Tchad - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/tchad/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 10 Jan 2026 13:41:22 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Tchad - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/tchad/ 32 32 Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine https://mondafrique.com/decryptage/trump-et-linterdiction-de-visas-business-et-rivalite-avec-la-chine/ Sat, 10 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145058 L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques. Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas […]

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L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques.

Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas à de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique. Le dispositif a été étendu en janvier 2026 avec l’ajout de nouveaux États. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger se voient ainsi placés sous interdiction totale de visas, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, intègrent pour la première fois la liste des pays soumis à des restrictions partielles.

Officiellement, ces mesures sont justifiées par des impératifs de contrôle migratoire et de sécurité nationale. Officieusement, elles s’inscrivent dans une logique plus large de diplomatie transactionnelle. Plusieurs pays du continent, à l’instar du Congo Brazzaville, redoutant un bras de fer avec Washington, privilégient la négociation bilatérale pour tenter de sortir du dispositif. Ils font appel à des avocats et des lobbyistes installés à Washington, qui se font chèrement payer. S’engagent alors des tractations qui dépassent largement la question des visas : ouvertures aux entreprises américaines, coopération stratégique, accès aux matières premières et aux minerais critiques. Bien entendu, en toile de fond, l’objectif principal de la Maison Blanche consiste à contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent.

D’autres pays, à l’inverse, ont opté pour une réponse plus ferme, fondée sur la réciprocité. C’est le cas du Tchad, soumis à une interdiction complète de visas depuis 2025, ainsi que des trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Cette ligne de conduite n’est pas sans créer un certain embarras à Washington, qui cherche parallèlement à préserver son influence et ses coopérations sécuritaires afin de ne pas abandonner à d’autres puissances une région jugée stratégique.

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Rapprochement diplomatique et militaire entre la Hongrie et le Tchad https://mondafrique.com/a-la-une/rapprochement-diplomatique-et-militaire-entre-la-hongrie-et-le-tchad/ Thu, 12 Sep 2024 20:00:57 +0000 https://mondafrique.com/?p=118085 Le Premier ministre Viktor Orbán a déployé le grand jeu protocolaire pour recevoir le Président tchadien Mahamat Déby Itno, en visite d’Etat du 7 au 9 septembre à Budapest. Il a rendu les honneurs militaires à son hôte sur la place Saint-Georges lundi. La cérémonie était à la hauteur de ce rapprochement spectaculaire et inédit […]

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Le Premier ministre Viktor Orbán a déployé le grand jeu protocolaire pour recevoir le Président tchadien Mahamat Déby Itno, en visite d’Etat du 7 au 9 septembre à Budapest. Il a rendu les honneurs militaires à son hôte sur la place Saint-Georges lundi. La cérémonie était à la hauteur de ce rapprochement spectaculaire et inédit entre les deux pays. 

A l’instar de Viktor Orban, qui, malgré l’appartenance de son pays à l’Union européenne, cultive des relations bienveillantes avec Moscou et Pékin, Mahamat Déby a entrepris une diversification tous azimuts de ses partenariats, surfant sur une ligne de crête dans les nouveaux rapports de force globaux.

Le Tchad héberge la dernière grande base de l’armée française au Sahel, qui compte plus de 1000 hommes. Les positions militaires de la France dans le pays sont anciennes mais fragilisées par le nouveau contexte qui prévaut dans la région, même si l’armée française a souvent été mise à contribution pour soutenir le pouvoir contre les rébellions à répétition.

Mahamat Déby Itno a signé un accord de coopération militaire avec les Emirats arabes unis et d’autres accords, dans le domaine de l’énergie et de la sécurité, avec la Russie. Il a été reçu en visite d’Etat à Moscou en début d’année et il a accueilli, en juin, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il entretient également des relations soutenues avec la Chine, qui exploite le pétrole tchadien. La coopération militaire avec les Etats-Unis n’est pas remise en cause pour le moment mais elle pourrait faire l’objet d’une renégociation. 

Selon le site d’information européen Euractiv, Viktor Orbán compte envoyer 200 soldats au Tchad. « Le Tchad est un pays clé dans la lutte contre l’immigration illégale  », a écrit le Premier ministre sur son compte officiel X. « La migration de l’Afrique vers l’Europe ne peut être stoppée sans les pays de la région du Sahel. C’est pourquoi la Hongrie construit un partenariat de coopération avec le Tchad ».

Le directeur de l’Institut de recherche sur la migration, Viktor Marsai, a déclaré à l’AFP que Budapest souhaitait jouer au Sahel « un rôle militaire plus actif  » afin de gagner en expérience. Depuis 2021, « l’armée hongroise ne dispose plus de théâtre d’opérations où fourbir ses armes dans un environnement raisonnablement risqué  », a-t-il insisté.

La visite du Président tchadien à Budapest s’est achevée par la signature d’une « déclaration commune de partenariat stratégique », a annoncé la présidence tchadienne. Quatre accords de coopération ont été paraphés par les deux ministres des Affaires Etrangères, dont deux dans le domaine de la défense. La présidence tchadienne a précisé que l’un des deux accords de défense concernait le statut des soldats hongrois stationnés au Tchad, prélude logique à un déploiement militaire étranger. 

