Afrique - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/afrique/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 17 Feb 2026 12:16:10 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Afrique - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/afrique/ 32 32 Rester ou partir : le choix impossible des étudiants africains en France https://mondafrique.com/loisirs-culture/rester-ou-partir-le-choix-impossible-des-etudiants-africains-en-france/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/rester-ou-partir-le-choix-impossible-des-etudiants-africains-en-france/#respond Tue, 17 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147252 Chaque année, des milliers d’étudiants africains viennent se former en France avec l’idée d’un retour. Mais à l’heure du diplôme, le projet initial vacille. Entre contraintes administratives, insertion professionnelle et attentes familiales, rester ou rentrer devient un choix sous tension. Le décryptage de nos confrères de l’excellent site The Conversation. Chaque année, des milliers d’étudiants africains se […]

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Chaque année, des milliers d’étudiants africains viennent se former en France avec l’idée d’un retour. Mais à l’heure du diplôme, le projet initial vacille. Entre contraintes administratives, insertion professionnelle et attentes familiales, rester ou rentrer devient un choix sous tension. Le décryptage de nos confrères de l’excellent site The Conversation.

Chaque année, des milliers d’étudiants africains se rendent en France pour des études supérieures. Le récit qui accompagne leur départ est optimiste : acquérir des compétences, obtenir un diplôme reconnu, puis rentrer pour contribuer au développement de leur pays. Pourtant, pour beaucoup, la fin du cursus ne signifie pas un retour immédiat, mais une période d’incertitude. Rester en France ou rentrer au pays ? Cette question, rarement abordée frontalement, constitue un moment complexe de l’expérience migratoire étudiante.

Pour avoir étudié la situation des étudiants migrants africains en France, j’ai constaté que cette question dépasse le choix individuel, mêlant politiques migratoires, marché du travail, attentes familiales et trajectoires personnelles.

Une mobilité pensée comme temporaire

Dès l’obtention du visa étudiant, le cadre institutionnel est clair : le séjour est provisoire. Dans les années 2010, l’engagement de retour faisait partie des démarches administratives. Les renouvellements de titre de séjour rappelaient implicitement que la formation devait être suivie d’un départ. Cette logique s’inscrit dans une vision largement partagée : former puis voir repartir. Dans le débat public français, la présence prolongée d’anciens étudiants étrangers suscite parfois incompréhension ou suspicion. L’étudiant est perçu comme visiteur académique, non comme futur acteur du marché du travail. Cette conception se heurte rapidement aux réalités vécues.

Quand le projet initial se transforme

À leur arrivée, de nombreux étudiants africains affirment vouloir rentrer. Mais les projets migratoires évoluent selon expériences, opportunités et contraintes. Durant les études, les étudiants construisent réseaux sociaux et professionnels, découvrent le marché du travail français et constatent les difficultés d’insertion dans leur pays. Le retour, initialement évident, devient conditionnel : « après avoir travaillé un peu », « une fois stabilisé », « lorsque les conditions seront réunies ». Cette redéfinition n’est pas de l’opportunisme, mais une adaptation à des contextes souvent incertains.

L’après-université, période sous pression

Contrairement à une idée reçue, la fin des études n’est pas un relâchement, mais une période de forte tension : trouver un emploi, régulariser sa situation et décider de son avenir géographique. En France, l’accès à l’emploi est la principale voie de régularisation. Sans contrat répondant aux exigences administratives, le maintien sur le territoire devient difficile. Cette situation entraîne des choix contraints, souvent dans des délais courts, accentuant la vulnérabilité au moment charnière du parcours de vie.

Des inégalités selon les filières

Les perspectives d’insertion varient selon les disciplines. Dans les années 2010, diplômés des filières scientifiques et numériques bénéficiaient de meilleures opportunités d’emploi et pouvaient plus facilement changer de statut. Les étudiants en lettres, sciences humaines et sociales se retrouvaient plus souvent dans des emplois précaires, insuffisants pour régulariser leur situation.

Cette inégalité structurelle influence la décision de rester ou rentrer. Les doctorants disposent de contrats, allocations et réseaux académiques leur offrant davantage de marges de manœuvre, parfois jusqu’à la naturalisation. La trajectoire dépend ainsi moins de la volonté individuelle que de la position dans le système académique et professionnel.

Enfin, l’accès au logement accentue également ces inégalités : les étudiants des filières scientifiques et numériques, mieux rémunérés ou disposant de contrats doctoraux, peuvent se loger plus facilement et stabiliser leur parcours. À l’inverse, les étudiants en lettres et sciences humaines, souvent confrontés à des emplois précaires, voient leur choix de rester ou de rentrer fortement conditionné par des difficultés d’hébergement.

Rentrer : un choix non neutre

Le retour est souvent présenté comme moral ou patriotique. En réalité, il recouvre des situations diverses. Certains étudiants rentrent dans de bonnes conditions : postes préparés à distance, réseaux solides, dispositifs institutionnels. Pour d’autres, le retour survient sous contrainte : perte de titre de séjour, refus de l’irrégularité, épuisement moral ou échec administratif. Ces trajectoires restent invisibles dans les statistiques et les discours publics, marginalisées dans les politiques, en Europe comme en Afrique.

Les données de Campus France publiées ces dernières années indiquent qu’environ 50 % des étudiants étrangers restent en France jusqu’à quatre ans après la fin de leurs études, qu’ils ne sont plus qu’environ 33 % au bout de sept ans et seulement près de 20 % après dix ans, la majorité finissant par retourner dans leur pays d’origine ou par s’installer ailleurs. Ces chiffres ne sont pas figés : ils dépendent notamment du pays d’origine, du niveau de diplôme, des opportunités professionnelles, des trajectoires familiales et des cadres juridiques (permis de travail, titres de séjour, etc.).

Une décision rarement individuelle

Rester ou rentrer n’est jamais strictement personnel. La décision se construit sous l’influence de multiples acteurs : administrations, employeurs, famille, parfois communauté d’origine. Les attentes familiales jouent un rôle central : le diplôme à l’étranger est associé à l’espoir de réussite sociale ou de soutien économique. Rentrer sans emploi peut être perçu comme un échec socialement coûteux. Cette pression s’ajoute à celle des institutions (universités, préfectures, municipalités, etc.), qui considèrent encore la mobilité étudiante en termes de contrôle, sans réel accompagnement de l’après-formation.

Penser autrement la mobilité étudiante

Opposer rester ou rentrer conduit à une impasse analytique. Les trajectoires des étudiants africains en France s’inscrivent de plus en plus dans des logiques de circulation : allers-retours, mobilités temporaires, projets transnationaux. Penser la mobilité seulement à travers la « fuite des cerveaux » ou le retour obligatoire empêche de saisir cette complexité. Former sans anticiper l’après-formation produit incertitude et précarité. Reconnaître la pluralité des trajectoires permettrait de mieux accompagner les étudiants, valoriser leurs compétences et renforcer les liens entre pays d’accueil et pays d’origine.

Rendre visible l’invisible

Derrière chaque décision de rester ou rentrer se cache une histoire singulière, faite d’espoirs, d’ajustements et de renoncements. Rendre visibles ces parcours permet de dépasser jugements moraux et discours simplificateurs. Avec la croissance de la mobilité étudiante internationale, il devient essentiel de considérer l’après-études comme une phase à part entière du parcours migratoire. Ainsi, la formation internationale profitera aux individus, aux sociétés d’accueil et aux pays africains.

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« La Fabrique du Merveilleux » : sous les bijoux, la cendre https://mondafrique.com/loisirs-culture/la-fabrique-du-merveilleux-sous-les-bijoux-la-cendre/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/la-fabrique-du-merveilleux-sous-les-bijoux-la-cendre/#respond Mon, 16 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147220 Dans une principauté imaginaire où les rêves façonnent le réel, Nétonon Noël Ndjékéry compose une fable politique traversée par la violence, la magie et le désir de renversement. Derrière l’éclat des parures, c’est une réflexion aiguë sur la domination et la responsabilité collective qui se dessine. Une chronique de Karim Saadi Il y a d’abord […]

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Dans une principauté imaginaire où les rêves façonnent le réel, Nétonon Noël Ndjékéry compose une fable politique traversée par la violence, la magie et le désir de renversement. Derrière l’éclat des parures, c’est une réflexion aiguë sur la domination et la responsabilité collective qui se dessine.

Une chronique de Karim Saadi

Il y a d’abord une femme. Elle avance dans la lumière, sertie d’or et de pierres impossibles, et chacun baisse les yeux. Poudoudou ne gouverne pas : elle tient. Elle serre. Elle impose. Dans la principauté de Lara, le roi s’est absenté du monde pour courir derrière les bêtes sauvages ; elle, en revanche, traque les vivants.

Tout commence comme un conte cruel. Une épouse parmi d’autres devient la seule. Les rivales disparaissent dans le silence. La parole elle-même est frappée lorsque le gardien de la mémoire royale est exécuté en place publique. Le pouvoir n’a plus besoin de justification ; il se donne en spectacle. Et plus il brille, plus il inquiète.

Autour de Poudoudou gravite Tipipi. Il n’est ni conseiller ni confident. Il est outil. Enfant frappé par le malheur, recueilli puis façonné dans l’humiliation, il traverse le monde pour rapporter à sa souveraine des bijoux dont l’éclat semble défier les lois ordinaires. Ces pierres ont quelque chose d’organique, presque douloureux. Elles fascinent autant qu’elles dérangent.

Le roman installe alors une question qui fend le récit : d’où vient cette beauté ? Qui paie le prix de cette splendeur ?

La réponse se cache dans une forêt qui n’appartient pas tout à fait à la géographie. Konmékouhoudjé n’est pas un lieu, c’est une frontière. Là où la nuit se replie lorsque le soleil la chasse, les rêves sont triés, tamisés, contenus. Le monde visible n’est qu’une surface ; en dessous, un autre univers travaille, veille, corrige.

Ndjékéry donne à cette forêt une densité presque sacrée. Les animaux parlent, les destins s’écrivent dans des toiles invisibles, les fautes anciennes s’y déposent comme des sédiments. Ce n’est pas un refuge naïf. C’est un lieu de mémoire et de justice lente. Là, Tipipi apprend que son histoire ne relève pas du hasard. Il découvre la racine de la violence qui l’a façonné.

Ce basculement transforme le roman. Ce qui ressemblait à une chronique de tyrannie devient une méditation sur l’héritage et la réparation. Le merveilleux cesse d’être décoratif ; il devient révélateur. Il met au jour ce que le pouvoir voudrait effacer.

La magie ne suffit pas

Lorsque le trône change de mains, ce n’est pas seulement une personne qui est déplacée, c’est un ordre symbolique. Une femme s’assoit là où l’on n’imaginait que des hommes. La réaction est immédiate : soupçons, rumeurs, prophéties catastrophiques. Le corps féminin, soudain, devient enjeu politique.

Le roman ne traite pas cette hostilité comme une anecdote. Il la dissèque. Il montre combien la souveraineté, lorsqu’elle change de visage, ébranle les certitudes les plus enfouies. Ce ne sont pas les compétences qui sont contestées, mais la possibilité même d’un autre modèle.

Pourtant, le geste le plus audacieux du livre ne se situe pas là. Il survient lorsque la tentation du miracle est rejetée. La magie pourrait continuer d’assurer l’abondance. Elle pourrait dispenser le peuple d’effort. Mais elle engourdit. Elle endort. Elle installe une dépendance aussi dangereuse que la peur.

