Burkina Faso - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/burkina-faso/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Wed, 25 Mar 2026 14:34:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Burkina Faso - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/burkina-faso/ 32 32 Pas d’extinction pour les dinosaures https://mondafrique.com/libre-opinion/pas-dextinction-pour-les-dinosaures/ https://mondafrique.com/libre-opinion/pas-dextinction-pour-les-dinosaures/#respond Thu, 26 Mar 2026 05:33:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149438 Venance Konan s’amuse avec les mandats et les ruses pour les multiplier comme des petits pains ou les prolonger à tout prix. Après la réélection de Sassou N’Guesso, au Congo Brazzaville, ce sont les partisans du Président Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo voisine qui sont en train de réfléchir à la manière de […]

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Venance Konan s’amuse avec les mandats et les ruses pour les multiplier comme des petits pains ou les prolonger à tout prix. Après la réélection de Sassou N’Guesso, au Congo Brazzaville, ce sont les partisans du Président Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo voisine qui sont en train de réfléchir à la manière de modifier la constitution pour lui permettre de faire un troisième mandat à la fin de celui-ci, le dernier en principe, qui s’achève en 2028.

Venance Konan.

L’un de ses partisans a dit qu’ils le feraient « sans honte ». Tiens donc ! Pourquoi auraient-ils honte ? Ceux qui devraient avoir honte sont ceux-là qui ont limité les mandats présidentiels à deux. Qui sont-ils d’ailleurs ? Des opposants irresponsables qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez. Sous prétexte que les Présidents d’avant 1990 s’éternisaient au pouvoir, ils eurent l’idée de limiter le nombre de mandats présidentiels afin de les faire partir. Sans penser qu’ils exerceraient un jour, eux aussi, ce pouvoir. Et qu’ils en découvriraient le doux mais vénéneux nectar.

En attendant le vote des bêtes sauvages

1990, c’est l’année où tous les dinosaures qui nous gouvernaient furent bousculés par des jeunesses très enragées par la galère et des oppositions très pressées de goûter elles aussi aux affaires. Les constitutions furent donc modifiées pour calmer les rues, mais peu de dinosaures tombèrent. Ainsi Houphouët-Boigny mourut de sa belle mort après 33 ans de règne, Omar Bongo et Gnassigbé Eyadema firent de même après être restés respectivement 42 et 38 ans au pouvoir, se payant même le luxe de transmettre ce pouvoir à leurs enfants. Idriss Déby Itno, lui est resté un peu plus de 30 ans à la tête de son pays mais il est mort sur un champ de bataille et son fils lui a succédé.

Ah, le bon vieux temps d’avant 1990 ! C’était l’ère des partis uniques, des Présidents à vie. Certains se sont bombardés Rédempteur (Kwame Nkrumah), Père de la Nation (Houphouët-Boigny), Grand Timonier (Eyadema), empereur, (Bokassa), maréchal (Mobutu, Déby), frère-guide (Kadhafi), ou simplement général, l’important étant de rester au pouvoir toute sa vie.

Mais, malheureusement, ces titres ne protègent pas contre les coups d’État de toutes sortes. Nkrumah, Président à vie, fut emporté par un coup d’État. Bokassa avait pour modèle Napoléon Bonaparte. Mais il n’avait pas lu toute l’histoire de l’empereur français. Sinon il aurait su comment il avait terminé ses jours : en exil sur une île lointaine. Bokassa aussi connut la chute et l’exil. Il avait cru s’acheter une assurance contre le putsch en offrant des diamants au Président français. Erreur. C’est ce dernier qui le renversa. Même mauvais jugement de Kadhafi qui offrit, parait-il, beaucoup d’argent à Sarkozy pour que ce dernier devienne Président de la France. C’est Sarkozy qui déclencha la guerre dans laquelle Kadhafi mourut embroché. Laurent Gbagbo, de Côte d’Ivoire, offrit lui aussi deux milliards de ses francs CFA à Chirac. C’est ce dernier qui secoua le plus violemment la branche à laquelle Gbagbo était accroché, pour le faire tomber. Blaise Compaoré, qui offrit des djembés fourrés aux francs CFA au même Chirac, est en train de terminer sa vie en exil en Côte d’Ivoire. Moralité : n’offrez jamais de cadeau à un Président ou aspirant Président français si vous voulez rester au pouvoir.  

La longévité des crocodiles…

Tout allait donc globalement bien jusqu’à l’arrivée de cette histoire de démocratie, en 1990, avec le soutien de Mitterrand et son fameux discours de La Baule : « ou tu deviens démocrate, ou je te laisse tomber. » Certains troquèrent la vareuse contre un costume de bonne coupe acheté à Paris. On tripatouilla les constitutions autant qu’on put pour faire semblant d’être démocrate et on s’accrocha vaille que vaille. Paul Biya était là à l’époque. Il est toujours là. 93 ans et plus de 43 ans au compteur. Denis Sassou-Nguesso aussi. Environ 41 ans de pouvoir. Qui dit mieux ? Teodoro Obiang Nguema Mbasogo : presque 48 ans au pouvoir ! Champion toutes catégories. Il est dans son coin, on ne l’entend pas beaucoup, mais il règne depuis si longtemps qu’on l’oublie parfois. Et il ne faut surtout pas chercher à le renverser. Là, il devient méchant. Et comme tous les autres, il cherche à transmettre le témoin à son fils qui est déjà le vice-président du pays.

Quand ceux qui avaient insisté pour que l’on limite les mandats présidentiels à deux accédèrent à leur tour au pouvoir, ils comprirent pourquoi ils avaient été précédés par des dinosaures. Le pouvoir, en Afrique, on ne le lâche pas tant qu’il ne vous a pas lâché. Les constitutions limitaient-elles les mandats ? Alors on adapta le verset biblique qui dit : « si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. » Si c’est la constitution qui est un risque, on la jette loin de soi. C’est aussi simple.

