Tunisie, le chantage fait à Imed Trabelsi

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Les pressions du pouvoir se font nombreuses sur le détenu Imed Trabelsi, le neveu de Leila Trabelsi (épouse Ben Ali) interdit de visites et de mariage avec sa fiancée. Il ne faut à aucun prix qu’il livre ses secrets. 

Imed Trabelsi, le neveu de Leila Trabelsi, l’ancienne première dame de Tunisie sous le règne du général Ben Ali, fait encore peur à beaucoup de personnalités actuelles du pouvoir tunisien, un peu trop vite blanchies par les autorités judiciaires de l’après printemps arabe pour leurs frasques et leurs complaisances d’hier. Le paradoxe est qu’ Imed sème cette panique alors qu’il est emprisonné et condamné à de nombreuses années de prison. Mais durant l’hiver dernier, le neveu de l’ex « Régente de Carthage », Leila Trabelsi, s’est montré très loquace face à la présidente de l’Instance « Vérité et Dignité », l’ancienne et tenace opposante au président Ben Ali, Sihem Ben Sedrine, qui tente de mener un processus de justice transitionnelle en Tunisie. Au point que cette dernière, pourtant connue pour son opposition résolue à Ben Ali, affirme qu’Imed Trabelsi a désormais répondu à toutes les conditions stipulées par la loi relative à la justice transitionnelle, lui permettant ainsi de demander sa libération.

Pressions de tous ordres

De libération, pour l’instant il n’en n’est pas question. De plus les vexations se multiplient. Le chantage des autorités s’exerce notamment à travers sa fiancée. Laquelle s’est vue interdite de visite à la prison où Imed est détenu. Seul son jeune frère peut le visiter.

Autre injustice, les autorités judiciaires lui ont refusé, pour l’instant, tout droit à un mariage en prison, alors que condamné à moins de dix ans d’emprisonnement après cumul des peines, il a légalement le droit à obtenir une telle autorisation.

De telles mesures parfaitement illégales s’expliquent par un chantage implicite. Pas question qu’à travers sa fiancée Imed Trabelsi révèle les secrets du règne précédent.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

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