Vidéo (1/4), François Hollande revient sur sa guerre au Mali

 

Interrogé par le média libanais Ici Beyrouth dimanche 19 décembre 2021, l’ancien président français François Hollande livre son regard sur les résultats de l’opération Barkhane, menée depuis 2013-2014 au Mali et d’autres pays d’Afrique sahélienne. Il pointe également du doigt le rôle parfois controversé de la Russie en Afrique.

En 2013, la France — sous la présidence de François Hollande — intervenait au Mali dans le cadre de l’opération Serval. En 2014, elle se régionalise et prend un nouveau nom : Barkhane. D’autres pays ont suivi la France à ce moment-là, notamment le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore le Danemark. Cette opération visait à aider le Mali et les autres pays de la zone Sahel à se défaire des groupes terroristes qui y semaient (et sèment toujours) la terreur.

L’opération Barkhane a entre autres permis d’empêcher les jihadistes de prendre Bamako, voire Dakar, et plusieurs autres grandes localités dans l’ouest de l’Afrique. Interviewé par le média libanais Ici Beyrouth, l’ancien président français confesse s’être « souvent demandé comment quelques hommes armés peuvent arriver à contrôler des villes de plusieurs millions d’habitants », confesse François Hollande. « On en a eu l’exemple avec Mossoul en Irak, Raqqa en Syrie, ou encore l’Afghanistan avec le régime des Talibans. Tout ça dans un délai très rapide, sans avoir beaucoup d’hommes », précise-t-il, ajoutant qu’il y avait ainsi « un risque majeur » dans cette partie de l’Afrique.

La France (presque) seule côté européen

« Faut-il pour autant rester ? », s’interroge l’ancien chef de l’État. « Oui, tant que les autorités [du Mali, du Burkina Faso, du Niger] nous le demandent », affirme-t-il, expliquant par ailleurs que la France « ne cherche pas des intérêts économiques ou financiers dans cette région. La France cherche à lutter contre des groupes terroristes islamistes et contre des groupes armés qui terrorisent la population, qui la massacrent (…) Je suis partisan que la France, avec l’Europe, avec les Africains, restent dans cette partie-là du monde », explique M. Hollande.

Mais comme vis-à-vis de la question libanaise, l’Europe n’est une nouvelle fois pas très (voire pas du tout) présente aux côtés de la France. Mais l’ancien président français voit « d’ici quelques mois », une « Europe de la défense », limitée « à quelques pays » et qui « pourrait marquer sa première préférence pour l’action extérieure en étant présent là où il y a des menaces sérieuses sur sa propre sécurité ».

Les visées de Moscou

Mais d’autres pays ont des visées en Afrique. Par exemple la Turquie, mais aussi (et surtout) la Russie. Moscou a notamment recours à des mercenaires sur place : le groupe Wagner. Ils opèrent déjà en Ukraine, en Syrie, et aussi en Libye. Ils sont membres d’une société privée, aux ordres du président russe Vladimir Poutine. « Les Russes utilisent une autre méthode : ils disent ‘nous n’intervenons pas dans ces régions mais nous avons des sociétés privées », explique François Hollande. « Vous voyez un pays comme la France avoir des sociétés privées qui les mette au service d’États indépendants pour mener des actions qui seraient celles garantissant la sécurité de ces populations ? », demande-t-il. « Tout le monde mettrait à l’index un pays démocratique comme la France. Or Vladimir a aujourd’hui des sociétés privées qui interviennent au Centrafrique par exemple avec les mines de diamants, en Libye, et sont supposées intervenir maintenant au Mali (…) Il faut porter un coup d’arrêt à ce type d’influence », martèle l’ancien locataire de l’Élysée

Présidentielles Mali, la catastrophique opération Serval