Et les pièges du marigot 

On a donc changé les lois fondamentales des pays, soit pour enlever la limitation du nombre de mandats présidentiels, soit, quand elle était maintenue, pour remettre les compteurs à zéro. Ou on a innové, en changeant carrément de régime, comme au Togo. Quand Eyadema fils a bouclé ses 20 ans de pouvoir après les 38 de son père, il a opté pour un régime parlementaire. Il n’est plus Président de la République, mais Président du Conseil des ministres, à côté d’un Président de la République que personne ne connaît et qui n’a aucun pouvoir. Lui, il a gardé tous ses pouvoirs. C’est l’essentiel. Au Bénin, on a cru bien faire en précisant dans la constitution qu’aucun humain ne peut exercer plus de deux mandats à la tête du pays. Qu’à cela ne tienne ! Le Président en exercice, qui bouclera bientôt ses deux mandats, a créé un Sénat, qu’il présidera, et qui lui conservera tous les pouvoirs qu’il a actuellement. N’est-ce pas beau, çà ?

Mais attention ! Changer de constitution ne garantit pas une gouvernance illimitée. Ainsi, Alpha Condé, qui s’était octroyé un troisième mandat, n’avait pas bien surveillé son garde du corps. C’est ce dernier qui l’a renversé et qui jouit actuellement des délices du pouvoir guinéen. Avant lui, ce fut Mamadou Tandja qui connut la même mésaventure au Niger. Il fut renversé après avoir modifié la constitution pour prolonger son temps à la tête dy pays. Alors, réfléchissez peut-être sept fois avant de chercher à vous accrocher au pouvoir coûte que coûte.

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Ghana : pont régional ou pilier occidental ? https://mondafrique.com/international/ghana-pont-regional-ou-pilier-occidental/ https://mondafrique.com/international/ghana-pont-regional-ou-pilier-occidental/#respond Wed, 25 Mar 2026 05:05:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148943 Avec la signature d’un accord de sécurité inédit avec l’Union européenne, le Ghana se rapproche un peu plus de ses partenaires occidentaux. En même temps, Accra maintient le dialogue avec les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) et tente une diplomatie d’équilibre. Un jeu subtil… Bruxelles mise sur Accra L’annonce, le 11 mars […]

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Avec la signature d’un accord de sécurité inédit avec l’Union européenne, le Ghana se rapproche un peu plus de ses partenaires occidentaux. En même temps, Accra maintient le dialogue avec les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) et tente une diplomatie d’équilibre. Un jeu subtil…

Bruxelles mise sur Accra

L’annonce, le 11 mars 2026 à Accra, d’un partenariat de sécurité et de défense entre le Ghana et l’Union européenne marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux parties. Présenté comme « le premier du genre entre l’UE et un pays africain », ce partenariat est avant tout sécuritaire : il vise notamment à renforcer les capacités d’alerte précoce, de prévention des conflits et de gestion des crises.

Mais en réalité, il s’agit d’un accord qui s’inscrit dans une stratégie européenne plus large. Lors du sommet Union européenne/Union africaine de Luanda, en novembre 2025, Bruxelles a réaffirmé la priorité du partenariat avec l’Afrique. Pour l’Europe il s’agit de garder une place sur un continent où « le dynamisme démographique, la croissance accélérée et les ressources stratégiques de l’Afrique sont essentiels» à sa résilience économique et à sa transition écologique.  Or, l’UE reconnait qu’elle « est confrontée à une concurrence accrue de la part de la Chine, des États-Unis et des puissances émergentes dans tous les secteurs, des matières premières critiques à l’espace et à l’innovation numérique. »

Pour avoir un point d’appui solide en Afrique de l’Ouest afin de ne pas laisser la place libre à ses concurrents, Bruxelles a misé sur le Ghana. Plusieurs raisons expliquent ce choix. D’une part en raison de sa position géographique, à la jonction du Sahel et du golfe de Guinée, au moment où les groupes armés djihadistes étendent leur influence vers les États côtiers. D’autres parts pour des considérations politiques qui sont sans doute les plus importantes. Dans un contexte régional de fragilité démocratique, ce pays apparait comme un partenaire stable et fréquentable. L’autre atout d’Accra est de ne pas appartenir à l’ancienne sphère d’influence française. Compte tenu de l’impopularité de la France en Afrique, Paris est toujours considéré par les capitales européennes comme un handicap plutôt qu’un atout. Ainsi, le Ghana offre un point d’appui stratégique, crédible, fiable et politiquement acceptable. De son côté, Accra en tire quelques avantages : l’accès aux financements européens (qui ne sont pas négligeables), à des programmes de formation et à un statut de partenaire privilégié dans les dispositifs sécuritaires européens, renforçant ainsi son poids régional.

Une présence américaine déjà bien implantée

Ce rapprochement avec l’Union européenne s’inscrit dans un environnement sécuritaire où les États-Unis jouent déjà un rôle significatif. Sous l’ancien président Nana Akufo-Addo, un accord de coopération militaire signé en 2018 a autorisé l’accès des forces américaines à de nombreuses infrastructures du pays. Cet accord accorde une latitude exceptionnelle aux militaires américains. Ils jouissent librement des bases ghanéennes, des aéroports, des réseaux de communication et des facilités logistiques étendues. Toutes ces dispositions permettent aux États-Unis d’opérer avec une grande marge de manœuvre et de surveiller une partie du Golfe de Guinée et du Nigeria. À l’époque, l’accord avait suscité une levée de boucliers de la part des opposants et de la société civile qui avaient dénoncé une atteinte à la souveraineté nationale.  

