Tunisie, les ambitions déçues de Lotfi Brahem

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L’ancien ministre de l’Intérieur démissionnaire, Lotfi Brahem, a péché par orgueil, en croyant que grâce à ses nouveaux amis du Golfe, il allait devenir le maitre du jeu politique à Tunis. 

Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, qui n’a jamais apprécié son ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, dont il suspectait la loyauté, a obtenu finalement sa tête auprès du président tunisien, Beji Caïd Essebsi, qui l’avait pourtant nommé voici neuf mois.

Officiellement, des erreurs dans les dispositifs de surveillance des côtes tunisiennes par l’Intérieur, qui expliqueraient le terrible naufrage de migrants dans la nuit du 2 au 3 juin au large de Kerkennah (79 morts), justifieraient la révocation de Lotfi Brahem. Qui peut croire à cette fable? La vraie raison, expliquent en privé des diplomates occidentaux, tient à la rencontre nocturne qui eut lieu récemment sur l’ile de Djerba entre le ministre et le chef des services secrets émiratis, un peu avant le sommet sur la Libye organisée par Emmanuel Macron le 29 mai.                                                             

Lors de cette discrète rencontre, le Tunisien et l’Emirati ont mis au point la feuille de route qui devait conduire à des changements à la tête de l’Etat: révocation du Premier ministre, Youssef Chahed et possible nomination à la tête du gouvernement de l’ancien ministre de la Défense de Ben Ali, Kamel Morjane ou d’un autre sécuritaire présentable et hostile aus islamsites d’Ennahdha.

De tels scénarios n’excluaient pas la mise à l’écart du président Beji, pour raisons médicales. Un peu à la façon dont le vieux président Bourguiba avait été écarté par le fringant général Ben Ali. Seule différence et de taille entre les deux périodes de l’histoire récente de la Tunisie, le Président Beji a été démocratiquement élu à la tète de l’Etat en 2014 et sa légitimité reste importante, ne serait ce qu’aux yeux principaux partenaires occidentaux du pays. De façon plus anecdotique, le président Beji qui n’est pas un perdreau de l’année en politique a tout fait pour retarder la mise sur piex de l’instance prévue par la constitution de prononcer éventuellement l’incapacité médicale du chef de l’état.

En tout état de cause, l’élection présidentielle de 2019 où Lotfi Brahem aimerait être candidat pourrait conforter les chances des anti islamsites de reprendre la main sur le pouvoir.

Recompositions politiques

Parallèlement, Lotfi Brahem s’est rapproché d’un certain nombre de politiques tunisiens, notamment Ridha Belhaj, un des fondateurs de Nida Tounes, le parti présidentiel, qu’il a quitté voici deux ans pour créer son propre mouvement « la Tunisie d’abord’. Les deux hommes et d’autres encore, dont certains financés par les Emiratis, cherchent à recomposer l’échiquier politique tunisien. Ainsi ont-ils tenté, ces derniers jours, une alliance improbable avec le fils du Président tunisien, Hafedh Caïd Essebsi, patron très contesté de Nida Tounes et au plus mal avec Youssef Chahed, le premier ministre. Autant de sombres calculs qui finalement n’ont point abouti.

Premiers scuds

Homme de l’ombre, Lotfi Brahem caresse depuis fort longtemps de grandes ambitions. Peu de temps avant qu’il soit nommé ministre de l’Intérieur tunisien par Beji Caïd Essebsi, et alors qu’il n’était que le patron de la garde nationale, l’équivalent de la gendarmerie en France, une campagne de dénigrement l’avait présenté comme le nouveau Ben Ali, prêt à tenter un coup de force sécuritaire dans une Tunisie en proie au désordre économique et sécuritaire. Etait-ce prémonitoire? Un document distribué sous le manteau et que Mondafrique a pu consulter présentait le simple patron de la Garde Nationale comme l’épicentre de réseaux souvent jeunes et entreprenants, mais nostalgiques de l’ordre ancien qui règnait sous la dictature.

L’offensive provenait de certains syndicats policiers, désireux de défendre le pré carré policier, appuyés par des hommes de l’ombre qui avaient leurs entrées au ministère de l’Intérieur.

