Une semaine après l’attaque complexe qui a sonné le Mali, la situation restait très tendue dimanche de Bamako à Kidal et particulièrement volatile et incertaine, brouillard de guerre oblige.
Rappelons que le ministre de la Défense et personnalité clé du régime, Sadio Camara, a été tué avec femme et enfants dans un attentat au camion piégé chez lui, dans la ville garnison de Kati, le 25 avril à l’aube, tandis que la bourgade de Kidal, bastion et berceau des séparatistes touaregs désormais alliés aux djihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), tombait entre les mains de ces derniers le 26 avril, après la reddition des contingents russes et maliens qui y étaient déployés. Cependant, après cette attaque très spectaculaire et sanglante dont les instigateurs espéraient qu’elle ferait chuter le régime, la situation a peu évolué en leur faveur.
Certes, ces dernières quarante-huit heures, les camps reculés de Tessalit et Aguelhoc, près de la frontière algérienne, ont connu le même sort que Kidal : les soldats russes et maliens les ont abandonnés et ils ont été repris sans combat par leurs ennemis.
Le Mali a tenu
En dehors du nord du septentrion, les assaillants, dont on estime le nombre à plus de 10 000, n’ont pas pu prendre le contrôle de leurs cibles militaires au centre (Sévaré), au nord (Bourem, Gao) et au sud (Bamako et Kati). Le Mali a tenu.
Le président Assimi Goïta est sorti de son silence au bout de trois jours pour présider les obsèques de son ami et frère d’armes et affirmer la continuité de l’État et de sa politique. Le nom du nouveau ministre de la Défense n’a pas été rendu public, mais les institutions n’ont pas bougé. Selon une source de Mondafrique, l’émissaire discret de l’Algérie dimanche à Bamako a été éconduit dans sa proposition de médiation entre les belligérants. Ni la déclaration d’amitié du président algérien – particulièrement sibylline – ni la promesse du Kremlin de poursuivre la guerre aux côtés du Mali ne semblent avoir modifié la donne.
Plus que jamais, l’heure est à la guerre. À Bamako, le GSIM instille la psychose d’un prochain « assaut final ». Les autorités, de leur côté, interpellent un certain nombre de militaires et de personnalités politiques (la dernière en date, dimanche, étant l’avocat Me Mountaga Tall) soupçonnées de complicité dans le coup d’État manqué. En effet, il semble bien que les assaillants aient bénéficié du soutien d’alliés de tous horizons prêts à tout pour faire tomber la junte. On sait peu de choses des préparatifs militaires en cours mais plusieurs sources annoncent une prochaine contre-attaque pour reprendre Kidal. Dans cet assaut, à partir de Gao et/ou d’Anefis, le Mali pourrait bénéficier de renforts de ses voisins de l’Alliance des États du Sahel, dont la force conjointe vient de voir le jour.





























