Rwanda - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/rwanda/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 05 Apr 2024 16:02:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.2 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Rwanda - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/rwanda/ 32 32 Le récit poignant d’Isabelle Darras, 30 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda https://mondafrique.com/video/apres-la-pluie-davril-le-recit-poignant-disabelle-darras-30-ans-apres-le-genocide-des-tutsis-au-rwanda/ Fri, 05 Apr 2024 10:29:09 +0000 https://mondafrique.com/?p=107354 Trente ans se sont écoulés depuis le génocide des Tutsis au Rwanda, un événement qui a laissé des cicatrices profondes dans l’histoire du pays et du monde entier. Isabelle Darras, journaliste de renom, nous livre aujourd’hui un récit poignant à travers son livre « Après la pluie d’avril », édité chez Bayard récits. Retraçant son expérience personnelle […]

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Trente ans se sont écoulés depuis le génocide des Tutsis au Rwanda, un événement qui a laissé des cicatrices profondes dans l’histoire du pays et du monde entier. Isabelle Darras, journaliste de renom, nous livre aujourd’hui un récit poignant à travers son livre « Après la pluie d’avril », édité chez Bayard récits. Retraçant son expérience personnelle au Rwanda il y a trois décennies et son retour récent dans le pays, Darras dévoile les témoignages bouleversants de ceux qui ont survécu à ce massacre et tentent de reconstruire leur vie. À travers des rencontres poignantes et des réflexions profondes, l’auteure nous plonge dans l’ombre de l’horreur et les lueurs d’espoir qui persistent après le drame.

 

En 1994, au lendemain du génocide des Tutsis, Isabelle Darras, jeune journaliste, se portait volontaire pour partir au Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo, dans un camp de réfugiés rwandais. Depuis lors, une question ne cesse de la hanter : comment vit-on après avoir traversé l’indicible, surtout lorsqu’on est encore un enfant ou un adolescent ? C’est cette interrogation qui la pousse à retourner au Rwanda, trente ans après les événements, pour recueillir les récits de ceux dont l’enfance ou l’adolescence a été marquée par l’horreur du génocide.

Des rencontres bouleversantes

De rencontre en rencontre, Isabelle Darras tisse un récit poignant, mêlant souvenirs traumatiques, projets de vie et un présent empreint de rage et d’espérance. Elle nous plonge dans l’intimité de ces survivants, nous faisant partager leurs luttes, leurs rêves et leurs peines. Les pages de « Après la pluie d’avril » sont le témoignage vibrant de ces individus, qui, malgré les épreuves, continuent à avancer avec courage et détermination.

Une lumière dans l’obscurité

Si le génocide des Tutsis a laissé des traces indélébiles dans l’histoire du Rwanda, le récit d’Isabelle Darras offre également des perspectives d’espoir. En dépit de la violence et de la souffrance, l’auteure dessine les chemins inattendus de la lumière après l’horreur. Son livre souligne également la responsabilité collective dans ces événements sombres de l’histoire, en particulier celle de la France.

« Après la pluie d’avril » est bien plus qu’un simple récit sur le génocide des Tutsis. C’est un témoignage poignant sur la résilience humaine, sur la capacité à surmonter les pires épreuves et à trouver de l’espoir même dans les moments les plus sombres. Isabelle Darras nous livre un ouvrage émouvant qui nous rappelle l’importance de se souvenir, de témoigner et de rester vigilant face aux horreurs du passé.

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Francophonie, le péché originel de Macron  https://mondafrique.com/libre-opinion/francophonie-le-peche-originel-de-macron/ https://mondafrique.com/libre-opinion/francophonie-le-peche-originel-de-macron/#comments Mon, 06 Nov 2023 10:34:57 +0000 https://mondafrique.com/?p=99528 Derrière cette situation inédite et catastrophique que connaît aujourd’hui l’Organisation Internationale de la Francophonie qui vient de se réunir les 4 et 5 novembre au Cameroun, beaucoup pointent du doigt l’énorme responsabilité du président français Emmanuel Macron qui a privilégié ses rapports avec le président rwandais sur l’essor de la angue française. C’est le président […]

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Derrière cette situation inédite et catastrophique que connaît aujourd’hui l’Organisation Internationale de la Francophonie qui vient de se réunir les 4 et 5 novembre au Cameroun, beaucoup pointent du doigt l’énorme responsabilité du président français Emmanuel Macron qui a privilégié ses rapports avec le président rwandais sur l’essor de la angue française.

C’est le président français qui a décidé, en 2018, de faire obstacle au renouvellement du mandat de la Canadienne Michaëlle Jean et d’imposer l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères. La démarche reposait, de toute évidence, sur des considérations de politique intérieure française. En imposant Mme Mushikwabo à la tête de l’OIF, le président français entendait accélérer la réconciliation entre son pays et le Rwanda de Paul Kagamé qui l’a toujours accusé d’avoir une responsabilité dans le génocide des tutsis en avril 1994.

Non content d’avoir tordu la main au Canada et aux autres pays francophones pour faire de l’ancienne ministre des Affaires rwandaise le successeur du Sénégalais Abdou Diouf à la tête de l’OIF, Macron avait ensuite tout mis en œuvre en novembre 2022 à Djerba, en Tunisie, pour obtenir le renouvellement du mandat de la rwandaise pour les quatre prochaines années.

Un lourd tribut

La réconciliation entre la France et le Rwanda a certes atteint un niveau inédit dès le premier quinquennat de Macron, mais le tribut payé, notamment par l’OIF, aura été très lourd. Entre problèmes de trésorerie, difficultés de management et crise de confiance avec de nombreux pays membres qui estiment qu’une ancienne ministre rwandaise ne peut être légitime pour défendre la démocratie et les droits de l’homme, la Francophonie se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins, avec un avenir totalement incertain. Par la seule volonté d’Emmanuel Macron et son choix hasardeux.