Depuis l’arrivée au pouvoir de John Dramani Mahama en janvier 2025, cet accord n’a pas été remis en cause, mais en mars 2026 la polémique a refait surface. En effet, des députés du parti d’opposition ont découvert que le territoire ghanéen avait été utilisé par les États-Unis pour lancer leurs frappes contre les djihadistes au Nigeria en décembre dernier. Ces parlementaires ont, par ailleurs, demandé : « Dans quel cadre le gouvernement ghanéen a-t-il collaboré avec les Etats-Unis ? » car tout aussi libéral qu’il soit, l’accord de 2018, ne le permet pas. Cet épisode montre combien les États-Unis ont trouvé au Ghana un partenaire coopératif.

Pour des intérêts bien compris

Pour autant, Accra ne ménage pas ses efforts pour jouer un rôle de médiateur avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger – qui s’inscrivent dans une dynamique pourtant très différente. Dès les premiers jours suivant son investiture en janvier 2025, John Dramani Mahama a multiplié les gestes en direction de ces pays, notamment en nommant un envoyé spécial chargé de maintenir un canal diplomatique. Puis, en mars 2025, le président ghanéen a effectué une tournée au Mali, au Niger et au Burkina Faso, avec pour objectif de renouer le dialogue entre l’AES et la CEDEAO et de positionner le Ghana comme un interlocuteur acceptable pour toutes les parties. « Je pense qu’il y a une rupture de confiance entre les dirigeants. Il faudra du temps pour la reconstruire, mais nous devons y travailler afin de rétablir la confiance entre nous et de pouvoir travailler ensemble », disait le chef de l’Etat ghanéen à l’époque.

Cette initiative n’a pas abouti : l’AES reste droite dans ses bottes. Néanmoins, John Dramani Mahama a réussi à rétablir les relations avec ces trois pays du Sahel, qui s’étaient fortement dégradées sous son prédécesseur.

Certes, la volonté d’apaiser et d’entretenir de bons rapports de voisinage est réelle. Mais John Dramani Mahama a aussi en tête d’autres considérations. Après avoir traversé de sérieuses difficultés financières, le Ghana a besoin de dynamiser son économie, notamment avec ses infrastructures portuaires. Dans cette perspective, les pays enclavés du Sahel représentent des partenaires essentiels. Accra cherche à les inciter à utiliser les ports de Tema et Takoradi plutôt que ceux d’Abidjan et de Lomé. À ces enjeux économiques s’ajoute une dimension sécuritaire : bien que relativement épargné, le président ghanéen reste attentif à la progression des groupes djihadistes à sa frontière avec le Burkina Faso et cherche à contenir toute extension de la menace, raison pour laquelle il entretient de très bonnes relations avec son homologue à Ouagadougou. Enfin, se rapprocher des pays de l’AES permet à John Dramani Mahama de rester au milieu du gué afin de soigner son opinion publique qui, comme sur le reste du continent, est soucieuse de sa souveraineté. Un grand écart, un pont et un pilier. Qu’importe, dès lors que cela sert les intérêts de son pays. Qui pourrait le lui reprocher ?

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Le Mali libère plus de 250 djihadistes https://mondafrique.com/decryptage/le-mali-libere-plus-de-250-djihadistes/ https://mondafrique.com/decryptage/le-mali-libere-plus-de-250-djihadistes/#respond Mon, 23 Mar 2026 09:21:23 +0000 https://mondafrique.com/?p=149239 Combattant du JNIM lors de la fête de l'Aïd

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Selon plusieurs sources de Mondafrique,254 djihadistes détenus dans les prisons du pays ont été remis en liberté la veille de l’Aïd-el-Fitr par les autorités maliennes dans le cadre de négociations destinées à lever le blocus sur le carburant.

Une libération record

Ce n’est pas la première fois que Bamako négocie avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (en arabe, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) dirigé par Iyad Ag Ghali. Depuis plus d’une décennie, l’élargissement de combattants djihadistes constitue une monnaie d’échange, le plus souvent contre la libération d’otages.

Le dernier exemple en date remonte à octobre 2025, lorsque trois otages étrangers, deux Émiratis et un Iranien, ont retrouvé la liberté à la suite d’intenses négociations. À cette occasion, Iyad Ag Ghali avait obtenu un pactole estimé à 50 millions de dollars, accompagné de livraisons d’équipements militaires et du retour au bercail de plusieurs djihadistes, entre 25 et 65 selon les sources. Il faut dire que l’un des otages n’était pas n’importe qui : Cheikh Ahmed bin Maktoum bin Juma Al Maktoum, général à la retraite et membre de la famille régnante de Dubaï.

Celle libération record est un événement important. Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur le profil des personnes relâchées ni sur la présence éventuelle de cadres importants parmi eux. La majorité d’entre elles seraient issues des communautés peule et bambara, avec seulement quatre ou cinq Touaregs, ces derniers ayant déjà été libérés lors d’accords précédents.

Le choix de la veille de l’Aïd pour cette libération est aussi hautement symbolique. Iyad Ag Ghali s’affiche ainsi en protecteur de ses hommes et envoie un message à leurs familles ; des images de ses combattants lors de la célébration religieuse vendredi ont d’ailleurs été diffusées.

Le carburant au cœur des négociations

Qui dit libération dit négociations et contreparties. Qu’a obtenu le Mali ? Cette fois, il n’était pas question d’otages. Selon plusieurs sources maliennes, les discussions ont abordé plusieurs points, mais le carburant a été au cœur du sujet. En effet, depuis septembre 2025, le GSIM impose un blocus sur les principaux axes d’approvisionnement du pays. Ce siège a parfois été partiellement atténué par des convois militaires escortés par les FAMA, permettant des arrivées sporadiques de carburant, notamment en octobre, novembre et décembre 2025. Mais l’approvisionnement est resté insuffisant et très vulnérable aux attaques. Cette situation a provoqué une crise majeure avec à la clé : des pénuries de gazole, une paralysie des transports, la flambée des prix, des coupures d’électricité et d’eau. Depuis sept long mois, l’économie malienne est asphyxiée. Les services publics sont gravement affectés et les hôpitaux fonctionnent au ralenti.