 

Le fils unique du Premier ministre hongrois, Gaspar Orbán, 32 ans, capitaine dans l’armée nationale, est désormais nommé officiellement « agent de liaison pour aider à préparer la mission au Tchad. » 

 

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Inondations dans le Sahel et le Sahara https://mondafrique.com/limage-du-jour/inondations-dans-le-sahel-et-le-sahara/ Wed, 04 Sep 2024 15:45:22 +0000 https://mondafrique.com/?p=117579 Des inondations monstre sont rapportées depuis quelques jours partout au Sahel, ainsi que dans le Sahara. Une saison des pluies très abondante a fait suite, cette année, à une saison chaude particulièrement longue et intense.   Au Niger, toutes les grandes villes du pays sont désormais affectées, avec des maisons effondrées, des routes et des ponts […]

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Des inondations monstre sont rapportées depuis quelques jours partout au Sahel, ainsi que dans le Sahara. Une saison des pluies très abondante a fait suite, cette année, à une saison chaude particulièrement longue et intense.  

Au Niger, toutes les grandes villes du pays sont désormais affectées, avec des maisons effondrées, des routes et des ponts coupés et des personnes et du bétail en détresse. On ne compte plus les jardins inondés. Même le nord du pays, désertique, affiche des images de désolation sur les réseaux sociaux. A Bamako, Gao, Segou et à N’Djamena et autour du lac Tchad, la situation est à peu près la même. Au total, ces événements climatiques ont fait des dizaines de milliers de victimes lors de centaines d’épisodes. 

Lac Tchad, photo UNOCHA (août 2024)

Cette période de l’année est souvent critique, car elle correspond au pic de la saison des pluies qui gonfle les rivières et les cours d’eau temporaires.

Mais selon le journal en ligne français Reporterre, la quantité de pluie enregistrée en ce début septembre 2024 dans le Sahara témoigne d’un événement météorologique rarissime. « Plus de 500 % des précipitations mensuelles normales en septembre devraient tomber au cours de cet épisode, qui pourrait s’étendre sur deux semaines. Très localement, ce cumul sera même supérieur à la normale de 1 000 %. »

Agadez, 3 septembre 2024

Le Sahara, région la plus sèche de la planète, connaît un épisode pluvieux important une fois tous les dix ans en moyenne. Il faut cependant remonter à 1994 pour atteindre ce niveau de précipitations, le plus élevé jamais observé depuis le début des relevés. « Ce phénomène est attribuable au fait que depuis le mois de juin, la zone dite de convergence intertropicale — une bande chaude et humide de l’atmosphère — se situe bien plus au nord que d’ordinaire, pour des raisons inconnues. »

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Carnet de route (8/8), N’Djamena la guerrière https://mondafrique.com/societe/carnet-de-route-ndjamena-la-guerriere-iii/ Thu, 08 Aug 2024 05:52:47 +0000 http://www.mondafrique.info/?p=3411 Le régime, dont les caisses sont vides, veut pousser le développement des infrastructures pour donner des airs de grandeur à une ville encore marquée par la pauvreté.  Place de la Nation à N’Djamena, fierté du pouvoir tchadien, symbole d’une gloire retrouvée. Trop bien cadrées, les photos officielles montrent les statues de bronze d’un couple de […]

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Le régime, dont les caisses sont vides, veut pousser le développement des infrastructures pour donner des airs de grandeur à une ville encore marquée par la pauvreté. 

Place de la Nation à N’Djamena, fierté du pouvoir tchadien, symbole d’une gloire retrouvée. Trop bien cadrées, les photos officielles montrent les statues de bronze d’un couple de combattants tchadiens. En arrière plan, la monumentale arche métallique. La com’ du régime est lisse et le message est clair : la capitale tchadienne n’est plus cette ville délabrée qui porte les stigmates des guerres civiles et rebellions à répétition.

Une forteresse imprenable

Mais l’impression de grandeur de ces « Champs Elysées tchadiens » n’est qu’illusion. Situé à quelques dizaines de mètres du palais présidentiel, le rond-point est bordé d’espaces vides. Les quelques gazons ombragés sont squattés par des jeunes à motos alors que, très vite, la verdure laisse place à de vastes terrains vagues abandonnés. La végétation se fait rare depuis que le président Idriss Deby Itno a ordonné la coupe de tous les arbres du centre-ville en février 2008. Paniqué par la progression des rebelles, IDI craignait qu’ils empêchent ses hélicoptères de combat de stopper les miliciens.

À cinquante mètres du rond-point de la place de la Nation, un autre terrain vague. Là, au milieu, la cathédrale délabrée de la ville garde les stigmates des batailles. Un officiel explique que les travaux de réhabilitation ont été arrêtés faute de moyens, on est loin de l’image de la ville-phœnix que le pouvoir brandit. Un peu plus loin, le château-fort du président tchadien. À peine perceptible de la rue, ce palais rose symbolise plus de deux décennies de règne sans partage du clan Deby. Entouré de murailles construites par Sogea-Satom, filiale de Vinci, l’étranger de passage découvre un dispositif de sécurité impressionnant. Palissades, cubes de bétons et miradors entourent les jardins présidentiels. En faction, la garde prétorienne du président veille. Celle-là même qui est partie au Mali, en Centrafrique et maintenant sur les traces de Boko Haram. Célèbre pour son savoir-faire, elle est constituée en grande partie de membres de l’ethnie du président, les Zaghawa. Choisis pour combattre dès leur enfance, beaucoup sont passés par des stages encadrés par la DGSE, l’agence française d’espionnage qui œuvre aux côtés de Deby depuis avant sa prise de pouvoir en 1990. Aux abords de la citadelle présidentielle, la tension est palpable. Un vieux tchadien s’amuse de la surprise du français à peine débarqué, « c’est grand hein ! Mais ne t’arrête pas devant, ils tirent avant de réfléchir par ici. »

Développement sans lumière

Les officiels du régime ont beau s’évertuer à louer l’édification d’infrastructures, la ville reste marquée par de nombreux signes de pauvreté. Les quelques hôtels et restaurants climatisés accueillent le gratin tchadien, les businessmen de passages, les expatriés ou militaires français en courte permission. La quasi inexistante classe moyenne tchadienne n’y met que très peu les pieds.

