Best of 2016, le président mauritanien Aziz découvre les relations publiques

Du 23 au 27 mai, plusieurs médias internationaux se rendront en Mauritanie à l'occasion d'un voyage de presse organisé par les autorités du pays. Une tentative pour le président Aziz, très critiqué, de redorer son image .

Grâce à une intense opération de démarchage, Jemal Ould Mohamed, avocat et ambassadeur itinérant du chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à Paris, est parvenu à convaincre plusieurs médias d’effectuer un voyage de presse organisé dans son pays du 23 au 27 mai. Parmi les heureux élus figurent Radio Classic, l’Opinion, Le Figaro, BFM TV, agence EFE, African Business Magazine, African Banker ou encore The Africa Report. Egalement convié, Le Monde a préféré décliner l’invitation.

Pour orchestrer le ballet de charme, l’avocat franco-mauritanien a fait appel aux services de Marc Bousquet, Directeur de « Médiatique », une société de communication basée a Paris.

Aziz et les « gourous blancs »

Estimée à près de 400 000 euros, cette offensive médiatique vise à redorer l’image du chef de l’Etat Aziz en mal de légitimité. Depuis le début du mois d’avril, l’opposition et la société civile ont en effet multiplié les manifestations suite aux rumeurs qui ont circulé sur la volonté supposée du chef de l’Etat de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir après la fin de son second mandat de cinq ans.

De nombreux observateurs expriment cependant leurs doutes quant au choix de la société Médiatique payée le prix fort pour l’occasion. En 2013, celle ci tentait de s’imposer péniblement au Mali, au Sénégal et en Côte d’Ivoire à travers le sulfureux communicant Jean-Pierre Bloch, et n’affichait qu’un capital de 38 122 euros rémunérant deux employés. Son expertise et sa capacité à « booster » l’image d’un pays restent aujourd’hui à démontrer. A Paris, un connaisseur de la société n’hésite pas à la qualifier de « cave à déplumer les dirigeants africains en mal de communication ».

A travers l’onéreuse excursion organisée fin mai, les « gourous blancs » de Médiatique tentent-ils une ultime résurrection aux frais de l’Etat mauritanien ?

Gageons qu’après dégustation des délices offerts pars le palais présidentiel en compagnie de M. Ould Abdel Aziz, les représentants des médias invités se dégraferont de leur escorte d’agents des services en civil pour aller à la rencontre d’autres voix. Celles, par exemple, vivant au sud de l’avenue Gamal Abdel-Nasser à Nouakchott, dans les quartiers déshérites de PK ou Gazra. Ils y auront tout le loisir de découvrir et d’entendre les laissés-pour-compte du « Président des pauvres », slogan de campagne d’Aziz en 2009.