Zambie - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/zambie/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Thu, 12 Mar 2026 16:39:16 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Zambie - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/zambie/ 32 32 Lobito : le retour de l’extractivisme américain en Afrique https://mondafrique.com/a-la-une/lobito-le-retour-de-lextractivisme-americain-en-afrique/ https://mondafrique.com/a-la-une/lobito-le-retour-de-lextractivisme-americain-en-afrique/#respond Fri, 13 Mar 2026 05:27:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148485 Le corridor de Lobito est annoncé comme le retour de l’Occident en Afrique. C’est essentiellement le véhicule de l’emprise du capitalisme américain version IA. L’Afrique offre à ce dernier son territoire et son sous-sol, pour un projet extractiviste concurrent de l’hégémonie chinoise  dans la Copperbelt africaine.  Par Paolo Vieira Faire couler le cuivre La politique […]

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Le corridor de Lobito est annoncé comme le retour de l’Occident en Afrique. C’est essentiellement le véhicule de l’emprise du capitalisme américain version IA. L’Afrique offre à ce dernier son territoire et son sous-sol, pour un projet extractiviste concurrent de l’hégémonie chinoise  dans la Copperbelt africaine.

 Par Paolo Vieira

Faire couler le cuivre

La politique africaine du président Trump est peut-être plus calculée que ses éclats et grossièretés ne le font soupçonner. Malgré le mépris affiché pour les États africains à Washington, les retournements, les prolongements et les aménagements concernant le corridor de Lobito, initié par Joe Biden, révèlent un projet complet à plusieurs dimensions. (Le corridor de Lobito est gouverné par l’Agence de facilitation du transport et du transit du corridor de Lobito, basée en Angola, qui coordonne les opérations transfrontalières, harmonise les politiques et supervise la construction des infrastructures en Angola, en RDC et en Zambie.)

Joe Biden avait surtout infléchi la position de l’Angola, pays où débouche le corridor sur le port de Lobito. Donald Trump, depuis le début de l’année, vient d’accélérer la mise en œuvre de la composante essentielle du projet, le Lobito Atlantic Railway. Ce chemin de fer, en grande partie financé par les Européens, est l’objet de la concession (de 30 à 50 ans) de gestion d’une ligne ferroviaire donnée par le ministère angolais des transports.

Le consortium attributaire de cette concession comprend Mota-Engil (Portugal), Vecturis (Belgique) et le trader Trafigura (basé à Singapour). Le consortium devra aussi consacrer 455 millions USD à l’édification d’un terminal minéralier géant à Lobito, ce chantier étant largement financé par les États-Unis. Pour Donald Trump, la partie angolaise du corridor et le terminal de Lobito sont des questions désormais réglées.

Pour Washington, il s’agit maintenant, d’accélérer l’alimentation du terminal minéralier sur l’Atlantique où attendent les vraquiers qui emporteront le cuivre et les autres minerais aux États-Unis. Il faut donc gagner la bataille de la maîtrise des gisements dans la région de Kolwezi, à 1500 kilomètres de Lobito, en République Démocratique du Congo (RDC).

Imposer la paix des bonnes affaires

Ainsi, au mois de mars 2026, alors que, de nouveau, le Golfe persique est le théâtre d’une guerre aux conséquences planétaires, l’administration US a pris le temps de déclarer des sanctions à l’égard de généraux rwandais. Le Trésor cible les quatre principaux responsables de la Force de défense du Rwanda (FDR):

  • Vincent Nyakarundi est le chef d’état-major de l’armée de terre de la FDR. Il est un haut commandant des forces terrestres de l’armée rwandaise qui ont mené des opérations militaires en soutien au M23.
  • Ruki Karusisi est général de division et commandant de la 5e division d’infanterie de la FDR. Il était auparavant commandant des forces d’opérations spéciales et supervisait les opérations militaires en soutien au M23.
  • Mubarakh Muganga est le chef d’état-major des armées de la FDR. Avant d’être nommé à ce poste en juin 2023, il occupait le poste de chef d’état-major de l’armée de terre, période durant laquelle il a joué un rôle clé dans la planification des opérations et le commandement des forces rwandaises dans l’est de la RDC.
  • Stanislas Gashugi a été nommé commandant des forces spéciales de la FDR le 15 mars 2025, en remplacement de M. Karusisi.

