Sénégal - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/senegal/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Wed, 04 Mar 2026 12:36:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Sénégal - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/senegal/ 32 32 Guerre en Iran: réactions africaines contrastées https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/#respond Thu, 05 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148043 Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues. Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette […]

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Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues.

Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette fois, guère marqué les esprits.

Positions tranchées

Parmi les réactions les plus claires figure celle du Sénégal. Dakar a exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade et condamné l’usage de la force, considéré comme une violation du droit international et une menace pour la souveraineté des États. Le gouvernement a appelé à un cessez-le-feu immédiat et au retour au dialogue. Le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé une « liquidation du droit international», tout en alertant sur les conséquences économiques potentielles pour l’Afrique.

L’Afrique du Sud a également adopté une position ferme. Pretoria condamne explicitement une violation du droit international et rejette la notion de « légitime défense préventive », restant fidèle à sa diplomatie et à son positionnement au sein des BRICS.

Le Tchad a lui aussi réagi clairement en exprimant sa « profonde tristesse » après la confirmation de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, en partageant la douleur du peuple iranien et réaffirmant l’attachement du pays aux principes de paix et de solidarité internationale. Puis, dans un second message, sûrement pour ne pas se mettre à dos les Émirats arabes unis, N’Djamena a condamné avec fermeté la riposte iranienne contre plusieurs pays du Golfe et a qualifié ces attaques d’« inacceptables ».

Le  Maroc, lui s’est rangé sans surprise du côté de Washington et de Tel Aviv. Rabat n’a formulé aucune critique des frappes américano-israéliennes et a exprimé sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes. Une posture attendue et cohérente avec son alignement sur les États-Unis et sur Israël depuis la signature des accords d’Abraham.

Le camp des prudents

Dans le camp des prudents, l’Union africaine a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade et appelé à la désescalade, évoquant les risques pour la stabilité mondiale, les marchés énergétiques et la sécurité alimentaire. La CEDEAO a adopté un ton similaire, mettant en garde contre les conséquences économiques pour l’Afrique de l’Ouest. D’autres pays ont réagi de la même manière, comme le Ghana, la Sierra Léone ou la Côte d’ivoire.

L’étrange retenue d’Alger

Plus surprenante est la prudence extrême de l’Algérie. Alger s’est contentée de regretter l’échec des négociations menées à Oman et d’appeler à la retenue, tout en exprimant sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes, sans condamnation directe des frappes initiales. Une position qui tranche avec sa tradition diplomatique de non-alignement affirmé et ses bonnes relations avec Téhéran. La Tunisie s’est alignée sur son voisin.

Le silence bavard de l’AES

Enfin, le silence de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) reste l’un des faits les plus marquants. Un mutisme d’autant plus notable que ces trois pays ont développé une coopération militaire avec l’Iran, notamment dans le domaine des drones. Deux jours avant le déclenchement du conflit, le ministre burkinabè de la Défense se trouvait encore à Téhéran. Cette absence de réaction est parlante, elle signifie que les États de l’AES souhaitent ne pas remettre en cause leur récente reprise du partenariat entre Washington.

Au final, toutes les réactions, quelles soient prudentes ou silencieuses s’expliquent par la volonté de ne pas froisser Washington afin de ne pas subir les foudres de l’imprévisible Donald Trump.

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Sénégal. La solution du casse-tête de la dette https://mondafrique.com/a-la-une/senegal-la-recette-du-casse-tete-de-la-dette/ https://mondafrique.com/a-la-une/senegal-la-recette-du-casse-tete-de-la-dette/#respond Mon, 02 Mar 2026 05:36:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147808 Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget du Sénégal est revenu tout récemment sur les leviers sur lesquels il compte s’appuyer pour sortir du piège de la dette. Par Mor Amar C’est une année épouvantable. Un marathon éprouvant pour les services du ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba. Plus de […]

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Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget du Sénégal est revenu tout récemment sur les leviers sur lesquels il compte s’appuyer pour sortir du piège de la dette.

Par Mor Amar

C’est une année épouvantable. Un marathon éprouvant pour les services du ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba. Plus de 2672 milliards de francs CFA. Voilà le montant global du service de la dette extérieure, d’après la loi de finances initiale pour l’année 2026. Le pic des paiements est annoncé pour ce mois de mars, avec plus de 509 milliards de francs CFA à rembourser, rien que sur la dette extérieure, et plus de 237 milliards au titre de la dette intérieure. Mais l’urgence, pour Dakar, c’est de mobiliser près de 490 millions d’euros en mars pour satisfaire en priorité les souscripteurs d’eurobonds, afin de rassurer les marchés sur ses capacités à remplir ses obligations.

Comment le pays compte t-il procéder ? Face aux députés, le 24 février 2026, lors de la session des questions d’actualité avec le gouvernement, le ministre des Finances est revenu sur la stratégie. « Depuis fin 2024, nous travaillons sur la gestion active de la dette bancaire locale. Nous avons ainsi invité les banques à titriser certaines créances. Cela a permis de négocier les termes de financement, d’améliorer le profil de maturité, de gagner des espaces budgétaires à hauteur de plus de 500 milliards rien que sur l’année 2025 », a expliqué Cheikh Diba, ajoutant que son gouvernement compte faire exactement la même chose en ce qui concerne la dette extérieure.

Dakar privilégie le paiement des eurobonds

Pour réussir ce pari, le gouvernement compte s’appuyer sur des institutions de garantie comme la Banque africaine de développement (BAD), l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (Atidi), la Multilateral investment garantee agency (Miga-groupe banque mondiale)… Optimiste, Cheikh Diba pense que ce soutien autorisera la mobilisation de ressources à des coûts beaucoup plus faibles que les coûts d’endettement actuels, avec des maturités plus longues.

Le gouvernement compte ainsi réduire le service de la dette et libérer des espaces de trésorerie, sans avoir recours à la restructuration. « Si nous y parvenons avec la discipline budgétaire que nous avons enclenchée depuis 2024, cela va permettre d’avoir une dette soutenable », rassure le ministre des Finances, qui se projette déjà sur les autres mois.

En effet, si les esprits sont rivés sur l’échéance de mars 2026, il n’en demeure pas moins que le gouvernement restera sous tension toute l’année. Les montants à payer sur la partie dette extérieure restent très importants, avec plus de 234 milliards de francs CFA au mois d’avril, 114 milliards en mai, plus de 220 milliards pour le mois de juin, 257 milliards en juillet, 227 milliards au mois d’août, 170 milliards en septembre, 278 milliards en octobre, 178 milliards en novembre et enfin plus de 272 milliards pour le mois de décembre, soit au total 2672 milliards, contre plus de 2825 milliards au titre de la dette intérieure.

Pression de la France et de certains créanciers

Loin de la sérénité affichée devant les écrans, les techniciens vivent dans le stress au quotidien. La décision de privilégier le paiement des eurobonds ne fait pas que des heureux. Certains créanciers, comme la France, commencent d’ailleurs à manœuvrer pour un traitement diligent de leurs créances. Le trésor français, selon plusieurs médias, a d’ailleurs écrit pour réclamer le règlement d’impayés. Paris aurait même dépêché début février un émissaire à Dakar pour traiter de cette affaire. D’autres créanciers stratégiques comme la China Afreximbank sont également dans l’attente d’un traitement pressant.  

Certains créanciers ont d’ailleurs rejoint la position du Fonds monétaire international (FMI) qui estime, depuis le début, qu’une restructuration est nécessaire. Le gouvernement du Sénégal n’est toujours pas de cet avis. Pour Cheikh Diba, ce n’est certainement pas par orgueil. « Nous estimons qu’il y a une solution scientifique, économique et technique, qui nous permettra de gérer cette question. C’est la gestion active de la dette. Du point de vue quantitatif, le résultat est presque le même que pour la restructuration. Et nous ne subissons pas les conséquences d’une restructuration », a martelé le ministre des Finances et du Budget. 