Renoncer au prodige devient alors un acte politique. Apprendre à produire, à travailler, à se confronter au réel sans l’appui d’un enchantement permanent : voilà le véritable défi. La décision n’est pas confortable. Elle expose la souveraine à l’ingratitude, à l’incompréhension. Mais elle ouvre une autre voie : celle d’une dignité qui ne repose pas sur l’illusion.

La Fabrique du Merveilleux se déploie ainsi dans une tension constante. Il célèbre la puissance des imaginaires tout en avertissant contre leur instrumentalisation. Il met en scène la séduction de la toute-puissance, puis en révèle le coût. Il offre l’éclat des contes pour mieux faire sentir la rugosité du politique.

Ce qui demeure après la lecture n’est pas tant l’image des bijoux que celle de la forêt. Un espace où l’invisible façonne le visible. Où les fautes ne disparaissent pas. Où les rêves, loin d’être une échappatoire, deviennent une responsabilité.

Ndjékéry réussit un équilibre délicat : écrire un récit traversé par la tradition orale, le bestiaire et le mythe, tout en parlant très directement à notre époque. Son roman ne cherche pas à consoler. Il inquiète, interroge, oblige à regarder sous la surface brillante des pouvoirs.

Sous les pierres étincelantes, il y a des larmes. Sous la magie, il y a du travail. Et sous chaque trône, la possibilité d’un renversement.

Titre : La Fabrique du merveilleux
Auteur : Nétonon Noël Ndjékéry
Éditeur : Hélice Hélas
Collection : Mycélium mi-raisin
Date de parution : 14 janvier 2026
Format : Broché (140 pages) et e-book
ISBN : 978-2-940700-91-2 (papier) et 978-2-940700-92-9 (EPUB
Prix : environ 18 € en format broché ; 8,49 € en version ebook.

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Notre semaine culturelle débute avec Nuits d’Afrique au Club Balattou à Montréal https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-nuits-dafrique-au-club-balattou-a-montreal/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-nuits-dafrique-au-club-balattou-a-montreal/#respond Fri, 13 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147075 Des cordes de la kora mandingue aux guitares électriques de la rumba kinoise, des archives panafricaines projetées à Paris aux pages vibrantes d’un roman nigérian, l’Afrique culturelle circule et se réinvente cette semaine. À Montréal, Marseille ou La Cigale, artistes et œuvres déplacent les frontières, relient les diasporas et rappellent qu’il ne s’agit pas d’une […]

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Des cordes de la kora mandingue aux guitares électriques de la rumba kinoise, des archives panafricaines projetées à Paris aux pages vibrantes d’un roman nigérian, l’Afrique culturelle circule et se réinvente cette semaine. À Montréal, Marseille ou La Cigale, artistes et œuvres déplacent les frontières, relient les diasporas et rappellent qu’il ne s’agit pas d’une périphérie créative, mais d’un centre en mouvement permanent

À Montréal, le Cabaret Nuits d’Afrique poursuit sa programmation au Club Balattou du 13 février jusqu’à la fin du mois. Concerts intimistes, artistes africains et diasporiques, rythmes métissés : une série de rendez-vous musicaux qui prolonge l’esprit du festival au cœur de l’hiver.

 

À Montréal, les Nuits d’Afrique ne s’arrêtent pas à l’été. Si le Festival international Nuits d’Afrique demeure l’un des grands rendez-vous culturels de juillet, son volet Cabaret assure une présence continue tout au long de l’année au Club Balattou, salle emblématique des musiques du monde.

À partir du 13 février, la programmation s’intensifie et enchaîne les concerts jusqu’à la fin du mois, confirmant la dynamique régulière de diffusion.

Le 13 février, Gabriel Schwartz (Trio Quintina) ouvre cette séquence avec un projet instrumental à la croisée des influences africaines, latines et méditerranéennes. Le format trio favorise l’improvisation et le dialogue entre les instruments, dans une approche sensible et structurée.

Le 14 février, place à Grèn Sémé. Le groupe réunionnais propose un univers mêlant chanson créole, reggae et rythmes afro-caribéens. Les textes engagés s’appuient sur une énergie scénique maîtrisée, sans surcharge, fidèle à l’esprit cabaret.

Le 15 février, The One Love Project investit la scène avec une proposition afro-fusion. Reggae, soul et afrobeat s’entrecroisent autour d’un socle rythmique solide. La dimension collective – percussions, harmonies vocales, groove – structure un concert pensé comme un moment de partage.

Après une courte pause, la programmation reprend le 19 février avec Kouadjo Marie-Rose et Le Djidji Band. L’artiste met en avant les traditions musicales ivoiriennes, portées par les percussions et le chant, tout en les inscrivant dans des arrangements contemporains.

Le 20 février, la scène accueille Zal Sissokho et Senny Camara, figures reconnues des musiques mandingues. La kora – harpe-luth emblématique d’Afrique de l’Ouest – dialogue avec la voix dans une approche épurée. Le concert s’inscrit dans une tradition orale transmise et réinventée, au plus près du public.

Le 21 février, le groupe Benkadi – dont le nom signifie « entente » ou « solidarité » – explore un répertoire d’Afrique de l’Ouest structuré autour des percussions et des chants collectifs.

Le 22 février, Afrovibes clôt cette séquence annoncée avec un projet afro-contemporain ouvert aux influences urbaines. Les rythmes traditionnels y rencontrent des arrangements modernes, dans une synthèse assumée.

Si ces dates structurent la seconde moitié du mois, le Cabaret Nuits d’Afrique ne s’arrête pas au 22 février. Fidèle à son principe de programmation continue, le Club Balattou poursuit les concerts au-delà de cette série, avec d’autres artistes annoncés progressivement.

Cette ouverture constitue l’un des atouts du dispositif : plutôt qu’un événement ponctuel, le Cabaret fonctionne comme une plateforme permanente de diffusion des musiques africaines et diasporiques à Montréal.

Le choix du Club Balattou n’est pas anodin. La salle, à taille humaine, privilégie l’écoute attentive et la proximité avec les musiciens. Loin des grandes scènes estivales, chaque concert repose ici sur la qualité de l’interprétation et l’interaction directe.

Dans un contexte hivernal, cette formule offre une alternative chaleureuse et immersive. Les musiques africaines et métissées ne sont pas présentées comme des objets folkloriques, mais comme des expressions contemporaines en circulation constante entre continents et diasporas.

Jusqu’à la fin février – et au-delà – le Cabaret Nuits d’Afrique confirme ainsi son rôle : maintenir vivante, semaine après semaine, la scène africaine à Montréal.  

 

Informations pratiques

Événement : Cabaret Nuits d’Afrique
Organisateur : Festival international Nuits d’Afrique
Lieu : Club Balattou, Montréal (Québec, Canada)
Période mise en avant : du 13 février jusqu’à la fin du mois (programmation ouverte au-delà)
Format : concerts intimistes – musiques africaines et afro-diasporiques
Billetterie : en ligne via le Club Balattou et aux guichets, dans la limite des places disponibles

 

Abi Daré et « La Fille qui ne voulait pas se taire », le pouvoir d’une voix

Dans ce roman puissant, Abi Daré raconte l’itinéraire d’une adolescente nigériane déterminée à conquérir son droit à l’éducation. À travers le destin d’Adunni, l’autrice explore mariages forcés, inégalités de genre et puissance libératrice de la parole.

Paru en anglais en 2020 sous le titre The Girl with the Louding Voice et publié en français en janvier 2026, La Fille qui ne voulait pas se taire de Abi Daré s’est imposé comme l’un des romans africains contemporains les plus lus à l’international. Porté par un bouche-à-oreille puissant, salué par des figures engagées pour l’éducation des filles, le livre conjugue émotion, dénonciation sociale et espoir lucide.

L’histoire se déroule au Nigeria. Adunni, quatorze ans, vit dans un village pauvre. Depuis l’enfance, elle nourrit un rêve simple et radical : aller à l’école, apprendre, devenir enseignante. Pour elle, l’éducation n’est pas seulement un moyen d’ascension sociale ; c’est la condition même de la dignité. Elle veut « avoir une voix », c’est-à-dire être capable de s’exprimer, de comprendre le monde, de décider pour elle-même.

Mais la réalité sociale la rattrape brutalement. Après la mort de sa mère, son père, accablé par la misère, la donne en mariage à un homme plus âgé, déjà polygame. En échange, il reçoit une dot. Le geste, présenté comme une nécessité économique, révèle surtout l’enracinement de pratiques patriarcales où le corps et l’avenir d’une jeune fille peuvent devenir une monnaie d’échange.

Chez son mari, Adunni découvre un univers de violence, de rivalités domestiques et d’isolement. Elle est réduite au silence, assignée à des tâches ménagères, sommée d’obéir. Le roman ne cède pas au sensationnalisme, mais il montre sans détour les conséquences du mariage forcé : interruption de la scolarité, maternité imposée, dépendance totale. L’autrice restitue avec précision les mécanismes sociaux qui rendent ces situations possibles et souvent invisibles.

Adunni finit par fuir. Son parcours la mène vers la ville, où elle travaille comme domestique dans une famille aisée. Là encore, les rapports de pouvoir sont présents : hiérarchie sociale, mépris de classe, exploitation. Pourtant, c’est aussi dans cet espace urbain que se dessine une possibilité de transformation. Au contact d’autres femmes, d’autres réalités, Adunni réactive son rêve d’éducation. Chaque page montre sa détermination intacte : apprendre à lire, à écrire, à parler « correctement » pour se faire entendre.

Abi Daré

Une voix comme acte de résistance

Le titre français met l’accent sur le refus du silence. Dans la version originale, l’expression « louding voice » – volontairement fautive – reflète la manière dont Adunni parle anglais. Ce choix stylistique est central. Abi Daré adopte une langue qui épouse la syntaxe et les hésitations de son héroïne. Loin d’être un effet folklorique, cette écriture incarne le processus même d’émancipation : maîtriser la langue, c’est conquérir un espace symbolique.

La voix d’Adunni n’est pas seulement individuelle. Elle devient celle de milliers de jeunes filles confrontées à des mariages précoces, à la pauvreté et à l’inégalité d’accès à l’éducation. Le roman s’inscrit dans un contexte nigérian précis, mais il dépasse largement ce cadre. Les tensions entre tradition et modernité, entre normes communautaires et aspirations personnelles, traversent de nombreuses sociétés.

Abi Daré ne caricature pas. Les figures masculines ne sont pas toutes monstrueuses ; certaines sont faibles, d’autres prisonnières de leur propre condition. De même, les femmes ne sont pas uniquement victimes : certaines participent à la reproduction des normes, d’autres deviennent des alliées inattendues. Cette complexité évite le manichéisme et renforce la crédibilité du récit.

Sur le plan documentaire, le roman éclaire des réalités chiffrées : au Nigeria, comme dans d’autres pays, les mariages précoces restent une problématique majeure. L’éducation des filles demeure un enjeu crucial de développement, avec des conséquences directes sur la santé, l’autonomie économique et la participation citoyenne. En mettant un visage et une voix sur ces statistiques, la fiction devient un outil de sensibilisation.