Le président Trump est très irrité de voir que le M23 et le président Kagame ne s’inclinent pas devant sa volonté d’une paix définitive dans l’est de la RDC. Les sanctions du Trésor US suivent d’ailleurs l’exécution par drones de hauts responsables du M23 sur le territoire de la RDC, dont son porte-parole. À l’aube du 24 février 2026, aux environs de 2 heures du matin, des frappes de drones ont visé un convoi de véhicules du M23 près de Rubaya au Nord-Kivu. À bord se trouvait le colonel Willy Ngoma, porte-parole militaire du mouvement. Le général Sultani Makenga, chef militaire de la rébellion, a aussi été touché et blessé grièvement.

Rubaya n’est pas un point quelconque sur la carte. Cette zone produit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, minerai stratégique pour l’industrie électronique. Depuis 2024, la mine était exploitée par la rébellion. En frappant à proximité immédiate de ce site, l’armée congolaise ne touche pas seulement un adversaire, elle tente de reconquérir le potentiel minier que le président Trump veut désormais gérer, à travers une société de sécurité amie (Erik Prince) et un groupe financier (Orion Critical Mineral). Les dernières attaques de drones contre le M23 et leurs soutiens rwandais ont été facilitées par les  éléments israéliens issus de la société militaire privée d’Erik Prince et déployés à Uvira.

Le retour mercenaire de l’Occident

 Le groupe d’experts des Nations Unies (ici https://docs.un.org/fr/S/2025/446) a remis le 3 juillet au Conseil de sécurité de l’ONU un rapport sur l’engagement des sociétés militaires privées dans l’est de la République Démocratique du Congo. Selon ce document, les sociétés Agemira et Congo Protection (CP) ont fourni un soutien tactique aux Forces Armées de la RDC (FARDC) contre la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda. Environ 120 employés d’Agemira sont toujours déployés à Kinshasa et Kisangani. Leur mission principale concerne la maintenance des drones CH4 et des avions militaires des FARDC.

Mais la révélation la plus explosive concerne un nouveau contrat signé en décembre 2024. Le gouvernement congolais s’est engagé pour cinq ans avec Erik Prince, fondateur de l’ex-Blackwater. L’ancien Navy SEAL, qui a dirigé jusqu’en 2009 la plus grande société militaire privée mondiale, réside actuellement aux Émirats Arabes Unis, base opérationnelle de ses nouvelles activités.

Par le biais d’entreprises basées dans ce pays, Prince propose de sécuriser le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri. Son contrat inclut le déploiement de troupes terrestres et l’utilisation intensive de drones militaires.

L’armée de la République Démocratique du Congo était déjà, depuis plusieurs années, encadrée et formée par des centaines d’instructeurs roumains.  Ils auraient quitté la RDC via le Rwanda fin janvier. On voit de plus en plus les conseillers militaires français qui manœuvrent à présent avec la division parachutiste qu’ils forment péniblement depuis des années. Le président Macron est satisfait de retrouver ainsi une influence diplomatique, militaire et peut-être économique en RDC et au-delà en Afrique centrale. Le Lobito Atlantic Railway est dirigé par un Français qui doit cependant acheter des wagons chinois pour que les trains de l’Occident puissent rouler, car Pékin a assuré le plus gros de la pose des rails entre 2004 et 2014.

L’heure de la jonction ?

L’internationalisation de la guerre contre le M23 et les coups portés au Rwanda interviennent après l’accord signé à Washington entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump en décembre 2025. La mine stratégique de Rubaya figurait dans le volet économique de l’entente conclue dans la capitale fédérale américaine. Au-delà, la partie américaine est pressée de mettre en œuvre sa double priorité en Afrique centrale : contrôler les minéraux critiques et contrer la Chine. La colonne vertébrale de ce programme extractiviste et d’endiguement de la compétition chinoise est, en l’occurrence, le corridor de Lobito.

