Turquie - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/turquie/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 03 Mar 2026 13:02:19 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Turquie - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/turquie/ 32 32 Sahel, la course aux satellites de surveillance https://mondafrique.com/a-la-une/sahel-la-course-aux-satellites-de-surveillance/ https://mondafrique.com/a-la-une/sahel-la-course-aux-satellites-de-surveillance/#respond Wed, 04 Mar 2026 05:01:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147998 Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s).  Par Paul Amara Ces outils – précieux […]

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Après la rupture de plusieurs pays du Sahel central avec les armées française et américaine, une grande course aux satellites de surveillance s’est engagée, avec de nouveaux acteurs. Mondafrique reprend ici, avec son autorisation, un article du Centre des Stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre 4s). 

Par Paul Amara

Ces outils précieux dans la lutte contre le terrorisme et les trafics de drogue, d’armes, d’or, de migrants, d’êtres humains, de cigarettes et de carburant foisonnent. Dès novembre 2023, le Mali signait un mémorandum d’entente avec l’entreprise russe Glavkomos, spécialisée dans les activités spatiales. Cet accord lui a permis d’améliorer la couverture Internet, des télécommunications, de la télévision et de la surveillance du territoire.  D‘autres pays lui ont emboité le pas, affichant des ambitions spatiales de plus en plus grandes. Ainsi envisagent-ils le lancement de satellites d’observation militaire, à plusieurs ou à titre individuel.

La surveillance militaire par satellite permet de détecter, en temps réel, des mouvements ennemis à plusieurs centaines de km à la ronde. Elle sert aussi dans l’observation continue des zones à risque, y compris dans les environnements hostiles et inaccessibles par voie terrestre. Elle facilite un suivi serré des équipements ennemis et réduit les risques humains, en permettant d’économiser les missions de reconnaissance dangereuses au sol. En survolant, plus ou moins discrètement et librement, l’espace, les satellites appuient les opérations militaires au travers d’activités d’observation, d’écoute et de communication. La visualisation par l’imagerie satellite militaire aide à localiser des camps terroristes, et d’agir en conséquence. Grâce à ces machines complexes, les armées du Sahel peuvent développer des réactions rapides face aux menaces djihadistes.

En 2026, les satellites fournissent des images de haute définition, quasiment en temps réel, assistées par l’intelligence artificielle (IA). L’interprétation de ces quantités de données est ainsi effectuée sans grand usage de l’intelligence humaine, facilitant de promptes réactions. Ce modèle de satellite de surveillance coûte, en moyenne, 300 millions d’euros. Maintenance et exploitation restent aussi onéreuses. Leur miniaturisation et leur lancement en grappes peuvent réduire ce montant jusqu’à 40%. Malgré tout, cela demeure un défi financier pour les pays du Sahel.

De nombreux pays africains se dotent de satellites espions

En cette année 2026, on estime à 410 le nombre de satellites espions en orbite, couvrant 93% de la planète. En 2020, les pays africains suivants avaient lancé des satellites : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Égypte, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria et Soudan. Pionniers, grâce à des décennies d’investissements stratégiques et de partenariats internationaux, l’Égypte et l’Afrique du Sud comptent, chacun, 13 satellites en orbite. Le Nigeria, avec 7 satellites, est un acteur clé en Afrique de l’Ouest. L’Algérie en possède six. Le Ghana a mis au point GhanaSat-1. Le Royaume du Maroc se montre leader, du fait de l’acquisition du satellite Mohamed VI A, d’une valeur de 500 millions de dollars. Officiellement, ce satellite évolue en vols stationnaires à des fins de télécommunications.

D’autres pays africains, surtout au Sahel, doivent coopérer avec ceux-là ou compter sur les partenaires internationaux, ou encore opérer avec des drones. Mais les capacités de surveillance et de traitement de données de ces derniers sont bien moindres que celles des satellites. En revanche, ces vecteurs aériens peuvent aussi attaquer. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont signé avec leur nouveau partenaire stratégique, la Russie, un accord de coopération spatiale à Bamako le 23 septembre 2024. Ce protocole a été paraphé avec Glavkosmos, filiale de l’agence spatiale russe, Roscosmos.Deux satellites sont au cœur de cette ambition. L’un sera dédié aux télécommunications et promet une meilleure couverture Internet ainsi qu’une diffusion amplifiée de la radio et de la télévision. L’autre sera consacré à l’observation terrestre. Grâce à ses capacités d’imagerie à haute résolution, il devrait être d’un grand secours dans la surveillance des frontières et la prévention des risques d’insurrection.

Un satellite russo-burkinabè? 

En janvier 2026, la Russie et le Burkina Faso ont commencé à envisager la construction d’un satellite de communication destiné à accélérer la transformation numérique du Faso : ouvrir la voie à des services de connectivité, de cartographie et d’alerte précoce. Devant être conçu pour couvrir la région du Sahel, le satellite aura aussi pour vocation de sécuriser les communications gouvernementales et de renforcer la résilience des réseaux en période de crise. Parallèlement à la coopération sahélo-russe, le Niger, de son côté, a entamé une collaboration avec la Chine pour acquérir de l’imagerie satellitaire. Il coopère également avec l’Italie, qui déploie des unités de collecte d’information, de surveillance et de reconnaissance. Le cadre de cet appui est la Mission de soutien italienne à la République du Niger (MISIN), forte de 350 à 400 soldats. Le Parlement italien a autorisé cette opération, depuis 2018, pour accroitre les capacités du Niger dans sa lutte contre les différents trafics et les menaces à sa sécurité. L’attaque terroriste de l’aéroport international Hamani-Diori, à Niamey, la nuit du 28 au 29 janvier 2026, a révélé que ce site ultrasensible se trouve sous surveillance satellitaire de l’entreprise américaine Ventor Tech, spécialisée dans l’information spatiale. 

