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Opération reconquête des États-Unis dans l’AES

Nick Checker

Alors que la guerre en Iran mobilise l’attention de Washington, les États-Unis poursuivent leur entreprise de séduction auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel. Après une première étape au Mali en février, Nick Checker est arrivé ce 10 mars à Ouagadougou avant de poursuivre sa tournée au Niger.

Peu connu du grand public, Nick Checker n’est pas un diplomate de carrière. Depuis janvier 2026, il dirige par intérim le Bureau des affaires africaines du département d’État. Mais son parcours est celui d’un homme du renseignement : il a passé plus d’une décennie à la CIA comme analyste militaire, spécialisé dans les conflits du Moyen-Orient et de la Corne de l’Afrique. Son profil reflète l’approche actuelle de Washington : transactionnelle et sécuritaire, plutôt que diplomatique.

La tournée qu’il mène dans les capitales de l’AES vise à proposer une coopération concrète dans la lutte contre les groupes jihadistes. Les États-Unis cherchent notamment à remettre sur la table un partage de renseignements de type ISR intelligence, surveillance et reconnaissance reposant sur leurs capacités satellitaires, leurs drones et leurs réseaux d’analyse.

Recueillir et partager des renseignements

Côté pile, Washington offrirait aux armées sahéliennes un accès à des informations précieuses sur les mouvements des groupes armés, en échange d’un retour progressif de la coopération sécuritaire américaine dans la région. Côté face, les Américains recueilleraient eux-mêmes des renseignements qui leur font défaut depuis qu’ils ont été contraints par le Niger de quitter leur grande base de drones d’Agadez. Pour parvenir à leurs fins, ils tentent de séduire les gouvernements de la région en insistant sur le respect de la souveraineté des États et sur une coopération fondée sur des intérêts communs.

Les signaux de ce retour progressif se multiplient. Après la visite de Nick Checker à Bamako début février, Washington a levé des sanctions visant plusieurs responsables maliens. Des discussions ont également été engagées sur une possible reprise des vols de drones américains au-dessus du territoire malien et sur le retour d’une base américaine dans ce pays. Selon, TV5 Monde, ils seraient sur le point de signer un accord.  

Reste une inconnue : comment militaires américains et russes pourraient-ils coexister sur le terrain sahélien, alors même que les négociations sur l’Ukraine patinent et que l’on assiste à une montée des tensions entre Washington et Moscou en raison de la guerre en Iran ?