La campagne de dénigrement avait totalement cessé avec la nomination de Lofti Brahem en septembre 2017 comme ministre de l’Intérieur. Le colonel major sut, à ce poste sensible, reconquérir l’estime de nombreux cadres policiers. Alors qu’il avait conquis une position de force sur l’échiquier tunisien, le voici chassé de son poste et victime de ses ambitions précipitées.

L’axe Beji-Ghannouchi 

Le plan que le ministre démissionaire avait concocté visait avant tout à écarter définitivement de la vie politique tunisienne les islamistes du mouvement Ennahdha, pourtant arrivés en tête aux dernières élections municipales et qui depuis les Présidentielles de 2014, ont conclu un pacte avec le président tunisien.

De telles perspectives ne pouvaient que réjouir les Emiratis, leurs alliés séoudiens et égyptiens et l’entourage du président Trump, sinon l’administration américaine elle-même, qui comme souvent, a plusieurs fers sur le feu en Tunisie. Autant de pays unis dans leur combat contre les Frères Musulmans et dans l’appui en Libye au général Haftar, axes principaux de leurs actions militaires et diplomatiques.

La manoeuvre pourtant n’a pas abouti. Les services français, allemands et algériens ont eu vent de l’opération en préparation et les autorités légitimes furent prévenues. Le Premier ministre Youssef Chahed, adepte de la guerre éclair, a saisi cette formidable occasion pour obtenir la tête de son adversaire de toujours, Lotfi Brahem, longtemps protégé pourtant en haut lieu.

On ne voit pas dans ces conditions comment le couple Beji-Chahed qui a l’air de tenir contre vents et tempêtes ne reconduirait pas l’alliance avec les islamistes de Ghannouchi qui, désormais relooké et plus fringant que jamais, est sans doute le grand vainqueur de cette ultime péripétie du théatre politique tunisien, gangrené par l’argent émirati.

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12 COMMENTS

  1. Vous avez parfaitement raison sur le fanger qu’a constitué et que constitue encore l’argent venu d Qatar, notamment les fonds alloués à Ennahdha Je l’ai écrit à de multiples raisons et dénoncé la complaisance de la diplomatie française dans des nombreux papiers qui figurent sur Mondafrique J’ai même écrit avec JM Bourget unlivre sur « le vilain petit Qatar, un ami qui vous veut du mal ». Peut on etre plus explicite. Je souhaite à la Tunisie de devenir une ile protégée de toutes ces mauvaises fées…….Bien à vou s

  2. M. Beau, je prends en considération vos arguments quant à vos engagements passés en tant qu’auteur et journaliste, mais quant aux allégations que vous faites dans l’article ci-dessus, vous n’êtes nullement appuyé par des précisions, (ex. l’avis d’un spécialiste du renseignement…): surtout l’accusation gratuite de la corruption supposée venir des Emirats, alors que tout le peuple tunisien est témoin au quotidien de la corruption flagrante et des ingérences venant du Qatar et de la Turquie d’Erdogan… Pourquoi ne soulignez-vous pas ces réalités et le liens fréro-islamistes de Hafedh Caïd-Essebsi, qui réellement « gangrènent » le pays, outre que son parti complètement de mèche avec les islamistes du parti-pieuvre Ennahdha, super-financée par le Qatar depuis 2011?

    Pourquoi taisez vous aussi l’importance énorme de l’affaire de 8 milliards de dollars déposés depuis le Qatar chez la Banque de l’Habitat de Tatouine, opérations confirmées par un employé selon l’enquête du journal en ligne Kapitalis??

    Il y a un comportement bien-connu aux Tunisiens, celui du « retournement de veste », Caïd-Essebsi président faisant l’exemple: c’est légitime, je crois, dans l’exaspération et la délusion brûlante du peuple tunisien, de se douter de votre position prise, complètement partielle…

    Quant à mon anonymat, je vous assure sur l’honneur que cela ne m’amuse pas, mais je connais la haine des islamistes et leur capacité de nuisance criminelle, y compris les assassinats, les assassinats politiques majeurs de Lotfi Naghd, de Chokri Belaïd, de Mohammed Brahmi faisant preuve de leur implication, qu’ils essayent de faire oublier aux Tunisiens avec les affaires bidons de l’Instance « Vérité et Dignité », qui fouille sur la mort accidentelle d’un islamiste en 1991, pendant des
    violences dans un commissariat, violences qui peuvent
    se produire encore de nos jours, pour en faire un énième brûlot politique contre Ben Ali, l’ex RCD, etc.