En Libye, des avions et des satellites russes surveillent les positions de Daech, à l’est et à la frontière avec l’Égypte. En Mauritanie, fin septembre 2024, le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’Administration a annoncé le lancement d’un projet stratégique visant à créer un programme spatial national pour les nano-satellites. Le pays veut se doter d’un système spatial souverain au service de la sécurité, de la surveillance et du contrôle, ainsi que pour étendre la couverture numérique à l’ensemble du territoire national. Au Soudan, les images satellites jouent un rôle important dans la mise en évidence des atrocités commises à El Facher. Ces images sont le seul moyen permettant de suivre la situation dans une zone inaccessible et avec un réseau de communication défaillant.

Survols des pays sahéliens

Le sous-équipement de l’Afrique de l’Ouest, et particulièrement du Sahel, permet à des puissances étrangères de les survoler librement. Le jour de la Noël 2025, sur initiative du gouvernement américain, des bombardements ont visé des combattants de l’État islamique (EI) dans l’État de Sokoto, Nigeria. La raison avancée est que le Nigeria laisserait se perpétrer un génocide et une persécution des chrétiens. Après des discussions entre les deux pays, il a été décidé un mois plus tard que les avions nigérians opèreraient eux-mêmes les frappes aériennes, sur la base d’images et de données collectées par des appareils américains de surveillance. De plus, c’est le Nigeria qui choisira les cibles et son armée recevra des États-Unis des drones, des hélicoptères, des plateformes aériennes puis des pièces détachées et des systèmes de maintenance indispensables à leur exploitation, des équipements commandés par le Nigeria ces cinq dernières années mais non encore livrés. Faute d’en disposer, le Nigeria mène sa guerre contre les djihadistes à travers une surveillance aérienne américaine, qui consacre sa dépendance stratégique.

Donald Trump a menacé le Nigeria de nouvelles frappes si jamais des chrétiens étaient encore tués. Le général John Brennan, du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a déclaré dans une interview en marge de discussions entre Washington et Abuja que le Pentagone poursuivait une coopération militaire avec les trois pays de l’AES. Il a ajouté que les États-Unis continuaient de partager des informations avec le Nigeria car le changement de partenariat, en matière sécuritaire, était parfois risqué.

À l’issue d’une embuscade attribuée à l’État islamique au grand Sahel (EIS), dans l’ouest du pays, à Tillabéri, qui a occasionné la disparition de 135 membres de la Garde nationale, le Niger pris une décision majeure. Début mai 2025, il a mis fin aux accords de coopération en matière de renseignement avec la Russie et la Turquie, dénonçant la faiblesse opérationnelle des équipements et des techniciens fournis par les deux partenaires dans le domaine du renseignement numérique. En remplacement, le Niger a engagé une société marocaine. Mais l’accord a été rompu dans l’urgence après la révélation d’un lien indirect avec un prestataire privé français. Le Niger a ordonné immédiatement le démantèlement du dispositif. Les États-Unis sont donc revenus proposer leurs services.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le crash qui a décapité l’état-major libyen est hautement suspect https://mondafrique.com/international/decapitation-de-letat-major-libyen-en-turquie-dans-un-crash-hautement-suspect/ Tue, 27 Jan 2026 05:45:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145895 Entre défaillances électriques étonnantes et réseaux logistiques opaques, l’accident du Falcon 50 qui transportait le général Al-Haddad et une partie de l’état-major libyen fait l’objet d’une enquête approfondie des autorités turques et suscite des soupçons d’interférences extérieures. Par la rédaction de Mondafrique Le soir du 23 décembre 2025, les lueurs de l’incendie qui ont déchiré […]

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Entre défaillances électriques étonnantes et réseaux logistiques opaques, l’accident du Falcon 50 qui transportait le général Al-Haddad et une partie de l’état-major libyen fait l’objet d’une enquête approfondie des autorités turques et suscite des soupçons d’interférences extérieures.

Par la rédaction de Mondafrique

Le soir du 23 décembre 2025, les lueurs de l’incendie qui ont déchiré le ciel de Haymana, dans la périphérie d’Ankara, n’étaient pas celles d’un simple accident de l’aviation civile. La destruction de l’appareil Dassault Falcon 50 a emporté avec elle une architecture sécuritaire hyper sensible. À bord de l’avion se trouvaient le général de corps d’armée Mohamed Al-Haddad, figure de proue de l’état-major de l’Ouest libyen, et ses plus proches collaborateurs. Ce qui a pu faire croire, de prime abord, à une défaillance mécanique sur un appareil quadragénaire ouvre en réalité un arc de questions vertigineuses, là où les enjeux de renseignement international se disputent les restes du « gâteau libyen ».

Six minutes de « cécité » : anatomie d’une chute libre

La chronologie des faits, enregistrée par la tour de contrôle d’Esenboğa, défie les probabilités statistiques de la sécurité aérienne. Jusqu’à 20h31, le vol 9H-DFS s’inscrivait dans une routine parfaite à 32 000 pieds. L’alerte « Pan-Pan » lancée par le commandant signale alors une défaillance technique sérieuse, mais gérable. Pourtant, en moins de cent-vingt secondes, la situation bascule dans l’irréel.

À 20h33, l’activation du code d’urgence maximum « 7700 » précède un « black-out électrique total ». Sur un appareil Falcon 50, la redondance des systèmes est la règle d’or : les trois moteurs disposent de générateurs indépendants. Un obscurcissement simultané de tous les instruments de bord suggère une rupture systémique fulgurante, souvent incompatible avec une simple usure mécanique. À 20h38, l’avion disparaît des radars. Il ne s’agit pas d’un atterrissage d’urgence, mais d’une chute libre dépassant les 5 000 pieds par minute. Des témoins oculaires rapportent une dislocation de l’appareil en plein ciel avant l’impact, dispersant débris et restes humains sur un rayon de trois kilomètres. Les 8 occupants du jet, parmi lesquels 3 membres d’équipage dont deux Français, sont tués. Suicide mécanique ou intervention extérieure chirurgicale ?

