Côte d'Ivoire - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/cote-divoire/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Mon, 09 Feb 2026 08:15:57 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Côte d'Ivoire - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/cote-divoire/ 32 32 Série Epstein-Afrique (2) : les amis du milliardaire à Abidjan https://mondafrique.com/a-la-une/serie-epstein-afrique-2-lessor-de-letat-de-surveillance-ivoirien/ https://mondafrique.com/a-la-une/serie-epstein-afrique-2-lessor-de-letat-de-surveillance-ivoirien/#respond Mon, 09 Feb 2026 05:23:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146471 Comme ailleurs dans le monde, les révélations autour de Jeffrey Epstein font beaucoup de bruit en Côte d’Ivoire. En réalité, le pays n’apparaît que de façon marginale dans les millions de pages publiées, essentiellement entre 2012 et 2014. Le sulfureux personnage n’y joue qu’un rôle d’intermédiaire. Le vrai sujet est ailleurs : ces fuites illustrent […]

Cet article Série Epstein-Afrique (2) : les amis du milliardaire à Abidjan est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Comme ailleurs dans le monde, les révélations autour de Jeffrey Epstein font beaucoup de bruit en Côte d’Ivoire. En réalité, le pays n’apparaît que de façon marginale dans les millions de pages publiées, essentiellement entre 2012 et 2014. Le sulfureux personnage n’y joue qu’un rôle d’intermédiaire. Le vrai sujet est ailleurs : ces fuites illustrent la construction d’un appareil de surveillance destiné à verrouiller le pouvoir d’Alassane Ouattara.

Sous Laurent Gbagbo (2000-2010), la Côte d’Ivoire entretenait des relations étroites avec Israël. Pendant la crise post-électorale de 2010-2011, les autorités israéliennes sont restées très discrètes, ne prenant position ni pour un camp ni pour un autre, au moins publiquement. Lorsqu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir en 2011, il ne dispose pas de canaux privilégiés avec Tel-Aviv. La tentative de coup d’État de 2012 change la donne : le Président cherche alors des outils pour sécuriser son fauteuil.

Du partenariat sécuritaire au verrouillage du pouvoir 

C’est dans ce contexte que s’activent l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et Jeffrey Epstein. Les documents disponibles décrivent un travail méthodique de mise en relation, d’organisation de rencontres et de transmission de propositions pour des systèmes de surveillance des communications. Des proches du pouvoir, comme la nièce d’Alassane Ouattara, Nina Keïta, et Sidi Tiémoko Touré, alors chef de cabinet du président de la République, apparaissent comme points de contact dans ces échanges.

Sur les réseaux sociaux, une photo (voir ci-dessus) d’un déjeuner montrant Hamed Bakayoko – le Premier ministre décédé en 2021– aux côtés de Jeffrey Epstein a été largement commentée. Pourtant, rien dans les documents ne prouve une quelconque proximité entre ces deux hommes. Hamed Bakayoko n’agit ici qu’en tant que ministre de l’Intérieur de l’époque, dans le cadre de ce contrat.

Interception des communications et cyber-surveillance

À partir de 2013-2014, l’État ivoirien renforce fortement ses capacités de surveillance : interception des communications, cyber-surveillance, centralisation du renseignement, montée en puissance d’unités spécialisées. Officiellement, il s’agit de lutte antiterroriste. Dans les faits, ces outils, qui n’ont cessé de s’améliorer, donnent au pouvoir une capacité inédite de suivi des oppositions, des mobilisations et des voix critiques.

Jeffrey Epstein n’a été qu’un facilitateur. L’enjeu réel est l’importation d’un modèle sécuritaire qui a contribué à durcir le contrôle politique en Côte d’Ivoire, comme l’a montré l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Israël y a gagné sur tous les tableaux : sur le plan financier, avec de juteux contrats de sécurité pour ses entreprises privées et par la mise en place d’outils qui lui permettent d’accéder à de nombreux renseignements et de surveiller l’importante communauté libanaise en Côte d’Ivoire.

Cet article Série Epstein-Afrique (2) : les amis du milliardaire à Abidjan est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/a-la-une/serie-epstein-afrique-2-lessor-de-letat-de-surveillance-ivoirien/feed/ 0
Une triste histoire entre le footballeur, Yaya Touré, et son amoureuse https://mondafrique.com/societe/venance-konan-le-footballeur-et-le-chantre/ https://mondafrique.com/societe/venance-konan-le-footballeur-et-le-chantre/#respond Fri, 06 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146542 Une dispute amoureuse entre deux personnalités publiques fait les choux gras de la presse et des réseaux sociaux de Côte d’Ivoire. Mais se retourne, curieusement, contre celle qui se présente en victime.  Par Venance Konan C’est le genre d’histoire que les Ivoiriens adorent. Une histoire qui devrait ressembler à une histoire d’amour entre deux personnalités […]

Cet article Une triste histoire entre le footballeur, Yaya Touré, et son amoureuse est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Une dispute amoureuse entre deux personnalités publiques fait les choux gras de la presse et des réseaux sociaux de Côte d’Ivoire. Mais se retourne, curieusement, contre celle qui se présente en victime. 

Par Venance Konan

C’est le genre d’histoire que les Ivoiriens adorent. Une histoire qui devrait ressembler à une histoire d’amour entre deux personnalités connues, où il y a beaucoup d’argent, de sexe, et qui ne finit pas tout à fait comme il se devait. C’est une histoire de ce genre qui captive les Ivoiriens depuis quelques jours et inonde tous les réseaux sociaux. Comment la raconter cette histoire ? Eh bien comme toutes les histoires.