À cette paralysie économique s’ajoute un mécontentement populaire croissant. Jusqu’à présent, le pouvoir bénéficiait d’une certaine côte de popularité, au moins à Bamako. Mais ces difficultés et leurs conséquences sur le niveau de vie des ménages l’ont profondément entamée.

Le Burkina Faso dans l’œil du cyclone

En concluant cet accord, le président Assimi Goïta desserre l’étau, relâche la pression et gagne du temps. Mais combien ? Toujours selon des sources maliennes, l’accord devrait tenir jusqu’au 15 avril et serait reconductible. Néanmoins, si le Mali résout son problème à court terme ou moyen terme il le reporte sur son voisin burkinabé. Car au Sahel, les équilibres sont mouvants. Lorsqu’une accalmie apparaît d’un côté, les nuages s’amoncellent de l’autre. Pour maintenir le blocus au Mali, le GSIM avait mobilisé des combattants venus du Burkina Faso. Selon des contacts burkinabè, ces derniers sont déjà rentrés chez eux et s’apprêteraient à essayer de mettre en place un blocus du carburant tout en intensifiant leurs actions autour de Ouagadougou. Le Burkina Faso entre à son tour dans une zone de turbulences, après un relatif répit lors des grandes manœuvres au Mali…

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Opération reconquête des États-Unis dans l’AES https://mondafrique.com/limage-du-jour/operation-reconquete-des-etats-unis-dans-laes/ Wed, 11 Mar 2026 05:03:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148371 Alors que la guerre en Iran mobilise l’attention de Washington, les États-Unis poursuivent leur entreprise de séduction auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel. Après une première étape au Mali en février, Nick Checker est arrivé ce 10 mars à Ouagadougou avant de poursuivre sa tournée au Niger. Peu connu du grand public, […]

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Alors que la guerre en Iran mobilise l’attention de Washington, les États-Unis poursuivent leur entreprise de séduction auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel. Après une première étape au Mali en février, Nick Checker est arrivé ce 10 mars à Ouagadougou avant de poursuivre sa tournée au Niger.

Peu connu du grand public, Nick Checker n’est pas un diplomate de carrière. Depuis janvier 2026, il dirige par intérim le Bureau des affaires africaines du département d’État. Mais son parcours est celui d’un homme du renseignement : il a passé plus d’une décennie à la CIA comme analyste militaire, spécialisé dans les conflits du Moyen-Orient et de la Corne de l’Afrique. Son profil reflète l’approche actuelle de Washington : transactionnelle et sécuritaire, plutôt que diplomatique.

La tournée qu’il mène dans les capitales de l’AES vise à proposer une coopération concrète dans la lutte contre les groupes jihadistes. Les États-Unis cherchent notamment à remettre sur la table un partage de renseignements de type ISR intelligence, surveillance et reconnaissance reposant sur leurs capacités satellitaires, leurs drones et leurs réseaux d’analyse.

Recueillir et partager des renseignements

Côté pile, Washington offrirait aux armées sahéliennes un accès à des informations précieuses sur les mouvements des groupes armés, en échange d’un retour progressif de la coopération sécuritaire américaine dans la région. Côté face, les Américains recueilleraient eux-mêmes des renseignements qui leur font défaut depuis qu’ils ont été contraints par le Niger de quitter leur grande base de drones d’Agadez. Pour parvenir à leurs fins, ils tentent de séduire les gouvernements de la région en insistant sur le respect de la souveraineté des États et sur une coopération fondée sur des intérêts communs.

Les signaux de ce retour progressif se multiplient. Après la visite de Nick Checker à Bamako début février, Washington a levé des sanctions visant plusieurs responsables maliens. Des discussions ont également été engagées sur une possible reprise des vols de drones américains au-dessus du territoire malien et sur le retour d’une base américaine dans ce pays. Selon, TV5 Monde, ils seraient sur le point de signer un accord.  

Reste une inconnue : comment militaires américains et russes pourraient-ils coexister sur le terrain sahélien, alors même que les négociations sur l’Ukraine patinent et que l’on assiste à une montée des tensions entre Washington et Moscou en raison de la guerre en Iran ?

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Guerre en Iran: réactions africaines contrastées https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/ Thu, 05 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148043 Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues. Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette […]

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Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues.

Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette fois, guère marqué les esprits.

Positions tranchées

Parmi les réactions les plus claires figure celle du Sénégal. Dakar a exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade et condamné l’usage de la force, considéré comme une violation du droit international et une menace pour la souveraineté des États. Le gouvernement a appelé à un cessez-le-feu immédiat et au retour au dialogue. Le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé une « liquidation du droit international», tout en alertant sur les conséquences économiques potentielles pour l’Afrique.

L’Afrique du Sud a également adopté une position ferme. Pretoria condamne explicitement une violation du droit international et rejette la notion de « légitime défense préventive », restant fidèle à sa diplomatie et à son positionnement au sein des BRICS.

Le Tchad a lui aussi réagi clairement en exprimant sa « profonde tristesse » après la confirmation de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, en partageant la douleur du peuple iranien et réaffirmant l’attachement du pays aux principes de paix et de solidarité internationale. Puis, dans un second message, sûrement pour ne pas se mettre à dos les Émirats arabes unis, N’Djamena a condamné avec fermeté la riposte iranienne contre plusieurs pays du Golfe et a qualifié ces attaques d’« inacceptables ».

Le  Maroc, lui s’est rangé sans surprise du côté de Washington et de Tel Aviv. Rabat n’a formulé aucune critique des frappes américano-israéliennes et a exprimé sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes. Une posture attendue et cohérente avec son alignement sur les États-Unis et sur Israël depuis la signature des accords d’Abraham.

Le camp des prudents

Dans le camp des prudents, l’Union africaine a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade et appelé à la désescalade, évoquant les risques pour la stabilité mondiale, les marchés énergétiques et la sécurité alimentaire. La CEDEAO a adopté un ton similaire, mettant en garde contre les conséquences économiques pour l’Afrique de l’Ouest. D’autres pays ont réagi de la même manière, comme le Ghana, la Sierra Léone ou la Côte d’ivoire.