Ce corridor est d’abord un concept géopolitique qui organise la coalition occidentale du G 7 où Joe Biden et son pays étaient, dès l’origine, dominants. La nervure ferroviaire et routière du corridor existait depuis longtemps à travers le chemin de fer angolais (dit de Benguela) qui s’étendait sur 1300 kms. Le nouveau corridor n’est qu’une série de travaux de réhabilitation et de complémentarité afin de faire la jonction avec la ceinture de cuivre de la République Démocratique Congo (RDC) et de la Zambie. La rentabilité de ce chemin de fer dépendra évidemment du trafic en provenance de la RD Congo.

Capturer les mines de la RD Congo

Aujourd’hui, les 3 millions de tonnes annuelles de cuivre de la RDC sont évacuées par camions et par trains vers les ports de l’Océan indien. Washington entend inverser le sens de ce flux et donc les diriger vers l’Atlantique. C’est ainsi qu’il faut rentabiliser les nouveaux tronçons ferroviaires par la conquête des gisements congolais de cuivre et de minéraux critiques associés. Trump a son bras financier pour cela : le groupe Orion Critical Mineral. Ainsi, l’objectif entrepreneurial de l’administration Trump est directement lié au pacte minier signé à Washington, le 4 février 2026.

Le trader et géant minier Glencore a ensuite officialisé, le 18 février 2026, un accord avec la Gécamines, la société d’État congolaise, pour étendre les capacités de la mine Kamoto Copper Company (KCC). Cette entente sécurise l’accès à de nouveaux terrains, prolongeant l’exploitation du site jusqu’au milieu des années 2040 avec un objectif de 300 000 tonnes de cuivre par an. Cet investissement est intervenu alors que Glencore venait de céder 40 % de ses intérêts dans KCC et Mutanda au consortium américain Orion Critical Mineral, pour une valeur estimée à 9 milliards de dollars US. Malgré ce désengagement partiel, Glencore conservera le contrôle opérationnel des sites, affirmant sa volonté de rester un acteur clé en RDC face à la concurrence chinoise. En consolidant ses actifs tout en s’alliant à des capitaux américains, Glencore renforce la position stratégique du cuivre congolais dans la transition énergétique mondiale et la sécurité des approvisionnements occidentaux.

Le coup de force US

Le corridor,  selon l’ambition US, vise, du coté angolais, à détourner le chemin de fer (dont la construction a commencé en 1902 et s’est achevée en 1931) de Benguela (situé au sud de Lobito)  vers le port de Lobito où se trouve une vaste raffinerie de pétrole. Le vieux chemin de fer de Benguela a servi jadis d’artère centrale pour l’exportation des minerais du Congo belge avant que l’activité ne décline fortement durant la guerre civile angolaise. Avec la nouvelle donne minéralière,  il faut pousser, à présent, le plus loin possible vers le bassin cuprifère de la RDC et de la Zambie (voir carte ci-dessous).

Carte Commission européenne, direction générale des partenariats internationaux, CE-INTPA.

Les efforts de réhabilitation engagés au début des années 2000 ont permis de rétablir la continuité opérationnelle et de faire du corridor une route logistique moderne structurée autour de l’intégration rail–port.

Les investissements occidentaux vont surtout se concentrer à partir de Kolwezi pour gagner la voie de sortie vers l’ouest et permettre le désengagement des ports de l’est où les Chinois détiennent les couloirs d’évacuation.

Endiguer la Chine ?

Sous l’appellation de corridor de Lobito, agit le tandem inégal de l’Union européenne (UE) et des États-Unis (EU) qui veut rivaliser avec la Chine pour l’accès aux matières premières essentielles à la transition écologique mondiale. Bien entendu, l’administration Trump a abandonné la dimension de transition énergétique et écologique, tandis que le compétiteur chinois développe au contraire toute sa stratégie africaine sur ces deux piliers.

