Afrique - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/afrique/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 24 Jan 2026 06:09:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Afrique - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/afrique/ 32 32 À l’UNESCO, l’Afrique au cœur de l’universel culturel (26 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/a-lunesco-lafrique-au-coeur-de-luniversel-culturel-26-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/a-lunesco-lafrique-au-coeur-de-luniversel-culturel-26-janvier/#respond Mon, 26 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145850 Le 26 janvier, l’UNESCO célèbre la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante. Un rendez-vous institutionnel et symbolique qui affirme la centralité des cultures africaines dans le monde contemporain, entre héritage, création vivante et dialogue global. Chaque 26 janvier, la culture africaine quitte les marges pour occuper le centre d’une scène internationale. À Paris, au siège […]

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Le 26 janvier, l’UNESCO célèbre la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante. Un rendez-vous institutionnel et symbolique qui affirme la centralité des cultures africaines dans le monde contemporain, entre héritage, création vivante et dialogue global.

Chaque 26 janvier, la culture africaine quitte les marges pour occuper le centre d’une scène internationale. À Paris, au siège de UNESCO, la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA) s’impose comme un temps fort du calendrier culturel mondial. Instituée officiellement en 2019, cette journée vise à reconnaître la contribution décisive des cultures africaines et des diasporas africaines à l’histoire, à la pensée et à la création universelles.

La date n’est pas anodine. Elle renvoie à l’adoption, en 2006, de la Charte de la Renaissance culturelle africaine par l’Union africaine, texte fondateur qui affirme la culture comme pilier du développement, de la dignité et de la souveraineté des peuples africains. En lui donnant une portée mondiale, l’UNESCO inscrit cette ambition dans une dynamique multilatérale : celle d’un dialogue des cultures fondé sur l’égalité symbolique et la reconnaissance mutuelle.

Pour l’édition 2026, la célébration prend la forme d’un événement hybride, combinant rencontres en présentiel à Paris et participation en ligne. Cette configuration permet une ouverture large, à l’image même des cultures africaines et afrodescendantes, dont l’histoire est faite de circulations, de déplacements et de réinventions permanentes. La JMCA n’est ni un festival folklorique ni une commémoration figée : elle se veut un espace de réflexion, de visibilité et de projection.

Les échanges organisés à l’UNESCO rassemblent artistes, intellectuels, chercheurs, responsables culturels et représentants institutionnels. Tables rondes, prises de parole officielles et interventions artistiques structurent une journée pensée comme une agora contemporaine. Les discussions portent sur la diversité des expressions culturelles africaines, leur transmission, mais aussi sur leur rôle dans les grands enjeux actuels : cohésion sociale, développement durable, industries culturelles, mémoire et innovation.

Une force de création et de transformation

L’un des apports majeurs de la JMCA est de déplacer le regard. Ici, l’Afrique n’est pas envisagée comme un héritage figé ou un réservoir de traditions, mais comme un espace de création active, traversé par des dynamiques contemporaines. Musiques, arts visuels, littérature, cinéma, modes de vie : les cultures africaines et afrodescendantes irriguent aujourd’hui les imaginaires mondiaux, souvent sans être pleinement reconnues comme telles.

La JMCA met également en lumière le rôle central des diasporas africaines. Porteuses d’identités multiples, elles participent à la circulation des formes artistiques et des idées, tout en interrogeant les notions d’appartenance, de mémoire et de transmission. À travers ces trajectoires diasporiques, la culture africaine se révèle comme un espace transnational, capable de relier les continents et de produire des récits communs.

Autre axe structurant : la jeunesse. À l’UNESCO, la JMCA donne une place particulière aux jeunes créateurs et penseurs, considérés comme les vecteurs d’une renaissance culturelle en devenir. Leur parole souligne l’urgence de soutenir les industries culturelles africaines, non seulement comme secteurs économiques, mais comme lieux d’expression et de construction citoyenne.

Enfin, la journée s’inscrit dans une réflexion plus large sur la diversité culturelle comme bien commun de l’humanité. En affirmant que les cultures africaines et afrodescendantes sont constitutives de l’universel, la JMCA combat les stéréotypes, les hiérarchies implicites et les récits dominants. Elle rappelle que la reconnaissance culturelle est indissociable des combats pour l’égalité, la dignité et la justice symbolique.

Informations pratiques

Événement : Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA)
Date : 26 janvier 2026
Lieu : Siège de l’UNESCO, Paris
Format : événements présentiels et en ligneProgramme : cérémonie officielle, tables rondes, interventions culturelles et artistiques
Public : grand public, artistes, chercheurs, institutions culturelles
Accès : inscription recommandée pour les événements sur place et en ligne

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Ogobagna, la culture malienne en partage (26 janvier–1er février) https://mondafrique.com/loisirs-culture/ogobagna-la-culture-malienne-en-partage-26-janvier-1er-fevrier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/ogobagna-la-culture-malienne-en-partage-26-janvier-1er-fevrier/#respond Sun, 25 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145841 À Bamako, le Festival culturel Ogobagna déploie une semaine de créations, de rites et de dialogues pour célébrer la diversité du Mali. Musiques, danses et savoirs ancestraux s’y croisent comme autant de réponses culturelles aux défis contemporains. Chaque année, Bamako se transforme en scène ouverte où les cultures du Mali se donnent à voir, à […]

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À Bamako, le Festival culturel Ogobagna déploie une semaine de créations, de rites et de dialogues pour célébrer la diversité du Mali. Musiques, danses et savoirs ancestraux s’y croisent comme autant de réponses culturelles aux défis contemporains.

Chaque année, Bamako se transforme en scène ouverte où les cultures du Mali se donnent à voir, à entendre et à transmettre. Du 26 janvier au 1er février 2026, la Place du Cinquantenaire accueille la onzième édition du Festival Culturel Ogobagna, un rendez-vous devenu incontournable pour qui s’intéresse aux expressions vivantes du patrimoine malien. Pensé comme un espace de rencontre et de circulation des savoirs, le festival rassemble artistes, artisans, communautés et chercheurs autour d’une même ambition : faire de la culture un levier de cohésion sociale et de projection vers l’avenir.

Le nom Ogobagna, issu de la tradition dogon, renvoie au « plat du Hogon », figure spirituelle centrale. Le symbole est clair : partage, égalité et unité. Cette philosophie irrigue l’ensemble de la programmation, qui mêle performances musicales, danses rituelles, défilés symboliques, expositions artisanales et ateliers de transmission. Loin d’une vitrine folklorique, Ogobagna revendique une culture en mouvement, ancrée dans les territoires mais attentive aux mutations du présent.

L’édition 2026 s’inscrit sous le thème « Cultures du Mali : dialogue, créativité, résilience pour un développement durable ». Une orientation qui dit l’essentiel : dans un contexte social et politique éprouvé, la culture devient un langage commun, un espace de médiation et un outil de reconstruction. Les organisateurs mettent en avant la capacité des traditions à nourrir des réponses contemporaines, qu’il s’agisse de vivre-ensemble, de préservation du patrimoine immatériel ou de développement local.

Traditions vivantes

Au cœur du festival, la musique et la danse occupent une place centrale. Des ensembles traditionnels aux formes plus contemporaines, les scènes d’Ogobagna donnent à entendre la richesse des répertoires maliens : rythmes mandingues, chants bozo liés au fleuve Niger, danses communautaires et performances rituelles. La communauté Bozo, invitée d’honneur de cette édition, incarne ce lien ancestral entre culture, environnement et modes de vie, rappelant l’importance du fleuve comme matrice culturelle et économique.

Mais Ogobagna ne se limite pas au spectacle. Les espaces de dialogue et de réflexion constituent un pilier du festival. Tables rondes, rencontres et échanges informels permettent d’aborder des questions de transmission intergénérationnelle, de sauvegarde des langues et des pratiques, ou encore de place des artistes dans la société. Cette dimension réflexive confère au festival une portée qui dépasse l’événementiel : Ogobagna se veut un laboratoire social où la culture sert de médiateur.

L’artisanat et la gastronomie participent également de cette mise en commun. Masques, textiles, objets rituels et savoir-faire culinaires sont présentés comme des expressions à part entière de l’identité malienne. En favorisant la rencontre directe entre artisans et public, le festival soutient des économies locales et valorise des métiers souvent fragilisés.

Soutenu par des partenaires institutionnels, dont l’UNESCO lors de précédentes éditions, Ogobagna s’inscrit dans une dynamique de reconnaissance internationale du patrimoine culturel malien. Cette visibilité contribue à renforcer la confiance des acteurs culturels et à inscrire Bamako sur la carte des grandes capitales culturelles africaines.