Il était une fois, donc, un ancien footballeur ivoirien du nom de Yaya Touré, qui eut une grande carrière internationale, est toujours une grande star dans son pays, et est réputé avoir gagné beaucoup d’argent. Beaucoup d’argent qui fait rêver dans maintes chaumières. Il rencontra un jour une jeune présentatrice de la télévision nationale ivoirienne du nom d’Anicette Konan, qui poussait de temps en temps la chansonnette pour louer Jésus-Christ son Seigneur. En Côte d’Ivoire, on appelle ces chanteurs qui louent Dieu avec leur musique des chantres. Donc la jeune présentatrice était chantre. Elle était de teint clair, un brin boulotte et ressemblait un peu à l’épouse légitime de la star. C’est peut-être ce qui l’attira chez le chantre. Elle-même dit qu’il le lui dit. Qu’elle ressemblait à son épouse.

« Ils eurent donc une aventure »

Il lui proposa donc de devenir sa seconde épouse. Mais la dame avait été élevée selon des valeurs par ses parents. C’est ce qu’elle dit. En principe, en Côte d’Ivoire, la polygamie est interdite par la loi. Mais les musulmans peuvent épouser jusqu’à quatre femmes. Pas légalement, disons religieusement, et tout le monde ferme les yeux. Mais comment peut-on être la seconde épouse d’un musulman lorsqu’on a été élevée dans des valeurs et que l’on chante Jésus-Christ tous les dimanches et même les autres jours ? Lorsque celui qui fait la demande est une star créditée d’avoir plusieurs milliards de francs CFA sur son compte en banque, les valeurs se mettent dans un coin et ne se font plus trop voir.

Ils eurent donc une aventure. Qui dura exactement une année, au cours de laquelle les deux amants se virent exactement sept fois, selon le décompte de la dame. Il faut dire qu’elle vivait en Côte d’Ivoire pendant que lui vivait à l’étranger avec sa famille. Pour combler les absences, ils s’échangèrent régulièrement des messages par écrit ou par vidéo, des messages très torrides, où il était question parfois d’utilisation de cristaux de menthe pour faire grimper l’amant au septième ciel, ou d’exploration de toutes les cavités de la gente dame.

« La belle histoire d’amour s’arrêta là »

Que se passa-t-il après ? L’amante, qui a étalé toute cette histoire sur la place publique, avec publication des messages et vidéos, dit qu’elle découvrit avec horreur qu’elle n’était pas la seconde épouse de la star, mais plutôt la troisième. Ensuite, l’amant lui demanda de lui faire un enfant. Pas dans le dos, mais bien dans le ventre. Elle accepta et ils ne se préservèrent plus. Mais lorsqu’elle tomba enceinte, l’amant vit rouge et lui tint des propos très discourtois, et lui demanda de façon véhémente d’aller pratiquer un avortement. Ce qu’elle fit. Et la belle histoire d’amour s’arrêta là.

Car l’amant bloqua l’amante au téléphone et passa désormais par certains de ses amis pour s’adresser à elle. Pour la menacer de mort, selon elle. En principe, les choses auraient dû s’en tenir là. Mais que non. La gente dame se sentit, selon ses termes, blessée, bafouée dans son honneur, dans sa dignité, etc. Elle porta donc plainte. Pour réclamer un dédommagement. Qu’elle évalua, selon des indiscrétions, à 700 millions de francs CFA, et aussi le remboursement des frais d’avortement – 50 millions de francs CFA. Mais hélas, la justice ivoirienne fut insensible à la douleur de la pauvre dame blessée et la débouta aussi sec. Alors, elle choisit les réseaux sociaux où elle étala toute l’histoire, avec la publication de tous leurs échanges écrits, audio et vidéo. Avec, en plus, un livre qu’elle annonce pour dans quelques jours, intitulé : Mon combat de femme face à un pervers narcissique

« Mauvaise chrétienne » vouée aux gémonies

Apparemment elle ne fut pas bien inspirée, parce qu’elle n’arrête pas de se faire étriller sur la toile. Aussi bien par les hommes que par les femmes qu’elle a invitées à la soutenir. On l’accuse, pêle-mêle, d’avoir cherché à extorquer de l’argent à la star, raison pour laquelle elle a enregistré leurs conversations, d’avoir inventé la grossesse, d’avoir cherché à la faire chanter, d’avoir bafoué l’épouse du footballeur, d’être une mauvaise chrétienne pour avoir accepté d’être la seconde épouse d’un musulman, d’être une idiote si elle s’est vraiment faite avorter alors que cet homme richissime aurait été obligé de prendre l’enfant en charge… Une juriste sortie d’on ne sait où a longuement expliqué sur la toile, en citant les articles du code pénal ivoirien, que la jeune dame était passible de prison pour l’avortement qu’elle dit avoir pratiqué, car il est interdit en Côte d’Ivoire, et qu’elle devra désigner le médecin qui l’a fait. Elle serait aussi passible de poursuites pour avoir divulgué le contenu de conversations privées. Quant à son livre dont elle a publié la quatrième de couverture sur les réseaux sociaux, il a été violemment attaqué pour les nombreuses fautes décelées dans le texte.

L’arroseur arrosé ? Cela en a tout l’air. De quoi refroidir l’ardeur des adeptes du « revenge porn » qui consiste à rendre publics, sans le consentement de la victime, des images ou propos à caractère érotique échangés dans un cadre privé.