Les liaisons dangereuses de Harmony Jets entre Lyon et Malte

Au cœur de l’enquête surgit une figure singulière : Pierre-Olivier Édouard. Cet ancien pilote français, fondateur de la société Harmony Jets, enregistrée à Malte en 2017, gère ses opérations depuis une succursale située à Lyon. Sa spécialité : « voler là où les autres ne vont pas ». Ce pragmatisme a séduit l’état-major de Tripoli mais soulève aujourd’hui une faille de souveraineté cinglante.

Le passif de la société interroge. En 2025, des rapports d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU ont pointé du doigt Harmony Jets pour des violations présumées de l’embargo sur les armes, faisant état du transport d’instructeurs militaires de la firme Irish Training Solutions (ITS) vers Benghazi — le fief de l’adversaire de l’Est. Comment le haut commandement de l’Ouest libyen a-t-il pu confier ses déplacements les plus stratégiques à un opérateur dont la flotte de cinq avions multipliait les rotations charter (47 vols recensés) entre l’Europe et des zones d’influence hostiles ?

Les trajectoires du Falcon 9H-DFS avant son ultime escale à Ankara dessinent d’ailleurs une cartographie troublante :

  • 15 décembre 2025 : Bruxelles – N’Djamena (Tchad)
  • 16 décembre 2025 : N’Djamena – Abou Dhabi (Émirats arabes unis)
  • 18 décembre 2025 : Abou Dhabi – Djouba (Soudan du Sud) puis Le Caire

Cette itinérance dans des hubs géopolitiques clés renforce l’idée que l’appareil était bien plus qu’un simple taxi aérien : un vecteur au cœur de réseaux d’influence poreux.

Une décapitation stratégique

L’onde de choc qui a suivi le crash n’est pas seulement humaine ; elle est structurelle. L’appareil ne transportait pas que le général Al-Haddad, mais ce que les observateurs décrivent comme le « cerveau » collectif de l’état-major de Tripoli. La liste des victimes révèle l’ampleur du vide creusé en un instant dans l’appareil sécuritaire libyen :

  • Mohamed Al-Haddad : plus qu’un chef d’état-major, cet officier formé à l’Académie militaire en 1987 était l’architecte du cessez-le-feu de 2020. Son rôle de médiateur entre les factions armées de l’Ouest et d’acteur du dialogue avec l’Est faisaient de lui un pivot indispensable de la stabilité précaire.
  • Al-Fitouri Ahmed Gribbil : commandant des forces terrestres et membre clé du Comité militaire 5+5. Sa disparition fragilise directement les efforts d’unification de l’armée nationale sous l’égide de l’ONU.
  • Mahmoud Al-Qatyoui : directeur de l’Organisme de fabrication militaire. Il était l’homme de l’autonomie de défense, supervisant les contrats sensibles et le développement des capacités de production locale.
  • Mohamed Diab Al-Asawi : conseiller stratégique et figure de proue de l’opération « Al-Bunyan Al-Marsous ». Expert en planification, il était chargé de réviser les accords de sécurité internationaux, notamment avec la Turquie.

L’élite militaire de Tripoli revenait d’une réunion marathon de six heures avec les hauts commandants turcs. Le timing, coïncidant avec la prolongation du mandat des forces turques en Libye, transforme cet accident en une « coïncidence » géopolitique hautement suspecte.

Tripoli a-t-il sacrifié sa souveraineté sur l’autel de la vétusté ?

Une question hante les chancelleries : comment le chef d’état-major d’un pays assis sur les plus grandes réserves de pétrole d’Afrique a-t-il pu voyager à bord d’un avion de quarante ans d’âge ? L’affrètement de cet appareil auprès d’une société privée, dont la maintenance est opérée à Lyon et l’équipage composé de nationalités hétérogènes (française et chypriote-grecque), constitue une violation flagrante des protocoles de « sécurité souveraine ».

En confiant leurs mouvements à un opérateur privé, les dirigeants libyens ont exposé leurs données de navigation et leurs secrets de déplacement à des regards étrangers, transformant le commandement militaire en une cible vulnérable dans un espace aérien saturé d’intérêts divergents.

Migration des boîtes noires et « grand jeu » diplomatique

L’affaire du « témoin silencieux » orange est entrée dans une phase de tergiversations internationales qui rappelle les heures les plus sombres de la guerre froide. Après avoir affirmé que les boîtes noires étaient intactes, Ankara a brusquement évoqué des dommages rendant l’analyse locale impossible et a indiqué chercher un « pays neutre » pour procéder à leur examen.  S’en est suivi un ballet diplomatique singulier :

  • Refus turc opposé à la France : bien que la France soit le pays constructeur (Dassault) et le lieu de maintenance, la Turquie lui a opposé une fin de non-recevoir, craignant une « politisation » des résultats ou la révélation de failles impliquant des réseaux français.
  • Défaillance allemande : Berlin a été sollicité avant de se retirer avec une froideur diplomatique inédite, invoquant un « manque de capacités techniques » — argument difficilement recevable pour la première puissance industrielle d’Europe.
  • Étape finale britannique : c’est finalement au Royaume-Uni que les enregistreurs ont été confiés pour analyse.

Ce retard, qualifié d’« énigmatique » par le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, laisse planer l’ombre d’une négociation en coulisses pour « lisser » les conclusions d’un rapport potentiellement incendiaire.

L’hypothèse d’un sabotage

Pour les experts de l’aéronautique militaire, une panne électrique générale sur un Falcon 50 est difficilement imaginable. La conception même de l’appareil, avec ses trois réacteurs motorisés de manière indépendante, rend la probabilité d’une extinction totale quasi nulle sans une intervention malveillante. Trois pistes sérieuses se dessinent, dès lors, dans les cercles de renseignement :

  1. Le sabotage physique : l’implantation d’un dispositif de perturbation ou d’une micro-charge explosive dans les bus bars (barres omnibus), centres névralgiques de la distribution électrique.
  2. La cyber attaque de précision : bien que l’appareil soit ancien, ses systèmes de navigation modernisés par Harmony Jets sont vulnérables à un piratage à distance capable de fausser les données d’altitude et de verrouiller les commandes.
  3. L’explosion structurelle : les témoignages faisant état d’une dislocation en plein vol renforcent l’hypothèse d’un engin explosif placé dans une zone critique du fuselage, provoquant une décompression explosive immédiate.

