Tchad - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/tchad/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Wed, 04 Mar 2026 12:36:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Tchad - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/tchad/ 32 32 Guerre en Iran: réactions africaines contrastées https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/#respond Thu, 05 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148043 Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues. Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette […]

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Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues.

Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette fois, guère marqué les esprits.

Positions tranchées

Parmi les réactions les plus claires figure celle du Sénégal. Dakar a exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade et condamné l’usage de la force, considéré comme une violation du droit international et une menace pour la souveraineté des États. Le gouvernement a appelé à un cessez-le-feu immédiat et au retour au dialogue. Le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé une « liquidation du droit international», tout en alertant sur les conséquences économiques potentielles pour l’Afrique.

L’Afrique du Sud a également adopté une position ferme. Pretoria condamne explicitement une violation du droit international et rejette la notion de « légitime défense préventive », restant fidèle à sa diplomatie et à son positionnement au sein des BRICS.

Le Tchad a lui aussi réagi clairement en exprimant sa « profonde tristesse » après la confirmation de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, en partageant la douleur du peuple iranien et réaffirmant l’attachement du pays aux principes de paix et de solidarité internationale. Puis, dans un second message, sûrement pour ne pas se mettre à dos les Émirats arabes unis, N’Djamena a condamné avec fermeté la riposte iranienne contre plusieurs pays du Golfe et a qualifié ces attaques d’« inacceptables ».

Le  Maroc, lui s’est rangé sans surprise du côté de Washington et de Tel Aviv. Rabat n’a formulé aucune critique des frappes américano-israéliennes et a exprimé sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes. Une posture attendue et cohérente avec son alignement sur les États-Unis et sur Israël depuis la signature des accords d’Abraham.

Le camp des prudents

Dans le camp des prudents, l’Union africaine a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade et appelé à la désescalade, évoquant les risques pour la stabilité mondiale, les marchés énergétiques et la sécurité alimentaire. La CEDEAO a adopté un ton similaire, mettant en garde contre les conséquences économiques pour l’Afrique de l’Ouest. D’autres pays ont réagi de la même manière, comme le Ghana, la Sierra Léone ou la Côte d’ivoire.

L’étrange retenue d’Alger

Plus surprenante est la prudence extrême de l’Algérie. Alger s’est contentée de regretter l’échec des négociations menées à Oman et d’appeler à la retenue, tout en exprimant sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes, sans condamnation directe des frappes initiales. Une position qui tranche avec sa tradition diplomatique de non-alignement affirmé et ses bonnes relations avec Téhéran. La Tunisie s’est alignée sur son voisin.

Le silence bavard de l’AES

Enfin, le silence de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) reste l’un des faits les plus marquants. Un mutisme d’autant plus notable que ces trois pays ont développé une coopération militaire avec l’Iran, notamment dans le domaine des drones. Deux jours avant le déclenchement du conflit, le ministre burkinabè de la Défense se trouvait encore à Téhéran. Cette absence de réaction est parlante, elle signifie que les États de l’AES souhaitent ne pas remettre en cause leur récente reprise du partenariat entre Washington.

Au final, toutes les réactions, quelles soient prudentes ou silencieuses s’expliquent par la volonté de ne pas froisser Washington afin de ne pas subir les foudres de l’imprévisible Donald Trump.

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« Soumsoum, la nuit des astres » : le retour de Mahamat-Saleh Haroun au cinéma https://mondafrique.com/loisirs-culture/berlinale-2026-le-retour-envoutant-de-mahamat-saleh-haroun/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/berlinale-2026-le-retour-envoutant-de-mahamat-saleh-haroun/#respond Tue, 03 Mar 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147973 En compétition officielle à la 76e Berlinale, Soumsoum, la nuit des astres signe le retour de Mahamat-Saleh Haroun. À travers le destin d’une adolescente habitée de visions, le cinéaste explore mémoire, croyances et bouleversements contemporains au cœur du Tchad. Dévoilé mi-février en compétition officielle à la 76e Berlinale, Soumsoum, la nuit des astres confirme la singularité du […]

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En compétition officielle à la 76e Berlinale, Soumsoum, la nuit des astres signe le retour de Mahamat-Saleh Haroun. À travers le destin d’une adolescente habitée de visions, le cinéaste explore mémoire, croyances et bouleversements contemporains au cœur du Tchad.

Dévoilé mi-février en compétition officielle à la 76e Berlinale, Soumsoum, la nuit des astres confirme la singularité du regard de Mahamat-Saleh Haroun. Depuis DarattUn homme qui crieGrigris ou Lingui, le réalisateur franco-tchadien n’a cessé de proposer une image du continent affranchie des clichés, attentive aux tensions entre héritages ancestraux et mutations modernes. Avec ce nouveau long métrage, il pousse plus loin encore une esthétique de l’épure et du symbolique.

Le film s’ouvre dans un Tchad désertique récemment frappé par des pluies diluviennes. Nous suivons Kellou, adolescente scolarisée, amoureuse, connectée à son téléphone comme toutes les jeunes filles de son âge. Mais Kellou est habitée par des visions. « Je fais des rêves. Je vois des événements qui se produisent », confie-t-elle. Née dans le sang après la mort de sa mère en couches, elle porte une marque ambivalente, à la fois stigmate et possible puissance.