Le succès du livre tient aussi à son équilibre entre gravité et espérance. Malgré les épreuves, Adunni n’est jamais réduite à son statut de victime. Elle incarne une énergie, une capacité de projection vers l’avenir. Son rêve d’être enseignante symbolise une chaîne vertueuse : une fille éduquée peut à son tour en instruire d’autres.

La Fille qui ne voulait pas se taire est ainsi plus qu’un roman social. C’est une réflexion sur la parole comme pouvoir. Refuser le silence, c’est refuser l’effacement. À travers le destin d’Adunni, Abi Daré rappelle que l’éducation n’est pas un privilège mais un droit, et que donner une voix aux jeunes filles revient à transformer en profondeur les sociétés.

Informations pratiques

Titre : La Fille qui ne voulait pas se taire
Autrice : Abi Daré
Titre original : The Girl with the Louding Voice
Traduction française : publiée en janvier 2026
Édition française : disponible en format broché et poche
Nombre de pages : environ 400 pages (selon édition)
Disponibilité : en librairie et sur les principales plateformes de vente en ligne

 

Peinture et cinéma d’Haïti à Paris et Marseille avec Elsie Haas (18 et 19 février)

Le cycle CinéMansA consacre une double séance à l’artiste haïtienne Elsie Haas, à Paris puis à Marseille. Portrait filmé par Safi Faye, projection restaurée de Zatrap et rencontres publiques : une immersion dans une œuvre panafricaine entre peinture, cinéma et mémoire.

Le cycle CinéMansA élargit son format habituel et propose, les 18 et 19 février 2025, une double séance consacrée à l’artiste haïtienne Elsie Haas, peintre et cinéaste. Intitulée Regards sur Elsie Haas : peinture et cinéma d’Haïti, cette programmation se déploie à Paris puis à Marseille, autour de projections et de rencontres.

Conçu par Annabelle Aventurin, ce nouveau cycle met en lumière le cinéma panafricain à partir des archives de June Givanni, explorant leur rôle dans la transmission des mémoires cinématographiques et leur dialogue avec les créations contemporaines.

La séance s’ouvre avec Safi Faye, figure majeure du cinéma sénégalais, qui consacre en 1985 un court métrage à l’artiste : Elsie Haas, femme peintre et cinéaste d’Haïti (France/Sénégal, 8 min). Ce portrait offre une entrée directe dans le travail plastique de Haas, alors installée à Paris, et éclaire les liens entre sa pratique picturale et son regard cinématographique.

Le programme se poursuit avec Zatrap (France, 1978, 51 min), premier film réalisé par Elsie Haas. Tourné en créole martiniquais, le film propose une chronique du quotidien d’hommes et de femmes en Martinique. À travers une approche attentive aux gestes, aux voix et aux espaces, Zatrap restitue une réalité sociale rarement représentée à l’écran à la fin des années 1970.

La projection de la version numérisée récente de Zatrap est rendue possible grâce au soutien de University College London et de l’association Film Flamme, permettant de redonner visibilité à une œuvre peu diffusée mais centrale dans l’histoire des cinémas caribéens.

Une œuvre entre Haïti et la Caraïbe

Originaire d’Haïti, Elsie Haas développe une pratique multidisciplinaire qui traverse peinture, cinéma et performance. Son travail explore les réalités sociales et culturelles d’Haïti et de la Caraïbe, tout en s’inscrivant dans des circulations plus larges entre Europe, Afrique et Amériques.

Dans ses films comme dans ses toiles, la question de la mémoire occupe une place structurante. Il ne s’agit pas d’illustrer un passé, mais de travailler les traces : héritages coloniaux, transmissions familiales, langues créoles, représentations du quotidien. L’image devient un espace d’observation et d’affirmation identitaire.

Le dialogue entre le film de Safi Faye et Zatrap permet de saisir cette cohérence. Le portrait éclaire la démarche artistique ; le long métrage en déploie les principes formels et politiques.

À Paris, la séance du mercredi 18 février 2025 à 19h30 sera suivie d’un échange entre Elsie Haas et June Givanni, archiviste et fondatrice des archives panafricaines qui portent son nom. La discussion portera sur la circulation des œuvres, la préservation des archives et la place du cinéma caribéen dans l’histoire du cinéma mondial.

À Marseille, le jeudi 19 février 2025 à 19h30, la rencontre réunira Elsie Haas et Annabelle Aventurin. Ce second temps permettra d’élargir la réflexion aux enjeux contemporains de la création panafricaine et aux dialogues entre archives et productions actuelles.

En articulant projection et discussion, CinéMansA confirme sa volonté de faire du cinéma un espace critique et collectif. Le cycle ne se limite pas à la diffusion d’œuvres : il crée les conditions d’un échange direct entre artistes, chercheurs et publics.

Dans un paysage culturel où les cinémas afro-diasporiques demeurent encore sous-représentés, cette double séance constitue un moment de visibilité important pour une œuvre pionnière.

Informations pratiques

Événement : CinéMansA – Regards sur Elsie Haas : peinture et cinéma d’Haïti
Films projetés :
– Elsie Haas, femme peintre et cinéaste d’Haïti de Safi Faye (France/Sénégal, 1985, 8 min)
– Zatrap de Elsie Haas (France, 1978, 51 min – version numérisée)
Dates et lieux :
Paris – Mercredi 18 février 2025, 19h30 – Cinéma Le Grand Action
5 rue des Écoles, 75005 Paris
Marseille – Jeudi 19 février 2025, 19h30 – Cinéma La Baleine
59 cours Julien, 13006 Marseille

 

Soriba Sakho en concert à La Bellevilloise (20 février)

Le 20 février 2026, le musicien sénégalais Soriba Sakho investit La Bellevilloise pour un café-concert gratuit. Entre tradition mandingue et influences contemporaines, le joueur de kora propose une immersion dans l’héritage des griots d’Afrique de l’Ouest.

Le 20 février 2026, la scène de La Bellevilloise accueille Soriba Sakho pour un concert placé sous le signe des musiques mandingues. Organisée dans le cadre des cafés-concerts de la Halle aux Oliviers, la soirée met en avant un artiste profondément enraciné dans la tradition des griots d’Afrique de l’Ouest, tout en étant résolument ouvert aux influences contemporaines.

Originaire de la région de Tambacounda, au Sénégal, Soriba Sakho appartient à une lignée de musiciens et de conteurs. Il est joueur de kora, instrument emblématique de l’espace mandingue, à mi-chemin entre la harpe et le luth. Dotée de 21 cordes, la kora accompagne depuis des siècles les récits historiques, les chants d’éloge et les cérémonies communautaires. Elle occupe une place centrale dans la transmission orale des sociétés d’Afrique de l’Ouest.

Installé à Paris depuis 2007, Soriba Sakho a développé un projet artistique qui conjugue fidélité à la tradition et dialogue interculturel. À travers son groupe Esprit Mandingue, il propose un répertoire composé de pièces traditionnelles issues du Sénégal, du Mali ou de la Guinée, mais aussi de créations originales. Ces compositions intègrent des éléments empruntés à d’autres univers musicaux, comme la salsa, le reggae ou le mbalax sénégalais.

Le concert du 20 février s’inscrit dans cette dynamique. Dans la configuration intimiste de la Halle aux Oliviers, le public pourra entendre la kora dans toute sa richesse sonore : arpèges délicats, lignes mélodiques répétitives, variations rythmiques. La voix de l’artiste, portée par une diction claire et un timbre chaleureux, prolonge l’instrument en racontant des histoires de mémoire, d’exil, de transmission et de résilience.

La formule du café-concert renforce la proximité entre musiciens et spectateurs. À La Bellevilloise, le dispositif scénique favorise l’écoute attentive et l’échange direct. Loin des grandes scènes, l’espace permet de percevoir les nuances du jeu instrumental et les interactions entre les membres du groupe. Selon la formation réunie ce soir-là, Soriba Sakho peut être accompagné de musiciens à la basse, aux percussions ou à la guitare, offrant une palette sonore plus large tout en conservant la centralité de la kora.

Au-delà de la performance musicale, la venue de Soriba Sakho s’inscrit dans un paysage culturel parisien où les musiques africaines occupent une place croissante. Les scènes de la capitale accueillent régulièrement des artistes issus des diasporas africaines, contribuant à diversifier l’offre musicale et à renouveler les imaginaires sonores. Dans ce contexte, la présence d’un griot contemporain comme Soriba Sakho rappelle l’importance des traditions vivantes, loin de toute folklorisation.

 

Le concert du 20 février se distingue également par son accessibilité : l’entrée est gratuite, ce qui favorise un public large et diversifié. Cette gratuité participe d’une logique de diffusion culturelle ouverte, permettant à des auditeurs parfois peu familiers des musiques mandingues de découvrir cet univers.

Soriba Sakho ne se contente pas d’interpréter un patrimoine ; il le fait circuler. En jouant à Paris, il prolonge la trajectoire diasporique des musiques ouest-africaines, passées des cours royales mandingues aux scènes européennes contemporaines. La kora devient ainsi un pont entre continents, générations et cultures.

Informations pratiques

Artiste : Soriba Sakho
Date : vendredi 20 février 2026
Horaire : 20h – 22h (ouverture des portes à 19h)
Lieu : La Bellevilloise – Halle aux Oliviers
Adresse : 19-21 rue Boyer, 75020 Paris
Tarif : entrée gratuite, dans la limite des places disponibles

 

JB Mpiana à La Cigale à Paris (21 février)

Le 21 février 2026, JB Mpiana investit La Cigale pour un concert très attendu. Figure majeure de la rumba congolaise, l’artiste kinshasais promet une soirée intense, entre héritage musical, virtuosité orchestrale et communion festive avec le public parisien.

Le 21 février 2026, JB Mpiana se produira sur la scène de La Cigale, salle emblématique du boulevard de Rochechouart. L’événement marque l’un des temps forts africains de la saison hivernale à Paris et confirme la place centrale de la capitale française dans la diffusion de la rumba congolaise en Europe.

Né Jean-Bedel Mpiana Tshituka à Kinshasa, JB Mpiana s’impose dès les années 1990 comme l’un des leaders de la nouvelle génération de musiciens congolais. Cofondateur de Wenge Musica BCBG, formation mythique issue de la scission du groupe Wenge Musica, il contribue à redéfinir les contours de la rumba kinoise moderne. À la croisée de la tradition et du ndombolo, son style conjugue élégance vocale, puissance rythmique et sophistication orchestrale.

La rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, repose sur un équilibre subtil entre mélodie, polyphonie et séquences instrumentales dansantes appelées sebene. JB Mpiana maîtrise parfaitement cette architecture musicale. Ses concerts alternent passages lyriques et montées rythmiques, portées par des guitares électriques dialoguant avec la section rythmique. Le public, familier de ces codes, accompagne souvent les séquences dansées avec une ferveur collective.

La Cigale constitue un écrin idéal pour ce type de performance. Salle historique de la scène parisienne, elle offre une capacité intermédiaire permettant une véritable interaction entre artiste et spectateurs. Pour un concert de rumba, cette proximité est essentielle : la musique ne se limite pas à l’écoute, elle engage le corps, le mouvement et l’échange.

Au fil des années, JB Mpiana a construit une discographie solide, jalonnée de titres devenus des classiques auprès de la diaspora congolaise et des amateurs de musiques africaines. Ses textes abordent des thèmes universels – amour, relations sociales, ambition – tout en conservant les codes narratifs propres à la tradition musicale kinoise. Sur scène, il s’appuie sur un orchestre structuré, où chaque musicien occupe une place définie dans l’économie du son.