Séisme à Tripoli et recomposition forcée du pouvoir

Sur le front politique, l’accident a provoqué un vide que le Conseil présidentiel s’est trouvé contraint de combler dans l’urgence. La nomination du général Salah Al-Namroush comme chef d’état-major par intérim, alors que les noms d’Osama Juili et Ahmed Boushama et  Abelbacet Marouane circulent déjà pour une succession permanente, illustre la fébrilité du camp de l’Ouest.

Cependant, c’est du côté de l’Est libyen que les réactions sont les plus scrutées. Les déclarations d’Aguila Saleh liant subtilement le crash aux accords maritimes turco-libyens suggèrent que cet événement pourrait servir de levier dans les négociations sur l’unification de l’institution militaire. L’accident survient d’ailleurs au moment où la Grèce, Israël et Chypre renforcent leur coopération militaire en Méditerranée, perçue comme un contrepoids direct à l’influence d’Ankara.

Le « témoin silencieux » et le mystère de l’hôtesse chypriote

L’enquête turque a pris, ces derniers jours, une dimension plus complexe. Tandis que les enregistreurs de vol étaient confiés à des laboratoires britanniques pour analyse, des informations relayées par plusieurs médias turcs évoquent l’audition, pour le moment sans suite, d’un membre d’équipage de nationalité chypriote-grecque. Aucune communication officielle n’est encore venue préciser la nature ou la portée de ces investigations.

Pourquoi cette membre d’équipage est-elle au centre d’une enquête coordonnée par le parquet d’Ankara ? Avait-elle accès à l’appareil durant les phases de maintenance ou d’escale ? La réponse à cette question, jointe aux analyses de trajectoire du vol 9H-DFS, pourrait transformer l’accident en une affaire d’état internationale impliquant plusieurs capitales méditerranéennes.

Un secret enterré dans les sables mouvants

Si le rapport britannique conclut à une simple « fatigue des matériaux », le dossier judiciaire pourrait se refermer à Ankara mais sans éteindre le soupçon dans la mémoire collective libyenne. La disparition de Mohamed Al-Haddad dans de telles circonstances demeure un échec retentissant dans la gestion des risques souverains de la Libye.

Ce drame, écrit avec du sang sur les nuages d’Ankara, apparaît comme le premier chapitre d’une nouvelle lutte d’influence. En Méditerranée, où les intérêts gaziers et militaires s’entremêlent, la vérité est souvent la première victime. Pour l’heure, elle reste confinée dans le mutisme d’une boîte orange en transit vers Londres, tandis que Tripoli tente de panser ses plaies dans un climat de méfiance généralisée.

 

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L’opposition l’emporte aux municipales en Turquie https://mondafrique.com/a-la-une/lopposition-lemporte-aux-municipales-en-turquie/ Wed, 03 Apr 2024 06:12:56 +0000 https://mondafrique.com/?p=107203 Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a remporté les élections locales qui ont eu lieu dimanche en Turquie, en obtenant 37% des voix, selon un décompte quasi-définitif d’un scrutin qui a eu lie, comme toutes les élections en Turquie, est grosso modo démocratique contrairement à l’image que renvoient les medias […]

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Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a remporté les élections locales qui ont eu lieu dimanche en Turquie, en obtenant 37% des voix, selon un décompte quasi-définitif d’un scrutin qui a eu lie, comme toutes les élections en Turquie, est grosso modo démocratique contrairement à l’image que renvoient les medias français d’un pays qui n’est pas une dictature à la Poutine.

L’opposition arrive devant l’AKP, le Parti de la justice et du développement, le parti du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui avait remporté les élections législatives il y a un an. Le CHP reste à la tête des deux grandes villes du pays, Istanbul et Ankara et prend les commandes de ville de l’Anatolie, la région de l’ouest de la Turquie, habituellement acquise à l’AKP.

C’est la première fois depuis 2002 que le Parti de la justice et du développement (AKP), le parti du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, perd une élection. Le taux de participation, environ 76%, est bien plus faible que celui des élections législatives de 2023. Cette baisse de participation a été défavorable au parti au pouvoir, alors que l’électorat turc se fragmente. 

La crise économique que traverse la société turque (l’inflation a atteint 67% sur les 12 derniers mois), ainsi que la guerre en cours à Gaza, ont fédéré les électorats de petits partis, très critiques de la politique du Président Erdogan.

Les relations coupables avec Israel

Représentant le courant islamiste, le Nouveau parti de la Prospérité (YRP) a, en effet, remporté 6,2% des voix, ce qui en fait le 3e parti du pays. Il a mis au coeur de sa campagne l’inflation et la dénonciation des liens commerciaux entre la Turquie et Israël : un commerce qui pèse neuf milliards de dollars.

« Les autorités turques ont beau qualifier publiquement Israël d’“Etat terroriste” et accuser les Occidentaux de “double standard”, ils n’ont absolument rien changé à leurs affaires, avance le journaliste. Les flux de marchandises, comme l’acier et le pétrole, qui alimentent pourtant la machine de guerre de Tel-Aviv, se poursuivent comme si de rien n’était, mettant en évidence l’hypocrisie et le double discours des dirigeants. »

Depuis le déclenchement des frappes, Metin Cihan a répertorié un total de 450 navires partis de Turquie vers Israël. Avec l’aide de la base de données du site Marinetraffic.com, il pointe les expéditions quotidiennes de Limak Holding, un géant industriel connu pour être lié aux cercles du pouvoir, depuis le port d’Iskenderun. Celles aussi, régulières, partant du port stambouliote Ambarli Akçansa, de l’important Sabanci Group. Sur le chantier naval de Sefine, installé au bord de la mer de Marmara et propriété de Kolin Holding, proche du gouvernement, s’effectue, selon les recherches du journaliste, la maintenance du pétrolier chargé d’acheminer le carburant aux avions de chasse israéliens.