C’est pour cela qu’au sein de l’enclave géopolitique et sécuritaire du corridor de Lobito, il existe deux projets différents : une ligne ferroviaire de type Brownfield[1] reliant Lobito (Angola) à Kolwezi (RDC) et une ligne ferroviaire de type Greenfield reliant Lobito (Angola) à Chingola (Zambie), avec l’objectif à long terme de relier la ligne Greenfield à la ligne Tazara existante qui se termine à Dar es Salaam. La viabilité commerciale, en particulier de la ligne Greenfield de chemin de fer, reste incertaine et c’est bien pour cela que les États-Unis n’entendent pas y investir. En effet, alors que la rhétorique géopolitique met l’accent sur la concurrence, la mise en œuvre du corridor du côté de l’UE présente plusieurs défis. Tout d’abord, malgré plusieurs annonces, l’infrastructure du corridor, y compris le chemin de fer Greenfield, et les projets connexes ne bénéficient pas d’investissements suffisants pour atteindre les objectifs ambitieux annoncés. Deuxièmement, la présence substantielle de la Chine dans les secteurs de l’exploitation minière et des infrastructures de la région rend l’idée de la combattre et même de  la concurrencer encore plus complexe. Au lieu de présenter une alternative, les entreprises européennes et américaines s’intègrent fréquemment dans les investissements et les chaînes d’approvisionnement chinoises existantes et en expansion. Cette imbrication des intérêts commerciaux rendra difficile l’établissement de chaînes d’approvisionnement occidentales et chinoises séparées et distinctes.

Au-delà du corridor

Le cuivre est devenu un produit fini chinois car chaque mois, les usines de la République Populaire de Chine en raffinent un million de tonnes. À partir du drainage du cuivre de Zambie et de RDC et en y rajoutant le recyclage, la Chine s’est imposée comme le premier producteur des fils de cuivre utilisés dans les data center, pour l’électricité et les batteries des véhicules. Les prix du cuivre et de l’acide sulfurique (un sous-produit utile pour faire les engrais) ne cessent d’augmenter et pèsent sur la balance commerciale des États-Unis, d’autant plus qu’ils font l’objet de droits de douane.

Redécouvrir la roue

L’engagement des États-Unis pour obtenir les minerais critiques, dont le cuivre, est devenu plus opérationnel à mesure que la maîtrise de toutes les étapes des chaînes d’approvisionnement gagnait en importance stratégique. La coopération avec la République Démocratique du Congo et les partenaires régionaux s’est de plus en plus concentrée sur des infrastructures facilitant le commerce des minéraux critiques, au-delà du seul affichage politique. Le prêt de 553 millions de dollars pour le chemin de fer du corridor de Lobito, accordé par la U.S. International Development Finance Corporation, illustre ce basculement vers un financement de long horizon des infrastructures logistiques d’exportation comme composante d’une stratégie de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Pour les gouvernements de la région, l’engagement dans le corridor reflète un positionnement stratégique au sein du système de production minéralière en expansion. Pour l’Angola, le corridor consolide le port de Lobito comme  porte d’entrée et de transit desservant en essence, carburants et biens d’équipements miniers au-delà de son arrière-pays national. Pour la République Démocratique du Congo et la Zambie, il introduit une route d’évacuation atlantique supplémentaire et bientôt majeure aux côtés des corridors existants, à mesure que les volumes de la Copperbelt augmentent. La participation de la Development Bank of Southern Africa au financement du corridor s’inscrit dans cette logique régionale, conformément à son mandat de soutien aux infrastructures transfrontalières présentant une pertinence économique à grande échelle.

Connivence ou déflagration

La bataille que mène Washington est d’abord politique. La victoire apparente de la force d’Erik Prince sur le M23 le montre bien. Elle concrétise la mainmise extractiviste de Washington sur la RDC et l’empiètement sur les plates-bandes chinoises dans la région.

Trump profite des acquis de son prédécesseur Biden, qui est parvenu à décrocher l’Angola de la prééminence chinoise. La longue guerre civile angolaise (1975-2002) avait entrainé la destruction du chemin de fer de Benguela et donc l’arrêt du passage des minéraux du centre de l’Afrique par l’Atlantique. Les Chinois avaient réalisé, bien avant, un chemin de fer de 1860 kilomètres reliant la Copperbelt zambienne aux ports de l’Océan indien.