Entre merveilleux et chronique contemporaine

Haroun installe son récit au cœur d’une cosmogonie où âmes errantes, fêtes des masques et étoiles messagères composent une trame discrète mais persistante. Le film convoque le merveilleux sans jamais basculer dans l’illustration folklorique. L’invisible affleure dans les silences, dans les regards, dans la manière dont la caméra capte les visages comme des paysages intérieurs.

La rencontre de Kellou avec Aya, femme ostracisée et qualifiée de sorcière par les habitants, constitue un pivot narratif. À travers cette figure marginalisée, le cinéaste interroge la peur collective, la désignation de boucs émissaires et la place des femmes dans un environnement social traversé par le syncrétisme religieux et les tensions identitaires. Ce qui pourrait relever du conte devient alors une lecture en creux du Tchad contemporain.

Le décor joue un rôle central. Le plateau de l’Ennedi, avec ses arches naturelles, ses falaises et ses grottes, impose une dimension quasi intemporelle au récit. Ces paysages spectaculaires, filmés avec ampleur, rappellent par moments l’usage mythique de Monument Valley chez John Ford. Ils inscrivent la quête de l’héroïne dans un espace qui semble échapper à l’agitation humaine, proche d’une éternité minérale.

Une œuvre d’épure et de transmission

Le parcours initiatique de Kellou se construit dans la tension entre modernité et héritage. Le téléphone portable coexiste avec les croyances anciennes. Les visions prophétiques se heurtent à un village en proie aux conséquences du dérèglement climatique. Les inondations du 1er septembre 2024, évoquées dans le film, ancrent le récit dans une actualité tangible.

Haroun tisse ces éléments avec une grande sobriété. La mise en scène privilégie les plans longs, les cadres ouverts et une direction d’acteurs contenue. Maïmouna Miawama incarne Kellou avec une fragilité retenue, tandis qu’Achouackh Abakar Souleymane confère à Aya une présence magnétique. Les dialogues, souvent elliptiques, invitent à lire entre les lignes.

Mahamat-Saleh Haroun

Produit par la société française Pili Films et coproduit en exécutif par la société tchadienne Goï-Goï Productions, le film bénéficie d’une diffusion internationale assurée par Films Boutique. Sa sélection en compétition à la Berlinale l’inscrit d’emblée dans la rotation des grands festivals, augurant un parcours soutenu dans les mois à venir.

Soumsoum, la nuit des astres peut dérouter par son rythme et son style narratif inhabituel. Il refuse les démonstrations appuyées et privilégie une progression presque méditative. Mais c’est précisément dans cette retenue que réside sa force. Haroun y apparaît en passeur, reliant passé et présent, visible et invisible, mémoire et devenir.

À Berlin, le film s’impose comme l’une des propositions les plus singulières de la compétition 2026. En explorant le merveilleux comme un prisme pour comprendre le réel, Mahamat-Saleh Haroun poursuit une œuvre cohérente et exigeante, attentive à la complexité des identités africaines contemporaines.

Informations
Réalisation : Mahamat-Saleh Haroun
Pays : Tchad / France
Première mondiale : Berlinale 2026, compétition officielle
Production : Pili Films, Goï-Goï Productions

 

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Soudan : une vie dans les camps https://mondafrique.com/international/soudan-une-vie-dans-les-camps/ https://mondafrique.com/international/soudan-une-vie-dans-les-camps/#respond Sat, 28 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147803 La guerre au Soudan s’apprête à entrer dans sa troisième année. Triste anniversaire d’un conflit qui, en plus des morts et des blessés, a provoqué un déplacement massif de population : près de 14 millions de personnes ont fui, soit à l’intérieur du territoire, soit vers un État voisin. Parmi les pays les plus impactés […]

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La guerre au Soudan s’apprête à entrer dans sa troisième année. Triste anniversaire d’un conflit qui, en plus des morts et des blessés, a provoqué un déplacement massif de population : près de 14 millions de personnes ont fui, soit à l’intérieur du territoire, soit vers un État voisin. Parmi les pays les plus impactés par l’arrivée de réfugiés figurent l’Égypte mais aussi le Tchad. Frontalier du Darfour – situé à l’extrémité orientale de la bande sahélienne, à la lisière du Sahara – une région où se superposent combats, massacres, exactions et famine. L’est du Tchad constitue l’une des principales voies de fuite pour des centaines de milliers de civils, qui se retrouvent dans des camps de réfugiés. Mais pour combien de temps ? Au fil des ans, les ingérences extérieures n’ont cessé d’alimenter et de complexifier ce conflit. Le discret médiateur onusien, l’Algérien Ramtame Lamamra, s’active en coulisses sans résultat. Aucune issue ne se dessine à l’horizon. Dans le même temps, les organisations humanitaires ont de moins en moins de moyens pour subvenir aux besoins d’une population totalement démunie.

Par Leslie Varenne

Le Tchad entre le marteau et l’enclume

Il y a trente camps de réfugiés au Tchad. Celui d’Ouré Cassoni, situé près de la frontière soudanaise, est le plus grand. Ouvert en 2003 lors de la première guerre du Darfour, il abritait plus de 50 000 personnes. Vingt-trois ans plus tard, la majorité y vit toujours.

Depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023 entre les Forces de soutien rapide (FSR) de Hemedti et l’armée soudanaise dirigée par le général Burhan (SAF), la population de ce camp a plus que doublé. Plus de 110 000 réfugiés sont désormais installés ici, dont plus de 99 % appartiennent à la communauté zaghawa, présente des deux côtés de la frontière et victime des milices arabes FSR.