Dakar en défaut sur les investissements et des engagements sociaux

En vérité, analyse un spécialiste, le gouvernement a décidé de ne pas faire défaut et de ne pas demander une restructuration pour les dettes qui lui semblent essentielles, à savoir les eurobonds, les dettes auprès du marché financier de l’UEMOA et des banques commerciales.

En revanche, le gouvernement est déjà en défaut sur plusieurs programmes d’investissements importants pour le développement économique (Programme spécial de désenclavement, Programme de modernisation des infrastructures judiciaires, Programme d’urgence de développement communautaire, dette aux entreprises du BTP…). Il a dû également suspendre plusieurs programmes sociaux dont les bourses de sécurité familiales et accumule des arriérés pour les étudiants….

La grande question, selon notre interlocuteur, c’est de savoir « jusqu’à quel point le gouvernement va continuer de suffoquer le développement économique du pays », en privilégiant le paiement de cette dette colossale au détriment des projets de développement.

Les points d’achoppement avec le FMI

Pendant ce temps, les négociations avec le FMI tirent en longueur. Si des progrès notoires ont été enregistrés sur les mesures correctrices relatives au misreporting, les deux parties peinent à accorder leur violon sur la viabilité de la dette, nécessaire pour la signature d’un nouveau programme. Face au parlement, le ministre Diba a reconnu quelques divergences en particulier sur le cadrage macroéconomique.  « Nous, nous pensions que les hypothèses du Fonds sont pessimistes, eux ont trouvé nos projections trop optimistes. Le résultat est que le FMI estime que nous ne pouvons trouver les financements dont nous avons besoin sans restructuration », explique le ministre qui s’empresse de rassurer : « Nous travaillons à rapprocher nos positions. Le vendredi passé, le Fonds a mis à jour son cadrage macroéconomique qu’il nous a envoyé. Dans les prochains jours, nous pourrons en discuter et arriver à un résultat qui va permettre de finaliser ces discussions. »

Depuis la survenue de la crise, le ministre des Finances et du Budget se démène ainsi comme un diable pour trouver une solution avec les partenaires internationaux. Quant à son patron, le Premier ministre Ousmane Sonko, il ne cesse de tirer sur ces partenaires. Pour lui, l’institution ne travaille pas au développement des pays africains. Ce qui intéresse le FMI, selon le PM Sénégalais qui cite l’économiste américain Jeffrey Sachs, ce n’est pas le développement des pays africains, c’est plutôt que ces pays restent pauvres et sages.

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Sénégal-France. Les dessous de la visite du ministre des Transports https://mondafrique.com/international/senegal-france-les-dessous-de-la-visite-du-ministre-des-transports/ https://mondafrique.com/international/senegal-france-les-dessous-de-la-visite-du-ministre-des-transports/#respond Sat, 28 Feb 2026 19:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147895 Fin du contrat de la SNCF dans le cadre de l’exploitation du Train express régional de Dakar, « contentieux » avec Air Sénégal, dettes envers des entreprises françaises, séminaire intergouvernemental à venir : le ministre sénégalais des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, revient sur les sujets qui ont occupé sa mission à Paris les […]

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Fin du contrat de la SNCF dans le cadre de l’exploitation du Train express régional de Dakar, « contentieux » avec Air Sénégal, dettes envers des entreprises françaises, séminaire intergouvernemental à venir : le ministre sénégalais des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, revient sur les sujets qui ont occupé sa mission à Paris les 26 et 27 février 2026.

Par Mor Amar

Le ballet diplomatique se poursuit entre Paris et Dakar. Il y a quelques jours, plusieurs médias avaient annoncé la visite à Dakar du conseiller Afrique d’Emmanuel Macron, Jérémie Robert. Le vendredi 26 février 2026, le ministre sénégalais des Transports terrestres et
aériens était, à son tour, à Paris, pour rencontrer son homologue français Philippe Tabarot.

Au cœur de ces rencontres, à Dakar comme à Paris, il y a la lancinante question de la dette du Sénégal, en particulier celle due aux entreprises françaises. Interpellé sur les raisons de cette visite révélée par Africa Intelligence, le ministre sénégalais, Yankhoba Diémé, nous a expliqué : « Permettez-moi d’abord de préciser que cette visite est en prélude au Séminaire intergouvernemental (SIG) entre la France et le Sénégal qui va, en principe, se tenir fin mars 2026 à Dakar. Elle permet de déblayer un peu le terrain et de préparer au plan technique les dossiers qui nous engagent. »

Dans le cadre de cette mission, le ministre s’est fait accompagner de ses directeurs généraux les plus importants, au cœur des dossiers les plus sensibles qui lient Dakar et Paris dans le domaine des transports : le directeur général de la compagnie Air Sénégal, celui du Conseil exécutif des transports urbains durables (Cetud) en charge du Bus Rapide Transit (BRT) de Dakar, celui de la SenTer (en charge de la gestion du patrimoine du Train express régional), ainsi qu’un représentant du ministère des Finances et du Budget et l’ambassadeur du Sénégal à Paris. « Nous avons discuté de beaucoup de sujets : de l’exploitation du TER, d’Air Sénégal, mais aussi de l’exploitation du BRT avec le CETUD, entre autres», a précisé le ministre.

La dette au cœur des discussions

Dans sa livraison du 26 février, AI informait que cette visite intervient dans un contexte marqué notamment par « un bras de fer entre Air Sénégal et BPI » qui aurait engagé une action en justice afin de mettre la main sur deux appareils (A 330) d’Air Sénégal dont elle a garanti le financement. Le média relevait aussi les arriérés importants accumulés par la compagnie sénégalaise auprès de plusieurs entreprises françaises dont Servair (entreprise spécialisée dans le catering, majoritairement détenue par Air France-KLM), Aéroports de Paris, etc.

À propos du contentieux avec BPI, le ministre relativise et estime que le problème se situe davantage auprès des partenaires britanniques et allemands qu’avec la banque française. « Le contentieux concerne le groupe BPI et le groupe des assureurs qui sont les Britanniques et les Allemands. Ce contentieux concerne les deux A 330 qui assurent la liaison Dakar-Paris. Contrairement à ce que l’on dit, BPI est plus dans les
dispositions, avec l’appui des autorités françaises, d’en finir avec cette affaire », explique Monsieur Diémé. Selon lui, ce sont plutôt les autres parties, notamment britanniques et allemandes, qui sont dans ce qu’il considère comme un « jusqu’au boutisme »

« Je parle de jusqu’au boutisme parce que oui, il y avait des arriérés et des impayés. Aujourd’hui, tous les arriérés ont été réglés, mais les gens continuent de s’acharner. Et nous ne comprenons pas pourquoi », se désole M. Diémé, qui souligne que si ça ne dépendait que de BPI, le dossier aurait été clos. Il en donne pour preuve les deux ATR sur lesquels la banque française avait totalement le contrôle et qui sont épargnés par ce contentieux.

«Acharnement» britannique et allemand

Dakar regrette un acharnement des partenaires britanniques et allemands. Il soupçonne, à l’arrière plan, le rapprochement avec le géant
américain Boeing, qui pourrait fournir à Air Sénégal une dizaine d’avions. « Nous craignons que ce clin d’œil et cette confiance de Boeing soit l’un des éléments déterminants  qui font que certains veulent se braquer et décréter la mise à mort de la compagnie nationale. C’est plus une question d’affaires qui se pose, mais ils se battent vainement », fulmine le ministre des Transports qui relève l’engagement fort
des plus hautes autorités sénégalaises pour la survie de la compagnie nationale.

