RDC - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/rdc/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Thu, 26 Mar 2026 08:31:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg RDC - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/rdc/ 32 32 Pas d’extinction pour les dinosaures https://mondafrique.com/libre-opinion/pas-dextinction-pour-les-dinosaures/ https://mondafrique.com/libre-opinion/pas-dextinction-pour-les-dinosaures/#respond Thu, 26 Mar 2026 05:33:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149438 Venance Konan s’amuse avec les mandats et les ruses pour les multiplier comme des petits pains ou les prolonger à tout prix. Après la réélection de Sassou N’Guesso, au Congo Brazzaville, ce sont les partisans du Président Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo voisine qui sont en train de réfléchir à la manière de […]

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Venance Konan s’amuse avec les mandats et les ruses pour les multiplier comme des petits pains ou les prolonger à tout prix. Après la réélection de Sassou N’Guesso, au Congo Brazzaville, ce sont les partisans du Président Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo voisine qui sont en train de réfléchir à la manière de modifier la constitution pour lui permettre de faire un troisième mandat à la fin de celui-ci, le dernier en principe, qui s’achève en 2028.

Par Venance Konan

Venance Konan.

L’un de ses partisans a dit qu’ils le feraient « sans honte ». Tiens donc ! Pourquoi auraient-ils honte ? Ceux qui devraient avoir honte sont ceux-là qui ont limité les mandats présidentiels à deux. Qui sont-ils d’ailleurs ? Des opposants irresponsables qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez. Sous prétexte que les Présidents d’avant 1990 s’éternisaient au pouvoir, ils eurent l’idée de limiter le nombre de mandats présidentiels afin de les faire partir. Sans penser qu’ils exerceraient un jour, eux aussi, ce pouvoir. Et qu’ils en découvriraient le doux mais vénéneux nectar.

En attendant le vote des bêtes sauvages

1990, c’est l’année où tous les dinosaures qui nous gouvernaient furent bousculés par des jeunesses très enragées par la galère et des oppositions très pressées de goûter elles aussi aux affaires. Les constitutions furent donc modifiées pour calmer les rues, mais peu de dinosaures tombèrent. Ainsi Houphouët-Boigny mourut de sa belle mort après 33 ans de règne, Omar Bongo et Gnassigbé Eyadema firent de même après être restés respectivement 42 et 38 ans au pouvoir, se payant même le luxe de transmettre ce pouvoir à leurs enfants. Idriss Déby Itno, lui est resté un peu plus de 30 ans à la tête de son pays mais il est mort sur un champ de bataille et son fils lui a succédé.

Ah, le bon vieux temps d’avant 1990 ! C’était l’ère des partis uniques, des Présidents à vie. Certains se sont bombardés Rédempteur (Kwame Nkrumah), Père de la Nation (Houphouët-Boigny), Grand Timonier (Eyadema), empereur, (Bokassa), maréchal (Mobutu, Déby), frère-guide (Kadhafi), ou simplement général, l’important étant de rester au pouvoir toute sa vie.

Mais, malheureusement, ces titres ne protègent pas contre les coups d’État de toutes sortes. Nkrumah, Président à vie, fut emporté par un coup d’État. Bokassa avait pour modèle Napoléon Bonaparte. Mais il n’avait pas lu toute l’histoire de l’empereur français. Sinon il aurait su comment il avait terminé ses jours : en exil sur une île lointaine. Bokassa aussi connut la chute et l’exil. Il avait cru s’acheter une assurance contre le putsch en offrant des diamants au Président français. Erreur. C’est ce dernier qui le renversa. Même mauvais jugement de Kadhafi qui offrit, parait-il, beaucoup d’argent à Sarkozy pour que ce dernier devienne Président de la France. C’est Sarkozy qui déclencha la guerre dans laquelle Kadhafi mourut embroché. Laurent Gbagbo, de Côte d’Ivoire, offrit lui aussi deux milliards de ses francs CFA à Chirac. C’est ce dernier qui secoua le plus violemment la branche à laquelle Gbagbo était accroché, pour le faire tomber. Blaise Compaoré, qui offrit des djembés fourrés aux francs CFA au même Chirac, est en train de terminer sa vie en exil en Côte d’Ivoire. Moralité : n’offrez jamais de cadeau à un Président ou aspirant Président français si vous voulez rester au pouvoir.  

La longévité des crocodiles…

Tout allait donc globalement bien jusqu’à l’arrivée de cette histoire de démocratie, en 1990, avec le soutien de Mitterrand et son fameux discours de La Baule : « ou tu deviens démocrate, ou je te laisse tomber. » Certains troquèrent la vareuse contre un costume de bonne coupe acheté à Paris. On tripatouilla les constitutions autant qu’on put pour faire semblant d’être démocrate et on s’accrocha vaille que vaille. Paul Biya était là à l’époque. Il est toujours là. 93 ans et plus de 43 ans au compteur. Denis Sassou-Nguesso aussi. Environ 41 ans de pouvoir. Qui dit mieux ? Teodoro Obiang Nguema Mbasogo : presque 48 ans au pouvoir ! Champion toutes catégories. Il est dans son coin, on ne l’entend pas beaucoup, mais il règne depuis si longtemps qu’on l’oublie parfois. Et il ne faut surtout pas chercher à le renverser. Là, il devient méchant. Et comme tous les autres, il cherche à transmettre le témoin à son fils qui est déjà le vice-président du pays.

Quand ceux qui avaient insisté pour que l’on limite les mandats présidentiels à deux accédèrent à leur tour au pouvoir, ils comprirent pourquoi ils avaient été précédés par des dinosaures. Le pouvoir, en Afrique, on ne le lâche pas tant qu’il ne vous a pas lâché. Les constitutions limitaient-elles les mandats ? Alors on adapta le verset biblique qui dit : « si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. » Si c’est la constitution qui est un risque, on la jette loin de soi. C’est aussi simple.

Et les pièges du marigot 

On a donc changé les lois fondamentales des pays, soit pour enlever la limitation du nombre de mandats présidentiels, soit, quand elle était maintenue, pour remettre les compteurs à zéro. Ou on a innové, en changeant carrément de régime, comme au Togo. Quand Eyadema fils a bouclé ses 20 ans de pouvoir après les 38 de son père, il a opté pour un régime parlementaire. Il n’est plus Président de la République, mais Président du Conseil des ministres, à côté d’un Président de la République que personne ne connaît et qui n’a aucun pouvoir. Lui, il a gardé tous ses pouvoirs. C’est l’essentiel. Au Bénin, on a cru bien faire en précisant dans la constitution qu’aucun humain ne peut exercer plus de deux mandats à la tête du pays. Qu’à cela ne tienne ! Le Président en exercice, qui bouclera bientôt ses deux mandats, a créé un Sénat, qu’il présidera, et qui lui conservera tous les pouvoirs qu’il a actuellement. N’est-ce pas beau, çà ?

Mais attention ! Changer de constitution ne garantit pas une gouvernance illimitée. Ainsi, Alpha Condé, qui s’était octroyé un troisième mandat, n’avait pas bien surveillé son garde du corps. C’est ce dernier qui l’a renversé et qui jouit actuellement des délices du pouvoir guinéen. Avant lui, ce fut Mamadou Tandja qui connut la même mésaventure au Niger. Il fut renversé après avoir modifié la constitution pour prolonger son temps à la tête dy pays. Alors, réfléchissez peut-être sept fois avant de chercher à vous accrocher au pouvoir coûte que coûte.

