Egypte - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/egypte/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 03 Mar 2026 13:02:19 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Egypte - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/egypte/ 32 32 Sahel, la course aux satellites de surveillance https://mondafrique.com/a-la-une/sahel-la-course-aux-satellites-de-surveillance/ https://mondafrique.com/a-la-une/sahel-la-course-aux-satellites-de-surveillance/#respond Wed, 04 Mar 2026 05:01:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147998 Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s).  Par Paul Amara Ces outils – précieux […]

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Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s). 

Par Paul Amara

Ces outils précieux dans la lutte contre le terrorisme et les trafics de drogue, d’armes, d’or, de migrants, d’êtres humains, de cigarettes et de carburant foisonnent. Dès novembre 2023, le Mali signait un mémorandum d’entente avec l’entreprise russe Glavkomos, spécialisée dans les activités spatiales. Cet accord lui a permis d’améliorer la couverture Internet, des télécommunications, de la télévision et de la surveillance du territoire.  D‘autres pays lui ont emboité le pas, affichant des ambitions spatiales de plus en plus grandes. Ainsi envisagent-ils le lancement de satellites d’observation militaire, à plusieurs ou à titre individuel.

La surveillance militaire par satellite permet de détecter, en temps réel, des mouvements ennemis à plusieurs centaines de km à la ronde. Elle sert aussi dans l’observation continue des zones à risque, y compris dans les environnements hostiles et inaccessibles par voie terrestre. Elle facilite un suivi serré des équipements ennemis et réduit les risques humains, en permettant d’économiser les missions de reconnaissance dangereuses au sol. En survolant, plus ou moins discrètement et librement, l’espace, les satellites appuient les opérations militaires au travers d’activités d’observation, d’écoute et de communication. La visualisation par l’imagerie satellite militaire aide à localiser des camps terroristes, et d’agir en conséquence. Grâce à ces machines complexes, les armées du Sahel peuvent développer des réactions rapides face aux menaces djihadistes.

En 2026, les satellites fournissent des images de haute définition, quasiment en temps réel, assistées par l’intelligence artificielle (IA). L’interprétation de ces quantités de données est ainsi effectuée sans grand usage de l’intelligence humaine, facilitant de promptes réactions. Ce modèle de satellite de surveillance coûte, en moyenne, 300 millions d’euros. Maintenance et exploitation restent aussi onéreuses. Leur miniaturisation et leur lancement en grappes peuvent réduire ce montant jusqu’à 40%. Malgré tout, cela demeure un défi financier pour les pays du Sahel.

De nombreux pays africains se dotent de satellites espions

En cette année 2026, on estime à 410 le nombre de satellites espions en orbite, couvrant 93% de la planète. En 2020, les pays africains suivants avaient lancé des satellites : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria et Soudan. Pionniers, grâce à des décennies d’investissements stratégiques et de partenariats internationaux, l’Égypte et l’Afrique du Sud comptent, chacun, 13 satellites en orbite. Le Nigeria, avec 7 satellites, est un acteur clé en Afrique de l’Ouest. L’Algérie en possède six. Le Ghana a mis au point GhanaSat-1. Le Royaume du Maroc se montre leader, du fait de l’acquisition du satellite Mohamed VI A, d’une valeur de 500 millions de dollars. Officiellement, ce satellite évolue en vols stationnaires à des fins de télécommunications.

D’autres pays africains, surtout au Sahel, doivent coopérer avec ceux-là ou compter sur les partenaires internationaux, ou encore opérer avec des drones. Mais les capacités de surveillance et de traitement de données de ces derniers sont bien moindres que celles des satellites. En revanche, ces vecteurs aériens peuvent aussi attaquer. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont signé avec leur nouveau partenaire stratégique, la Russie, un accord de coopération spatiale à Bamako le 23 septembre 2024. Ce protocole a été paraphé avec Glavkosmos, filiale de l’agence spatiale russe, Roscosmos.Deux satellites sont au cœur de cette ambition. L’un sera dédié aux télécommunications et promet une meilleure couverture Internet ainsi qu’une diffusion amplifiée de la radio et de la télévision. L’autre sera consacré à l’observation terrestre. Grâce à ses capacités d’imagerie à haute résolution, il devrait être d’un grand secours dans la surveillance des frontières et la prévention des risques d’insurrection.

Un satellite russo-burkinabè? 

En janvier 2026, la Russie et le Burkina Faso ont commencé à envisager la construction d’un satellite de communication destiné à accélérer la transformation numérique du Faso : ouvrir la voie à des services de connectivité, de cartographie et d’alerte précoce. Devant être conçu pour couvrir la région du Sahel, le satellite aura aussi pour vocation de sécuriser les communications gouvernementales et de renforcer la résilience des réseaux en période de crise. Parallèlement à la coopération sahélo-russe, le Niger, de son côté, a entamé une collaboration avec la Chine pour acquérir de l’imagerie satellitaire. Il coopère également avec l’Italie, qui déploie des unités de collecte d’information, de surveillance et de reconnaissance. Le cadre de cet appui est la Mission de soutien italienne à la République du Niger (MISIN), forte de 350 à 400 soldats. Le Parlement italien a autorisé cette opération, depuis 2018, pour accroitre les capacités du Niger dans sa lutte contre les différents trafics et les menaces à sa sécurité. L’attaque terroriste de l’aéroport international Hamani-Diori, à Niamey, la nuit du 28 au 29 janvier 2026, a révélé que ce site ultrasensible se trouve sous surveillance satellitaire de l’entreprise américaine Ventor Tech, spécialisée dans l’information spatiale. 