L’étrange retenue d’Alger

Plus surprenante est la prudence extrême de l’Algérie. Alger s’est contentée de regretter l’échec des négociations menées à Oman et d’appeler à la retenue, tout en exprimant sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes, sans condamnation directe des frappes initiales. Une position qui tranche avec sa tradition diplomatique de non-alignement affirmé et ses bonnes relations avec Téhéran. La Tunisie s’est alignée sur son voisin.

Le silence bavard de l’AES

Enfin, le silence de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) reste l’un des faits les plus marquants. Un mutisme d’autant plus notable que ces trois pays ont développé une coopération militaire avec l’Iran, notamment dans le domaine des drones. Deux jours avant le déclenchement du conflit, le ministre burkinabè de la Défense se trouvait encore à Téhéran. Cette absence de réaction est parlante, elle signifie que les États de l’AES souhaitent ne pas remettre en cause leur récente reprise du partenariat entre Washington.

Au final, toutes les réactions, quelles soient prudentes ou silencieuses s’expliquent par la volonté de ne pas froisser Washington afin de ne pas subir les foudres de l’imprévisible Donald Trump.

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Sahel, la course aux satellites de surveillance https://mondafrique.com/a-la-une/sahel-la-course-aux-satellites-de-surveillance/ Wed, 04 Mar 2026 05:01:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147998 Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s).  Par Paul Amara Ces outils – précieux […]

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Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s). 

Par Paul Amara

Ces outils précieux dans la lutte contre le terrorisme et les trafics de drogue, d’armes, d’or, de migrants, d’êtres humains, de cigarettes et de carburant foisonnent. Dès novembre 2023, le Mali signait un mémorandum d’entente avec l’entreprise russe Glavkomos, spécialisée dans les activités spatiales. Cet accord lui a permis d’améliorer la couverture Internet, des télécommunications, de la télévision et de la surveillance du territoire.  D‘autres pays lui ont emboité le pas, affichant des ambitions spatiales de plus en plus grandes. Ainsi envisagent-ils le lancement de satellites d’observation militaire, à plusieurs ou à titre individuel.

La surveillance militaire par satellite permet de détecter, en temps réel, des mouvements ennemis à plusieurs centaines de km à la ronde. Elle sert aussi dans l’observation continue des zones à risque, y compris dans les environnements hostiles et inaccessibles par voie terrestre. Elle facilite un suivi serré des équipements ennemis et réduit les risques humains, en permettant d’économiser les missions de reconnaissance dangereuses au sol. En survolant, plus ou moins discrètement et librement, l’espace, les satellites appuient les opérations militaires au travers d’activités d’observation, d’écoute et de communication. La visualisation par l’imagerie satellite militaire aide à localiser des camps terroristes, et d’agir en conséquence. Grâce à ces machines complexes, les armées du Sahel peuvent développer des réactions rapides face aux menaces djihadistes.

En 2026, les satellites fournissent des images de haute définition, quasiment en temps réel, assistées par l’intelligence artificielle (IA). L’interprétation de ces quantités de données est ainsi effectuée sans grand usage de l’intelligence humaine, facilitant de promptes réactions. Ce modèle de satellite de surveillance coûte, en moyenne, 300 millions d’euros. Maintenance et exploitation restent aussi onéreuses. Leur miniaturisation et leur lancement en grappes peuvent réduire ce montant jusqu’à 40%. Malgré tout, cela demeure un défi financier pour les pays du Sahel.

De nombreux pays africains se dotent de satellites espions

En cette année 2026, on estime à 410 le nombre de satellites espions en orbite, couvrant 93% de la planète. En 2020, les pays africains suivants avaient lancé des satellites : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria et Soudan. Pionniers, grâce à des décennies d’investissements stratégiques et de partenariats internationaux, l’Égypte et l’Afrique du Sud comptent, chacun, 13 satellites en orbite. Le Nigeria, avec 7 satellites, est un acteur clé en Afrique de l’Ouest. L’Algérie en possède six. Le Ghana a mis au point GhanaSat-1. Le Royaume du Maroc se montre leader, du fait de l’acquisition du satellite Mohamed VI A, d’une valeur de 500 millions de dollars. Officiellement, ce satellite évolue en vols stationnaires à des fins de télécommunications.

D’autres pays africains, surtout au Sahel, doivent coopérer avec ceux-là ou compter sur les partenaires internationaux, ou encore opérer avec des drones. Mais les capacités de surveillance et de traitement de données de ces derniers sont bien moindres que celles des satellites. En revanche, ces vecteurs aériens peuvent aussi attaquer. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont signé avec leur nouveau partenaire stratégique, la Russie, un accord de coopération spatiale à Bamako le 23 septembre 2024. Ce protocole a été paraphé avec Glavkosmos, filiale de l’agence spatiale russe, Roscosmos.Deux satellites sont au cœur de cette ambition. L’un sera dédié aux télécommunications et promet une meilleure couverture Internet ainsi qu’une diffusion amplifiée de la radio et de la télévision. L’autre sera consacré à l’observation terrestre. Grâce à ses capacités d’imagerie à haute résolution, il devrait être d’un grand secours dans la surveillance des frontières et la prévention des risques d’insurrection.

Un satellite russo-burkinabè? 

