Tunisie, Washigton inquiet de l’éviction de Lotfi Brahem

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D’après le magazine « Jeune Afrique » (JA) dans son édition du 29 juin, les Américains suivent avec inquiétude  les changements qui viennent d’affecter les forces de sécurité tunisiennes depuis le limogeage, le 6 juin, de Lotfi Brahem, l’ancien chef de la Garde Nationale devenu ministre de l’Intérieur.

Selon des sources diplomatiques à Washington citées par JA, une centaine de cadres, dont certains avaient été sélectionnés pour suivre des formations en matière de lutte antiterroriste aux Etats-Unis, ont également été révoqués à la suite de son départ. Ces gradés, dont beaucoup appartenaient à la Garde Nationale, l’équivalent de la gendarmerie en Tunisie, étaient très proches de Lotfi Brahem.

Pour que le pouvoir tunisien prenne la décision d’une telle épuration, c’est qu’il y avait  le feu au lac. Autrement dit il existait un sérieux problème de loyauté entre Lotfi Brahem et le Président de la République, Beji Caïd Essebsi, qui l’avait pourtant choisi, voici quelques mois, malgré l’opposition de son premier ministre, Youssef Chahed.

Des rapports alarmistes

Dans un rapport qui a été tenu secret, les services américains auraient envisagé comme un possible scénario, explique-t-on à Mondafrique, la possibilité que des équipes sécuritaires issues du ministère tunisien de l’Intérieur marquent une pause dans la transition tunisienne et remettent le pays sur pied en matière sécuritaire ou économique. Ce possible durcissement du régime en place avait également la faveur des Séoudiens et des Emiratis, qui sont aujourd’hui les fidèles alliés de l’administration du président américains, Dnald Trump.

A l’évidence, Lotfi Brahem, comme « Mondafrique » l’avait révélé, était au coeur de ces tractations. Ce qui lui a valu une révocation brutale de ses fonctions de ministre de l’Intérieur au début du mois de juin.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)
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Invité

Bon puisque tu le dis, à vérifier!

Giulio PISANI
Invité
Giulio PISANI

 » que des équipes sécuritaires issues du ministère tunisien de l’Intérieur marquent une pause dans la transition tunisienne et remettent le pays sur pied qu’il s’agisse des dossiers sécuritaires ou économiques. », qu’on m’explique !

C’est quoi, ce charabia ? Peu importe qui remette le pays sur pied, il serait applaudi urbi et orbi. Mais je serais étonné que ça incombe aux équipes sécuritaires issues du ministère tunisien de l’Intérieur.