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Rwanda-Bénin à Kigali ce mercredi, une fleur faite au Président Paul Kagamé https://mondafrique.com/a-la-une/rwanda-benin-a-kigali-une-fleur-faite-au-president-paul-kagame/ Tue, 28 Mar 2023 20:52:48 +0000 https://mondafrique.com/?p=88209 Alors que le Rwanda était interdit de matchs à domicile faute de stades aux normes, la Confédération africaine a autorisé le pays du président Paul Kagamé à recevoir le Bénin, ce mercredi, dans le cadre des éliminatoires de la prochaine CAN. Décryptage  Alignée sur les exigences de la FIFA en matière d’enceintes sportives, la Confédération […]

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Alors que le Rwanda était interdit de matchs à domicile faute de stades aux normes, la Confédération africaine a autorisé le pays du président Paul Kagamé à recevoir le Bénin, ce mercredi, dans le cadre des éliminatoires de la prochaine CAN. Décryptage 

Alignée sur les exigences de la FIFA en matière d’enceintes sportives, la Confédération africaine de football a interdit une quinzaine de pays de recevoir dans leurs stades en ce mois de mars, dévolu aux éliminatoires de la prochaine CAN. Mais des petits arrangements entre amis sont toujours possibles, et la rencontre Rwanda – Bénin, programmée cette semaine, vient d’en fournir une nouvelle illustration. Après avoir mis son véto à la tenue de ce match de la quatrième journée du groupe L au stade de Huye, l’instance continentale a décidé de rétropédaler, à moins de cinq jours du coup d’envoi. Prévue à Cotonou le lundi 27 mars suite à la non-homologation de l’enceinte du sud du Rwanda par la CAF, la rencontre aura finalement lieu le mercredi 29 à Kigali.

« Après avoir reconsidéré toutes les circonstances et possibilités, nous avons dans l’intervalle trouvé une solution acceptable pour permettre au match susmentionné de se jouer au Rwanda malgré l’impossibilité de jouer au stade de Huye », lit-on dans le communiqué de la CAF, qui a décidé que la rencontre pourrait être disputée à huis clos au stade Kigali Pelé, seule la pelouse étant aux normes requises au contraire des tribunes. Une dérogation accordée « à titre exceptionnel », alors que ledit stade « reste suspendu ». Pire : l’instance continentale a allongé pour l’occasion de 24 heures la durée de la fenêtre FIFA du mois.

Petit arrangement entre amis.

Alors que les internationaux sont attendus par leurs clubs respectifs à compter du 29 mars, les participants à ce match décalé ne pourront se présenter auprès de leurs employeurs que le 30 au minimum. De quoi pousser la CAF à contacter lesdits clubs afin de leur demander d’être compréhensifs. Que ne ferait-elle pas, cette « FIFAfrique » (ou est-ce la « CAFifa » ?) pour arranger son grand ami, Paul Kagamé ! Le président du Rwanda n’a-t-il pas accueilli ce mois-ci dans son pays le 73e Congrès de la FIFA, marqué par la réélection à main levée de Gianni Infantino ? Une telle bienveillance pour les puissants du football vaut bien, en retour, quelques entorses aux règles communes.

Voilà donc les joueurs du Bénin et leur staff obligés d’organiser ce déplacement au Rwanda après avoir pris leurs dispositions pour rester au pays. Un courrier de protestation de l’Union nationale des footballeurs professionnels du Bénin (UNFPB) à la Fédération béninoise de football (FBF) n’a pas le moins du monde ému l’instance. Après une ultime réunion entre les joueurs et leurs encadrants, dimanche soir, décision a été prise de respecter le calendrier réaménagé par la Confédération. Les Guépards (c’est désormais le surnom de l’équipe nationale du Bénin, jadis symbolisée par l’Écureuil, ndlr) doivent décoller pour le Rwanda ce lundi après-midi dans un vol commercial.

« La position de nos dirigeants n’est pas claire. On a l’impression qu’ils ne veulent se fâcher avec personne », regrette à Cotonou un observateur attentif de l’équipe nationale du Bénin, contacté par Mondafrique. Le contexte diplomatico-sportif ne les pousse pas à hausser le ton : leur pays fait ticket commun avec le Nigeria pour récupérer l’organisation de la CAN 2025, retirée l’an dernier à la Guinée, incapable d’y faire face. Ce n’est pas le moment de faire des vagues, en particulier contre Paul Kagamé, dont se réclame plus ou moins ouvertement le président Patrice Talon. Quitte à attiser certaines incompréhensions dans une population qui avait déjà accueilli froidement la nomination à la tête de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) du Rwandais Pascal Nyamulinda.

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RD Congo, les atrocités du M23 soutenu par le Rwanda https://mondafrique.com/confidentiels/rd-congo-les-atrocites-du-m23-soutenu-par-le-rwanda/ Mon, 06 Feb 2023 07:24:35 +0000 https://mondafrique.com/?p=84918 Les exactions du M23, soutenu par le président Kagamé, attisent la violence ethnique dans le Nord-Kivu (Goma, le 6 février 2023) – Le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda a procédé à des exécutions sommaires et au recrutement forcé de civils dans l’est de la République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. En réponse […]

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Les exactions du M23, soutenu par le président Kagamé, attisent la violence ethnique dans le Nord-Kivu

(Goma, le 6 février 2023) – Le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda a procédé à des exécutions sommaires et au recrutement forcé de civils dans l’est de la République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. En réponse à l’offensive du M23, l’armée congolaise collabore avec des milices à caractère ethnique responsables d’exactions.

Les parties belligérantes font de plus en plus appel aux loyautés ethniques, exposant les civils des zones reculées de la province du Nord-Kivu à un risque accru.

