Iran, le défi du Sistan-Baouchistan à Téhéran

Les rassemblements qui durent depuis des mois au Sistan-Baloutchistan sont largement alimentés par un chef religieux local qui a acquis une renommée nationale

Dans un coin reculé du sud-est de l’Iran, dans la province pauvre du Sistan Balouchistan, des manifestants sunnites sont les seuls en Iran à continuer de manifester, défiant le pouvoir des mollahs à Téhéran. Vendredi dernier encore, après la prière de midi, des milliers de manifestants ont arpenté les rues de Zahedan, la capitale du Sistan-Baloutchistan, pour protester contre le gouvernement. Devant la grande mosquée de Zahedan, ils ont crié « Je tuerai celui qui a tué mon frère », pour dénoncer la répression féroce des autorités iraniennes.

Les rassemblements antigouvernementaux à Zahedan ont commencé avec la mort de Mahsa Amini, une jeune fille de 22 ans, dans les locaux de la police de moeurs en septembre2022, à Téhéran. Mais ces manifestations n’ont jamais cessé et, à partir d’octobre 2022, quand plus de 80 personnes ont été tuées lors d’affrontements avec les forces de sécurité, elles ont pris parfois un tour insurrectionnel.

Le chef religieux, Molana Abdolhamid accuse le gouvernement de Téhéran de discriminer les minorités

 

Un chef religieux prestigieux, Molana Abdolhamid

Les troubles au Sistan-Baloutchistan sont animés et dirigés par un chef religieux, Molana Abdolhamid, qui accuse le gouvernement de Téhéran de discriminer les minorités et de détenir des prisonniers politiques. Il appelle aujourd’hui à un référendum pour permettre aux habitant du Sistan Balouchistan de décider du type de système politique qu’ils veulent pour eux-mêmes, plus de quatre décennies après la révolution islamique de 1979. M. Abdolhamid, a acquis une renommée nationale, et un fort courant de sympathie dans les provinces kurdes iraniennes, dont la plupart sont également sunnites.

Le Sistan-Baloutchistan, frontalier du Pakistan et de l’Afghanistan, est la plus pauvre et la plus sous-développée des 31 provinces iraniennes. Il abrite une minorité musulmane sunnite qui représente moins de 5% de la population iranienne. Avec une identité culturelle distincte et leur propre langue, les Baloutches se plaignent depuis des décennies de la discrimination et de la négligence de l’État. Cette province iranienne est également en butte à une insurrection armée de longue date qui, selon les autorités de Téhéran, a des liens avec Al-Qaïda. 

Alors que partout en Iran, les manifestations ont été menées par des femmes. Mais au Sistan-Baloutchistan, les opposants sont presque exclusivement des hommes. Les militantes des droits des femmes de la province ont critiqué sur les réseaux sociaux cette dominante masculine des rassemblements de cette province excentrée.

1 COMMENTAIRE

  1. La coopération Iran-Saoudienne devrait commencer par cette communauté délaissée par les circonstances historiques. En faire un pont symbolique de réconciliation. Go ahead Mr Bensalman.

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