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L’extractivisme américain à l’assaut de l’Angola, de la Zambie et de la RDC https://mondafrique.com/a-la-une/lobito-le-retour-de-lextractivisme-americain-en-afrique/ Fri, 13 Mar 2026 05:27:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148485 Le corridor de Lobito en Angola est le véhicule de l’emprise du capitalisme américain dans sa version IA. L’Afrique est condamnée à livrer son sous-sol dans le cadre de projets « extractivistes » concurrents de l’hégémonie chinoise dans la Copperbelt africaine.  Par Paolo Vieira La politique africaine du président Trump est peut-être plus calculée que ses éclats […]

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Le corridor de Lobito en Angola est le véhicule de l’emprise du capitalisme américain dans sa version IA. L’Afrique est condamnée à livrer son sous-sol dans le cadre de projets « extractivistes » concurrents de l’hégémonie chinoise dans la Copperbelt africaine.

 Par Paolo Vieira

Les lignes de transport du corridor de Lobito, carte de la Commission européenne, direction générale des partenariats internationaux, CE-INTPA.

La politique africaine du président Trump est peut-être plus calculée que ses éclats et grossièretés ne le font soupçonner. Malgré le mépris affiché pour les États africains à Washington, les retournements, les prolongements et les aménagements concernant le corridor de Lobito, initié par Joe Biden, révèlent un projet complet à plusieurs dimensions. (Le corridor de Lobito est gouverné par l’Agence de facilitation du transport et du transit du corridor de Lobito, basée en Angola, qui coordonne les opérations transfrontalières, harmonise les politiques et supervise la construction des infrastructures en Angola, en RDC et en Zambie.)

Joe Biden avait surtout infléchi la position de l’Angola, pays où débouche le corridor sur le port de Lobito. Donald Trump, depuis le début de l’année, vient d’accélérer la mise en œuvre de la composante essentielle du projet, le Lobito Atlantic Railway. Ce chemin de fer, en grande partie financé par les Européens, est l’objet de la concession (de 30 à 50 ans) de gestion d’une ligne ferroviaire donnée par le ministère angolais des transports.

Le consortium attributaire de cette concession comprend Mota-Engil (Portugal), Vecturis (Belgique) et le trader Trafigura (basé à Singapour). Le consortium devra aussi consacrer 455 millions USD à l’édification d’un terminal minéralier géant à Lobito, ce chantier étant largement financé par les États-Unis. Pour Donald Trump, la partie angolaise du corridor et le terminal de Lobito sont des questions désormais réglées.

Pour Washington, il s’agit maintenant, d’accélérer l’alimentation du terminal minéralier sur l’Atlantique où attendent les vraquiers qui emporteront le cuivre et les autres minerais aux États-Unis. Il faut donc gagner la bataille de la maîtrise des gisements dans la région de Kolwezi, à 1500 kilomètres de Lobito, en République Démocratique du Congo (RDC).

Imposer la paix des bonnes affaires

Ainsi, au mois de mars 2026, alors que, de nouveau, le Golfe persique est le théâtre d’une guerre aux conséquences planétaires, l’administration US a pris le temps de déclarer des sanctions à l’égard de généraux rwandais. Le Trésor cible les quatre principaux responsables de la Force de défense du Rwanda (FDR):

  • Vincent Nyakarundi est le chef d’état-major de l’armée de terre de la FDR. Il est un haut commandant des forces terrestres de l’armée rwandaise qui ont mené des opérations militaires en soutien au M23.
  • Ruki Karusisi est général de division et commandant de la 5e division d’infanterie de la FDR. Il était auparavant commandant des forces d’opérations spéciales et supervisait les opérations militaires en soutien au M23.
  • Mubarakh Muganga est le chef d’état-major des armées de la FDR. Avant d’être nommé à ce poste en juin 2023, il occupait le poste de chef d’état-major de l’armée de terre, période durant laquelle il a joué un rôle clé dans la planification des opérations et le commandement des forces rwandaises dans l’est de la RDC.
  • Stanislas Gashugi a été nommé commandant des forces spéciales de la FDR le 15 mars 2025, en remplacement de M. Karusisi.

Le président Trump est très irrité de voir que le M23 et le président Kagame ne s’inclinent pas devant sa volonté d’une paix définitive dans l’est de la RDC. Les sanctions du Trésor US suivent d’ailleurs l’exécution par drones de hauts responsables du M23 sur le territoire de la RDC, dont son porte-parole. À l’aube du 24 février 2026, aux environs de 2 heures du matin, des frappes de drones ont visé un convoi de véhicules du M23 près de Rubaya au Nord-Kivu. À bord se trouvait le colonel Willy Ngoma, porte-parole militaire du mouvement. Le général Sultani Makenga, chef militaire de la rébellion, a aussi été touché et blessé grièvement.

Rubaya n’est pas un point quelconque sur la carte. Cette zone produit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, minerai stratégique pour l’industrie électronique. Depuis 2024, la mine était exploitée par la rébellion. En frappant à proximité immédiate de ce site, l’armée congolaise ne touche pas seulement un adversaire, elle tente de reconquérir le potentiel minier que le président Trump veut désormais gérer, à travers une société de sécurité amie (Erik Prince) et un groupe financier (Orion Critical Mineral). Les dernières attaques de drones contre le M23 et leurs soutiens rwandais ont été facilitées par les  éléments israéliens issus de la société militaire privée d’Erik Prince et déployés à Uvira.

Le retour mercenaire de l’Occident

 Le groupe d’experts des Nations Unies (ici https://docs.un.org/fr/S/2025/446) a remis le 3 juillet au Conseil de sécurité de l’ONU un rapport sur l’engagement des sociétés militaires privées dans l’est de la République Démocratique du Congo. Selon ce document, les sociétés Agemira et Congo Protection (CP) ont fourni un soutien tactique aux Forces Armées de la RDC (FARDC) contre la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda. Environ 120 employés d’Agemira sont toujours déployés à Kinshasa et Kisangani. Leur mission principale concerne la maintenance des drones CH4 et des avions militaires des FARDC.

Mais la révélation la plus explosive concerne un nouveau contrat signé en décembre 2024. Le gouvernement congolais s’est engagé pour cinq ans avec Erik Prince, fondateur de l’ex-Blackwater. L’ancien Navy SEAL, qui a dirigé jusqu’en 2009 la plus grande société militaire privée mondiale, réside actuellement aux Émirats Arabes Unis, base opérationnelle de ses nouvelles activités.

Par le biais d’entreprises basées dans ce pays, Prince propose de sécuriser le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri. Son contrat inclut le déploiement de troupes terrestres et l’utilisation intensive de drones militaires.