« Les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda dans le Nord-Kivu laissent dans leur sillage une série croissante de crimes de guerre contre les civils », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RD Congo à Human Rights Watch. « Le Rwanda devrait mettre fin à son soutien militaire au M23, tandis que les troupes gouvernementales congolaises devraient donner la priorité à la protection des civils et cesser de recourir à des milices responsables d’abus comme forces supplétives. »

Les enquêtes récentes du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RD Congo, ainsi que les recherches menées par Human Rights Watch, fournissent des preuves significatives –  photographiques et autres – que non seulement le Rwanda apporte un soutien logistique au M23, mais que les troupes rwandaises renforcent également le groupe armé ou se battent à ses côtés sur le territoire congolais. Le gouvernement rwandais a nié tout soutien aux rebelles du M23.

La reprise des hostilités entre le M23, l’armée congolaise et plusieurs autres groupes armés a contraint plus de 520 000 personnes à fuir leurs foyers, selon les Nations Unies (…). À la fin de l’année 2022, alors que le M23 étendait son contrôle sur le territoire de Rutshuru et tentait de s’emparer de parties du territoire voisin de Masisi, plusieurs groupes armés, principalement organisés autour de l’appartenance ethnique, se sont déployés dans et autour de la ville rurale de Kitchanga, dans le Masisi.

Les exactions des officiers congolais

Human Rights Watch a récemment documenté l’implication du colonel Tokolonga aux côtés d’une coalition de groupes armés congolais se faisant appeler la Coalition patriotique. Les officiers congolais qui soutiennent des groupes armés commettant des exactions peuvent être tenus pour responsables d’avoir contribué à des crimes de guerre, a déclaré Human Rights Watch. La RD Congo a l’obligation juridique internationale d’enquêter sur les crimes de guerre présumés commis sur son territoire et de traduire en justice les responsables de manière appropriée.

Des centaines de civils tutsis à Kitchanga et dans les villages alentours, souvent perçus par les membres d’autres communautés comme des partisans du M23, un groupe dirigé majoritairement par des Tutsis, ont fui par crainte de représailles de la part des milices qui utilisent une rhétorique de plus en plus hostile et menaçante à leur encontre. « Plus [les rebelles du M23] attaquent et plus ils avancent, plus nous sommes haïs par d’autres communautés qui nous assimilent à eux », a expliqué un chef de communauté tutsi dans le territoire de Masisi, qui, pour des raisons de sécurité, n’a pas souhaité que son nom soit mentionné. Le 26 janvier, les rebelles du M23 ont pris la ville de Kitchanga, poussant les civils issus d’autres communautés à fuir par crainte de représailles.

Le soutien du M23 au Rwanda

Le Rwanda soutient depuis longtemps le M23 et avait soutenu son prédécesseur, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Les efforts de médiation entre les présidents congolais et rwandais, menés par l’Union africaine (UA) sous les auspices de l’Angola, ont peu progressé. L’UA et ses pays membres devraient indiquer clairement au Rwanda, publiquement et en privé, que son soutien militaire continu au M23 pourrait impliquer le pays dans les abus commis par le M23 au titre de la responsabilité étatique, et que des responsables rwandais pourraient être reconnus complices des crimes de guerre du M23, a déclaré Human Rights Watch.

Le 15 décembre, le secrétaire d’État des États-Unis, Antony Blinken, a déclaré que le Rwanda devrait « user de son influence auprès du M23 pour l’encourager » à se replier et devrait aussi « rappeler » ses propres forces. La Belgique, la France, l’Allemagne et l’Union européenne ont également exhorté le Rwanda à cesser tout soutien au M23. Les États-Unis, l’UE, la France, le Royaume-Uni et d’autres pays devraient suspendre leur assistance militaire au Rwanda tant qu’il soutiendra le M23. L’UE devrait s’assurer que son assistance récemment allouée à la mission des forces de défense rwandaises dans le nord du Mozambique fait l’objet d’un suivi adéquat afin que l’UE ne contribue pas indirectement à des opérations militaires abusives dans l’est de la RD Congo

Pour plus de précisions sur les abus commis par le M23 et sur les violences récentes, veuillez lire la suite.

Pour consulter d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch sur la République démocratique du Congo, veuillez suivre le lien :
https://www.hrw.org/fr/afrique/republique-democratique-du-congo

Le mauvais tour joué par le président Paul Kagame à Emmanuel Macron

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Congo, les miliciens du M23 à la solde du Rwanda suspectés d’un massacre https://mondafrique.com/international/les-miliciens-du-m23-a-la-solde-du-rwanda-suspectes-dun-massacre-au-congo/ Sat, 03 Dec 2022 18:32:05 +0000 https://mondafrique.com/?p=82214 Un deuil national de trois jours a débuté samedi en République démocratique du Congo après le massacre présumé de civils dans l’est du pays pour lequel le gouvernement évoque maintenant un bilan de «plus d’une centaine» de morts. L’armée et les autorités de la RDC ont accusé les rebelles du M23, soutenu par le Rwanda,  […]

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Un deuil national de trois jours a débuté samedi en République démocratique du Congo après le massacre présumé de civils dans l’est du pays pour lequel le gouvernement évoque maintenant un bilan de «plus d’une centaine» de morts.

L’armée et les autorités de la RDC ont accusé les rebelles du M23, soutenu par le Rwanda,  d’avoir «lâchement assassiné» au moins 100 civils à Kishishe, un village du territoire de Rutshuru situé à environ 70 km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Le Rwanda bafoue, via des groupes armés, l’intégrité territoriale de son voisin congolais depuis 1996 sous prétexte de poursuivre les auteurs du génocide rwandais de 1994. La crise entre les deux pays est désormais ouverte. 

En réalité, ce sont les immenses richesses minières et les terres arables de la RDC qui sont convoités par le voisin rwandais mais aussi ougandais. Les deux guerres (1996-1997 et 1998 -2002) et les incursions incessantes de divers groupes armés soutenus par Kigali et/ou Kampala ont fait des millions de morts dans l’indifférence de la « Communauté internationale ».

