Le nouveau gouvernement malien revendique les Accords d’Alger de 2015

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La composition du nouveau gouvernement malien reflète une volonté très claire de relancer les accords d’Alger négociés en 2015 entre le résident Ibrahim Bouceicar Keita et les groupes armés du Nord, explique à Mondafrique  Ibrahim Ag Assaleh, membre du Comité de Suivi des Accords pour la Coordination des Mouvements de l’Azawad 

Au Mali, la junte militaire affiche une volonté de continuité dans la gestion de la question du Nord Mali. « Je trouve que c’est une très bonne dynamique, alors que depuis la signature de l’accord, il y a cinq ans, nous avions en face de nous un pouvoir qui ne voulait pas avancer. Avec ces jeunes officiers, qui savent que la guerre, c’est seulement la désolation, franchement, nous allons faire avancer les choses », a déclaré Ibrahim Ag Assaleh à Mondafrique.

Les deux ministres membres de la CMA, Mossa Ag Attaher (du Mouvement national pour la libération de l’Azawad), et Mahmoud Ould Mohamed (du Mouvement arabe de l’Azawad/CMA), occupent respectivement les portefeuilles de la Jeunesse et Sports et de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Ce sont deux intellectuels et deux hommes expérimentés.

Deux ministres représentent parallèlement l’organisation adverse de la Plateforme. Alhamadou Ag Ilyene (Gatia) est ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, tandis que Maître Harouna Mamadou Touré (Coordination des mouvements et Front patriotique de résistance, CMFR) occupe le portefeuille du Travail et de la Fonction Publique. Eux aussi apparaissent comme des éléments solides de leur organisation.

Optimiste aussi sur la capacité de s’entendre des protagonistes, jadis opposés militairement, Ibrahim Ag Assaleh a poursuivi: «  je pense que nous avons dépassé ces tiraillements entre nous, puisque nous avons une intersection commune, les accords d’Alger. Nous avons tout intérêt à nous entendre pour parvenir à un accord définitif de nature à sortir le Mali de la crise. »

Quoi qu’il en soit, le CNSP et son gouvernement, reconnu du bout des lèvres par la CEDEAO, font preuve d’une volonté manifeste de progresser dans la mise en oeuvre des accords d’Alger, puisque les protagonistes pourront y travailler au sein même du gouvernement. 

 

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