Cet article Une triste histoire entre le footballeur, Yaya Touré, et son amoureuse est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/societe/venance-konan-le-footballeur-et-le-chantre/feed/ 0
Les kamikazes de l’aéroport de Niamey ciblaient les drones https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-kamikazes-de-laeroport-de-niamey-ciblaient-les-drones/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-kamikazes-de-laeroport-de-niamey-ciblaient-les-drones/#respond Sat, 31 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146209 Après Bamako, il y a seize mois, Niamey. L’attaque djihadiste qui a visé la base de l’armée de l’Air du Niger, dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée avec son lot de ruines et de cadavres. On connaît désormais l’identité des assaillants, leur mode opératoire et leur mobile. Les dirigeants nigériens, […]

Cet article Les kamikazes de l’aéroport de Niamey ciblaient les drones est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Après Bamako, il y a seize mois, Niamey. L’attaque djihadiste qui a visé la base de l’armée de l’Air du Niger, dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée avec son lot de ruines et de cadavres. On connaît désormais l’identité des assaillants, leur mode opératoire et leur mobile. Les dirigeants nigériens, eux, continuent de soupçonner une main étrangère.

La spectaculaire attaque conduite contre l’aéroport de la capitale du Niger a commencé à livrer ses mystères. Un communiqué du ministère de la Défense, diffusé jeudi soir, a fourni des détails précis : l’heure (00h20), la durée (une trentaine de minutes), le déroulement (« des assaillants à bord de motos arrivés tous phares éteints ») et le bilan. Côté ami : 4 militaires blessés, du matériel endommagé dont « un stock de munitions » incendié, ainsi que des dommages mineurs occasionnés dans leur fuite par les terroristes « tirant à la sauvette » sur trois aéronefs civils stationnés, dont deux de la compagnie Asky. Côté ennemi, « la vigoureuse réponse aéroterrestre a permis la neutralisation de 20 mercenaires et l’arrestation de 11 autres, dont la majorité est grièvement blessée, ainsi que la récupération d’un important matériel de guerre et des motocyclettes. »

Remerciement appuyé aux « partenaires » russes

Le communiqué signé du ministre de la Défense, le général Salifou Modi, se félicite de « la parfaite coordination du dispositif de sécurité de la base aérienne appuyé par les forces de défense et de sécurité de la ville de Niamey », qui semble attestée par la brièveté de l’accrochage. Officiellement, aucune autre force, à l’exception des partenaires russes chaudement remerciés par le chef de l’État, n’a participé à ces événements. Ni les 350 Italiens déployés à l’aéroport de Niamey dans le cadre de la Mission bilatérale de soutien à la République du Niger ni la nouvelle force unifiée de l’Alliance des États du Sahel, également logée à la base 101, qui réunit des soldats du Niger, du Mali et du Burkina Faso. 

Prisonniers capturés après l’attaque. Capture d’écran.

Bien sûr, il y a ce que le communiqué ne précise pas. Il ne dit pas, par exemple, que le troisième aéronef touché par des balles est ivoirien. La mauvaise relation entre les autorités de Niamey et d’Abidjan explique cette omission. Il ne fournit pas non plus les détails matériels des destructions. Des appareils militaires ont-ils été endommagés ? Selon des sources de Mondafrique, c’est notamment le cas d’un Cessna détruit par un drone kamikaze. Le communiqué ne dit pas non plus comment les assaillants ont réussi à pénétrer dans une des zones les plus surveillées de la capitale, sans se faire repérer. Il ne dit pas que le passage des terroristes s’enfuyant de la base 101 vers l’aéroport civil, qui est contigu à l’aéroport militaire, a été facilité par le manque de résistance opposée par gendarmes et policiers sur place.

Il ne précise pas le rôle précis joué par les militaires russes. Mais le général Abdourahamane Tiani, qui s’est rendu dans la matinée à l’Escadrille, a, lui, publiquement remercié les « partenaires russes pour leur prompte réaction qui a permis, dans les 20 minutes suivantes, de mettre l’ennemi en déroute », ajoutant plus loin qu’ils avaient « défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité. » Il semble que ce sont les Russes qui ont fait fonctionner la défense anti-aérienne dans une gerbe de feu qui a illuminé, pour la première fois, le ciel nocturne de la capitale.

Un commando de l’État islamique visant les drones 

Selon une source de Mondafrique en contact avec l’État islamique au Sahel (EIS), c’est un commando de cette organisation qui serait l’auteur de l’attaque, composé de 15 motos (soit 30 hommes) et d’un véhicule 4×4 – transportant probablement les « chefs ». Selon cette source, 4 membres du groupe – peut-être les passagers de ce véhicule dont nul ne fait mention – ont réussi à s’enfuir. Les « cavaliers » à  moto étaient, eux, en mission kamikaze. Leur but : détruire les drones militaires qui gênent considérablement l’EIS dans ses déplacements au Niger, de la zone des trois frontières au nord-ouest du Nigeria (voir article plus bas.) Quatre hommes, deux Saharouis et deux Peuls, seraient entrés à Niamey début janvier pour organiser la logistique. Les motos et certains matériels auraient été achetés sur place. L’État islamique a revendiqué l’opération vendredi, dans un communiqué en arabe où le groupe dit avoir « infligé d’importants dégâts matériels à l’infrastructure militaire. » 

Selon nos informations, le responsable de l’opération est bien connu de l’armée nigérienne. Abdou Tcheyguel est l’un des principaux chefs militaires de l’EIS et bien que Nigérien, il est l’émir d’Indélimane, un village du cercle d’Ansango au Mali, fief de longue date de l’organisation. Quant au cadavre blanc de peau aux cheveux roux, dont la photo a beaucoup circulé en le faisant passer pour celui d’un Français, il s’agit de celui d’un combattant sahraoui.