Partout, des palissades entourent des travaux. D’ici 2015, réception du sommet de l’Union africaine, des immeubles ultra modernes – télévision publique, hôtels luxueux, ministères – viendront accentuer l’opposition flagrante entre opulence et extrême pauvreté. Depuis l’exploitation du pétrole, au début des années 2000, le pouvoir voit les choses en grand. Ce jour-là, sous 45 degrés à l’ombre, un officiel, par ailleurs homme d’affaires, guide une délégation de Chinois du géant de la construction Soluxe. À chaque coin de rue il commande un établissement de restauration rapide, un stade, des logements. Il ira ensuite convaincre le responsable des « travaux présidentiels ». Des commandes qui jurent avec le niveau de développement et la pauvreté des périphéries. Les habitations de fortunes vont côtoyer les buildings. L’argent du pétrole a couvert d’une mince couche de goudron les routes principales mais le réseau électrique est catastrophique, la moindre pluie inonde les trottoirs et habitations les plus spartiates. Sans travail pour ces habitants qui vivent dans des conditions très précaires, la ville peine à s’adapter à l’accroissement fulgurant de la population. De 530 000 en 1993, on estime aujourd’hui à un million le nombre de ndjamenois.

« N’Djaména brille de mille feux en ses quatre coins » lit-on dans un magazine du pouvoir. En tous cas pas après 18h30. Passée cette heure la nuit tombe, seuls quelques axes, dont la fameuse avenue Charles De Gaulle, sont éclairés par des lampadaires aux lueurs orange. En s’éloignant de cet axe, puis de la ville, le goudron disparaît petit à petit et les lumières des phares éclairent des habitants de quartiers pauvres, rassemblés autour de feux ou de petits lumignons à pile.

Ville sous surveillance

«  Il ne faut pas sortir après 22heures, les policiers et les militaires font des problèmes » préviennent des religieuses bienveillantes. La nuit tombée, les quelques ronds-points éclairés sont contrôlés par des policiers et militaires désœuvrés qui, lorsqu’ils voient passer des étrangers trouvent une infraction qui, selon le sens des affaires de ces derniers, peut leur coûter entre 500 et 10 000 Francs CFA. Beaucoup de Tchadiens racontent des anecdotes sur le harcèlement ou les intimidations des policiers ou militaires. Le traitement varie selon la langue parlée ou la région d’origine.

Les hommes de l’Agence Nationale de Sécurité (ANS) ou des Renseignements généraux locaux inquiètent beaucoup les tchadiens qui osent critiquer le pouvoir. Tristement connus pour les arrestations et emprisonnements arbitraires, maintes fois dénoncés par les militants des droits de l’Homme, ils trainent dans les halls d’hôtel ou les restaurants. Très évasif et conciliant, un haut fonctionnaire invite son interlocuteur à prendre à emporter le repas, « cet endroit est rempli de types des renseignements ou de gens à eux » explique-t-il en sortant. Réaction compréhensible quand on sait que l’année passée le député d’opposition Gali Gata Ngoté a été emprisonné quelques jours pour avoir été vu avec un blanc dans un café d’un hôtel de la ville. Un espion disait l’avoir vu donner un paquet à un employé de l’ambassade française. Qui oserait douter de la parole d’un agent tchadien ?

Ville martiale

À N’Djamena, les militaires sont partout. Les journalistes et observateurs prennent la température sécuritaire du pays grâce aux allées et venues des militaires. Enturbannés avec des lunettes de soleil, ils sont parfois plus d’une dizaine par pick-up à dévaler en trombe les plus grands axes goudronnés.

Par son histoire même, N’Djamena est une ville martiale. Baptisée Fort-Lamy au début de l’installation des colons français en 1900, elle est un de ces coins d’Afrique que l’armée française connaît bien. Depuis 1986, l’Opération Epervier y est installée : 1 000 hommes dans tout le pays. N’Djamena est une pièce maîtresse de la présence militaire française en Afrique.

Discrets dans le reste de la ville, on voit parfois de grandes tablées de crânes blancs rasés dans les endroits les plus huppés. Le reste du temps ils sont cantonnés derrière les murs épais de leur base qui jouxte l’aéroport international Hassan Djamous et son unique piste d’atterrissage. Sous ses airs de gymnase, cette plateforme internationale est partagée par les forces françaises et tchadiennes, les ONG mais aussi les compagnies aériennes, un vrai fourbi logistique qui cause régulièrement des cafouillages et du ressentiment de la part des tchadiens.

Malgré la frustration et les bravades de façade, le pouvoir continue à défendre cette discrète mais importante présence française. Sans elle, le pouvoir tchadien ne ferait pas long feu. Dans ce pays de guerriers et d’instabilités, les seuls arguments qui tiennent sont d’ordre sécuritaire.

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L’art préhistorique africain à l’honneur https://mondafrique.com/loisirs-culture/lart-prehistorique-africain-a-lhonneur-au-musee-de-lhomme-a-paris/ Wed, 19 Jun 2024 14:35:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=104845  Les relevés de peintures et de gravures rupestres réalisées par des équipes de scientifiques dans la première partie du XXème siècle tels qu’ils ont été exposés au Musée de l’homme jusqu’en mai dernier ont exercé une profonde influence sur l’art moderne. Soixante relevés issus de grottes et de parois sous roche, recueillis à la main […]

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 Les relevés de peintures et de gravures rupestres réalisées par des équipes de scientifiques dans la première partie du XXème siècle tels qu’ils ont été exposés au Musée de l’homme jusqu’en mai dernier ont exercé une profonde influence sur l’art moderne.