A force d’exploiter les données, Metin Cihan repère un navire effectuant des transports fréquents vers Israël et appartenant à un certain Ibrahim Güler, un ancien président de la formation au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), de la province du Hatay. Il découvre aussi que l’entreprise Pamukkale Kablo, propriété de Mustafa Semerci, dirigeant fondateur du Parti de la grande union (BBP), une formation ultranationaliste d’extrême droite membre de la coalition gouvernementale, a continué, après le 7 octobre, à fournir des câbles à l’Etat hébreu. Le BBP s’était pourtant fait remarquer ces dernières semaines pour ses appels au boycott d’Israël dans son ensemble et ses descentes musclées contre des cafés Starbucks, pris pour cible pour leur soutien supposé à Tel-Aviv.

Municipales, la ville de Konya en Anatolie fidèle à Recep Erdogan

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Le Président Erdogan s’oppose à une intervention militaire au Niger https://mondafrique.com/international/le-president-erdogan-soppose-a-une-intervention-militaire-au-niger/ Fri, 02 Feb 2024 10:24:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=104444 Après s’être entretenu jeudi avec le Premier ministre du Niger, Lamine Zeine, le Président turc Recep Erdogan a réitéré sa ferme opposition à une intervention militaire ouest-africaine dans ce pays.  La rencontre en tête à tête s’est poursuivie par une réunion de travail au Palais présidentiel en présence du ministre turc des Affaires étrangères Hakan […]

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Après s’être entretenu jeudi avec le Premier ministre du Niger, Lamine Zeine, le Président turc Recep Erdogan a réitéré sa ferme opposition à une intervention militaire ouest-africaine dans ce pays. 

La rencontre en tête à tête s’est poursuivie par une réunion de travail au Palais présidentiel en présence du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et de son collègue de la Défense, Yasar Guler, rapporte l’agence de presse Anadolu.

Un communiqué publié par la présidence de la République de Turquie indique que le président Erdogan et le Premier ministre nigérien ont discuté des relations politiques et économiques entre Ankara et Niamey, de la lutte contre le terrorisme et des questions régionales et internationales. 

Erdogan a exprimé ‘’Le soutien de la Turquie aux mesures prises par le Niger pour renforcer son indépendance politique, militaire et économique’’, souligne le communiqué. « La Turquie s’oppose et continuera de s’opposer aux interventions militaires étrangères visant le peuple nigérien’’, a insisté le dirigeant turc.

Si les documents officiels ne le mentionnent pas, il est probable que le déplacement du Premier ministre nigérien ait visé l’acquisition de matériel militaire, en particulier des drones et des munitions. Le Niger, sous sanctions drastiques de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest depuis le coup d’Etat du 26 juillet, se prépare pour une intervention militaire de la CEDEAO soutenue par la France et les Etats-Unis. 

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Le Premier ministre du Niger en visite à Moscou, Ankara et Téhéran https://mondafrique.com/international/le-premier-ministre-du-niger-en-visite-a-moscou-ankara-et-teheran/ Mon, 15 Jan 2024 09:33:22 +0000 https://mondafrique.com/?p=103240 Une importante délégation nigérienne s’envole lundi pour Moscou. Cette tournée diplomatique la conduira ensuite en Serbie, en Turquie et en Iran, a appris Mondafrique de source proche du gouvernement.  Le Premier ministre Lamine Zeine est accompagné, notamment, des ministres de la Défense, du Pétrole, de la Jeunesse et des Sports, de l’Agriculture, du Commerce et […]

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Une importante délégation nigérienne s’envole lundi pour Moscou. Cette tournée diplomatique la conduira ensuite en Serbie, en Turquie et en Iran, a appris Mondafrique de source proche du gouvernement. 

Le Premier ministre Lamine Zeine est accompagné, notamment, des ministres de la Défense, du Pétrole, de la Jeunesse et des Sports, de l’Agriculture, du Commerce et de la Santé. 

Décidées à diversifier leurs partenaires, les autorités souhaitent explorer des coopérations tous azimuts, dans le domaine de la défense mais aussi de l’agroalimentaire, de l’énergie, des équipements de santé et du pétrole. Le pétrole brut produit dans l’est du Niger sera très bientôt disponible à l’exportation à partir du port en eau profonde de Sèmè, au Bénin. 

La délégation gouvernementale voyagera à bord du Mont Gréboun, l’avion présidentiel, dont l’équipage est désormais entièrement nigérien. 

Depuis leur arrivée au pouvoir, le 26 juillet dernier, les officiers nigériens ont clairement énoncé leur volonté de se libérer de la tutelle française et, plus généralement, occidentale. Ils ont obtenu le départ du contingent français et annoncé que tous les accords de coopération militaire seraient revisités à la lumière des intérêts du Niger. Les Etats-Unis, qui disposent d’une importante base de drones à Agadez, dans le nord du pays, ont été informés de cette volonté de souveraineté mais leurs intérêts militaires ne sont pas remis en cause pour le moment. 

Le Niger est toujours sous blocus de la Communauté économique ouest-africaine, suite aux sanctions d’une sévérité sans précédent ordonnées contre Niamey après le renversement du Président Mohamed Bazoum. Des discussions ont toutefois pu commencer en vue d’une sortie de crise. Les médiateurs désignés par la CEDEAO, les Présidents togolais et sierra-léonais, seront sans doute reçus à Niamey une fois la mission de retour, à la fin du mois. 

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Hakan Fidan, le nouveau visage de la diplomatie turque https://mondafrique.com/limage-du-jour/hakan-fidan-le-nouveau-visage-de-la-diplomatie-turque/ Tue, 06 Jun 2023 08:36:58 +0000 https://mondafrique.com/?p=91315 Quelques jours après sa réélection à la tête de la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a opéré quelques changements à l’intérieur de son équipe gouvernementale. Après sept années passées comme chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu a cédé sa place à Hakan Fidan. Ce dernier a été pendant treize ans – de 2010 […]

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Quelques jours après sa réélection à la tête de la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a opéré quelques changements à l’intérieur de son équipe gouvernementale.

