
Israël affirme avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah à la frontière libanaise. Présentés comme une infrastructure stratégique destinée à des opérations offensives, ces ouvrages témoigneraient d’une préparation militaire de long terme dans le sud du Liban.
L’armée israélienne a annoncé avoir découvert puis détruit deux tunnels du Hezbollah dans la région de Qantara, à la frontière entre le Liban et Israël. Selon les autorités militaires, ces infrastructures souterraines, longues au total d’environ deux kilomètres, s’inscriraient dans un dispositif opérationnel élaboré sur près d’une décennie.
D’après un communiqué de l’armée, les tunnels étaient directement reliés à des lanceurs de projectiles orientés vers le territoire israélien. Ils auraient été conçus pour permettre des incursions et des opérations ciblées menées par la force al-Radwan, l’unité d’élite du Hezbollah. Une source militaire israélienne évoque une «immense installation militaire souterraine», décrite comme une zone de rassemblement et de préparation logistique pour des raids transfrontaliers.
Selon cette même source, les tunnels auraient été «conçus, soutenus et financés par l’Iran», dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer les capacités offensives du mouvement chiite libanais le long de la frontière. L’objectif affiché aurait été de permettre des infiltrations rapides en territoire israélien, notamment dans les zones frontalières civiles.
Une sophistication qui interroge
Mais ce qui frappe surtout, selon la version israélienne, c’est le degré de sophistication de ces tunnels. Il ne s’agirait pas de simples galeries creusées à la hâte, mais d’une véritable infrastructure militaire conçue pour durer. Les ouvrages auraient été aménagés avec des dortoirs, des réserves d’eau, des équipements logistiques et tout le nécessaire pour permettre à des combattants de rester sous terre pendant une période prolongée.
Cette organisation change la nature de la découverte. Elle suggère une préparation méthodique, patiente, inscrite dans le temps long. Des tunnels de deux kilomètres, creusés jusqu’à 25 mètres de profondeur, équipés pour accueillir des hommes, stocker du matériel et préparer des opérations, ne peuvent pas être réduits à un simple dispositif défensif improvisé.
Elle soulève aussi une question embarrassante: comment une infrastructure d’une telle ampleur a-t-elle pu être creusée, aménagée et maintenue pendant des années dans le sud du Liban sans être détectée plus tôt? La question concerne d’abord le Hezbollah, dont la capacité à militariser le sous-sol confirme l’emprise sur certaines zones frontalières. Mais elle concerne aussi l’État libanais, son armée, la FINUL et, plus largement, tous les dispositifs censés surveiller cette région hautement sensible.
Comment la FINUL, présente dans le sud du Liban dans le cadre de la résolution 1701, n’a-t-elle pas repéré une telle infrastructure? Comment l’armée libanaise, théoriquement chargée d’étendre l’autorité de l’État dans cette zone, a-t-elle pu passer à côté d’un réseau aussi vaste? Et comment les habitants, dans des villages où tout mouvement inhabituel finit souvent par être remarqué, ont-ils pu ignorer l’existence d’un chantier aussi lourd?
Une déflagration hors norme
Pour neutraliser ces infrastructures, l’armée israélienne affirme avoir mobilisé des moyens exceptionnels. Plus de 450 tonnes d’explosifs auraient été utilisées pour détruire les galeries souterraines. L’opération a provoqué une explosion d’une ampleur exceptionnelle, visible à plusieurs kilomètres à la ronde.
Les images diffusées sont impressionnantes. Deux immenses colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel, tandis que la déflagration, d’une puissance rare, soulève un nuage dense et prolongé. Selon des médias d’État libanais, l’explosion a creusé un «grand cratère» dans la ville de Qantara, marquant durablement le paysage.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a revendiqué l’opération dans une déclaration vidéo préenregistrée diffusée sur les réseaux sociaux. Il a affirmé que l’armée israélienne avait «fait exploser un immense tunnel terroriste» et poursuivait ses efforts pour démanteler l’ensemble des capacités militaires du Hezbollah. «Nous détruisons leur infrastructure, nous éliminons des dizaines de leurs combattants, et nous n’avons pas encore terminé», a-t-il déclaré.
Du côté israélien, cette découverte est présentée comme la mise au jour de la plus grande infrastructure souterraine identifiée à ce jour dans le sud du Liban. L’armée estime que ces tunnels constituaient une menace directe pour les populations civiles vivant à proximité de la frontière.
Ces révélations interviennent dans un contexte de tensions accrues entre Israël et le Hezbollah, marqué par des échanges de tirs réguliers et une montée en intensité des opérations militaires. Elles alimentent également les accusations israéliennes selon lesquelles le Hezbollah préparerait activement des scénarios d’offensive en territoire israélien, notamment en direction de la Galilée.
Pour Beyrouth, ces opérations posent une nouvelle fois la question de la souveraineté et du contrôle du territoire au sud du pays, où le Hezbollah conserve une présence militaire significative. Elles s’inscrivent dans une dynamique plus large de confrontation indirecte entre Israël et l’Iran, dont le Liban constitue l’un des principaux théâtres.





