Au-delà de ce contentieux avec BPI, Air Sénégal doit de l’argent à plusieurs autres entreprises. Le ministre s’est félicité de cette rencontre qui a permis d’aborder « franchement » certaines questions et de s’entendre sur les modalités de traitement. En ce qui concerne les arriérés dus par Air Sénégal à des entreprises françaises, il assure qu’ils s’élèvent à moins de 10 milliards de francs CFA. Les parties ont arrêté un
échéancier pour les paiements, dit-il. Pour le ministre, il n’y a rien d’alarmant dans la situation que vit actuellement le pavillon sénégalais. «Parler de la dette comme ça, ça ne veut pas dire grand-chose. La dette de Air Sénégal ne fait pas le cinquième de la dette des grandes compagnies africaines que nous avons l’ambition de dépasser. L’essentiel est de bâtir une compagnie performante et nous travaillons dans cette dynamique. Nous avons tout pour y parvenir », a-t-il affirmé. 

Toujours au chapitre de la dette, il y a aussi celle découlant de l’exploitation du Train express régional chiffrée à environ 15 milliards de francs CFA. Là aussi un moratoire aurait été accordé avec un calendrier de paiement stabilisé lors de cette mission. 

Le renouvellement du contrat de la SNCF en question

Les parties ont également discuté du contrat de la SNCF pour l’exploitation du Train express régional qui arrive à terme au mois de mai prochain. Ils ont évoqué des phases d’extension du TER, c’est à dire la phase 2 qui relie Diamniadio au principal aéroport du pays (en phase test), mais aussi la phase 3 qui devrait permettre au train de desservir Thiès, située à environ 70 km de Dakar.

Ces derniers mois, les appréhensions se sont multipliées sur d’éventuelles velléités des autorités sénégalaises de choisir un autre partenaire pour l’exploitation du Train express régional. Mais avec cette visite, Dakar semble privilégier l’expertise parisienne. « Comme c’est la SNCF qui gère le TER via sa filiale la SETER et que le contrat prévoit la possibilité d’un renouvellement, nous travaillons sur cette piste, mais nous n’excluons aucune option. Ce qui est clair, c’est que les termes seront renégociés et les intérêts du Sénégal seront préservés », indique le ministre qui précise que plusieurs candidats tapent à la porte, sans oublier l’expertise locale acquise grâce au transfert de compétences et de technologie. « Actuellement, dans l’exploitation du TER, il n’y a que sept expatriés. Nous nous préparons donc à toutes les éventualités. Mais c’est quand même une bonne chose de pouvoir travailler avec des partenaires stratégiques.

Tous ces dossiers, selon Diémé, ont été abordés sans pression, de façon proactive et responsable. À noter que le TER est présenté comme le transporteur officiel des Jeux Olympiques de la jeunesse qui se tiennent au Sénégal au mois d’octobre prochain.

Le ministre sénégalais des Transports terrestres et aériens a, enfin, reçu l’Agence française de développement, ainsi que Meridiam qui est actionnaire à 70% de la société de gestion du BRT. Pour témoigner de l’esprit convivial qui continue de prévaloir dans les relations entre Paris et Dakar, le ministre Yankhoba Diémé s’est félicité d’un financement de 10 millions d’euros mis à disposition par l’AFD pour les besoins des études de la phase 3 du TER.

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Série Epstein-Afrique (4). Sénégal, le pari manqué du financier https://mondafrique.com/politique/serie-epstein-afrique-4-senegal-le-pari-manque-du-financier/ Sat, 14 Feb 2026 05:16:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147044 Avec près de 800 apparitions dans les Epstein files, le Sénégal fait partie des pays africains les plus concernés (après l’Afrique du Sud) par ce dossier aux ramifications planétaires. Cité plus de 500 fois, Karim Wade, le fils d’Abdoulaye Wade, est au centre des écrits de Jeffrey Epstein concernant le Sénégal. En effet, l’homme d’affaires […]

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Avec près de 800 apparitions dans les Epstein files, le Sénégal fait partie des pays africains les plus concernés (après l’Afrique du Sud) par ce dossier aux ramifications planétaires. Cité plus de 500 fois, Karim Wade, le fils d’Abdoulaye Wade, est au centre des écrits de Jeffrey Epstein concernant le Sénégal. En effet, l’homme d’affaires voyait en lui un futur Président. 

Par Mor Amar

Au centre de plus de 500 e-mails, Karim Wade est sans doute la personnalité politique sénégalaise la plus exposée. Au Sénégal, ses rapports avec le sulfureux homme d’affaires suscitent pas mal d’interrogations et de zones d’ombre, même si jusque-là, aucun fait compromettant n’est apparu. La relation entre les deux hommes est amicale et nourrie par des dons financiers importants, des services de mise en relation et des projets d’affaires.

Des rapports privilégiés 

Epstein semble avoir beaucoup misé sur celui qui fut le ministre de l’Énergie et de la Coopération internationale d’Abdoulaye Wade. Dans un mail du 29 novembre 2016 adressé à l’influent Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton puis directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche sous Barack Obama, Epstein présentait son ami Wade comme « l’une des personnalités les plus importantes d’Afrique de l’Ouest », qui deviendrait, à coup sûr, Président de la République en 2019 ou 2024. (Karim Wade, alors tout juste libéré après trois ans d’emprisonnement, ne participera pas, finalement, à ces élections, étant déclaré inéligible par le Conseil constitutionnel).

Epstein était convaincu que la condamnation de Karim Wade visait surtout à l’empêcher d’être candidat. « Il se trouve actuellement au Qatar, où il attend son retour au pouvoir, qui est presque garanti. C’est le plus charismatique et le plus rationnel de tous les Africains, et il a leur respect », écrivait Epstein très élogieux. Il répondait à une question de Summers lui demandant « qui est le type avec qui » il lui avait « arrangé un rendez-vous ». 

Dès sa sortie de prison le 24 juin 2016, par l’effet d’une grâce présidentielle, Karim a renoué avec Epstein. En atteste une conversation du 26 juin, moins de 48 heures après sa libération suivie de son « exil » à Doha, au Qatar, à bord d’un jet privé affrété par les plus hautes autorités de ce pays du Golfe où il est installé depuis lors.     

Quand Epstein mobilisait tout Washington pour faire pression sur Dakar 

Les échanges entre Epstein et Karim Wade remontent au moins à l’année 2010, si l’on en croit les documents rendus publics le 30 janvier par le ministère américain de la Justice. Ils sont très fréquents entre 2010 et 2012, avant l’arrestation de Karim Wade, en avril 2013, suivie de sa condamnation en mars 2015 pour enrichissement illicite. Lâché par plusieurs de ses amis, Karim a pu compter sur Epstein qui ne l’a pas abandonné dans sa longue bataille judiciaire contre le régime de Macky Sall.

À sa demande, le financier américain lui fait un don de 100 000 dollars US (environ 55 millions de francs CFA) pour s’attacher les services du cabinet Nelson Mullins à Washington. L’objectif est d’obtenir le soutien des États-Unis pour pousser le Sénégal à donner suite à la décision du Groupe de travail des Nations Unies qui avait déclaré « arbitraire » la détention de Karim Wade. 

Le 20 janvier 2016, Epstein informe les proches de Wade qu’il a payé la note. Les documents montrent également des traces de transactions avec Me Seydou Diagne, un avocat de Karim Wade, pour un montant avoisinant 500 000 dollars US, soit plus de 237 millions de francs CFA. Officiellement, si l’on en croit les Epstein Files, il s’agirait du paiement d’honoraires relatifs à l’assistance juridique dans le cadre du suivi des opérations et des investissements.

Ce qui est curieux pour un observateur, c’est que Karim Wade, condamné pour s’être enrichi illicitement de plus de 69 milliards de francs CFA et condamné à rembourser cette somme ainsi qu’une amende du même montant, semblait alors dans l’incapacité de financer sa défense.