Girafes et autruche, expédition de Henri Lhote, Ouan Abou, Algérie, 1957 – 100x124cm © MNHN – J.-C. Domenech

Soixante relevés issus de grottes et de parois sous roche, recueillis à la main au cours du XXème siècle par des équipes de scientifiques français et allemands, sont sortis des réserves du Musée de l’homme de Paris et de l’Institut Frobenius de Francfort-sur-le-Main.  Ces relevés sur papier grandeur nature , qui n’avaient pas été réunis depuis des dizaines d’années, constituent le cœur de Préhistomania, une  rencontre bouleversante avec les paysages, la faune, la flore, les coutumes de notre lointain passé, le tout vue à travers les yeux de ces artistes anonymes et géniaux de la préhistoire.

Gisant avec masque à cornes Relevé dAgnes Schulz, 1929, 106x147cm-©-Institut-Frobenius-Francfort-sur-le-Main

 

Naissance des grottes ornées

Le début de l’aventure des relevés d’œuvre d’art préhistorique commence à la fin du XIXème siècle avec la découverte initiale en 1879 de magnifiques peintures ornées dans la grotte d’Altamira en Espagne (1879). On en découvre bientôt d’autres sites, ornés et/ou gravés, en Europe, puis en Afrique, enfin partout dans le monde. 

Ces sites préhistoriques étant éloignés et souvent difficiles d’accès, la France et l’Allemagne, deux puissances coloniales administrant de vastes territoires, en particulier en Afrique, envoient des équipes de scientifiques pour effectuer des relevés en couleur, d’une part pour enrichir la connaissance de l’art rupestre et, d’autre part pour les présenter aux artistes et aux grand public qui réellement s’enthousiasmer pour ces œuvres d’une beauté absolument renversante.

Grands éléphants, animaux et hommes peints. Releve-de-J.-Lutz, Zimbabwe-1929-283×695-©-Institut-Frobenius-Francfort-sur-le-Main


L’art de la préhistoire rencontre l’art moderne

L’initiateur de ces expositions est l’anthropologue allemand Frobenius, passionné par l’Afrique depuis son enfance . Il mène de grandes expéditions à travers le monde depuis les années 1910 ry organise au cours des années 1930 de grandes expositions en Europe et en Amérique du Nord qui vont nourrir cette « préhistomanie » du public : On en retiendra deux, l’une en 1933 au Musée d’Ethnographie du Trocadéro (qui deviendra le Musée de l’Homme en 1937) ; l’autre dans le prestigieux Museum of Modern Art (MoMA) à New York. A l’époque, Alfred Barr, le directeur du MoMA, choisit de présenter les relevés de ces œuvres de la préhistoire, tout aussi bien figuratives qu’abstraites, à côté d’œuvres d’artistes contemporains. Les critiques d’art et les artistes sont abasourdis par le travail de ces peintres venus d’un autre âge et de ce rapprochement insondable des siècles. On en viendra à parler de « premiers surréalistes » pour désigner ces artistes anonymes surgis des profondeurs du temps. Les artistes contemporains y trouveront d’ailleurs une puissante source d’inspiration, que l’on va retrouver dans leurs œuvres postérieures

Prehistoric Rock Pictures in Europe and Africa, Exposition au Museum of Modern Art (MOMA) en 1937 © MOMA


A cet effet et pour confirmer cette influence, les commissaires de Préhistomania, 87 ans ans après l’exposition Prehistoric Rock Pictures in Europe and Africa au MoMA, font à nouveau dialoguer les siècles en présentant, côte à côte, des  relevés d’art rupestre et des œuvres contemporaines, prêtées pour l’occasion par le Centre Pompidou. A noter deux peintures de Paul Klee, qui empruntent à l’art de la préhistoire ses motifs et ses couleurs ; une œuvre de Wifredo Lam, qui évoquent des êtres mythiques dessinés il y a des millénaires, ou encore une toile de Jackson Pollock, peintre nourri de préhistoire, qui a pu trouver dans le symbolisme abstrait de la peinture rupestre une source d’inspiration. La démonstration aurait été beaucoup plus convaincante avec un choix plus important d’œuvres contemporaines, mais on comprend qu’il ne s’agissait pas du sujet principal, nous trouvant avant tout dans un musée de vulgarisation ethnographique.

Préhistomania, exposition au Musée de l’homme en 2024, salle de la rencontre à travers les millénaires ©MNHN Vincent Ducard


Les pionniers du relevé à la main

L’exposition rend donc surtout hommage à ces grands pionniers qui ont passé des milliers d’heures dans des conditions parfois difficiles à réaliser ces relevés. Il s’agit de Henri Breuil, le Pape de la préhistoire (qui authentifia la grotte d’Almira et qui était abbé), de Leo Frobenius bien entendu, de Henri Lhote, pour les beaux relevés qu’il a effectués en Algérie dans Le Tassili n’Ajjer et de Gérard Bailloud qui a fait connaître cette région saharienne du Tchad, l’Ennedi.

De très belles photos des expéditions de ces pionniers ainsi que des objets (comme la malle de Henri Lhote) permettent de se rendre compte du travail accompli par ces explorateurs. 


