Niger, une enquête officielle sur les exécutions de civils

La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) du Niger s’est déplacée ces derniers jours à Inatès, dans la région de Tillabéri, à l’Ouest du Niger, tout près de la frontière malienne, pour enquêter sur des fosses communes et une liste de 102 personnes disparues entre le 27 mars et le 2 avril, révélées par Mondafrique.

On ignore encore le résultat de ces investigations, qui se déroulent dans une zone placée en état d’urgence et où l’insécurité fait rage, en raison d’attaques récurrentes de l’Etat islamique.

Une liste de 102 noms avait été établie à la demande des familles par la mairie d’Inatès, non loin de la frontière malienne, pour répertorier des hommes, surtout jeunes, arrêtés par les forces de défense et de sécurité à l’occasion de ratissages autour du marché d’Ayorou et sur les campements. Les populations avaient ensuite découvert des fosses communes à proximité.

Le ministre de la Défense Issoufou Katambe a publié un communiqué le 27 mai pour défendre son armée aux prises avec des attaques terroristes à l’Ouest et à l’Est du pays et appeler la population à « faire bloc » derrière l’armée. Il y évoque les conditions de vie de jeunes soldats « opérant souvent dans des conditions climatiques rudes, loin de leurs familles » qui  «surveillent quotidiennement nos frontières et sécurisent les personnes et leurs biens sur toute l’étendue du territoire. »

Le 10 décembre, le camp militaire d’Inatès avait fait l’objet d’une attaque meurtrière, à l’heure de la prière, par des djihadistes qui avaient neutralisé au mortier le centre de transmissions et les dépôts d’explosifs et de munitions avant de submerger les soldats. L’attaque avait fait officiellement 71 morts parmi les militaires, dont le commandant du camp, qui avait péri les armes à la main.

https://mondafrique.com/niger-cent-deux-hommes-massacres-puis-ensevelis-dans-des-fosses/