En avril 2016, Bob Crowe, associé au cabinet Partners Nelson Mullins, informe Epstein d’une réunion fructueuse au Département d’État le même jour. « Mon contact travaille en coulisses pour aider à faire pression sur Macky Sall et son administration. Notre ambassadeur apporte également son aide », assure le lobbyiste. Et d’ajouter : « Nous travaillons également avec le Département d’État pour que la détention de Wade soit mise en évidence dans le rapport sur les droits de l’homme au Sénégal pour l’exercice 2017. »

Les résultats d’un lobbying intense

Du côté du Congrès, les résultats semblent moins positifs, à cause de la publication, au même moment, des Panama Papers. Mais les lobbyistes engagés par Epstein s’accrochent. Le 19 mai 2016, dans une lettre adressée à Élisabeth Feliho (assistante de Karim Wade), Vinoda Basnayake, du cabinet Nelson Mullins, annonce une délégation du Congrès au Sénégal. « Cela pourrait être une occasion importante pour rencontrer certains membres très influents du personnel chargés de la politique étrangère », écrit-il à Féliho.

Dans ce cadre, pour faciliter la rencontre, les lobbyistes se sont rapprochés de Yebbie Watkins, l’un des membres du personnel, proche collaborateur de l’influent James Clayburn – responsable au sein du Caucus noir. L’objectif est non seulement de faire connaître l’histoire de Karim Wade à certains leaders du Congrès mais aussi de placer les projecteurs sur son cas.

C’est dans ce contexte que le fils de l’ancien Président est libéré dans la nuit du 23 au 24 juin. En sus du lobbying américain exercé à la demande d’Epstein, d’autres réseaux locaux – en particulier les marabouts – ainsi que qataris ont également pesé dans les tractations.

Macky Sall, Khalifa Sall et Jean-Claude Mimran

Les autres courriers de Jeffrey Epstein liés au Sénégal sont rares. Les recherches sur l’ex président Macky Sall ne font ressortir que 37 résultats, presque tous liés directement à l’affaire Karim Wade. Il y est soit critiqué pour avoir fait emprisonner« arbitrairement » un opposant politique, soit interpellé par le biais d’intermédiaires. Il en va de même pour Khalifa Ababacar Sall, à l’époque maire de Dakar, dont les relations avec Karim Wade étaient exécrables.

Quant à Cheikh Kanté (l’ancien directeur général du Port autonome de Dakar), il est cité dans un mail entre Epstein et le top management de DP Word – l’opérateur principal du Port autonome de Dakar – en l’occurrence Mohammed Sharaf, alors bras droit du PDG de l’entreprise émiratie, le Sultan Bin Sulayem, autre ami d’Epstein et proche de Karim Wade (plus de 4700 occurrences dans les Epstein files.) 

La dernière personnalité du Sénégal qui apparaît furtivement dans l’une des conversations est le patron de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), le milliardaire français Jean-Claude Mimran, cité comme participant à un dîner, le 10 décembre 2009, avec le prince Andrew. L’expéditeur du mail, dont le nom est masqué, informe Epstein qu’il va « dîner avec Andrew ce soir » et qu’il a également invité le magnat sénégalais du sucre, l’un des hommes les plus puissants du pays.

 

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France-Sénégal. Des échanges privilégiés mais de plus en plus bousculés https://mondafrique.com/economie/france-senegal-des-echanges-privilegies-mais-de-plus-en-plus-bouscules/ Mon, 02 Feb 2026 09:45:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=146290 Entre fantasmes et réalités, les relations entre la France et le Sénégal continuent de susciter l’intérêt. Elles étaient sur la table, lors de la visite à Dakar, la semaine dernière, de la ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger. […]

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Entre fantasmes et réalités, les relations entre la France et le Sénégal continuent de susciter l’intérêt. Elles étaient sur la table, lors de la visite à Dakar, la semaine dernière, de la ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger. Retour en chiffres sur une coopération qui reste, certes, privilégiée, mais de plus en plus bousculée.

Par Mor Amar 

Dakar, le 26 janvier 2026. Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, avec le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (COJOJ).

Plus de 33% de parts de marchés pour les entreprises chinoises, contre 05% seulement pour les françaises. C’est ce qui ressort du rapport de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) pour l’année 2021. L’écart est fulgurant. Il illustre à merveille le décalage entre la réalité de l’économie sénégalaise et le discours souverainiste, qui tend à surestimer la place des entreprises françaises sur le marché sénégalais.

En 2021, informe le rapport de l’Autorité en charge des marchés publics, sur un montant total de près de 1713 milliards de FCFA (plus de 2,6 milliards d’euros) représentant les marchés immatriculés (hors secret défense et combustibles SAR et Senelec), les entreprises chinoises se sont taillées la part du lion : près de 561 milliards de FCFA (plus de 855 millions d’euros), soit 33% du volume. Et sur environ 825 milliards de FCFA, qui constituent la part globale des entreprises étrangères, les chinoises représentent 68% contre 09% seulement pour leurs concurrentes françaises, devancées même par les entreprises émiraties (12% de l’enveloppe).

Qu’est-ce qui explique cette suprématie chinoise ? Dr Cheikhna Hamallah Ndiaye, économiste stratégique et expert en commande publique, apporte une réponse : « La montée en puissance des entreprises chinoises repose sur une combinaison cohérente de facteurs financiers, techniques et stratégiques, observables tant au Sénégal que dans l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, avec souvent des
crédits concessionnels ou semi-concessionnels beaucoup plus intéressants. »

Une érosion des parts françaises

Pendant ce temps, les parts de marchés des entreprises françaises s’érodent de plus en plus. Pour Dr Hamallah, ce repli, qu’il faut cependant relativiser, s’explique par le fait que les entreprises françaises proposent généralement des offres financières moins compétitives, avec des schémas de financement moins intégrés.

Depuis le rétablissement des relations diplomatiques avec le Sénégal, le 25 octobre 2005 sous le Président Abdoulaye Wade – qui s’était aussi largement ouvert aux pays arabes – l’empire du milieu n’a eu de cesse de se déployer et de conquérir le marché sénégalais. Très rapidement, il a réussi à devenir l’un des partenaires principaux du pays, reléguant dans certains domaines à l’arrière-plan la France
jusque-là maîtresse principale du jeu.

Selon la note de conjoncture de l’Agence nationale des statistiques et de la démographie (ANSD) pour 2024, les principaux pays fournisseurs du Sénégal ont été la République Populaire de Chine (11,8%), la France (10,1%), la Russie (8,1%), les
Émirats Arabes Unis (5,7%), la Belgique (5,6%), l’Inde (4,6%) et le Nigeria (4,4%). De 2020 à 2024, la France et la Chine ont trôné, à tour de rôle, à la tête de ce classement des fournisseurs du Sénégal. La France disparaît, cependant, dans le classement des destinations des produits sénégalais, alors que la Chine fait partie du Top 05.

Un code des marchés très protecteur des entreprises locales

Par ailleurs, contrairement à une idée répandue tendant à faire croire que les entreprises sénégalaises sont livrées à la concurrence avec les géants étrangers, l’analyse des statistiques sur les marchés publics montre une réalité très différente. Bien que le pays reste très ouvert à des partenaires très variés, les entreprises sénégalaises et communautaires (entreprises appartenant à un des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, UEMOA) arrivent à tirer leur épingle du jeu, en remportant plus de 50% de ces marchés.

Selon le dernier rapport de l’autorité des marchés, qui couvre l’année 2023, 50% du volume des marchés au Sénégal revient aux entreprises sénégalaises et 09% aux entreprises maliennes, soit un total de 59% pour les entreprises issues de l’espace UEMOA. Dans les rapports précédents, les entreprises sénégalaises et communautaires remportaient jusqu’à plus de 60% des parts de marchés.
Pour Dr Hamallah Ndiaye, c’est parce que la majorité de la commande publique correspond à des marchés de faible ou moyenne valeur (fournitures courantes,services, petits travaux). « Ce sont des segments sur lesquels les entreprises locales disposent d’un avantage comparatif naturel. Ces dernières ont surtout des difficultés sur les grands marchés de travaux, ou les marchés qui requièrent une certaine
technicité et une capacité financière importante », explique-t-il.

Aussi, le Code des marchés publics prévoit un certain nombre de dispositions pour promouvoir la préférence nationale et protéger ainsi les entreprises sénégalaises. Citons, parmi ces mécanismes, les marges de préférence, les dispositifs de soutien aux PME, la promotion de l’allotissement et les marchés réservés.

