Côte d'Ivoire - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/cote-divoire/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 06 Mar 2026 20:30:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Côte d'Ivoire - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/cote-divoire/ 32 32 Cacao : Abidjan réduit drastiquement le prix payé aux planteurs https://mondafrique.com/limage-du-jour/cacao-abidjan-reduit-drastiquement-le-prix-paye-aux-planteurs/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/cacao-abidjan-reduit-drastiquement-le-prix-paye-aux-planteurs/#respond Sat, 07 Mar 2026 05:29:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148241 Le retournement brutal du marché mondial du cacao rattrape la Côte d’Ivoire. Premier producteur mondial, le pays a révisé le prix bord champ payé aux planteurs pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Il passe d’environ 2 800 francs CFA à 1 200 francs CFA le kilogramme, une baisse spectaculaire proche de 60 %. Le retournement spectaculaire […]

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Le retournement brutal du marché mondial du cacao rattrape la Côte d’Ivoire. Premier producteur mondial, le pays a révisé le prix bord champ payé aux planteurs pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Il passe d’environ 2 800 francs CFA à 1 200 francs CFA le kilogramme, une baisse spectaculaire proche de 60 %.

Le retournement spectaculaire du marché mondial

Cette décision illustre la dépendance de la filière ouest-africaine aux cycles du marché mondial. Le cacao sort, en effet, d’une période de volatilité exceptionnelle. Après avoir atteint des sommets historiques en 2024 plus de 12 000 dollars la tonne sur les marchés internationaux les cours se sont fortement corrigés pour revenir autour de 3 000 dollars. La perspective d’un retour de l’offre mondiale et le reflux des positions spéculatives ont accéléré ce mouvement.

En Côte d’Ivoire, cette chute impacte directement le revenu des producteurs. Le prix bord champ est fixé administrativement par l’État à partir des ventes anticipées réalisées sur les marchés internationaux, un système piloté par le Conseil du Café-Cacao. Conçu pour stabiliser les revenus agricoles, ce mécanisme oblige néanmoins les autorités à ajuster le prix intérieur lorsque les cours mondiaux reculent.

Cela dépend également d’une volonté politique. Pour la campagne précédente, dans un contexte de cours internationaux record et à l’approche de l’élection présidentielle de 2025, les producteurs ivoiriens avaient bénéficié d’une rémunération exceptionnellement élevée.

L’exemple du Ghana voisin est souvent avancé par les planteurs. Deuxième producteur mondial, le pays applique lui aussi un prix administré via son organisme public, mais il a historiquement cherché à mieux rémunérer les producteurs afin de préserver la qualité des fèves et de limiter la contrebande transfrontalière. Si Accra a également ajusté ses prix à la baisse en 2026, la correction y apparaît moins brutale que celle décidée en Côte d’Ivoire, aux environs de 29 %, soit environ la moitié de la baisse pratiquée par Abidjan.

La bataille de la valeur ajoutée

La situation met en lumière un paradoxe structurel. La Côte d’Ivoire et le Ghana produisent ensemble plus de la moitié du cacao mondial, mais ils ne fixent pas les prix, déterminés sur les marchés internationaux, et transforment encore une part limitée de leur production. La valeur ajoutée du chocolat est captée en grande partie en Europe ou en Amérique du Nord. Cette dépendance aux marchés extérieurs rend les économies cacaoyères particulièrement vulnérables.

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Côte d’Ivoire : les partis d’opposition en coma dépassé https://mondafrique.com/politique/cote-divoire-les-limites-de-lopposition-a-distance/ Fri, 20 Feb 2026 05:07:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147320 Peut-on diriger un parti politique à six mille kilomètres de distance ? C’est le débat qui agite en ce moment le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), parti historique fondé en 1946 par feu Félix Houphouët-Boigny et que dirige depuis le 22 décembre 2023 son petit-neveu Tidjane Thiam. Par Venance Konan Pour madame Valérie Yapo, […]

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Peut-on diriger un parti politique à six mille kilomètres de distance ? C’est le débat qui agite en ce moment le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), parti historique fondé en 1946 par feu Félix Houphouët-Boigny et que dirige depuis le 22 décembre 2023 son petit-neveu Tidjane Thiam.

Par Venance Konan

Pour madame Valérie Yapo, ancienne membre de la direction de ce parti qui a toujours contesté l’élection de M. Thiam à la tête du PDCI, au motif qu’il ne remplissait pas la condition de dix ans de présence au bureau politique, exigée pour être candidat, ce dernier – qui vit hors du pays depuis le mois de mars 2025 – devrait démissionner, car on ne peut diriger à distance un parti que l’on préside de surcroît illégalement. « Monsieur Tidjane Thiam n’est pas malade, il n’a aucun procès contre lui, aucun mandat d’arrêt. Pourquoi ne vient-il pas diriger son parti ici ? » s’est-elle interrogée lors d’une conférence de presse. Ce à quoi monsieur Soumaila Brédoumy, porte-parole du parti, a répondu en citant les cas de Félix Houphouët-Boigny qui, dans les années 1950, avait dirigé son parti depuis la France pendant plus deux ans, parce qu’il avait eu maille à partir avec les autorités coloniales de l’époque en Côte d’Ivoire, et Henri Konan Bédié qui, contraint à l’exil en France par le coup d’État qui l’avait chassé du pouvoir fin 1999, est néanmoins demeuré le président du parti.