Au fil des jours, Ogobagna rappelle une évidence : la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité. À Bamako, elle se vit comme un acte de résistance pacifique, un moyen de préserver la mémoire tout en inventant des formes nouvelles. Dans un monde fragmenté, le festival affirme la force du collectif et la capacité des traditions à éclairer le présent.

Informations pratiques
Festival : Festival culturel Ogobagna
Dates : du 26 janvier au 1er février 2026
Lieu : Place du Cinquantenaire, Bamako, Mali
Programme : concerts et danses traditionnelles, défilés rituels, expositions artisanales, gastronomie, ateliers et rencontres
Accès : ouvert au public

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À Montréal, « Nuits d’Afrique » explore les musiques du continent (24–30 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/nuits-dafrique-la-scene-afro-diasporique-en-format-intimiste-24-30-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/nuits-dafrique-la-scene-afro-diasporique-en-format-intimiste-24-30-janvier/#respond Sat, 24 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145830 Fin janvier, les « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » investissent le Club Balattou à Montréal pour une série de concerts dédiés aux musiques africaines et du monde. Une programmation resserrée, exigeante et conviviale, où la scène afro-diasporique se donne à entendre au plus près. À contre-courant des grandes messes musicales, Festival Nuits d’Afrique défend, en plein hiver, […]

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Fin janvier, les « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » investissent le Club Balattou à Montréal pour une série de concerts dédiés aux musiques africaines et du monde. Une programmation resserrée, exigeante et conviviale, où la scène afro-diasporique se donne à entendre au plus près.

À contre-courant des grandes messes musicales, Festival Nuits d’Afrique défend, en plein hiver, une autre idée du concert : l’écoute, la proximité, le dialogue. Du 24 au 31 janvier 2026, la programmation des « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » réunit plusieurs artistes au Club Balattou, lieu emblématique de la diffusion des musiques africaines et afro-descendantes. Ici, pas de démesure : la musique se vit dans un format intime, presque confidentiel, fidèle à l’esprit originel du festival.

Fondé à partir de la scène du Balattou avant de devenir l’un des plus importants festivals de musiques du monde en Amérique du Nord, Nuits d’Afrique conserve cette double identité : une grande manifestation estivale et, tout au long de l’année, des rendez-vous plus resserrés. Les cabarets acoustiques prolongent cette mission fondatrice : offrir une visibilité constante aux artistes issus d’Afrique, des Caraïbes et des diasporas, dans un cadre propice à la découverte.

Screenshot

La programmation de fin janvier 2026 reflète cette diversité. Le 23 janvier, Melting Point ouvre la série avec une proposition de fusion, nourrie de rythmes africains et d’influences world, pensée pour l’écoute autant que pour le partage. Le lendemain, Bumaranga investit la scène avec une énergie collective : percussions, flûtes et pulsations afro-colombiennes rappellent les filiations africaines qui traversent l’Atlantique et irriguent les musiques des Amériques.

Le 25 janvier, place à Modeline Raymond (Moray), artiste d’origine haïtienne installée au Canada. Sa musique, portée par une voix habitée, explore les thèmes de la résilience, de l’identité et de l’émancipation, dans un langage qui mêle héritage caribéen et sensibilités contemporaines. Une proposition à la fois intime et universelle, fidèle à l’ADN de ces soirées.

Une scène de proximité

Après une courte pause, la série reprend le 29 janvier avec Numidz, dont la démarche s’inscrit dans une exploration ouverte des musiques du monde. Le 30 janvier, Lasso Sanou clôture le cycle avec une performance ancrée dans les rythmes africains, portée par une approche acoustique qui met en valeur la voix, la percussion et le dialogue instrumental.

Ce qui relie ces soirées, au-delà des styles et des origines, c’est une même conception de la scène. Au Balattou, le public n’est jamais relégué à distance : il partage l’espace avec les artistes, perçoit les nuances, les silences, les respirations. Cette proximité favorise une autre relation à la musique, loin de la consommation rapide, et redonne toute sa place à l’écoute attentive.

Dans un contexte où les musiques africaines et afro-diasporiques connaissent une visibilité mondiale accrue, ces cabarets jouent un rôle essentiel. Ils rappellent que derrière les succès planétaires, il existe une multitude de scènes locales, de parcours singuliers et de formes hybrides. Nuits d’Afrique agit ici comme un passeur : il met en relation des héritages culturels, des territoires et des publics, sans jamais figer les identités musicales.

Dans la chaleur feutrée du Balattou, chaque concert devient ainsi un moment de circulation culturelle, à taille humaine.

Informations pratiques
Événement : Cabarets acoustiques – Festival Nuits d’Afrique
Dates : concerts les 23, 24, 25, 29 et 30 janvier 2026
Lieu : Club Balattou, Montréal
Programmation :  25 janvier – Modeline Raymond (Moray)
29 janvier – Numidz
30 janvier – Lasso Sanou
Format : concerts acoustiques en club
Billetterie : en ligne via le site officiel de Nuits d’Afrique et sur place, selon disponibilité

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Notre semaine culturelle débute avec les musiques africaines au Maroc https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-les-musiques-africaines-au-maroc/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-les-musiques-africaines-au-maroc/#respond Fri, 23 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145720 De Biarritz à Bamako, de Paris à Montréal, du Maroc au Nigeria, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine plusieurs scènes majeures. Cinéma documentaire, festivals, musiques, arts visuels et séries contemporaines témoignent d’une vitalité culturelle transnationale, inscrite au cœur des débats esthétiques et politiques actuels. Du 23 au 30 janvier, le Maroc vibre au rythme […]

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De Biarritz à Bamako, de Paris à Montréal, du Maroc au Nigeria, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine plusieurs scènes majeures. Cinéma documentaire, festivals, musiques, arts visuels et séries contemporaines témoignent d’une vitalité culturelle transnationale, inscrite au cœur des débats esthétiques et politiques actuels.

Du 23 au 30 janvier, le Maroc vibre au rythme des musiques nord-africaines et afro-diasporiques. De la gnawa rituelle aux concerts participatifs, Tanger, Rabat, Oujda et Tétouan accueillent une série de rendez-vous qui dessinent un paysage musical pluriel et vivant.

 




Fin janvier 2026, le Maroc confirme son statut de carrefour musical africain. À travers plusieurs concerts programmés dans différentes villes du pays, la scène marocaine met en dialogue traditions anciennes, répertoires populaires et influences afro-diasporiques. Cette séquence culturelle, concentrée entre le 23 et le 30 janvier, illustre une politique de diffusion musicale décentralisée, portée par des théâtres et des salles institutionnelles, mais aussi par une forte demande du public.

À Tanger, le 23 janvier, le projet Kolna Nghani investit le Théâtre Palais des Arts et de la Culture. Pensé comme un concert participatif, « Nous chantons tous » revisite un répertoire de chansons marocaines connues, invitant le public à devenir acteur du spectacle. Dans cette ville ouverte sur la Méditerranée et l’Afrique, la musique se fait langage commun, accessible et fédérateur, loin de toute hiérarchie entre scène et salle.

Le même soir, Rabat accueille l’un des temps forts majeurs de la période avec La Grande Soirée Gnawa au Zénith de Rabat. Sur scène, Hamid El Kasri, figure emblématique de la gnawa contemporaine, partage l’affiche avec Abdelkebir Merchane. Héritée des traditions subsahariennes intégrées à l’histoire marocaine, la musique gnawa, classée au patrimoine immatériel de l’humanité, conjugue ici dimension spirituelle, transe collective et performance scénique. Présentée dans un format ample, elle touche un public large tout en conservant sa profondeur rituelle.

Le 24 janvier, la programmation se déploie dans plusieurs villes. À Oujda, Dunia Batma se produit au Théâtre Mohammed VI. Incarnant une pop marocaine contemporaine nourrie d’influences orientales, la chanteuse s’adresse à une jeunesse urbaine attentive aux nouvelles formes musicales. Sa présence à Oujda souligne l’importance des scènes régionales dans la circulation des artistes, au-delà des grands centres habituels.

Traditions, pop et circulations afro-diasporiques

Toujours le 24 janvier, Rabat propose une autre facette de cette diversité musicale avec le Rabat Celebration – Gospel Concert #3, au Théâtre Al Mansour. Le gospel, genre né de l’histoire afro-américaine, y est revisité dans un contexte nord-africain, révélant les multiples circulations culturelles entre Afrique, diaspora et Méditerranée. Ce concert choral témoigne de la capacité des musiques afro-diasporiques à s’adapter à de nouveaux territoires tout en conservant leur charge émotionnelle et collective.