Il semble bien que la capitale se préparait depuis le début de l’année à un événement de ce genre. Depuis la mi-janvier des alertes avaient été données et elles avaient d’ailleurs circulé sur les réseaux sociaux pro-Bazoum, qui ironisaient alors sur la paranoïa du général Tiani. Les mêmes acteurs en ligne ont abondamment commenté l’attaque jeudi, à travers de nombreux récits et détails invérifiables, voire inventés de toutes pièces. Le fait que ces personnes hors du pays – notamment en France – semblent se réjouir de chaque attaque contre le Niger contribue à nourrir la frustration des Nigériens vivant sur place et la théorie d’un soutien de Paris aux forces de déstabilisation locales, qu’elles soient rebelles – comme le groupe qui sabote régulièrement l’oléoduc – ou djihadistes. Abdourahamane Tiani martèle ces accusations. Il a jeudi, dans l’interview improvisée à l’Escadrille, accusé nommément Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’être les « sponsors » de ces « mercenaires téléguidés ». L’ambassadrice du Niger en Côte d’Ivoire a d’ailleurs été convoquée le lendemain par le ministre des Affaires étrangères à Abidjan pour s’en expliquer.

Le bras de fer politique et judiciaire engagé entre la France et le Niger sur le sort de 1000 tonnes d’uranate entreposées justement à l’aéroport, en vue d’une future vente, est une raison de plus pour que le général Tiani voie la main de Paris dans cette attaque. 

L’Etat islamique trace sa route du Mali vers le Nigeria via le Niger

Cet article Les kamikazes de l’aéroport de Niamey ciblaient les drones est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-kamikazes-de-laeroport-de-niamey-ciblaient-les-drones/feed/ 0
Côte d’Ivoire : « Photocopie », le frère qui monte https://mondafrique.com/limage-du-jour/cote-divoire-photocopie-le-frere-qui-monte/ Mon, 26 Jan 2026 05:26:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145925 Attendu depuis les élections législatives du 27 décembre 2025, le nouveau gouvernement ivoirien a été dévoilé le vendredi 23 janvier dernier. Par Venance Konan   Si de nombreux Ivoiriens et observateurs de la vie politique ivoirienne s’étaient attendus à un grand bouleversement pour ce mandat qui pourrait être le dernier du président Alassane Ouattara, le chef […]

Cet article Côte d’Ivoire : « Photocopie », le frère qui monte est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Attendu depuis les élections législatives du 27 décembre 2025, le nouveau gouvernement ivoirien a été dévoilé le vendredi 23 janvier dernier.

Par Venance Konan  

Si de nombreux Ivoiriens et observateurs de la vie politique ivoirienne s’étaient attendus à un grand bouleversement pour ce mandat qui pourrait être le dernier du président Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien a plutôt choisi la continuité en reconduisant pratiquement tout le gouvernement précédent, à l’exception de cinq nouveaux entrants et quatre sortants.

La principale innovation est la création d’un poste de vice-Premier ministre confié à Téné Birahima Ouattara, surnommé « Photocopie » à cause de sa grande ressemblance physique avec le président de la République dont il est le frère cadet. Il cumule désormais ce poste avec celui de ministre de la Défense. Il était auparavant ministre d’État chargé de la Défense depuis 2021, après avoir été ministre des Affaires présidentielles de 2012 à 2021.

En orbite pour 2030 ? 

Pour de nombreux commentateurs, cette nomination vise à placer le frère du Président Ouattara sur orbite pour lui succéder, peut-être en 2030. Depuis quelques années, après les disparitions d’Amadou Gon Coulibaly et Ahmed Bakayoko, la question de la succession du président Alassane Ouattara a commencé à se poser compte-tenu de son âge – 84 ans – et de certains appétits pointant le nez au sein de son parti ainsi que des risques encourus de division, et peut-être même d’implosion du parti.

Et un consensus autour de Téné Birahima Ouattara avait commencé à se faire. Discret mais très affable, gros travailleur et homme à poigne, le frère du Président apparaissait de plus en plus comme le seul homme capable de réaliser l’unité autour de son nom au sein du parti présidentiel – dont il fut le grand argentier durant les années d’opposition – après les décès de ceux que l’on présentait comme les poulains d’Alassane Ouattara.

Un bon bilan à la Défense

Si sa nomination au poste de ministre avait fait lever quelques sourcils à cause de son lien de parenté avec le chef de l’État, « Photocopie » a vite démontré que sa promotion ne tenait pas uniquement à son sang, mais surtout à ses compétences propres. Il a notamment réussi à tenir une armée composée en partie d’ex-rebelles, agitée depuis longtemps par des mutineries, et à en faire l’une des mieux formées et équipées de cette région très troublée de l’Afrique de l’Ouest. Il est aussi parvenu à préserver la Côte d’Ivoire du fléau du djihadisme très actif dans la région, en coordonnant les activités des unités de lutte contre le grand banditisme et le terrorisme. Homme du peuple, il a été élu député de la ville de Kong à partir de 2011, puis maire de cette ville de 2013 à 2018, président du conseil régional du Tchologo depuis 2018, et député de la très turbulente commune d’Abobo aux dernières législatives.

Les Ivoiriens, qui ne manquent jamais d’humour en toutes circonstances, ont commencé à faire circuler sur les réseaux sociaux que « si Beugré Mambé, le Premier ministre, voit encore un dossier, c’est que c’est une photocopie ». Pour dire que la réalité du pouvoir du Premier ministre sera désormais concentrée entre les mains du vice-Premier ministre, justement surnommé « Photocopie ». Ce dernier pourrait dans quelques années monter en grade en tant que Premier ministre de plein droit et être présenté plus tard, en 2030, comme le candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Des précédents dans l’histoire

Bien évidemment, la montée en puissance du frère du Président n’est pas du goût de l’opposition, qui parle d’une future succession dynastique. Mais elle est trop faible et désunie pour réellement donner de la voix et y faire obstacle, d’autant plus que cette nomination n’a rien d’illégal. Si certains ont argué que le poste de vice-Premier ministre n’était pas prévu par la Constitution, il leur a été rétorqué qu’il s’agissait là d’une simple question d’organisation au niveau du gouvernement et que ce n’était pas une nouveauté en Côte d’Ivoire. En effet, en avril 1959, M. Jean-Baptiste Mockey fut nommé vice-Premier ministre chargé du ministère de l’Intérieur du Premier ministre Félix Houphouët-Boigny.