La venue de JB Mpiana à Paris ne relève pas du simple passage en tournée. Elle s’inscrit dans une continuité historique : depuis plusieurs décennies, la France constitue un espace privilégié pour les artistes congolais, en raison de la présence d’une importante diaspora et d’un public fidèle. Les concerts de rumba y prennent souvent la dimension d’événements communautaires autant que musicaux.

Le 21 février, le spectacle devrait s’articuler autour d’un répertoire mêlant morceaux emblématiques et titres plus récents. Fidèle à la tradition congolaise, la performance promet une mise en scène soignée, des costumes élégants et une dynamique collective forte. JB Mpiana, connu pour sa présence scénique charismatique, orchestre ses concerts comme de véritables cérémonies musicales.

Informations pratiques

Artiste : JB Mpiana
Date : samedi 21 février 2026
Lieu : La Cigale – 120 boulevard de Rochechouart, 75018 Paris
Genre : rumba congolaise/ndombolo
Billetterie : places disponibles via les plateformes officielles et le site de la salle
Accès : métro Pigalle ou Anvers

 

Deplick à l’Alhambra : la rumba congolaise à Paris (21 fevrier)

Le 21 février 2026, Deplick investit l’Alhambra à Paris pour une soirée dédiée à la rumba congolaise. Héritier de la grande tradition kinoise, l’artiste conjugue énergie scénique, patrimoine musical et sonorités contemporaines dans un concert très attendu.

Le 21 février 2026, la salle de l’Alhambra accueille Deplick, figure montante de la rumba congolaise. Annoncée comme l’un des rendez-vous africains majeurs de l’hiver à Paris, la soirée s’inscrit dans la continuité d’une présence forte des musiques d’Afrique centrale sur les scènes européennes.

Né à Kinshasa sous le nom de Fabrice Luangomba Nkoka, Deplick appartient à une génération d’artistes qui ont grandi dans l’ombre des grandes formations congolaises. Il a fait ses armes au sein de Wenge Musica Maison Mère, groupe emblématique dirigé par Werrason, véritable institution de la scène kinoise. Cette filiation artistique structure encore aujourd’hui son approche musicale.

La rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, repose sur un équilibre subtil entre guitares mélodiques, lignes de basse fluides, sections rythmiques précises et polyphonies vocales. Deplick s’inscrit pleinement dans cette tradition tout en la renouvelant. Son répertoire combine morceaux ancrés dans les codes classiques du genre et compositions originales plus contemporaines, influencées par le ndombolo et les musiques urbaines africaines.

Le concert parisien promet une immersion dans cet univers. Sur scène, Deplick est reconnu pour son énergie et son interaction constante avec le public. La rumba n’est pas uniquement une musique d’écoute : elle est indissociable de la danse, du mouvement, du collectif. Les séquences chantées alternent avec des passages instrumentaux où les guitares dialoguent, créant ces fameuses montées rythmiques caractéristiques des orchestres congolais.

L’Alhambra, salle historique du 10ᵉ arrondissement, constitue un écrin adapté à cette esthétique. Avec sa capacité intermédiaire et son acoustique travaillée, le lieu permet de restituer la richesse des arrangements sans sacrifier la proximité avec le public. Cette configuration favorise une ambiance festive mais maîtrisée, où chaque détail instrumental reste perceptible.

Au-delà de l’événement ponctuel, la venue de Deplick s’inscrit dans un contexte plus large : celui de la vitalité de la diaspora congolaise en France. Paris demeure l’un des principaux pôles de diffusion de la rumba hors d’Afrique centrale. Les concerts attirent un public composite, mêlant amateurs avertis, membres de la diaspora et curieux venus découvrir un pan essentiel du patrimoine musical africain.

 

Deplick incarne une génération qui ne rompt pas avec l’héritage, mais qui le prolonge. Ses textes abordent des thèmes universels — amour, relations sociales, ambition, réussite — tout en conservant les codes narratifs propres à la tradition congolaise. Le chant alterne douceur et puissance, soutenu par des arrangements dynamiques.

Le 21 février, le public parisien assistera ainsi à une performance qui conjugue tradition et modernité. La rumba congolaise, loin d’être figée, continue d’évoluer à travers des artistes comme Deplick. Ce concert à l’Alhambra offre l’occasion de mesurer la vitalité d’un genre musical qui a traversé les décennies et les frontières.

 

Informations pratiques

Artiste : Deplick
Date : samedi 21 février 2026
Horaire : ouverture des portes 18 h – concert 19h
Lieu : Alhambra
21 rue Yves Toudic, 75010 Paris
Genre : rumba congolaise/musique africaine
Tarifs : billetterie payante (selon placement)
Accès : métro République ou Jacques Bonsergent

 

 

 

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Un conseiller Afrique de Marine Le Pen dans les Esptein files https://mondafrique.com/limage-du-jour/un-conseiller-afrique-de-marine-le-pen-dans-les-esptein-files/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/un-conseiller-afrique-de-marine-le-pen-dans-les-esptein-files/#respond Thu, 12 Feb 2026 05:41:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146993 Victime collatérale de la publication des Epstein Files, Olivier Colom, ancien sherpa adjoint du président Nicolas Sarkozy et spécialiste de l’Afrique, est rattrapé par ses échanges avec le financier américain : il est nommé plus de 2000 fois dans les 3 millions de documents rendus publics le 30 janvier. L’ancien diplomate passe désormais pour conseiller […]

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Victime collatérale de la publication des Epstein Files, Olivier Colom, ancien sherpa adjoint du président Nicolas Sarkozy et spécialiste de l’Afrique, est rattrapé par ses échanges avec le financier américain : il est nommé plus de 2000 fois dans les 3 millions de documents rendus publics le 30 janvier. L’ancien diplomate passe désormais pour conseiller Marine Le Pen sur le continent.  

Selon le Journal Officiel et sa notice bio au Forum économique mondial, Olivier Colom a exactement le profil social et professionnel de l’élite libérale atlantiste éclaboussée par le scandale Epstein.

Diplômé de l’ENA, promotion Valmy –comme Bruno Le Maire – en 1998, Colom débute une carrière d’administrateur civil, puis il est affecté à l’administration centrale, aux affaires étrangères et à la francophonie. En 2000, il est promu conseiller des affaires étrangères. Sa carrière le conduit ensuite à des postes diplomatiques, au cabinet du ministère délégué en 2002, à l’ambassade de France en Norvège en 2003 – pays où Epstein a cultivé des relais au plus haut niveau – et à Londres, où il est détaché au cabinet de Tony Blair en 2005-2006 puis, l’année suivante, à l’ambassade de France, où il est conseiller politique. Il grimpe une marche après sa nomination, le 6 juin 2007, comme conseiller technique du président Nicolas Sarkozy, où il restera jusqu’à la fin du mandat en 2012.

Du groupe Rotschild à Endeavour Mining 

Ensuite, Colom quitte la fonction publique pour entrer au comité exécutif du groupe Edmond de Rothschild, comme conseiller international, avant d’en devenir le secrétaire général. Rappelons que la présidente du groupe, Ariane de Rothschild, est elle-même très proche de Jeffrey Epstein. Il y croise sans doute un autre compatriote familier du prédateur sexuel, recruté en janvier 2014 comme lobbyiste à l’international: le diplomate Fabrice Aidan. (Ce dernier fait l’objet d’une enquête officielle depuis quelques heures.) Après son départ du groupe, Colomb devient administrateur de plusieurs sociétés appartenant à l’Egyptien Naguib Sawiris, parmi lesquelles Endeavour Mining, qui exploite plusieurs mines d’or en Afrique de l’Ouest. 

En 2013, il échange avec Jeffrey Epstein sur son ami Bruno Le Maire, ancien ministre de Sarkozy, dont il assure qu’il sera candidat à la présidentielle de 2017. « J’adorerais l’aider à lever des fonds. Des idées?« , écrit-il à Epstein. Il se présente comme un très vieil ami de l’actuel secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin – autre conseiller de Nicolas Sarkozy – et semble proche de Gérard Araud, l’ex-ambassadeur de France à Washington. Colomb et Epstein entretiennent des échanges volontiers graveleux, le second essayant d’appâter le premier avec la perspective d’un séjour sur son « île des Caraïbes, avec un aquarium plein de filles. » Les deux hommes s’amusent à comparer les femmes à diverses espèces marines. Notamment des crevettes : « il faut jeter la tête et garde le corps« , suggère Epstein.

Un carnet d’adresses sur le continent

Dans sa dernière livraison, Afrique Intelligence affirme que le diplomate « s’est rapproché au cours des dernières années de l’ex-présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, qui le consulte sur les dossiers africains. » La lettre confidentielle écrit qu’il s’agit d’une relation « discrète voire secrète, que les proches de Marine Le Pen préféreraient ne pas voir éventée. » Familier du continent africain, Colom conteste le titre de conseiller mais confirme être consulté « au titre de son « expérience diplomatique passée ». Il a notamment été associé au déplacement de Marine Le Pen au Tchad en mars 2025. 

Les relations entre Jeffrey Epstein et Olivier Colom illustrent, comme la galaxie de mails saisis dans les ordinateurs du financier américain, un réseautage planétaire à haut niveau où les informations et les contacts s’échangent pour des gains en argent, en influence, en carrière ou l’accès à des avantages « exclusifs » en nature : appartement de grand standing, vacances aux Caraïbes, jolies filles blondes et minces. 

 

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Série Epstein-Afrique (2) : les amis du milliardaire à Abidjan https://mondafrique.com/a-la-une/serie-epstein-afrique-2-lessor-de-letat-de-surveillance-ivoirien/ https://mondafrique.com/a-la-une/serie-epstein-afrique-2-lessor-de-letat-de-surveillance-ivoirien/#respond Mon, 09 Feb 2026 05:23:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146471 Comme ailleurs dans le monde, les révélations autour de Jeffrey Epstein font beaucoup de bruit en Côte d’Ivoire. En réalité, le pays n’apparaît que de façon marginale dans les millions de pages publiées, essentiellement entre 2012 et 2014. Le sulfureux personnage n’y joue qu’un rôle d’intermédiaire. Le vrai sujet est ailleurs : ces fuites illustrent […]

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Comme ailleurs dans le monde, les révélations autour de Jeffrey Epstein font beaucoup de bruit en Côte d’Ivoire. En réalité, le pays n’apparaît que de façon marginale dans les millions de pages publiées, essentiellement entre 2012 et 2014. Le sulfureux personnage n’y joue qu’un rôle d’intermédiaire. Le vrai sujet est ailleurs : ces fuites illustrent la construction d’un appareil de surveillance destiné à verrouiller le pouvoir d’Alassane Ouattara.

Sous Laurent Gbagbo (2000-2010), la Côte d’Ivoire entretenait des relations étroites avec Israël. Pendant la crise post-électorale de 2010-2011, les autorités israéliennes sont restées très discrètes, ne prenant position ni pour un camp ni pour un autre, au moins publiquement. Lorsqu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir en 2011, il ne dispose pas de canaux privilégiés avec Tel-Aviv. La tentative de coup d’État de 2012 change la donne : le Président cherche alors des outils pour sécuriser son fauteuil.