À Tétouan, enfin, Chantons Tous Ensemble se tient au Cinéma Español. Dans cette ville marquée par l’héritage andalou, le concert met en avant la pratique du chant collectif comme outil de transmission et de convivialité. Ici, la musique n’est pas seulement performance, mais expérience partagée, inscrite dans une tradition urbaine où se croisent influences arabes, andalouses et africaines.

Pris ensemble, ces rendez-vous dessinent un panorama révélateur de la scène marocaine actuelle. Ils montrent une coexistence assumée entre patrimoine musical et créations populaires, une ouverture aux influences africaines subsahariennes et afro-diasporiques, ainsi qu’une volonté de rapprocher la musique des publics locaux.

Informations pratiques
Période : du 23 au 30 janvier 2026 (semaine culturelle du 23–31 janvier) 
Concerts : 23 janvier – Kolna Nghani, Théâtre Palais des Arts et de la Culture, Tanger 23 janvier – La Grande Soirée Gnawa (Hamid El Kasri & Abdelkebir Merchane), Zénith de Rabat
24 janvier – Dunia Batma en concert, Théâtre Mohammed VI, Oujda
24 janvier – Rabat Celebration – Gospel Concert #3, Théâtre Al Mansour, Rabat
24 janvier – Chantons Tous Ensemble, Cinéma Español, Tétouan
Genres : gnawa, pop marocaine, gospel, chant participatif
Public : tous publics
Accès : billetterie et informations auprès des salles et plateformes locales

FIPADOC à Biarritz : raconter le réel, débattre le monde (24 janvier-1er février)

À Biarritz, le FIPADOC ouvre l’année documentaire européenne. Projections, avant-premières, débats et créations immersives composent un panorama du réel contemporain, où se croisent auteurs du monde entier, enjeux de société et nouvelles formes de narration.

Chaque hiver, Biarritz devient un observatoire privilégié du réel. FIPADOC s’impose comme le premier grand rendez-vous documentaire européen de l’année, réunissant créateurs, professionnels et public autour d’une programmation dense et exigeante. Pendant neuf jours, la ville vit au rythme des projections, des rencontres et des débats, affirmant la place centrale du documentaire dans le paysage culturel contemporain.

Le festival déploie une sélection internationale qui embrasse toutes les écritures : longs et courts métrages, films musicaux, séries documentaires, œuvres d’impact et créations numériques. La diversité des formats répond à une même ambition : interroger le monde tel qu’il est, sans simplification, en donnant du temps aux récits et aux points de vue. Les films présentés abordent les grands enjeux contemporains –  droits humains, environnement, mémoire, identités, géopolitique – et explorent la complexité du réel à travers des histoires singulières.

FIPADOC se distingue par son attention portée à la circulation des œuvres et des idées. Les projections sont systématiquement accompagnées d’échanges avec les équipes, favorisant un dialogue direct entre auteurs et spectateurs. Cette proximité nourrit la réflexion collective et conforte le rôle du documentaire comme espace de débat public. La présence régulière de cinéastes africains et de la diaspora, ainsi que de films produits ou tournés sur le continent, inscrit le festival dans une dynamique véritablement mondiale, attentive aux voix longtemps marginalisées.

Un espace d’expérimentation

Au-delà des salles de cinéma, FIPADOC investit le champ de l’innovation avec Biarritz Immersive, un espace dédié aux expériences documentaires en réalité virtuelle et aux formes interactives. Ici, le spectateur devient acteur de sa perception : il traverse des récits, explore des territoires et s’immerge dans des situations vécues. Cette section, accessible gratuitement sur réservation, illustre l’évolution du documentaire vers des dispositifs sensoriels qui renouvellent la relation au réel.

Le festival est aussi un lieu stratégique pour les professionnels. Les Industry Days réunissent producteurs, diffuseurs et auteurs autour de conférences, ateliers et sessions de pitch. Objectif : accompagner la création, favoriser les coproductions internationales et soutenir l’émergence de nouveaux talents. Pour de nombreux cinéastes, notamment venus d’Afrique ou de régions sous-représentées, FIPADOC constitue une plateforme décisive de visibilité et de financement.

Ce qui fait la singularité du festival tient enfin à son équilibre entre exigence artistique et ouverture au public. Les sélections « En famille » ou les panoramas thématiques élargissent l’audience du documentaire, sans renoncer à la rigueur. À Biarritz, le documentaire n’est ni un genre marginal ni un objet élitiste : il devient une expérience collective, accessible et profondément ancrée dans les préoccupations du présent.

Informations pratiques
Dates : du 24 au 1er févrierLieu : Biarritz (plusieurs cinémas et espaces culturels)
Programmation : projections, avant-premières, rencontres, Biarritz Immersive, Industry Days
Accès : pass festival, pass journée ou séance à l’unité
Billetterie et programme : en ligne sur le site officiel du festival et aux points d’accueil à Biarritz

Nuits d’Afrique, la scène afro-diasporique en format intimiste (24- 30 janvier)

Fin janvier, les « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » investissent le Club Balattou pour une série de concerts dédiés aux musiques africaines et du monde. Une programmation resserrée, exigeante et conviviale, où la scène afro-diasporique se donne à entendre au plus près.

À contre-courant des grandes messes musicales, Festival Nuits d’Afrique défend, en plein hiver, une autre idée du concert : l’écoute, la proximité, le dialogue. Du 24 au 31 janvier 2026, la programmation des « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » réunit plusieurs artistes au Club Balattou, lieu emblématique de la diffusion des musiques africaines et afro-descendantes. Ici, pas de démesure : la musique se vit dans un format intime, presque confidentiel, fidèle à l’esprit originel du festival.

Fondé à partir de la scène du Balattou avant de devenir l’un des plus importants festivals de musiques du monde en Amérique du Nord, Nuits d’Afrique conserve cette double identité : une grande manifestation estivale et, tout au long de l’année, des rendez-vous plus resserrés. Les cabarets acoustiques prolongent cette mission fondatrice : offrir une visibilité constante aux artistes issus d’Afrique, des Caraïbes et des diasporas, dans un cadre propice à la découverte.

La programmation de fin janvier 2026 reflète cette diversité. Le 23 janvier, Melting Point ouvre la série avec une proposition de fusion, nourrie de rythmes africains et d’influences world, pensée pour l’écoute autant que pour le partage. Le lendemain, Bumaranga investit la scène avec une énergie collective : percussions, flûtes et pulsations afro-colombiennes rappellent les filiations africaines qui traversent l’Atlantique et irriguent les musiques des Amériques.

Le 25 janvier, place à Modeline Raymond (Moray), artiste d’origine haïtienne installée au Canada. Sa musique, portée par une voix habitée, explore les thèmes de la résilience, de l’identité et de l’émancipation, dans un langage qui mêle héritage caribéen et sensibilités contemporaines. Une proposition à la fois intime et universelle, fidèle à l’ADN de ces soirées.

Une scène de proximité

Après une courte pause, la série reprend le 29 janvier avec Numidz, dont la démarche s’inscrit dans une exploration ouverte des musiques du monde. Le 30 janvier, Lasso Sanou clôture le cycle avec une performance ancrée dans les rythmes africains, portée par une approche acoustique qui met en valeur la voix, la percussion et le dialogue instrumental.

Ce qui relie ces soirées, au-delà des styles et des origines, c’est une même conception de la scène. Au Balattou, le public n’est jamais relégué à distance : il partage l’espace avec les artistes, perçoit les nuances, les silences, les respirations. Cette proximité favorise une autre relation à la musique, loin de la consommation rapide, et redonne toute sa place à l’écoute attentive.

Dans un contexte où les musiques africaines et afro-diasporiques connaissent une visibilité mondiale accrue, ces cabarets jouent un rôle essentiel. Ils rappellent que derrière les succès planétaires, il existe une multitude de scènes locales, de parcours singuliers et de formes hybrides. Nuits d’Afrique agit ici comme un passeur : il met en relation des héritages culturels, des territoires et des publics, sans jamais figer les identités musicales.

Dans la chaleur feutrée du Balattou, chaque concert devient ainsi un moment de circulation culturelle, à taille humaine.

Informations pratiques
Événement : Cabarets acoustiques – Festival Nuits d’Afrique
Dates : concerts les 23, 24, 25, 29 et 30 janvier 2026
Lieu : Club Balattou, Montréal
Programmation :  25 janvier – Modeline Raymond (Moray)
29 janvier – Numidz
30 janvier – Lasso Sanou
Format : concerts acoustiques en club
Billetterie : en ligne via le site officiel de Nuits d’Afrique et sur place, selon disponibilité

Ogobagna, la culture malienne en partage (26 janvier–1er février)

À Bamako, le Festival culturel Ogobagna déploie une semaine de créations, de rites et de dialogues pour célébrer la diversité du Mali. Musiques, danses et savoirs ancestraux s’y croisent comme autant de réponses culturelles aux défis contemporains.