Depuis août 2022, le M23, mouvement à la solde du Rwanda, a repris les hostilités et sème la terreur auprès des populations de l’Est de la RDC. Les Congolais ont versé trop de sang, ils sont à bout de nerfs et de larmes.

L’expulsion de l’ambassadeur rwandais

Depuis la reprise des hostilités dans l’Est de la République Démocratique du Congo en août dernier par les rebelles du M23, une milice soutenue par le Rwanda, les Congolais demandaient à cors et à cris au Président Félix Tshisekedi de rompre les relations diplomatiques avec le Rwanda. C’est fait depuis le samedi 29 octobre, après la réunion du Conseil national de Sécurité, Kinshasa a décidé de donner 24 heures à Vincent Karega, l’ambassadeur de Kigali en RDC pour quitter le territoire.  

Si cette mesure satisfait les Congolais qui souffrent depuis 1994 des ingérences du petit Rwanda sur l’immense Congo, notamment par l’intermédiaire de groupes armés, comme le M23, elle ne suffira pas. Cette milice mieux armée et mieux équipée que l’armée congolaise conquiert chaque jour des territoires. Devant  leur avancée, les populations de Rutshuru, dans le nord Kivu, ont fui leur ville, et ce sont toujours les mêmes images cruelles d’un autre temps, qu’on espérait ne jamais revoir : des mamans en pagne, avec bassine sur la tête et bébé dans le dos, courant pieds nus sur la latérite.  Et c’est maintenant au tour des populations de la grande ville frontalière de Goma de s’inquiéter, les rebelles ne sont qu’à une dizaine de kilomètres où les Forces armées congolaises les combattent et tentent de les contenir.

Ils sont 75 000 déplacés internes, et 11 000 personnes réfugiées en Ouganda à avoir été obligés de fuir depuis le début des hostilités en novembre 2021.

Paul Kagamé interpellé

Devant l’avancée du M23, le président de la Commission des Affaires Etrangères du sénat américain a demandé à Paul Kagamé d’arrêter de soutenir le M23 : « un mouvement responsable du meurtre des Congolais et des casques bleus ». L’ambassadeur US aux Nations unies a fait une déclaration similaire : « C’est inacceptable. Les États-Unis appellent les groupes armés à cesser leurs assauts contre la population la plus vulnérable de la RDC ».

Le Foreign Office s’est aussi insurgé : « L’impact sur les civils est inacceptable. Les hostilités doivent cesser. Le soutien au M23 doit cesser. ». La France d’Emmanuel Macron qui a renoué avec Paul Kagamé et entretient désormais de bonnes relations avec le Rwanda ne dit mot.  Alors qu’avec la guerre en Ukraine le respect de l’intégrité territoriale d’un Etat est devenu un mantra, l’ambassadeur français aux Nations unies s’est contenté d’une déclaration aussi insipide que vague « le dialogue doit être maintenu entre les Etats de la région ».  

Le Quai d’Orsay, lui, reste muet. C’est qu’il est terrorisé par de possibles réactions d’Emmanuel Macron, qui a choisi d’être au mieux avec le président rwandais, Paul Kagamé. Au point d’offrir à ce pays anglophone le poste convoité de patron(ne) de la francophonie.,

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Le mauvais tour joué par le président Paul Kagame à Emmanuel Macron https://mondafrique.com/international/le-mauvais-tour-joue-par-le-president-rwandais-a-emmanuel-macron/ https://mondafrique.com/international/le-mauvais-tour-joue-par-le-president-rwandais-a-emmanuel-macron/#comments Sat, 12 Nov 2022 07:34:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=81043 Présenté comme un haut fait de la diplomatie française, la rencontre entre Paul Kagamé, le président du Rwanda et Félix Tshisékedi, le président de la République démocratique du Congo (RDC), à l’initiative d’Emmanuel Macron, en septembre dernier à New York, n’a finalement servi à rien. Sans que Macron ait pu rappeler à l’ordre son homologue […]

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Présenté comme un haut fait de la diplomatie française, la rencontre entre Paul Kagamé, le président du Rwanda et Félix Tshisékedi, le président de la République démocratique du Congo (RDC), à l’initiative d’Emmanuel Macron, en septembre dernier à New York, n’a finalement servi à rien. Sans que Macron ait pu rappeler à l’ordre son homologue rwandais. 

Paul Kagame est un des rares chefs d’état africain pour lequel Emmanuel Macron a une véritable estime, voire de l’admiration

La mise en scène a été parfaitement réglée : à gauche sur la photo, le président rwandais Paul Kagamé, à droite le président de la République Démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisékedi et au milieu des deux leur homologue français, Emmanuel Macron, tout sourire.

Voulue par Macron la rencontre organisée à New York, en marge de la 77 ème Assemblée générale des Nations unies, avait abouti à un accord rwando-congolais qui prévoyait la cessation immédiate des hostilités et le retrait des rebelles du M23 des positions qu’ils occupaient depuis octobre à l’intérieur du territoire congolais. 

L’accord de New York bafoué 

De retour chez lui à Kigali, le président rwandais s’est assis sur les engagements pris devant Macron à New York. En effet, il n’a fait aucun effort pour convaincre le M23 de se retirer de la RDC. Dans un rapport publié en juillet dernier, un groupe d’experts des Nations unies a assuré qu’il existait des preuves irréfutables de l’implication du Rwanda derrière le M 23. Les autorités congolaises, elles, vont plus loin en affirmant que Kigali continue de fournir du soutien logistique et de l’équipement aux rebelles du M23.

Si Paul Kagamé l’avait voulu, les rebelles se seraient immédiatement retirés de la RDC dès son retour de New York. Mais ce n’est pas tant l’attitude du président rwandais qui surprend que le silence total d’Emmanuel Macron et de la diplomatie française qui ont pourtant célébré la rencontre tripartite de New York. En initiant la rencontre et en la célébrant comme une victoire diplomatique, Macron se posait en garant du suivi des engagements pris en sa présence par Félix Tshisékedi et Paul Kagamé.