Quid de la défense et de la sécurité ?


L’autre grief qui revient très souvent sur la place publique, c’est la coopération militaire. Là encore, le Sénégal est accusé par certains d’être un valet à la solde de la France. Un haut officier de l’Armée sénégalaise s’inscrit en faux contre cette accusation : « Il y a eu trop de fantasmes et de clichés autour des relations de coopération avec la France, en particulier sur la question des bases », estime-t-il.

Pour lui, dans ce domaine, le Sénégal entretient d’excellents rapports non seulement avec la France, mais aussi avec d’autres pays comme le Maroc et les États-Unis. En Casamance par exemple, dans les années 1990, au plus fort de la crise irrédentiste, les soldats se battaient avec des M16 et des véhicules cargos offerts par les Américains et des munitions marocaines. « Il nous arrivait de manquer de
munitions et c’est le Maroc qui nous aidait, parce qu’il faut le reconnaître, nous étions un pays très pauvre, sans moyens, qui faisait aussi face à l’ajustement structurel (années 80-90 : NDLR) », témoigne l’officier, insistant sur l’importance de la coopération dans le domaine militaire.

Cela dit, malgré ces relations privilégiées, le Sénégal n’a jamais sous-traité sa sécurité ni à la France ni à aucun autre pays. « Nous nous sommes battus tout seuls et on en a payé le prix fort en Casamance. J’ai perdu mes meilleurs amis sur le front », confie-t-i, avant d’ajouter: « Alors, qu’on ne nous donne pas de leçons de souveraineté. Nous avons des dirigeants suffisamment compétents et patriotes. Il
ne faut pas insulter l’histoire. »

Achats d’équipements militaires 

En ce qui concerne les achats d’équipements militaires, ils font l’objet de très peu de publicité. Les contrats étant généralement couverts par le secret-défense, ils échappent au contrôle de l’Agence en charge de la commande publique. Une chose reste toutefois certaine : les contrats qui suscitent le plus de polémiques impliquent généralement les Russes, les Turcs, ou les Israéliens.

Lors des périodes de troubles politiques 2021-2024, l’actuel Premier ministre, alors président du parti souverainiste Les patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) avait d’ailleurs mis en garde le président turc Recep Tayyip Erdogan qu’il soupçonnait d’armer son adversaire au pouvoir, Macky Sall. « L’essentiel du dispositif de répression actuellement au Sénégal : les engins roulants lourds, les grenades lacrymogènes, etc. l’essentiel de ce matériel provient de la Turquie….. », accusait Ousmane Sonko, invitant le président Erdogan « à cesser tout approvisionnement en matériels similaires jusqu’à ce que le pays finisse de traverser cette zone de turbulences ». Dans le cas contraire, ajoutait le chef des patriotes, « il se serait constitué complice des agissements du Président Macky Sall,
puisqu’il lui aura fourni les armes qui ont permis de tirer sur le peuple sénégalais ». Arrivé au pouvoir, il a magnifié les relations entre les deux pays lors d’une visite très médiatisée à Ankara.

La question des bases militaires

Avec la France, l’accusation a souvent porté sur la présence militaire permanente incarnée par les bases militaires, mais aussi les sujets mémoriels qui suscitent rancœurs et déchirures. Depuis juillet 2025, la page des bases militaires est tournée, avec la restitution des dernières emprises le 17 juillet 2025.

Ce n’est pas la première fois : en 2010 déjà, le Président Abdoulaye Wade avait récupéré les bases. Mais dans la foulée, suite à des négociations entre les deux pays, il avait été convenu de remettre les emprises à la disposition des partenaires français moyennant le paiement d’un loyer. Cette décision n’avait pas plu à Paris. Après le départ de Wade, remplacé par Macky Sall en 2012, le sujet est revenu sur la table, confie une source militaire.

Confronté à certaines menaces, le Sénégal avait décidé d’acheter des avions de chasse coréens. Il a alors sollicité la France pour la formation des pilotes. « Ils nous ont dit : Vous ne pouvez pas nous demander de payer pour les emprises et vouloir qu’on vous forme gratuitement vos pilotes », raconte-t-il. Les Français ont refusé et ils ont aussi convaincu leurs alliés européens de faire de même. Alors que le Sénégal était prêt à payer pour la formation de ses pilotes, ils ont fixé des prix hors de portée. « Nous nous sommes alors rapproché des Italiens ; ils ont fait des propositions encore plus salées. Nous avons compris que les Français étaient derrière, même si nous ne pouvions pas le prouver.»

Un réchauffement sous Macky Sall

La première visite de Macky Sall, les 17 et 18 avril 2012, a permis de réchauffer l’axe Dakar-Paris. Sur invitation de Nicolas Sarkozy, le Président Sall, élu le 25 mars 2012 à un premier mandat, réserve à la France sa première visite en dehors du continent. Outre les questions budgétaires, les accords militaires étaient au cœur des discussions. La visite a permis au président sénégalais de décrocher la formation de ses pilotes, mais ce n’était pas tout à fait gratuit. 

« En contrepartie, nous sommes revenus sur l’accord de Wade (relativement à l’occupation des emprises). Nous avons juste enlevé `à titre onéreux’ et mis à la place `à titre gratuit’. C’est la seule chose qui a changé. Et ils nous ont formé nos pilotes », poursuit l’officier, soulignant le niveau de vulnérabilité et de dépendance sur certaines questions.

Pour Dr Yoro Dia, politologue et ancien collaborateur de Macky Sall, cela fait longtemps que le Sénégal n’est plus le pré carré de la France ou d’une quelconque autre puissance. Les « pseudos souverainistes », comme il les appelle, sont les seuls à ne pas s’en être rendu compte. Pour lui, les seules limites à la souveraineté aujourd’hui sont d’ordre économique et ou technologique. Et cela vaut pour tous les pays du monde.

Les atouts de la France

Malgré les critiques et remises en cause, la France reste tout de même assez bien ancrée au Sénégal, grâce à une présence très ancienne. Sur le plan économique, cette présence est marquée par des mastodontes comme Total dans les hydrocarbures, Eiffage dans les bâtiments et travaux publics, Soboa et Auchan dans le domaine de l’alimentation, pour ne citer que quelques exemples.

Aujourd’hui, selon les chiffres de l’ambassade de France au Sénégal, le nombre d’entreprises françaises dans le pays est estimé à 340 unités, dont de nombreuses joint-ventures avec des entreprises sénégalaises. En termes de stock d’investissements directs, la France reste ainsi le premier partenaire du Sénégal avec 16%. Ce qui témoigne, selon la source diplomatique, de la « fiabilité et de la qualité » de l’investissement direct étranger de la France, adossé à « une vision à long terme, promouvant la création d’entreprises formelles, le recrutement de Sénégalais et le transfert de savoir-faire ». Cette vision se démarque ainsi des opérations d’export pur, sans grand impact sur l’économie locale.

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La mort de l’actrice Halima Gadji bouleverse le Sénégal https://mondafrique.com/loisirs-culture/la-mort-dhalima-gadji-a-37-ans-bouleverse-le-senegal/ Wed, 28 Jan 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146023 Décédée en France dans des circonstances encore inexpliquées, l’actrice sénégalaise Halima Gadji laisse derrière elle une carrière marquante et une onde de choc dans le monde culturel africain. La mort de Halima Gadji a été annoncée dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 janvier 2026. L’actrice sénégalaise est décédée à l’âge de 37 […]

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Décédée en France dans des circonstances encore inexpliquées, l’actrice sénégalaise Halima Gadji laisse derrière elle une carrière marquante et une onde de choc dans le monde culturel africain.

La mort de Halima Gadji a été annoncée dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 janvier 2026. L’actrice sénégalaise est décédée à l’âge de 37 ans en France, selon une information confirmée par l’Agence de presse sénégalaise (APS). À ce stade, les circonstances exactes de son décès demeurent floues, suscitant incompréhension et émotion au Sénégal comme au sein de la diaspora.