Du partenariat sécuritaire au verrouillage du pouvoir 

C’est dans ce contexte que s’activent l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et Jeffrey Epstein. Les documents disponibles décrivent un travail méthodique de mise en relation, d’organisation de rencontres et de transmission de propositions pour des systèmes de surveillance des communications. Des proches du pouvoir, comme la nièce d’Alassane Ouattara, Nina Keïta, et Sidi Tiémoko Touré, alors chef de cabinet du président de la République, apparaissent comme points de contact dans ces échanges.

Sur les réseaux sociaux, une photo (voir ci-dessus) d’un déjeuner montrant Hamed Bakayoko – le Premier ministre décédé en 2021– aux côtés de Jeffrey Epstein a été largement commentée. Pourtant, rien dans les documents ne prouve une quelconque proximité entre ces deux hommes. Hamed Bakayoko n’agit ici qu’en tant que ministre de l’Intérieur de l’époque, dans le cadre de ce contrat.

Interception des communications et cyber-surveillance

À partir de 2013-2014, l’État ivoirien renforce fortement ses capacités de surveillance : interception des communications, cyber-surveillance, centralisation du renseignement, montée en puissance d’unités spécialisées. Officiellement, il s’agit de lutte antiterroriste. Dans les faits, ces outils, qui n’ont cessé de s’améliorer, donnent au pouvoir une capacité inédite de suivi des oppositions, des mobilisations et des voix critiques.

Jeffrey Epstein n’a été qu’un facilitateur. L’enjeu réel est l’importation d’un modèle sécuritaire qui a contribué à durcir le contrôle politique en Côte d’Ivoire, comme l’a montré l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Israël y a gagné sur tous les tableaux : sur le plan financier, avec de juteux contrats de sécurité pour ses entreprises privées et par la mise en place d’outils qui lui permettent d’accéder à de nombreux renseignements et de surveiller l’importante communauté libanaise en Côte d’Ivoire.

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À Paris, IBIYEWA fait vibrer les héritages africains au présent (7 février)  https://mondafrique.com/loisirs-culture/a-paris-ibiyewa-fait-vibrer-les-heritages-africains-au-present-7-fevrier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/a-paris-ibiyewa-fait-vibrer-les-heritages-africains-au-present-7-fevrier/#respond Sat, 07 Feb 2026 14:21:41 +0000 https://mondafrique.com/?p=146711 Le 7 février, le groupe IBIYEWA se produit au Son de la Terre à Paris. Entre rythmes africains, jazz et grooves contemporains, le trio propose une musique du mouvement, festive et habitée, où la tradition se réinvente au contact des scènes urbaines actuelles. Le samedi 7 février 2026, le trio IBIYEWA se produit sur la […]

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Le 7 février, le groupe IBIYEWA se produit au Son de la Terre à Paris. Entre rythmes africains, jazz et grooves contemporains, le trio propose une musique du mouvement, festive et habitée, où la tradition se réinvente au contact des scènes urbaines actuelles.

Le samedi 7 février 2026, le trio IBIYEWA se produit sur la scène du Le Son de la Terre, à Paris. Une date qui accompagne la sortie en France de leur premier album, Vendredi Magnifique, et confirme l’émergence d’un projet musical où les héritages africains se réinventent au contact des grooves contemporains.

Né à Bruxelles, IBIYEWA est avant tout une histoire de circulation. À l’initiative du batteur béninois Angelo Moustapha, protégé du guitariste Philip Catherine, le trio réunit deux figures marquantes de la scène bruxelloise : le guitariste malgache Joel Rabesolo, voix singulière de la jeune génération, et le saxophoniste belge Toine Thys, musicien incontournable aux multiples projets.

Leur musique repose sur un principe clair : faire du rythme un langage commun. La batterie n’y est pas un simple support, mais un moteur qui structure les morceaux, ouvre l’improvisation et entraîne le dialogue entre guitare et saxophone. Le groove est constant, parfois hypnotique, parfois plus aérien, mais toujours central.

Vendredi Magnifique célèbre la fête, la nuit et la liberté du corps. Les morceaux, écrits par les trois musiciens, naviguent entre acoustique et textures électroniques, sans jamais perdre leur ancrage rythmique. Derrière l’énergie festive, l’album interroge la manière dont les rythmes africains voyagent, se transforment et s’inscrivent dans des paysages urbains contemporains.

Le nom du groupe dit beaucoup de cette démarche. En yoruba, IBIYEWA signifie « ici, nous nous ressemblons ». Une profession de foi musicale : dépasser les frontières culturelles, créer un espace sonore partagé, où influences africaines, jazz, électro et improvisation coexistent sans hiérarchie.

Sur scène, cette philosophie prend corps. De Bruxelles à Ouagadougou, de Conakry à Tananarive, de Luanda à Paris, le trio construit une relation directe avec le public, portée par une joie communicative et une énergie collective. La danse s’invite naturellement, sans jamais exclure l’écoute attentive.

Au Son de la Terre, lieu emblématique des musiques africaines et diasporiques à Paris, ce concert s’inscrit pleinement dans une programmation qui pense l’Afrique comme une source vivante et contemporaine. Avec IBIYEWA, la tradition n’est ni figée ni folklorisée : elle circule, se transforme et s’invente au présent, au rythme des corps en mouvement.

Informations pratiques

Le Son de la Terre, 2 port de Montebello, Paris 5ᵉ
Samedi 7 février 2026 à 20 h
Musiques africaines contemporaines / afro-jazz
Billetterie en ligne et sur place (concert ou formule dîner-concert)

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Gospel Dream fait vibrer les églises de Paris (7 février) https://mondafrique.com/loisirs-culture/gospel-dream-fait-vibrer-les-eglises-de-paris-7-fevrier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/gospel-dream-fait-vibrer-les-eglises-de-paris-7-fevrier/#respond Sat, 07 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146697 En février, la chorale Gospel Dream investit plusieurs églises parisiennes pour une série de concerts où le gospel afro-américain dialogue avec les héritages africains. Une traversée musicale et spirituelle, portée par l’énergie collective, à vivre notamment le 7 février. Depuis plus de trois décennies, Gospel Dream s’impose comme l’une des formations majeures du gospel à […]

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En février, la chorale Gospel Dream investit plusieurs églises parisiennes pour une série de concerts où le gospel afro-américain dialogue avec les héritages africains. Une traversée musicale et spirituelle, portée par l’énergie collective, à vivre notamment le 7 février.

Depuis plus de trois décennies, Gospel Dream s’impose comme l’une des formations majeures du gospel à Paris. Son ambition dépasse le simple cadre musical : il s’agit de faire entendre, à travers les voix et les rythmes, une histoire longue et transatlantique, née dans les communautés afro-américaines, nourrie de racines africaines, et devenue au fil du temps un langage universel d’espérance et de résistance.

Tout au long du mois de février, la chorale propose une véritable itinérance musicale à travers plusieurs lieux religieux emblématiques de la capitale. Le premier rendez-vous marquant a lieu le samedi 7 février 2026 à la Cathédrale Américaine de Paris. Dans cet édifice anglican situé avenue George-V, le gospel trouve un écrin particulièrement symbolique. Les harmonies puissantes, les appels-réponses et l’intensité des chœurs prennent une ampleur particulière sous les voûtes de la cathédrale, offrant au public une expérience immersive où la musique dialogue avec la spiritualité du lieu.

 Mais ce concert n’est qu’une étape d’un parcours plus large. D’autres dates sont programmées les week-ends suivants, toujours à la Cathédrale Américaine, permettant à différents publics de découvrir ou redécouvrir Gospel Dream dans ce cadre prestigieux. Cette régularité témoigne du succès durable de la formation et de l’engouement parisien pour le gospel, bien au-delà d’un effet de mode.

À partir de la mi-février, Gospel Dream investit également d’autres églises historiques de Paris, élargissant encore la portée de cette série. Parmi elles, l’église de la Madeleine accueille la chorale pour des concerts où la monumentalité du lieu dialogue avec la ferveur du gospel. D’autres dates sont prévues à Saint-Louis d’Antin – Espace Bernanos, à Saint-Germain-des-Prés ou encore dans des paroisses du nord et de l’est parisien, confirmant la volonté de toucher des publics variés et de faire circuler cette musique dans toute la ville.

Sur le plan artistique, chaque concert conserve une identité propre. Le répertoire mêle negro spirituals, gospels traditionnels et pièces plus contemporaines, parfois réarrangées pour s’adapter à l’acoustique spécifique de chaque lieu. Cette capacité d’adaptation est l’une des forces de Gospel Dream : la chorale ne plaque pas un format unique, mais laisse la musique dialoguer avec l’espace, le public et le moment.

 La diversité des chanteurs et musiciens participe également à cette richesse. Leurs origines multiples reflètent les circulations culturelles à l’œuvre dans le gospel lui-même. Sur scène, l’émotion est palpable, l’interaction avec le public constante, et la frontière entre concert et célébration s’estompe rapidement.

En multipliant les dates et les lieux en février, Gospel Dream propose bien plus qu’un événement ponctuel. C’est une série cohérente, presque un parcours initiatique à travers Paris, où chaque église devient le temps d’une soirée le théâtre d’une mémoire chantée, collective et vivante.

Informations pratiques

Concerts gospel – Gospel Dream
Samedi 7 février 2026 – Cathédrale Américaine de Paris
Autres dates tout au long de février (week-ends) à la Cathédrale Américaine
Concerts à partir de la mi-février à la Madeleine, Saint-Louis d’Antin, Saint-Germain-des-Prés et autres églises parisiennes
Horaires : généralement à 20h30
Durée : environ 1h15

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Série Epstein-Afrique (1) : la nausée mondialisée https://mondafrique.com/politique/dossiers-epstein-la-nausee-et-limpunite-mondialisee/ https://mondafrique.com/politique/dossiers-epstein-la-nausee-et-limpunite-mondialisee/#respond Sat, 07 Feb 2026 05:13:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146468 Si tu veux dîner avec le diable, dit le proverbe, mieux vaut se munir d’une grande cuillère. Dans le dossier Epstein, aucune n’a de tige assez longue. L’affaire ressemble au labyrinthe du Minotaure qui serait submergé par les égouts. Une toile d’araignée planétaire où se croisent figures politiques, fortunes privées et réseaux d’influence en quête […]

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Si tu veux dîner avec le diable, dit le proverbe, mieux vaut se munir d’une grande cuillère. Dans le dossier Epstein, aucune n’a de tige assez longue. L’affaire ressemble au labyrinthe du Minotaure qui serait submergé par les égouts. Une toile d’araignée planétaire où se croisent figures politiques, fortunes privées et réseaux d’influence en quête de sexe, d’argent et de pouvoir. Après bien des atermoiements, le rideau s’est finalement levé. Mondafrique propose une série d’articles consacrés aux apparitions de l’Afrique dans les « Epstein files », où il est surtout question de business, de diplomatie informelle et de réseaux d’influence.

À prendre avec des pincettes 

La divulgation des dossiers Epstein était une promesse de campagne de Donald Trump. Mais plus que le Président lui-même, ce sont surtout ses partisans du mouvement MAGA (Make America Great Again) qui ont exigé que toute la lumière soit faite. Sous pression de ses militants et après beaucoup d’hésitations, l’administration américaine a fini par se résoudre à ouvrir la boîte de Pandore, le 30 janvier dernier.

