Mondafrique revient sur une affaire d’État.

Le samedi 21 décembre 2024, des proches de Johan Bounda, commando de marine âgé de 38 ans, sont informés par une source militaire que son corps se trouve à la morgue de l’Hôpital des instructions des armées Omar Bongo, situé au PK9, en périphérie de Libreville. Lorsqu’ils apprennent la nouvelle, les proches du second maître Johan Bounda sont d’abord informés qu’il aurait été tué par balle lors d’un braquage sur son lieu de service. Cependant, lorsqu’ils se rendent à la morgue de l’hôpital militaire, la famille de Johan Bounda découvre avec stupeur et effroi que son corps porte les marques d’atroces sévices, notamment des brûlures infligées avec un fer à repasser.

Torturé à mort par les renseignements militaires

Les photos du corps supplicié de Johan Bounda fuitent sur internet et bouleversent l’opinion publique. Très vite, le déroulement des événements est reconstitué. Johan Bounda, qui était affecté à la protection du secrétaire général du ministère de la Défense du Gabon, le général Martin Ossima Ndong, avait pris son poste de garde le vendredi 20 décembre 2024. Cette garde comprenait une dizaine d’hommes appartenant à différents corps des forces armées gabonaises.

Une accusation de vol de bijoux au domicile du général Martin Ossima Ndong conduit l’ensemble de la garde, y compris le second maître Johan Bounda, à la Direction générale des Contre-ingérences et de la Sécurité militaire (DGCISM – B2). Pourtant, plusieurs témoignages indiquent que  les membres de la garde n’avaient pas accès à l’intérieur de la résidence du général, et aucune preuve ne permettait de les accuser.

Sur place, les membres de la garde contestent fermement ces accusations, faisant valoir qu’ils n’ont jamais eu accès à la résidence, laquelle était par ailleurs sous protection électronique, ce qui permettrait facilement de vérifier leurs dires. Johan Bounda souligne l’absurdité de la situation aux agents des renseignements militaires, qui décident alors de le maltraiter, puis de le torturer. Lorsqu’il leur fait remarquer que le traitement qu’il subit est contraire aux lois en vigueur au Gabon, tant civiles que militaires, ses tortionnaires décident de « lui en faire voir » et « de le briser ». Dans la logique sinistre de la Direction générale des Contre-ingérences et de la Sécurité militaire, « il vaut mieux un ‘aveu’ utile obtenu sous la torture qu’un aveu sincère embarrassant ».

Johan Bounda ne survit pas aux sévices infligés par ses bourreaux, qui, pris de panique, décident de déposer son corps à l’hôpital militaire.

Une affaire d’État

Le Général de division aérienne, Martin Ossima Ndong. Actuel secrétaire général du ministère de la défense du Gabon.


Né à Tchibanga, dans le sud du Gabon, en 1986, Johan Bounda s’était engagé dans la marine nationale gabonaise en 2011 avant d’intégrer les commandos de marine. Au cours de sa carrière, il avait participé à plusieurs missions, notamment deux déploiements en opérations extérieures en République centrafricaine, en 2012-2013 puis en 2016, où il avait été décoré à chaque fois, notamment pour acte de courage. Sa mort devient rapidement une « affaire d’État », bien que l’armée ait tenté de l’étouffer en la qualifiant « d’incident ».

Cette affaire place le général Martin Ossima Ndong, 58 ans, aviateur formé en France, ancien chef d’État-major général des forces armées gabonaises, numéro 3 de la junte gabonaise et secrétaire général du ministère de la Défense du Gabon, dans une position délicate.

Test majeur pour Brice Oligui Nguema

Oligui Nguema porté en triomphe par ses hommes de la Garde républicaine dans l’enceinte de la Présidence du Gabon le 30 aout 2023.

Bien qu’il n’ait pas encore pris de mesures conservatoires en relevant de leurs fonctions le secrétaire général du ministère de la Défense et le patron de la Direction générale des Contre-ingérences, Brice Oligui Nguema, le chef de l’État gabonais, s’est rendu auprès de la famille de Johan Bounda, à qui il a promis de faire toute la lumière sur cette affaire. Il a également déclaré : « C’est osé, on ne peut pas torturer quelqu’un pour un vol de bijoux ». Rappelons toutefois, qu’à ce jour, 8 militaires de la Direction Générale des Contre Ingérence et de la Sécurité Militaire ont été mis aux arrêts, une grande première.

