Racisme : Macron, tout et en même temps, son contraire.

Violences policières, contrôle aux faciès, discriminations en tout genres : la France est-elle confronté à un racisme latent ? A écouter Emmanuel Macron, bien malin qui peut trancher la question.

Une chronique d’Olivier Toscer

Ainsi, le vendredi 16 avril dernier, le président Macron accorde une interview à Face The Nation, l’émission-phare du grand network américain CBS. Interrogé sur la question raciale en France, le président se lance, dans une analyse aux accents très anglo-saxons, quasi-décolonial, comme on dit aujourd’hui. Et d’expliquer que la France appartient à cette catégorie de pays « coloniaux avec toujours de l’immigration, avec beaucoup de gens venant des anciennes colonies et, par exemple, du continent africain. » Un état de fait qui, selon lui explique « de nombreuses tensions lorsque des personnes sont victimes de discrimination… » Et le chef de l’Etat de fixer un cap pour le futur : « déconstruire notre propre histoire (…) pour nous débarrasser du racisme ». Pour Emmanuel Macron, la France est face à un « défi énorme : construire notre unité en étant plus efficace contre les inégalités, contre la discrimination ».

A l’entendre disserter dans son habituel anglais teinté d’accent frenchy, le chef de l’Etat reconnaît donc l’existence d’un problème en France, hérité de l’histoire du pays, et auquel il est temps de s’attaquer à bras-le-corps.

Un virage à 180 degrés

Un constat, visiblement valable le vendredi…mais plus du tout le lundi suivant !

Le 19 avril, le même Président Macron livrait en effet une analyse totalement différente – et cette fois-ci en français dans le texte – lors d’un entretien fleuve au Figaro. Il y explique d’abord que la Police Nationale n’a rien à se reprocher : « Il n’y a pas de violences systémiques de la police, c’est faux, pas plus qu’il y en a dans la gendarmerie ou au sein de l’Etat », martèle Emmanuel Macron, avant d’enfoncer le clou : « De la même manière que je ne valide pas le concept de violences policières, je ne valide pas celui de « privilège blanc », ni celui de « racisme systémique ».

En un week-end, et par le simple fait de passer de l’anglais au français, la France du président Macron était donc devenu un havre de paix et de concorde nationale. Mais après tout, l’Elysée a toujours revendiqué son goût pour « la pensée complexe »…