En Libye, des avions et des satellites russes surveillent les positions de Daech, à l’est et à la frontière avec l’Égypte. En Mauritanie, fin septembre 2024, le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’Administration a annoncé le lancement d’un projet stratégique visant à créer un programme spatial national pour les nano-satellites. Le pays veut se doter d’un système spatial souverain au service de la sécurité, de la surveillance et du contrôle, ainsi que pour étendre la couverture numérique à l’ensemble du territoire national. Au Soudan, les images satellites jouent un rôle important dans la mise en évidence des atrocités commises à El Facher. Ces images sont le seul moyen permettant de suivre la situation dans une zone inaccessible et avec un réseau de communication défaillant.

Survols des pays sahéliens

Le sous-équipement de l’Afrique de l’Ouest, et particulièrement du Sahel, permet à des puissances étrangères de les survoler librement. Le jour de la Noël 2025, sur initiative du gouvernement américain, des bombardements ont visé des combattants de l’État islamique (EI) dans l’État de Sokoto, Nigeria. La raison avancée est que le Nigeria laisserait se perpétrer un génocide et une persécution des chrétiens. Après des discussions entre les deux pays, il a été décidé un mois plus tard que les avions nigérians opèreraient eux-mêmes les frappes aériennes, sur la base d’images et de données collectées par des appareils américains de surveillance. De plus, c’est le Nigeria qui choisira les cibles et son armée recevra des États-Unis des drones, des hélicoptères, des plateformes aériennes puis des pièces détachées et des systèmes de maintenance indispensables à leur exploitation, des équipements commandés par le Nigeria ces cinq dernières années mais non encore livrés. Faute d’en disposer, le Nigeria mène sa guerre contre les djihadistes à travers une surveillance aérienne américaine, qui consacre sa dépendance stratégique.

Donald Trump a menacé le Nigeria de nouvelles frappes si jamais des chrétiens étaient encore tués. Le général John Brennan, du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a déclaré dans une interview en marge de discussions entre Washington et Abuja que le Pentagone poursuivait une coopération militaire avec les trois pays de l’AES. Il a ajouté que les États-Unis continuaient de partager des informations avec le Nigeria car le changement de partenariat, en matière sécuritaire, était parfois risqué.

À l’issue d’une embuscade attribuée à l’État islamique au grand Sahel (EIS), dans l’ouest du pays, à Tillabéri, qui a occasionné la disparition de 135 membres de la Garde nationale, le Niger pris une décision majeure. Début mai 2025, il a mis fin aux accords de coopération en matière de renseignement avec la Russie et la Turquie, dénonçant la faiblesse opérationnelle des équipements et des techniciens fournis par les deux partenaires dans le domaine du renseignement numérique. En remplacement, le Niger a engagé une société marocaine. Mais l’accord a été rompu dans l’urgence après la révélation d’un lien indirect avec un prestataire privé français. Le Niger a ordonné immédiatement le démantèlement du dispositif. Les États-Unis sont donc revenus proposer leurs services.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Conseil des obligés de l’Amérique https://mondafrique.com/limage-du-jour/conseil-de-la-paix/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/conseil-de-la-paix/#respond Mon, 23 Feb 2026 05:19:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147554 La première réunion du Conseil de la paix de Donald Trump, jeudi à Washington, a esquissé quelques précisions sur le dispositif supposé ramener la paix à Gaza. Mais ce fut surtout l’occasion, pour le président américain, de faire son show habituel de maître du monde.  La première réunion du Conseil devait être consacrée à la […]

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La première réunion du Conseil de la paix de Donald Trump, jeudi à Washington, a esquissé quelques précisions sur le dispositif supposé ramener la paix à Gaza. Mais ce fut surtout l’occasion, pour le président américain, de faire son show habituel de maître du monde. 

La première réunion du Conseil devait être consacrée à la planification de la reconstruction de Gaza. Le président américain a mis sur la table un financement de 10 milliards de dollars. Selon Trump, membre à vie de la nouvelle organisation, plusieurs pays ont promis plus de 7 milliards de dollars supplémentaires. Une force de stabilisation de 20 000 hommes sera mobilisée, sous commandement américain et commandement adjoint indonésien, a-t-on appris par ailleurs, si l’on en croit les annonces du général Jasper Jeffers. L’Indonésie abrite la plus grande population musulmane au monde. Outre les 8000 hommes promis par ce pays, des contingents seront mobilisés par quatre autres pays : le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie. Une force de police palestinienne, qui aurait déjà reçu 2000 candidatures, doit également être formée, notamment par la Jordanie et l’Égypte. 

Parmi les 60 pays invités par Donald Trump, moyennant un ticket d’entrée d’un milliard de dollars versés dans un fonds contrôlé par le président américain, seuls les suivants ont accepté, pour le moment : l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bahrein, la Bulgarie, les Émirats arabes unis, la Hongrie, l’Indonésie, Israël, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, le Maroc, la Mongolie, l’Ouzbékistan, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, le Salvador et la Turquie. D’autres réservent leur réponse ou ont décliné. Quant au Canada, son invitation a finalement été annulée, en signe de mauvaise humeur de Donald Trump. 

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Youssef Chahine : cent ans d’insoumission cinématographique https://mondafrique.com/loisirs-culture/centenaire-de-youssef-chahine-une-oeuvre-remise-en-circulation/ Thu, 12 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147008 En 2026, le centenaire de Youssef Chahine dépasse la commémoration. De Paris à Louxor, projections et débats remettent en circulation une œuvre libre, politique et toujours actuelle, rappelant qu’un cinéma engagé peut encore penser le monde et déranger son époque. En 2026, le centenaire de Youssef Chahine s’impose comme une traversée plus que comme une […]

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En 2026, le centenaire de Youssef Chahine dépasse la commémoration. De Paris à Louxor, projections et débats remettent en circulation une œuvre libre, politique et toujours actuelle, rappelant qu’un cinéma engagé peut encore penser le monde et déranger son époque.

