Total, Suez, RATP, les entreprises françaises perdent pied en Algérie

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Le juteux marché algérien est en train de se réduire drastiquement pour les entreprises françaises depuis la chute du régime Bouteflika.
 
Naguère partenaire économique majeur de l’Algérie, la France voit ses entreprises perdre des marchés en raison des déchirements claniques au plus haut sommet du pouvoir algérien qui provoquent une redistribution chaotique du système rentier et des alliances internationales. 
 
L’élection du Président Tebboune, le 12 décembre 2019, qui a été saluée par Emmanuel Macron avec l’espoir de rétablir des liens privilégiés avec l’Algérie, n’a absolument rien résolu à cette dégradation des échanges entre les deux pays. Le nouveau chef d’état s’est révélé incapable de s’imposer rapidement face à l’institution militaire, véritable détenteur du pouvoir en Algérie. On assiste à la destruction programmée des entreprises les plus prospères faute d’une véritable stratégie de relance économique
 
On estime à près de 450 le nombre d’entreprises et d’entrepreneurs français implantés en Algérie, employant environ 40.000 salariés et générant plus de 100.000 emplois indirects. La France est le premier investisseur hors hydrocarbures, notamment  dans les secteurs des transports, de l’automobile, de l’agroalimentaire, de la banque, de la pharmacie et des hydrocarbures. Mais cette situation héritée de l’époque Bouteflika est en train de changer radicalement
 

Total et Suez sur la liste noire

 
Le géant français de l’énergie, Total, produisait jusqu’à 32 mille barils de pétrole par jour à l’époque de Bouteflika. Depuis 2019, Total voit tous ses projets stratégiques bloqués. La Sonatrach Total Entreprise Polymères (STEP), société commune entre Total et Sonatrach, avait été  créée en janvier 2019  pour la construction d’une nouvelle unité de production de polypropylène à Arzew, dans les environs d’Oran. La STEP devait construire une nouvelle usine qui aura une capacité de production annuelle de 550 000 tonnes de polypropylène par an. Le projet comprend également une unité de déshydrogénation de propane d’une capacité annuelle de 650 000 tonnes de propylène. Total avait mené de rudes négociations depuis 2017-2018 pour aboutir à cet ambitieux projet pétrochimique très prometteur. Au lendemain de la chute de Bouteflika, les nouvelles autorités algériennes ont pressé la Sonatrach de bloquer ce projet. Toutes les autorisations octroyées aux groupes français ont été stoppées, en raison du soutien de la France au rég.
 
L’autre géant français présent en Algérie, le groupe Suez, voit lui aussi ses activités réduites significativement. Le nouveau régime algérien a tout bonnement décidé de ne pas  renouveler le contrat avec le groupe français Suez, chargé de la gestion des eaux. Le contrat prendra fin en août de cette année 2021 et le régime algérien a estimé qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Algérie de le renouveler.  La compagnie basée à Paris (France) gère l’eau potable à Alger depuis 2005. C’est une énorme perte pour Suez car s’il s’agit d’un marché de plus de 105 millions d’euros.
 
La RATP enfin a perdu au mois d’octobre 2020 la gestion du fameux métro d’Alger après plus de huit ans d’activité.
 
Ultime tentative des Français de rétablir la confiance, le projet du Premier ministre français Jean Castex de se rendre, samedi, en Algérie avec une trentaine de patrons français a été annulé au dernier moment!
 
 
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