Tunisie, “après les législatives, les difficultés ne font que commencer”

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En Tunisie, la victoire de la coalition laïque Nidaa Tounes lors des législatives tunisiennes du 26 octobre a conduit a un rééquilibrage du paysage politique jusqu’alors dominé par les islamistes d’Ennahda. Elu avec une large majorité en 2011 lors des premières élections libres après la chute de Ben Ali, le parti islamiste paye aujourd’hui le prix de deux années difficiles à la tête de l’Etat marquées par un bilan économique calamiteux, des assassinats politiques et la montée du terrorisme. En attendant le scrutin présidentiel prévu le 23 novembre, Nicolas Beau, rédacteur en chef de Mondafrique, revient sur la situation politique en Tunisie et explique les raisons de l’étrange voyage éclair de BHL dans le pays le 31 octobre.

Berceau du « printemps arabe », la Tunisie est en pleine ébullition politique. Près de quatre ans après la révolte de 2011 qui avait conduit à la chute de l’ex président Ben Ali, les tunisiens ont fait leur retour aux urnes lors des législatives du 30 octobre scellées par la victoire de la coalition laïque Nidaa Tounes.

Maturité démocratique

Présidée par l’ancien ministre et compagnon de route de Bourguiba, Béji Caïd Essebi, cette formation hétéroclite regroupe aussi bien des figures de gauche et de centre-droit que des caciques du régime de Ben Ali. Le vent a donc tourné depuis le premier scrutin libre de 2011 qui avait consacré la victoire triomphale des islamistes d’Ennahda.

Un revers pour les partisans du leader  de ce parti, Rached Ghannouchi, dont le bilan calamiteux après deux années d’exercice du pouvoir a fait perdre confiance aux tunisiens. Le récent scrutin et l’annoce des résultats se sont pourtant déroulés dans le calme et sans fraude. C’est donc à une forme d' »alternance » que l’on assiste dans le pays souligne Nicolas Beau, rédacteur en chef de Mondafrique dans une interview à Oumma.com. Une forme de maturité démocratique ancrée aujourd’hui jusque dans les mentalités. En effet les tunisiens, nouveaux venus dans le monde du pluralisme et de la démocratie ont appris pendant les quatre années de la transition à ne plus se taire. Pas un aujourd’hui n’est prèt à renoncer à cette liberté de parole retrouvée.

Pourtant, tant sur le plan économique que sécuritaire, la situation demeure aujourd’hui précaire et les défis sont nombreux. L’instabilité qui règne dans la Libye voisine où sévissent de puissantes milices djihadistes suscite notamment l’inquiétude des autorités tunisiennes qui craignent de voir déborder cette agitation jusque sur leur territoire.

 

Retrouvez ici l’intégralité de l’entretien de Nicolas Beau sur Oumma.com. A moins de deux semaines des présidentielles du 23 novembre, le rédacteur en chef de Mondafrique revient sur la situation politique en Tunisie. Il explique également les dessous du voyage éclair de Bernard-Henri Lévy dans ce pays où il s’était rendu pour rencontrer des représentants libyens et tunisiens des Frères musulmans avant d’être sommé de quitter le territoire par les autorités tunisiennes. 

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