Dans une interview accordée à une chaîne de télévision, M. Thiam a dit avoir été informé par son frère, le tenant lui-même d’une source policière, qu’il serait mis à l’arrêt s’il remettait les pieds en Côte d’Ivoire. Il lui serait reproché son rôle dans les événements de 2020, lorsque M. Bédié et certains opposants au président Ouattara avaient créé ce qu’ils avaient appelé le Conseil national de transition (CNT). Cet organe était censé diriger le pays après le départ du pouvoir du président Ouattara, à la suite d’une insurrection générale qu’ils étaient accusés d’avoir voulu organiser.

Un parti en crise

Lors de la dernière élection présidentielle, M. Thiam avait annoncé depuis Paris, la « libération » du pays dans une semaine, ce que certains avaient interprété comme un appel à une action de déstabilisation. Cependant, aucune action judiciaire n’est à ce jour engagée contre le président du PDCI. De plus en plus de militants, même parmi ses plus fervents supporters, se demandent donc pourquoi il refuse de rentrer au pays. « On a vu ici Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara affronter l’adversité au péril de leur vie. Si, sur la base d’une simple rumeur d’arrestation il refuse de rentrer, cela pose question sur son courage. »

Ce débat est symptomatique du malaise qui traverse le PDCI depuis l’élection de Tidjane Thiam à sa présidence, et qui s’est accentué lors des dernières élections présidentielles et législatives. Ils sont nombreux ceux qui, à l’instar de madame Valérie Yapo, reprochent à l’ancienne direction du vieux parti d’avoir foulé aux pieds ses propres textes pour imposer Tidjane Thiam. Pour certains, le clan baoulé, l’ethnie des deux premiers présidents du parti –Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié– et qui est aussi celle de la majorité des derniers militants de ce parti, a décidé de prendre tout le pouvoir et de ne pas le partager. En témoignent les déboires de Maurice Kakou Guikahué, d’ethnie Bété, cacique parmi les caciques, longtemps secrétaire exécutif sous la présidence de Bédié, qui a été progressivement mis à l’écart et même privé du parrainage du parti pour se présenter aux dernières législatives, au profit d’un Baoulé. Et la désignation d’un autre Baoulé, Maître Blessy Jean Chrysostome, au poste de président du groupe parlementaire du PDCI à l’Assemblée, n’a fait qu’aggraver les choses, conduisant les trois députés maires d’Abidjan que sont Sylvestre Emmou, Jacque Ehouo et Jean Marc Yacé à refuser de siéger dans ledit groupe.

À cela s’ajoutent les problèmes de nationalité de M. Thiam qui lui ont valu de ne pas pouvoir se présenter à la dernière élection présidentielle. À sa majorité, le petit neveu d’Houphouët-Boigny a pris la nationalité française et ainsi perdu celle de la Côte d’Ivoire, en vertu d’une loi qu’il a candidement avoué n’avoir pas lue. Il aurait pu renoncer à la nationalité française pour reprendre celle qu’il avait à sa naissance, mais il a commencé par contester avoir été naturalisé, avant de s’exécuter en fin de compte, après s’être inscrit sur la liste électorale au moment où il était encore Français : ce qui a justifié son exclusion de cette liste. Et ils sont nombreux parmi ses militants à se demander pourquoi ni lui, ni ses avocats n’ont anticipé cette issue. Le moins que l’on puisse dire est que l’ambiance est délétère au sein du PDCI. Et de plus en plus d’observateurs commencent à parier sur une imminente implosion de ce parti.

Laurent Gbagbo nébuleux

De côté du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, plus personne ne comprend ce dernier. Après s’être séparé de ses compagnons les plus emblématiques qu’étaient son épouse Simone, Mamadou Koulibaly, Blé Goudé, Affi N’guessan, il a sanctionné ceux qui se sont présentés aux élections présidentielle et législatives tels que Ahoua Don Mello, alors que lui-même ne pouvait pas concourir pour cause de non inscription sur la liste électorale.

Il avait annoncé avant les élections qu’il quitterait la présidence de son parti au prochain congrès. Mais la direction de ce parti lui a récemment chanté « ne t’en va pas je t’aime » et il est revenu sur sa décision. Puis il a récemment raconté, lors d’une rencontre avec des militants, que Mouammar Kadhafi lui avait déclaré que c’était lui qui avait donné des armes aux personnes qui avaient déclenché la rébellion en 2002. Ce qui a amené ses détracteurs à pointer du doigt qu’il avait, pourtant, toujours accusé la France et certains de ses adversaires politiques ivoiriens sans jamais prononcer le nom du leader libyen. Certains se sont même demandé s’il sait vraiment encore ce qu’il raconte et ce qu’il veut.

Avec une trentaine de députés pour un PDCI en cours de lente désagrégation, zéro pour le PPA-CI réduit à l’état de fantôme, et près de deux cents pour le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au pouvoir, on se demande si l’on peut encore parler d’une opposition ivoirienne.

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Côte d’Ivoire : un faux communiqué sur l’affaire Epstein https://mondafrique.com/confidentiels/cote-divoire-un-faux-communique-plus-vrai-que-nature/ Thu, 19 Feb 2026 13:28:35 +0000 https://mondafrique.com/?p=147346 Le 17 février 2026, un communiqué attribué au procureur de la République de Côte d’Ivoire a fait le tour des réseaux sociaux ivoiriens à la vitesse de la lumière. Dans ce document, la justice somme les citoyens de ne pas s’exprimer sur l’affaire Epstein, sous peine de poursuites judiciaires. Hormis, le manque de logo et […]

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Le 17 février 2026, un communiqué attribué au procureur de la République de Côte d’Ivoire a fait le tour des réseaux sociaux ivoiriens à la vitesse de la lumière. Dans ce document, la justice somme les citoyens de ne pas s’exprimer sur l’affaire Epstein, sous peine de poursuites judiciaires. Hormis, le manque de logo et de signature, tout y est : ton solennel, formulation officielle… Sauf que le document est un faux et le ministère de la Justice le dément illico. L’auteur est un compte Facebook de 24 000 abonnés.