L’armée de la République Démocratique du Congo était déjà, depuis plusieurs années, encadrée et formée par des centaines d’instructeurs roumains.  Ils auraient quitté la RDC via le Rwanda fin janvier. On voit de plus en plus les conseillers militaires français qui manœuvrent à présent avec la division parachutiste qu’ils forment péniblement depuis des années. Le président Macron est satisfait de retrouver ainsi une influence diplomatique, militaire et peut-être économique en RDC et au-delà en Afrique centrale. Le Lobito Atlantic Railway est dirigé par un Français qui doit cependant acheter des wagons chinois pour que les trains de l’Occident puissent rouler, car Pékin a assuré le plus gros de la pose des rails entre 2004 et 2014.

L’heure de la jonction ?

L’internationalisation de la guerre contre le M23 et les coups portés au Rwanda interviennent après l’accord signé à Washington entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump en décembre 2025. La mine stratégique de Rubaya figurait dans le volet économique de l’entente conclue dans la capitale fédérale américaine. Au-delà, la partie américaine est pressée de mettre en œuvre sa double priorité en Afrique centrale : contrôler les minéraux critiques et contrer la Chine. La colonne vertébrale de ce programme extractiviste et d’endiguement de la compétition chinoise est, en l’occurrence, le corridor de Lobito.

Ce corridor est d’abord un concept géopolitique qui organise la coalition occidentale du G 7 où Joe Biden et son pays étaient, dès l’origine, dominants. La nervure ferroviaire et routière du corridor existait depuis longtemps à travers le chemin de fer angolais (dit de Benguela) qui s’étendait sur 1300 kms. Le nouveau corridor n’est qu’une série de travaux de réhabilitation et de complémentarité afin de faire la jonction avec la ceinture de cuivre de la République Démocratique Congo (RDC) et de la Zambie. La rentabilité de ce chemin de fer dépendra évidemment du trafic en provenance de la RD Congo.

Capturer les mines de la RD Congo

Aujourd’hui, les 3 millions de tonnes annuelles de cuivre de la RDC sont évacuées par camions et par trains vers les ports de l’Océan indien. Washington entend inverser le sens de ce flux et donc les diriger vers l’Atlantique. C’est ainsi qu’il faut rentabiliser les nouveaux tronçons ferroviaires par la conquête des gisements congolais de cuivre et de minéraux critiques associés. Trump a son bras financier pour cela : le groupe Orion Critical Mineral. Ainsi, l’objectif entrepreneurial de l’administration Trump est directement lié au pacte minier signé à Washington, le 4 février 2026.

Le trader et géant minier Glencore a ensuite officialisé, le 18 février 2026, un accord avec la Gécamines, la société d’État congolaise, pour étendre les capacités de la mine Kamoto Copper Company (KCC). Cette entente sécurise l’accès à de nouveaux terrains, prolongeant l’exploitation du site jusqu’au milieu des années 2040 avec un objectif de 300 000 tonnes de cuivre par an. Cet investissement est intervenu alors que Glencore venait de céder 40 % de ses intérêts dans KCC et Mutanda au consortium américain Orion Critical Mineral, pour une valeur estimée à 9 milliards de dollars US. Malgré ce désengagement partiel, Glencore conservera le contrôle opérationnel des sites, affirmant sa volonté de rester un acteur clé en RDC face à la concurrence chinoise. En consolidant ses actifs tout en s’alliant à des capitaux américains, Glencore renforce la position stratégique du cuivre congolais dans la transition énergétique mondiale et la sécurité des approvisionnements occidentaux.

Le coup de force US

Le corridor,  selon l’ambition US, vise, du coté angolais, à détourner le chemin de fer (dont la construction a commencé en 1902 et s’est achevée en 1931) de Benguela (situé au sud de Lobito)  vers le port de Lobito où se trouve une vaste raffinerie de pétrole. Le vieux chemin de fer de Benguela a servi jadis d’artère centrale pour l’exportation des minerais du Congo belge avant que l’activité ne décline fortement durant la guerre civile angolaise. Avec la nouvelle donne minéralière,  il faut pousser, à présent, le plus loin possible vers le bassin cuprifère de la RDC et de la Zambie.

Les efforts de réhabilitation engagés au début des années 2000 ont permis de rétablir la continuité opérationnelle et de faire du corridor une route logistique moderne structurée autour de l’intégration rail–port.

Les investissements occidentaux vont surtout se concentrer à partir de Kolwezi pour gagner la voie de sortie vers l’ouest et permettre le désengagement des ports de l’est où les Chinois détiennent les couloirs d’évacuation.

Endiguer la Chine ?

Sous l’appellation de corridor de Lobito, agit le tandem inégal de l’Union européenne (UE) et des États-Unis (EU) qui veut rivaliser avec la Chine pour l’accès aux matières premières essentielles à la transition écologique mondiale. Bien entendu, l’administration Trump a abandonné la dimension de transition énergétique et écologique, tandis que le compétiteur chinois développe au contraire toute sa stratégie africaine sur ces deux piliers.

C’est pour cela qu’au sein de l’enclave géopolitique et sécuritaire du corridor de Lobito, il existe deux projets différents : une ligne ferroviaire de type Brownfield[1] reliant Lobito (Angola) à Kolwezi (RDC) et une ligne ferroviaire de type Greenfield reliant Lobito (Angola) à Chingola (Zambie), avec l’objectif à long terme de relier la ligne Greenfield à la ligne Tazara existante qui se termine à Dar es Salaam. La viabilité commerciale, en particulier de la ligne Greenfield de chemin de fer, reste incertaine et c’est bien pour cela que les États-Unis n’entendent pas y investir. En effet, alors que la rhétorique géopolitique met l’accent sur la concurrence, la mise en œuvre du corridor du côté de l’UE présente plusieurs défis. Tout d’abord, malgré plusieurs annonces, l’infrastructure du corridor, y compris le chemin de fer Greenfield, et les projets connexes ne bénéficient pas d’investissements suffisants pour atteindre les objectifs ambitieux annoncés. Deuxièmement, la présence substantielle de la Chine dans les secteurs de l’exploitation minière et des infrastructures de la région rend l’idée de la combattre et même de  la concurrencer encore plus complexe. Au lieu de présenter une alternative, les entreprises européennes et américaines s’intègrent fréquemment dans les investissements et les chaînes d’approvisionnement chinoises existantes et en expansion. Cette imbrication des intérêts commerciaux rendra difficile l’établissement de chaînes d’approvisionnement occidentales et chinoises séparées et distinctes.

Au-delà du corridor

Le cuivre est devenu un produit fini chinois car chaque mois, les usines de la République Populaire de Chine en raffinent un million de tonnes. À partir du drainage du cuivre de Zambie et de RDC et en y rajoutant le recyclage, la Chine s’est imposée comme le premier producteur des fils de cuivre utilisés dans les data center, pour l’électricité et les batteries des véhicules. Les prix du cuivre et de l’acide sulfurique (un sous-produit utile pour faire les engrais) ne cessent d’augmenter et pèsent sur la balance commerciale des États-Unis, d’autant plus qu’ils font l’objet de droits de douane.

