Bertin Kouadio Konan, l’opposant qui ne dérangea pas Ouattara

 L’ancien ministre de la réconciliation nationale, KKB, n’est plus apparu en public depuis son éviction du gouvernement le 6 octobre dernier. Mais selon ses proches, il garde le moral et pourrait même rebondir dans les semaines à venir grâce à Alassane Ouattara qui aurait promis de le nommer à un autre poste.
 
Z. Bati Abouè
 
Au Parti démocratique de Côte d’Ivoire, il est le seul qui manque actuellement à l’appel. L’ancien président des jeunes du PDCI, Bertin Kouadio Konan, qui a secoué, à de multiples reprises et à diverses époques, le pouvoir d’Henri Konan Bédié avant de couper les ponts avec lui, n’a en effet  plus repris la parole depuis sa sortie du gouvernement. Alors que la succession de l’ancien président du PDCI est engagée depuis sa mort et qu’elle fait couler beaucoup d’encre et de salive, KKB, lui, reste étrangement silencieux. Mais selon ses proches, c’est essentiellement parce qu’il est sous le coup d’une suspension du PDCI.
 
Avant d’être nommé ministre, KKB avait été suspendu de toute activité politique pour avoir rompu la clause de non participation à l’élection présidentielle en 2020 en tant que candidat indépendant. Selon cette clause, le candidat qui n’a pas obtenu l’investiture du PDCI doit s’abstenir de se présenter à l’élection présidentielle, y compris en tant que candidat indépendant. 
 
Pendant la campagne électorale, KKB avait alors passé ses nerfs sur l’opposition, l’accusant de préparer des violences électorales avec son mot d’ordre de boycott. Ainsi, sans parti, sans machine électorale et battu à plate couture, Bertin Kouadio Konan avait néanmoins été récompensé par un poste ministre de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, le 15 décembre 2020. Deux années plus tard, il quittait cependant le gouvernement tandis que le portefeuille de la réconciliation nationale était purement et simplement supprimé.
 
 En attendant, l’ancien ministre de la réconciliation nationale continue de vivre dans sa maison de fonction et garde ses voitures, ce qui n’est pas le cas des autres ministres limogés, appelés, depuis, à rendre leurs véhicules et les clés de leur maison « ministérielle ».