Après sept années passées comme chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu a cédé sa place à Hakan Fidan. Ce dernier a été pendant treize ans – de 2010 à 2023 – le chef des Milli Istihbarat Tiskilat (MIT), les services de renseignements turcs. Hakan Fidan, né en 1968 à Ankara, est désormais le nouveau visage de la diplomatie turque.

Hakan Fidan est diplômé de l’École de combat des forces terrestres et de l’École de langues des forces terrestres. Il a terminé la majeure partie de sa formation universitaire pendant son service dans les forces armées turques (TSK). Au cours de sa mission à l’OTAN à l’étranger, Hakan Fidan a obtenu un diplôme en sciences politiques et de gestion de l’Université du Maryland. Il a ensuite obtenu sa maîtrise et son doctorat à l’Université de Bilkent, au Département des relations internationales.

Se concentrant sur la vie universitaire après son service au sein de l’armée, Hakan Fidan a donné des conférences dans le domaine des relations internationales aux universités Hacettepe et Bilkent.

Hakan Fidan a occupé des postes critiques dans les domaines de la politique étrangère et de la sécurité au niveau gouvernemental. Il a ensuite été sous-secrétaire adjoint chargé de la politique étrangère et des questions de sécurité au Premier ministère, puis membre du conseil d’administration de l’Agence internationale de l’énergie atomique, représentant spécial du Premier ministre, sous-secrétaire adjoint du MIT, chef du MIT et représentant spécial du président de la République de Turquie. Il était à la tête du MIT depuis 13 ans (le 27 mai 2010). Hakan Fidan est marié et père de trois enfants.

 

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Le scrutin présidentiel turc « inéquitable » pour RSF https://mondafrique.com/confidentiels/le-scrutin-presidentiel-turc-inequitable-pour-rsf/ https://mondafrique.com/confidentiels/le-scrutin-presidentiel-turc-inequitable-pour-rsf/#comments Tue, 30 May 2023 16:50:43 +0000 https://mondafrique.com/?p=91085 Le système déloyal de hyper-présidentialisation de Recep Tayyip Erdogan , selon RSF, aurait aussi été renforcé ces dix dernières années par les attaques et subterfuges multiformes du pouvoir qui ont fragilisé les médias d’opposition, et, toujours selon RSF, tué le pluralisme de l’information. Mondafrique publie le texte de RSF qui parait pourtant particulièrement sévère alors […]

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Le système déloyal de hyper-présidentialisation de Recep Tayyip Erdogan , selon RSF, aurait aussi été renforcé ces dix dernières années par les attaques et subterfuges multiformes du pouvoir qui ont fragilisé les médias d’opposition, et, toujours selon RSF, tué le pluralisme de l’information. Mondafrique publie le texte de RSF qui parait pourtant particulièrement sévère alors que le scrutin présidentiel n’a pas été fraudé et que le candidat de l’opposition a pu, sans être inquiété, mené une campagne vigoureuse. Le score de 52% obtenu par Erdogan plaiderait en faveur d’une certaine mesure dans les termes employés par RSF pour qualifier l’état de la démocratie en Turquie 

« La justice, à la botte d’Ergodan, n’a de cesse d’emprisonner et de harceler les journalistes. Depuis juin 2022, au moins 32 journalistes et collaborateurs de médias pro kurdes ont été arrêtés pour “appartenance à l’organisation illégale du PKK”. Seuls neuf d’entre eux ont retrouvé la liberté le 16 mai dernier. Depuis 20 ans, environ 200 journalistes comparaissent chaque trimestre devant les tribunaux, sur la base de la législation antiterroriste (TMK) ou du code pénal (TCK) en raison de leur activité professionnelle. Le “délit de lèse majesté” toujours en vigueur dans le code pénal turc, a aussi permis de poursuivre quelque 200 autres journalistes depuis août 2014 pour “insulte envers le président Erdogan”. Soixante-quatorze d’entre eux ont été condamnés à de la prison ou amende.

D’après le site Bianet, partenaire de RSF en Turquie, en 2022, la justice a également censuré sur Internet pas moins de 550 contenus journalistiques (articles, éditoriaux, enquêtes), en grande partie sur la corruption et clientélisme politique et les mauvaises pratiques des cercles proches du pouvoir. 

A ces pressions judiciaires s’ajoutent celles du Conseil chargé des annonces publiques (BIK) qui a modifié le code éthique de la presse qui conditionne l’accès à la publicité publique et qui peut pénaliser les quotidiens récalcitrants. Le Haut Conseil de l’audiovisuel (RTÜK) contribue aussi à affaiblir financièrement des chaînes critiques, en les sanctionnant avec des amendes astronomiques. En 2022, 75 % des amendes infligées l’avaient été aux dépens des sept principales chaînes critiques (Halk TV, Fox TV, Tele1, KRT, Habertürk TV, Flash TV et TGRT Haber)… »

La Turquie a perdu 16 places au dernier Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF et se situe désormais à la 165e place sur 180 pays. 

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L’économie turque au bord de la crise de nerfs https://mondafrique.com/economie/leconomie-turque-au-bord-de-la-crise-de-nerfs/ Wed, 24 May 2023 08:46:28 +0000 https://mondafrique.com/?p=90674 Le vainqueur de l’élection présidentielle turque, ce dimanche, héritera d’une économie en crise et de l’inquiétude des classes populaires turques. L‘inflation en Turquie reste tenace à 44 %. Les mères de famille turques ne savent plus comment nourrir leurs familles avec des revenus rongés par l’inflation. L’inquiétude des classes populaires turques durement frappées par l’inflation et […]

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Le vainqueur de l’élection présidentielle turque, ce dimanche, héritera d’une économie en crise et de l’inquiétude des classes populaires turques.