Le meurtre tragique de Johan Bounda constitue sans doute le premier test majeur pour Brice Oligui Nguema, qui devra choisir entre l’apaisement de la troupe à laquelle appartenait le second maître Johan Bounda et la protection d’un membre influent de la junte militaire. Cette troupe qui l’a porté au pouvoir le 30 août 2023…

Gabon, huit syndicalistes brutalisés par le renseignement militaire.

 

 

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Gabon – mystère sur le sort de l’ancien ministre du pétrole https://mondafrique.com/confidentiels/gabon-mystere-sur-le-sort-de-lancien-ministre-du-petrole/ Wed, 25 Dec 2024 14:22:10 +0000 https://mondafrique.com/?p=108775 Arrêté dans la foulée du coup d’État du 30 août 2023, le sort de Vincent de Paul Massassa –  dernier ministre du pétrole d’Ali Bongo – est entouré de mystère. Deux jours après le coup d’État qui a renversé Ali Bongo le 30 août 2023, Vincent de Paul Massassa, ancien ministre du pétrole, est arrêté. […]

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Arrêté dans la foulée du coup d’État du 30 août 2023, le sort de Vincent de Paul Massassa –  dernier ministre du pétrole d’Ali Bongo – est entouré de mystère.

Deux jours après le coup d’État qui a renversé Ali Bongo le 30 août 2023, Vincent de Paul Massassa, ancien ministre du pétrole, est arrêté. Dans la foulée, cet ancien apparatchik du régime d’Ali Bongo est conduit à la Direction Générale des Contres Ingérences et de la Sécurité Militaire (DGCISM), communément appelée B2, dans le cadre d’une enquête ouverte sur sa gestion du pétrole du Gabon quand il était aux affaires.

Interdit de contact avec ses proches

La seule fois où ses proches l’ont revu de visu, c’est lorsqu’ils est revenu chez lui accompagné d’agents des renseignements militaires pour perquisitionner son domicile. Lors de la passation de service le 15 septembre 2023, un agent des renseignements militaires va demander à la famille de Vincent de Paul Massassa d’apporter un costume-cravate. « On l’a vu à la télévision comme tout le monde (…) à l’écran, il était faible », déclare sa fille sous couvert d’anonymat.

« Il avait des traces de sévices »

À ce jour, Vincent de Paul Massassa n’a jamais pu recevoir de visites ni même être en contact avec son avocat. Malgré les autorisations obtenues par la famille de la part de la justice, l’accès à la prison centrale de Libreville leur a été systématiquement refusé. Selon nos informations, Vincent de Paul Massassa se trouverait bien à la Prison centrale de Libreville et son état de santé serait préoccupant puisqu’atteint d’une maladie chronique, il ne recevrait pas les soins nécessaires.
L’ancien Ministre du pétrole a-t-il été torturé ? Selon des témoignages de personnes qui l’ont vu après son arrestation, Vincent de Paul Massassa « avait des traces de sévices »…

 

Gabon – Sylvia Bongo maltraitée, Nourredine Bongo torturé

 

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Pierre Claver Akendengué : une Afrique en quête de sens https://mondafrique.com/a-la-une/pierre-claver-akendengue-une-afrique-en-quete-de-sens/ Mon, 23 Dec 2024 20:57:46 +0000 https://mondafrique.com/?p=123720 Dans le paysage musical africain, certains artistes ne se contentent pas de chanter : ils racontent, dénoncent, enseignent. Pierre Claver Akendengué est de ceux-là. Ce poète et musicien gabonais, à la fois enraciné dans ses traditions et ouvert au monde, porte depuis plus de cinquante ans la voix d’une Afrique fière, blessée, mais toujours tournée […]

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Dans le paysage musical africain, certains artistes ne se contentent pas de chanter : ils racontent, dénoncent, enseignent. Pierre Claver Akendengué est de ceux-là. Ce poète et musicien gabonais, à la fois enraciné dans ses traditions et ouvert au monde, porte depuis plus de cinquante ans la voix d’une Afrique fière, blessée, mais toujours tournée vers l’espoir.