Quelques heures avant l’annonce de sa mort, Halima Gadji était encore active sur les réseaux sociaux. Dans la journée du lundi 26 janvier, elle avait publié un message sur Facebook pour relayer le lancement du casting de la saison 2 de Nouvelle Reine, une production diffusée sur Canal+ Afrique. « Si tu es ambitieuse, authentique, prête à représenter ta culture et à vivre une aventure unique, c’est le moment de tenter ta chance », écrivait-elle. Après cette publication, plus aucun signe de vie n’a été signalé.

Dans la soirée, des rumeurs sur sa disparition ont commencé à circuler en ligne, avant d’être confirmées officiellement par l’APS. Selon l’agence, l’actrice serait décédée « des suites d’un malaise en France ». Aucun autre détail n’a été communiqué par les autorités françaises ou sénégalaises, ni par son entourage, concernant les circonstances précises du décès. Cette absence d’informations a alimenté de nombreuses interrogations, sans qu’aucune hypothèse ne soit à ce jour étayée.

L’APS a toutefois rappelé que le parcours personnel de l’actrice avait été marqué ces dernières années par des périodes difficiles. L’agence évoque notamment des épisodes de dépression ayant affecté sa carrière. « La vie n’a pas été de tout repos aussi pour cette jeune artiste qui, à plusieurs reprises, a été rattrapée par des crises de dépression qui ont régulièrement perturbé sa carrière », écrit l’APS, sans établir de lien direct avec son décès. Aucune déclaration officielle ne permet pour l’instant d’en savoir davantage.

Au Sénégal, la disparition d’Halima Gadji a provoqué une vive émotion. Très connue du grand public, elle s’était imposée comme l’un des visages majeurs de la télévision sénégalaise. Elle avait été révélée par son rôle de Marième Dial dans la série Maîtresse d’un homme marié, une production populaire qui avait suscité de nombreux débats de société. Qualifiée par l’APS de « série à polémique, mais à succès », cette fiction avait contribué à installer durablement l’actrice dans le paysage audiovisuel national.

Ce rôle avait marqué un tournant décisif dans sa trajectoire, faisant d’elle l’une des actrices les plus sollicitées de sa génération. À travers ses personnages, Halima Gadji abordait des thématiques sensibles liées aux rapports de genre, à la famille ou aux normes sociales, tout en conservant une forte proximité avec le public. Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme du Sénégal lui a rendu hommage dans un message publié le 27 janvier sur Facebook, saluant une artiste engagée et profondément attachée aux valeurs culturelles de son pays.

Née en 1989 à Dakar, Halima Gadji avait grandi entre les quartiers de la Médina et de Sacré-Cœur. Issue d’une famille aux origines sénégalaises et marocaine-algérienne, elle s’était orientée très jeune vers le mannequinat avant de se tourner vers la comédie. Selon l’APS, elle avait commencé les castings dès l’âge de 15 ans avec la volonté affirmée de faire carrière dans le milieu artistique.

Actrice, mannequin, consultante mode et entrepreneuse, elle menait plusieurs projets de front, incarnant une figure féminine moderne et indépendante. Sa disparition laisse aujourd’hui un vide important dans le paysage culturel sénégalais, alors que de nombreuses questions demeurent sans réponse sur les circonstances de sa mort.

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Comment la « plus belle CAN de l’histoire » a échappé au Maroc https://mondafrique.com/a-la-une/comment-la-plus-belle-can-de-lhistoire-a-echappe-au-maroc/ Sat, 24 Jan 2026 06:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145818 Présentée comme la plus belle de l’histoire, la CAN 2025 s’est achevée dans la confusion, dimanche à Rabat, et se poursuit en coulisses depuis, alors que le Sénégal célèbre son deuxième titre de champion d’Afrique. Il ne s’agit pas ici de refaire la finale, perdue à Rabat par le Maroc, mais plutôt de décrypter comment […]

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Présentée comme la plus belle de l’histoire, la CAN 2025 s’est achevée dans la confusion, dimanche à Rabat, et se poursuit en coulisses depuis, alors que le Sénégal célèbre son deuxième titre de champion d’Afrique. Il ne s’agit pas ici de refaire la finale, perdue à Rabat par le Maroc, mais plutôt de décrypter comment on en est arrivé là, et de quoi ce dénouement dans le chaos est-il le nom.  

Par Patrick Juillard

Pouvait-on rêver de plus belle finale pour conclure dimanche cette CAN 2025, saluée la veille comme « la plus belle de l’histoire » par nul autre que le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe ? Certes, l’instance panafricaine a coutume de brandir de tels superlatifs après chaque édition, mais c’était cette fois plus mérité que lors de précédentes occurrences de cette communication triomphaliste. Et puis le titre n’allait-il pas se jouer entre le Maroc, pays organisateur et première nation africaine à se glisser dans le dernier carré d’une Coupe du monde, trois ans plus tôt au Qatar, et le Sénégal, finaliste pour la troisième fois en quatre tournois et premier challenger du Maroc au classement mondial ? Cette finale du ranking FIFA allait opposer les deux premières têtes de série de l’épreuve, les deux seules à avoir eu le privilège de jouer tous leurs matchs dans un même stade, à Rabat pour le Maroc et à Tanger pour le Sénégal. Comme un train qui arrive à l’heure.

Un train qui arrive à l’heure, mais…

Et c’est précisément à cause d’un TGV arrivé dans les temps que la pression, déjà intense comme avant toute finale, avait commencé à entrer dans la zone rouge, l’avant-veille de la rencontre. Annoncée sur les réseaux sociaux, l’arrivée de l’équipe du Sénégal en gare de Rabat avait été l’occasion d’instants de pagaille et de cohue, avec un afflux de supporters des deux camps au moment de la sortie des joueurs et de leurs encadrants, en l’absence criante du moindre cordon de sécurité. Dans la nuit, la Fédération sénégalaise de football publiait un communiqué furibard contre les organisateurs de la CAN, dénonçant non seulement une « absence manifeste de dispositif de sécurité adéquat lors de l’arrivée de la délégation sénégalaise à la gare ferroviaire de Rabat », mais aussi l’attribution d’un hôtel 4 étoiles plutôt qu’un 5 étoiles et celle d’un terrain d’entraînement situé sur les installations mêmes du… Maroc. Comme si à la veille d’une finale de l’Euro contre la France à Saint-Denis, l’Italie (ou tout autre adversaire) avait dû s’entraîner à Clairefontaine. 

Le lendemain matin, alors que le flou persistait sur le lieu d’entraînement de son équipe –  la séance eut finalement lieu au complexe olympique, non loin du stade Moulay Abdellah  –, le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, haussait le ton. « Je pense que les enjeux du football ne doivent pas nous amener à faire certaines choses. Aujourd’hui, c’est l’image de l’Afrique qui est en jeu. Je parle en tant qu’Africain. Ce qui s’est passé avec les joueurs est anormal. Une équipe comme le Sénégal ne peut pas se retrouver au milieu de la foule populaire. Mes joueurs étaient en danger. Tout pouvait se passer, face à des personnes mal intentionnées », taclait le technicien, habituellement plus mesuré. Le message était clair : le Sénégal n’était pas là pour se laisser marcher sur les pieds. 

Thiaw-Regragui, stratèges de la tension


Comme en écho, le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, promettait un stade bouillant à ses adversaires : « Je veux que le Sénégal sente que ce n’est pas le Stade des Martyrs (à Kinshasa, où le Sénégal a affronté et battu la RDC en éliminatoires du Mondial 2026, ndlr). Pour venir nous battre au Maroc, c’est très compliqué, très dur. Le Cameroun s’en est rendu compte et le Nigeria aussi. Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous. »

La suite allait montrer à quel point il ne s’agissait pas de paroles en l’air. Car cette tension ne venait pas de nulle part ; elle était montée progressivement au fil des différents tours. Avant cette veille de match explosive, la CAN 2025 avait été gagnée par les doutes sur la qualité de l’arbitrage, avec une curieuse non-utilisation du VAR dans plusieurs situations litigieuses, lors des matchs Maroc-Tanzanie (8e de finale), Cameroun-Maroc et Algérie-Nigeria (quarts de finale). De cette mise en cause légitime du niveau des sifflets retenus par la CAF découla un soupçon d’arbitrage « maison », en faveur du pays hôte de cette CAN premium en termes d’infrastructures et d’organisation. 