Redécouvrir la roue

L’engagement des États-Unis pour obtenir les minerais critiques, dont le cuivre, est devenu plus opérationnel à mesure que la maîtrise de toutes les étapes des chaînes d’approvisionnement gagnait en importance stratégique. La coopération avec la République Démocratique du Congo et les partenaires régionaux s’est de plus en plus concentrée sur des infrastructures facilitant le commerce des minéraux critiques, au-delà du seul affichage politique. Le prêt de 553 millions de dollars pour le chemin de fer du corridor de Lobito, accordé par la U.S. International Development Finance Corporation, illustre ce basculement vers un financement de long horizon des infrastructures logistiques d’exportation comme composante d’une stratégie de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Pour les gouvernements de la région, l’engagement dans le corridor reflète un positionnement stratégique au sein du système de production minéralière en expansion. Pour l’Angola, le corridor consolide le port de Lobito comme  porte d’entrée et de transit desservant en essence, carburants et biens d’équipements miniers au-delà de son arrière-pays national. Pour la République Démocratique du Congo et la Zambie, il introduit une route d’évacuation atlantique supplémentaire et bientôt majeure aux côtés des corridors existants, à mesure que les volumes de la Copperbelt augmentent. La participation de la Development Bank of Southern Africa au financement du corridor s’inscrit dans cette logique régionale, conformément à son mandat de soutien aux infrastructures transfrontalières présentant une pertinence économique à grande échelle.

Connivence ou déflagration

La bataille que mène Washington est d’abord politique. La victoire apparente de la force d’Erik Prince sur le M23 le montre bien. Elle concrétise la mainmise extractiviste de Washington sur la RDC et l’empiètement sur les plates-bandes chinoises dans la région.

Trump profite des acquis de son prédécesseur Biden, qui est parvenu à décrocher l’Angola de la prééminence chinoise. La longue guerre civile angolaise (1975-2002) avait entrainé la destruction du chemin de fer de Benguela et donc l’arrêt du passage des minéraux du centre de l’Afrique par l’Atlantique. Les Chinois avaient réalisé, bien avant, un chemin de fer de 1860 kilomètres reliant la Copperbelt zambienne aux ports de l’Océan indien.

En 2026, il aurait été plus intéressant de relier Lobito à l’Océan indien en faisant une jonction entre le corridor de Lobito et le Tanzam. Ce ne sera pas le cas. Avec la destruction du chemin de fer colonial de Benguela, le Tanzam était devenu, ce dernier quart de siècle, l’artère principale de déversement des minéraux vers l’est et particulièrement en direction de la Chine. Joe Biden, malgré l’importance des investissements et des prêts chinois en faveur de l’Angola (au moins 45 milliards USD), a convaincu l’Angola de devenir le gardien des intérêts américains en Afrique centrale et australe.

Le corridor de Lobito qui, dans sa partie angolaise, doit tant au capital et au labeur chinois de 2004 à 2014,est finalement récupéré par Washington.  Il traduit sur le plan géopolitique ce regain de l’influence américaine et le déclin de Pékin à Luanda, en plus d’être un atout majeur de Donald Trump dans son projet minier et antichinois.

Alors que le modèle chinois de corridor présentait encore un caractère très peu libéral, celui des Américains, d’apparence ouvert et dynamique, a attiré les affairistes angolais. Ce sera plus difficile pour les intérêts de RDC, encore largement contrôlés par l’État à travers le puissant groupe Gécamines, de se fondre dans la logique extractiviste et capitaliste d’outre-Atlantique. De plus, la stabilité des alliances entre partenaires financier et opérationnels des programmes des États-Unis n’est pas assurée.

Guerre des traders ?

Des tensions entre les parties prenantes commencent à se faire jour à travers les montages financiers et le choix des opérateurs du corridor de Lobito. Initialement, l’engagement des États-Unis autour des minerais critiques passait par Ivanhoe Mines Ltd, propriétaire de Kamoa-Kakula, et le négociant en matières premières Trafigura Group qui ont d’ailleurs signé un accord pour transporter leur cuivre par voie ferrée de la RDC vers le port angolais de Lobito. Cet accord à long terme était le premier à structurer le projet ferroviaire stratégique soutenu par le gouvernement américain. On proclamait que le corridor de Lobito permettrait de réduire à moins d’une semaine le trajet vers les ports de l’Atlantique, plus proches des États-Unis et de l’Europe. 

Trafigura fait partie du consortium qui a obtenu une concession de 30 ans pour l’exploitation de la voie de Lobito. Les concessionnaires, parmi lesquels figurent aussi Mota-Engil et Vecturis, sont supposés porter la capacité d’exportation de la ligne ferroviaire à un million de tonnes par an d’ici la fin de la décennie, avait indiqué Trafigura dans un communiqué cité par Bloomberg. Mais aujourd’hui la capacité d’exportation de Trafigura sur la ligne de Lobito n’atteint pas les 450 000 tonnes promises à partir de 2025.

Le groupe suisse Glencore semble à présent éclipser son concurrent Trafigura. Il a signé début 2026 un protocole d’accord pour céder 40 % de ses parts dans les mines de Mutanda mining et de Kamoto Copper Company, en République démocratique du Congo, au groupe américain Orion Critical Mineral Consortium (qui est soutenu par la U.S. International Development Finance Corporation). Les mines de Mutanda Mining et de Kamoto Copper Company sont des producteurs industriels majeurs de cuivre et de cobalt en RDC. Elles jouent aussi un rôle central dans l’offre mondiale de ces métaux très convoités pour la fabrication des véhicules électriques, car la RDC assure environ 74% de la production mondiale de cobalt et  6 % de celle de cuivre.

La lorgnette US

L’opération est présentée par Glencore  comme un prolongement du partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo sur les minerais critiques. Le vice-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, souligne, lui, que cette transaction s’inscrit dans le cadre des objectifs des Accords de Washington, visant à « encourager un renforcement des investissements américains dans le secteur minier de la RDC » et à « garantir des flux fiables et stratégiques de minerais essentiels entre les États-Unis et la RDC».

 

[1] Les projets d’infrastructures Greenfield sont développés ex nihilo alors que les projets Brownfield reposent sur des infrastructures existantes, ces investissements sont réalisés via des fonds non cotés dédiés au financement d’actifs stratégiques.

 

 

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L’Union africaine contre le « blanchiment » des coups d’État https://mondafrique.com/limage-du-jour/union-africaine-mise-en-garde-contre-le-blanchiment-des-coups-detat/ Mon, 16 Feb 2026 11:51:22 +0000 https://mondafrique.com/?p=147238 Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché […]

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Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché des positions fortes sur plusieurs crises du continent. Mais au-delà des volets diplomatiques et économiques, l’une de ses déclarations a particulièrement retenu l’attention.

Soudan, RDC, Somaliland : des prises de position claires

Sur le Soudan, il s’est montré alarmiste, évoquant « une crise humanitaire sans précédent », avec « des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et la destruction d’infrastructures essentielles ». Il a appelé la communauté internationale à regarder « cette catastrophe en cours » et insisté sur la nécessité de protéger les civils et d’aider les Soudanais à retrouver « la voie juste vers la paix, la concorde et la réconciliation nationale».

Concernant la République démocratique du Congo, il a dit observer « avec inquiétude la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire », évoquant l’occupation de nouvelles positions par le M23 et l’installation d’une administration parallèle. Pour lui, il est « vital et urgent » de lancer un dialogue inter-congolais, présenté comme une étape essentielle vers la réconciliation nationale et une paix durable.