Avec ce communiqué inventé de toutes pièces, le faussaire anonyme a réussi en quelques heures à jeter une lumière crue sur l’état de la liberté d’expression en Côte d’Ivoire. Aucun Ivoirien n’a douté, aucun n’a remis en cause le document, tant le gouvernement ivoirien a institué un contrôle sur les citoyens. C’est bien d’ailleurs ce que démontre l’affaire Epstein dans ce pays. Comme le révélait notre article « Les amis du milliardaire à Abidjan », le délinquant sexuel et financier a été un facilitateur entre les entreprises de sécurité israéliennes et le pouvoir d’Abidjan pour organiser la cyber surveillance, centraliser le renseignement, intercepter les communications, verrouillant ainsi la liberté d’expression.

Le communiqué était faux. Le silence, lui, est certifié d’origine.

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Série Epstein-Afrique (2) : les amis du milliardaire à Abidjan https://mondafrique.com/a-la-une/serie-epstein-afrique-2-lessor-de-letat-de-surveillance-ivoirien/ Mon, 09 Feb 2026 05:23:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146471 Comme ailleurs dans le monde, les révélations autour de Jeffrey Epstein font beaucoup de bruit en Côte d’Ivoire. En réalité, le pays n’apparaît que de façon marginale dans les millions de pages publiées, essentiellement entre 2012 et 2014. Le sulfureux personnage n’y joue qu’un rôle d’intermédiaire. Le vrai sujet est ailleurs : ces fuites illustrent […]

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Comme ailleurs dans le monde, les révélations autour de Jeffrey Epstein font beaucoup de bruit en Côte d’Ivoire. En réalité, le pays n’apparaît que de façon marginale dans les millions de pages publiées, essentiellement entre 2012 et 2014. Le sulfureux personnage n’y joue qu’un rôle d’intermédiaire. Le vrai sujet est ailleurs : ces fuites illustrent la construction d’un appareil de surveillance destiné à verrouiller le pouvoir d’Alassane Ouattara.

Sous Laurent Gbagbo (2000-2010), la Côte d’Ivoire entretenait des relations étroites avec Israël. Pendant la crise post-électorale de 2010-2011, les autorités israéliennes sont restées très discrètes, ne prenant position ni pour un camp ni pour un autre, au moins publiquement. Lorsqu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir en 2011, il ne dispose pas de canaux privilégiés avec Tel-Aviv. La tentative de coup d’État de 2012 change la donne : le Président cherche alors des outils pour sécuriser son fauteuil.

Du partenariat sécuritaire au verrouillage du pouvoir 

C’est dans ce contexte que s’activent l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et Jeffrey Epstein. Les documents disponibles décrivent un travail méthodique de mise en relation, d’organisation de rencontres et de transmission de propositions pour des systèmes de surveillance des communications. Des proches du pouvoir, comme la nièce d’Alassane Ouattara, Nina Keïta, et Sidi Tiémoko Touré, alors chef de cabinet du président de la République, apparaissent comme points de contact dans ces échanges.

Sur les réseaux sociaux, une photo (voir ci-dessus) d’un déjeuner montrant Hamed Bakayoko – le Premier ministre décédé en 2021– aux côtés de Jeffrey Epstein a été largement commentée. Pourtant, rien dans les documents ne prouve une quelconque proximité entre ces deux hommes. Hamed Bakayoko n’agit ici qu’en tant que ministre de l’Intérieur de l’époque, dans le cadre de ce contrat.

Interception des communications et cyber-surveillance

À partir de 2013-2014, l’État ivoirien renforce fortement ses capacités de surveillance : interception des communications, cyber-surveillance, centralisation du renseignement, montée en puissance d’unités spécialisées. Officiellement, il s’agit de lutte antiterroriste. Dans les faits, ces outils, qui n’ont cessé de s’améliorer, donnent au pouvoir une capacité inédite de suivi des oppositions, des mobilisations et des voix critiques.

Jeffrey Epstein n’a été qu’un facilitateur. L’enjeu réel est l’importation d’un modèle sécuritaire qui a contribué à durcir le contrôle politique en Côte d’Ivoire, comme l’a montré l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Israël y a gagné sur tous les tableaux : sur le plan financier, avec de juteux contrats de sécurité pour ses entreprises privées et par la mise en place d’outils qui lui permettent d’accéder à de nombreux renseignements et de surveiller l’importante communauté libanaise en Côte d’Ivoire.

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Une triste histoire entre le footballeur, Yaya Touré, et son amoureuse https://mondafrique.com/societe/venance-konan-le-footballeur-et-le-chantre/ Fri, 06 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146542 Une dispute amoureuse entre deux personnalités publiques fait les choux gras de la presse et des réseaux sociaux de Côte d’Ivoire. Mais se retourne, curieusement, contre celle qui se présente en victime.  Par Venance Konan C’est le genre d’histoire que les Ivoiriens adorent. Une histoire qui devrait ressembler à une histoire d’amour entre deux personnalités […]

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Une dispute amoureuse entre deux personnalités publiques fait les choux gras de la presse et des réseaux sociaux de Côte d’Ivoire. Mais se retourne, curieusement, contre celle qui se présente en victime. 