 

Chaque année, Bamako se transforme en scène ouverte où les cultures du Mali se donnent à voir, à entendre et à transmettre. Du 26 janvier au 1er février 2026, la Place du Cinquantenaire accueille la onzième édition du Festival Culturel Ogobagna, un rendez-vous devenu incontournable pour qui s’intéresse aux expressions vivantes du patrimoine malien. Pensé comme un espace de rencontre et de circulation des savoirs, le festival rassemble artistes, artisans, communautés et chercheurs autour d’une même ambition : faire de la culture un levier de cohésion sociale et de projection vers l’avenir.

Le nom Ogobagna, issu de la tradition dogon, renvoie au « plat du Hogon », figure spirituelle centrale. Le symbole est clair : partage, égalité et unité. Cette philosophie irrigue l’ensemble de la programmation, qui mêle performances musicales, danses rituelles, défilés symboliques, expositions artisanales et ateliers de transmission. Loin d’une vitrine folklorique, Ogobagna revendique une culture en mouvement, ancrée dans les territoires mais attentive aux mutations du présent.

L’édition 2026 s’inscrit sous le thème « Cultures du Mali : dialogue, créativité, résilience pour un développement durable ». Une orientation qui dit l’essentiel : dans un contexte social et politique éprouvé, la culture devient un langage commun, un espace de médiation et un outil de reconstruction. Les organisateurs mettent en avant la capacité des traditions à nourrir des réponses contemporaines, qu’il s’agisse de vivre-ensemble, de préservation du patrimoine immatériel ou de développement local.

Traditions vivantes

Au cœur du festival, la musique et la danse occupent une place centrale. Des ensembles traditionnels aux formes plus contemporaines, les scènes d’Ogobagna donnent à entendre la richesse des répertoires maliens : rythmes mandingues, chants bozo liés au fleuve Niger, danses communautaires et performances rituelles. La communauté Bozo, invitée d’honneur de cette édition, incarne ce lien ancestral entre culture, environnement et modes de vie, rappelant l’importance du fleuve comme matrice culturelle et économique.

Mais Ogobagna ne se limite pas au spectacle. Les espaces de dialogue et de réflexion constituent un pilier du festival. Tables rondes, rencontres et échanges informels permettent d’aborder des questions de transmission intergénérationnelle, de sauvegarde des langues et des pratiques, ou encore de place des artistes dans la société. Cette dimension réflexive confère au festival une portée qui dépasse l’événementiel : Ogobagna se veut un laboratoire social où la culture sert de médiateur.

L’artisanat et la gastronomie participent également de cette mise en commun. Masques, textiles, objets rituels et savoir-faire culinaires sont présentés comme des expressions à part entière de l’identité malienne. En favorisant la rencontre directe entre artisans et public, le festival soutient des économies locales et valorise des métiers souvent fragilisés.

Soutenu par des partenaires institutionnels, dont l’UNESCO lors de précédentes éditions, Ogobagna s’inscrit dans une dynamique de reconnaissance internationale du patrimoine culturel malien. Cette visibilité contribue à renforcer la confiance des acteurs culturels et à inscrire Bamako sur la carte des grandes capitales culturelles africaines.

Au fil des jours, Ogobagna rappelle une évidence : la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité. À Bamako, elle se vit comme un acte de résistance pacifique, un moyen de préserver la mémoire tout en inventant des formes nouvelles. Dans un monde fragmenté, le festival affirme la force du collectif et la capacité des traditions à éclairer le présent.

Informations pratiques
Festival : Festival culturel Ogobagna
Dates : du 26 janvier au 1er février 2026
Lieu : Place du Cinquantenaire, Bamako, Mali
Programme : concerts et danses traditionnelles, défilés rituels, expositions artisanales, gastronomie, ateliers et rencontres
Accès : ouvert au public

À l’UNESCO, l’Afrique au cœur de l’universel culturel (26 janvier)

Le 26 janvier, l’UNESCO célèbre la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante. Un rendez-vous institutionnel et symbolique qui affirme la centralité des cultures africaines dans le monde contemporain, entre héritage, création vivante et dialogue global.

Chaque 26 janvier, la culture africaine quitte les marges pour occuper le centre d’une scène internationale. À Paris, au siège de UNESCO, la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA) s’impose comme un temps fort du calendrier culturel mondial. Instituée officiellement en 2019, cette journée vise à reconnaître la contribution décisive des cultures africaines et des diasporas africaines à l’histoire, à la pensée et à la création universelles.

La date n’est pas anodine. Elle renvoie à l’adoption, en 2006, de la Charte de la Renaissance culturelle africaine par l’Union africaine, texte fondateur qui affirme la culture comme pilier du développement, de la dignité et de la souveraineté des peuples africains. En lui donnant une portée mondiale, l’UNESCO inscrit cette ambition dans une dynamique multilatérale : celle d’un dialogue des cultures fondé sur l’égalité symbolique et la reconnaissance mutuelle.

Pour l’édition 2026, la célébration prend la forme d’un événement hybride, combinant rencontres en présentiel à Paris et participation en ligne. Cette configuration permet une ouverture large, à l’image même des cultures africaines et afrodescendantes, dont l’histoire est faite de circulations, de déplacements et de réinventions permanentes. La JMCA n’est ni un festival folklorique ni une commémoration figée : elle se veut un espace de réflexion, de visibilité et de projection.

Les échanges organisés à l’UNESCO rassemblent artistes, intellectuels, chercheurs, responsables culturels et représentants institutionnels. Tables rondes, prises de parole officielles et interventions artistiques structurent une journée pensée comme une agora contemporaine. Les discussions portent sur la diversité des expressions culturelles africaines, leur transmission, mais aussi sur leur rôle dans les grands enjeux actuels : cohésion sociale, développement durable, industries culturelles, mémoire et innovation.

Une force de création et de transformation

L’un des apports majeurs de la JMCA est de déplacer le regard. Ici, l’Afrique n’est pas envisagée comme un héritage figé ou un réservoir de traditions, mais comme un espace de création active, traversé par des dynamiques contemporaines. Musiques, arts visuels, littérature, cinéma, modes de vie : les cultures africaines et afrodescendantes irriguent aujourd’hui les imaginaires mondiaux, souvent sans être pleinement reconnues comme telles.

La JMCA met également en lumière le rôle central des diasporas africaines. Porteuses d’identités multiples, elles participent à la circulation des formes artistiques et des idées, tout en interrogeant les notions d’appartenance, de mémoire et de transmission. À travers ces trajectoires diasporiques, la culture africaine se révèle comme un espace transnational, capable de relier les continents et de produire des récits communs.

Autre axe structurant : la jeunesse. À l’UNESCO, la JMCA donne une place particulière aux jeunes créateurs et penseurs, considérés comme les vecteurs d’une renaissance culturelle en devenir. Leur parole souligne l’urgence de soutenir les industries culturelles africaines, non seulement comme secteurs économiques, mais comme lieux d’expression et de construction citoyenne.

Enfin, la journée s’inscrit dans une réflexion plus large sur la diversité culturelle comme bien commun de l’humanité. En affirmant que les cultures africaines et afrodescendantes sont constitutives de l’universel, la JMCA combat les stéréotypes, les hiérarchies implicites et les récits dominants. Elle rappelle que la reconnaissance culturelle est indissociable des combats pour l’égalité, la dignité et la justice symbolique.

Informations pratiques

Événement : Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA)
Date : 26 janvier 2026
Lieu : Siège de l’UNESCO, Paris
Format : événements présentiels et en ligneProgramme : cérémonie officielle, tables rondes, interventions culturelles et artistiques
Public : grand public, artistes, chercheurs, institutions culturelles
Accès : inscription recommandée pour les événements sur place et en ligne

Aníkúlápó, une épopée yoruba sur Netflix (30 janvier)

Avec Aníkúlápó, le cinéma nigérian s’empare de la mythologie yoruba pour bâtir une fresque ambitieuse, où le surnaturel éclaire les mécanismes du pouvoir. Né comme un film, le projet se prolonge aujourd’hui en série sur Netflix, dont la nouvelle saison sera mise en ligne le 30 janvier.

Rarement une production africaine aura assumé avec autant de clarté son ancrage mythologique. Aníkúlápó s’inscrit dans une tradition narrative profondément yoruba, tout en adoptant les codes d’une fresque épique contemporaine. Le projet, imaginé et réalisé par Kunle Afolayan, s’est d’abord imposé comme un film avant d’être développé en série, confirmant l’ambition de construire un univers durable, cohérent et pleinement africain.