Quant au fait que le nouveau promu est le frère du président de la République, ce n’est pas non plus une nouveauté : cela s’est déjà vu dans une grande démocratie telle que les États Unis, où le président John Kennedy avait nommé son frère Robert ministre de la Justice avant que ce dernier ne prétende à sa succession. On vit aussi George W. Bush devenir président des mêmes États Unis après son père Georges H. W. Bush, et l’épouse du président Bill Clinton prétendre à la succession de son mari. En France, le président François Mitterrand nomma bien son fils Jean-Christophe conseiller pour les affaires africaines.

 Si « Photocopie » a réussi à séduire les électeurs de Kong, du Tchologo, et d’Abobo et les militants du RHDP, il lui reste cinq ans pour séduire le reste des Ivoiriens, si son ambition est de les diriger en 2030.

Cet article Côte d’Ivoire : « Photocopie », le frère qui monte est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Au Bénin, des élections sous le vernis de la normalité https://mondafrique.com/confidentiels/au-benin-des-elections-sous-le-vernis-de-la-normalite/ Wed, 14 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145257   Le 11 janvier, les Béninois se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un pays qui veut afficher un visage apaisé après la tentative de coup d’État du mois dernier. Un épisode brutal, officiellement refermé, mais dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées. Dimanche, pourtant, tout semblait […]

Cet article Au Bénin, des élections sous le vernis de la normalité est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
 

Le 11 janvier, les Béninois se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un pays qui veut afficher un visage apaisé après la tentative de coup d’État du mois dernier. Un épisode brutal, officiellement refermé, mais dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées.

Dimanche, pourtant, tout semblait « normal ». Les bureaux de vote ont ouvert et fermé sans incident notable, dans un climat présenté comme calme et maîtrisé. Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, alors que le chef de l’État, au terme de son second mandat, s’apprête à quitter le pouvoir lors de la présidentielle d’avril. Une démonstration de continuité institutionnelle, après les violents événements du 8 décembre dernier.

De discrets observateurs russes

Lors de ce scrutin, aucune mission de l’Union européenne n’a été signalée, Bruxelles se faisant de plus en plus rare lors des élections en Afrique. En revanche, une présence a été remarquée : celle d’une petite délégation d’observateurs russes. Officiellement saluée par la Commission électorale nationale autonome lors d’un briefing le 9 janvier, cette mission, forte de seulement sept membres, est restée très discrète. Mentionnée aux côtés des délégations du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, de l’Union africaine et de la Cedeao, cette présence symbolique s’inscrit dans la volonté du Bénin de diversifier ses partenariats, à l’image de nombreux pays du continent. Dans ce cadre, en juillet 2025, Moscou et Cotonou ont signé un accord de coopération militaire, permettant notamment l’accès des navires russes aux ports béninois. Pour autant, le Bénin demeure solidement ancré dans le camp occidental : les aides de la France et de la Cedeao reçues lors du putsch manqué en témoignent.

Une sécurité toujours sous tutelle régionale

Autre présence, peu mise en avant mais néanmoins très significative, celle des soldats nigérians et ivoiriens, déployés sous l’égide de la Cedeao et toujours présents sur le sol béninois. Envoyés en renfort après la tentative de renversement de Patrice Talon, ils incarnent une stabilité sous perfusion régionale bien réelle.

Entre affichage de normalité démocratique, présence militaire étrangère et nouveaux observateurs, le Bénin avance comme si tout allait très bien, madame la marquise.

 

Cet article Au Bénin, des élections sous le vernis de la normalité est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine https://mondafrique.com/decryptage/trump-et-linterdiction-de-visas-business-et-rivalite-avec-la-chine/ Sat, 10 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145058 L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques. Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas […]

Cet article Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques.

Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas à de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique. Le dispositif a été étendu en janvier 2026 avec l’ajout de nouveaux États. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger se voient ainsi placés sous interdiction totale de visas, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, intègrent pour la première fois la liste des pays soumis à des restrictions partielles.

Officiellement, ces mesures sont justifiées par des impératifs de contrôle migratoire et de sécurité nationale. Officieusement, elles s’inscrivent dans une logique plus large de diplomatie transactionnelle. Plusieurs pays du continent, à l’instar du Congo Brazzaville, redoutant un bras de fer avec Washington, privilégient la négociation bilatérale pour tenter de sortir du dispositif. Ils font appel à des avocats et des lobbyistes installés à Washington, qui se font chèrement payer. S’engagent alors des tractations qui dépassent largement la question des visas : ouvertures aux entreprises américaines, coopération stratégique, accès aux matières premières et aux minerais critiques. Bien entendu, en toile de fond, l’objectif principal de la Maison Blanche consiste à contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent.

D’autres pays, à l’inverse, ont opté pour une réponse plus ferme, fondée sur la réciprocité. C’est le cas du Tchad, soumis à une interdiction complète de visas depuis 2025, ainsi que des trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Cette ligne de conduite n’est pas sans créer un certain embarras à Washington, qui cherche parallèlement à préserver son influence et ses coopérations sécuritaires afin de ne pas abandonner à d’autres puissances une région jugée stratégique.

Cet article Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
La Côte d’Ivoire à la croisée des chemins https://mondafrique.com/libre-opinion/la-cote-divoire-a-la-croisee-des-chemins/ Wed, 10 Sep 2025 16:52:29 +0000 https://mondafrique.com/?p=138442 À un mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se trouve dans une situation politique tendue. Le Conseil constitutionnel a validé cinq candidatures, en excluant deux figures majeures de l’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Le président sortant Alassane Ouattara, déjà au pouvoir depuis 2011, brigue un quatrième mandat. Pour […]

Cet article La Côte d’Ivoire à la croisée des chemins est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
À un mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se trouve dans une situation politique tendue. Le Conseil constitutionnel a validé cinq candidatures, en excluant deux figures majeures de l’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Le président sortant Alassane Ouattara, déjà au pouvoir depuis 2011, brigue un quatrième mandat.