Par Venance Konan

C’est le genre d’histoire que les Ivoiriens adorent. Une histoire qui devrait ressembler à une histoire d’amour entre deux personnalités connues, où il y a beaucoup d’argent, de sexe, et qui ne finit pas tout à fait comme il se devait. C’est une histoire de ce genre qui captive les Ivoiriens depuis quelques jours et inonde tous les réseaux sociaux. Comment la raconter cette histoire ? Eh bien comme toutes les histoires.

Il était une fois, donc, un ancien footballeur ivoirien du nom de Yaya Touré, qui eut une grande carrière internationale, est toujours une grande star dans son pays, et est réputé avoir gagné beaucoup d’argent. Beaucoup d’argent qui fait rêver dans maintes chaumières. Il rencontra un jour une jeune présentatrice de la télévision nationale ivoirienne du nom d’Anicette Konan, qui poussait de temps en temps la chansonnette pour louer Jésus-Christ son Seigneur. En Côte d’Ivoire, on appelle ces chanteurs qui louent Dieu avec leur musique des chantres. Donc la jeune présentatrice était chantre. Elle était de teint clair, un brin boulotte et ressemblait un peu à l’épouse légitime de la star. C’est peut-être ce qui l’attira chez le chantre. Elle-même dit qu’il le lui dit. Qu’elle ressemblait à son épouse.

« Ils eurent donc une aventure »

Il lui proposa donc de devenir sa seconde épouse. Mais la dame avait été élevée selon des valeurs par ses parents. C’est ce qu’elle dit. En principe, en Côte d’Ivoire, la polygamie est interdite par la loi. Mais les musulmans peuvent épouser jusqu’à quatre femmes. Pas légalement, disons religieusement, et tout le monde ferme les yeux. Mais comment peut-on être la seconde épouse d’un musulman lorsqu’on a été élevée dans des valeurs et que l’on chante Jésus-Christ tous les dimanches et même les autres jours ? Lorsque celui qui fait la demande est une star créditée d’avoir plusieurs milliards de francs CFA sur son compte en banque, les valeurs se mettent dans un coin et ne se font plus trop voir.

Ils eurent donc une aventure. Qui dura exactement une année, au cours de laquelle les deux amants se virent exactement sept fois, selon le décompte de la dame. Il faut dire qu’elle vivait en Côte d’Ivoire pendant que lui vivait à l’étranger avec sa famille. Pour combler les absences, ils s’échangèrent régulièrement des messages par écrit ou par vidéo, des messages très torrides, où il était question parfois d’utilisation de cristaux de menthe pour faire grimper l’amant au septième ciel, ou d’exploration de toutes les cavités de la gente dame.

« La belle histoire d’amour s’arrêta là »

Que se passa-t-il après ? L’amante, qui a étalé toute cette histoire sur la place publique, avec publication des messages et vidéos, dit qu’elle découvrit avec horreur qu’elle n’était pas la seconde épouse de la star, mais plutôt la troisième. Ensuite, l’amant lui demanda de lui faire un enfant. Pas dans le dos, mais bien dans le ventre. Elle accepta et ils ne se préservèrent plus. Mais lorsqu’elle tomba enceinte, l’amant vit rouge et lui tint des propos très discourtois, et lui demanda de façon véhémente d’aller pratiquer un avortement. Ce qu’elle fit. Et la belle histoire d’amour s’arrêta là.

Car l’amant bloqua l’amante au téléphone et passa désormais par certains de ses amis pour s’adresser à elle. Pour la menacer de mort, selon elle. En principe, les choses auraient dû s’en tenir là. Mais que non. La gente dame se sentit, selon ses termes, blessée, bafouée dans son honneur, dans sa dignité, etc. Elle porta donc plainte. Pour réclamer un dédommagement. Qu’elle évalua, selon des indiscrétions, à 700 millions de francs CFA, et aussi le remboursement des frais d’avortement – 50 millions de francs CFA. Mais hélas, la justice ivoirienne fut insensible à la douleur de la pauvre dame blessée et la débouta aussi sec. Alors, elle choisit les réseaux sociaux où elle étala toute l’histoire, avec la publication de tous leurs échanges écrits, audio et vidéo. Avec, en plus, un livre qu’elle annonce pour dans quelques jours, intitulé : Mon combat de femme face à un pervers narcissique

« Mauvaise chrétienne » vouée aux gémonies

Apparemment elle ne fut pas bien inspirée, parce qu’elle n’arrête pas de se faire étriller sur la toile. Aussi bien par les hommes que par les femmes qu’elle a invitées à la soutenir. On l’accuse, pêle-mêle, d’avoir cherché à extorquer de l’argent à la star, raison pour laquelle elle a enregistré leurs conversations, d’avoir inventé la grossesse, d’avoir cherché à la faire chanter, d’avoir bafoué l’épouse du footballeur, d’être une mauvaise chrétienne pour avoir accepté d’être la seconde épouse d’un musulman, d’être une idiote si elle s’est vraiment faite avorter alors que cet homme richissime aurait été obligé de prendre l’enfant en charge… Une juriste sortie d’on ne sait où a longuement expliqué sur la toile, en citant les articles du code pénal ivoirien, que la jeune dame était passible de prison pour l’avortement qu’elle dit avoir pratiqué, car il est interdit en Côte d’Ivoire, et qu’elle devra désigner le médecin qui l’a fait. Elle serait aussi passible de poursuites pour avoir divulgué le contenu de conversations privées. Quant à son livre dont elle a publié la quatrième de couverture sur les réseaux sociaux, il a été violemment attaqué pour les nombreuses fautes décelées dans le texte.