Village, expédition Bailloud, Enedi, Tchad, 1956 – 57x63cm © MNHN – Service collections


Des pionnières allemandes

De très grands tirages photographiques mettent bien en valeur le rôle éminent que les femmes ont joué dans les expéditions en qualité de scientifiques, particulièrement dans les équipes de Leo Frobenius, qui nous apparaît décidément paré de beaucoup de qualités, alliant une personnalité féministe mais aussi anti-raciste à une époque sombre (les années 1930) où cette idéologie criminelle était malheureusement fort répandue. On apprend ainsi dans l’émission archéologique (à écouter ici) que France Culture consacre à l’exposition, que cet érudit allemand, passionné par l’Afrique et sa culture, a refusé de cautionner l’infériorité « des races africaines » auprès des autorités nazies qui le lui demandaient – car elles cherchaient sa caution de scientifique réputé –  en  leur répondant invariablement que la notion d’une pluralité de races humaines était une idiotie.

Elisabeth Pauli- Ain Dua-Uweinat, Libye-1934-©-Institut-Frobenius-Francfort-sur-le-Main


Le relevé d’hier et d’aujourd’hui

Une dernière section de l’exposition est consacrée aux méthodes archéologiques qui remplacent aujourd’hui les relevés à la main, depuis longtemps interdits en raison de leur caractère invasif. Il fallait en effet avec le relevé à l’ancienne appliquer des calques directement sur les parois et parfois la mouiller pour y faire apparaître la peinture que les siècles avaient progressivement effacée !

Elisabeth Pauli et Katharina Mart, El Ghicha, Aflou, Algérie, 1935 © Institut Frobenius, Francfort-sur-le-Main


Toutefois il faut reconnaître que les relevés à l’ancienne ont permis de conserver des peintures qui ont aujourd’hui disparu. Car ces œuvres sont fragiles et doivent être sauvegardées. Or l’une des manières de le faire, à côté de la protection et de la sécurisation des sites, est de continuer de documenter par le relevé  – modernisé avec des technologie non invasives – l’art de ces hommes de la préhistoire qui, quelque soit la difficulté à interpréter ce qu’ils ont représenté, ont réussi à nous transmettre, parce qu’ils sont nos semblables, leurs émotions esthétiques devant le monde, à travers des peintures aussi étranges que le “Dieu de Sefar“, qui pour certains pourrait confiner au surnaturel et pour d’autres à  l’horreur cosmique lovecraftienne. Mais la consommation des siècles – et la science est bien incapable d’y répondre –  nous dira-t-elle jamais ce que les premiers artistes avaient aperçu dans les ténèbres ?

Eddy Narbal

 

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Plus d’un milliard d’euros pour l’armée tchadienne https://mondafrique.com/politique/plus-dun-milliard-deuros-pour-larmee-tchadienne/ Wed, 19 Jun 2024 05:37:24 +0000 https://mondafrique.com/?p=113548 Des informations sur les traitements des militaires tchadiens permettent de dessiner les rapports de puissance à l’intérieur du système, réorganisé par Mahamat Idriss Deby depuis son arrivée au pouvoir en 2021 après le décès de son père.  Olivier Vallée La nébuleuse militaire et sécuritaire du Tchad a été scrutée par la chercheuse française Marielle Debos […]

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Des informations sur les traitements des militaires tchadiens permettent de dessiner les rapports de puissance à l’intérieur du système, réorganisé par Mahamat Idriss Deby depuis son arrivée au pouvoir en 2021 après le décès de son père. 

Olivier Vallée

La nébuleuse militaire et sécuritaire du Tchad a été scrutée par la chercheuse française Marielle Debos qui en a dressé la sociologie politique. Elle aboutissait à la description d’un espace martial tchadien où cohabitent plusieurs générations et diverses factions d’hommes en armes.

Depuis son accession au pouvoir, le fils d’Idriss Déby, lui-aussi militaire de carrière, a entrepris une profonde réforme du système de défense et de surveillance de son pays. En décembre 2022, cette mutation a été sanctionnée par une nouvelle distribution des compétences. Le ministère de la Sécurité se voit à présent rattachées la gendarmerie nationale et la garde nationale nomade incriminées dans la répression des civils et des oppositions en 2021 et 2022, qui relevaient auparavant du ministre de la Défense.

Mais le ministre des Armées, qui n’était autre que Daoud Yaya Brahim, l’homme fort de la galaxie militaire jusqu’à son décès en février, distribue seul la considérable masse salariale de l’armée. Soit 840 milliards de francs CFA par an, soit près d’1,3 milliard d’euros.

Issakha Maloua Djamous, nommé à la succession du général Daoud Yaya au portefeuille des Armées, des Anciens Combattants et Victimes des Guerres, est seulement dixième seulement dans l’ordre protocolaire du gouvernement.

Le général Tahir Erda Tahiro

Tahir Erda Tahiro, le nouvel homme fort

Le premier servi par lamanne budgétaire  est le commandant de la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), l’officier général Tahir Erda Tahiro. Il rafle, pour la solde de ses hommes dans les quatre zones militaires du Tchad, plus de 310 milliards par an. En outre, le chef de la DGSSIE a été élevé au rang et appellation de général d’armée. Il est le 5ème général de l’histoire du Tchad à obtenir ce grade, dont le défunt maréchal Idriss Deby Itno, son fils Mahamat Idriss Deby et le chef d’État-major particulier du Président, Bichara Issa Djadallah. 

La DGSSIE relève directement de l’État-major particulier du Président de la République. Elle résulte de la volonté de feu Idriss Déby de transformer la garde présidentielle en une véritable unité d’élite chargée de la sécurisation des institutions de l’État. Ses effectifs sont issus des forces armées régulières et l’actuel Président y a servi l’essentiel de sa carrière militaire. 