Le récit se déroule dans l’ancien empire d’Oyo, au XVIIᵉ siècle, à une époque précoloniale rarement représentée à l’écran. Saro, voyageur sans titre ni fortune, cherche à se frayer un chemin dans un monde régi par les hiérarchies sociales, les alliances politiques et les forces invisibles. Son ascension brutale, déclenchée par une relation interdite avec une reine, le conduit à une chute tout aussi radicale. Trahi, condamné, puis ramené à la vie par un oiseau mystique, il devient un être à part : celui qui a franchi la frontière entre la vie et la mort.

Le cœur symbolique du film repose sur cette figure surnaturelle. Dans la cosmologie yoruba, la mort n’est pas une fin, mais un passage régi par des équilibres précis. En défiant ces lois, Saro ne gagne pas un pouvoir absolu ; il s’expose au contraire à une forme de malédiction. Aníkúlápó interroge ainsi la tentation humaine de dominer le destin, et rappelle que toute transgression du sacré a un coût. Le mythe devient un outil de réflexion politique : gouverner, désirer, posséder sont autant de gestes qui engagent une responsabilité morale.

Une œuvre africaine qui choisit le mythe

Là où une grande partie des productions africaines contemporaines privilégient le réalisme social ou le thriller urbain, Aníkúlápó fait un autre choix. Kunle Afolayan s’appuie sur les récits ancestraux pour parler du présent. Le pouvoir royal, les intrigues de cour, la violence symbolique exercée sur les corps et les esprits font écho à des questions toujours actuelles : légitimité, abus d’autorité, rapport entre individu et communauté.

Sur le plan formel, le film se distingue par une attention particulière portée aux décors, aux costumes et à la langue. Le choix du yoruba comme langue principale n’est pas anecdotique : il affirme une souveraineté culturelle et narrative, sans souci de simplification. Le spectateur est invité à entrer dans un monde dont il doit accepter les règles, les silences et les symboles. Cette exigence contribue à la singularité de l’œuvre sur une plateforme dominée par des récits standardisés.

Le succès du film a conduit Netflix à développer la série Aníkúlápó : Rise of the Spectre. Celle-ci prolonge l’histoire au-delà de la mort initiale de Saro et explore les conséquences politiques et spirituelles de sa résurrection. Les intrigues s’élargissent, les personnages gagnent en complexité, et l’univers mythologique se densifie. La série permet ainsi d’inscrire le récit dans une temporalité longue, fidèle à la logique des épopées.

La saison 2, dont la sortie est annoncée le 30 janvier, confirme la volonté de Netflix d’investir dans des narrations africaines ambitieuses, capables de conjuguer ancrage local et portée universelle.

Informations pratiques

Titre : Aníkúlápó/Aníkúlápó : Rise of the SpectreCréation et réalisation : Kunle Afolaya
Origine : NigeriaPlateforme : NetflixFormat : film (2022), puis série
Saison 1 : disponible
Saison 2 : sortie le 30 janvier
Langue : yoruba (sous-titres)
Genre : fresque historique, mythe et fantasy

Mickalene Thomas, rétrospective d’un regard qui déplace les normes 

Au Grand Palais, la rétrospective consacrée à Mickalene Thomas retrace plus de vingt ans d’une œuvre centrée sur la représentation des femmes noires. Peintures, collages et photographies interrogent l’histoire de l’art, le désir et le pouvoir des images.

 

Le Grand Palais consacre une vaste rétrospective à Mickalene Thomas, figure majeure de l’art contemporain afro-américain. Intitulée All About Love, l’exposition, présentée du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026, réunit peintures monumentales, collages, photographies et installations réalisées depuis le début des années 2000. Elle offre une lecture claire et structurée d’un travail qui a profondément renouvelé les questions de représentation, en particulier celles liées au corps féminin noir.

Mickalene Thomas s’est imposée par une iconographie immédiatement identifiable. Ses portraits de femmes, souvent allongées ou frontalement installées dans des intérieurs domestiques, revendiquent une présence pleine et assumée. Les modèles regardent le spectateur sans détour. Ils occupent l’espace, dominent la composition, et inversent les rapports traditionnels entre sujet et regardeur. Ce positionnement constitue l’un des axes centraux de l’exposition.

La rétrospective met en évidence le dialogue constant que l’artiste entretient avec l’histoire de l’art occidental. Thomas cite, recompose et détourne des œuvres canoniques de la peinture européenne, notamment du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. En réinterprétant ces compositions avec des femmes noires comme figures centrales, elle ne procède pas à une simple substitution. Elle interroge les hiérarchies implicites qui ont longtemps structuré les récits visuels dominants et questionne la notion même d’universalité esthétique.

L’exposition souligne également l’importance du décor dans le travail de l’artiste. Tissus, motifs géométriques, papiers peints et meubles ne sont jamais secondaires. Ils construisent un espace visuel dense, souvent saturé, qui participe pleinement à la signification des œuvres. Ce choix formel inscrit les corps dans un environnement maîtrisé, affirmant une souveraineté visuelle rarement accordée aux sujets noirs dans l’histoire de la peinture.

Représentation, désir et politique de l’image

Le titre All About Love renvoie explicitement à l’ouvrage de bell hooks. Cette référence éclaire l’ensemble du parcours. Chez Mickalene Thomas, l’amour n’est pas un thème sentimental, mais une position politique. Il s’agit d’un amour revendiqué pour les corps, les histoires et les subjectivités longtemps marginalisées. Cette approche traverse l’ensemble de l’exposition sans jamais verser dans le discours théorique explicite.

Les strass, souvent associés au travail de Thomas, occupent une place importante dans plusieurs œuvres exposées. Leur usage ne relève pas d’un simple effet décoratif. Ils attirent l’œil, fragmentent la surface picturale et soulignent la construction artificielle des codes de beauté. Cette matérialité assumée participe d’une réflexion sur la fabrication des images et sur les attentes projetées sur les corps féminins.

La photographie, autre médium central de l’exposition, permet de comprendre le processus de travail de l’artiste. Mise en scène, pose, cadrage : rien n’est laissé au hasard. Les images révèlent un rapport précis au contrôle du regard et à la construction de l’identité visuelle. Peinture et photographie dialoguent ainsi sans hiérarchie, renforçant la cohérence de l’ensemble.

En accueillant cette rétrospective, le Grand Palais inscrit Mickalene Thomas dans une reconnaissance institutionnelle forte en France. L’exposition ne cherche pas l’exhaustivité spectaculaire. Elle propose au contraire un parcours lisible, centré sur les enjeux essentiels de l’œuvre : visibilité, autorité du regard, réécriture des récits visuels. All About Love s’impose comme une exposition de référence pour comprendre comment l’art contemporain peut déplacer durablement les normes de représentation.

Informations pratiques
Exposition : Mickalene Thomas – All About Love
Dates : du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026
Lieu : Grand Palais, Paris
Œuvres présentées : peintures, collages, photographies, installations
Billetterie : site officiel du Grand Palais

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La littérature africaine francophone se dote d’une nouvelle plateforme https://mondafrique.com/loisirs-culture/la-place-des-auteurs-africains-francophones-lance-un-appel-a-auteurs/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/la-place-des-auteurs-africains-francophones-lance-un-appel-a-auteurs/#respond Wed, 21 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145645 Plateforme collaborative et vitrine internationale, la Place des Auteurs Africains Francophones est lancée avec un appel à auteurs et à textes destiné aux écrivains africains et caribéens francophones. Soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie, le projet sera officiellement dévoilé en 2026 à Paris. C’est une initiative d’envergure pour la littérature africaine et caribéenne d’expression […]

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Plateforme collaborative et vitrine internationale, la Place des Auteurs Africains Francophones est lancée avec un appel à auteurs et à textes destiné aux écrivains africains et caribéens francophones. Soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie, le projet sera officiellement dévoilé en 2026 à Paris.

C’est une initiative d’envergure pour la littérature africaine et caribéenne d’expression française. La Place des Auteurs Africains Francophones est une nouvelle plateforme digitale collaborative dédiée à la découvrabilité, à la mise en réseau et à la valorisation des écrivains francophones d’Afrique et des Caraïbes. Le projet bénéficie du soutien de Organisation internationale de la Francophonie, soulignant sa portée internationale et son inscription dans une politique culturelle francophone ambitieuse.

La plateforme sera officiellement lancée lors du Salon du livre africain de Paris, rendez-vous désormais incontournable de la scène littéraire africaine contemporaine. Ce cadre symbolique offre une visibilité immédiate à un projet qui entend répondre à un enjeu central : mieux faire circuler les œuvres et les auteurs africains francophones dans l’espace mondial du livre.