Macron fasciné par Kagamé

Le président français a finalement préféré ménager son homologue rwandais que d’assumer son rôle de garant de « l’accord de New York ». Ce qui ne surprend personne à Kinshasa et ailleurs. Macron a toujours nourri une fascination pour Kagamé. En prenant le risque de froisser une partie du lobby militaire et diplomatique, Emmanuel Macron est allé plus loin que n’importe quel autre chef d’Etat français pour arriver à la réconciliation totale entre la France et le Rwanda.

Kagamé aura obtenu en mars 2021 de lui le Rapport Duclert qui souligne la responsabilité de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda ; le retour à Kigali de l’ambassadeur de France en juin 2021 ; un voyage officiel au Rwanda en mai dernier et, avant tout cela, le Secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 2018. 

   

Compter sur soi-même 

Le garant français de l’entente de New York se faisant discret, Félix Tshisékedi s’est résolu à passer de la diplomatie à la guerre avec le Rwanda. Outre la nomination d’un nouveau chef d’état-major à la tête des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC),  le président congolais a lancé, début novembre, un appel à la mobilisation générale pour libérer les territoires occupés par le M23 dans l’Est de la RDC frontalière du Rwanda.

Selon des sources officielles, pas moins de 2000 jeunes congolais se sont enrôlés dans les rangs pour « défendre » la partie en danger.

À Kinshasa, le pouvoir compte également sur le déploiement prochain de la force régionale d’interposition décidée par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEAC) pour inverser le rapport de force avec les rebelles. En application de cette décision, un contingent kenyan devait normalement être déployé dans le Nord-Kivu.  Mais rien n’indique toutefois que cela suffira à bouter dehors les rebelles. Pour le Rwanda, l’Est de la RDC présente un enjeu stratégique et économique. En prenant pied chez son voisin congolais, Kagamé garde l’œil sur les rebelles du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR) soutenus, selon lui, par les FARDC.

L’instabilité dans l’Est de la RDC permet surtout à Kigali de tirer directement ou indirectement des dividendes substantiels du trafic des minerais précieux congolais: le coltan, le cobalt, le cuivre, le manganèse et le diamant. Après la défection du garant Macron et faute de résultats sur le plan diplomatique, Félix Tshisékedi a choisi la confrontation militaire avec Paul Kagamé (voir l’article ci dessous).

Un pari risqué et incertain.  

Le divorce acté entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC)

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Procès à La Haye de Félicien Kabuga, financier du génocide rwandais https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-proces-a-la-haye-de-felicien-kabuga-financier-du-genocide-rwandais/ Thu, 29 Sep 2022 07:30:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=76889 Le procès de Félicien Kabuga, pour des crimes commis pendant le génocide rwandais de 1994, débute aujourd’hui à La Haye. Il s’agit d’une étape importante en vue d’établir les responsabilités dans la planification, le commandement et l’exécution du génocide au Rwanda. Par Lewis Mudge Félicien Kabuga a d’abord été mis en examen par le Tribunal pénal international […]

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Le procès de Félicien Kabuga, pour des crimes commis pendant le génocide rwandais de 1994, débute aujourd’hui à La Haye. Il s’agit d’une étape importante en vue d’établir les responsabilités dans la planification, le commandement et l’exécution du génocide au Rwanda.

Par Lewis Mudge

Félicien Kabuga a d’abord été mis en examen par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en 1997. Comptant parmi les principaux financeurs de la Radio Télévision Libre des Mille Collines, qui, lors du génocide, a incité la population à dresser des barrières et à procéder à des fouilles, a désigné des personnes à cibler et a indiqué des zones à attaquer, Félicien Kabuga est accusé d’être un des cerveaux du génocide.

Actuellement âgé de 89 ans, Kabuga est également accusé d’avoir soutenu et encouragé les Interahamwe – une milice rattachée au parti au pouvoir qui a traqué et massacré des hommes, des femmes et des enfants tutsis. Il est mis en examen pour génocide, incitation à commettre un génocide, entente en vue de commettre un génocide et crimes contre l’humanité. Il est jugé dans le cadre du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux.

Entre avril et juillet 1994, des extrémistes politiques et militaires hutus ont orchestré le meurtre de près des trois quarts de la population tutsie du Rwanda, faisant plus d’un demi-million de morts. De nombreux Hutus ont aussi été tués pour avoir tenté de cacher ou de protéger des Tutsis, ou pour s’être opposés au génocide.

Vingt-huit ans plus tard, de nombreux individus impliqués dans le génocide, y compris d’anciens hauts responsables du gouvernement et d’autres figures clés à l’origine des massacres, ont été traduits en justice. La majorité d’entre eux ont été jugés par des tribunaux rwandais. D’autres ont comparu devant le TPIR ou des tribunaux nationaux en Europe et en Amérique du Nord.

Malgré les progrès réalisés en matière de jugement des auteurs du génocide, très peu de membres du Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir ont été traduits en justice pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par le FPR en 1994. Lorsqu’ils ont pris le contrôle du pays, les soldats du FPR ont tué des milliers de civils essentiellement hutus. Ces tueries n’étaient pas comparables au génocide, mais les victimes et leurs familles ont droit à la justice. La protection de la plupart des membres du FPR contre toute poursuite pour leurs crimes n’a pas seulement donné le sentiment que le FPR est au-dessus de la loi, mais elle a peut-être aussi entravé la réconciliation de la société rwandaise dans la période qui a suivi le génocide.

Tous les auteurs de crimes graves commis il y a trois décennies devraient être traduits en justice, à l’instar de Félicien Kabuga. Les questions concernant l’âge de Félicien Kabuga et sa capacité à faire face à un procès ont seulement souligné à quel point il est urgent que ces affaires soient jugées.

