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Accueil À la Une Le double attentat-suicide perturbe la visite de Léon XIV en Algérie

Le double attentat-suicide perturbe la visite de Léon XIV en Algérie

Au coeur de la visite du Pape Léon XIV, des attentats kamikazes se sont produits à Blida à une cinquantaines de kilomètres d’Alger. Cette visite revêt une importance capitale pour le président Tebboune et son ministre des affaires étrangères dont la diplomatie rencontrent des obstacles diplomatiques sur le plan régional (Libye, Soudan, Sahara occidental).

Depuis la promulgation de la loi sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2025, le discours officiel continue de distiller un narratif rassurant sur la question relative à la violence terroriste. Les services de sécurités et leurs relais médiatique désignent le terrorisme désormais par le vocable « résiduelle » ou « en voie d’extinction ». De temps en temps, des annonces de reddition ou d’élimination de groupes terroristes sont soulevées de manière discontinu par la presse nationale

Le chef de l’Église catholique a préféré entamer sa tournée africaine par l’Algérie dont il se réclame disciple de Saint Augustin. L’ensemble des médias du pays se focalisent sur l’événement. Les deux attentas survenus à Blida sont spectaculaires. Des vidéos tournaient en boucle sur les réseaux sociaux dont aucun médias du pays n’a osé couvrir ou commenter dans les premières heures des attentas.

La ville de Blida est connue pour sa position stratégique dans l’organigramme militaire. Elle est le chef lieu de la 1ère région militaire, la plus équipée et la plus importante en effectif. Elle couvre 11 wilaya du centre du pays, y compris la capitale. Elle dispose du plus grand tribunal militaire, du centre technique de recherche et d’investigation (CTRI) du pays. C’est précisément dans ce tribunal où un grand nombre d’officiers supérieurs ont été jugés et emprisonnés dont des directeurs centraux d’appareils sécuritaire.

C’est vers le début d’après midi, 13h00, que les deux attentas ont eu lieu. Pendant plus de 45 minutes, aucun dispositif sécuritaire aucune ambulance ne se trouvait sur place. Les vidéos circulant sur les les réseaux montrent bien les populations locales qui couvraient les deux corps déchiquetés sur la voie publiques.

Une vidéo sur les réseaux sociaux

La réaction des autorités officiels était de minimiser les deux attentas et laisser l’événement principal, qui est la visite du Pape, occupait la place la plus visible. Or les réseaux sociaux ont surplombé l’événement de la visite du Pape en diffusant une vidéo où l’on peut visionner le déroulement de l’attentat. On y voit bien un jeune en habit traditionnel large qui cache une butane de gaz se faire exploser quelques minutes après et à quelques mètres du commissariat central de la ville. Ceux qui ont planifié les attentas ont-il soins de filmer le mode opératoire pour porter préjudice aux partisans du narratif sécurité-stabilité pour les mettre dans l’embarras ? La piste islamiste est-elle crédible ? Aucun parti ou groupe islamiste n’a manifesté son opposition à la visite du Pape.

Le choix de la ville de Blida n’est pas fortuit, elle était, durant la décennie, le point central dans lutte antiterroriste. Beaucoup d’officiers supérieurs, qui ont marqué cette phase de l’histoire contemporaine du pays sont aujourd’hui incarcérés dans la prison militaire de la ville, parmi lesquels les généraux Said Bey (chef de la 2ème région militaire), Abdelkader Heddad alias Nacer El Jen (DGSI), Ouassini Bouazza (DGSI), Mohammed Bouzit dit Youcef (DDGSE), Othman Benmiloud alias Kamel Kaniche (DCSA), et tant d’autres. Beaucoup de regard avisés se tournent vers cet épineux problème d’incacération d’un grand nombre d’officiers supérieurs et les orientations actuelles du haut commandement dans la gestion de l’institution militaire.

D’autres voient dans les récents événements concernant les amendements techniques de la constitution de 2020 comme un point de rupture entre les forces internes formant le pouvoir effectif. Les moyens d’explosifs et la synchronisation des deux attentats dénotent le niveau d’organisation pour des terroristes qu’on désignent en régression permanente. Depuis 2019, le système politique, secoué par le Hirak, n’a pas encore retrouvé sa stabilité interne entre les différents clans le composant.