Pour Michel Gbagbo, député et  fils de l’ex-président Gbagbo, s’exprime dans une libre opinion ci dessous que nous publions au nom du pluralisme. D’après lui, le contexte soulève des interrogations profondes sur la légitimité et la souveraineté de l’État ivoirien.

1. Une société fermée : l’effacement de la société civile

Selon John Locke (1690), l’État moderne naît pour garantir la protection des biens et des personnes, et permettre aux citoyens de vivre en sécurité sous des lois communes. Or, en Côte d’Ivoire : 1. lliberté d’expression est restreinte. 2. Les PME/PMI locales sont marginalisées et ne bénéficient pas du ruissellement de la croissance. 3. Les syndicats sont affaiblis, voire muselés. 4. La justice et la police servent le régime, non les citoyens. Ce modèle s’apparente à une « société fermée », où l’État ne protège plus mais contrôle, trahissant les fondements de la société civile. Comme le souligne Georges Burdeau (1970), l’État devient un Janus : « siège d’un pouvoir désincarné, mais pourvoyeur de la puissance des hommes qui gouvernent en son nom » — un visage serein du droit, mais un autre, grimaçant, marqué par les passions politiques.

2. Un système proche de l’état de nature

Locke décrit l’état de nature comme un monde sans lois, où chacun agit et se fait justice de manière naturelle, selon sa propre force. En Côte d’Ivoire : 1. Les dirigeants issus de la rébellion peinent à intérioriser les principes républicains. 2. Le pouvoir est exercé par la force, non par le droit. Des escadron encagoulés arrêtent nuitamment des citoyens. Les mènent dans des lieux inconnus. Ces derniers sont « interrogés » sans avocat. Certains sont torturés, ne serait-ce que psychologiquement. D’autres lisent des confessions télévisées sur des supposés crimes contre l’Etat qu’ils auraient commis. 3. Les lois sont bafouées ou imposées sans débat démocratique. Au fond, l’État ivoirien glisse vers une forme primitive de pouvoir, où la loi du plus fort domine, et où la vengeance supplante la justice. Face à l’incapacité des dirigeants à être légitimes, ils instrumentalisent les moyens de l’Etat au bénéfice d’un clan.

3. Une légitimité démocratique contestée

Karl Popper défend la société ouverte comme celle où le pouvoir est critiquable et révisable. Or : 1. Les élections ne sont pas libres : les opposants sont disqualifiés et les cyber-activsites sont emprisonnés pour leurs déclarations publiques. 2. Les maisons de ces derniers sont saccagés et leurs biens  emportés. 3. Les structures électorales paraissent instrumentalisées. 4. Le pouvoir est confisqué, non disputé. Il en ressort qu’il s’agit d’un déni de légitimité structurelle. L’État ne repose plus sur le consentement des gouvernés, mais sur la manipulation institutionnelle.

4. Une nation fragmentée : le repli communautaire

La nation devrait incarner une communauté de destin. Mais : 1. Lrattrapage ethnique semble revendiqué comme politique d’État. 2. Ldécoupage électoral favorisent certains regroupements. 3. L’égalité entre citoyens est niée dans les faits. Ainsi, la nation devient un outil de division, non d’unification. L’État-nation ivoirien échoue à incarner une identité commune. Il devient dangereux pour tous.

5. l’État au service du régime

La souveraineté de l’État devrait garantir la sécurité collective et l’autodétermination du peuple. Or : 1. La sécurité vise à protéger le régime, non les citoyens – comme on l’aurait vu lors de l’épisode dit du « gbaka vert ». 2. La souveraineté est fragilisée par la dépendance extérieure, notamment vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale. Au fond, l’État ivoirien ne défend plus l’intérêt général, mais l’intérêt d’un régimed’un clan, soutenu par des alliances extérieures. Comme le montre pourtant Adam Smith (1776), la richesse des nations devrait être celle de tous les citoyens, dans leur diversité. Mais est-ce le cas en Côte d’Ivoire ?

La Côte d’Ivoire contemporaine présente les symptômes d’un État en crise de légitimité. Elle ne répond plus aux critères philosophiques de l’État moderne : protection, souveraineté, représentativité, égalité. Loin d’être une société ouverte, elle s’apparente à une forme autoritaire, où la nation est instrumentalisée, et où le pouvoir échappe à la critique. Il ne s’agit pas seulement d’un dysfonctionnement, mais d’une crise profonde de sens et de structure, qui appelle à une refondation démocratique, inclusive et souveraine.

Cet article La Côte d’Ivoire à la croisée des chemins est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Mohamed Ag Ahmedou: « Alassane Ouattara, le candidat de la stabilité ». https://mondafrique.com/libre-opinion/alassane-ouattara-candidat-au-nom-de-la-stabilite-et-du-developpement/ Wed, 30 Jul 2025 03:58:28 +0000 https://mondafrique.com/?p=137188 La rumeur était persistante depuis plusieurs semaines. Ce Mardi 29 juillet, elle s’est muée en certitude. Alassane Dramane Ouattara, 83 ans, a annoncé en direct sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) qu’il briguerait un quatrième mandat présidentiel lors du scrutin prévu pour le 5 octobre 2025. La chronique de Mohamed AG Ahmedou, éditorialiste engagé et […]

Cet article Mohamed Ag Ahmedou: « Alassane Ouattara, le candidat de la stabilité ». est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
La rumeur était persistante depuis plusieurs semaines. Ce Mardi 29 juillet, elle s’est muée en certitude. Alassane Dramane Ouattara, 83 ans, a annoncé en direct sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) qu’il briguerait un quatrième mandat présidentiel lors du scrutin prévu pour le 5 octobre 2025.