En 2026, il aurait été plus intéressant de relier Lobito à l’Océan indien en faisant une jonction entre le corridor de Lobito et le Tanzam. Ce ne sera pas le cas. Avec la destruction du chemin de fer colonial de Benguela, le Tanzam était devenu, ce dernier quart de siècle, l’artère principale de déversement des minéraux vers l’est et particulièrement en direction de la Chine. Joe Biden, malgré l’importance des investissements et des prêts chinois en faveur de l’Angola (au moins 45 milliards USD), a convaincu l’Angola de devenir le gardien des intérêts américains en Afrique centrale et australe.

Le corridor de Lobito qui, dans sa partie angolaise, doit tant au capital et au labeur chinois de 2004 à 2014,est finalement récupéré par Washington.  Il traduit sur le plan géopolitique ce regain de l’influence américaine et le déclin de Pékin à Luanda, en plus d’être un atout majeur de Donald Trump dans son projet minier et antichinois.

Alors que le modèle chinois de corridor présentait encore un caractère très peu libéral, celui des Américains, d’apparence ouvert et dynamique, a attiré les affairistes angolais. Ce sera plus difficile pour les intérêts de RDC, encore largement contrôlés par l’État à travers le puissant groupe Gécamines, de se fondre dans la logique extractiviste et capitaliste d’outre-Atlantique. De plus, la stabilité des alliances entre partenaires financier et opérationnels des programmes des États-Unis n’est pas assurée.

Guerre des traders ?

Des tensions entre les parties prenantes commencent à se faire jour à travers les montages financiers et le choix des opérateurs du corridor de Lobito. Initialement, l’engagement des États-Unis autour des minerais critiques passait par Ivanhoe Mines Ltd, propriétaire de Kamoa-Kakula, et le négociant en matières premières Trafigura Group qui ont d’ailleurs signé un accord pour transporter leur cuivre par voie ferrée de la RDC vers le port angolais de Lobito. Cet accord à long terme était le premier à structurer le projet ferroviaire stratégique soutenu par le gouvernement américain. On proclamait que le corridor de Lobito permettrait de réduire à moins d’une semaine le trajet vers les ports de l’Atlantique, plus proches des États-Unis et de l’Europe. 

Trafigura fait partie du consortium qui a obtenu une concession de 30 ans pour l’exploitation de la voie de Lobito. Les concessionnaires, parmi lesquels figurent aussi Mota-Engil et Vecturis, sont supposés porter la capacité d’exportation de la ligne ferroviaire à un million de tonnes par an d’ici la fin de la décennie, avait indiqué Trafigura dans un communiqué cité par Bloomberg. Mais aujourd’hui la capacité d’exportation de Trafigura sur la ligne de Lobito n’atteint pas les 450 000 tonnes promises à partir de 2025.

Le groupe suisse Glencore semble à présent éclipser son concurrent Trafigura. Il a signé début 2026 un protocole d’accord pour céder 40 % de ses parts dans les mines de Mutanda mining et de Kamoto Copper Company, en République démocratique du Congo, au groupe américain Orion Critical Mineral Consortium (qui est soutenu par la U.S. International Development Finance Corporation). Les mines de Mutanda Mining et de Kamoto Copper Company sont des producteurs industriels majeurs de cuivre et de cobalt en RDC. Elles jouent aussi un rôle central dans l’offre mondiale de ces métaux très convoités pour la fabrication des véhicules électriques, car la RDC assure environ 74% de la production mondiale de cobalt et  6 % de celle de cuivre.

La lorgnette US

L’opération est présentée par Glencore  comme un prolongement du partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo sur les minerais critiques. Le vice-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, souligne, lui, que cette transaction s’inscrit dans le cadre des objectifs des Accords de Washington, visant à « encourager un renforcement des investissements américains dans le secteur minier de la RDC » et à « garantir des flux fiables et stratégiques de minerais essentiels entre les États-Unis et la RDC».

 

[1] Les projets d’infrastructures Greenfield sont développés ex nihilo alors que les projets Brownfield reposent sur des infrastructures existantes, ces investissements sont réalisés via des fonds non cotés dédiés au financement d’actifs stratégiques.

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