En 2026, le centenaire de Youssef Chahine s’impose comme une traversée plus que comme une date. Après un lancement parisien très suivi, projections, débats et rétrospectives se déploient en Égypte et dans les festivals, jusqu’à un temps fort attendu à Louxor. L’année ne célèbre pas seulement un anniversaire : elle remet une œuvre en circulation, dans toute sa vitalité, sa conflictualité et sa modernité.

Cent ans après sa naissance à Alexandrie, en 1926, Chahine n’est ni figé dans le marbre ni enfermé dans un hommage patrimonial. Le centenaire qui lui est consacré a été pensé comme un mouvement, une circulation continue de films, d’idées et de débats. Dès le départ, les institutions ont choisi d’éviter l’écueil de la célébration ponctuelle pour privilégier une programmation étalée, capable de faire dialoguer son cinéma avec le présent.

Relire un cinéaste de combat

Le coup d’envoi a été donné à Paris, fin janvier, avec une séquence dense à Institut du monde arabe. Pendant quatre jours, projections, tables rondes et rencontres ont proposé une lecture exigeante et politique de l’œuvre. La Terre, Le Moineau, Le Sixième Jour, Le Destin, L’Émigré : les films projetés n’ont pas été choisis pour leur seule notoriété, mais pour ce qu’ils disent de la cohérence d’un parcours.

Ce parcours commence dans une Alexandrie cosmopolite où se croisent langues et communautés. Très tôt fasciné par le spectacle, Chahine part se former aux États-Unis, au Pasadena Playhouse. Ce détour américain n’est pas anecdotique : il lui donne une maîtrise technique, un sens du rythme et une conscience du spectacle qui marqueront toute son œuvre. De retour en Égypte au début des années 1950, il entre dans l’industrie du cinéma en pleine effervescence. Mais là où d’autres consolident les recettes du succès populaire, lui introduit la faille.

Avec Gare centrale, il choque et impressionne. Film sombre, traversé par le désir, la frustration et la violence sociale, il rompt avec le divertissement confortable. Chahine y incarne lui-même un personnage marginal, exposant sa propre vulnérabilité. Cette implication personnelle deviendra une constante : le cinéaste n’observe jamais de loin.

À Paris, les discussions ont insisté sur ces zones de tension : ses excès, ses contradictions, son rapport parfois conflictuel aux pouvoirs politiques et religieux. Chahine est apparu non comme une figure consensuelle, mais comme un auteur engagé dont le cinéma populaire était aussi un cinéma de combat.

Son rapport au pouvoir fut complexe. Proche des idéaux du nassérisme à ses débuts, il en célèbre l’élan collectif avant d’en dénoncer les dérives autoritaires. Après la défaite de 1967, son cinéma devient plus frontal. La Terre incarne la colère paysanne face à l’injustice. Le Moineau dissèque la corruption et la responsabilité collective. Chahine refuse les récits consolateurs : il filme la désillusion sans renoncer à l’espérance.

Son indépendance lui vaut censures et polémiques. L’Émigré déclenche des poursuites judiciaires pour sa libre interprétation d’un récit religieux. Il défend la liberté de création sans posture victimaire, avec la conviction que le cinéma doit rester un espace de questionnement. Cette capacité à affronter les controverses renforce son aura autant qu’elle fragilise sa position en Égypte.

La reconnaissance internationale vient consolider cette stature. Habitué du Festival de Cannes, il y reçoit en 1997 un Prix spécial du 50ᵉ anniversaire pour l’ensemble de son œuvre. Cette distinction ne le transforme pas en monument : elle confirme simplement qu’un cinéaste profondément enraciné dans la réalité égyptienne peut parler au monde entier.

Le lancement parisien n’était pourtant qu’un point de départ. Dès février, le centenaire retrouve l’Égypte. Au Caire et à Alexandrie, les projections spéciales attirent un public mêlé de cinéphiles, d’étudiants et de jeunes réalisateurs. Les films cessent d’être des objets patrimoniaux pour redevenir des œuvres vives. Les débats autour de Gare centrale, de la trilogie d’Alexandrie ou de Le Destin montrent combien son regard sur le pouvoir, la religion et l’identité reste d’une acuité intacte.

Louxor, un héritage en partage

Dans cette programmation diffuse, le Festival du film africain de Louxor constitue un point de convergence. En inscrivant le centenaire de Chahine parmi ses axes structurants, le festival le replace dans une histoire plus large : celle du cinéma africain et arabe comme espace de résistance et d’invention formelle.

Le choix de Louxor rappelle que Chahine fut aussi un cinéaste africain. Ses films interrogent la domination, la justice sociale, la mémoire des luttes. Ils parlent au-delà des frontières nationales. À Louxor, rencontres et projections permettent de croiser critiques, historiens et cinéastes contemporains, soulignant la dimension transgénérationnelle de son influence.

Au fil de l’année, le centenaire se prolonge dans le champ critique et universitaire. On redécouvre l’importance de son geste autobiographique, notamment à partir d’Alexandrie, pourquoi?. En se mettant en scène, Chahine transforme le récit intime en réflexion politique. Le “je” devient un miroir collectif. Cette hybridité, entre confession, fresque historique et manifeste, apparaît aujourd’hui comme l’une des grandes modernités de son cinéma.

Son dernier film, Le Chaos, tourné peu avant sa disparition en 2008, décrit une société étouffée par l’arbitraire policier et l’injustice sociale. Beaucoup y verront une œuvre prémonitoire. Jusqu’au bout, Chahine aura filmé la tension, la colère, mais aussi la possibilité d’une parole libre.