En janvier 2026, la Russie et le Burkina Faso ont commencé à envisager la construction d’un satellite de communication destiné à accélérer la transformation numérique du Faso : ouvrir la voie à des services de connectivité, de cartographie et d’alerte précoce. Devant être conçu pour couvrir la région du Sahel, le satellite aura aussi pour vocation de sécuriser les communications gouvernementales et de renforcer la résilience des réseaux en période de crise. Parallèlement à la coopération sahélo-russe, le Niger, de son côté, a entamé une collaboration avec la Chine pour acquérir de l’imagerie satellitaire. Il coopère également avec l’Italie, qui déploie des unités de collecte d’information, de surveillance et de reconnaissance. Le cadre de cet appui est la Mission de soutien italienne à la République du Niger (MISIN), forte de 350 à 400 soldats. Le Parlement italien a autorisé cette opération, depuis 2018, pour accroitre les capacités du Niger dans sa lutte contre les différents trafics et les menaces à sa sécurité. L’attaque terroriste de l’aéroport international Hamani-Diori, à Niamey, la nuit du 28 au 29 janvier 2026, a révélé que ce site ultrasensible se trouve sous surveillance satellitaire de l’entreprise américaine Ventor Tech, spécialisée dans l’information spatiale. 

En Libye, des avions et des satellites russes surveillent les positions de Daech, à l’est et à la frontière avec l’Égypte. En Mauritanie, fin septembre 2024, le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’Administration a annoncé le lancement d’un projet stratégique visant à créer un programme spatial national pour les nano-satellites. Le pays veut se doter d’un système spatial souverain au service de la sécurité, de la surveillance et du contrôle, ainsi que pour étendre la couverture numérique à l’ensemble du territoire national. Au Soudan, les images satellites jouent un rôle important dans la mise en évidence des atrocités commises à El Facher. Ces images sont le seul moyen permettant de suivre la situation dans une zone inaccessible et avec un réseau de communication défaillant.

Survols des pays sahéliens

Le sous-équipement de l’Afrique de l’Ouest, et particulièrement du Sahel, permet à des puissances étrangères de les survoler librement. Le jour de la Noël 2025, sur initiative du gouvernement américain, des bombardements ont visé des combattants de l’État islamique (EI) dans l’État de Sokoto, Nigeria. La raison avancée est que le Nigeria laisserait se perpétrer un génocide et une persécution des chrétiens. Après des discussions entre les deux pays, il a été décidé un mois plus tard que les avions nigérians opèreraient eux-mêmes les frappes aériennes, sur la base d’images et de données collectées par des appareils américains de surveillance. De plus, c’est le Nigeria qui choisira les cibles et son armée recevra des États-Unis des drones, des hélicoptères, des plateformes aériennes puis des pièces détachées et des systèmes de maintenance indispensables à leur exploitation, des équipements commandés par le Nigeria ces cinq dernières années mais non encore livrés. Faute d’en disposer, le Nigeria mène sa guerre contre les djihadistes à travers une surveillance aérienne américaine, qui consacre sa dépendance stratégique.

Donald Trump a menacé le Nigeria de nouvelles frappes si jamais des chrétiens étaient encore tués. Le général John Brennan, du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a déclaré dans une interview en marge de discussions entre Washington et Abuja que le Pentagone poursuivait une coopération militaire avec les trois pays de l’AES. Il a ajouté que les États-Unis continuaient de partager des informations avec le Nigeria car le changement de partenariat, en matière sécuritaire, était parfois risqué.

À l’issue d’une embuscade attribuée à l’État islamique au grand Sahel (EIS), dans l’ouest du pays, à Tillabéri, qui a occasionné la disparition de 135 membres de la Garde nationale, le Niger pris une décision majeure. Début mai 2025, il a mis fin aux accords de coopération en matière de renseignement avec la Russie et la Turquie, dénonçant la faiblesse opérationnelle des équipements et des techniciens fournis par les deux partenaires dans le domaine du renseignement numérique. En remplacement, le Niger a engagé une société marocaine. Mais l’accord a été rompu dans l’urgence après la révélation d’un lien indirect avec un prestataire privé français. Le Niger a ordonné immédiatement le démantèlement du dispositif. Les États-Unis sont donc revenus proposer leurs services.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La force armée de la Cedeao toujours virtuelle https://mondafrique.com/limage-du-jour/force-en-attente-de-la-cedeao-mirage-ou-realite/ Tue, 03 Mar 2026 05:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147989 Annoncée, promise, oubliée, puis remise au goût du jour, revoilà le projet de la CEDEAO de déployer une force armée. Fin février 2026 à Freetown, l’organisation a décidé d’envoyer un signal fort. Sur le papier, l’annonce est ambitieuse. Dans la pratique, de nombreux obstacles restent à surmonter. Depuis plus de vingt ans, la Force armée […]

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Annoncée, promise, oubliée, puis remise au goût du jour, revoilà le projet de la CEDEAO de déployer une force armée. Fin février 2026 à Freetown, l’organisation a décidé d’envoyer un signal fort. Sur le papier, l’annonce est ambitieuse. Dans la pratique, de nombreux obstacles restent à surmonter.

Depuis plus de vingt ans, la Force armée de la CEDEAO (FAA), toujours en attente,ressemble à une arlésienne : toujours invoquée mais jamais visible sur le terrain. Son ancêtre, l’ECOMOG, avait marqué les années 1990 lors des guerres au Liberia et en Sierra Leone, laissant derrière elle une réputation entachée par de graves violations des droits humains. Depuis, et malgré les crises majeures qui ont secoué et secouent toujours l’Afrique de l’Ouest, la nouvelle version de cette force régionale n’a jamais été à l’œuvre.

Freetown : le retour des promesses

Selon les chefs d’état-major ouest-africains réunis en Sierra Leone, un premier contingent d’environ 2 000 soldats serait opérationnel d’ici fin 2026. L’objectif affiché : répondre à la montée en puissance des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, dont les actions s’étendent du Sahel vers les États côtiers.

L’initiative vise également à restaurer l’image d’une organisation souvent critiquée pour son activisme politique mais jugée peu efficace sur le plan sécuritaire.

Cependant, au-delà de l’effet d’annonce, les interrogations demeurent.