Pensée comme un espace vivant, contributif et interactif, la Place des Auteurs Africains Francophones permettra à chaque auteur sélectionné de disposer d’un outil digital personnel. Les écrivains pourront y partager leurs actualités, publier des extraits, proposer des réflexions, présenter leurs ouvrages et rendre compte de leur démarche artistique. Les contenus seront alimentés directement par les auteurs, puis vérifiés et validés par une équipe de modération, afin de garantir la qualité éditoriale de la plateforme.

Un appel à auteurs et à textes

Dès son annonce, la plateforme s’accompagne d’un appel officiel à auteurs et à textes, ouvert aux écrivains africains et caribéens francophones. Cet appel vise à constituer la première sélection d’auteurs qui intégreront la plateforme dès son lancement officiel en 2026.

Les auteurs retenus bénéficieront d’une visibilité internationale accrue, à la fois par leur présence sur la plateforme et par leur intégration dans un réseau littéraire francophone mondial. Ils pourront inscrire leur travail dans une dynamique collective, tout en conservant la singularité de leur voix, de leur parcours et de leurs thématiques d’écriture.

Pour candidater, les auteurs sont invités à transmettre une biographie, une bibliographie, ainsi qu’un court texte présentant leur démarche d’auteur et leurs motivations à rejoindre la Place des Auteurs Africains Francophones. Les candidatures seront examinées par un comité de sélection, qui s’engage à revenir vers les auteurs dans des délais raisonnables.

Cet appel constitue une opportunité stratégique pour des écrivains souvent confrontés à des difficultés de diffusion, de visibilité et de reconnaissance à l’international, malgré la vitalité et la diversité de leurs œuvres.

Une plateforme ouverte à tout l’écosystème du livre

La Place des Auteurs Africains Francophones ne se limite pas aux seuls écrivains. Elle s’adresse également à l’ensemble de l’écosystème du livre africain : éditeurs, libraires, associations culturelles, institutions, festivals et acteurs de la chaîne du livre sont invités à rejoindre la plateforme.

Cette ouverture traduit une vision globale du secteur littéraire, fondée sur la coopération entre les différents acteurs de la création, de la production et de la diffusion. En favorisant les échanges et les collaborations, la plateforme entend renforcer durablement la présence de la littérature africaine francophone sur la scène internationale.

Un recueil collectif pour accompagner l’élan

En parallèle du lancement de la plateforme, les Éditions Rencontres des Auteurs Francophones publieront en 2026 un ouvrage collectif réunissant une sélection de textes d’auteurs membres de la Place des Auteurs Africains Francophones. Cette sortie mondiale viendra matérialiser ce nouvel élan littéraire et culturel, en offrant une vitrine éditoriale supplémentaire aux auteurs sélectionnés.

La Place des Auteurs Africains Francophones s’inscrit dans la dynamique du réseau Rencontre des Auteurs Francophones, créé en 2020 à New York. Premier réseau littéraire francophone mondial, il rassemble aujourd’hui plus de 400 auteurs issus de 55 pays et territoires, soutenus par des ambassadeurs répartis sur cinq continents. À travers ses plateformes, ses événements internationaux et ses projets éditoriaux collectifs, le réseau poursuit une mission claire : rendre la littérature et la culture francophones accessibles à toutes et à tous, partout dans le monde, et affirmer le livre comme un levier essentiel de transmission et d’émancipation.

APPEL À CANDIDATURE

DEVENEZ UN(E) DES PREMIER(E)S AUTEUR(E)S AFRICAIN(E)S FRANCOPHONES À REJOINDRE
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Expliquez-nous en quelques phrases votre démarche d’auteur ainsi que vos motivations à rejoindre la Place des Auteurs Africains Francophones.

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UN RÉSEAU UNIQUE DANS LE MONDE

  • Créé en 2020 à New York, Rencontre des Auteurs Francophones est aujourd’hui le premier réseau littéraire francophone mondial.
  • +400 auteurs de 55 pays et territoires.
  • 20 ambassadeurs sur 5 continents (Amérique, Europe, Afrique, Asie, Océanie).
  • Une chaîne YouTube dédiée avec +120 émissions (interviews, reportages…)
  • Une plateforme digitale contributive et interactive accessible aux membres du réseau (auteursfrancophones.com).
  • Une maison d’édition dédiée aux projets collectifs francophones (Hommages à Pagnol, Camus, Gary, Méditerranée, les mères…).
  • Des festivals et événements organisés à travers le monde : New York, Princeton, Miami, Bruxelles, Genève, et bientôt… Cannes.
  • Les Dîners des Auteurs dans le monde.

 

 

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Burna Boy en escale à Bruxelles (23 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/burna-boy-en-escale-a-bruxelles-23-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/burna-boy-en-escale-a-bruxelles-23-janvier/#respond Mon, 19 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145477 Le 23 janvier 2026, Burna Boy se produira à Bruxelles dans le cadre de sa tournée mondiale No Sign of Weakness. À l’ING Arena, l’artiste nigérian présentera son nouvel album lors d’un concert à 360 degrés, confirmant l’ancrage européen de son afro-fusion sur les grandes scènes internationales. Janvier 2026 marque une nouvelle étape dans le […]

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Le 23 janvier 2026, Burna Boy se produira à Bruxelles dans le cadre de sa tournée mondiale No Sign of Weakness. À l’ING Arena, l’artiste nigérian présentera son nouvel album lors d’un concert à 360 degrés, confirmant l’ancrage européen de son afro-fusion sur les grandes scènes internationales.

Janvier 2026 marque une nouvelle étape dans le déploiement européen de Burna Boy. Avec la No Sign of Weakness Tour, tournée mondiale accompagnant l’album du même nom sorti en juillet 2025, l’artiste confirme son statut de figure centrale des musiques africaines contemporaines. Après un lancement américain à l’automne, la tournée investit l’Europe selon une logique désormais assumée : grandes salles, concerts solo sans première partie, formats pensés pour un public large et transversal.

No Sign of Weakness prolonge l’esthétique afro-fusion qui a fait la renommée internationale de Burna Boy. L’album assume un métissage affirmé entre afrobeats, reggae, dancehall, hip-hop, rock et influences pop occidentales. Cette hybridation, devenue sa signature, s’accompagne ici d’une production plus dense, clairement conçue pour le live. Le disque rassemble plusieurs collaborations internationales marquantes — notamment avec Travis Scott, Stromae, Mick Jagger et Shaboozey — confirmant une stratégie artistique fondée sur la circulation fluide entre scènes, genres et publics.

Sur scène, la tournée privilégie un format resserré et exigeant, centré exclusivement sur la performance de l’artiste. Le concert bruxellois, accueilli à l’ING Arena, devrait s’articuler autour d’un équilibre entre les nouveaux titres et les morceaux qui ont jalonné son ascension mondiale — de Ye à Last Last, en passant par Anybody. Cette construction inscrit le nouvel album dans une continuité assumée, plutôt que dans une rupture avec un répertoire désormais solidement installé dans le paysage musical international.

Né à Port Harcourt, au Nigeria, Damini Ebunoluwa Ogulu s’est imposé en une quinzaine d’années comme l’une des figures majeures de l’afrobeats contemporain. Après ses débuts en 2010 et un premier album, L.I.F.E (2013), il franchit un cap décisif avec African Giant (2019), qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards. Twice as Tall (2020) confirme cette reconnaissance en remportant le Grammy du Best Global Music Album, installant durablement Burna Boy dans le cercle restreint des artistes internationaux de premier plan.

La date bruxelloise du 23 janvier 2026 s’inscrit dans une séquence européenne dense, marquée par une tournée hivernale hors période de festivals. Ce choix est stratégique : il traduit la capacité de l’afro-fusion à soutenir, seule, des concerts de grande ampleur dans des arenas, sans dépendre d’un contexte événementiel estival. Burna Boy ne se positionne plus comme un ambassadeur ponctuel des musiques africaines, mais comme un artiste global, pleinement intégré aux logiques de tournée des scènes pop et urbaines internationales.

Avec No Sign of Weakness, il confirme une trajectoire sans rupture brutale, mais sans affaiblissement non plus : celle d’un artiste qui consolide son statut, affine son langage musical et continue d’inscrire les musiques africaines au cœur du paysage musical mondial contemporain.

Informations pratiques

Artiste : Burna Boy
Tournée : No Sign of Weakness Tour
Date : vendredi 23 janvier 2026
Lieu : ING Arena, Bruxelles
Configuration : scène à 360°
Billetterie : plateformes officielles (Ticketmaster, Live Nation)

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Ciné Bala, l’Afrique en partage à Chambéry (23–26 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/cine-bala-lafrique-en-partage-a-chambery-23-26-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/cine-bala-lafrique-en-partage-a-chambery-23-26-janvier/#respond Sun, 18 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145467 Du 23 au 26 janvier 2026, Chambéry accueille la 11ᵉ édition de Ciné Bala. Un festival dédié aux cinémas d’Afrique qui élargit son format en mêlant projections, musique, ateliers et expositions, pour une immersion culturelle ouverte à tous. Du 23 au 26 janvier 2026, la ville de Chambéry devient, le temps de quatre jours, un […]

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Du 23 au 26 janvier 2026, Chambéry accueille la 11ᵉ édition de Ciné Bala. Un festival dédié aux cinémas d’Afrique qui élargit son format en mêlant projections, musique, ateliers et expositions, pour une immersion culturelle ouverte à tous.