Autre homme fort du système militaire, le général Abakar Abdelkerim Daoud, qui possède la haute main sur l’État-major général des armées (EMGA). Cette seule entité absorbe 8,2 milliards de FCFA chaque mois pour rétribuer les centaines de généraux qui émargent au budget de la nation. L’EMGA a également sous sa tutelle le groupement des forces antiterroristes dont les soldes coûtent annuellement 130 milliards de FCFA. Un peu moins que l’armée de terre dont la paye atteint 144 milliards par an. Avec cette trinité – EMGA, groupement des forces antiterroristes et armée de terre – le général Abakar Abdelkerim Daoud pèse autant que la DGSSIE sur les finances publiques du Tchad.

Renaissance d’une manufacture d’équipements

Une des nouveautés du périmètre attribué à la défense est le retour de la Manufacture d’équipements et de maroquinerie (MANEM) créée en 2023, l’ancienne Manufacture d’Équipements des Forces Armées Nationales Tchadiennes (MANUFANT). Mais elle jouera désormais un rôle plus important dans le contexte de développement d’un complexe militaro-affairiste national. La Manufacture est placée sous le contrôle d’un proche parent du chef de l’État : le directeur général des équipements militaires est, en effet, le général Hissein Brahim Mahamat Itno, neveu et ex aide de camp du défunt maréchal.

Général Hussein Brahim Mahamat Itno

Hissein Brahim est récemment revenu aux affaires avec sa nomination comme chef d’État-major de la direction générale des services de sécurité des institutions de l’État. Selon des sources bien introduites, la direction générale de la réserve stratégique (DGRS) aurait lancé une grande commande de tissus militaires destinés aux forces de défense et de sécurité auprès de la Nouvelle société des textiles du Tchad (NSTT). Les uniformes seront confectionnés par la direction générale des équipements militaires, ce qui donnera de l’activité à la MANEM et quelques gratifications à Hissein Brahim Mahamat.

Le coeur du système reste contrôlé par le tout puissant directeur de cabinet du Président tchadien, Idriss Youssouf Boy. Selon Africa Intelligence, ce dernier serait au cœur de lucratifs circuits de financements de matériel militaire, des Émirats à Israel, deux pays devenus des interlocuteurs bienveillants de la junte tchadienne.

 

 

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Le général Langley défend la stratégie US en Afrique https://mondafrique.com/international/le-general-langley-defend-la-strategie-us-en-afrique/ Mon, 03 Jun 2024 16:58:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=112055 Le chef du commandement des Etats-Unis pour l’Afrique, le général Michael Langley, a vigoureusement défendu la stratégie antiterroriste de son pays sur le continent et il a promis de la renforcer, en dépit du rapprochement croissant avec la Russie et des critiques contre les Etats-Unis.   Dans une interview accordée à l’agence Associated Press le […]

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“Un sentiment négatif s’est répandu ces dernières années contre un de nos meilleurs alliés, la France, sur les réseaux sociaux et dans les médias en général », a dit Langley. “Une grande partie de ce sentiment négatif a été encouragé par la mésinformation et la désinformation émanant de la Fédération de Russie. » “Il faut qu’on fasse émerger notre narratif dans ces pays », a-t-il insisté. 

Les coups d’Etat enregistrés au Sahel depuis 2020 sont survenus dans un contexte d’augmentation croissante du nombre des victimes du terrorisme dans la région depuis 2013. L’impuissance des gouvernements civils à enrayer la progression des groupes armés extrémistes a alimenté la frustration des armées nationales, de surcroît humiliées d’apparaître comme les supplétives des armées étrangères. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les nouvelles autorités militaires ont pris leurs distances avec l’Occident et se sont rapprochées de la Russie. 

Doubler la mise

Plutôt que de remettre en question la stratégie américaine, Langley a dit que les Etats-Unis comptaient “doubler la mise et se réengager avec ces pays » à travers des actions non militaires pour lutter contre le changement climatique et les crises agricoles et pour appuyer la gestion des conflits ethniques et des déplacements de personnes. 

Langley a précisé que les Etats-Unis s’en tiendraient à leur approche gouvernementale privilégiant la bonne gouvernance et le renforcement des institutions au-delà de l’action militaire. Leur armée soutiendra les pays africains selon les modalités qu’ils veulent. Elle n’imposera pas ses idées, a-t-il insisté. Mais il s’est dit convaincu que les juntes ne seraient pas capables de vaincre le terrorisme ni d’assurer la stabilité à long terme. “Je ne veux pas interpeller ces pays mais ce sont des régimes militaires », a-t-il dit.  

Environ un millier de soldats américains stationnés au Niger et une centaine d’autres au Tchad sont en train de vider les lieux. DoublLangley a affirmé que les forces américaines étaient engagées dans leur retrait du Niger en sécurité et en ordre et qu’elles réfléchiraient à leurs futurs partenariats en matière de sécurité plus tard. Il a ajouté que le statut des forces américaines au Tchad serait discuté une fois que le pays aurait installé son prochain gouvernement issu des élections du 6 mai.   

Langley n’a pas précisé si les Etats-Unis avaient l’intention d’ouvrir de nouvelles bases ailleurs en Afrique mais il a affirmé que leur stratégie serait largement guidée par les besoins exprimés par les pays d’Afrique de l’Ouest. Dans les pays côtiers, a poursuivi Langley, les autorités expriment une inquiétude croissante à l’égard de la menace extrémiste violente et elles souhaitent pouvoir être en mesure de surveiller les régions frontalières dangereuses.