Au Tchad se joue une situation complexe. Le président Mahamat Idriss Déby a apporté son soutien à Hemedti. Un soutien contre-nature, puisqu’il est lui-même Zaghawa de par son père, comme l’est sa famille, son clan et une grande partie de l’armée.  

Le 21 février 2026, les FSR ont occupé la ville soudanaise de Tiné, principal point de passage pour les civils fuyant al-Fasher la capitale du Darfour Nord. Des Toroboros, ces combattants tchadiens et soudanais soutenant le général Al-Burhan, ainsi que des militaires tchadiens intervenus sans l’aval de leur hiérarchie, ont contribué à sa reprise. Depuis, N’Djamena a annoncé la fermeture de la frontière, signifiant toutefois que « des dérogations exceptionnelles strictement motivées par des raisons humanitaire peuvent être accordées. »

La prise de Tiné aurait été cataclysmique pour tous ceux qui tentent de fuir les combats et les exactions des FSR afin de rallier le camp d’Ouré Cassoni.

Dans les yeux d’Asiya

 
Camp d’Ouré Cassoni, février 2026 (Photo Leslie Varenne).

Ce camp est divisé en trois parties. Les anciens habitants vivent dans des maisons en dur, comme dans une petite ville plantée au milieu du désert. Les réfugiés arrivés depuis 2023 dorment sous des tentes fournies par le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et bénéficient d’une aide : de la nourriture, l’école pour les enfants, des soins. Il n’y a toutefois qu’un seul médecin pour 110 000 personnes.

Les derniers arrivés s’installent dans un terrain vague, dans des abris de fortune faits de branchages et de vieux sacs plastiques. Démunis de tout, ils attendent d’être enregistrés par les autorités tchadiennes, qui travaillent en étroite collaboration avec le HCR. Faute de moyens, cette phase transitoire peut durer des semaines, voire deux ou trois mois.

Le flux ne s’arrête pas. Chaque jour, entre 100 et 150 personnes arrivent ici. Elles n’y trouvent que la sécurité. Compte tenu de ce qu’elles ont vécu, c’est beaucoup. Et c’est peu… Les nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants. Les hommes, pour la plupart, sont morts ; les autres se cachent pour ne pas être tués par les FSR ou combattent avec les Toroboros.

De camp assiégé en ville martyre

Assises sur le sol de terre battue, des femmes racontent à tour de rôle leur long périple. Elles ont parcouru des centaines de kilomètre à pied ou à dos d’âne. Parfois, lorsqu’elles ont de la chance, les militaires tchadiens les emmènent dans leur Toyota pour les aider à parcourir les derniers kilomètres depuis la frontière. Elles refont l’itinéraire en pensée : El-Fasher, puis Tawila, autre ville martyre, et enfin Tiné.

Depuis la première guerre du Darfour, nombre d’entre elles vivaient dans le camp de déplacés de Zamzam, ouvert en 2004. Ce camp, qui hébergeait plus de 500 000 personnes, a été assiégé toute l’année 2024 par les FSR et ses habitants affamés. En avril 2025, la milice et ses supplétifs l’ont attaqué et bombardé durant trois jours provoquant la mort de milliers de personnes et la fuite d’autant d’autres. Ce qui s’est passé à Zamzam dépasse le dicible. Les témoignages des humanitaires sont aussi terrifiants que bouleversants. Selon les Nations Unies, ce qui s’y est produit pourrait être qualifié de crimes de guerre[i].

Les rescapés se sont ensuite dirigés vers El-Fasher, seule enclave du Darfour Nord encore tenue, à l’époque, par l’armée soudanaise. Quelques mois plus tard, la ville a été à son tour assiégée. Les combats entre les deux parties au conflit ont été longs et intenses. Chaque fois que les FSR étaient en difficulté, les Émirats arabes unis qui les soutiennent envoyaient davantage d’argent, d’armes et de drones. En octobre 2025, El-Fasher a fini par tomber aux mains de la milice. Alors, l’exode a repris.

Survivantes de l’indicible

Les femmes qui s’expriment sur cette terre battue d’Ouré Cassoni sont des survivantes. À quelques mètres du groupe, dans une case faite de bric et de broc, une maman entourée de ses enfants adolescents est allongée sur une natte. Ses yeux clairs, immenses, grands ouverts, sont tournés vers le ciel. Ce regard immobile dit ce que la pudeur des autres femmes a tu : les viols, sans distinction de sexe, utilisés comme arme de guerre pour briser, humilier, déshumaniser ; les maris et les fils tués devant leurs proches ; la famine, les fosses communes, la soif, les tranchées creusées pour se cacher et se protéger des bombardements.

Camp d’Ouré Cassoni, février 2026 (Photo Leslie Varenne).

Et puis, parfois, dans ce camp, se produit un petit miracle : un parent rencontre un proche disparu lors des combats ou sur les routes de l’exil. Des familles croisent un voisin de leur ancien village. Un enfant séparé des siens pendant la fuite, recueilli en chemin par d’autres déplacés, retrouve enfin un membre de sa famille. Beaucoup ont réussi à survivre grâce à la légendaire solidarité zaghawa, alliée à l’extraordinaire résistance des populations sahéliennes.