L‘inflation en Turquie reste tenace à 44 %. Les mères de famille turques ne savent plus comment nourrir leurs familles avec des revenus rongés par l’inflation. L’inquiétude des classes populaires turques durement frappées par l’inflation et le tremblement de terre qui a ravage le pays le 6 février dernier, est une donnée que le futur président turc devra gérer en priorité ;

Si le président Recep Tayyip Erdogan reste au pouvoir le 28 mai, il devra sans doute mener une politique contraire à celle qui lui aura assuré sa réélection.

Un bilan contrasté

Au cours des dix premières années de son mandat M. Erdogan a contribué à une croissance économique spectaculaire qui a sorti des millions de personnes de la pauvreté. Mais ces dernières années, les politiques budgétaires expansives ont amené une chute de la monnaie nationale qui a perdu 80% de sa valeur par rapport au dollar et une inflation annuelle, qui a atteint 80% l’année dernière et s’est stabilisée à 44% le mois dernier.

Plutôt que d’augmenter les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, M. Erdogan les a réduit sdans l’espoir que des taux de crédit bas favoriseraient la croissance et les exportations.

À l’approche des élections, Recep Tayyip Erdogan a cherché à atténuer les effets de l’inflation en augmentant à plusieurs reprises le salaire minimum, en augmentant les salaires des fonctionnaires et en autorisant des millions de Turcs à toucher des pensions gouvernementales anticipées. Ces largesses budgétaires ont aggravé la dévaluation de la monnaie turque et l’inflation.

 

La faute au tremblement de terre

Le tremblement de terre du 6 février oblige encore aujourd’hui le gouvernement à mener une politique de dépenses massives. Les dommages sont estimés à 103 milliards d’euros, soit environ 9 % du produit intérieur brut de cette année.

Pour ralentir la baisse de la livre turque, M. Erdogan a vendu des devises étrangères. Début mai, les réserves de change de la Turquie ont diminué de 7,6 milliards de dollars pour atteindre 60,8 milliards de dollars, selon les données de la banque centrale.


La plus forte baisse de ce type en plus de deux décennies.

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La communauté turque de France soutient Erdogan https://mondafrique.com/limage-du-jour/la-communaute-turque-de-france-soutient-erdogan/ Sat, 20 May 2023 05:30:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=90282 En France, en 2018, la communauté turque avait massivement voté pour Recep Tayyip Erdogan. Il n’est pas exclu qu’il en aille de même en 2023. En 2018, le président sortant Recep Tayyip Erdogan avait obtenu 65,3% des suffrages de la diaspora turque de l’Hexagone. Erdogan était arrivé en tête dans cinq des grandes villes françaises […]

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En France, en 2018, la communauté turque avait massivement voté pour Recep Tayyip Erdogan. Il n’est pas exclu qu’il en aille de même en 2023.

En 2018, le président sortant Recep Tayyip Erdogan avait obtenu 65,3% des suffrages de la diaspora turque de l’Hexagone. Erdogan était arrivé en tête dans cinq des grandes villes françaises où le scrutin était organisé : Paris, Bordeaux, Nantes, Strasbourg et Lyon, où il a même recueilli même 86,8% des suffrages (25 769 voix).  

En revanche, à Marseille, c’est Selahattin Demirtas, le candidat du parti prokurde HDP, qui était arrivé en tête, avec 45,8% des voix. Mais Erdogan le talonnait avec 43,7% des suffrages.

Comme l’avait expliqué à franceinfo Sami Kilic, ancien journaliste de l’hebdomadaire Zaman France – proche de la mouvance de l’imam Fethullah Gülen, accusé par le pouvoir turc d’avoir fomenté la tentative de coup d’Etat en 2016 –, « il y a un attachement très fort, quasi irrationnel, à la personne d’Erdogan » chez les Turcs en France.

Peu de mariages mixtes 

Dans Marianne, Didier Billon, specialiste de la Turquie à l’IRIS estime qu’en 2023, le pourcentage ne devrait pas être totalement différent. « Il est fort probable qu’encore une fois, Erdogan fasse un meilleur score en France qu’en Turquie » affirme-t-il.

Ce vote islamiste de la communauté turque en France tient à son caractère « très endogène, qui ne se mélange pas beaucoup… Il y a peu de mariages mixtes même s’ils ont tendance à se développer. Il m’est arrivé de rencontrer des femmes turques qui étaient en France depuis de nombreuses années mais ne parlaient pas un mot de français. Tout cela est un indicateur du fait qu’il n’y a pas beaucoup d’intégration à la France » ajoute Didier Billon.

L’Anatolie conservatrice

 « Une partie importante de la communauté turque en France est venue directement des provinces anatoliennes sans passer par la case des grandes villes turques telles qu’Ankara et Istanbul. Or, on sait très bien que cette partie de l’électorat est particulièrement conservatrice, attachée aux traditions ». En Turquie, toute l’Anatolie vote pour le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir).

Pour Didier Billon, « il ne faut pas sous-estimer le rôle des imams en France. Jusqu’à présent, les imams étaient envoyés par l’État turc en France. Salariés de l’État, ce sont des gens qui, bien souvent, ne parlent pas Français et donnent des cours de religion en turc. Les valeurs défendues par ces imams ne sont pas particulièrement progressistes mais plutôt en faveur d’Erdogan. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la France a estimé qu’elle devait mieux contrôler la typologie des imams qu’Ankara envoie à Paris. Toujours est-il que les imams installés en France, depuis des années, sont une façon déguisée de faire de la propagande à la gloire
du président Erdogan ».

Au total, la diaspora turque à l’étranger, c’est trois millions d’électeurs seulement. Mais en cas de scrutin serré, ce vote marginal peut faire la différence.