“Ce que ces pays demandent, c’est ce que veulent les Etats-Unis », a-t-il insisté. « Nous ne prescrivons rien. » 

 

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Des exercices militaires internationaux au Niger…sans la France https://mondafrique.com/confidentiels/des-exercices-militaires-internationaux-au-niger-sans-la-france/ Sat, 01 Jun 2024 15:50:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=111972 Le Niger accueille depuis le 20 mai un exercice militaire international « d’envergure » avec le Mali, le Burkina, le Tchad et le Togo. Ce qui rappele les grandes heures de la Task Force Takuba, qui rassemblait des forces spéciales européennes sous commandement français jusqu’à leur départ forcé du Mali en 2022.   Au Centre de formation des […]

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Le Niger accueille depuis le 20 mai un exercice militaire international « d’envergure » avec le Mali, le Burkina, le Tchad et le Togo. Ce qui rappele les grandes heures de la Task Force Takuba, qui rassemblait des forces spéciales européennes sous commandement français jusqu’à leur départ forcé du Mali en 2022.  

Au Centre de formation des forces spéciales de Tillia, dans le nord-ouest du Niger, les forces spéciales de cinq pays – les trois pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (Niger, Burkina Faso, Mali) et « les pays amis » du Tchad et du Togo – participent jusqu’au 3 juin à l’exercice baptisé Tarha-Nakal (Amour de la patrie en tamachek), a annoncé le ministère nigérien de la Défense. 

Il s’agit de « renforcer l’interopérabilité et la coopération » entre les militaires des pays participants. Mille-cinq-cents hommes et plusieurs centaines de véhicules sont mobilisés.

Tarha-Nakal a pour but de cultiver « l’esprit de camaraderie entre les sections de combat des différents pays dans la rigueur professionnelle et le sens de l’honneur face à une simulation réaliste d’une tentative de sécession par un groupe rebelle bénéficiant d’un fort appui extérieur et ayant des connections avec des groupes armés terroristes ou criminels. » 

Fruit du « partenariat militaire entre le Niger et des pays amis tels que le Mali, le Burkina Faso, le Togo et le Tchad », l’exercice comprend « des manœuvres tactiques » et « des initiatives visant à renforcer les liens avec les populations locales ».

Les armées de quatre des cinq pays participants se sont déjà côtoyées au sein de l’éphémère et infructueux G5 Sahel, créé à l’initiative de Paris. Le nouveau venu est le Togo, qui s’est rapproché des trois membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) pour contourner le blocus du Niger ordonné par la communauté économique ouest-africaine au lendemain du coup d’Etat contre Mohamed Bazoum. La pression des groupes djihadistes qui ont essaimé à partir du Mali s’exerce désormais dans les régions nord des pays du Golfe de Guinée, comme le Togo. Si le Tchad continue d’abriter une grande base militaire française, il a refusé, cependant, de servir de base arrière à une action de déstabilisation contre son voisin nigérien. Sa présence à l’exercice en cours est un nouveau signal d’une certaine complicité du Président tchadien avec l’AES. 

Tchad, le dernier bastion français au Sahel encerclé par les Russes

 

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Tchad, les deux candidats annoncent leur victoire à la présidentielle https://mondafrique.com/politique/tchad-succes-masra-annonce-sa-victoire-a-lelection-presidentielle/ Fri, 10 May 2024 07:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=109915  L’Autorité nationale de gestion des élections (ANGE) a annoncé Mahamat Idriss Deby largement en tête des résultats provisoires globaux, avec 61% des suffrages et plus de 75% de participation. Il devancerait largement ses neuf concurrents, dont Succès Masra, classé deuxième avec 18,53% des voix. Celui-ci avait auparavant assuré l’avoir emporté, et mis en garde contre […]

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 L’Autorité nationale de gestion des élections (ANGE) a annoncé Mahamat Idriss Deby largement en tête des résultats provisoires globaux, avec 61% des suffrages et plus de 75% de participation. Il devancerait largement ses neuf concurrents, dont Succès Masra, classé deuxième avec 18,53% des voix. Celui-ci avait auparavant assuré l’avoir emporté, et mis en garde contre « l’inversion de l’ordre des choses et des chiffres ».

« La victoire du peuple est éclatante ». C’est en ces termes que Succès Masra, actuel premier ministre du Tchad et opposant déclaré, a annoncé avoir remporté dès le premier tour de l’élection présidentielle au Tchad qui s’est tenue le 6 mai 2024 face à son principal challenger Mahamat Idriss Déby, le président sortant qui avait pris le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat après la mort violente de son père, Idriss Déby. « Vous avez démontré que vous voulez le changement pacifiquement dans la justice et l’égalité dans un Tchad réconcilié » a poursuivi Succes Masra qui a assuré qu’ il œuvrera pour un Tchad plus juste et prospère pour tous. Succès Masra présente sa victoire comme le triomphe du peuple Tchadien qui a ouvert le 6 mai 2024 « un nouveau chapitre ».

Malgré une crédibilité scientifique approximative, les sondages qui existaient avant le scrutin donnaient déja la victoire à Succès Masra. Une étude d’opinion réalisée par le media Tchad One, il est vrai favorable à l’opposition, donnait en effet l’ancien opposant Succès Masra vainqueur dès le premier tour de la présidentielle avec près de 60% des voix. Les meetings du candidat de l’opposition qui ont rassemblé des foules nombreuses allaient aussi dans le même sens. Sauf que Mahamat Idriss Déby, qui contrôle l’armée et les forces de sécurité, était bien décidé, la fraude aidant, à ne pas perdre la bataille engagée dans les urnes contre son Premier ministre.