Les architectes de l’impasse

Devant ce désastre humanitaire, les ONG appellent à l’aide. Les besoins sont immenses et largement sous-financés. Début février 2026, à Washington, une conférence de donateurs a permis d’annoncer 200 millions de dollars de dons des États-Unis, versés au Fonds humanitaire des Nations unies, et 500 millions promis par les Émirats arabes unis. Cette séquence très médiatisée, présentée comme un signal fort en faveur des civils soudanais, a pourtant irrité plus d’un observateur du conflit. Ainsi Abou Dhabi, principal fournisseur de carburant de cette guerre, bien qu’elle s’en défende, offrirait généreusement les pansements ! D’autant que les besoins ne se chiffrent pas en millions de dollars, mais en milliards. Selon un rapport du Conseil de sécurité, daté du  8 février 2026, le Plan de réponse humanitaire pour le Soudan à l’horizon 2026, qui nécessite 2,9 milliards de dollars, n’était financé qu’à hauteur de 5,8 %. Le plan 2025, évalué à 4,16 milliards, n’était couvert qu’à 38,6 %. Du point de vue humanitaire, le compte n’y est pas.

Côté diplomatie non plus. Le 20 février, devant le Conseil de sécurité, Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique du président américain, a appelé à un cessez-le-feu immédiat. Mais son plan mal ficelé s’est heurté au refus de l’armée et du gouvernement soudanais, qui invoquent la souveraineté nationale, l’unité territoriale et la sécurité. Pour éviter de contrarier l’allié émirati, qui sert de plus en plus ouvertement de proxy à Israël dans la région, le Monsieur Afrique de Donald Trump a également renvoyé dos à dos les deux parties, plaçant sur un pied d’égalité l’État soudanais et les milices FSR. Cette formule a ulcéré Khartoum, mais aussi certains de ses alliés, comme l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie. De leur côté, l’Union africaine et les organisations sous-régionales sont divisées, marginalisées, impuissantes, inexistantes. Pendant les atermoiements diplomatiques, les civils continuent de payer le prix fort.

Une génération est née dans les camps. Une autre y grandit. Rien n’indique que la suivante en sortira.

 


[i] Le 6 mars 2025, le gouvernement soudanais a déposé une plainte contre les Émirats arabes unis devant la Cour internationale de Justice, accusant Abou Dhabi d’avoir violé la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide en soutenant les Forces de soutien rapide.
Dans sa décision du 5 mai 2025, la CIJ a rejeté cette affaire non pas sur le fond des accusations, mais pour une raison purement procédurale : elle s’est déclarée « manifestement incompétente » pour l’examiner, en raison d’une réserve formulée par les Émirats arabes unis au sujet de l’article IX de la Convention, qui exclut la compétence de la Cour pour régler ce type de différend.

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FICSA : le festival du bout du monde https://mondafrique.com/limage-du-jour/ficsa-le-festival-du-bout-du-monde/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/ficsa-le-festival-du-bout-du-monde/#respond Wed, 25 Feb 2026 05:28:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147623 Cette année, Mondafrique a participé au Festival des cultures sahariennes qui se tenait au Tchad, dans la ville d’Amdjarass. Se rendre à cet événement, c’est aller au bout du monde, au bord d’un monde hors du temps. C’est aussi découvrir un désert rempli de richesses et de beautés insoupçonnées. Une expérience mémorable. Amdjarass, une ville […]

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Cette année, Mondafrique a participé au Festival des cultures sahariennes qui se tenait au Tchad, dans la ville d’Amdjarass. Se rendre à cet événement, c’est aller au bout du monde, au bord d’un monde hors du temps. C’est aussi découvrir un désert rempli de richesses et de beautés insoupçonnées. Une expérience mémorable.

Amdjarass, une ville mirage

Si le Festival des cultures sahariennes se tient à Amdjarass, à plus de 1 000 kilomètres à vol d’oiseau de N’Djamena, c’est d’abord en raison de sa situation au cœur du Sahara tchadien. Mais c’est surtout pour sa portée symbolique : la localité est la terre natale d’Idriss Déby, ancien président et père de l’actuel chef de l’État. Il repose ici, dans le jardin de la maison familiale. Une tombe sobre, tournée vers la grande mosquée.

Sans cette volonté politique, Amdjarass serait sans doute restée un hameau. Le dernier recensement, en 2009, faisait état d’environ 20 000 habitants. Depuis, la localité a connu un certain essor, notamment avec l’arrivée de nombreux réfugiés soudanais fuyant la guerre qui fait rage de l’autre côté de la frontière, à quelques dizaines de kilomètres.

Amdjarass est également devenue un carrefour commercial. En 2023, le gouvernement tchadien a décidé que les camions en provenance de Libye transiteraient désormais par cette ville plutôt que par Fada, également située dans le département de l’Ennedi. Le trajet est plus long – cinq jours de pistes rocailleuses au lieu de trois – mais cette décision consolide le développement de la cité.

Il n’en demeure pas moins qu’Amdjarass reste une ville plantée au milieu du désert : un marché modeste, une piste d’aéroport, un petit quartier résidentiel où des notables de la communauté zaghawa de la capitale possèdent une résidence secondaire. Pourtant, lorsqu’ils reviennent sur leur terre d’origine, beaucoup délaissent les maisons en dur pour dormir sous la tente, sous les ciels étoilés des campements nomades.

Le souffle du festival

Du 6 au 13 février, des centaines d’invités venus des quatre coins du Sahara et du Sahel se sont retrouvés dans cette ville-mirage. Cette année, le Niger était à l’honneur : son Premier ministre, Lamine Zeine, et sa ministre de la Culture avaient fait le déplacement. Une importante délégation burkinabè était également présente.