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Le président rwandais Paul Kagamé mis en cause par Antony Blinken https://mondafrique.com/international/les-droits-humains-au-coeur-de-la-visite-dantony-blinken-au-rwanda/ Tue, 09 Aug 2022 04:15:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=72071  Les Etats-Unis devraient exprimer leurs préoccupations au président rwandais Kagamé  en matière de respect des droits humains, notamment sur les abus commis par le M23,  un groupe armé congolais soutenu par le Rwanda. qui a commis des crimes de guerre de grande ampleur La visite du Secrétaire d’État américain Antony Blinken au Rwanda, prévue du 10 […]

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 Les Etats-Unis devraient exprimer leurs préoccupations au président rwandais Kagamé  en matière de respect des droits humains, notamment sur les abus commis par le M23,  un groupe armé congolais soutenu par le Rwanda. qui a commis des crimes de guerre de grande ampleur

La visite du Secrétaire d’État américain Antony Blinken au Rwanda, prévue du 10 au 12 août 2022, se déroulera sur fond de préoccupations accrues quant au soutien que le Rwanda apporterait une nouvelle fois aux rebelles du M23 lors d’opérations émaillées d’abus en République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Anthony Blinken se rendra également en RD Congo où le M23 a étendu son contrôle dans la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays, en commettant des exécutions sommaires à l’encontre des civils.

Le M23 a commencé à reconstituer ses rangs en 2021. Depuis le mois de mai, le M23 a démontré sa capacité à surpasser les forces congolaises soutenues par l’ONU. Des sources onusiennes et un haut responsable congolais ont laissé entendre à Human Rights Watch que le groupe recevait une aide extérieure soutenue.

Le 14 juin, l’ambassade des États-Unis en RD Congo s’est déclarée « extrêmement préoccupée par les récents combats dans l’est [de la RD Congo] et par la présence signalée de forces rwandaises sur le territoire [de la RD Congo] ». Le groupe d’experts des Nations Unies sur la RD Congo, mandaté par le Conseil de sécurité de l’ONU pour surveiller l’application de son régime de sanctions, a confirmé dans son rapport de juin la présence d’hommes en uniformes militaires rwandais dans les camps du M23. Le 4 août, des médias ont rapporté qu’un rapport du groupe d’experts de l’ONU avait trouvé des « preuves solides » selon lesquelles les forces rwandaises combattaient effectivement aux côtés du M23 et lui fournissaient d’autres formes de soutien. Le gouvernement rwandais a nié à plusieurs reprises soutenir le M23.

Comme en 2012, le M23 commet des crimes de guerre contre des civils, a déclaré Human Rights Watch. Des témoins ont décrit des exécutions sommaires d’au moins 29 personnes, dont des enfants, en juin et juillet. Les États-Unis devraient soulever avec le Rwanda les informations fiables selon lesquelles le Rwanda apporte de nouveau son soutien aux conduites abusives du M23 dans l’est de la RD Congo. Le Secrétaire d’État Blinken devrait condamner publiquement les attaques du M23 dans les termes les plus fermes, et avertir le Rwanda des conséquences de son soutien au M23 dans la commission de tels abus.
Les opposants rwandais réprimés

Plus généralement, la visite devrait également être utilisée pour dénoncer les violations systématiques des droits humains, notamment les campagnes de répression contre les opposants et la société civile, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières du Rwanda. Le Secrétaire d’État Blinken devrait faire pression sur les autorités pour qu’elles libèrent les dissidents et opposants qui ont été emprisonnés pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.

« Le secrétaire d’État Blinken devrait exprimer clairement les vérités qui dérangent pendant ses visites au Rwanda et en RD Congo », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « L’absence de conséquences malgré un bilan catastrophique en matière de droits humains au Rwanda a encouragé les responsables du pays à poursuivre leurs abus, même au-delà de ses frontières. »

Le parti au pouvoir au Rwanda, le Front patriotique rwandais (FPR), mène depuis des années une campagne brutale contre les critiques réels ou supposés du gouvernement. Récemment, des critiques de premier plan, notamment des blogueurs, ont été arrêtés et menacés. Certains ont récemment dit avoir été torturés en détention. Les autorités enquêtent rarement de manière crédible sur les disparitions forcées ou les morts suspectes d’opposants. Les détentions arbitraires et les mauvais traitements dans des centres de détention non officiels sont fréquents, notamment à l’occasion de visites très médiatisées ou de grands événements internationaux tels que la récente Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM).

Anthony Blinken a prévu d’évoquer le cas de Paul Rusesabagina, dont l’arrestation et la détention en août 2020 font partie d’un ensemble de pratiques et d’abus bien documentés et ont suscité de graves inquiétudes quant à la politisation du système judiciaire rwandais.
L’opposant Paul Rusesabagina, aujourd’hui détenteur de la nationalité belge, vivait aux États-Unis lorsqu’il s’est rendu à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Il a été victime d’une disparition forcée jusqu’à ce que le Bureau d’enquêtes rwandais (Rwanda Investigation Bureau, RIB) annonce qu’il détenait Rusesabagina à Kigali. Human Rights Watch a documenté plusieurs violations de la procédure régulière et du droit à un procès équitable tout au long du procès de Rusesabagina, qui a finalement abouti à une lourde peine.

Blinken devrait également aborder les cas de journalistes, de commentateurs et d’activistes de l’opposition emprisonnés pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’association et d’expression. Le 30 mai, Aimable Karasira, un commentateur populaire sur YouTube et aujourd’hui détenu, a déclaré à un juge avoir été torturé en détention et s’être vu refuser tout traitement médical. Lors d’une comparution le 7 juillet, il a déclaré avoir été puni pour avoir révélé les mauvais traitements qui lui ont été infligés en détention et avoir été de nouveau battu.