En refusant la logique de l’événement unique, le centenaire s’impose comme un temps long. Un temps pour revoir, relire, rediscuter. À travers Paris, Le Caire, Alexandrie et Louxor, l’année 2026 ne construit pas un mausolée. Elle réactive une énergie critique.

Car Youssef Chahine n’est pas un cinéaste du passé. Il est un auteur qui a déplacé les frontières du cinéma arabe, qui a assumé la contradiction comme méthode et la liberté comme principe. Remettre son œuvre en circulation, ce n’est pas seulement honorer une mémoire : c’est rappeler que le cinéma peut encore être un acte de pensée, un espace de résistance et un lieu de joie indocile.

 

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Gaza, la frontière avec l’Égypte bombardée https://mondafrique.com/limage-du-jour/gaza-la-frontiere-avec-legypte-bombardee/ Fri, 13 Oct 2023 07:00:16 +0000 https://mondafrique.com/?p=98148 Le mardi 10 octobre, Israël a bombardé le seul point de passage entre la bande de Gaza et l’Égypte, bloquant la circulation alors que des milliers de palestiniens désespérés tentent de fuir en Égypte. Le gouvernement égyptien rechigne pourtant à les accueillir les bras ouverts. L’armée Israélienne a lancé des roquettes pas moins de trois […]

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Le mardi 10 octobre, Israël a bombardé le seul point de passage entre la bande de Gaza et l’Égypte, bloquant la circulation alors que des milliers de palestiniens désespérés tentent de fuir en Égypte. Le gouvernement égyptien rechigne pourtant à les accueillir les bras ouverts.
L’armée Israélienne a lancé des roquettes pas moins de trois fois sur le point de passage de Rafah, seul endroit où la circulation entre la bande de Gaza et l’Égypte est autorisée. L’unique route reliant les deux terres a été endommagée, rendant difficile la circulation. Pourtant, l’Égypte avait envoyé, lundi, des convois humanitaires vers l’enclave palestinienne. Un porte-parole de l’armée hébraïque avait assuré, mardi matin, que le passage de Rafah resterait ouvert, mais un autre porte parole des Forces de Défense Israéliennes (FDI) avait clarifié cette déclaration quelque peu vague: « Il n’y a aucune intention officielle israélienne de diriger les habitants de la bande de Gaza vers le territoire Égyptien […]. Les habitants sont redirigés vers des aires et abris à l’intérieur même des frontières de Gaza ». Après tout, Israël a déclaré l’état de siège complet de la bande lundi. Personne ne rentre ni ne sort.

L’Égypte craint les réfugiés

Le gouvernement égyptien semble moins enclin a soutenir la cause palestinienne que son peuple. Certes, il a offert, conjointement avec la Jordanie, d’ouvrir des corridors humanitaires et d’envoyer de la nourriture à l’enclave maintenant qu’Israël a coupé les vivres. Mais en réalité, l’idée n’est pas sans arrière-pensées: la république arabe veut à tout prix éviter des mouvements de masse de réfugiés palestiniens vers le Sinaï, péninsule à l’est du pays, à la frontière avec Gaza et l’état hébreu. La première préoccupation est sécuritaire: pas question pour le gouvernement de laisser des potentiels terroristes religieux sur son territoire. De fait, il participe lui aussi au blocus de Gaza depuis 2007, avec uniquement le checkpoint de Rafah pour strictement réguler les allers-retours des palestiniens. Mais le président, Abdel Fattah el-Sisi, a aussi peur d’une véritable invasion: « L‘Égypte ne vas pas permettre la liquidation de la cause palestinienne au détriment d’autres parties », a-t-il déclaré. « Si gaza est complètement détruite, où iront les réfugiés? La contrattaque Israélienne a ravivé les craintes d’un transfert du Sinaï aux palestiniens moyennant des fonds pour l’Égypte. […] Un tel plan est inacceptable aux yeux de la population. » Un plan proposé secrètement par le gouvernement Israélien, d’après les médias égyptiens, mais que celui-ci nie avoir proposé.

L’Égypte marche sur un fil. Ce fut le premier pays Arabe a faire la paix avec Israël, en 1979, et a depuis tenté de faire le médiateur entre les juifs et les palestiniens. Mais sa population, arabe et musulmane, a généralement prix le côté des palestiniens – on se souvient notamment des manifestations en soutien au peuple palestinien qui ont secoué le pays en 2009, lors d’une énième confrontation entre le Hamas et l’armée Israélienne.

Mateo Gomez.

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Une hyper inflation paupérise les Égyptiens https://mondafrique.com/economie/linflation-pese-sur-les-egyptiens/ Mon, 25 Sep 2023 22:54:58 +0000 https://mondafrique.com/?p=97312 La période de Ramadan a révélé une vulnérabilité croissante de plus de 100 millions d’égyptiens à l’inflation, notamment alimentaire. Touchant traditionnellement les plus pauvres, celle-ci grignote aussi les revenus des classes moyennes avec une augmentation des prix des denrées alimentaires de 31% sur l’année 2022. Mateo Gomez De plus en plus d’égyptiens ont été forcés […]

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La période de Ramadan a révélé une vulnérabilité croissante de plus de 100 millions d’égyptiens à l’inflation, notamment alimentaire. Touchant traditionnellement les plus pauvres, celle-ci grignote aussi les revenus des classes moyennes avec une augmentation des prix des denrées alimentaires de 31% sur l’année 2022.