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Erdogan en passe de remporter le second tour https://mondafrique.com/politique/erdogan-en-passe-de-remporter-le-second-tour/ https://mondafrique.com/politique/erdogan-en-passe-de-remporter-le-second-tour/#comments Thu, 18 May 2023 09:07:29 +0000 https://mondafrique.com/?p=90422 Les responsables turcs et les sources proches d’Erdogan se montrent confiants dans sa capacité à remporter une victoire éclatante au second tour. Par Elijah J. Magnier, site emagnier.com Plusieurs facteurs clés jouent en faveur d’Erdogan lors du second tour. Tout d’abord, il jouit d’une position dominante au parlement, où son parti, le Parti de la […]

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Les responsables turcs et les sources proches d’Erdogan se montrent confiants dans sa capacité à remporter une victoire éclatante au second tour.

Par Elijah J. Magnier, site emagnier.com

Plusieurs facteurs clés jouent en faveur d’Erdogan lors du second tour. Tout d’abord, il jouit d’une position dominante au parlement, où son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP), et son allié, le Parti d’action nationaliste (MHP), disposent d’une majorité parlementaire. Deuxièmement, l’opposition est loin d’être cohésive et unie, avec un risque important de fragmentation après le premier tour. Kilicdaroglu a dirigé une coalition non dominante dont on ne s’attendait pas à ce qu’elle forme un futur gouvernement s’il remportait la présidence. Les responsables de l’AKP affirment que « le peuple turc ne veut pas voter pour une alliance multipartite dans un gouvernement qui, selon eux, ne réalisera pas ce que le peuple veut en raison de son incompatibilité idéologique ou organisationnelle, hormis son entente pour essayer de vaincre le président actuel».

Le tremblement de terre pardonné! 
Selon des sources turques proches d’Erdogan, « le président devrait concentrer ses efforts sur Istanbul, Ankara et Izmir, car il a défait Kilicdaroglu à l’élection présidentielle, mais pas lors du vote parlementaire ». On estime que le fait de remporter l’élection présidentielle à Istanbul mène souvent à la victoire dans la course générale, comme ce fut le cas pour Erdogan en 1994-1998, alors qu’il était maire d’Istanbul. Toutefois, les résultats de l’élection présidentielle d’aujourd’hui remettent en cause cette idée, car Erdogan a été en mesure de remporter des victoires dans les régions rurales, notamment dans la plupart des provinces du sud touchées par le tremblement de terre de cette année. La capacité d’Erdogan à tenir ses promesses, notamment dans les régions où l’opposition n’a pas le poids parlementaire nécessaire pour tenir les promesses de gaz gratuit et de reconstruction, a contribué à son succès dans ces régions.

Sinan Ogan a réussi à réduire le nombre de voix revenant à Erdogan en Anatolie centrale, en particulier à Diyarbakir, au cœur de la région kurde. De manière surprenante, le candidat nationaliste d’extrême droite antikurde a obtenu 1,2 % des voix dans cette province kurde, où 72 % des électeurs ont voté contre Erdogan. Ce résultat dans la région kurde met en évidence le rôle influent de l’intervention étrangère, en particulier celui des États-Unis et de l’UE, dans l’affaiblissement du soutien d’Erdogan. Sans l’appui des Kurdes, Kilicdaroglu n’aurait pas eu la confiance nécessaire pour se présenter aux élections. En réalité, Kilicdaroglu a obtenu 35 % des voix au Parlement, les Kurdes qui avaient voté pour lui à l’élection présidentielle ne l’ayant pas soutenu dans la course au Parlement. Erdogan, quant à lui, a obtenu 49 % des sièges parlementaires et le même pourcentage à l’élection présidentielle.

Alors que la Turquie se prépare à l’inévitable second tour de l’élection présidentielle, un certain nombre de facteurs laissent présager que le président Recep Tayyip Erdogan est en passe de remporter une victoire certaine. Erdogan, qui a obtenu 49,51 % des voix au premier tour, n’a besoin que d’une augmentation marginale de 0,5 % par rapport à son score actuel pour revendiquer la présidence. En outre, le principal rival d’Erdogan, Kemal Kilicdaroglu, a beaucoup de mal à attirer le soutien d’autres candidats, en particulier le candidat nationaliste d’extrême droite Sinan Ogan, qui n’est pas prêt à transférer les voix qu’il a accumulées.

AKP, une position dominante 

La force d’Erdogan réside non seulement dans sa capacité à obtenir éventuellement des voix kurdes supplémentaires, mais aussi dans sa position dominante au parlement. Le Parti de la justice et du développement (AKP), en alliance avec le Parti d’action nationaliste (MHP), dispose d’une majorité parlementaire, ce qui donne à Erdogan l’avantage d’un soutien solide dans sa tentative d’obtenir un second mandat. Cette majorité parlementaire devrait avoir un impact significatif sur le résultat de l’élection présidentielle.

Contrairement aux attentes occidentales qui prévoyaient la chute d’Erdogan, la bataille à venir pour la présidence turque semble être plus favorable au dirigeant sortant. L’Occident doit se préparer à faire face à un président qui donnera la priorité aux intérêts de son pays tout en maintenant un équilibre dans ses relations extérieures, sans rompre les liens avec l’Occident ni s’aligner exclusivement sur la Russie. Cependant, des défis restent à relever sur le plan économique, car l’inflation et la dévaluation de la monnaie locale exigent l’attention du nouveau président turc.

À l’approche du second tour, Erdogan reste donc bien placé pour remporter la victoire, grâce à sa majorité parlementaire, à l’augmentation potentielle du vote kurde et à l’influence parlementaire limitée des candidats rivaux.

ENCADREn 49,51% DES VOIX POUR ERDOGAN

Les résultats définitifs des élections législatives et présidentielles en Turquie ont confirmé la tenue d’un second tour le 28 mai. Recep Tayyip Erdogan, le président sortant, a obtenu 49,51 % des voix, soit une marge de moins de 0,5 % (environ 400 000 voix sur les 58 millions d’électeurs inscrits). Son principal rival, Kemal Kilicdaroglu, du Parti républicain du peuple (CHP) de centre gauche, a obtenu 44,88 % des voix, tandis que le candidat ultranationaliste Sinan Ogan a recueilli 5,17 % des suffrages.

*Source : emagnier.com

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