Né en 1943 sur l’île de Nengué,  au Gabon, Pierre Claver Akendengué quitte son pays pour poursuivre ses études en France. Un exil qui, loin de l’éloigner de ses racines, lui permet d’aiguiser son regard sur l’Afrique. C’est là-bas qu’il compose « Nandipo », son premier album publié en 1974. Une œuvre fondatrice où il chante les espoirs trahis de l’après-indépendance :


« Les enfants du pays qui rêvent,
D’un demain que l’on espère sage,
Marchent dans la poussière rouge,
Des espoirs d’hier… »

Les mots d’Akendengué sont un miroir tendu à son époque : celui d’une Afrique tiraillée entre le poids du passé et les promesses du futur.

Une musique au carrefour des mondes

La richesse de l’œuvre d’Akendengué réside dans sa capacité à mêler modernité et tradition. Sa guitare accompagne des récits poétiques, empreints de spiritualité et d’humanité. Il interpelle les consciences avec des chansons comme « Libérez la Liberté », véritable cri contre l’oppression :
« Libérez la liberté,
Ne la gardez pas prisonnière.
C’est elle qui donne la vie,
C’est elle qui éclaire nos terres. »

Dans « Nkéré », il convoque les esprits des eaux, rappelant l’importance des forces invisibles dans la culture africaine :
« Nkéré, esprit des eaux profondes,
Guide nos âmes à travers les ombres.
Les ancêtres murmurent des vérités,
Nkéré, montre-nous la lumière cachée. »

Dans « Sans oublier l’oublié », il met en lumière ceux que l’histoire laisse dans l’ombre :
« Qui se souvient de ceux
Dont les noms n’ont pas d’écho ?
Ceux qui marchent sans visage,
En quête d’un lendemain plus beau. »

Et puis, il y a « Considérable », une fresque poétique et tragique qui raconte le destin de Poe, un personnage métaphorique représentant les opprimés de ce monde. Poe, petit par la taille mais immense par son humanité, traverse des épreuves qui reflètent les luttes de tout un peuple :
« Petit par les centimètres, grand par les sentiments,
Il s’appelait Poe.
Il aimait chanter “ah, que le monde est méchant et que Dieu est grand.”
Mais chaque fois qu’il chantait, il tombait des gouttes d’eau.
Les hommes en ont eu marre, l’ont chassé du village… »

À travers le périple de Poe, Akendengué dépeint une Afrique en quête de liberté, aux prises avec l’oppression, la modernité et la violence. La chanson se termine sur un message universel :
« Vivre sans vivre la liberté dans son pays,
Ce n’est pas digne d’un peuple considérable,
Mais tout peuple est considérable. »

L’engagement en héritage

La carrière d’Akendengué est marquée par une prise de position sans concession face aux injustices. Dans « Afrika Obota », il rappelle à l’Afrique son identité et ses responsabilités :
« Afrika, Afrika, mon berceau,
Les ancêtres parlent dans le vent,
Ils disent de ne jamais oublier,
Qui nous sommes et d’où nous venons. »

Avec « Powê », il célèbre l’unité et la résilience collective, appelant à ne jamais renoncer :
« Powê, lève-toi,
La terre chante sous tes pas.
Tes ancêtres dansent avec toi,
Powê, ne baisse pas les bras. »

Un baobab de la musique africaine 

À 81 ans, Pierre Claver Akendengué reste une figure incontournable de la musique africaine. Ses textes sont des appels à l’action, des hommages à ceux qui résistent, des hymnes à la liberté. Par sa voix, il incarne un continent debout, fidèle à ses racines et tourné vers l’avenir.

Si la musique peut éclairer les âmes, Pierre Akendengué en est la preuve vivante. Ses chansons sont des passerelles entre les générations, des dialogues ouverts entre tradition et modernité. Avec lui, l’Afrique parle. Avec lui, le Baobab ou plutôt l’Okoumé, elle marche, encore et toujours, vers un horizon que le poète – forcément optimiste – entrevoit radieux malgré les embuches. 

 



 

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