Mateo Gomez

De plus en plus d’égyptiens ont été forcés de revoir à la baisse la quantité et qualité de leur alimentation lors du Ramadan, qui a eu lieu au printemps. La viande, surtout, passe de plus en plus à la trappe: le prix du bœuf est passé de 5,8 dollars états-uniens à 9 dollars, pendant que le prix du poulet a doublé. Ces deux viandes forment une partie essentielle de la cuisine arabe et méditerranéenne.
Même certains des égyptiens les plus aisés ont renoncé a organiser leurs traditionnels banquets caritatifs ouverts à tous au moment de la rupture du jeûne. Outre la viande, l’inflation du grain se fait puissamment sentir depuis février 2022 avec l’éclatement de la guerre en Ukraine, et impacte durablement les prix de la farine et du pain. En 2021 pas moins des trois-quarts des importations de blé égyptiennes provenaient soit d’Ukraine soit de Russie. Une calamité pour la république arabe, qui figure parmi les plus gros importateurs de blé au monde. Aujourd’hui, l’ancien panier à pain de l’Empire Romain couvre moins de la moitié de sa consommation nationale de blé avec sa production locale, qui s’élève à environ 20 millions de tonnes par an.

A l’inflation alimentaire de 31% s’ajoute une dépréciation de la livre égyptienne, qui rend les importations plus chères car il faut maintenant débourser plus de livres pour la même quantité, ce qui augmente les prix. Le pouvoir d’achat s’en trouve fortement affecté. Selon une étude de l’International Food Policy Research Institute (IFPRI, 2022), près de la moitié de la population ont réduit leur alimentation, et 70% optent aujourd’hui pour des produits moins chers mais surtout moins nutritifs, ce qui nuit à leur santé sur le long terme, et augmente les risques d’obésité et malnutrition. Les plus pauvres, qui habitent majoritairement les zones rurales, voient la précarité augmenter, eux qui consacraient déjà avant l’inflation la moitié de leurs revenus à l’alimentation. Il se peut que la croissance s’en trouve durablement affectée.

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Le sénateur américain Robert Menendez corrompu par l’Égypte https://mondafrique.com/decryptage/le-senateur-americain-robert-menendez-corrompu-par-legypte/ Mon, 25 Sep 2023 01:51:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=97275 Le 22 septembre 2023, un procureur américain a annoncé l’inculpation du sénateur démocrate, Robert Menendez, patron de la puissante commission des affaires étrangères du Sénat, pour corruption. C’est la énième fois que ce poids lourd de l’Etat profond américain, proche d’Hillary Clinton, est accusé de malversation Le sénateur américain, président de la puissante commission des […]

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Le 22 septembre 2023, un procureur américain a annoncé l’inculpation du sénateur démocrate, Robert Menendez, patron de la puissante commission des affaires étrangères du Sénat, pour corruption. C’est la énième fois que ce poids lourd de l’Etat profond américain, proche d’Hillary Clinton, est accusé de malversation

Le sénateur américain, président de la puissante commission des Affaires Etrangères du Sénat,  avait toujours réussi à passer à travers les mailles du filet. Cette fois, l’enquête du FBI ne semble lui laisser aucune échappatoire.

Mercédès, cash et lingots d’or

Lors de sa conférence de presse, le procureur de l’Etat de New-York a détaillé la longue enquête du FBI qui a réussi à prouver qu’entre 2018 et 2022, le sénateur et son épouse avaient accepté des centaines de milliers de dollars de pots-de-vin. Les fins limiers ont ainsi trouvé à son domicile 500 000 dollars en espèces cachés dans les poches de ses costumes, trois kilos d’or en lingot et une voiture de luxe. Selon l’acte d’accusation c’est en tant que Président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, que Menendez aurait été remercié par le Caire pour avoir favorisé des ventes d’armes à l’Egypte.

Un CV long comme le bras

Le sénateur conteste vivement ces accusations qui sont, selon lui, des persécutions envers un « Latino ».  Un argument un peu audacieux puisqu’il est certes d’origine cubaine mais né dans le New-Jersey et acteur politique depuis 1986.  En 2015, il a déjà été poursuivi pour corruption mais en 2018 le Démocrate a été sauvé par le Républicain Trump, le Ministère de la Justice ayant miraculeusement abandonné l’affaire. En 2006, une plainte avait été déposée contre lui pour avoir enfreint les règles relatives aux conflits d’intérêts, elle n’a fait l’objet d’aucune suite, encore un miracle. En 2012, le FBI avait enquêté sur une affaire de prostitutions de mineurs en République Dominicaine, mais là cette histoire glauque n’avait pas été présentée devant les tribunaux. A l’époque, Robert Menendez hurlait à la cabale contre les démocrates.

De tous les combats

Arrivera-t-il encore une fois à passer entre les gouttes ? Cela semble difficile, il est presque pris en flagrant délit  avec les découvertes faites dans son appartement. C’est donc l’Egypte qui, bien malgré elle, aura eu la peau de cette figure de l’Etat profond américain. Tout au long de sa carrière, Bob, pour les intimes, aura été de toutes les batailles. Il a appelé aux bombardements de l’OTAN dans l’ex-Yougoslavie ; soutenu la guerre en Irak ; combattu l’accord sur le nucléaire iranien et last but not least fait pression sur l’Equateur pour qu’il n’accorde plus l’asile à Julien Assange. Selon lui, le lanceur d’alerte aurait « sapé les processus démocratiques à l’échelle mondiale »… Son prochain combat consistera-t-il à prouver que la corruption aide les processus démocratiques ?