Au risque d’alimenter ce qu’il disait vouloir dénoncer, Walid Regragui avait lui-même longuement abordé le sujet, le 13 janvier en conférence de presse, énumérant les décisions défavorables à son équipe. « Contre la Tanzanie où tout le monde a essayé de faire croire qu’il y avait penalty parce qu’il y avait un joueur de 20 kilos contre un autre de 120 kilos (sic). En Angleterre, jamais ça ne se siffle », avait-il notamment argumenté, avant d’appeler à un arbitrage de qualité pour la suite du tournoi. 

Infantino sort de ses gonds

En finale, ce fut globalement le cas au cours d’un affrontement de haute tenue, jusqu’au terrible enchaînement qui allait faire dérailler la rencontre à l’orée du temps additionnel de la seconde période. La suite est connue : sortis du terrain pour protester contre ce qu’ils considéraient comme une injustice, les joueurs du Sénégal et leur staff allaient revenir sur la pelouse pour terminer la rencontre. Un penalty manqué de Brahim Diaz et une prolongation victorieuse plus loin, Sadio Mané, Pape Gueye et les Lions de la Teranga remportaient une deuxième Coupe d’Afrique. 

Terminée dans la nuit de dimanche à lundi, la CAN 2025 se poursuit sur le terrain disciplinaire. Le tir de barrage est concentré sur le Sénégal et son sélectionneur, Pape Thiaw, accusé d’avoir ordonné à ses joueurs de quitter le terrain et d’avoir donné une mauvaise image de l’Afrique, malgré ses excuses a posteriori. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, qualifie d’« inacceptable » ce comportement et appelle la Confédération africaine de football à prendre les « mesures appropriées », passant sous silence, comme beaucoup d’observateurs, les dérapages enregistrés côté marocain, avec les tentatives répétées de subtiliser la serviette du gardien sénégalais Edouard Mendy. De son côté, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) annonce au lendemain de la finale saisir les instances compétentes de la CAF et de la FIFA. 

Le Sénégal peut-il perdre la CAN sur tapis vert ?

Pendant que les joueurs du Sénégal étaient accueillis en héros à Dakar, les juristes du sport refaisaient le match et se demandaient si, au-delà des sanctions disciplinaires et financières qui leur pendent au nez, les Lions de la Teranga et leur sélectionneur risquaient plus gros. Le fait que l’arbitre de la finale, M. Ndala, n’ait pas sifflé la fin de la rencontre après le retour temporaire des Sénégalais aux vestiaires, les met à l’abri d’une défaite par forfait, prévue par les articles 82 et 84 du règlement de la CAF. La finale est allée à son terme, le coup de sifflet final valant homologation du résultat. 

Le Maroc pourrait s’engouffrer dans une autre brèche, située dans le texte de la loi 12 de l’IFAB. Celle-ci pose qu’un joueur quittant             « délibérément le terrain sans l’autorisation de l’arbitre » doit être averti. Or, au moins trois joueurs sénégalais ayant suivi leur coach aux vestiaires étaient déjà sous le coup d’un carton jaune : Lamine Camara, El Hadji Malick Diouf et Ismaïla Sarr. Un second avertissement, synonyme d’expulsion, aurait dû leur être attribués. Les deux derniers nommés auraient ainsi laissé leurs coéquipiers à neuf pour la prolongation. Reste à savoir quelle lecture les juridictions sportives feront de l’interruption de la rencontre et du caractère temporaire du retrait de l’équipe sénégalaise. 

Plus globalement, la déconvenue subie par le Maroc a fait naître un important sentiment d’injustice à travers le pays. Non tant à cause de la victoire du Sénégal, fut-ce dans ces conditions chaotiques, qu’en raison des efforts consentis par le Royaume pour offrir à l’Afrique la meilleure édition jamais organisée. Comme si ces indéniables efforts avaient fini par laisser croire que la seule récompense possible était la victoire de l’équipe nationale à cette CAN, cinquante ans après sa seule victoire dans cette compétition. « Le Maroc doit-il encore se sacrifier pour le football africain ? », s’interrogeait ainsi le média Le Desk dans un éditorial au lendemain du match. La question risque en effet de se poser, au moment où les lignes bougent en coulisses autour de l’attribution des prochaines éditions de la CAN, désormais organisée sur un rythme quadriennal.

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Venance Konan: « Omar Sy ou l’assimilation à la française » https://mondafrique.com/international/venance-konan-omar-sy-ou-lassimilation-a-la-francaise/ Sat, 24 Jan 2026 05:50:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145821 Certains commentaires entendus à l’occasion de la CAN 2025 ont inspiré à Venance Konan une chronique aigre-douce pour Mondafrique sur le racisme – à peine – voilé qui se dissimule derrière la définition de l’assimilation à la française. Vous vous sentez un peu français parce que votre pays a été colonisé par la France et […]

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Certains commentaires entendus à l’occasion de la CAN 2025 ont inspiré à Venance Konan une chronique aigre-douce pour Mondafrique sur le racisme – à peine – voilé qui se dissimule derrière la définition de l’assimilation à la française.

Vous vous sentez un peu français parce que votre pays a été colonisé par la France et que vous parlez français, mangez de « la vache qui rit », buvez du vin de Bordeaux et portez des nœuds papillons ? C’est bien. Mais pour être vraiment considéré comme un bon Français, c’est plus compliqué que cela. Laissez-moi vous raconter l’histoire d’Omar Sy, un Français bien comme il faut, que vous connaissez peut-être. Il est né français, en France, a grandi en France, parle le français sans accent et il est devenu un comédien à grand succès qui a remporté le Globe de cristal du meilleur acteur en 2012, le prix du meilleur acteur ex aequo avec son partenaire François Cluzet au festival international du film de Tokyo et le César du meilleur acteur la même année.

Omar Sy dans les vestiaires des Lions de la Teranga, le soir de la victoire.

Français bien comme il faut ? Oui, mais à quelques détails près. Omar Sy est donc français. Même si son nom ne sonne pas franchement gaulois. Sa couleur non plus. Il est grand, mais pas blond, et pas blanc du tout. Il a plutôt la couleur noire d’un Sénégalais, comme l’est d’ailleurs son père. En principe dans la grande France, pays de la liberté, de la fraternité et de l’égalité, cela ne devrait pas poser de problème. D’ailleurs selon les sondages, Omar Sy est depuis de longues années l’une des personnalités préférées des Français. Mais voilà ! Il s’appelle Omar Sy et il est Noir. Et pour compliquer davantage son cas, il est musulman. Alors, peut-on être Noir, musulman, porter un nom et un prénom pas européens ou judéo-chrétiens et être un bon Français ? Pour certains Français, plutôt proches de l’extrême-droite, ce n’est pas très évident. Ainsi, Omar Sy a été interpellé par un journaliste de la chaîne CNews pour avoir célébré la victoire de l’équipe du Sénégal sur le Maroc lors de la récente Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Précisons que le Sénégal n’avait pas battu la France mais le Maroc.

« Français à part entière et non entièrement à part »

Voici les propos du journaliste : « le fait que Omar Sy, qui est dans le classement du JDD (Journal du dimanche) la troisième personnalité préférée des Français, soit présent au stade du Maroc et fasse la fête avec les joueurs du Sénégal dans les vestiaires pose une question sur notre capacité à assimiler. Il est français et si un des Français les plus appréciés du peuple français a le besoin d’aller célébrer la victoire de son pays d’origine, cela pose question sur notre méthode d’assimilation. » Voici donc. Pour certains Français, si vous êtes Français avec une origine d’un autre pays, vous devriez rompre totalement avec ce pays, ou ne manifester aucune empathie pour lui si vous voulez être considéré comme Français à part entière et non comme Français entièrement à part.