L’arroseur arrosé ? Cela en a tout l’air. De quoi refroidir l’ardeur des adeptes du « revenge porn » qui consiste à rendre publics, sans le consentement de la victime, des images ou propos à caractère érotique échangés dans un cadre privé.

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Les kamikazes de l’aéroport de Niamey ciblaient les drones https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-kamikazes-de-laeroport-de-niamey-ciblaient-les-drones/ Sat, 31 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146209 Après Bamako, il y a seize mois, Niamey. L’attaque djihadiste qui a visé la base de l’armée de l’Air du Niger, dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée avec son lot de ruines et de cadavres. On connaît désormais l’identité des assaillants, leur mode opératoire et leur mobile. Les dirigeants nigériens, […]

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Après Bamako, il y a seize mois, Niamey. L’attaque djihadiste qui a visé la base de l’armée de l’Air du Niger, dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée avec son lot de ruines et de cadavres. On connaît désormais l’identité des assaillants, leur mode opératoire et leur mobile. Les dirigeants nigériens, eux, continuent de soupçonner une main étrangère.

La spectaculaire attaque conduite contre l’aéroport de la capitale du Niger a commencé à livrer ses mystères. Un communiqué du ministère de la Défense, diffusé jeudi soir, a fourni des détails précis : l’heure (00h20), la durée (une trentaine de minutes), le déroulement (« des assaillants à bord de motos arrivés tous phares éteints ») et le bilan. Côté ami : 4 militaires blessés, du matériel endommagé dont « un stock de munitions » incendié, ainsi que des dommages mineurs occasionnés dans leur fuite par les terroristes « tirant à la sauvette » sur trois aéronefs civils stationnés, dont deux de la compagnie Asky. Côté ennemi, « la vigoureuse réponse aéroterrestre a permis la neutralisation de 20 mercenaires et l’arrestation de 11 autres, dont la majorité est grièvement blessée, ainsi que la récupération d’un important matériel de guerre et des motocyclettes. »

Remerciement appuyé aux « partenaires » russes

Le communiqué signé du ministre de la Défense, le général Salifou Modi, se félicite de « la parfaite coordination du dispositif de sécurité de la base aérienne appuyé par les forces de défense et de sécurité de la ville de Niamey », qui semble attestée par la brièveté de l’accrochage. Officiellement, aucune autre force, à l’exception des partenaires russes chaudement remerciés par le chef de l’État, n’a participé à ces événements. Ni les 350 Italiens déployés à l’aéroport de Niamey dans le cadre de la Mission bilatérale de soutien à la République du Niger ni la nouvelle force unifiée de l’Alliance des États du Sahel, également logée à la base 101, qui réunit des soldats du Niger, du Mali et du Burkina Faso. 

Prisonniers capturés après l’attaque. Capture d’écran.

Bien sûr, il y a ce que le communiqué ne précise pas. Il ne dit pas, par exemple, que le troisième aéronef touché par des balles est ivoirien. La mauvaise relation entre les autorités de Niamey et d’Abidjan explique cette omission. Il ne fournit pas non plus les détails matériels des destructions. Des appareils militaires ont-ils été endommagés ? Selon des sources de Mondafrique, c’est notamment le cas d’un Cessna détruit par un drone kamikaze. Le communiqué ne dit pas non plus comment les assaillants ont réussi à pénétrer dans une des zones les plus surveillées de la capitale, sans se faire repérer. Il ne dit pas que le passage des terroristes s’enfuyant de la base 101 vers l’aéroport civil, qui est contigu à l’aéroport militaire, a été facilité par le manque de résistance opposée par gendarmes et policiers sur place.

Il ne précise pas le rôle précis joué par les militaires russes. Mais le général Abdourahamane Tiani, qui s’est rendu dans la matinée à l’Escadrille, a, lui, publiquement remercié les « partenaires russes pour leur prompte réaction qui a permis, dans les 20 minutes suivantes, de mettre l’ennemi en déroute », ajoutant plus loin qu’ils avaient « défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité. » Il semble que ce sont les Russes qui ont fait fonctionner la défense anti-aérienne dans une gerbe de feu qui a illuminé, pour la première fois, le ciel nocturne de la capitale.

Un commando de l’État islamique visant les drones 

Selon une source de Mondafrique en contact avec l’État islamique au Sahel (EIS), c’est un commando de cette organisation qui serait l’auteur de l’attaque, composé de 15 motos (soit 30 hommes) et d’un véhicule 4×4 – transportant probablement les « chefs ». Selon cette source, 4 membres du groupe – peut-être les passagers de ce véhicule dont nul ne fait mention – ont réussi à s’enfuir. Les « cavaliers » à  moto étaient, eux, en mission kamikaze. Leur but : détruire les drones militaires qui gênent considérablement l’EIS dans ses déplacements au Niger, de la zone des trois frontières au nord-ouest du Nigeria (voir article plus bas.) Quatre hommes, deux Saharouis et deux Peuls, seraient entrés à Niamey début janvier pour organiser la logistique. Les motos et certains matériels auraient été achetés sur place. L’État islamique a revendiqué l’opération vendredi, dans un communiqué en arabe où le groupe dit avoir « infligé d’importants dégâts matériels à l’infrastructure militaire. » 

Selon nos informations, le responsable de l’opération est bien connu de l’armée nigérienne. Abdou Tcheyguel est l’un des principaux chefs militaires de l’EIS et bien que Nigérien, il est l’émir d’Indélimane, un village du cercle d’Ansango au Mali, fief de longue date de l’organisation. Quant au cadavre blanc de peau aux cheveux roux, dont la photo a beaucoup circulé en le faisant passer pour celui d’un Français, il s’agit de celui d’un combattant sahraoui.