Si cette affaire suscite autant d’intérêt, c’est en raison de la nature et de la gravité des faits, du statut social des personnes impliquées et de l’impunité dont elles ont bénéficié. Cependant, les noms qui y figurent ne sont pas nécessairement tous liés à des crimes : être cité ne prouve rien en soi. Pour tenter de comprendre et d’y voir clair, il faut réaliser un travail de fourmi, analyser et recouper des centaines de milliers de pages et d’images. Ce travail aurait dû être effectué par les justices nationales, mais cela n’a pas été le cas, notamment en France. Ce vide judiciaire s’explique par les puissants réseaux d’influence où évoluait Jeffrey Epstein. On ne peut donc que se réjouir que cette affaire émerge enfin, à condition de faire le tri.

Qui était Jeffrey Epstein ? 

Né en 1953 à New York dans un milieu populaire, Jeffrey était un financier au parcours atypique, passé de l’enseignement à la gestion de fortune pour des clients très riches, dans des conditions pour le moins intrigantes. Il est condamné une première fois en 2008 en Floride pour proxénétisme de mineures. A la suite d’un accord de plaidoyer très clément qui lui évite des poursuites fédérales plus lourdes, il est libre. Dès cette époque, tout le monde sait.Malgré cela, il a continué à fréquenter des cercles très influents. Jeffrey Epstein meurt en 2019, dans des conditions troubles, alors qu’il était en détention provisoire en attente de son procès.

Sa complice et associée Ghislaine Maxwell, est, elle, toujours en détention. C’est une figure centrale du dossier, fille du magnat de la presse britannique Robert Maxwell, elle-même très introduite dans les milieux mondains et politiques internationaux. L’étendue de leurs carnets d’adresses, mêlant responsables politiques, grandes fortunes, universitaires et figures du show-biz, est époustouflante. Des personnalités comme Bill Clinton, le prince Andrew, Anne de Rothschild ou, en France, Caroline Lang – la fille de Jack Lang – s’y trouvent. Cette capacité à rester socialement fréquentable malgré une condamnation infamante explique en partie pourquoi l’histoire est hors-norme. Elle pose une question persistante : comment Jeffrey Epstein, déjà condamné pour de tels, faits a-t-il pu conserver si longtemps un tel accès aux élites ?

Les pays du Sud globalement épargnés

Le versant africain du dossier tranche avec son cœur judiciaire américain. En Afrique, il est surtout question de voyages d’affaires, de demandes de visas et de connexions politiques, la plupart en lien avec Israël. Plusieurs anciens responsables du renseignement, dont Ari Ben Menashe, ont évoqué les liens entre Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell et le Mossad depuis les années 1980. Ceci expliquerait l’étendue de leurs contacts sur tous les continents et dans tous les milieux et leurs liens avec l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak.

Dans plusieurs pays africains, comme en Côte d’Ivoire et en Libye, il s’agit bien de contrats financiers en lien avec les intérêts de Tel Aviv.
Pour autant, et en l’état des connaissances à ce jour, il n’y a pas d’allégations crédibles ou documentées d’activités sexuelles criminelles sur le continent. Idem pour la Chine et l’Asie,  où comme en Afrique, il s’agit seulement de connexions diplomatiques ou d’influence. Seule l’Amérique du Sud, principalement le Brésil, a été touchée. Le complice du couple Epstein-Maxwell, le Français Jean-Luc Brunel mort en détention à Paris en février 2022 recrutait des adolescentes, parfois âgées de moins de 16 ans, attirées par les concours de beauté ou les contrats de mannequinat. Néanmoins, la majorité des exactions sexuelles est concentrée aux États-Unis, sur des îles privées des Caraïbes et au Nouveau-Mexique.  

Les pays du Sud apparaissent, pour l’essentiel, en marge du volet criminel de cette affaire. Se dessine, en revanche, le portrait d’une élite mondialisée qui a dominé les cercles du pouvoir, de la finance et de l’influence pendant plus de trente ans. Une élite souvent prompte à donner des leçons de gouvernance ou de morale publique, et que l’affaire rattrape aujourd’hui. À bien des égards, le scandale Epstein ressemble au crépuscule d’un entre-soi globalisé qui s’imaginait intouchable.

Le deuxième article de cette série, sur la Côte d’Ivoire, sera en ligne lundi 9 février. 

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Notre semaine culturelle débute avec Saïdou Dicko à la galerie AFIKARIS à Paris https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-saidou-dicko-a-la-galerie-afkaris-a-paris-6-28-fevrier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-saidou-dicko-a-la-galerie-afkaris-a-paris-6-28-fevrier/#respond Fri, 06 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146587 De Paris à Tunis, de Londres au désert tchadien, la semaine culturelle africaine déploie un vaste paysage de créations et de luttes. Arts visuels, musiques diasporiques, cinéma engagé et traditions vivantes dessinent des circulations sensibles entre territoires, mémoires et urgences contemporaines. À la galerie AFIKARIS, l’exposition Où la terre et le ciel se croisent de […]

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De Paris à Tunis, de Londres au désert tchadien, la semaine culturelle africaine déploie un vaste paysage de créations et de luttes. Arts visuels, musiques diasporiques, cinéma engagé et traditions vivantes dessinent des circulations sensibles entre territoires, mémoires et urgences contemporaines.

À la galerie AFIKARIS, l’exposition Où la terre et le ciel se croisent de Saïdou Dicko explore l’horizon comme espace de mémoire et de projection. Un travail sensible, à la frontière de la photographie et de la peinture, où le paysage devient langage.



Saïdou Dicko

Jusqu’au 28 février 2026, la AFIKARIS Gallery consacre une exposition personnelle à Saïdou Dicko, figure singulière de la scène artistique contemporaine africaine. Intitulée Où la terre et le ciel se croisent (Where the Earth and the Sky Meet), cette exposition propose une traversée poétique de paysages réels et mentaux, où l’horizon agit comme une ligne de tension entre enracinement et déplacement.

Chez Saïdou Dicko, le paysage n’est jamais décoratif. Il est une expérience vécue, traversée par la mémoire de l’enfance, par les déplacements géographiques et par les récits silencieux du quotidien. Photographe de formation, l’artiste a développé au fil des années une pratique hybride, mêlant photographie, peinture, aquarelle et intervention manuelle sur l’image. Les silhouettes humaines, souvent réduites à des ombres noires, surgissent dans des espaces ouverts — routes poussiéreuses, champs, ciels immenses — comme des présences à la fois anonymes et profondément incarnées.

Dans Où la terre et le ciel se croisent, l’horizon devient un motif central. Il n’est pas une simple ligne de séparation, mais un lieu de passage, de bascule, presque de méditation. Les figures qui peuplent les œuvres semblent marcher vers ce point indéterminé où le sol cesse d’être stable et où le ciel s’ouvre comme une promesse. Cette tension visuelle traduit une réflexion plus large sur l’exil, le retour, l’attente, mais aussi sur la capacité du regard à transformer l’espace en récit.

L’exposition s’inscrit dans une dimension profondément intime. Les œuvres convoquent des souvenirs personnels, mais refusent toute lecture strictement autobiographique. En travaillant sur la silhouette — forme universelle, presque archétypale — Saïdou Dicko ouvre son travail à une expérience partagée. Chacun peut s’y projeter, reconnaître une marche, une traversée, un moment suspendu. Le paysage africain, bien que présent, n’est jamais assigné à une identité figée : il devient un espace mental, un lieu de circulation entre les mondes.

La galerie AFIKARIS accompagne cette démarche avec une scénographie épurée, laissant aux œuvres l’espace nécessaire pour respirer. Fidèle à sa ligne curatoriale, la galerie met en avant une création africaine contemporaine qui échappe aux assignations ethnographiques ou esthétiques. Ici, aucune volonté d’exotisme, mais un regard exigeant sur des pratiques artistiques qui interrogent le monde depuis des expériences situées.

Où la terre et le ciel se croisent s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la place du paysage dans l’art contemporain africain. Loin d’une nature idéalisée, le paysage devient un territoire politique et sensible, traversé par les questions de mobilité, de mémoire et de transmission. Chez Saïdou Dicko, il est surtout un espace de silence, où l’image parle sans jamais s’imposer.

Cette exposition offre un temps d’arrêt. Un moment de contemplation, presque de retrait, où l’on accepte de se tenir, comme les silhouettes de l’artiste, entre la terre et le ciel, dans cet intervalle fragile où naissent les récits.

Informations pratiques
AFIKARIS Gallery, 7 rue Notre-Dame de Nazareth, Paris 3ᵉ
Du 10 janvier au 28 février 2026
Mardi – samedi, 11 h – 19 h
Entrée libre

 

Gabès, laboratoire d’une catastrophe écologique durable (6 février)

À Tunis, la projection du documentaire Gabès Labess ouvre un espace de réflexion essentiel sur l’écologie politique en Tunisie. En mettant en lumière la région de Gabès, ce rendez-vous interroge les liens profonds entre désastre environnemental, injustice sociale et mobilisations citoyennes en Afrique du Nord.

Vendredi 6 février 2026, le public est invité à découvrir Gabès Labess, un film documentaire réalisé par Habib Ayeb, à l’occasion d’une projection organisée en marge de l’exposition Autumn of the Earth, Spring of the Comprador de Saif Fradj, curatée par Farah Sayem. La séance sera suivie d’un temps d’échange, prolongeant la réflexion autour des enjeux environnementaux et sociaux contemporains en Tunisie.

Située au sud-est du pays, la région de Gabès occupe une place singulière dans l’imaginaire tunisien. Longtemps perçue comme un territoire fertile et stratégique, elle est devenue au fil des décennies l’un des symboles les plus frappants d’une industrialisation destructrice, menée sans véritable considération pour l’environnement ni pour les populations locales. La construction, dans les années 1970, d’un complexe industriel chimique lié à l’exploitation des phosphates a profondément altéré le littoral, l’oasis — unique oasis côtière au monde — et les équilibres sanitaires, économiques et sociaux de toute une région.

 

C’est cette réalité que Gabès Labess donne à voir, sans sensationnalisme mais avec une rigueur analytique et humaine. À travers des témoignages d’habitants, de pêcheurs, d’agriculteurs et d’acteurs associatifs, le film documente une pollution chronique de l’air, de la mer et des sols. Maladies respiratoires, effondrement des ressources halieutiques, disparition progressive des cultures traditionnelles : la catastrophe écologique apparaît ici comme indissociable d’une violence sociale silencieuse, lente, mais durable.

Le documentaire montre également que cette situation n’est pas le fruit d’un accident ou d’une fatalité, mais le résultat de choix politiques et économiques répétés. Hérités pour partie de la période autoritaire, ces modèles de développement extractivistes se sont prolongés après la révolution de 2011, révélant les contradictions profondes de la transition tunisienne. Gabès apparaît alors comme un véritable laboratoire à ciel ouvert : promesse de justice sociale et de dignité d’un côté, continuité d’un système industriel prédateur de l’autre.

À travers cette lecture lucide et engagée, Gabès Labess s’inscrit pleinement dans une réflexion plus large sur l’écologie politique en Afrique du Nord. Longtemps marginalisées dans le débat public, les questions environnementales y sont pourtant centrales. À Gabès, l’écologie n’est ni un luxe ni un discours abstrait : elle est une question de survie, de dignité et de droits fondamentaux. Le film rejoint ainsi d’autres luttes écologiques africaines, où les populations locales paient le prix fort de stratégies industrielles pensées loin de leurs territoires.