    Alors l’anonymat est un choix obligé!

    En plus votre article a été majoritairement relayé par des comptes Twitter des islamistes, qu’ils essayent de s’en faire propagande et sont naturellement enragés à cause de mes interventions… CQFD !

    « Nahor » alias N.G.M. -ancien opposant intellectuel de Ben Ali, et non reconnu par la secte fréro-khomeyniste d’Ennadha

  3. j’ais des questions si Nicolas beau me répondre
    1 / que fais votre ambassadeur chaque fois a mon plaisir chez chikh ganouchi?je pense qui es devenu islamiste hhhhhhh
    2/ comment lotfi brahim va faire un coud état avec le fils de beji !!!!!!?????? tu peux me dire comment un ministre intérimaire ( ministre de droit ) dans un seul jour désigne des cadre et des directeurs et Licenciement des cadre au ministère de l’intérieur es qu’il sais d’avance le gentilles et les méchants  » révise toi tes idée c’est chahid qui va faire le coud état ah je dois dire que la France qui va faire le coud état avec la main de chahid et avec les monsanges de Nicolas beau » tu crois que le peuple tunisien est débile ,il sais tout .
    3 / les forces européennes et le voleur banque Fonds monétaire international vous voulais signer L’Accord de libre-échange global et approfondi entre la Tunisie et l’Union européenne (ALICA) » et votre homme youssef chahid hhhhhhhhhhhhh
    4/ dis moi Nicolas , pourquoi votre homme brulé youssef chahid ne veux pas se rendre au La Chambre des représentants pour prendre et confirmer le document ou démissionner du gouvernement? Si l’homme est le sauveur du pays. Le peuple tunisien t’a dépassé et les sales jeux que tu portes, tu n’as pas répandu le tissu du mensonge « coup contre l’état » n’est pas la Turquie ou l’Égypte, mais nous sommes la Tunisie eh eh eh

  4. Vous avez parfaitement le droit de contester mes informations, comme l’ont fait des amis tunisiens bien informés généralement et qui dooutent de la véracité de mes sources. Mais c’est un peu compliqué d’expliquer que je suis à la solde des islamistes J’ai écrit Le vilain petit Qatar avec JM Bourget, un livre très hostile au pouvoir qatari et j’ai beaucoup critiqué sur Mondafrique la gestion gouvernementale’Ennahdha et la complaidance d ela diplomatie française. Enfin j’ai le premeir dénoncé les camps d’entrainementdes milices salafistes dans le sud tunisien tolérés par le gouvernement Jebali.Je suis assez impressionné pa rle déluge d’invectives et d’insultes qui tiennent lieu de débat politique en Tunisie.

  5. Ah censure quand tu nous tiens !

    Qui de nous ne reconnait pas qu’il existe des journalistes aux ordres de l’état. D’ailleurs la majeure partie des médias se sont littéralement rangés du côté des puissants & Dollars.

  6. Nicolas Beau travaille pour l’agenda des islamistes en 2019. Son article est dénué de fondement, il n’apporte aucune preuve à ces allégations contre Lotfi Brahem. C’est un mercenaire des islamistes tunisiens.

  7. Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même Arthur Miller

    Nicolas beau connu être un journaliste corrompu qui écrire » de faux infod ».

  8. Nahor ou la gauche réactionaire et microscopique, votre commentaire en dit long sur votre état d’esprit … Vaincus par les urnes et vendus aux émiratis et alliers contre nature avec le wahabisme et le hizbollah sous prétexte de résitance. Oui Brahm est un ancien tortionnaire et moi en personne j’ai eu affaire à lui à Monastir au locaux de la garde Nationale
    Nicolas Beau est un grand journaliste , il travaille avec des gens qui connaissent le terrain

  9. Un article écrit par Nicolas Beau, qui a toujours fais les yeux doux aux islamistes, même au temps de massacres terroristes perpétrés en Algérie (inutile de remémorer les liens entre le FIS, le GIA et la mouvance islamiste tunisienne, dont un certain Ali Larîdh), au nom de la « lutte contre la dictature », par son livre « Notre ami Ben Ali », avec Jean Pierre Tuquoi, publié finalement en Tunisie et diffusé même sur Internet -pour saluer la « révolution » que l’ayatollah Khameney vite appela « islamique », depuis Téhéran, en 2011.