La victoire du chef de la junte militaire est présentée comme sans surprise par ses soutiens. La coalition formée de plus de 200 organisations, pas moins, dans la mouvance de l’ex-parti au pouvoir, le MPS, aurait permis « un maillage territorial et social sans concurrence », assure-t-on dans l’entourage du jeune Mahamat. Ces courtisans zélés en profitent au passage pour tacler Succès Mara ce « président des réseaux sociaux », et les Transformateurs, plus « populistes que populaires. »

Des chiffres impossibles pour l’opposant, qui se prévaut de la « vérité des urnes » compilée sur une plateforme nourrie par des « observateurs citoyens », et qui selon lui « consacre la victoire dès le premier tour de l’espérance sur le passé ». Il dénonce une « inversion des choses et des chiffres ».

« Je gagne ou je gagne »

La difficulté de l’exercice, c’est que Mahamat Idriss Deby n’a pas prévu autre chose que sa victoire au scrutin présidentiel. En amont des opérations de vote, il déroule progressivement l’agenda qui devrait le conduire à cette victoire. Il a ainsi choisi de porter à tête de l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE), Ahmat Batchiret, un cacique du régime de son père. Le choix de porter cet homme réputé pour sa loyauté envers le clan Deby procède d’un calcul méticuleux qui pourrait se révéler très utile.

Afin de sécuriser sa victoire et de lui conférer le vernis juridique qui lui donnera le moment venu une légitimité, Mahamat a porté à la tête de la Cour constitutionnelle, juridiction en charge du contentieux électoral, Jean-Bernard Padaré, un ancien ministre de la Justice de son père. Signe de sa forte proximité avec Mahamat, Padaré, qui était il y a encore peu un des porte-parole du Mouvement patriotique du salut (MPS), était assis au premier rang du public présent à N’Djamena à la cérémonie de dédicace du livre autobiographique de Mahamat Idriss Deby « De Bédouin à président ».

L’agenda de la victoire programmée de Mahamat repose en outre sur la compromission de toutes les principales forces politiques du Tchad. En échange de la nomination de Saleh Kebzabo au poste de Médiateur de la république, après il a été PM de Transition, son parti Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) a choisi de rallier la candidature du Mahamat Idriss Deby et donc de ne pas avoir son propre candidat. Même démarche pour le Parti pour les libertés et le développement (PLD), fondé par Ibni Oumar Mahamat Saleh tué en 2008 sous Deby père, qui a renoncé à avoir son propre candidat, son leader Ahmat Alhabo ayant hérité du maroquin de Secrétaire général de la présidence du Tchad, avec rang de ministre d’Etat.

Pour compléter sa stratégie de victoire, Mahamat s’est assuré de l’élimination par la Cour constitutionnelle de plusieurs candidats nordistes qui auraient pu disputer le même électorat que lui lors du scrutin présidentiel. Le scénario de la victoire de Deby fils a donc été élaboré avec la même précision qu’un plan d’état-major d’une armée en conflit.

Au bord du précipice

À deux reprises au moins, le Tchad s’est retrouvé au bord du précipice ces dernières années. Sans commandant en chef du jour au lendemain, dans un contexte régional où subsistent des foyers d’insécurité préoccupants, s’est ajoutée une crise politique intérieure depuis la clôture des assises du Dialogue national inclusif et souverain en octobre 2022. Certes, une période d’accalmie aura suivi le retour au bercail du leader des Transformateurs, Succès Masra, nommé à la primature à la tète d’un nouveau gouvernement d’union nationale. Mais les récents événements tragiques du 28 février 2024 sont venus noircir le tableau d’un pays s’acheminant vers des échéances électorales apaisées sous le regard bienveillant de la France d’Emmanuel Macron.

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Tchad – Mahamat Idriss Deby a voté dans une caserne https://mondafrique.com/video/tchad-mahamat-idriss-deby-a-vote-dans-une-caserne/ Mon, 06 May 2024 16:40:51 +0000 https://mondafrique.com/?p=109542 Mahamat Idriss Deby, actuel chef de l’Etat du Tchad arrivé au pouvoir il y a trois ans a voté à Djamena, il a assuré avoir bien mené la transition qu’il dirige depuis le coup d’Etat survenu peu après le décès de son père le Méréchal Idriss Déby Itno.  Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a […]

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Mahamat Idriss Deby, actuel chef de l’Etat du Tchad arrivé au pouvoir il y a trois ans a voté à Djamena, il a assuré avoir bien mené la transition qu’il dirige depuis le coup d’Etat survenu peu après le décès de son père le Méréchal Idriss Déby Itno. 

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a voté à Djamena la capitale du Tchad ce jour dans une caserne qu’il connait bien, celle de la Direction Générale de Service de Sécurité des Institutions de l’État (DGSSIE) située dans le deuxième arrondissement de N’Djamena. Il a assuré avoir accompli sa mission en menant à bien la transition née de la mort de son père Idriss Déby en 2021, il a assuré un retour à l’ordre constitutionnel que sa prise de pouvoir avait pourtant suspendu pendant trois ans.

Si  Mahamat Idriss Deby  et son camp  sont confiants en leur victoire à l’élection présidentielle du 6 mai au Tchad – à tout le moins en leur conservation du pouvoir -, son premier ministre et opposant Succès Masra croit lui aussi qu’il va pouvoir remporter le scrutin dont les résultats sont attendus pour le 21 mai 2024.

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