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Lune de miel entre l’Égypte et la Syrie https://mondafrique.com/confidentiels/lune-de-miel-entre-legypte-et-la-syrie/ https://mondafrique.com/confidentiels/lune-de-miel-entre-legypte-et-la-syrie/#comments Wed, 05 Apr 2023 09:40:31 +0000 https://mondafrique.com/?p=88630 Le président égyptien Abdel Fattah Al Sisi et le président syrien Bachar al-Assad pourraient se rencontrer peu après le Ramadan pour rétablir leurs relations diplomatiques L’Egypte et la Syrie négocient activement le rétablissement de relations diplomatiques complètes entre leurs deux pays. Le président égyptien Abdel Fattah Al Sisi et le président syrien Bachar al-Assad pourraient […]

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Le président égyptien Abdel Fattah Al Sisi et le président syrien Bachar al-Assad pourraient se rencontrer peu après le Ramadan pour rétablir leurs relations diplomatiques

L’Egypte et la Syrie négocient activement le rétablissement de relations diplomatiques complètes entre leurs deux pays. Le président égyptien Abdel Fattah Al Sisi et le président syrien Bachar al-Assad pourraient se rencontrer peu après la fin du Ramadan.

Samedi 1er avril, le ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, est arrivé au Caire pour s’entretenir avec son homologue égyptien du « renforcement des liens entre les deux voisins », selon les ministères des Affaires étrangères des deux pays. Cette visite publique d’un haut responsable syrien en Égypte est la première depuis les soulèvements du Printemps arabe de 2011. Ils se sont entretenus d’un retour de la Syrie au sein de la Ligue Arabe.

La Syrie réhabilitée

L’Égypte n’est pas le premier État arabe à raviver les liens avec le gouvernement de M. Assad après l’avoir ostracisé pendant plus d’une décennie pour sa répression brutale contre les opposants dans son pays. L’Arabie saoudite a également entrepris de se rapprocher de la Syrie au point de rétablir prochainement leurs relations diplomatiques.

Les entreprises égyptiennes espèrent remporter des milliards de dollars en contrats de reconstruction potentiels en Syrie une fois les liens rétablis.

Mais certains pays arabes comme le Qatar résistent. Doha a déclaré qu’il ne normaliserait pas les relations avec la Syrie à moins que M. Assad ne prenne des mesures sérieuses pour réparer les dommages qu’il a causés à tous les Syriens.

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Le passeport d’Anouar el Sadate vendu aux enchères https://mondafrique.com/confidentiels/le-passeport-danouar-el-sadate-vendu-aux-encheres/ Tue, 28 Feb 2023 09:01:56 +0000 https://mondafrique.com/?p=85982 Le passeport diplomatique de feu-le président égyptien Anouar el Sadate a été vendu mercredi 22 février pour 47 500 dollars par Heritage Auctions, une société de vente aux enchères de Dallas (Texas). Cette vente a provoqué la colère et la confusion en Egypte. La famille du défunt président égyptien Anouar el-Sadate a appelé les autorités […]

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Le passeport diplomatique de feu-le président égyptien Anouar el Sadate a été vendu mercredi 22 février pour 47 500 dollars par Heritage Auctions, une société de vente aux enchères de Dallas (Texas).

Cette vente a provoqué la colère et la confusion en Egypte. La famille du défunt président égyptien Anouar el-Sadate a appelé les autorités à enquêter sur la vente du passeport qui, affirme-t-elle fait partie du patrimoine national.  Karim Sadate, petit-fils du président et membre du parlement, a déclaré que la vente du passeport de son grand-père est « une insulte ».  Le trajet de ce passeport demeurer un mystère. En principe, la veuve d’Anouar el Sadate a remis les biens de son mari à la bibliothèque d’Alexandrie. Mais Ahmed Zayed, le directeur de la bibliothèque, a déclaré que le passeport ne faisait pas partie des biens qui ont été confiés à sa garde.

La paix avec Israel

Anouar el-Sadate a été président de 1970 à 1981, date de son assassinat. Pour de nombreux Égyptiens, Sadate était un symbole de la lutte de leur pays pour l’indépendance. Il a dirigé l’Égypte pendant la guerre israélo-arabe de 1973, mais a ensuite fait la paix avec Israël en signant les accords de Camp David négociés par les États-Unis en 1978. 

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L’affrontement entre le maréchal Sissi et Alaa Abdel Fattah https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-face-a-face-entre-le-dictateur-egyptien-et-alaa-abdel-fattah/ Tue, 08 Nov 2022 13:17:54 +0000 https://mondafrique.com/?p=80700 Alaa Abdel Fattah, figure centrale de la révolte de 2011 en Egypte qui avait été condamné à cinq ans de prison par un tribunal d’exception du Caire en 2021 pour « diffusion de fausses informations », durcit sa grève de la faim en décidant de ne plus absorber ni thé, ni eau en mettant sa […]

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Alaa Abdel Fattah, figure centrale de la révolte de 2011 en Egypte qui avait été condamné à cinq ans de prison par un tribunal d’exception du Caire en 2021 pour « diffusion de fausses informations », durcit sa grève de la faim en décidant de ne plus absorber ni thé, ni eau en mettant sa vie en danger et en plaçant le Maréchal Sissi, hôte d’une centaine de chefs d’état pour la COP 27, dont Emmanuel Macron qui a demandé lalibération du militant des droits humains.

Surnommé « l’icône de la révolution » de 2011 qui a chassé le président Hosni Moubarak du pouvoir, Alaa Abdel Fattah a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations. Il a été emprisonné sous l’autocrate Hosni Moubarak, son successeur islamiste Mohamed Morsi (2012-2013) et l’actuel chef de l’Etat Abdel Fattah al-Sissi. Il aura passé au total huit ans en prison depuis 2013.