Du 23 au 26 janvier 2026, la ville de Chambéry devient, le temps de quatre jours, un carrefour des cinémas d’Afrique avec la 11ᵉ édition de Ciné Bala. Fidèle à sa vocation initiale, le festival propose une programmation cinématographique exigeante et accessible, tout en affirmant plus nettement que jamais sa dimension transdisciplinaire.

Créé pour favoriser la diffusion de films africains rarement visibles dans les circuits commerciaux, Ciné Bala s’est progressivement imposé comme un rendez-vous culturel singulier dans le paysage régional. Cette nouvelle édition confirme cette ambition en associant au cinéma d’autres formes artistiques : musique, arts visuels, ateliers participatifs et gastronomie, dans une logique d’ouverture et de circulation des publics.

La programmation cinéma met à l’honneur des œuvres venues de plusieurs pays du continent africain, notamment du Maroc, du Burkina Faso, du Sénégal ou encore de Guinée. Fictions et documentaires composent une sélection pensée pour refléter la diversité des récits, des esthétiques et des contextes de production africains contemporains. Le film d’ouverture, projeté en grande salle, donne le ton d’une édition placée sous le signe de la rencontre et du partage.

Au-delà des projections, Ciné Bala revendique une approche immersive. La soirée d’ouverture associe cinéma, arts visuels et musique avec le vernissage de l’exposition Contes illustrés, suivi d’un concert du groupe marocain Gnaoua Roots, formation reconnue pour son dialogue entre musiques gnaoua traditionnelles et influences contemporaines.

Une expérience culturelle globale

L’édition 2026 se distingue par la place accordée aux animations interactives. Des ateliers d’initiation aux percussions africaines invitent le public à expérimenter le rythme et les sonorités au cœur des cultures musicales du continent. Dans le même esprit, un défilé de sapes mêle création vestimentaire, musique et performance, offrant une lecture à la fois ludique et artistique des esthétiques africaines et afro-diasporiques.

Les plus jeunes trouvent également leur place au sein du festival. Les séances CinéContes, animées par Bintou Sombié, combinent narration orale et projection d’images, permettant une découverte sensible et pédagogique des imaginaires africains. Cette attention portée au jeune public s’inscrit pleinement dans la vocation éducative de Ciné Bala, qui cherche à transmettre autrement, dès l’enfance.

La convivialité constitue un autre pilier de l’événement. Des dégustations de plats traditionnels africains ponctuent la programmation, transformant les temps de projection en moments de partage. Des scènes musicales viennent également rythmer le festival, renforçant l’idée d’un dialogue constant entre les arts et les pratiques culturelles.

Ciné Bala s’adresse ainsi à un public large : cinéphiles, familles, scolaires, amateurs de musiques du monde ou simples curieux. En croisant les disciplines, le festival dépasse le cadre strict du cinéma pour devenir un espace de circulation des cultures, des récits et des sensibilités africaines.

Dans un contexte où les représentations de l’Afrique restent souvent fragmentaires ou stéréotypées, Ciné Bala affirme une autre approche : montrer la pluralité des voix, des formes et des expériences. À Chambéry, le cinéma devient alors un point d’entrée vers une exploration plus vaste des cultures africaines contemporaines.

Informations pratiques

Événement : Ciné Bala – 11ᵉ édition
Dates : du 23 au 26 janvier 2026
Lieu : Chambéry, France
Type : Festival de cinéma africain et événements culturels associés
Au programme : projections de films africains, concerts, expositions, ateliers, CinéContes, gastronomie
Public : grand public, familles, scolaires
Site officiel : www.cinebala.fr

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L’adieu à Albert Bourgi https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/ladieu-a-albert-bourgi/ https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/ladieu-a-albert-bourgi/#respond Sat, 17 Jan 2026 15:43:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145536 Il y avait foule, ce vendredi 16 septembre, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, pour rendre hommage au juriste Albert Bourgi. Un lieu de mémoire pour cet homme qui en portait tant, franco-sénégalais d’origine libanaise, authentique « boy Dakar » ayant grandi dans le quartier du Plateau, perclus d’architecture coloniale, centre névralgique et cœur historique […]

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Il y avait foule, ce vendredi 16 septembre, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, pour rendre hommage au juriste Albert Bourgi. Un lieu de mémoire pour cet homme qui en portait tant, franco-sénégalais d’origine libanaise, authentique « boy Dakar » ayant grandi dans le quartier du Plateau, perclus d’architecture coloniale, centre névralgique et cœur historique du poumon culturel de l’Afrique de l’Ouest.

Frère aîné de Robert Bourgi – l’avocat de la Françafrique, héritier des réseaux Foccart – il avait épousé une trajectoire inverse de celle de son cadet : à Robert, la fidélité au gaullisme, aux réseaux affairistes du RPR puis de l’UMP, de Chirac à Sarkozy ; à Albert, les indéfectibles amitiés issues d’un camp progressiste, parfois sculptées au sein de la Fédération des étudiants d’Afrique noire de France (FEANF), où militait un certain Alpha Condé.

L’ex-président guinéen, aîné putatif de cœur de la fratrie Bourgi, renversé par un coup d’État adoubé par la France et les États-Unis, n’avait pas pu faire le voyage. Pas davantage que ses autres frères d’armes, Laurent Gbagbo, représenté au Père-Lachaise par une délégation menée par son avocate Habiba Touré, ou Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), décédé en janvier 2022 après avoir été, lui aussi, lâché deux ans plus tôt par Paris au profit d’une junte militaire.

Car le combat d’Albert Bourgi, c’était aussi celui-là : se battre au profit d’un partenariat renouvelé, équitable et apaisé entre Paris et ses anciennes colonies, à l’heure où des Don Quichotte d’opérette pointaient du doigt une Françafrique en soins palliatifs, sous curatelle et pavillon américain depuis la chute du mur de Berlin.

Il y avait au Père-Lachaise d’autres vieux compagnons et fidèles d’Albert, entourant de leurs hommages chaleureux son fils Renaud et sa fille Cécile, filleule d’Alpha Condé : parmi eux, le juriste sénégalais Doudou Diène, la journaliste franco-rwandaise Madeleine Mukamabano, sans oublier la famille d’Amath Dansokho, son autre « frère » progressiste, décédé en 2019.

Son fils Alcaly Dansokho avait ramené une bouteille de sable prélevé sur la plage jouxtant l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, afin que ses proches en déposent une poignée symbolique sur son cercueil.

Qu’ainsi la terre lui soit plus légère.

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Venance Konan, le mode d’emploi pour blanchir un coup d’État https://mondafrique.com/a-la-une/mode-demploi-pour-blanchir-un-coup-detat/ https://mondafrique.com/a-la-une/mode-demploi-pour-blanchir-un-coup-detat/#respond Sat, 17 Jan 2026 05:45:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145333 Si les coups d’État fleurissent sur le continent, comme la plaine à la première pluie de la mousson, il ne suffit pas de s’emparer du pouvoir pour les réussir. Encore faut-il les « blanchir », afin de réintégrer le jeu régulier que préfèrent les institutions et la « communauté » internationales.  Par Venance Konan On connaît le blanchiment d’argent […]

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Si les coups d’État fleurissent sur le continent, comme la plaine à la première pluie de la mousson, il ne suffit pas de s’emparer du pouvoir pour les réussir. Encore faut-il les « blanchir », afin de réintégrer le jeu régulier que préfèrent les institutions et la « communauté » internationales. 

Par Venance Konan

On connaît le blanchiment d’argent sale. Prenons un exemple, pour ceux qui ne savent pas ce que c’est. Vous avez obtenu une grosse somme d’argent, en vendant de la drogue, par exemple. Il vous est impossible d’aller déposer cette somme à la banque sans vous faire interpeller. Vous ne pouvez pas non plus la laisser sous votre lit ou dans une valise sur une étagère dans votre chambre. Il faut absolument que cet argent entre dans le circuit normal pour que vous puissiez en jouir. Alors, vous empruntez ou vous faites croire que vous empruntez de l’argent à vos proches ou à la banque, et vous construisez une boulangerie, par exemple. Ainsi, vous pouvez en toute sérénité, aller déposer chaque jour de l’argent à la banque, en faisant croire que c’est ce que vous rapporte votre boulangerie, qu’elle marche ou non, alors que c’est l’argent de votre commerce de drogue.