Il semble bien que la capitale se préparait depuis le début de l’année à un événement de ce genre. Depuis la mi-janvier des alertes avaient été données et elles avaient d’ailleurs circulé sur les réseaux sociaux pro-Bazoum, qui ironisaient alors sur la paranoïa du général Tiani. Les mêmes acteurs en ligne ont abondamment commenté l’attaque jeudi, à travers de nombreux récits et détails invérifiables, voire inventés de toutes pièces. Le fait que ces personnes hors du pays – notamment en France – semblent se réjouir de chaque attaque contre le Niger contribue à nourrir la frustration des Nigériens vivant sur place et la théorie d’un soutien de Paris aux forces de déstabilisation locales, qu’elles soient rebelles – comme le groupe qui sabote régulièrement l’oléoduc – ou djihadistes. Abdourahamane Tiani martèle ces accusations. Il a jeudi, dans l’interview improvisée à l’Escadrille, accusé nommément Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’être les « sponsors » de ces « mercenaires téléguidés ». L’ambassadrice du Niger en Côte d’Ivoire a d’ailleurs été convoquée le lendemain par le ministre des Affaires étrangères à Abidjan pour s’en expliquer.

Le bras de fer politique et judiciaire engagé entre la France et le Niger sur le sort de 1000 tonnes d’uranate entreposées justement à l’aéroport, en vue d’une future vente, est une raison de plus pour que le général Tiani voie la main de Paris dans cette attaque. 

L’Etat islamique trace sa route du Mali vers le Nigeria via le Niger

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Côte d’Ivoire : « Photocopie », le frère qui monte https://mondafrique.com/limage-du-jour/cote-divoire-photocopie-le-frere-qui-monte/ Mon, 26 Jan 2026 05:26:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145925 Attendu depuis les élections législatives du 27 décembre 2025, le nouveau gouvernement ivoirien a été dévoilé le vendredi 23 janvier dernier. Par Venance Konan   Si de nombreux Ivoiriens et observateurs de la vie politique ivoirienne s’étaient attendus à un grand bouleversement pour ce mandat qui pourrait être le dernier du président Alassane Ouattara, le chef […]

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Attendu depuis les élections législatives du 27 décembre 2025, le nouveau gouvernement ivoirien a été dévoilé le vendredi 23 janvier dernier.

Par Venance Konan  

Si de nombreux Ivoiriens et observateurs de la vie politique ivoirienne s’étaient attendus à un grand bouleversement pour ce mandat qui pourrait être le dernier du président Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien a plutôt choisi la continuité en reconduisant pratiquement tout le gouvernement précédent, à l’exception de cinq nouveaux entrants et quatre sortants.

La principale innovation est la création d’un poste de vice-Premier ministre confié à Téné Birahima Ouattara, surnommé « Photocopie » à cause de sa grande ressemblance physique avec le président de la République dont il est le frère cadet. Il cumule désormais ce poste avec celui de ministre de la Défense. Il était auparavant ministre d’État chargé de la Défense depuis 2021, après avoir été ministre des Affaires présidentielles de 2012 à 2021.

En orbite pour 2030 ? 

Pour de nombreux commentateurs, cette nomination vise à placer le frère du Président Ouattara sur orbite pour lui succéder, peut-être en 2030. Depuis quelques années, après les disparitions d’Amadou Gon Coulibaly et Ahmed Bakayoko, la question de la succession du président Alassane Ouattara a commencé à se poser compte-tenu de son âge – 84 ans – et de certains appétits pointant le nez au sein de son parti ainsi que des risques encourus de division, et peut-être même d’implosion du parti.

Et un consensus autour de Téné Birahima Ouattara avait commencé à se faire. Discret mais très affable, gros travailleur et homme à poigne, le frère du Président apparaissait de plus en plus comme le seul homme capable de réaliser l’unité autour de son nom au sein du parti présidentiel – dont il fut le grand argentier durant les années d’opposition – après les décès de ceux que l’on présentait comme les poulains d’Alassane Ouattara.

Un bon bilan à la Défense

Si sa nomination au poste de ministre avait fait lever quelques sourcils à cause de son lien de parenté avec le chef de l’État, « Photocopie » a vite démontré que sa promotion ne tenait pas uniquement à son sang, mais surtout à ses compétences propres. Il a notamment réussi à tenir une armée composée en partie d’ex-rebelles, agitée depuis longtemps par des mutineries, et à en faire l’une des mieux formées et équipées de cette région très troublée de l’Afrique de l’Ouest. Il est aussi parvenu à préserver la Côte d’Ivoire du fléau du djihadisme très actif dans la région, en coordonnant les activités des unités de lutte contre le grand banditisme et le terrorisme. Homme du peuple, il a été élu député de la ville de Kong à partir de 2011, puis maire de cette ville de 2013 à 2018, président du conseil régional du Tchologo depuis 2018, et député de la très turbulente commune d’Abobo aux dernières législatives.