Une répression tous azimuts

Alaa Abdel Fattah, militant politique et programmeur informatique, avait été arrêté en 2013 après une manifestation non autorisée. Il était accusé d’avoir organisé une « manifestation illégale », « provoqué une émeute » et « frappé un officier de police et volé son émetteur radio ». Il avait cependant continué de s’exprimer sur les réseaux sociaux défendant notamment les droits d’autres anciens détenus, contraints de passer leurs nuits derrière les barreaux après leur sortie de prison. Libéré sous contrôle judiciaire en mars 2019, Alaa Abdel Fattah avait été arrêté avec son avocat Me Baqer en septembre de la même année.

Depuis son arrivée au pouvoir, à la suite de la destitution Mohamed Morsi à l’été 2013, le président Sissi est accusé par des ONG internationales de défense de droits humains de mener une répression tous azimuts contre les opposants et les défenseurs des droits de l’Homme. Selon elles, l’Egypte compte plus de 60 000 détenus d’opinion. Le gouvernement dément et met l’accent sur le maintien de la stabilité dans le pays.

L’initiative d’Emmanuel Macron 

« J’ai soulevé plusieurs cas individuels de personnalités plus fragiles (.) plus sensibles », dont celui d’Alaa Abdel Fattah, qui a cessé de s’alimenter et de boire, a indiqué le chef de l’Etat français lors d’une conférence de presse en marge de la conférence mondiale sur le climat (COP27) à Charm el-Cheikh.

Jean Yves Le Drian, le vendeur d’armes préféré de la dictature égyptienne

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La dictature militaire du maréchal Sissi reçoit la COP 27 https://mondafrique.com/international/egypte-lointains-cris-de-joie-de-place-tahrir-22/ Sat, 05 Nov 2022 09:31:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=13394 Dans cette Égypte qui accueille la COP 27, la désillusion et la peur ont gagné la population, les militaires sont omniprésents et le maréchal Sissi, à la tète de l’État, peine à se refaire une virginité. en recevant les chefs d’état du monde entier dans un faste inégalé. Trois heures de train séparent Alexandrie du […]

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Dans cette Égypte qui accueille la COP 27, la désillusion et la peur ont gagné la population, les militaires sont omniprésents et le maréchal Sissi, à la tète de l’État, peine à se refaire une virginité. en recevant les chefs d’état du monde entier dans un faste inégalé.

Trois heures de train séparent Alexandrie du Caire. Dans le wagon 1er classe, climatisé à l’extrême, aucun touriste à bord. La deuxième ville du pays n’attire plus. Peut-être a-t-elle trop déçu. Plus austère, plus pauvre et plus sale, Alexandrie collectionne les mauvais points. « Alexandrie est décevante pour tous les Occidentaux qui s’y rendent », lâche d’un ton résigné un habitant. Alexandrie la cosmopolite ? Peut-être avant. Aujourd’hui, peu d’Alexandrins parlent français ou anglais dans cette ville de 4,5 millions d’habitants composée en majorité de ruraux déracinés.

A la gare de Ramleh, les déchets inondent le sol, l’odeur est pestilentielle et les mouches dansent autour des carcasses de poubelles. Quelques mètres plus loin, les marchands ambulants tentent de brader leurs bibelots, pour la plupart usagés. La sirène de la Méditerranée semble avoir été oubliée par le pouvoir trop concentré sur leur vitrine cairote. « Alexandrie est triste mais aussi plus conservatrice », confie un Égyptien. Même la bibliothèque, fleuron architectural de la ville, n’attire pas les foules.

La nostalgie est partout. Au centre de la place Saad Zaghloul, les prestigieux hôtels attendent le client, presque ennuyés. Certaines bâtisses majestueuses sont à l’abandon et pourrissent au soleil comme de vieilles charognes. Alexandrie n’est plus cette cité flamboyante qui auparavant éclairait l’Égypte.

La corniche est le point de rendez-vous des Alexandrins, notamment lors de la pause déjeuner.

Les soldats de plomb égyptien

Dans ce régime militarisé, les uniformes en treillis tiennent le haut du pavé. Les militaires sont souvent des jeunes adultes maladroits tout juste sortis de l’école. La plupart sont mal armés et disposent de peu de matériel. Des militaires égyptiens sous pression prêts à dégainer à la moindre étincelle. « Une nuit, je marchais sur la plage avec ma copine et des militaires ont commencé à courir vers nous pensant que nous étions des terroristes. C’est fou ! », témoigne un travailleur allemand qui vit au Caire depuis huit ans.

En Égypte, le service militaire est obligatoire. Un devoir qui concerne les jeunes hommes entre 18 et 30 ans pour une durée comprise entre un à trois ans. «  Si t’as de l’argent tu peux rester dans les banlieues cossus du Caire, sinon on t’envoie dans le désert, c’est beaucoup plus dur », témoigne un jeune Cairote issu d’un milieu modeste. « Je viens de redoubler mon année à la fac. Ca m’arrange car une fois mon diplôme d’ingénieur en poche, je devrais commencer mon service militaire », confirme un étudiant qui entame sa sixième année d’étude supérieur.

De leurs côtés, les policiers sont reconnaissables à leur uniforme blanc immaculé. « Je déteste les policiers, quand tu es une fille, ils cherchent toujours à obtenir ton numéro, sinon ils t’embarquent au poste de police », témoigne une étudiante en droit et d’ajouter : « Quand tu es journaliste ici, il y a des indics partout. Tu es surveillée tout le temps. » Une affirmation confirmée par une journaliste française : « Là-bas c’est l’espionnite aiguë », avait-elle prévenu.

De plus, la corruption nourrit les autorités. 50 livres égyptienne – soit 2,5 euros – suffisent à les faire taire lorsqu’ils frappent à la porte pour tapage nocturne. D’ailleurs, ils ne se déplacent que très rarement. La police touristique a, elle, quasi disparu de la circulation.