Il a également pris une position très claire sur le Somaliland, réaffirmant « la position ferme de l’Union africaine qui rejette toute initiative visant à reconnaître le Somaliland comme entité indépendante ». Une telle reconnaissance, a-t-il dit, violerait les principes de l’UA et la règle de l’intangibilité des frontières héritées des indépendances. Il a martelé que « la préservation de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de la stabilité de la Somalie est non négociable ».

Oligui Nguema et Mamadi Doumbouya dans le viseur

Cependant, la partie de son discours qui a le plus fait réagir concerne sa dénonciation du « blanchiment des coups d’État ». Pour le président angolais, le passage par les urnes « ne signifie pas que l’ordre constitutionnel est rétabli dès lors que les auteurs d’un coup d’État organisent des élections et se font élire ». Selon lui, c’est « une forme de blanchiment d’un acte entaché d’illégitimité ».

Il a prévenu que cela ne devait pas devenir « une nouvelle norme d’accès au pouvoir », car ce serait « une manière indirecte d’encourager les coups d’État ». S’il ne cite personne nommément, ses propos font clairement référence à la Guinée Conakry et au Gabon, où les putschistes ont organisé des élections et ont ensuite été réintégrés dans les institutions africaines.

 

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Les civils sont en danger dans l’est de la RD Congo https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-civils-sont-en-danger-dans-lest-de-la-rd-congo/ Thu, 05 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146499 Dans son Rapport mondial 2026, publié le 4 février, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur les dangers auxquels sont exposés les civils dans l’est de la RD Congo ainsi que sur la répression de l’espace civique observée en Afrique centrale.  «Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre […]

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Dans son Rapport mondial 2026, publié le 4 février, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur les dangers auxquels sont exposés les civils dans l’est de la RD Congo ainsi que sur la répression de l’espace civique observée en Afrique centrale. 

«Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre des civils sont devenus monnaie courante dans le conflit qui frappe l’est de la République démocratique du Congo», écrit l’organisation. « Les populations des pays d’Afrique centrale ont été confrontées à des risques croissants au cours de la dernière année, qu’il s’agisse d’attaques ou de déplacements forcés dans l’est de la RD Congo ou de la suppression des droits fondamentaux ailleurs dans la région », a expliqué Lewis Mudge
, directeur pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch. « Les organismes régionaux et internationaux doivent inciter les gouvernements d’Afrique centrale à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. »

Conflit armé et élections 

Le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est de la RD Congo, où le M23 a commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles. L’armée congolaise et ses alliés Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés, ont également commis des crimes de guerre.

En République centrafricaine et au Burundi, c’est la période précédant les élections locales et législatives au Burundi et présidentielles en République centrafricaine qui a été marquée par des abus. Dans les deux pays, les candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter. Au Burundi, les électeurs ont été intimidés et ont subi des pressions lors du vote.

Dans les quatre pays, les autorités ont réprimé les médias, la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique. En RD Congo, les autorités et le M23 ont tous deux pris pour cible des journalistes, des contestataires et des activistes. Un tribunal militaire a condamné l’ancien président Joseph Kabila à la peine capitale par contumace pour des chefs d’inculpation motivés par des raisons politiques. Au Rwanda, la cheffe de l’opposition Victoire Ingabire a de nouveau été arrêtée dans le cadre d’un procès en cours contre des membres de son parti.

« Briser la déferlante autoritaire dans le monde »

Les mécanismes de justice internationale ont fait des progrès significatifs en Afrique centrale en 2025. La Cour pénale internationale a reconnu deux chefs de milices anti-balaka coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité perpétrés en République centrafricaine. Roger Lumbala, ancien chef rebelle et ministre congolais accusé de crimes contre l’humanité commis en RD Congo, est, lui, jugé en France.

Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Pour le directeur exécutif, Philippe Bolopion, briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

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Flambée des violences sexuelles liées au conflit en RDC https://mondafrique.com/decryptage/flambee-des-violences-sexuelles-liees-au-conflit-en-rdc/ Tue, 13 Jan 2026 05:39:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145119 Human Rights Watch dénonce, dans un communiqué diffusé le 12 janvier, une augmentation des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, de la part de tous les belligérants.  L’organisation de défense des droits humains affirme que « les violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique […]

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Human Rights Watch dénonce, dans un communiqué diffusé le 12 janvier, une augmentation des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, de la part de tous les belligérants. 

L’organisation de défense des droits humains affirme que « les violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo se sont intensifiées, tandis que le soutien aux survivantes a considérablement diminué », notamment suite aux coupes budgétaires américaines dans l’aide humanitaire. « Le M23 soutenu par le Rwanda, d’autres groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre, alors que les survivantes sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner », accuse Human Rights Watch, qui demande à l’armée congolaise de « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter la discipline » en son sein « afin de prévenir les violences sexuelles » et aux autorités d’appuyer les enquêtes et d’encourager les poursuites contre les auteurs des crimes.

En partenariat avec l’organisation congolaise de défense des droits des femmes Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), Human Rights Watch publie les résultats d’une enquête qui établit la responsabilité d’au moins cinq groupes armés non étatiques ainsi que de l’armée congolaise. « Les groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre dans l’est de la RD Congo », a déclaré Ida Sawyer, directrice de la division Crises et conflits. « Les survivantes de ces crimes atroces sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner. »

En novembre 2025, les deux organisations ont interviewé 23 survivantes de violences sexuelles dans le nord-est de la RD Congo ainsi que quatre survivantes congolaises ayant fui en Ouganda l’est de la RDC. Elles ont également échangé avec les autorités provinciales congolaises de la santé et de la justice ainsi que des organisations nationales et internationales qui fournissent une assistance aux survivantes.

Grossesses et contaminations au VIH 

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a signalé plus de 80 000 cas de viol dans l’est de la RDC entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32% par rapport à la même période en 2024. En parallèle, les coupes soudaines dans le financement de l’aide et la fermeture de l’USAID ordonnées par Donald Trump début 2025 ont brusquement mis fin aux soins médicaux d’urgence et à d’autres formes de soutien pour des milliers de survivantes. Beaucoup ont contracté le VIH ou des grossesses non désirées alors que les cliniques et les hôpitaux de la région étaient à cours de kits de prophylaxie post-exposition auparavant fournis par des projets financés par les États-Unis. Ces kits doivent être administrés dans les 72 heures suivant l’exposition pour prévenir le VIH et la grossesse.

 

 

 

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Musiques d’Afrique (3/5) : Quand la rumba congolaise danse avec le pouvoir https://mondafrique.com/loisirs-culture/musiques-dafrique-quand-la-rumba-congolaise-danse-avec-le-pouvoir/ Tue, 02 Jul 2024 02:47:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=104456 La rumba congolaise, qui fait vibrer dans les rues des villes des deux Congos depuis plus de 70 ans, est intimement liée à la politique. Depuis son apparition dans l’entre deux guerres, elle a joué un rôle significatif en accompagnant la vie de la société de l’indépendance jusqu’à aujourd’hui. Après avoir défié en musique le […]

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La rumba congolaise, qui fait vibrer dans les rues des villes des deux Congos depuis plus de 70 ans, est intimement liée à la politique. Depuis son apparition dans l’entre deux guerres, elle a joué un rôle significatif en accompagnant la vie de la société de l’indépendance jusqu’à aujourd’hui. Après avoir défié en musique le pouvoir colonial et avoir chanté l’indépendance, les artistes de rumba congolaise ont dû naviguer avec prudence entre un rôle de caisse de résonance des difficultés socio-économique de la population et une déférence auprès des puissances politiques et financières. 