    Toutefois, dans son livre, (p.35 de l’édition tunisienne), M. Beau a eu le mérite de reporter certains faits, qui sont certainement restés inaperçus par la masse des observateurs de la vie politique envenimée en Tunisie; je cite ex texto: « En septembre 1979, les islamistes organisent des manifestations monstres sur les campus pour marquer les débuts du XVe siècle de l’Hégire. « L’islam, déclare Ghannouchi, passera en ce siècle de la défensive à l’attaque, ce sera le siècle de l’État islamique. » Ce radicalisme provoque une première vague de répression en 1981. »

    L' »ETAT ISLAMIQUE » -dont certains cheikhs très engagés avec Ennahdha ont pratiquement fait l’apologie depuis Doha par Al-Jazeera TV- était donc l’obsession de Khridji alias Ghannouchi et de sa secte islamiste, depuis le temps de Bourguiba, bien avant l’arrivée de Ben Ali, et bien avant la constitution en 2014 de l’armée terroriste homonyme de DAECH (acronyme) financée en premier lieu depuis le Qatar, comme tout le monde désormais le sait.

    Chose davantage curieuse est que dans l’édition gratuite internet (Pdf) du livre « Notre ami Ben Ali », qui devait contribuer au vote « démocratiquement maturé » des Tunisiens en ce triste hiver 2011, manquaient des pages entières sur la mouvance de Rached Ghannouchi aux allures violentes et fanatiquement attachée aux tenants théocratiques du « vélayat-e fâqi » de Khomeiny.

    Khomeiny, un « exemple à suivre » selon l’ayatollah tunisien -pardon, le « guide » de la secte islamo-frériste, par son autre facette en tant que parti, « arrivé en tête -rappelle le journaliste Beau- aux derniers élections municipales », mais avec un taux d’abstention JAMAIS VU auparavant dans l’histoire de la république. Chose ce que le journaliste oublie de dire.

    Mais cela peut sembler une simple coïncidence…

    Venant maintenant au comportement du Premier Youssef Chahed avec le ministre Brahem et la décision de limogeage sans justification explicite donnée, la moindre chose que je puisse retenir est son caractère précipité et irréfléchi quant aux conséquences, qui laissent une marque négative sur l’entier système sécuritaire et ne renfonce nullement l’Etat.

    Retournons quelques mois en arrière. Ce n’est pas la première fois que M. Chahed agit plutôt impulsivement sans prendre la mesure de ses gestes, des conséquences à longues et moyens termes.

    La parole d’un spécialiste « du terrain » ayant une capacité d’écoute politicien profond l’avait pourtant déjà dit : Youssef Chahed commet des erreurs d’appréciations et cela se répercute négativement sur la Sûreté nationale.

    Réf. exacte: Abdelaziz Belkhodja | RÉALITÉS | 15 Décembre 2017, « Tunisie : de quel « complot contre l’État » s’agit-il ? »

    Ex texto (à vous de relire l’analyse par entier) :

    « Et si ce «complot contre l’État» n’était destiné qu’à cacher l’échec de la lutte contre la corruption dont Chahed s’est fait le chantre? Et si tout cela n’avait pour objectif que de maintenir la popularité du chef du gouvernement, malgré la gestion catastrophique du pays ? Au delà de ces questions que tout le monde est en droit de se poser, c’est la sûreté de l’État qui risque de pâtir dangereusement de cette affaire… »

    Enième affaire « punitive » du système sécuritaire, par un coup porté injustement sur une personnalité fort capable, et cela par le système du « fusible » qui nous rappelle les excès séniles de Bourguiba…. DONC, par ambition personnelle… Chahed suis l’ombre projetée par l’alter-Bourguiba, dans la fiction présidentielle actuelle?

    Je crois ALORS que les choses peuvent sérieusement se compliquer en Tunisie, je pense aussi que c’est GRAVE et les Tunisiens le verrons bientôt, surtout s’ils continuent à suivre les chantres « révolutionnaires » qui les ont porté à une situation de DETTE de de DESORDRE sans issue apparente que le suivisme des dispositifs déjà prêts… à Bruxelles.

    « Nahor » alias N.G.M. -ancien opposant intellectuel de Ben Ali, et non reconnu par la secte islamo-khomeyniste d’Ennadha

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