Le défi des effectifs et des financements

Deux mille hommes : le chiffre apparaît modeste au regard de l’ampleur de la menace. Les groupes armés actifs dans la région comptent des milliers de combattants aguerris et mobiles. Dans un espace aussi vaste que l’Afrique de l’Ouest, marqué par des zones forestières, sahéliennes et côtières difficiles à contrôler, cet effectif ne pourra jouer qu’un rôle symbolique.

Autre obstacle majeur : l’argent. Déployer une force régionale crédible suppose des moyens lourds : transport aérien, renseignement, équipements adaptés, primes de risque, soutien logistique continu. Or, le financement de l’opération n’est pas encore bouclé. Sans ressources stables, la Force en attente pourrait demeurer fidèle à son appellation : en attente… de financements.

Les plus grandes difficultés sont politiques

Mais au-delà des problèmes pratiques, les obstacles majeurs sont bien entendu d’ordre politique. Les États les plus touchés par les groupes armés djihadistes le Mali, le Burkina Faso et le Niger, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont claqué la porte de la CEDEAO. Sauf improbable retournement diplomatique, il n’est donc pas question que la Force en attente se déploie sur leur territoire. Autrement dit, l’organisation entend combattre une menace dont l’épicentre se situe précisément en dehors de son périmètre politique actuel.

Mais la difficulté ne s’arrête pas là. Deux membres de la CEDEAO, le Bénin et le Nigeria, se sont réunis à Cotonou le 27 février pour formaliser une stratégie sécuritaire transfrontalière : coordination des patrouilles, partage de renseignements, opérations conjointes, surveillance accrue des flux. La France a été sollicitée pour les accompagner, notamment en matière de renseignement.

Mauvaise manière

Alors même que la CEDEAO annonce solennellement l’activation de sa Force en attente, deux de ses États membres choisissent de coopérer avec l’appui d’un partenaire extérieur. C’est une très mauvaise manière faite à l’organisation sous-régionale. Cette initiative traduit aussi un manque de confiance dans l’efficacité de la communauté économique ouest-africaine. Ce choix risque, en prime, d’alimenter davantage la méfiance de l’AES vis-à-vis de ses voisins côtiers. Voir Abuja et Cotonou renforcer leur coopération sécuritaire avec Paris ne pourra qu’attiser les discours sur l’ingérence extérieure et le manque de solidarité strictement africaine.

Enfin, si le Nigeria, première puissance militaire de la région et contributeur essentiel aux opérations de la CEDEAO, investit prioritairement dans des cadres bilatéraux, cela fragilise la FAA, qui risque de manquer de l’impulsion politique et des moyens humains qui conditionnent sa crédibilité.

La Force en attente pourrait bien rester fidèle à sa réputation : une promesse récurrente dans les discours, mais toujours incertaine dans les faits.

 

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Burkina: une purge dans une armée à bout de souffle https://mondafrique.com/limage-du-jour/burkina-faso-nouvelle-purge-dans-une-armee-a-bout-de-souffle/ Thu, 29 Jan 2026 05:42:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146034 Depuis l’extradition de l’ancien président et putschiste Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 17 janvier, une vague d’arrestations ciblées a éclairci les rangs des officiers. Cette purge vient affaiblir un peu plus une armée déjà épuisée par dix années de guerre contre les groupes armés djihadistes. La purge L’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, soupçonné d’être l’instigateur d’un […]

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Depuis l’extradition de l’ancien président et putschiste Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 17 janvier, une vague d’arrestations ciblées a éclairci les rangs des officiers. Cette purge vient affaiblir un peu plus une armée déjà épuisée par dix années de guerre contre les groupes armés djihadistes.

La purge

L’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, soupçonné d’être l’instigateur d’un complot visant à renverser son successeur à la fin de l’année 2025, a agi comme un détonateur. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs sources ont évoqué une série d’arrestations et d’enlèvements visant des officiers soupçonnés de proximité avec l’ancien chef de la transition. Dans un post publié sous le pseudonyme Henri Segbo, nom de plume en hommage au journaliste d’investigation Norbert Zongo, assassiné en 1998, l’auteur évoque « une purge méthodique déclenchée par l’extradition de Damiba, ciblant ses proches et anciens collaborateurs dans un climat d’omerta».

Selon plusieurs sources burkinabè, cette traque aurait déjà touché des figures de premier plan, dont le commandant Abdoul Aziz Korogo, ancien numéro deux du Régiment de sécurité présidentielle, et le lieutenant-colonel Mahamadi Bonkoungou, ex-directeur général de l’Agence nationale de renseignement. Plus récemment, le capitaine Thomas d’Aquin Ilboudo, commandant du centre d’instruction régional de la 4ᵉ région militaire de Dori et proche de Damiba en 2022, aurait été enlevé à son domicile par un commando venu de Ouagadougou. Autant d’opérations qui renforcent l’idée d’une épuration ciblée au sein de l’institution militaire.

Un climat de suspicion permanent

Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, les tentatives de coups d’État, réelles ou supposées, se sont multipliées. Toutes ont été déjouées par les services de sécurité dirigés par le capitaine Oumarou Yabré. Après chaque annonce de complot avorté, de nombreuses arrestations dans les rangs de l’armée ont suivi. Résultat : une institution progressivement décapitée de ses meilleurs éléments. La peur de la dénonciation, l’autocensure et la méfiance mutuelle se sont installées durablement dans les casernes.  

Cette nouvelle crise interne survient dans une armée déjà à bout de souffle. Plus de dix années de lutte contre les groupes armés djihadistes ont laissé des traces profondes : pertes humaines importantes, fatigue extrême des troupes, syndromes post-traumatiques largement ignorés, sentiment d’abandon sur le terrain.