Les attaques et les menaces contre les réfugiés rwandais vivant à l’étranger, notamment en Ouganda, au Mozambique et au Kenya, se poursuivent sans relâche. Les victimes sont généralement des opposants politiques ou des critiques du gouvernement rwandais ou du président Paul Kagame.

Des commentateurs, journalistes, activistes de l’opposition ainsi que d’autres personnes qui prennent position sur des questions d’actualité et critiquent les politiques publiques menées au Rwanda ont été victimes de disparitions forcées, et certains sont morts dans des circonstances suspectes. Le gouvernement rwandais n’enquête jamais de manière efficace sur les allégations d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de décès en détention, de détention arbitraire, de torture et d’autres mauvais traitements, et ne veille pas à ce que les responsables de tels faits rendent des comptes. Dans bon nombre de ces cas, les preuves révèlent l’implication des forces de sécurité de l’État. Cela a instauré un climat de peur au sein de la population ainsi qu’une impunité généralisée.

Parmi ces cas figure la mort suspecte en garde à vue du célèbre activiste et chanteur Kizito Mihigo, et ce malgré les appels de partenaires internationaux tels que le secrétaire d’État américain adjoint aux affaires africaines de l’époque, Tibor Nagy. Innocent Bahati, un poète populaire qui diffusait sur YouTube des œuvres consacrées aux questions sociales et aux droits humains, a disparu dans des circonstances suspectes le 7 février 2021 et demeure introuvable depuis lors. Les autorités ont affirmé de manière vague et sans apporter de preuves qu’il avait quitté le pays.



Paul Kagame, « l’Afrique aux Africains »

 

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Le président Paul Kagamé, un autocrate ordinaire https://mondafrique.com/confidentiels/le-president-paul-kagame-un-autocrate-ordinaire/ Wed, 20 Oct 2021 01:30:05 +0000 https://mondafrique.com/?p=57187 L’espace pour les voix dissidentes se ferme au Rwanda où la  répression contre l’opposition et les médias s’intensifie, sans que ses amis en France, de Jeune Afrique à des spécialistes connus du Rwanda, ne s’en émeuvent particulièrement (Nairobi, le 19 octobre 2021) – Les autorités rwandaises ont arrêté neuf personnes liées à un parti d’opposition ainsi qu’un journaliste […]

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L’espace pour les voix dissidentes se ferme au Rwanda où la  répression contre l’opposition et les médias s’intensifie, sans que ses amis en France, de Jeune Afrique à des spécialistes connus du Rwanda, ne s’en émeuvent particulièrement

(Nairobi, le 19 octobre 2021) – Les autorités rwandaises ont arrêté neuf personnes liées à un parti d’opposition ainsi qu’un journaliste au cours de cette dernière semaine, dans une période où elles intensifient leur répression contre les opposants et les détracteurs, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces mesures répressives semblent être liées au « Ingabire Day », un évènement organisé par le parti d’opposition non enregistré Dalfa-Umurinzi, prévu pour le 14 octobre 2021 afin de discuter notamment de la répression politique au Rwanda.

Théoneste Nsengimana, un journaliste qui avait prévu de couvrir l’événement et d’animer une discussion sur sa chaîne YouTube avec Victoire Ingabire, la dirigeante du parti, a été arrêté le 13 octobre.

Plusieurs membres et représentants régionaux du parti – Sylvain Sibomana, Alexis Rucubanganya, Hamad Hagengimana et Jean-Claude Ndayishimiye – ont été arrêtés à leurs domiciles dans la soirée du 13 octobre, ainsi que Joyeuse Uwatuje, une amie proche et assistante personnelle de Victoire Ingabire.

Selon des sources au sein de Dalfa-Umurinzi, Alphonse Mutabazi a été arrêté dans la matinée du 14 octobre, tandis que Marcel Nahimana, le Secrétaire général du parti, et Emmanuel Masengesho, ont été arrêtés dans la soirée du 14 octobre. Régine Kadoyimana, administratrice et assistante au sein du parti, a été arrêtée le 16 octobre à son domicile à Kigali, la capitale.

« Le dernier coup de filet du gouvernement rwandais démontre son refus de tolérer le débat et la critique », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Ces arrestations manifestement arbitraires et politiques sont destinées à dissuader davantage les personnes de s’exprimer contre la politique ou les abus du gouvernement. »

L’Office rwandais d’investigation (Rwanda Investigation Bureau, RIB) a annoncé dans un tweet tard le 13 octobre que Théoneste Nsengimana et cinq autres personnes non nommées avaient été placés en garde à vue pour « publication de rumeurs visant à inciter au soulèvement ou des troubles au sein de la population ». Le RIB a aussi averti ceux qui utilisent les réseaux sociaux qu’ils devaient éviter de « porter atteinte à la sécurité nationale » et « inciter à la division ». Le bureau d’investigation n’a pas reconnu publiquement l’arrestation des quatre autres personnes.

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Paul Kagamé, le despote éclairé du Rwanda, reçoit Emmanuel Macron  https://mondafrique.com/politique/paul-kagame-le-despote-eclaire-du-rwanda/ Thu, 27 May 2021 05:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=50787 Arrivé à la tête du Rwanda en 2000, Paul Kagamé, qui reçoit ce jeudi le président français, Emmanuel Macron, , dirige son pays d’une main de fer. Ce qui n’empêche pas à cet ancien maquisard d’être une figure incontournable de la scène diplomatique africaine, un interlocuteur privilégié aujourd’hui par la diplomatie française.  Janvier 2017, Addis-Abeba, […]

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Arrivé à la tête du Rwanda en 2000, Paul Kagamé, qui reçoit ce jeudi le président français, Emmanuel Macron, , dirige son pays d’une main de fer. Ce qui n’empêche pas à cet ancien maquisard d’être une figure incontournable de la scène diplomatique africaine, un interlocuteur privilégié aujourd’hui par la diplomatie française. 