Les Ivoiriens, qui ne manquent jamais d’humour en toutes circonstances, ont commencé à faire circuler sur les réseaux sociaux que « si Beugré Mambé, le Premier ministre, voit encore un dossier, c’est que c’est une photocopie ». Pour dire que la réalité du pouvoir du Premier ministre sera désormais concentrée entre les mains du vice-Premier ministre, justement surnommé « Photocopie ». Ce dernier pourrait dans quelques années monter en grade en tant que Premier ministre de plein droit et être présenté plus tard, en 2030, comme le candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Des précédents dans l’histoire

Bien évidemment, la montée en puissance du frère du Président n’est pas du goût de l’opposition, qui parle d’une future succession dynastique. Mais elle est trop faible et désunie pour réellement donner de la voix et y faire obstacle, d’autant plus que cette nomination n’a rien d’illégal. Si certains ont argué que le poste de vice-Premier ministre n’était pas prévu par la Constitution, il leur a été rétorqué qu’il s’agissait là d’une simple question d’organisation au niveau du gouvernement et que ce n’était pas une nouveauté en Côte d’Ivoire. En effet, en avril 1959, M. Jean-Baptiste Mockey fut nommé vice-Premier ministre chargé du ministère de l’Intérieur du Premier ministre Félix Houphouët-Boigny.

Quant au fait que le nouveau promu est le frère du président de la République, ce n’est pas non plus une nouveauté : cela s’est déjà vu dans une grande démocratie telle que les États Unis, où le président John Kennedy avait nommé son frère Robert ministre de la Justice avant que ce dernier ne prétende à sa succession. On vit aussi George W. Bush devenir président des mêmes États Unis après son père Georges H. W. Bush, et l’épouse du président Bill Clinton prétendre à la succession de son mari. En France, le président François Mitterrand nomma bien son fils Jean-Christophe conseiller pour les affaires africaines.

 Si « Photocopie » a réussi à séduire les électeurs de Kong, du Tchologo, et d’Abobo et les militants du RHDP, il lui reste cinq ans pour séduire le reste des Ivoiriens, si son ambition est de les diriger en 2030.

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Au Bénin, des élections sous le vernis de la normalité https://mondafrique.com/confidentiels/au-benin-des-elections-sous-le-vernis-de-la-normalite/ Wed, 14 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145257   Le 11 janvier, les Béninois se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un pays qui veut afficher un visage apaisé après la tentative de coup d’État du mois dernier. Un épisode brutal, officiellement refermé, mais dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées. Dimanche, pourtant, tout semblait […]

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Le 11 janvier, les Béninois se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un pays qui veut afficher un visage apaisé après la tentative de coup d’État du mois dernier. Un épisode brutal, officiellement refermé, mais dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées.

Dimanche, pourtant, tout semblait « normal ». Les bureaux de vote ont ouvert et fermé sans incident notable, dans un climat présenté comme calme et maîtrisé. Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, alors que le chef de l’État, au terme de son second mandat, s’apprête à quitter le pouvoir lors de la présidentielle d’avril. Une démonstration de continuité institutionnelle, après les violents événements du 8 décembre dernier.

De discrets observateurs russes

Lors de ce scrutin, aucune mission de l’Union européenne n’a été signalée, Bruxelles se faisant de plus en plus rare lors des élections en Afrique. En revanche, une présence a été remarquée : celle d’une petite délégation d’observateurs russes. Officiellement saluée par la Commission électorale nationale autonome lors d’un briefing le 9 janvier, cette mission, forte de seulement sept membres, est restée très discrète. Mentionnée aux côtés des délégations du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, de l’Union africaine et de la Cedeao, cette présence symbolique s’inscrit dans la volonté du Bénin de diversifier ses partenariats, à l’image de nombreux pays du continent. Dans ce cadre, en juillet 2025, Moscou et Cotonou ont signé un accord de coopération militaire, permettant notamment l’accès des navires russes aux ports béninois. Pour autant, le Bénin demeure solidement ancré dans le camp occidental : les aides de la France et de la Cedeao reçues lors du putsch manqué en témoignent.

Une sécurité toujours sous tutelle régionale

Autre présence, peu mise en avant mais néanmoins très significative, celle des soldats nigérians et ivoiriens, déployés sous l’égide de la Cedeao et toujours présents sur le sol béninois. Envoyés en renfort après la tentative de renversement de Patrice Talon, ils incarnent une stabilité sous perfusion régionale bien réelle.

Entre affichage de normalité démocratique, présence militaire étrangère et nouveaux observateurs, le Bénin avance comme si tout allait très bien, madame la marquise.

 

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Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine https://mondafrique.com/decryptage/trump-et-linterdiction-de-visas-business-et-rivalite-avec-la-chine/ Sat, 10 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145058 L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques. Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas […]

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L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques.

Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas à de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique. Le dispositif a été étendu en janvier 2026 avec l’ajout de nouveaux États. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger se voient ainsi placés sous interdiction totale de visas, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, intègrent pour la première fois la liste des pays soumis à des restrictions partielles.

Officiellement, ces mesures sont justifiées par des impératifs de contrôle migratoire et de sécurité nationale. Officieusement, elles s’inscrivent dans une logique plus large de diplomatie transactionnelle. Plusieurs pays du continent, à l’instar du Congo Brazzaville, redoutant un bras de fer avec Washington, privilégient la négociation bilatérale pour tenter de sortir du dispositif. Ils font appel à des avocats et des lobbyistes installés à Washington, qui se font chèrement payer. S’engagent alors des tractations qui dépassent largement la question des visas : ouvertures aux entreprises américaines, coopération stratégique, accès aux matières premières et aux minerais critiques. Bien entendu, en toile de fond, l’objectif principal de la Maison Blanche consiste à contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent.