Un calme trompeur

Si depuis quelques mois, l’armée burkinabè connaît une relative accalmie sur le front, cela ne saurait être interprété comme un tournant décisif dans la guerre. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) dirigé par Iyad Ag Ghaly a choisi de concentrer l’essentiel de ses forces sur le théâtre malien. Selon une source sécuritaire burkinabè, « il est vrai que depuis trois mois, le front s’est calmé : il n’y a plus de grosses attaques, mais presque quotidiennement des accrochages de faible intensité, notamment contre des postes de Volontaires pour la défense de la patrie (supplétifs de l’armée),  avec un ou deux morts à chaque fois ». Mais pour ce contact de Mondafrique, ce n’est pas la seule explication : «Les FDS ne sortent plus de leur base. Il y a une sorte d’accord  tacite : tant que personne ne provoque l’autre, chacun évite l’affrontement ». Une attitude qui s’explique par la lassitude et le découragement des militaires.

Dans ce contexte, les purges actuelles risquent d’achever de fragiliser une armée déjà éprouvée, au moment même où elle aurait le plus besoin d’unité, de confiance et de stabilité pour faire face à une menace qui, elle, n’a pas disparu.

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L’Arbre à palabres : un hommage vivant à Sotigui Kouyaté (23 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/larbre-a-palabres-un-hommage-vivant-a-sotigui-kouyate-23-janvier/ Tue, 20 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145495 Le 23 janvier, sous l’arbre à palabres du Burkina Faso, Hassane Kassi Kouyaté rend hommage à son père Sotigui à travers des contes initiatiques vivants, entre mémoire griotique, humour, sagesse et dialogue avec le public. Sotigui Kouyaté Avec L’Arbre à palabres, Hassane Kassi Kouyaté rend hommage à son père Sotigui Kouyaté, figure majeure du théâtre […]

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Le 23 janvier, sous l’arbre à palabres du Burkina Faso, Hassane Kassi Kouyaté rend hommage à son père Sotigui à travers des contes initiatiques vivants, entre mémoire griotique, humour, sagesse et dialogue avec le public.


Sotigui Kouyaté

Avec L’Arbre à palabres, Hassane Kassi Kouyaté rend hommage à son père Sotigui Kouyaté, figure majeure du théâtre et du cinéma africains, originaire du Burkina Faso. Plus qu’un spectacle, il s’agit d’un voyage sensible dans l’univers du conte, tel qu’il se transmet depuis des générations sous l’arbre à palabres : un espace de parole partagée, de sagesse collective et de lien vivant entre les êtres, profondément ancré dans les traditions ouest-africaines.

Sur scène, Hassane Kassi Kouyaté convoque des récits initiatiques venus d’Afrique et d’ailleurs, mais dont les racines plongent dans l’imaginaire et la culture du Burkina Faso. Des histoires pleines d’humour, de poésie et de profondeur, portées par une parole incarnée, rythmée, attentive à l’écoute du public. Loin d’une narration figée, le conte devient un moment d’échange : les spectateurs sont invités à réagir, répondre, rire, parfois même à entrer dans le jeu. Cette interaction constante recrée l’atmosphère conviviale des veillées traditionnelles, où la frontière entre celui qui raconte et ceux qui écoutent s’efface.

Cet hommage prend tout son sens à la lumière du parcours singulier de Sotigui Kouyaté. Issu d’une grande famille de griots du Burkina Faso, il connaît une vie aux multiples visages : footballeur professionnel, capitaine de l’équipe nationale burkinabè, puis comédien à partir de 1966. Sa carrière artistique est marquée par des collaborations majeures, notamment avec Peter Brook dans Le Mahabharata, œuvre monumentale qui le fait connaître sur les scènes internationales. Au cinéma, il s’illustre dans de nombreux films, dont London River de Rachid Bouchareb, rôle pour lequel il reçoit l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival de Berlin en 2009. Sotigui Kouyaté s’éteint le 17 avril 2010, laissant derrière lui une œuvre traversée par la spiritualité, la transmission et le dialogue des cultures.

Le Mandapa, lieu emblématique des arts du monde à Paris, occupe une place particulière dans cette histoire. Sotigui Kouyaté y est venu à de nombreuses reprises, souvent entouré de sa famille, renouant avec l’art du conte et la tradition griotique burkinabè. C’est dans cette continuité que s’inscrit aujourd’hui Hassane Kassi Kouyaté, lui-même comédien, metteur en scène et conteur, et directeur depuis 2019 du Festival des Francophonies en Limousin.

En redonnant corps à la parole du conte, Hassane Kassi Kouyaté prolonge l’héritage de son père et rappelle, du Burkina Faso aux scènes européennes, la puissance de la transmission orale.

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Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine https://mondafrique.com/decryptage/trump-et-linterdiction-de-visas-business-et-rivalite-avec-la-chine/ Sat, 10 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145058 L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques. Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas […]

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L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques.

Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas à de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique. Le dispositif a été étendu en janvier 2026 avec l’ajout de nouveaux États. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger se voient ainsi placés sous interdiction totale de visas, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, intègrent pour la première fois la liste des pays soumis à des restrictions partielles.

Officiellement, ces mesures sont justifiées par des impératifs de contrôle migratoire et de sécurité nationale. Officieusement, elles s’inscrivent dans une logique plus large de diplomatie transactionnelle. Plusieurs pays du continent, à l’instar du Congo Brazzaville, redoutant un bras de fer avec Washington, privilégient la négociation bilatérale pour tenter de sortir du dispositif. Ils font appel à des avocats et des lobbyistes installés à Washington, qui se font chèrement payer. S’engagent alors des tractations qui dépassent largement la question des visas : ouvertures aux entreprises américaines, coopération stratégique, accès aux matières premières et aux minerais critiques. Bien entendu, en toile de fond, l’objectif principal de la Maison Blanche consiste à contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent.

D’autres pays, à l’inverse, ont opté pour une réponse plus ferme, fondée sur la réciprocité. C’est le cas du Tchad, soumis à une interdiction complète de visas depuis 2025, ainsi que des trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Cette ligne de conduite n’est pas sans créer un certain embarras à Washington, qui cherche parallèlement à préserver son influence et ses coopérations sécuritaires afin de ne pas abandonner à d’autres puissances une région jugée stratégique.

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