L’ancien maquisard est devenu un des chefs d’Etat africains le plus incontournables sur la scène continentale

Janvier 2017, Addis-Abeba, Ethiopie. Après un profond examen de conscience, les chefs d’Etat africains réunis pour le 28 ème sommet de l’Union africaine, conviennent de la transformer. Mais le plus difficile n’est pas tant cette décision inédite que trouver un pilote pour conduire les réformes. Dans le huis-clos des discussions du 28 ème de l’organisation panafricaine, les regards ne se tournent ni vers l’Afrique du Sud, ni vers le Nigeria, encore moins vers l’Algérie et l’Egypte, les principales puissances continentales. C’est à Paul Kagamé, président du Rwanda, petit Etat de 26 338 km 2 et environ 12 millions d’habitants, que sera confié l’épineux dossier de la réforme de l’Union africaine.

Par petites touches, l’ancien maquisard est devenu un des chefs d’Etat africains le plus incontournables sur la scène continentale. Il rompt brutalement avec l’Ougandais Yuweri Musevi qui l’a aidé à arriver au pouvoir, impose au Congolais Félix Tshisékedi de réconcilier la République démocratique du Congo (RDC) avec le Rwanda. Paul Kagamé se projette plus loin de ses terres pour devenir un acteur incontournable de la crise centrafricaine. Jouant sur le même pied d’égalité que la Russie, Kagamé assure la sécurité personnelle du président centrafricain Archange Faustin Touadéra. Son armée participe directement aux côtés des forces armées centrafricaines (FACA) à l’offensive militaire contre les rebelles de la coalition des patriotes pour le changement (CPC)

Le président français a besoin de la confiance ce chef d’Etat africain, de 63 ans, crédité d’excellents résultats en matière de gouvernemen

Donnant donnant avec Macron 

A des milliers de kilomètres de Kigali, la capitale rwandaise, lorsque le président français Emmanuel Macron décide de trouver en 2019 un successeur à la Canadienne Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie, il porte, contre toute logique, son choix Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda. Derrière cette option irrationnelle, apparaissait la volonté du président français de faire un clin d’œil à Kagamé qui n’a jamais fait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sa tasse de thé. Il a même préféré à la Francophonie le Commonwealth qui tiendra prochainement son sommet à Kigali.  

Comme pour la présidence du comité des réformes de l’UA, Kagamé n’était pas demandeur, Macron est venu le chercher. Le président français a besoin de la confiance ce chef d’Etat africain, de 63 ans, crédité d’excellents résultats en matière de gouvernement et de développement, comme caution à sa nouvelle politique africaine. En plus, Kagamé n’appartient pas à l’ancien pré-carré. De ses années de maquis, le président rwandais a gardé la stratégie du rapport de forces permanent. Il a compris que Macron avait besoin de lui : il joue donc le jeu mais sans rien céder avant que la France ait reconnu sa lourde responsabilité dans le génocide de 1994. Ce que Kagamé obtient finalement avec le rapport Duclert commandé par Emmanuel Macron. Mais même là, pas question pour l’ancien maquisard de tout céder. Il garde encore des fers au feux et obtient que le président français se rende, probablement, à la fin du mois de mai à Kigali. Depuis l’installation de Macron à l’Elysée, Kagamé a effectué deux visites de travail en France. Il a obtenu de la France tout ce qu’il voulait de l’abandon des poursuites contre ses proches accusés par la justice française d’avoir abattu en avril 1994 l’avion du président Habyarimana à la nomination prochaine d’un ambassadeur de France à Kigali, avec l’agrément du Rwanda, en passant les poursuites contre des génocidaires présumés réfugiés en sur le territoire français. 

Le chanteur et opposant Kizito Mihogo, peut même mourir dans les lieux de détention

L’ambivalence de l’Occident  

De son passage dans les services de renseignement ougandais qu’il a servis jusqu’au poste de directeur adjoint, Kagamé a gardé le goût du cynisme et de l’efficacité. Au Rwanda, les opposants sont persécutés, arrêtés et jetés en prison. Certains, comme le chanteur Kizito Mihogo, peuvent même mourir dans les lieux de détention. D’autres opposants ont été tués sur leur lieux d’exil. L’ancien chef des renseignements rwandais Patrick Karegaya a fait les frais de cette politique de liquidation en se faisant tué en 2014 dans sa chambre d’hôtel à Johannesburg. « Les traites doivent payer », avait assumé Paul Kagamé lorsqu’il avait été interrogé sur cette politique d’élimination des opposants.  

Très vivement critiqué pour la répression brutale de toute contestation politique et l’absence d’alternance politique au Rwanda qu’il dirige depuis 2000 et qu’il pourra diriger jusqu’en 2034, Paul Kagamé est célébré par l’Occident pour ses résultats en matière de gouvernance, de développement, d’égalité de genre et de digitalisation. Le Rwanda est un rare pays africain à avoir éradiqué la corruption. Les actes administratifs (acte de naissance, de mariage, de décès…) peuvent être obtenus dans ce pays par les citoyens directement sur internet. Le pays a mis en place une des meilleures ripostes nationales à la pandémie de Covid-19. Kigali accueille l’Institut africain des sciences mathématiques, une des meilleurs centres d’excellence africains en sciences et technologies.  Certains journalistes acquis à la cause des Tutsis pendant la guerre civile rwandaise sont devenus des inconditionnels de Paul Kagame et passent leurs vacances au Rwanda qu’ils décrivent à leurs proches comme un oasis privilégié.

Artisan du succès d’un pays sorti exsangue d’un génocide qui a fait entre huit cent mille et un million de morts,  Paul Kagamé affiche le double visage d’un despote au service du bien-être de son pays. Ce qui en fait un modèle controversé sur un continent où le cas de réussite en matière de gouvernance sont plutôt rares.  

 

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