Afrique Caraïbe Aller-Retour

Pendant l’entre deux guerres des disques de musique afro-cubaine – les fameux  “G.V. Series, produits à la Havane sont introduits dans le pays  par des marchands grecs et vont créer un engouement considérable pour cette musique  transatlantique qui sonnait d’autant mieux à l’oreille dès qu’elle avait elle-même des origines africaines avec, à sa base, le rythme fondateur de la clave.

La rumba congolaise va immédiatement se différencier de  sa cousine américaine. Dans un article intitulé Les temps de la musique populaire congolaise (1), Bob White explique que c’est surtout  l’importance moindre des percussions et la prédominance de la guitare qui distingue au premier chef  la rumba congolaise de sa cousine américaine. “ La complexité des nuances sonores du jeu de guitare congolais, écrit-il,  confère à cette musique un son incomparablement moderne”.
Après la seconde guerre mondiale,  cette musique qu’on dit alors “moderne”, pour la distinguer de la musique traditionnelle et de la musique religieuse, se diffuse en RDC comme une traînée de poudre, à la faveur notamment de l’absence au Congo d’une tradition de griots limitant la pratique de la musique à une caste particulière. Dans l’ atmosphère urbaine de  Kinshasa qu’on appelle alors “l’Ambiance”, la rumba congolaise, chantée de plus en plus en langue locale, va traverser les frontières et devenir la première musique populaire panafricaine.

Un esprit de liberté souffle dans la ville indigène

Dans les années 50 la ségrégation la plus stricte s’applique à Léopoldville. “La ville européenne qui se situe dans les hauteurs est séparée par un cordon policier de la “ville indigène” où vivent ceux “d’en bas”. Or c’est là qu’une vie culturelle intense va se développer librement en offrant une vie auparavant réservée uniquement aux européens. Un vent de liberté avant l’indépendance souffle dans la ville. Les bars, les cinémas, les orchestres, vont se multiplier et créer cette “culture de l’ambiance” – qui fait encore aujourd’hui la réputation de Kinshasa.
C’est dans ces conditions que  le premier tube de la rumba congolaise voit le jour en 1948 : Marie Louise de  Wendo Kolosoy dit Papa Wendo. Le succès est immédiat. La chanson qui parle de la beauté d’une femme et de sa séduction fait beaucoup chanter et danser. Considérée comme corruptrice des mœurs, la chanson sera condamné par l’Église.

Indépendance cha cha

Dans les années 50,  pendant l’ère de Papa Wendo, de nombreux orchestres vont se former , à commencer par l’ OK Jazz de Franco Luambo  et par son concurrent l’African Jazz de Joseph Kabasele, dit grand Kallé.
Joseph Kabasele laissera son nom à la postérité en chantant  : “Indépendance cha cha” (1960).  La chanson est composée à Bruxelles en janvier 1960 pendant que se tient la table ronde qui doit décider de l’avenir du Congo belge. Le parolier y intègre plusieurs langues, le lingala, le tshiluba, le kikongo, et aussi le français. La chanson rapidement enregistrée va résonner très loin au-delà des frontières, grâce à l’émetteur le plus puissant d’Afrique qui est installé Léopoldville. Elle devient la chanson des indépendances pour tous les peuples d’Afrique. 

L’ironie du sort fera  de du Grand Kallé un exilé : partisan de Patrice Lumumba , il devra  après l’assassinat  de ce dernier (17 juin 1961) quitter la République Démocratique du Congo et s’installer à Paris pour y continuer sa carrière.


Le sorcier et le musicien

Franco (François Luambo Luanzo Makiadi, 1938-1989) en revanche deviendra le chantre du régime autoritaire de Joseph Désiré Mobutu (1930-1997) qui le lui rendra bien en lui accordant le titre de “grand maître de la musique zaïroise” et en lui permettant de devenir un homme d’affaires. Quoi qu’on en dise, il n’avait pourtant pas manqué de courage. En 1958 sa chanson Mukoko est interdite à cause de ses allusions à la colonisation. Il risque même sa peau en 1966 avec sa chanson Luvumbu Ndoki, censurée par la police secrète de Mobutu et dont la plupart des copies sont détruites. Car Luvumbu est un sorcier mythique qui n’hésite pas à sacrifier les membres de sa famille pour rester au pouvoir. Or le régime vient de faire pendre, le 1er juin 1966 sur la place publique, quatre hommes politiques congolais (dont l’ex-Premier ministre Evariste Kimba). On les appellera les Martyrs de la Pentecôte. Un fort avertissement qui va conduire Franco à être beaucoup plus conciliant avec le nouveau régime qui va durer 32 ans.


Il n’y a pas d’amour heureux

Sous la longue dictature de Mobutu (1965 – 1997), le pouvoir peut faire et défaire la carrière d’un artiste :  elle peut être favorisée si l’artiste prend soin de défendre les valeurs du parti unique et glorifier le chef de l’Etat. Mais elle peut être brisée au moindre écart. Or la situation semble vraiment difficile pour les artistes de musique moderne qui chantent à longueur de temps la vie difficile et les griefs des “gens d’en bas” qui ne bénéficient pas des largesses du régime.

Car si la rumba congolaise chante d’abord l’amour, le désir, la beauté d’une femme ou la tristesse d’une séparation, elle ne chante pas que cela, loin de là. Elle est une sorte de  chronique des difficultés sociales et économiques qui rendent difficile l’amour. Dans la rumba congolaise comme dans le poème d’Aragon,  il n’y a pas d’amour heureux tout simplement parce que les conditions d’existence dignes ne sont pas réunies pour rendre possible un amour véritable.

“Les paroles ayant trait aux relations hommes-femmes, écrit Bob White (1) nous donnent une idée des contraintes familiales et du poids des traditions, de la difficulté à joindre les deux bouts et de la nature arbitraire du pouvoir dans une région qui compte énormément de ressources naturelles mais qui reste pourtant gangrenée par une logique de prédation, d’extraction et une gouvernance autoritaire.” 

 

La rumba exutoire de la colère sociale

Mobutu va laisser le mécontentement du peuple s’exprimer à travers les chansons. Après tout, une chanson est moins dangereuse qu’une révolte ou que le multipartisme! Et il faut bien un exutoire ou le mécontentement puisse s’exprimer. Cet exutoire sera la Rumba. C’est en tout cas l’analyse de la chercheuse Camille Dugrand à propos de la relation de que Franco entretien avec la critique sociale dans un article intitulé “Politique de la Rumba congolaise” (2) : “Franco, écrit-elle, certes, célèbre la fierté nationale, mais il chante et commente surtout les tourments quotidiens des citadins kinois. Amour, mariage, infidélité, délinquance, les thèmes de ses chansons évoquent en creux la portée des difficultés socio-économiques dans la vie des Kinois de la rue dans une société marquée par la précarité, l’autoritarisme, la corruption et la gabegie financière. Le Franco chroniqueur des difficultés sociales est toléré tant qu’il ne contrarie pas les projets d’un Mobutu qui, semble-t-il, y trouve son compte : l’expression prêtée à « ceux d’en bas » par le musicien n’est-elle pas utile, finalement, pour détourner et soulager l’exaspération d’un peuple dont le régime autoritaire réprime toute parole ?”
La prudence pour les musiciens consiste à savoir doser la critique pour ne pas risquer la censure. Franco lui-même dérape en 1978 pour deux chansons jugées obscènes qui le mènent un mois en prison.

