Côte d’ivoire, le saccage d’une réserve naturelle par le groupe Accor

Les réseaux sociaux ivoiriens sont vent debout contre le projet hôtelier du groupe Accor dont un des principaux actionnaires n’est autre que l’ancien Président français Nicolas Sarkozy, cet ami du président ivoirien Ouattara. Nous publions le témoignage particulièrement fort d’un internaute révolté par le saccage d’un des rares espaces verts de la ville d’Abidjan 
 
Pour ceux qui connaissent bien la zone de Abatta, ancienne route de Bingerville, il y’a une petite merveille naturelle dans la zone héritée d’un opérateur italien du nom d’Italo Barbeta. La Réserve naturelle partielle de Dahliafleur. Cédé par le président Félix Houphouët-Boigny dans le but d’y développer une plantation de fleurs, ce terrain porte le nom de sa plante préférée – le Dahlia.
 
Mort en Côte d’Ivoire il y a quelques décennies, il a été enterré dans sa réserve où les vestiges de sa tombe sont encore visibles. D’une superficie de 150 hectares (91 ha de forêt bien conservée, 08 ha de forêt secondaire ; 15 espèces de mammifères ; 69 espèces d’oiseaux inventoriés.)
 
La réserve est gérée depuis le 14 octobre 2004 par l’État et déclarée domaine d’utilité publique en octobre 2007 par décret avec la dénomination “Réserve naturelle partielle de Dahliafleur”. La réserve est située dans une région à fort potentiel touristique. Située à 2 pas de la ville, sur l’ancienne route de Bingerville, cet espace encore sauvage et verdoyant géré par l’OIPR présente, à l’instar de son grand frère le Parc national du Banco, une destination de choix pour tous les amateurs de nature et de randonnée.
 
J’y ai personnellement effectué plusieurs randonnées à pied ou à vélo, et le spectacle est époustouflant , j’y ai même aperçu souvent de gros animaux, biches ou gazelle, je ne saurai précise lesquels.
Depuis quelques temps, j’y vois à l’entrée un panneau indiquant « Domaine Bini », peut-être que l’Etat à rétrocédé la gestion au Groupe Domaine Bini, quoiqu’il en soit depuis lors, je n’y plus mis les pieds, ni les roues de mon vélo.
 
 
Dans mes gambardages sur internet aujourd’hui qu’est-ce que je vois ?
 
Je vois un article de SIKA Finance, qui indique que le groupe hôtelier Accord voudrait y implanter un hôtel. « Cote d’Ivoire : Fairmont Hotel, le nouveau resort de 1000 chambres du groupe ACCOR ».
 
J’en fus tout retourné. L’un des rares espaces verts qui nous reste dans la ville est sur le point d’être vendu ou même déjà vendu pour la construction d’un hôtel. Quid de l’environnement, Quid la qualité de vie des populations ? Encore que vient tout juste de se tenir à Abidjan la COP 15, sur le climat et la protection de l’environnement. Non ce n’est pas sérieux.
 
Prenez un jour le temps de vous arrêter au « carrefour de Nouveau Goudron » et jetez des coups d’œil aux quatre points cardinaux. En allant à la cité SIR, en allant à Abatta, en allant à Bingerville ou encore en allant à la Palmeraie, vous n’y verrez que briques et amas de béton. Quasiment aucun arbre. Aucune verdure, aucun espace vert. Tout y a été vendu et tout y est amas de brique et de béton.
Quand 15-20 ans en arrière tous ces endroits étaient plein de verdure, de calme, d’air frais.
 
Non le développement n’est pas seulement de pierre et de bétons, non le développement n’est pas fait seulement d’appartement et d’Hotels luxueux. Le développement est aussi d’environnement saint, naturel, d’air frais et pur. Le développement c’est aussi offrir des espaces verts de loisirs de repos et de randonnée. Des espaces qui protège l’environnement, protège la couche d’ozone et contribue à un bon climat et par ricochet à une meilleure qualité de vie. C’est vraiment dommage qu’on ne puisse pas protéger le peu d’environnement vert qui nous reste encore dans cette gigantesque capitale.
Je ne veux pas laisser tel apocalypse se produire ! On ne devrait pas laisser ce rare espace disparaitre. NON ! Je veux appeler chacun et chacune à défendre chaque centimètre carré restant de cet espace. Déjà que de promoteurs véreux ont déjà grapillé des hectares pour les opérations immobilières. J’en appelle à chacun d’en outre nous. Il est de notre devoir de protéger notre espace et notre qualité de de vie. »
 
https://mondafrique.com/cote-divoire-les-deguerpis-dabidjan-2/

1 COMMENTAIRE

  1. Il faudrait que les citoyens et les organisations groupées (associations, partis politiques, OSC, etc.) fassent un travail de fond en communication et de lobbying afin d’informer l’opinion publique sur les dangers de ce projet. Les externalités négatives de ce projet sont certainement très impactant sur cette ceinture verte du district d’Abidjan. L’économie ne doit pas prendre le pas sur l’environnement. Il y va de notre survie.

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