La cérémonie d’ouverture, majestueuse et hors du temps, s’est déroulée sous le regard impassible de troupeaux de dromadaires parés de leurs habits de fête. Tambours et danses venus de chaque contrée saharienne se répondaient dans l’air clair du désert. Et, en invité d’honneur, le chanteur nigérien Bombino a illuminé la nuit de ses riffs électriques, pour le plus grand bonheur des festivaliers.

La porte d’entrée d’un patrimoine unique

En marge du festival, les plus aventureux prennent la piste vers les paysages grandioses du massif de l’Ennedi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2016.

Ici, les falaises de grès sculptées par le vent dessinent des arches monumentales et des canyons vertigineux. Au creux des roches surgissent des gueltas, ces poches d’eau permanentes qui défient l’aridité et où viennent s’abreuver les troupeaux.

La guelta de Bachikélé, parfois orthographiée Bachiguiri, apparaît comme une oasis suspendue. Plus loin, La guelta d d’Archei, où subsistent encore des crocodiles du désert, vestiges d’un Sahara anciennement verdoyant.

Ces paysages ne sont pas qu’un décor spectaculaire, ils sont habités par les éleveurs nomades. Ils abritent aussi des peintures rupestres millénaires et portent la mémoire des routes caravanières qui reliaient autrefois la Méditerranée au Sahel.

Au bout du monde, il y a Amdjarass.
Au bout du monde, il y a le désert tchadien et un festival qui rappelle que même aux marges de la carte, au cœur d’un territoire classé,  nature et mémoire dialoguent depuis des millénaires.

 

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La CEMAC ou la comédie du développement https://mondafrique.com/decryptage/la-cemac-ou-la-comedie-du-developpement/ https://mondafrique.com/decryptage/la-cemac-ou-la-comedie-du-developpement/#respond Wed, 25 Feb 2026 05:18:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147595 Alors que la Communauté économique de l’Afrique centrale est à l’arrêt depuis le début de l’année, faute d’argent, Venance Konan s’interroge sur la sincérité du projet de développement de ses membres.  Par Venance Konan La CEMAC, c’est la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Elle a été créée le 16 mars 1994 et regroupe […]

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Alors que la Communauté économique de l’Afrique centrale est à l’arrêt depuis le début de l’année, faute d’argent, Venance Konan s’interroge sur la sincérité du projet de développement de ses membres. 

Par Venance Konan

La CEMAC, c’est la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Elle a été créée le 16 mars 1994 et regroupe le Gabon, le Congo Brazzaville, la Guinée Équatoriale, la Centrafrique, le Cameroun et le Tchad. Elle a pour objectif de favoriser l’intégration économique, d’assurer la stabilité monétaire et de promouvoir la libre circulation des personnes et des biens. Depuis quelque temps, la CEMAC est à l’arrêt, faute de ressources financières. Et la situation est tellement grave qu’elle menace la survie même de l’organisation qui a dû suspendre toutes ses activités prévues au budget 2026, ne maintenant que celles jugées « hautement stratégiques». En cause, le non versement par les États membres de la taxe communautaire d’intégration qui alimente le budget de l’organisation. Cette taxe, pourtant perçue par les États membres sur les importations, n’est cependant pas reversée à la CEMAC. À l’exception du Gabon.

Des ressources naturelles abondantes

Donnons rapidement quelques informations sur les pays membres de la CEMAC.

Le Gabon : avec une population de 2,63 millions de personnes, il est un important producteur de pétrole – 230 000 barils/jour – et dispose de réserves évaluées à deux milliards de barils. Il est également le 2ème ou 3ème producteur mondial de manganèse, a une réserve en fer estimée à deux milliards de tonnes, et possède de l’or, de la potasse, de l’uranium, du cuivre et des terres rares.

Le Congo Brazzaville : avec une population de 6,6 millions de personnes, il est le 4ème producteur de pétrole de la région – 270 000 barils/jour – et a des réserves estimées à 1,8 milliard de barils. Il possède aussi de la potasse, du fer, du cuivre, du zinc, de l’or, du diamant et du phosphate. La forêt couvre 70% de son territoire.

La Guinée équatoriale : sa population est de 1,98 millions d’habitants. Elle produit 70 000 barils/jour de pétrole et dispose de réserves estimées à 1,1 milliard de barils.

La Centrafrique : le pays compte 5,6 millions d’habitants et dispose d’or, de diamants, d’uranium, de fer, de cuivre et de pétrole. Mais seuls l’or et le diamant sont exploités de manière industrielle pour le moment.

Le Cameroun : sa population est de 30 millions d’habitants et il possède de l’or, des diamants, du nickel, et une réserve de pétrole de 200 millions de barils, pour une production de 58 000 barils par jour.

Le Tchad : avec une population de 20 millions de personnes, le pays dispose d’or, d’uranium et de pétrole – avec une réserve prouvée de 1,5 milliard de barils – de la bauxite et des métaux polymétalliques.

Pauvres, dites-vous ? 