Des musiciens au service des Présidents

Il faut l’admettre que cette fonction de soupape de sûreté du mécontentement populaire  que représente la Rumba est aller trop souvent de pair avec un soutien au pouvoir.
Il est vrai qu’avec une industrie du disque défaillante, minée par la piraterie avant l’apparition des plateformes, et une collecte des droits d’auteur très inefficace, il est difficile pour les musiciens de vivre de leur industrie. A cet égard le “libanga”, ce procédé introduit dans les années 80, qui consiste à rendre hommage aux sponsors et aux puissants, en échange d’une rémunération ou d’un service, et qui répond en effet aux difficultés économiques rencontrées, explique que beaucoup de musiciens congolais ont du mal à trouver une juste distance avec le pouvoir.
Et c’est ainsi qu’en République Démocratique du Congo les musiciens soutiennent ouvertement et souvent en chanson, le candidat sortant à chaque élection. Félix Tshisekedi a embarqué ainsi dans son équipe de campagne pour les élections présidentielles de décembre 2023 beaucoup de musiciens de rumba congolaise, et pas des moindres, qui chantent sur le clip officiel.

Cette compromission avec le pouvoir se paye par une diffusion à l’étranger rendu plus difficile de la rumba congolaise par les “Combattants”, un groupe  diffus d’activistes de la diaspora, qui mène depuis 2006 des actions violentes pour empêcher les artistes congolais compromis avec le pouvoir de se produire en concert en Europe. 

Eddy Narbal

(1) Bob White, Les temps de la musique populaire congolaise, in Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko, Édition Fondation Cartier pour l’art contemporain

(2) Camille Dugrand, La rumba congolaise et la politique in Revue du Crieur, 2016, numéro 3, éditions La Découverte

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RD Congo : le journaliste Stanis Bujakera, prisonnier politique https://mondafrique.com/confidentiels/rd-congo-le-journaliste-stanis-bujakera-prisonnier-politique/ Tue, 13 Feb 2024 09:12:20 +0000 https://mondafrique.com/?p=104440 Le journaliste le plus suivi du pays détenu dans un dossier éminemment politique (Kinshasa, 2 février 2024) –  Les autorités de la République démocratique du Congo devraient immédiatement libérer sans condition le journaliste de renom Stanis Bujakera et abandonner les poursuites engagées contre lui, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Bujakera est détenu depuis le 8 septembre 2023, d’abord en […]

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Le journaliste le plus suivi du pays détenu dans un dossier éminemment politique

(Kinshasa, 2 février 2024) –  Les autorités de la République démocratique du Congo devraient immédiatement libérer sans condition le journaliste de renom Stanis Bujakera et abandonner les poursuites engagées contre lui, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Bujakera est détenu depuis le 8 septembre 2023, d’abord en garde à vue puis à la prison centrale de Makala à Kinshasa.

Les autorités ont accusé Stanis Bujakera d’avoir fabriqué et distribué une fausse note des services de renseignement affirmant que les services de renseignement militaire congolais avaient tué un cadre de l’opposition, Chérubin Okende. Cette note de deux pages est à la base d’un article publié dans Jeune Afrique dont Stanis Bujakera n’est pas l’auteur. Le 2 février 2024, un tribunal de Kinshasa devrait se prononcer sur la nomination de nouveaux experts chargés d’authentifier la note.

« Près de cinq mois après l’arrestation de Stanis Bujakera par les autorités congolaises, l’affaire semble de plus en plus motivée par des considérations politiques et s’inscrit dans un cadre de répression contre les médias », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RD Congo à Human Rights Watch. « Les autorités devraient immédiatement abandonner toutes les poursuites engagées contre Stanis Bujakera, le libérer et veiller à ce que les journalistes puissent faire leur travail sans craindre d’être arrêtés ou harcelés par la justice. »

Stanis Bujakera, 33 ans, est directeur adjoint du média en ligne congolais Actualite.cd. Il est également reporter pour Jeune Afrique et l’agence de presse internationale Reuters. Il est le journaliste le plus suivi du pays sur les réseaux sociaux.

La police l’a arrêté le 8 septembre à l’aéroport de Ndjili à Kinshasa alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol. D’abord placé en garde à vue, il a ensuite été transféré en prison le 14 septembre après avoir été inculpé de « propagation de faux bruits », « faux en écriture », « falsification des sceaux de l’État » et « transmission de messages erronés et contraires à la loi ». Il risque jusqu’à 10 ans de prison selon ses avocats.

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D’une mission d’observation à l’autre, le ballet malgache de l’Union africaine   https://mondafrique.com/a-la-une/dune-mission-dobservation-electorale-a-lautre-le-ballet-malgache-de-lunion-africaine/ Fri, 15 Dec 2023 21:59:44 +0000 https://mondafrique.com/?p=101710 Les missions d’observation électorale sont, pour l’Union africaine (UA), un outil diplomatique. Après le déploiement d’une mission peu complaisante à Madagascar pour le scrutin tendu et contesté du 16 novembre, l’organisation continentale adresse un pied de nez au nouveau Président malgache par la composition de celle qui jugera, dans une semaine, du scrutin présidentiel en […]

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Les missions d’observation électorale sont, pour l’Union africaine (UA), un outil diplomatique. Après le déploiement d’une mission peu complaisante à Madagascar pour le scrutin tendu et contesté du 16 novembre, l’organisation continentale adresse un pied de nez au nouveau Président malgache par la composition de celle qui jugera, dans une semaine, du scrutin présidentiel en République démocratique du Congo.

Olivier Vallée

En composant sa mission d’observation pour les élections présidentielles à Madagascar, le 16 novembre, l’Union africaine n’a pas lésiné sur les moyens. Conduite par l’ancienne Présidente de la Transition de la République Centrafricaine, Catherine Samba-Panza et l’ambassadeur Patrice Eugene Curé, représentant le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), venu de la République de l’Île Maurice, et rehaussée, enfin, par Bankole Adeoye, le commissaire aux Affaires Politiques, Paix et Sécurité de l’UA en personne, la mission était composée de 70 observateurs de court terme provenant de tout le continent.

Si elle s’est officiellement félicitée de la tenue du scrutin «dans une atmosphère calme et paisible en dépit du boycott d’une frange de l’opposition», elle a asséné plusieurs critiques dans sa déclaration préliminaire publiée au lendemain de l’élection. Elle a regretté «le manque de consensus autour du fichier électoral», déploré l’absence de compromis au sein de la classe politique malgache à l’origine «de la division de la classe politique, des manifestations et de la violence et le refus par dix des 13 candidats de prendre part à la campagne électorale, ce qui a privé l’électorat malgache d’une campagne plus inclusive.»  Enfin, elle a regretté «le manque d’engouement des électeurs» et «exhorté les autorités, les acteurs politiques et autres parties prenantes du processus électoral à créer un cadre propice au dialogue afin de décrisper le climat politique.»