D’autres pays, à l’inverse, ont opté pour une réponse plus ferme, fondée sur la réciprocité. C’est le cas du Tchad, soumis à une interdiction complète de visas depuis 2025, ainsi que des trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Cette ligne de conduite n’est pas sans créer un certain embarras à Washington, qui cherche parallèlement à préserver son influence et ses coopérations sécuritaires afin de ne pas abandonner à d’autres puissances une région jugée stratégique.

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La Côte d’Ivoire à la croisée des chemins https://mondafrique.com/libre-opinion/la-cote-divoire-a-la-croisee-des-chemins/ Wed, 10 Sep 2025 16:52:29 +0000 https://mondafrique.com/?p=138442 À un mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se trouve dans une situation politique tendue. Le Conseil constitutionnel a validé cinq candidatures, en excluant deux figures majeures de l’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Le président sortant Alassane Ouattara, déjà au pouvoir depuis 2011, brigue un quatrième mandat. Pour […]

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À un mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se trouve dans une situation politique tendue. Le Conseil constitutionnel a validé cinq candidatures, en excluant deux figures majeures de l’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Le président sortant Alassane Ouattara, déjà au pouvoir depuis 2011, brigue un quatrième mandat.

Pour Michel Gbagbo, député et  fils de l’ex-président Gbagbo, s’exprime dans une libre opinion ci dessous que nous publions au nom du pluralisme. D’après lui, le contexte soulève des interrogations profondes sur la légitimité et la souveraineté de l’État ivoirien.

1. Une société fermée : l’effacement de la société civile

Selon John Locke (1690), l’État moderne naît pour garantir la protection des biens et des personnes, et permettre aux citoyens de vivre en sécurité sous des lois communes. Or, en Côte d’Ivoire : 1. lliberté d’expression est restreinte. 2. Les PME/PMI locales sont marginalisées et ne bénéficient pas du ruissellement de la croissance. 3. Les syndicats sont affaiblis, voire muselés. 4. La justice et la police servent le régime, non les citoyens. Ce modèle s’apparente à une « société fermée », où l’État ne protège plus mais contrôle, trahissant les fondements de la société civile. Comme le souligne Georges Burdeau (1970), l’État devient un Janus : « siège d’un pouvoir désincarné, mais pourvoyeur de la puissance des hommes qui gouvernent en son nom » — un visage serein du droit, mais un autre, grimaçant, marqué par les passions politiques.

2. Un système proche de l’état de nature

Locke décrit l’état de nature comme un monde sans lois, où chacun agit et se fait justice de manière naturelle, selon sa propre force. En Côte d’Ivoire : 1. Les dirigeants issus de la rébellion peinent à intérioriser les principes républicains. 2. Le pouvoir est exercé par la force, non par le droit. Des escadron encagoulés arrêtent nuitamment des citoyens. Les mènent dans des lieux inconnus. Ces derniers sont « interrogés » sans avocat. Certains sont torturés, ne serait-ce que psychologiquement. D’autres lisent des confessions télévisées sur des supposés crimes contre l’Etat qu’ils auraient commis. 3. Les lois sont bafouées ou imposées sans débat démocratique. Au fond, l’État ivoirien glisse vers une forme primitive de pouvoir, où la loi du plus fort domine, et où la vengeance supplante la justice. Face à l’incapacité des dirigeants à être légitimes, ils instrumentalisent les moyens de l’Etat au bénéfice d’un clan.

3. Une légitimité démocratique contestée

Karl Popper défend la société ouverte comme celle où le pouvoir est critiquable et révisable. Or : 1. Les élections ne sont pas libres : les opposants sont disqualifiés et les cyber-activsites sont emprisonnés pour leurs déclarations publiques. 2. Les maisons de ces derniers sont saccagés et leurs biens  emportés. 3. Les structures électorales paraissent instrumentalisées. 4. Le pouvoir est confisqué, non disputé. Il en ressort qu’il s’agit d’un déni de légitimité structurelle. L’État ne repose plus sur le consentement des gouvernés, mais sur la manipulation institutionnelle.

4. Une nation fragmentée : le repli communautaire

La nation devrait incarner une communauté de destin. Mais : 1. Lrattrapage ethnique semble revendiqué comme politique d’État. 2. Ldécoupage électoral favorisent certains regroupements. 3. L’égalité entre citoyens est niée dans les faits. Ainsi, la nation devient un outil de division, non d’unification. L’État-nation ivoirien échoue à incarner une identité commune. Il devient dangereux pour tous.

5. l’État au service du régime

La souveraineté de l’État devrait garantir la sécurité collective et l’autodétermination du peuple. Or : 1. La sécurité vise à protéger le régime, non les citoyens – comme on l’aurait vu lors de l’épisode dit du « gbaka vert ». 2. La souveraineté est fragilisée par la dépendance extérieure, notamment vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale. Au fond, l’État ivoirien ne défend plus l’intérêt général, mais l’intérêt d’un régimed’un clan, soutenu par des alliances extérieures. Comme le montre pourtant Adam Smith (1776), la richesse des nations devrait être celle de tous les citoyens, dans leur diversité. Mais est-ce le cas en Côte d’Ivoire ?

La Côte d’Ivoire contemporaine présente les symptômes d’un État en crise de légitimité. Elle ne répond plus aux critères philosophiques de l’État moderne : protection, souveraineté, représentativité, égalité. Loin d’être une société ouverte, elle s’apparente à une forme autoritaire, où la nation est instrumentalisée, et où le pouvoir échappe à la critique. Il ne s’agit pas seulement d’un dysfonctionnement, mais d’une crise profonde de sens et de structure, qui appelle à une refondation démocratique, inclusive et souveraine.

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