La projection sera suivie d’un débat ouvert, conçu comme un espace de parole et de confrontation des points de vue. Il s’agira notamment d’interroger les notions de justice environnementale, la responsabilité des États et des industries, mais aussi les formes de résistances citoyennes qui émergent dans des contextes de forte asymétrie de pouvoir. À Gabès, malgré l’usure, la précarité et la fatigue sociale, des mobilisations persistent, portées par des associations locales et des collectifs de citoyens qui refusent l’effacement de leur territoire.

Le parcours de Habib Ayeb éclaire la démarche du film. Géographe de formation, enseignant-chercheur et cinéaste, il développe depuis de nombreuses années un travail à la croisée des sciences sociales et du cinéma documentaire. Son regard, à la fois engagé et méthodique, s’attache aux territoires dominés et aux voix longtemps absentes du récit officiel. Avec Gabès Labess, le cinéma devient un outil critique, capable de rendre visibles des réalités reléguées hors champ et d’ouvrir des espaces de réflexion collective.

Informations pratiques

Vendredi 6 février 2026 à 17 h 30
La Boîte – 25 rue 8603, La Charguia I
Tunis 2035, Tunisie
Projection du film documentaire Gabès Labess (47 min), suivie d’un temps d’échange.

 

À Londres, la musique soudanaise au service de la solidarité (6 février)

À Londres, la diaspora soudanaise se mobilise à travers la musique. Le 6 février 2026, Music for Sudan réunit artistes et publics autour d’un concert solidaire célébrant la diversité musicale du Soudan, tout en soutenant les populations déplacées du Darfour et du Kordofan.

Dans un contexte marqué par la crise humanitaire persistante au Soudan, la culture devient un levier essentiel de mobilisation. Le vendredi 6 février 2026, The Africa Centre accueille Music for Sudan: A Night of Regional Sudanese Music, une soirée caritative portée par des acteurs de la diaspora soudanaise au Royaume-Uni. De 19h à 21h, la musique s’y fait à la fois mémoire, célébration et appel à la solidarité.

Conçu comme un concert-collecte de fonds, l’événement met en lumière la richesse et la diversité du patrimoine musical soudanais, souvent méconnu en Europe. Loin d’un répertoire uniforme, Music for Sudan propose un voyage à travers plusieurs traditions régionales, révélant la pluralité culturelle d’un pays situé au carrefour de l’Afrique subsaharienne et du monde arabe. Chaque performance est pensée comme un fragment d’histoire, un récit musical ancré dans des territoires, des langues et des pratiques sociales distinctes.

Une place particulière est accordée au mardoum, genre emblématique de la région du Kordofan, reconnaissable à ses rythmes puissants et à son ancrage dans les danses collectives. Cette tradition, rendue célèbre par de grandes figures de la musique soudanaise, témoigne de la capacité du chant et du rythme à fédérer des communautés entières. À travers ce répertoire, le concert rend hommage à une culture populaire profondément liée à la vie quotidienne et aux rites sociaux.

Autre axe fort de la soirée : Aghani Al-Banat, une tradition musicale portée par les femmes, historiquement associée aux célébrations familiales, aux mariages et aux espaces de sociabilité féminine. Longtemps reléguée à la sphère privée, cette expression occupe aujourd’hui une place centrale dans les dynamiques culturelles de la diaspora, devenant un symbole d’affirmation et de transmission. En la mettant en avant, Music for Sudan souligne le rôle fondamental des femmes dans la préservation et la réinvention des patrimoines musicaux soudanais.

Sur scène, deux artistes incarnent ce dialogue entre héritage et présent : Jumana Eltgani et Ahmed Allord. Tous deux actifs sur la scène contemporaine, ils inscrivent leurs performances dans une continuité culturelle tout en y apportant une sensibilité actuelle, façonnée par l’exil, la migration et les échanges transnationaux. Leur présence reflète la vitalité d’une scène diasporique qui refuse l’effacement et revendique une visibilité artistique.

Au-delà de la dimension musicale, la soirée est explicitement solidaire. L’intégralité des bénéfices est destinée à soutenir des personnes déplacées originaires des régions du Darfour et du Kordofan, parmi les plus durement touchées par les violences et les crises successives. Ces fonds sont redistribués via des initiatives coordonnées par des organisations de la diaspora, engagées dans une aide directe et concrète.

L’événement se distingue également par son accessibilité. Des billets gratuits, ainsi que des remboursements de frais de transport, sont proposés aux demandeurs d’asile et aux réfugiés souhaitant y assister. Ce choix témoigne d’une volonté claire : faire de Music for Sudan un espace inclusif, où la musique devient un lieu de rencontre et de reconnaissance, indépendamment des statuts ou des parcours.

À travers cette soirée, la diaspora soudanaise à Londres affirme une conviction forte : la culture n’est pas un luxe en temps de crise, mais un outil de résistance, de lien et de reconstruction. En conjuguant musique, mémoire et engagement humanitaire, Music for Sudan rappelle que les scènes culturelles peuvent aussi être des espaces d’action.

Informations pratiques

Événement : Music for Sudan – A Night of Regional Sudanese Music
Date : Vendredi 6 février 2026
Horaires : 19h – 21h
Lieu : The Africa Centre, 66 Great Suffolk Street, Londres
Artistes : Jumana Eltgani, Ahmed Allord
Objectif : concert solidaire au profit des populations déplacées du Darfour et du Kordofan
Billetterie : en ligne – billets solidaires, accès gratuit et aide au transport pour réfugiés et demandeurs d’asile selon conditions solidaire célébrant la diversité musicale du Soudan, tout en soutenant les populations déplacées du Darfour et du Kordofan.

 

Gospel Dream : quand le gospel traverse Paris et ses églises (7 février)

En février, la chorale Gospel Dream déploie le gospel afro-américain dans plusieurs églises parisiennes. Une série de concerts qui mêle ferveur spirituelle, héritages africains et énergie collective, transformant les lieux patrimoniaux de la capitale en scènes vibrantes et ouvertes à tous.

Depuis plus de trois décennies, Gospel Dream s’impose comme l’une des formations majeures du gospel à Paris. Son ambition dépasse le simple cadre musical : il s’agit de faire entendre, à travers les voix et les rythmes, une histoire longue et transatlantique, née dans les communautés afro-américaines, nourrie de racines africaines, et devenue au fil du temps un langage universel d’espérance et de résistance.

Tout au long du mois de février, la chorale propose une véritable itinérance musicale à travers plusieurs lieux religieux emblématiques de la capitale. Le premier rendez-vous marquant a lieu le samedi 7 février 2026 à la Cathédrale Américaine de Paris. Dans cet édifice anglican situé avenue George-V, le gospel trouve un écrin particulièrement symbolique. Les harmonies puissantes, les appels-réponses et l’intensité des chœurs prennent une ampleur particulière sous les voûtes de la cathédrale, offrant au public une expérience immersive où la musique dialogue avec la spiritualité du lieu.

Mais ce concert n’est qu’une étape d’un parcours plus large. D’autres dates sont programmées les week-ends suivants, toujours à la Cathédrale Américaine, permettant à différents publics de découvrir ou redécouvrir Gospel Dream dans ce cadre prestigieux. Cette régularité témoigne du succès durable de la formation et de l’engouement parisien pour le gospel, bien au-delà d’un effet de mode.

À partir de la mi-février, Gospel Dream investit également d’autres églises historiques de Paris, élargissant encore la portée de cette série. Parmi elles, l’église de la Madeleine accueille la chorale pour des concerts où la monumentalité du lieu dialogue avec la ferveur du gospel. D’autres dates sont prévues à Saint-Louis d’Antin – Espace Bernanos, à Saint-Germain-des-Prés ou encore dans des paroisses du nord et de l’est parisien, confirmant la volonté de toucher des publics variés et de faire circuler cette musique dans toute la ville.

Sur le plan artistique, chaque concert conserve une identité propre. Le répertoire mêle negro spirituals, gospels traditionnels et pièces plus contemporaines, parfois réarrangées pour s’adapter à l’acoustique spécifique de chaque lieu. Cette capacité d’adaptation est l’une des forces de Gospel Dream : la chorale ne plaque pas un format unique, mais laisse la musique dialoguer avec l’espace, le public et le moment.

La diversité des chanteurs et musiciens participe également à cette richesse. Leurs origines multiples reflètent les circulations culturelles à l’œuvre dans le gospel lui-même. Sur scène, l’émotion est palpable, l’interaction avec le public constante, et la frontière entre concert et célébration s’estompe rapidement.

En multipliant les dates et les lieux en février, Gospel Dream propose bien plus qu’un événement ponctuel. C’est une série cohérente, presque un parcours initiatique à travers Paris, où chaque église devient le temps d’une soirée le théâtre d’une mémoire chantée, collective et vivante.

Informations pratiques

Concerts gospel – Gospel Dream
Samedi 7 février 2026 – Cathédrale Américaine de Paris
Autres dates tout au long de février (week-ends) à la Cathédrale Américaine
Concerts à partir de la mi-février à la Madeleine, Saint-Louis d’Antin, Saint-Germain-des-Prés et autres églises parisiennes
Horaires : généralement à 20h30
Durée : environ 1h15

 

À Paris, IBIYEWA fait vibrer les héritages africains au présent (7 février) 

Le 7 février, le groupe IBIYEWA se produit au Son de la Terre à Paris. Entre rythmes africains, jazz et grooves contemporains, le trio propose une musique du mouvement, festive et habitée, où la tradition se réinvente au contact des scènes urbaines actuelles.

Le samedi 7 février 2026, le trio IBIYEWA se produit sur la scène du Le Son de la Terre, à Paris. Une date qui accompagne la sortie en France de leur premier album, Vendredi Magnifique, et confirme l’émergence d’un projet musical où les héritages africains se réinventent au contact des grooves contemporains.

Né à Bruxelles, IBIYEWA est avant tout une histoire de circulation. À l’initiative du batteur béninois Angelo Moustapha, protégé du guitariste Philip Catherine, le trio réunit deux figures marquantes de la scène bruxelloise : le guitariste malgache Joel Rabesolo, voix singulière de la jeune génération, et le saxophoniste belge Toine Thys, musicien incontournable aux multiples projets.

Leur musique repose sur un principe clair : faire du rythme un langage commun. La batterie n’y est pas un simple support, mais un moteur qui structure les morceaux, ouvre l’improvisation et entraîne le dialogue entre guitare et saxophone. Le groove est constant, parfois hypnotique, parfois plus aérien, mais toujours central.

Vendredi Magnifique célèbre la fête, la nuit et la liberté du corps. Les morceaux, écrits par les trois musiciens, naviguent entre acoustique et textures électroniques, sans jamais perdre leur ancrage rythmique. Derrière l’énergie festive, l’album interroge la manière dont les rythmes africains voyagent, se transforment et s’inscrivent dans des paysages urbains contemporains.

Le nom du groupe dit beaucoup de cette démarche. En yoruba, IBIYEWA signifie « ici, nous nous ressemblons ». Une profession de foi musicale : dépasser les frontières culturelles, créer un espace sonore partagé, où influences africaines, jazz, électro et improvisation coexistent sans hiérarchie.