La chronique de Mohamed AG Ahmedou, éditorialiste engagé et un des meilleurs spécialistes de l’Afrique .

« Je suis candidat aux élections présidentielles du 5 octobre 2025. La Constitution me le permet, et ma santé aussi me le permet », a déclaré le chef de l’État ivoirien avec assurance. Un choix assumé, une réponse aux défis sécuritaires et sociaux Pour ses partisans, cette décision est moins un retour qu’une continuité. Alassane Ouattara incarne depuis 2011 une vision économique et sécuritaire qui a profondément transformé le paysage ivoirien.

« La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pôle de stabilité dans une région en feu », confie un colonel de l’armée basé à Korhogo

En un peu plus d’une décennie, l’accès à l’eau potable et à l’électricité a été généralisé dans les zones rurales, une prouesse saluée par la Banque africaine de développement et d’autres institutions régionales. Sur le front de la sécurité, dans un contexte régional marqué par l’instabilité sahélienne, le président Ouattara a mis en place un maillage inédit de radars de surveillance le long des frontières, selon des sources militaires ivoiriennes.

Cette infrastructure de défense vise à contrer les infiltrations jihadistes venues du nord, notamment du Burkina Faso et du Mali qui sont les pays voisins. .

Le poids d’un bilan, la promesse d’une continuité

Depuis l’annonce, les soutiens se multiplient au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Pour beaucoup, le président sortant reste le seul garant de la croissance et de la paix civile. Sous sa présidence, la Côte d’Ivoire a affiché l’un des taux de croissance les plus élevés du continent, avec une moyenne annuelle de 7 % entre 2012 et 2019, en dépit des crises politiques passées. « Les projets de Ouattara touchent le quotidien des Ivoiriens, surtout les plus modestes. L’eau, l’électricité, les routes… Il a changé la vie dans les campagnes », souligne un enseignant de Bouaké.

Même des figures traditionnellement critiques de l’opposition admettent en privé que l’homme d’État a su moderniser l’administration et rétablir la crédibilité de l’État ivoirien. Le spectre du pouvoir perpétuel ? Mais cette annonce ravive aussi les critiques. Certains observateurs dénoncent un retour à une logique de « démocratie verrouillée », où les dirigeants africains , civils comme militaires, tendent à pérenniser leur pouvoir. Paul Biya au Cameroun, 42 ans au sommet de l’État, en est l’exemple patent.

D’autres rappellent la manipulation institutionnelle derrière le coup d’État contre Mohamed Bazoum au Niger, que certains attribuent aux calculs de l’ex-président Issoufou Mahamadou, désireux de maintenir son influence.

Une candidature ambivalente

Dans ce contexte continental, la candidature de Ouattara peut apparaître ambivalente. D’un côté, elle est portée par un bilan économique et sécuritaire tangible. De l’autre, elle s’inscrit dans une tendance lourde en Afrique de l’Ouest : la raréfaction de l’alternance démocratique. Un homme d’État face à l’Histoire Reste que, pour une large partie de la population ivoirienne, Alassane Ouattara reste l’homme du moment.

« L’État fonctionne, les routes sont bitumées jusqu’aux villages les plus reculés. Pourquoi changer ? », interroge une commerçante de Daloa.

Si la présidentielle d’octobre s’annonce disputée, le président-candidat pourra s’appuyer sur un appareil d’État bien rodé et sur une image d’homme fort, compétent. « Je suis prêt. Ce sera mon dernier mandat », a-t-il lancé en conclusion de son intervention. Promesse de sagesse ou parole de campagne ? Le peuple ivoirien tranchera dans les urnes.

Cet article Mohamed Ag Ahmedou: « Alassane Ouattara, le candidat de la stabilité ». est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Les autorités burkinabè dénoncent un énième complot préparé au Niger https://mondafrique.com/politique/les-autorites-burkinabe-denoncent-un-enieme-complot-prepare-au-niger/ Wed, 25 Sep 2024 14:18:36 +0000 https://mondafrique.com/?p=119004 Dans une longue déclaration lue à la télévision nationale, le ministre burkinabé de la Sécurité, Mahamadou Sana, a fait état du démantèlement d’un vaste réseau qui s’apprêtait à déstabiliser la junte au pouvoir. Le même Mahamadou Sana a affirmé qu’ «un certain Serge Mathurin, journaliste nigérien d’origine ivoirienne (1)» avait joué un rôle logistique dans […]

Cet article Les autorités burkinabè dénoncent un énième complot préparé au Niger est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Dans une longue déclaration lue à la télévision nationale, le ministre burkinabé de la Sécurité, Mahamadou Sana, a fait état du démantèlement d’un vaste réseau qui s’apprêtait à déstabiliser la junte au pouvoir.

Serge Mathurin, journaliste nigérien d’origine ivoirienne, aurait été un des instigateurs du complot visant à renverser la junte militaire au pouvoir au Burina

Le même Mahamadou Sana a affirmé qu’ «un certain Serge Mathurin, journaliste nigérien d’origine ivoirienne (1)» avait joué un rôle logistique dans une série d’opérations avortées visant à déstabiliser le régime de Ouagadougou.Dès le 31 août, la femme nigérienne de Serge Mathurin avait lancé l’alerte, relayée plus tard par l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire et l’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA) également basée en Côte d’Ivoire. Le 18 septembre, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, avait annoncé l’ouverture d’une enquête, disant n’avoir pas obtenu d’information auprès des autorités judiciaires du Niger. Or le journaliste se trouvait plutôt entre les mains de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure. la sécurité d’Etat. 

