La guerre des drones en Afrique et au Sahel

Pendant que les opinions mondiales sont focalisées sur l’Ukraine et Gaza, des armes de hautes technologies se déploient en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Le 4 janvier, le Wall Street journal, révèle l’implantation de base US de Drone au Ghana, Côte d’Ivoire et Bénin dans le cadre « des efforts visant à renforcer la présence des forces américaines dans les Etats côtiers » poursuit le quotidien 

Les drones ont marqué les guerres de ces vingt dernières années. Utilisés comme arme de précision dans l’élimination ciblée des terroristes blacklistés par les américains dans leur guerre globale contre le terrorisme au début des années 2000, ils deviennent vite des armes stratégiques qui ont fait leur démonstration dans les conflits libyens, l’Ukraine ou récemment dans le haut karabakh.

Les tensions qui subsistent au Sahel, depuis les coups de force successifs au Mali en 2020, Burkina Faso en 2022, Niger 2023 créent une nouvelle configuration. Les trois états affrontent ensemble les menaces militaires de pays de la CEDEAO qui ont imposé des sanctions économiques, sans compter la crise ouverte avec la France dont les troupes présentes au Mali marque un point de rupture définitif. Depuis, d’autres puissances militaires ont comblé le vide au Sahel, entre Russie, Chine, Turquie qui s’installent dans la durée dans la région.

Afin de marquer leur implantation, les armées nouvellement installées arrivent avec un équipement technologique de haut niveau qui peut assurément changer la donne dans la région. L’introduction des drones au Sahel et en Afrique de l’ouest augure un changement géostratégique majeur partie d’Afrique proie aux aux troubles géopolitiques et aux convoitises géostratégiques des puissances.

L’axe Erdogan/Assimi GOÏTA 

« Une vingtaine de drones, dont des aéronefs sans pilote de type Bayraktar TB2, de fabrication turque, ont été réceptionnés, jeudi 04 Janvier, par le Président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta chef suprême des Armées, au Pavillon présidentiel de l’aéroport international Président Modibo Keïta » a annoncé l’agence turque Anadolu. Le président turc réitère ainsi le scénario libyen en s’implantant progressivement comblant le vide laissé par d’autres puissances présentes sur le territoire.

L’homme fort du Mali, le Colonel Assimi Goïta a présidé la cérémonie de la réception des aéronefs militaires en présence du premier ministre, du président du conseil national de transition, du ministre de la défense, et des membres du gouvernement en présence de l’ambassadeur de la Turquie à Bamako Efe Ceylan.

Le choix des drones turcs par l’armée malienne s’est fixé sur une caractéristique essentielle qui est leur multi fonctionnalité : surveillance du territoire nationale, collecte des renseignements, attaques des cibles précises. Ce choix s’impose à l’armée malienne par la volonté de reconquérir le terrain perdu au nord du pays contrôlé par les séparatistes Touaregs mais aussi par des groupes islamistes très mobiles dans la région.  

Les militaires maliens accélèrent le processus de la réorganisation stratégique, après le départ des forces françaises du pays, s’appuyant non seulement de l’armement Turc mais aussi Russe et Chinois. C’est dans ce sens que le ministre de la défense Sadio Camara a salué et remercié la République Turque, la fédération de Russie et la République Populaire de Chine qu’il qualifie de « partenaires fiables et sincères du Mali ».

Des nouvelles bases américaines en Afrique de l’Ouest

Drone américain MQ-9 Reaper

Les américains étaient les premiers à introduire les drones au Sahel. Déjà en 2018, le New York Times révélait la présence d’une base de drones appartenant à la CIA à Dirkou qui serait utilisée pour lancer des attaques contre des insurgés islamistes en Libye. Un accord militaire lie Washington à Niamey depuis 2015 qui prévoit d’équiper l’armée nigérienne en matériel, assurer les formations ainsi que l’organisation des missions conjointes.

Le nombre des soldats US présents sur le sol nigérien est passé de 200 en 2018 à 1000 soldats en 2023, répartis entre la base 101 située prés de l’aéroport international Diori Hamani à Niamey, et la base 201 à Agadez au centre du pays, seconde base américaine en Afrique après celle de Djibouti. Le Pentagone a investi 110 millions de dollars pour sa construction et 30 millions de dollars par an pour sa maintenance. Elle accueille un nombre suffisant de drones MQ-9 Reaper mais aussi des avions de transport de troupes. Washington considère le Niger comme allié fiable en Afrique de l’ouest dans sa lutte contre le terrorisme mais aussi pour endiguer la présence Russe, Chinoise et Turque. Bien que le coup d’État ait limité le champ opérationnel par la fermeture récurrente de l’espace aérien, l’armée US continue à maintenir une présence significative dans le pays.

 

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