Pour la petite histoire, les boulangeries ont poussé comme des petits pains (c’est le cas de le dire) en Côte d’Ivoire au moment où l’on parlait de grosses quantités de cocaïne saisies ou transitant dans ce pays. Bien sûr, honni soit qui tenterait de relier les deux faits. Les Ivoiriens se sont simplement brusquement pris de passion pour le pain chaud et croustillant, ainsi que pour les viennoiseries, aussi bien dans les quartiers chics que dans ceux que l’on appelle déshérités. Bref, revenons à notre sujet.

Couper le robinet

De la même façon que l’on blanchit de l’argent, vous devez aussi blanchir votre coup d’État si vous en faites un. Ils sont très en vogue en ce moment en Afrique de l’Ouest. Mais, comme la drogue, le coup d’État est illicite et condamné par tout le monde. Quels qu’en soient les justificatifs, il est abhorré par tous les pays démocratiques ou qualifiés comme tels, ainsi que par les organisations internationales sérieuses. Généralement la Banque mondiale et le FMI vous coupent le robinet quand vous faites un coup d’État. Or, que deviendrait un pays africain sérieux sans les crédits de ces deux institutions ? Le label que cherche tout pays africain qui se respecte est celui de « meilleur élève du FMI. »

Il faut donc blanchir votre coup d’État et devenir ou redevenir un pays démocratique. Le pays démocratique, sous nos tropiques, c’est celui où il y a une Constitution qui limite le nombre de mandats du Président (rien n’empêche de modifier, plus tard, cette Constitution, pour remettre les compteurs à zéro et se maintenir au pouvoir jusqu’à ce qu’on autre coup d’État vous renverse), où des élections sont organisées, peu importe comment, et où on ne tire pas sur la foule dans un stade. Des opposants, des activistes de la société civile peuvent disparaître ou choisir d’aller vivre en exil, ce qui est leur droit, mais jamais, il ne faut faire tirer sur les opposants dans un stade. Pour le reste on peut parler de bavure inévitable ou quelque chose comme ça.

« Comme ça au pif, la France. »

Alors, comment blanchir votre coup d’État? D’abord il faut affirmer haut et fort que vous avez renversé le pouvoir précédent parce qu’il ne respectait pas la démocratie, les droits de l’Homme, qu’il y avait de la corruption, du tribalisme, etc. C’est du classique. Ajoutez que jamais, au grand jamais, vous ne serez candidat à la prochaine élection présidentielle. Ni même vos amis qui vous ont aidé à prendre le pouvoir. Ensuite vous faites écrire une nouvelle Constitution, un nouveau code électoral, tout en révisant les anciens accords sur l’exploitation de vos ressources minières, en laissant, cependant, une grande part à une quelconque puissance susceptible de vous protéger. Tout le monde a besoin d’un grand frère. Certains ont choisi la Russie, d’autres la Chine. Et vous ? Vous pouvez choisir, disons, comme ça au pif, la France. Si par hasard votre épouse est Française, eh bien, quels services ne se rend-on pas entre beaux-parents ?

Ensuite, vous vous arrangez pour que les principaux leaders de l’opposition quittent le pays (il y aura toujours quelque chose à leur reprocher puisqu’ils ont exercé eux aussi le pouvoir, à un certain niveau, à un moment donné). Et après, votre peuple vient vous supplier de vous porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Qui êtes-vous pour refuser de répondre à l’appel désespéré du peuple ? Ainsi donc, à votre corps défendant, vous devenez candidat, malgré votre promesse de ne pas l’être. Vous choisissez quelques comparses pour vous accompagner, pour que votre élection ait l’air démocratique, et vous êtes élu. Le lendemain, la France vous félicite, les États-Unis, qui ont un œil sur vos minerais, aussi, et votre coup d’État aura été blanchi. Vous êtes désormais un Président démocratiquement élu, et vous pourrez continuer de porter vos lunettes noires et vos montres Rolex.

 

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Au cœur des traditions mundari (16-18 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/au-coeur-des-traditions-mundari-16-18-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/au-coeur-des-traditions-mundari-16-18-janvier/#respond Fri, 16 Jan 2026 16:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145452 Du 16 au 18 janvier 2026, Terekeka accueille le Mundari Cultural Festival. Une célébration communautaire consacrée aux traditions vivantes du peuple Mundari, entre danses, rituels, musique et artisanat, au cœur d’un territoire où la culture demeure un pilier identitaire. Du 16 au 18 janvier 2026, la ville de Terekeka, dans l’État d’Équatoria Central, accueille le […]

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Du 16 au 18 janvier 2026, Terekeka accueille le Mundari Cultural Festival. Une célébration communautaire consacrée aux traditions vivantes du peuple Mundari, entre danses, rituels, musique et artisanat, au cœur d’un territoire où la culture demeure un pilier identitaire.

Du 16 au 18 janvier 2026, la ville de Terekeka, dans l’État d’Équatoria Central, accueille le Mundari Cultural Festival, un événement annuel dédié à la mise en valeur des traditions du peuple Mundari. Dans un pays marqué par une histoire récente instable, ce rendez-vous culturel s’affirme comme un espace de transmission, de visibilité et de continuité des savoirs locaux.

Peuple agro-pastoral vivant principalement le long du Nil Blanc, les Mundari occupent une place singulière dans le paysage culturel du Soudan du Sud. Leur organisation sociale, leurs rites et leur esthétique sont intimement liés à l’élevage bovin, élément central de leur économie comme de leur symbolique. Le festival s’inscrit dans cette réalité quotidienne, sans mise en scène artificielle ni folklorisation excessive : il donne à voir une culture encore pleinement pratiquée, inscrite dans le présent.

À rebours des festivals institutionnalisés, le Mundari Cultural Festival repose avant tout sur une dynamique communautaire. Il rassemble habitants des villages environnants, chefs traditionnels, musiciens, artisans et danseurs, dans une atmosphère de célébration collective. L’enjeu n’est pas seulement festif, mais aussi éducatif : transmettre aux jeunes générations des pratiques fragilisées par les bouleversements sociaux, l’urbanisation contrainte et les effets prolongés des conflits.

Entre rituels et expressions artistiques

Le cœur du festival bat au rythme des performances traditionnelles. Danses collectives, chants rituels et musiques percussives scandent les journées et prolongent les soirées. Ces expressions ne sont pas présentées comme des spectacles autonomes, mais comme des pratiques sociales indissociables de moments précis de la vie communautaire : rites de passage, célébrations saisonnières, affirmations identitaires.

Les rituels occupent une place centrale. Ils mettent en scène les liens entre les individus, le groupe et le bétail, mais aussi la relation au territoire et aux ancêtres. Les parures corporelles — peintures à base de cendres, coiffes, ornements — font partie intégrante de ces pratiques et révèlent une esthétique codifiée, sobre et puissante, profondément ancrée dans la culture mundari.

Le festival ouvre également un espace dédié à l’artisanat local. Objets utilitaires, instruments de musique, éléments de parure ou de décoration sont exposés ou fabriqués sur place. Ces démonstrations de savoir-faire rappellent l’importance de la transmission intergénérationnelle, dans un contexte où les circuits économiques formels demeurent limités et où l’apprentissage passe d’abord par le geste et l’observation.

Au-delà de la célébration culturelle, le Mundari Cultural Festival porte une forte charge symbolique. Il s’agit d’un acte de réaffirmation identitaire, dans un pays jeune où la reconnaissance des cultures locales participe à la construction d’un tissu social plus inclusif. En mettant en avant une communauté spécifique, l’événement rappelle la diversité culturelle du Soudan du Sud et la richesse de ses traditions.

Le public est majoritairement local et régional. L’événement attire néanmoins l’attention de chercheurs, anthropologues, photographes et journalistes spécialisés dans les cultures africaines. Cette présence extérieure reste mesurée : le festival n’est pas conçu comme un produit touristique, mais comme un temps de cohésion et de partage, fidèle à ses ancrages.

L’organisation demeure volontairement souple. Les infrastructures sont limitées, l’accès peut être complexe, et la tenue de l’événement dépend des conditions locales. Cette fragilité fait partie intégrante de sa nature et renforce, paradoxalement, son authenticité.

Informations pratiques

Événement : Mundari Cultural Festival
Dates : du 16 au 18 janvier 2026
Lieu : Terekeka Town, État d’Équatoria Central, Soudan du Sud
Type : Festival culturel traditionnel communautaire
Programme : danses, chants et musiques traditionnelles, rituels culturels, artisanat local

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