Le complot aurait été découvert au Niger, à l’occasion de l’arrestation, le 29 août dernier, de «deux individus suspects à un poste de contrôle à l’entrée de Niamey.»  L’interrogatoire de ces deux hommes a conduit les autorités nigériennes sur la piste du commandant Ahmed Kinda, ex-chef de corps des forces spéciales burkinabè et chef militaire supposé de l’opération clandestine, qui aurait été hébergé par Serge Mathurin. L’homme a été interpellé à la gare de bus de Niamey le lendemain.

Un melting pot tentaculaire

Il ne se passe pas un mois sans que la junte au pouvoir au Burkina Faso annonce avoir déjoué un complot fomenté parfois par des gendarmes, parfois par des militaires. Ces allégations, qui ne sont pas toutes infondées, prouvent qu’au sein des Forces de Défense et de Sécurité existent de nombreuses tensions, de multiples raisons de mécontentements, et/ou que beaucoup ambitionnent de prendre la place du capitaine Ibrahim Traoré.

Mais la dernière tentative de déstabilisation telle qu’elle a été révélée par le ministre de la Sécurité à la télévision est d’une toute autre nature. Il s’agit d’une entreprise tentaculaire dans laquelle se retrouveraient : des combattants de l’Etat islamique associés à des hommes politiques en exil en lien avec des « puissances occidentales », la Côte d’Ivoire et le Ghana ; deux ex ministres des Affaires étrangères, des journalistes, un colonel travaillant pour les Nations Unies en Centrafrique, des militaires et Paul-Henri Damiba, ancien président de la transition auteur du coup d’Etat qui a renversé le président Roch Marc Christian Kaboré. Tout ce beau petit monde travaillant de concert…

Le vrai, le faux, l’improbable et le possible…

Le ministre de la Sécurité promet de donner des preuves accréditant ses dires. Ses services disposeraient d’audio incriminant les personnalités dont les noms ont été jetés en pâture à la télévision nationale. Un officier de l’armée burkinabè, Ahmed Kinda a été arrêté au Niger dans le cadre de cette affaire. A-t-il parlé ? Son téléphone a-t-il révélé de funestes projets ? L’avenir le dira, mais d’ores et déjà plusieurs éléments indiquent que l’affaire tentaculaire se dégonflera comme une baudruche. D’une part, dans son allocution, Mahamadou Sana, déclare que la première étape du plan de déstabilisation était l’attaque de Barsalogho du 24 août dernier qui a fait des centaines de victimes. Or, cette attaque a été revendiquée par le JNIM.

Comment croire en tout cas que cet improbable regroupement  de journalistes, d’hommes politiques, de militaires, de marabouts, ait pu collaborer avec « 150 terroristes de l’Etat islamique qui devaient se diriger vers la zone de Sapouy puis remonter sur Ouagadougou en vue de prendre le palais présidentiel » le 29 août dernier, comme l’annonce le gradé burkinabè.

Au final que reste-t-il de ce salmigondis ? Tout porte à croire que les autorités burkinabè ont profité d’un fait réel et marginal pour se dédouaner de la responsabilité du drame terrible de Barsalogho et incriminer ceux qu’elles considèrent comme ses ennemis intérieurs comme extérieurs.

La présence d’un journaliste venu de Côte d’Ivoire dans ce mauvais peplum est un retour à l’envoyeur, puisque selon FR24, Abidjan aurait arrêté des Burkinabè qui tentaient de la déstabiliser ! Le fait que la presque totalité des noms cités à la télévision soient Peuls n’est pas non plus anodin, est-ce une manière de livrer une nouvelle fois cette communauté à la vindicte populaire ? Le Burkina Faso ne sort pas de l’ornière. 

(1) Le journaliste qui ne couvrait aucun sujet politique avait rejoint, au tout début des années 2000, Radio Horizon, puis le groupe Canal 3 où il présentait le journal télévisé et assurait la chronique sportive pour BBC en français. Serge Mathurin avait assuré récemment l’animation de la semaine culturelle organisée pour célébrer l’anniversaire du coup d’Etat ayant porté les militaires au pouvoir. 

Cet article Les autorités burkinabè dénoncent un énième complot préparé au Niger est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Cote d’Ivoire – Charles Blé Goudé affirme son indépendance https://mondafrique.com/video/charles-ble-goude-je-ne-suis-plus-le-porte-etendard-dun-leader-je-suis-un-leader-moi-meme/ Wed, 21 Aug 2024 19:43:11 +0000 https://mondafrique.com/?p=116805 Lors d’une récente déclaration, l’ancien ministre ivoirien Charles Blé Goudé a réaffirmé sa volonté de s’imposer en tant que leader politique. Celui qui n’a jamais caché ses ambitions présidentielles a affirmé : «Je ne suis plus le porte-étendard d’un leader, je suis un leader moi-même.» Rappelons que Charles Blé Goudé, longtemps proche de Laurent Gbagbo, […]

Cet article Cote d’Ivoire – Charles Blé Goudé affirme son indépendance est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Lors d’une récente déclaration, l’ancien ministre ivoirien Charles Blé Goudé a réaffirmé sa volonté de s’imposer en tant que leader politique. Celui qui n’a jamais caché ses ambitions présidentielles a affirmé : «Je ne suis plus le porte-étendard d’un leader, je suis un leader moi-même.»

Rappelons que Charles Blé Goudé, longtemps proche de Laurent Gbagbo, avait été détenu avec lui à la Cour pénale internationale avant d’être acquitté. L’ancien leader – toujours très populaire – des «jeunes patriotes» dirige aujourd’hui le COJEP, un parti politique qu’il anime avec le dynamisme qu’on lui connaît.

Cet article Cote d’Ivoire – Charles Blé Goudé affirme son indépendance est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>