On peut difficilement dire que ces pays sont fauchés. À l’exception, peut-être, du Tchad et de la Centrafrique, qui n’ont pas accès à la mer –ce qui n’a pas empêché le Président du premier de s’acheter des vêtements pour plus d’un milliard de francs CFA et l’empereur du second, en son temps, d’offrir des diamants à un président de la France. Au Gabon, des collaborateurs de l’ancien Président récemment déchu, qui ont été arrêtés, possédaient des dizaines de milliards de francs CFA sur leurs comptes en banque. Le fils du président de la Guinée Équatoriale lui, défraie régulièrement la chronique avec ses dépenses somptuaires en France et ailleurs en Europe ainsi qu’aux États-Unis. Concernant le Congo, on a appris en janvier dernier que la justice norvégienne avait inculpé deux hommes et une filiale d’un groupe pétrolier norvégien pour avoir versé environ 25 millions de dollars de pot-de-vin au président Denis Sassou N’guesso et à ses proches. Au Cameroun, il est vrai qu’avec un Président cacochyme de plus de 92 ans qui passe le plus clair de son temps à l’hôtel Intercontinental de Genève, le pays est en pilotage automatique depuis de longues années. Reste qu’il est l’une des économies les plus dynamiques de la région.

Alors pourquoi ces pays ne peuvent-ils pas financer la CEMAC ? Parce qu’à l’évidence, l’intégration des économies de cette région et, au-delà, le développement de leurs pays est le cadet des soucis de leurs dirigeants. Ce qui nous amène à nous poser à nouveau cette question de l’essayiste camerounaise Axelle Kabou dans son essai au titre éponyme « et si l’Afrique refusait le développement ? » paru en 1991. Ou, pour citer l’ouvrage d’un autre essayiste africain, l’Ivoirien Alain Tailly, ne sommes-nous pas en train de jouer « la comédie du développement » ?

Puisqu’on nous a dit que pour nous développer, il fallait passer par l’intégration de nos économies, comme le fait l’Union européenne, nous avons donc créé des organisations censées réaliser cette intégration ; nous avons été jusqu’à copier les institutions de l’Union européenne avec des commissions et des commissaires à n’en plus finir (à l’exemple de l’Union africaine). Et puis, nous refusons de donner à ces organisations les moyens de vivre et de jouer leur rôle.

Qu’il est long, très long, le chemin vers ce fameux développement que l’on promet depuis tant d’années aux populations africaines !

La CEMAC en panne sèche

 

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La CEMAC en panne sèche https://mondafrique.com/limage-du-jour/la-cemac-en-panne-seche/ Mon, 09 Feb 2026 05:03:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146830 La communauté d’Afrique centrale se débat dans des difficultés financières d’une ampleur inédite. L’organe dirigeant de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) est à l’arrêt, faute de ressources financières, a révélé dimanche RFI. Si le site internet de la CEMAC est muet sur le sujet, l’information figure dans une note interne […]

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La communauté d’Afrique centrale se débat dans des difficultés financières d’une ampleur inédite.

L’organe dirigeant de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) est à l’arrêt, faute de ressources financières, a révélé dimanche RFI. Si le site internet de la CEMAC est muet sur le sujet, l’information figure dans une note interne de la Commission de la CEMAC à laquelle RFI a eu accès. La note évoque une « dégradation continue» de la situation financière de l’organisation, d’une telle gravité qu’elle en menace même la survie, a rapporté le correspondant à Yaoundé de la radio. Toutes les activités prévues au budget 2026 sont suspendues. Seules les activités jugées « hautement stratégiques » seront maintenues. 

En cause, le non versement par les États membres de la taxe communautaire d’intégration supposée alimenter le budget de l’organisation d’Afrique centrale. Cette taxe est perçue par les États sur les importations mais pas reversée systématiquement à la CEMAC, comme cela devrait être le cas. Le Gabon est le seul des pays membres à avoir payé sa quote-part, à hauteur de 10,5 milliards de francs CFA en 2025. Le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad sont presque tous confrontés à des crises sécuritaires, politiques et économiques sévères. 

Le dernier message officiel du président de la Commission, l’Équato-Guinéen Baltasar Engonga Edjo’o, est un message de vœux du 31 décembre, dans lequel il a dressé, dans sa plus belle langue de bois, «un bilan positif de l’intégration régionale, marqué par une croissance de 2,7 % et le succès des projets intégrateurs.»

Le 22 janvier dernier, une session extraordinaire de la conférence des chefs d’État, accueillie par Denis Sassou N’guesso, avait reflété à mi-mots la situation financière difficile de la zone en mentionnant le rapport du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale selon lequel, compte-tenu du «contexte macroéconomique et des perspectives, des mesures urgentes et vigoureuses étaient [nécessaires] pour le redressement de la situation»

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Le FICSA fait vibrer les cultures sahariennes (7-13 février) https://mondafrique.com/loisirs-culture/au-coeur-du-desert-tchadien-le-ficsa-fait-vibrer-les-cultures-sahariennes-7-13-fevrier/ Sun, 08 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146715 Du 7 au 13 février 2026, Amdjarass accueille la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes. Une semaine de célébration artistique et patrimoniale au cœur du Sahara tchadien, entre traditions vivantes, échanges interculturels et affirmation identitaire. À l’extrême nord-est du Tchad, aux portes du Sahara, la ville d’Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un […]

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Du 7 au 13 février 2026, Amdjarass accueille la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes. Une semaine de célébration artistique et patrimoniale au cœur du Sahara tchadien, entre traditions vivantes, échanges interculturels et affirmation identitaire.

À l’extrême nord-est du Tchad, aux portes du Sahara, la ville d’Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un carrefour culturel majeur. Du 7 au 13 février 2026, la cité accueille la 6ᵉ édition du Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA), un rendez-vous désormais incontournable pour la valorisation des patrimoines culturels sahariens et des arts du désert.