Dans le ballet réglé des précautions diplomatiques de l’UA, chaque mot de Catherine Samba-Panza était pesé. Ces mots-là ne sont pas en faveur d’Andry Rajoelina. Le Président sortant réélu dès le premier tour n’a d’ailleurs pas réservé un accueil chaleureux aux diplomates.

Pied de nez diplomatique

C’est à cette lumière qu’il faut lire la nomination imminente, à la tête de la mission d’observation électorale en République démocratique du Congo, d’un rival d’Andry Rajoelina, l’ancien Président Hery Rajaonarimpiainina, battu le 16 novembre dernier dès le premier tour,  flanqué d’Alain Djacoba Tehindrazanarivelo, très actif ces derniers mois au sein de la plate-forme mêlant contestation de l’élection et plaidoyer en faveur d’un gouvernement d’union nationale animée par la présidente de l’Assemblée nationale Christine Razanamahasoa.

En marge de l’élection présidentielle malgache, la présidente de l’Assemblée nationale, personnalité de l’église luthérienne dans le pays, s’est entretenue en tête-à-tête avec Catherine Samba-Panza et elle a fait part à toutes les missions d’observation de son inquiétude sur l’impartialité du scrutin.

Le tandem malgache désigné par l’UA est équilibré du fait de leurs régions d’origine : l’ex-président vient des hauts-plateaux et Alain Djacoba Tehindrazanarivelo est depuis longtemps une figure « côtière ». Il a vécu en France lors de la grande crise traversée par Madagascar en  2002 lors de l’affrontement entre Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana.

Les deux hommes sont bien perçus par le Quai d’Orsay, débordé par la hargne antifrançaise qui monte à l’occasion de l’investiture, ce samedi, du Président malgache. Paris a décidé de ne pas envoyer de délégation, de même que la République Sud-Africaine, mais pas pour les mêmes raisons. La puissance régionale se heurte à Andry Rajoelina depuis son coup d’État de 2009. Ce dernier a battu froid au général de brigade Godfrey Miyanda, ancien vice-président de la République de Zambie et chef de la mission d’observation électorale de l’organisation régionale de l’Afrique australe, la Southern African Development Community (SADC), dont Madagascar est membre. L’organisation régionale s’inquiète de ce que la Grande Ile bafoue ouvertement ses principes d’indépendance à l’égard des ex-puissances coloniales et un formalisme démocratique emprunté à la Grande-Bretagne. La question malgache a été hissée au plus haut niveau de l’organisation sous la houlette du Président zambien qui préside actuellement la troïka de l’organe de coopération en matière de politique, défense et sécurité (Zambie, Namibie et Tanzanie). La troïka est mécontente de l’attitude d’Andry Rajoelina et les chefs d’État des trois pays ont boudé ses invitations à la cérémonie d’investiture.

Andry Rajoelina a hanté lui-même la COP 28 pour rencontrer les chefs d’État de la SADC présents. Comme le Président français, ils ont invoqué un emploi du temps trop chargé. Des amis francophones du Président Macron seront là cependant pour l’investiture. Il s’agit de Macky Sall, président du Sénégal et d’Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire.

L’UA enveloppe son astuce d’une pincée de piment, comme on dit à Abidjan, en choisissant, pour observer dans quelques jours l’honnêteté des élections de RDC, deux Malgaches opposants pondérés du  Président Rajoelina qui ne s’embarrasse pas de précautions pour mépriser la SADC.

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Revue de presse de Navarro (22-09), les juntes militaires à l’épreuve du pouvoir! https://mondafrique.com/international/notre-revue-de-presse-22-09-les-juntes-militaires-a-lepreuve-du-pouvoir/ https://mondafrique.com/international/notre-revue-de-presse-22-09-les-juntes-militaires-a-lepreuve-du-pouvoir/#comments Sat, 23 Sep 2023 07:52:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=97148 Voici la revue de presse Afrique signée Norbert Navarro, ex-rédacteur en chef de Radio France internationale (RFI) qui a rejoint Mondafrique en ce début d’année. Une voix chaleureuse et familière que tous les Africains connaissent et reconnaissent. Dans cette troisième édition de la revue de presse Afrique que Norbert Navarro livre sur notre site, il […]

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Voici la revue de presse Afrique signée Norbert Navarro, ex-rédacteur en chef de Radio France internationale (RFI) qui a rejoint Mondafrique en ce début d’année. Une voix chaleureuse et familière que tous les Africains connaissent et reconnaissent.

Dans cette troisième édition de la revue de presse Afrique que Norbert Navarro livre sur notre site, il est question notamment de quatre sujets : la création d’une alliance militaire entre le Burkina-Faso, le Mali et le Niger ; le portrait du nouveau patron de l’agence nationale de renseignements (ANR) en République démocratique du Congo, mais aussi les situations au Gabon ou encore au Niger. 

 

La revue de presse de Robert Navarro (15-09): un nouveau coup d’état au Niger?

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RD Congo : Répression contre l’opposition avant les élections https://mondafrique.com/confidentiels/rd-congo-repression-contre-lopposition-avant-les-elections/ Wed, 23 Aug 2023 14:24:14 +0000 https://mondafrique.com/?p=95121 Les autorités restreignent sévèrement les libertés fondamentales et arrêtent des dirigeants politiques (Kinshasa, le 22 août 2023) – Depuis mai 2023, les autorités de la République démocratique du Congo ont pris pour cible des dirigeants de partis politiques d’opposition, en restreignant leurs libertés fondamentales et en arrêtant des cadres de partis, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. […]

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Les autorités restreignent sévèrement les libertés fondamentales et arrêtent des dirigeants politiques

(Kinshasa, le 22 août 2023) – Depuis mai 2023, les autorités de la République démocratique du Congo ont pris pour cible des dirigeants de partis politiques d’opposition, en restreignant leurs libertés fondamentales et en arrêtant des cadres de partis, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

La répression se déroule dans un contexte de tensions politiques accrues avant le démarrage officiel, le 19 novembre, de la campagne pour l’élection présidentielle. Les élections générales sont prévues pour le 20 décembre. En vertu du droit régional et international relatif aux droits humains, les autorités congolaises sont tenues de garantir les droits à la liberté d’expression, d’association, de réunion pacifique et de circulation. Les autorités devraient mettre fin aux arrestations arbitraires et respecter pleinement le droit des personnes détenues à une procédure régulière et à un procès équitable.

« La récente vague d’arrestations et de restrictions des libertés fondamentales par les autorités congolaises vise les candidats à l’élection présidentielle issus de l’opposition et leurs dirigeants », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal de Human Rights Watch sur la RD Congo. « Le gouvernement devrait veiller d’urgence à ce que ces candidats, leurs partisans et tous les Congolais-e-s puissent librement exprimer leurs opinions et organiser des manifestations pacifiques avant les scrutins de décembre. »

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