Sur scène, cette philosophie prend corps. De Bruxelles à Ouagadougou, de Conakry à Tananarive, de Luanda à Paris, le trio construit une relation directe avec le public, portée par une joie communicative et une énergie collective. La danse s’invite naturellement, sans jamais exclure l’écoute attentive.

Au Son de la Terre, lieu emblématique des musiques africaines et diasporiques à Paris, ce concert s’inscrit pleinement dans une programmation qui pense l’Afrique comme une source vivante et contemporaine. Avec IBIYEWA, la tradition n’est ni figée ni folklorisée : elle circule, se transforme et s’invente au présent, au rythme des corps en mouvement.

Informations pratiques

Le Son de la Terre, 2 port de Montebello, Paris 5ᵉ
Samedi 7 février 2026 à 20 h
Musiques africaines contemporaines / afro-jazz
Billetterie en ligne et sur place (concert ou formule dîner-concert)

 

Au cœur du désert tchadien, le FICSA fait vibrer les cultures sahariennes (7-13 février)

Du 7 au 13 février 2026, Amdjarass accueille la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes. Une semaine de célébration artistique et patrimoniale au cœur du Sahara tchadien, entre traditions vivantes, échanges interculturels et affirmation identitaire.

À l’extrême nord-est du Tchad, aux portes du Sahara, la ville d’Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un carrefour culturel majeur. Du 7 au 13 février 2026, la cité accueille la 6ᵉ édition du Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA), un rendez-vous désormais incontournable pour la valorisation des patrimoines culturels sahariens et des arts du désert.

Pensé comme un espace de transmission et de dialogue, le FICSA célèbre les multiples expressions artistiques des peuples du Sahara : musiques traditionnelles, danses rituelles, poésie orale, artisanat, gastronomie et pratiques sociales ancestrales. Loin d’un folklore figé, le festival met en lumière des cultures vivantes, en constante réinvention, portées par des communautés nomades et sédentaires dont les savoir-faire traversent les siècles.

Soutenu par les autorités locales et nationales, le FICSA s’inscrit dans une politique de promotion culturelle et touristique de la province de l’Ennedi-Est, territoire spectaculaire classé pour ses paysages rocheux et son patrimoine naturel exceptionnel. Le festival devient ainsi une vitrine du Sahara tchadien, trop souvent réduit à ses contraintes géographiques, alors qu’il constitue un espace de création, de circulation et d’échanges historiques.

Durant sept jours, Amdjarass se transforme en scène à ciel ouvert. Les performances musicales occupent une place centrale, mettant à l’honneur les rythmes sahariens, les chants accompagnés de percussions et les formes vocales liées à la poésie orale. Ces expressions artistiques racontent la vie dans le désert, les migrations, les alliances tribales, mais aussi la relation intime entre l’homme, l’animal et l’espace saharien.

Le FICSA accorde également une large place aux arts du mouvement. Les danses traditionnelles, souvent collectives, traduisent des rituels sociaux et symboliques : célébrations, mariages, victoires ou moments de passage. Elles dialoguent avec des démonstrations équestres et des courses de dromadaires, temps forts très attendus du festival, qui rappellent le rôle central de ces animaux dans l’histoire des échanges transsahariens.

Si le festival est ancré dans le Tchad, il dépasse largement les frontières nationales. Le Sahara y est pensé comme un espace culturel continu, reliant différentes régions et peuples. À ce titre, le FICSA constitue un lieu de rencontres interculturelles, où artistes, artisans et visiteurs venus d’autres zones sahariennes partagent pratiques et récits. Même s’il n’est pas centré exclusivement sur la diaspora soudanaise, le festival fait écho aux circulations culturelles entre le Tchad, le Soudan et l’ensemble de la bande saharienne.

Les expositions d’artisanat occupent un autre volet essentiel de la programmation. Bijoux, textiles, objets en cuir ou en bois témoignent de savoir-faire transmis de génération en génération. En valorisant ces productions locales, le FICSA participe aussi à une dynamique économique, offrant une visibilité accrue aux artisans et aux circuits courts.

Au-delà de l’événement festif, le Festival International des Cultures Sahariennes porte une ambition plus large : réaffirmer la dignité culturelle des peuples du désert, renforcer la fierté identitaire et inscrire le Sahara dans les grandes cartographies culturelles contemporaines. Dans un monde où les marges sont souvent invisibilisées, Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un centre.

 

Informations pratiques
Événement : Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA) – 6ᵉ édition
Dates : Du 7 au 13 février 2026
Lieu : Amdjarass, province de l’Ennedi-Est, Tchad
Programme : musiques et danses sahariennes, poésie, artisanat, courses de dromadaires, expositions culturelles
Public : tout public

 

Galerie Angalia : voir le bassin du Congo autrement ( jusqu’au 28 février)

À la galerie Angalia, l’exposition Au cœur du bassin du Congo propose une immersion photographique dans l’un des territoires les plus vitaux et menacés de la planète. Le regard de Hugh Kinsella Cunningham relie paysages, communautés humaines et urgences climatiques.

Jusqu’au 28 février 2026, la Galerie Angalia présente Au cœur du bassin du Congo, une exposition photographique de Hugh Kinsella Cunningham, visible tout au long de la semaine du 6 février. Fidèle à sa ligne éditoriale, la galerie poursuit son travail de mise en lumière d’artistes engagés, attentifs aux réalités contemporaines de l’Afrique centrale et, en particulier, de la République démocratique du Congo.

Le bassin du Congo constitue l’un des plus vastes ensembles forestiers du monde et l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète. Pourtant, ce territoire demeure largement absent des récits visuels dominants, souvent réduit à des chiffres, des alertes ou des images spectaculaires décontextualisées. Le travail de Hugh Kinsella Cunningham prend le contre-pied de cette approche. Son regard s’inscrit dans le temps long, celui de la présence, de l’observation et de la relation patiente avec les lieux et les populations.

L’exposition rassemble une sélection de photographies issues de plusieurs années de terrain. Le fleuve Congo y apparaît comme une colonne vertébrale, structurant les vies, les déplacements et les imaginaires. Autour de lui, se déploient des scènes de la vie quotidienne : pêche, transport fluvial, gestes agricoles, instants de repos ou de traversée. À ces images s’ajoutent des paysages plus silencieux — forêts denses, montagnes des Virunga, sommets des Ruwenzori — où la nature impose une présence presque écrasante, mais désormais fragile.

Ce qui frappe dans cette série, c’est l’absence de toute dramatisation forcée. La menace climatique, pourtant bien réelle, n’est jamais illustrée par l’effroi. Elle se lit dans les détails : la fonte progressive des glaciers, les transformations des écosystèmes, les adaptations quotidiennes des populations riveraines. La photographie devient alors un outil de compréhension, un espace de nuance, loin des récits catastrophistes qui saturent l’actualité environnementale.

Le travail de Cunningham se situe à la frontière du photojournalisme et de la photographie documentaire sensible. Il ne cherche pas à imposer un discours, mais à rendre visibles des liens : liens entre humains et milieux naturels, entre mémoire et territoire, entre exploitation et vulnérabilité. Chaque image semble poser la même question, en filigrane : comment habiter un monde en transformation sans en épuiser les ressources vitales ?

La galerie Angalia accompagne cette démarche par une présentation sobre, laissant au regard le temps de circuler. Spécialisée dans la mise en avant d’artistes vivant et travaillant en République démocratique du Congo, la galerie s’attache à défendre des pratiques visuelles ancrées dans le réel, mais ouvertes à une lecture globale. Ici, l’Afrique centrale n’est ni périphérique ni exotisée : elle est montrée comme un espace stratégique, au cœur des enjeux planétaires contemporains.

Au cœur du bassin du Congo dépasse ainsi le simple cadre de l’exposition photographique. Elle invite à une prise de conscience lente, presque silencieuse, où l’image agit comme un lieu de rencontre plutôt que comme un choc. Dans un contexte de crises écologiques accélérées, ce travail rappelle que la photographie peut encore être un outil de vigilance, de transmission et de responsabilité.

 

Informations pratiques

Galerie Angalia, 10–12 rue des Coutures Saint-Gervais, Paris 3ᵉ
Du 1er au 28 février 2026
Horaires habituels de la galerie
Entrée libre

 

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L’Afrique francophone championne de la croissance https://mondafrique.com/economie/lafrique-francophone-championne-de-la-croissance/ https://mondafrique.com/economie/lafrique-francophone-championne-de-la-croissance/#respond Fri, 06 Feb 2026 05:43:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146548 Pour la douzième année d’affilée, l’Afrique subsaharienne francophone affiche la croissance économique la plus élevée d’Afrique subsaharienne, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation et l’endettement. Cette triple performance devrait de nouveau se répéter en 2026. Analyse d’Ilyes Zouari, qui préside le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone). […]

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Pour la douzième année d’affilée, l’Afrique subsaharienne francophone affiche la croissance économique la plus élevée d’Afrique subsaharienne, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation et l’endettement. Cette triple performance devrait de nouveau se répéter en 2026. Analyse d’Ilyes Zouari, qui préside le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).

Il ressort des dernières données publiées par la Banque mondiale dans le cadre de son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales que l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé en 2025 les meilleures performances d’Afrique subsaharienne en matière de croissance. Elle a ainsi été le moteur du continent, avec une croissance globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.

Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué, comme depuis plusieurs décennies, d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone. Enfin, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone continue à maîtriser son endettement en affichant le niveau le plus faible en Afrique subsaharienne pour la neuvième année d’affilée, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025, creusant l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne à 64,6 %. 

L’UEMOA en tête, avec plus de 6% de croissance

En zone CFA, qui regroupe 13 des 22 pays francophones (y compris la Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau), et qui rassemble 55 % de la population de l’Afrique francophone subsaharienne, la croissance a légèrement baissé, de 5,0 % à 4,9 %. Au sein de cette zone, l’espace UEMOA a continué à se distinguer avec une évolution globale de 6,1 %, comme en 2024, confirmant ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent. Pour sa part, l’espace CEMAC, qui compte notamment trois importants producteurs d’hydrocarbures, a de nouveau fait baisser la moyenne globale de la zone CFA, avec un taux de croissance de 2,9 % (contre 3,0 % en 2024).

Quant à la croissance observée en Afrique subsaharienne hors zone CFA, celle-ci s’est élevée à 3,5 %, un taux tiré vers le haut par les pays francophones qui s’y trouvent et qui ont connu une croissance globale de 5,0 %. La partie francophone de l’Afrique de l’Est, qui se situe justement en dehors de la zone CFA, a enregistré une progression globale de son PIB de 3,8 %.

Six des dix plus fortes croissances de 2025 sont celles de pays francophones : la Guinée (première du classement avec un taux de 7,5 %), le Bénin (deuxième, avec un taux de 7,3 %), le Niger, classé en cinquième position (6,5 %) et immédiatement suivi par le Sénégal (6,4 %), la Côte d’Ivoire (6,3 %) et Djibouti (6,0 %). Le premier pays non francophone, l’Éthiopie, arrive en troisième position (7,2 %). Ce classement n’intègre pas le cas très particulier du Rwanda, qui ne peut plus être pris en compte dans les classements économiques africains étant donné que ses performances officielles (7,0 % en 2025) sont largement faussées par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui représentent désormais près de 50 % des exportations rwandaises de biens.

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