Pensé comme un espace de transmission et de dialogue, le FICSA célèbre les multiples expressions artistiques des peuples du Sahara : musiques traditionnelles, danses rituelles, poésie orale, artisanat, gastronomie et pratiques sociales ancestrales. Loin d’un folklore figé, le festival met en lumière des cultures vivantes, en constante réinvention, portées par des communautés nomades et sédentaires dont les savoir-faire traversent les siècles.

 

Soutenu par les autorités locales et nationales, le FICSA s’inscrit dans une politique de promotion culturelle et touristique de la province de l’Ennedi-Est, territoire spectaculaire classé pour ses paysages rocheux et son patrimoine naturel exceptionnel. Le festival devient ainsi une vitrine du Sahara tchadien, trop souvent réduit à ses contraintes géographiques, alors qu’il constitue un espace de création, de circulation et d’échanges historiques.

Durant sept jours, Amdjarass se transforme en scène à ciel ouvert. Les performances musicales occupent une place centrale, mettant à l’honneur les rythmes sahariens, les chants accompagnés de percussions et les formes vocales liées à la poésie orale. Ces expressions artistiques racontent la vie dans le désert, les migrations, les alliances tribales, mais aussi la relation intime entre l’homme, l’animal et l’espace saharien.

Le FICSA accorde également une large place aux arts du mouvement. Les danses traditionnelles, souvent collectives, traduisent des rituels sociaux et symboliques : célébrations, mariages, victoires ou moments de passage. Elles dialoguent avec des démonstrations équestres et des courses de dromadaires, temps forts très attendus du festival, qui rappellent le rôle central de ces animaux dans l’histoire des échanges transsahariens.

Si le festival est ancré dans le Tchad, il dépasse largement les frontières nationales. Le Sahara y est pensé comme un espace culturel continu, reliant différentes régions et peuples. À ce titre, le FICSA constitue un lieu de rencontres interculturelles, où artistes, artisans et visiteurs venus d’autres zones sahariennes partagent pratiques et récits. Même s’il n’est pas centré exclusivement sur la diaspora soudanaise, le festival fait écho aux circulations culturelles entre le Tchad, le Soudan et l’ensemble de la bande saharienne.

Les expositions d’artisanat occupent un autre volet essentiel de la programmation. Bijoux, textiles, objets en cuir ou en bois témoignent de savoir-faire transmis de génération en génération. En valorisant ces productions locales, le FICSA participe aussi à une dynamique économique, offrant une visibilité accrue aux artisans et aux circuits courts.

Au-delà de l’événement festif, le Festival International des Cultures Sahariennes porte une ambition plus large : réaffirmer la dignité culturelle des peuples du désert, renforcer la fierté identitaire et inscrire le Sahara dans les grandes cartographies culturelles contemporaines. Dans un monde où les marges sont souvent invisibilisées, Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un centre.

Informations pratiques
Événement : Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA) – 6ᵉ édition
Dates : Du 7 au 13 février 2026
Lieu : Amdjarass, province de l’Ennedi-Est, Tchad
Programme : musiques et danses sahariennes, poésie, artisanat, courses de dromadaires, expositions culturelles
Public : tout public

 

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Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine https://mondafrique.com/decryptage/trump-et-linterdiction-de-visas-business-et-rivalite-avec-la-chine/ Sat, 10 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145058 L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques. Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas […]

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L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques.

Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas à de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique. Le dispositif a été étendu en janvier 2026 avec l’ajout de nouveaux États. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger se voient ainsi placés sous interdiction totale de visas, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, intègrent pour la première fois la liste des pays soumis à des restrictions partielles.

Officiellement, ces mesures sont justifiées par des impératifs de contrôle migratoire et de sécurité nationale. Officieusement, elles s’inscrivent dans une logique plus large de diplomatie transactionnelle. Plusieurs pays du continent, à l’instar du Congo Brazzaville, redoutant un bras de fer avec Washington, privilégient la négociation bilatérale pour tenter de sortir du dispositif. Ils font appel à des avocats et des lobbyistes installés à Washington, qui se font chèrement payer. S’engagent alors des tractations qui dépassent largement la question des visas : ouvertures aux entreprises américaines, coopération stratégique, accès aux matières premières et aux minerais critiques. Bien entendu, en toile de fond, l’objectif principal de la Maison Blanche consiste à contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent.

D’autres pays, à l’inverse, ont opté pour une réponse plus ferme, fondée sur la réciprocité. C’est le cas du Tchad, soumis à une interdiction complète de visas depuis 2025, ainsi que des trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Cette ligne de conduite n’est pas sans créer un certain embarras à Washington, qui cherche parallèlement à préserver son influence et ses coopérations sécuritaires afin de ne pas abandonner à d’autres puissances une région jugée stratégique.

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Rapprochement diplomatique et militaire entre la Hongrie et le Tchad https://mondafrique.com/a-la-une/rapprochement-diplomatique-et-militaire-entre-la-hongrie-et-le-tchad/ Thu, 12 Sep 2024 20:00:57 +0000 https://mondafrique.com/?p=118085 Le Premier ministre Viktor Orbán a déployé le grand jeu protocolaire pour recevoir le Président tchadien Mahamat Déby Itno, en visite d’Etat du 7 au 9 septembre à Budapest. Il a rendu les honneurs militaires à son hôte sur la place Saint-Georges lundi. La cérémonie était à la hauteur de ce rapprochement spectaculaire et inédit […]

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Le Premier ministre Viktor Orbán a déployé le grand jeu protocolaire pour recevoir le Président tchadien Mahamat Déby Itno, en visite d’Etat du 7 au 9 septembre à Budapest. Il a rendu les honneurs militaires à son hôte sur la place Saint-Georges lundi. La cérémonie était à la hauteur de ce rapprochement spectaculaire et inédit entre les deux pays. 