Le quartier copte, situé dans le Vieux Caire, reste le secteur le plus surveillé. À l’entrée de chaque monument, un policier monte la garde, plus ou moins sérieusement. Parfois, des portails de sécurité obsolètes sont postés à l’entrée des lieux de culte. En 2017, quatre attaques terroristes ont été perpétrées en six mois contre la minorité copte qui représente environ 10 % des 90 millions d’Égyptiens. À quelques pas de la célèbre église suspendue, des avis de recherche à l’effigie d’hommes barbus sont placardés sur les portes des églises.

Un policier posté devant un lieu de culte dans le Vieux Caire, le quartier copte, un dimanche matin.

C’est pas grave, t’es une femme

Un homme et sa femme s’engouffrent dans un taxi. La femme paye la course. «  Tu devrais laisser ton mari payer, ce n’est pas à la femme de régler », rétorque le chauffeur. « De toute façon vous ne laissez rien faire aux femmes en Égypte », répond du tac au tac la jeune femme.

« Tsss..Tsss », voilà comment les Cairotes hèlent les femmes qui passent sous leurs yeux. Parfois, un « khalass » – qui signifie « ça suffit » en arabe – s’impose pour éviter une situation génante. « Quand il y a du monde, certains en profitent pour se coller à toi. C’est désagréable », témoigne une jeune femme. Dans le centre-ville, il n’est pas rare d’être la seule femme entourée d’une horde d’Égyptiens. Les terrasses des cafés sont pris d’assaut par les hommes. Dans le métro, deux wagons sont consacrés aux femmes. « Par contre, à partir de 21 h, l’un des wagons devient mixte, c’est incompréhensible ! C’est le soir qu’il y a le plus de harcélement sexuel, non ?  » S’étonne un Français de 25 ans.

Selon une étude de l’ONU, publiée en 2013, plus de 99% des femmes ont été victimes de harcèlement en Égypte. Durant la révolution de 2011, les femmes étaient en première ligne des manifestations faisant d’elles des cibles de choix en termes d’agression. En 2008, Noha Elostaz, âgée de 28 ans, devient la première femme à faire condamner son agresseur pour harcélement sexuel. Petit à petit, le débat s’ouvre en Égypte mais les mentalités peinent à changer.

Sur le quai du métro, à la station Mar Girgis, située dans le quartier copte, une femme attend de monter dans son wagon.

Le tourisme sort de son tombeau

Souk Khan el-Khalili, 15 h. Un vendeur au souk embrasse un billet de 100 livres. « C’est le premier billet de la journée ! », s’exclame le jeune vendeur de tissus. Niché à l’est du Caire, le quartier islamique est pourtant le passage obligé pour les touristes à la recherche d’authenticité.

Aujourd’hui, seulement une poignée de touristes viennent se perdre dans les dédales de ces souks égyptiens. « Avant, il y avait plus de touristes ; maintenant, certaines boutiques ont préféré fermer par manque de clients, » raconte un vendeur de taoula (backgammon). Même la majesté des pyramides de Gizeh ne suffit plus à attirer les Européens en manque de sensations fortes. «  Nous avons quelques Chinois et Saoudiens mais c’est tout », explique un guide sur son pur-sang arabe.

Autour du sphinx au nez cassé, une poignée de touristes déguisés en bédouins s’arrêtent pour prendre quelques clichés. La photo dans la boite, ils remontent sur leurs chevaux ou chameaux balafrés loués pour quelques heures. Autour du site abritant l’une de sept merveilles du monde, des enfants en haillons quémandent quelques guinées aux touristes naïfs. Les bureaux de la police touristique sont vides. « Quand j’y étais aller dans les années 80, on faisait la queue pour atteindre le site des Pyramides », constate une voyageuse de 60 ans. Le contraste est saisissant.

« Pour voir le sphynx, c’est 100 livres de plus », négocie les guides touristiques autour du site.

Garbage City : les éboueurs du Caire

« Je vous arrête ici ? » Le chauffeur de taxi n’a sans doute pas l’habitude de déposer des visiteurs dans le quartier de Manshiet Nasser, voisin méconnu de la célèbre citadelle construite par Saladin. Aux pieds de la montagne de Mokattam, l’odeur est prenante et la chaleur étouffante.

Des tonnes de déchets s’entassent devant les modestes demeures. À l’entrée du quartier, quelques camions viennent décharger les tonnes de poubelles recrachées par la capitale. Le jeudi, comme les autres jours de la semaine, les zabbalines, appelés aussi chiffonniers, s’attèlent au recyclage des déchets. À majorité copte, les 60 000 habitants s’organisent en micro-entreprise pour traiter une partie des détritus. Pour la plupart, il s’agit de leur unique source de revenue. Un système de recyclage archaïque mais efficace pour une ville comme le Caire.

Sœur Emmanuelle leur a consacrés une partie de sa vie lors de son séjour en Égypte entamé dans les années 70. Elle contribue à l’amélioration de leur quotidien en remplaçant les cabanes de tôle par de petites maisons de pierre. Aussi, la petite soeur des chiffonniers se bat pour l’arrivée d’eau et d’électricité dans le bidonville. C’est un succès et Sœur Emmanuelle deviendra une célébrité locale.

Mounia a vécu ici toute sa vie. C’est dans ce quartier, à quelque pas du célèbre graffiti d’El Seed déployé sur 50 immeubles, que la jeune femme de 23 ans vit avec sa fille et son mari. Mounia est guide touristique. Que fait-elle visiter ici ? Derrière le quartier vétuste, se cachent plusieurs monastères comme celui de Saint-Simon, véritable joyau architectural. Appelé aussi Simon le Tanneur, il aurait réussi à soulever la montagne de Mokattam.

La ville des éboueurs abrite une partie de la communauté copte de la capitale.

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