A l’instar de Viktor Orban, qui, malgré l’appartenance de son pays à l’Union européenne, cultive des relations bienveillantes avec Moscou et Pékin, Mahamat Déby a entrepris une diversification tous azimuts de ses partenariats, surfant sur une ligne de crête dans les nouveaux rapports de force globaux.

Le Tchad héberge la dernière grande base de l’armée française au Sahel, qui compte plus de 1000 hommes. Les positions militaires de la France dans le pays sont anciennes mais fragilisées par le nouveau contexte qui prévaut dans la région, même si l’armée française a souvent été mise à contribution pour soutenir le pouvoir contre les rébellions à répétition.

Mahamat Déby Itno a signé un accord de coopération militaire avec les Emirats arabes unis et d’autres accords, dans le domaine de l’énergie et de la sécurité, avec la Russie. Il a été reçu en visite d’Etat à Moscou en début d’année et il a accueilli, en juin, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il entretient également des relations soutenues avec la Chine, qui exploite le pétrole tchadien. La coopération militaire avec les Etats-Unis n’est pas remise en cause pour le moment mais elle pourrait faire l’objet d’une renégociation. 

Selon le site d’information européen Euractiv, Viktor Orbán compte envoyer 200 soldats au Tchad. « Le Tchad est un pays clé dans la lutte contre l’immigration illégale  », a écrit le Premier ministre sur son compte officiel X. « La migration de l’Afrique vers l’Europe ne peut être stoppée sans les pays de la région du Sahel. C’est pourquoi la Hongrie construit un partenariat de coopération avec le Tchad ».

Le directeur de l’Institut de recherche sur la migration, Viktor Marsai, a déclaré à l’AFP que Budapest souhaitait jouer au Sahel « un rôle militaire plus actif  » afin de gagner en expérience. Depuis 2021, « l’armée hongroise ne dispose plus de théâtre d’opérations où fourbir ses armes dans un environnement raisonnablement risqué  », a-t-il insisté.

La visite du Président tchadien à Budapest s’est achevée par la signature d’une « déclaration commune de partenariat stratégique », a annoncé la présidence tchadienne. Quatre accords de coopération ont été paraphés par les deux ministres des Affaires Etrangères, dont deux dans le domaine de la défense. La présidence tchadienne a précisé que l’un des deux accords de défense concernait le statut des soldats hongrois stationnés au Tchad, prélude logique à un déploiement militaire étranger. 

 

Le fils unique du Premier ministre hongrois, Gaspar Orbán, 32 ans, capitaine dans l’armée nationale, est désormais nommé officiellement « agent de liaison pour aider à préparer la mission au Tchad. » 

 

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Inondations dans le Sahel et le Sahara https://mondafrique.com/limage-du-jour/inondations-dans-le-sahel-et-le-sahara/ Wed, 04 Sep 2024 15:45:22 +0000 https://mondafrique.com/?p=117579 Des inondations monstre sont rapportées depuis quelques jours partout au Sahel, ainsi que dans le Sahara. Une saison des pluies très abondante a fait suite, cette année, à une saison chaude particulièrement longue et intense.   Au Niger, toutes les grandes villes du pays sont désormais affectées, avec des maisons effondrées, des routes et des ponts […]

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Des inondations monstre sont rapportées depuis quelques jours partout au Sahel, ainsi que dans le Sahara. Une saison des pluies très abondante a fait suite, cette année, à une saison chaude particulièrement longue et intense.  

Au Niger, toutes les grandes villes du pays sont désormais affectées, avec des maisons effondrées, des routes et des ponts coupés et des personnes et du bétail en détresse. On ne compte plus les jardins inondés. Même le nord du pays, désertique, affiche des images de désolation sur les réseaux sociaux. A Bamako, Gao, Segou et à N’Djamena et autour du lac Tchad, la situation est à peu près la même. Au total, ces événements climatiques ont fait des dizaines de milliers de victimes lors de centaines d’épisodes. 

Lac Tchad, photo UNOCHA (août 2024)

Cette période de l’année est souvent critique, car elle correspond au pic de la saison des pluies qui gonfle les rivières et les cours d’eau temporaires.

Mais selon le journal en ligne français Reporterre, la quantité de pluie enregistrée en ce début septembre 2024 dans le Sahara témoigne d’un événement météorologique rarissime. « Plus de 500 % des précipitations mensuelles normales en septembre devraient tomber au cours de cet épisode, qui pourrait s’étendre sur deux semaines. Très localement, ce cumul sera même supérieur à la normale de 1 000 %. »

Agadez, 3 septembre 2024

Le Sahara, région la plus sèche de la planète, connaît un épisode pluvieux important une fois tous les dix ans en moyenne. Il faut cependant remonter à 1994 pour atteindre ce niveau de précipitations, le plus élevé jamais observé depuis le début des relevés. « Ce phénomène est attribuable au fait que depuis le mois de juin, la zone dite de convergence intertropicale — une bande chaude et humide de l’atmosphère — se situe bien plus au nord que d’ordinaire, pour des raisons inconnues. »

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