Que dire alors de Manuel Valls, l’ancien Premier ministre français, d’origine espagnole, qui a cherché à se faire élire en Espagne ? On me rétorquera sans doute que l’Espagne est un pays européen et que ce n’est pas la même chose. Que dire alors de madame Salomé Zourabichvilli, l’ancienne présidente de la Géorgie, qui avait la nationalité française, était ambassadrice de la France en Géorgie, puis est devenue ministre des Affaires étrangères de ce pays avant d’en être la Présidente ? Cela n’avait dérangé personne en France. Pourquoi ? Peut-être parce qu’elle était caucasienne. Et que dire de ces Français qui vont faire la guerre en Palestine aux côtés des Israéliens ?

Et chez les anglo-saxons ? 

Bon, ne chipotons pas trop. Chaque pays a ses mœurs propres. Allons voir un peu ce qui se passe ailleurs. Aux États Unis, par exemple, le président de la Banque mondiale est un Américain d’origine indienne qui affiche fièrement son appartenance à la communauté Sikh à travers la barbe et le turban. Je ne sais pas si cet état de chose perdurera avec le grand blond qui occupe la Maison-Blanche actuellement. Au Canada, un officier de la police montée d’origine Sikh a été autorisé à porter son turban. De même que des joueurs de l’équipe de football. En Grande Bretagne, le pays n’avait pas hésité à se donner un premier ministre d’origine indienne qui n’avait pas caché son appartenance à la religion hindoue qu’il pratiquait ostensiblement. Et le ministre de l’Économie et des Finances de sa prédécesseur était originaire d’Afrique. En 2024, toujours en Grande Bretagne, un Noir avait été nommé ministre des Affaires étrangères.  Et aucun sourcil ne s’était levé dans ce pays. C’est d’ailleurs en Grande Bretagne que l’Ivoirien Tidjane Thiam fut nommé directeur général de la compagnie d’assurance Prudential, poste qu’il n’aurait jamais obtenu s’il était resté en France, pays dont il porte aussi la nationalité.

En France, il y eut une levée de boucliers du côté de l’extrême droite lorsque le pourtant français Pap Ndiaye fut nommé ministre de l’Éducation nationale. Il était Français, certes, mais son nom et sa couleur trahissaient une origine située un peu trop loin de l’Europe à leur goût. Les maires de Londres et de New York sont des musulmans. Dire qu’en France le port de l’abaya ou du simple voile donne de l’urticaire à bon nombre de personnes !

Selon les sondages, l’extrême droite a toutes les chances de prendre le pouvoir lors de la prochaine élection présidentielle en France. Dans la France qui arrive, les choses risquent d’être encore plus compliquées pour les Français et aspirants français à la peau un peu trop foncée.

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CAN : Brahim Diaz, de héros à zéro au milieu du chaos https://mondafrique.com/decryptage/can-brahim-diaz-de-heros-a-zero-au-milieu-du-chaos/ Tue, 20 Jan 2026 13:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145639 Entre Brahim Diaz et le Maroc, la belle histoire de la CAN 2025 s’est achevée sur un penalty manqué, dimanche, en conclusion d’une finale perdue face au Sénégal. Retour sur ces moments de chaos qui ont vu le buteur des Lions de l’Atlas passer de héros à zéro, au moment où la partie, incertaine, basculait […]

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Entre Brahim Diaz et le Maroc, la belle histoire de la CAN 2025 s’est achevée sur un penalty manqué, dimanche, en conclusion d’une finale perdue face au Sénégal. Retour sur ces moments de chaos qui ont vu le buteur des Lions de l’Atlas passer de héros à zéro, au moment où la partie, incertaine, basculait dans le temps additionnel de la seconde période.
 
Par Patrick Juillard 

90e+2 : le Sénégal ouvre le score par Ismaïla Sarr. Problème : l’arbitre, M. Ndala, a préalablement sifflé une faute de Seck sur Hakimi. L’action est interrompue, le but n’est pas accordé et le VAR (assistance vidéo) ne peut être consulté. L’examen des images aurait dû conduire l’arbitre congolais à accorder le but.

90e+8 : accrochage sur Diaz, dans la surface de réparation sénégalaise. Appelé par le VAR, l’arbitre accorde un penalty au Maroc.

Dans la foulée, le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, demande à ses joueurs de quitter le terrain pour protester contre ces décisions, jugées inéquitables. Les supporters du Sénégal, rassemblées dans une section de la tribune opposée, tentent de pénétrer sur le terrain. Des coups sont échangés et plusieurs blessés sont à dénombrer. Le protocole FIFA, qui interdit au diffuseur de montrer ce type d’images, favorise la prolifération des rumeurs. 

L’échange Sadio Mané-Claude Le Roy

Dans ce chaos, un homme se distingue : Sadio Mané, la star des Lions de la Teranga, refuse de quitter le terrain. Après un bref échange avec Claude Le Roy, présent au bord de la pelouse en tant que consultant télé – «À ta place, j’irais chercher mes potes », lui conseille le coach chevronné – l’attaquant demande à ses coéquipiers de revenir. « On va jouer comme des hommes ! Allez, venez », lance l’ancien joueur de Liverpool. 

Après le retour des Sénégalais sur le terrain, la partie peut reprendre. L’interruption a duré 15 minutes et 22 secondes. Brahim Diaz frappe le penalty et le manque en tentant une panenka (ndlr, du nom du joueur tchèque qui inventa ce geste, consistant à lober le gardien, plongeant d’un côté ou de l’autre du but, d’un petit ballon fouetté). Le Maroc vient de gâcher une occasion historique…

94e : le Sénégal, revigoré, a entamé la prolongation pied au plancher et marque sur une frappe surpuissante de Pape Gueye. Il reste alors près de trente minutes aux Marocains pour inverser la tendance, mais ce ne sera jamais le cas. Les Lions de la Teranga remportent la CAN 2025, la deuxième de l’histoire du pays après l’édition 2021. 

Passé de héros à zéro le temps d’un penalty manqué, Brahim Diaz va recevoir sa médaille de soulier d’or (meilleur buteur) de la compétition sous les sifflets d’un stade Prince-Moulay-Abdellah vidé d’une grande partie de ses spectateurs. Après avoir marqué à chacune des cinq premières sorties des  Lions de l’Atlas, l’ailier droit du Real Madrid a flanché au pire moment, à l’image de son équipe, incapable de marquer dans le jeu tant en demi-finales contre le Nigeria qu’en finale face au Sénégal. 

Brahim Diaz, un échec en forme de fardeau 

Devenu international marocain après avoir porté les couleurs de l’Espagne, le natif de Malaga va devoir vivre toute sa carrière avec ce penalty raté, dans un pays déjà échaudé par les tentatives avortées d’Hakim Ziyech (contre le Bénin, lors des huitièmes de finale de la CAN 2019) et d’Achraf Hakimi (contre l’Afrique du Sud lors de ceux de la CAN 2023). 

Le lendemain, Brahim Diaz s’adresse au public dans un post sur Instagram. « Hier, j’ai échoué et j’en assume l’entière responsabilité. Je vous présente mes excuses les plus sincères, écrit le héros malheureux de la finale. J’ai mal au cœur. J’ai rêvé de ce titre grâce à tout l’amour que vous m’avez donné, à chaque message, à chaque marque de soutien qui m’a fait sentir que je n’étais pas seul. Je me suis battu de toutes mes forces, avec mon cœur avant tout. Il me sera difficile de m’en remettre, car cette blessure ne guérit pas facilement, mais je vais essayer. Pas pour moi, mais pour tous ceux qui ont cru en moi et pour tous ceux qui ont souffert avec moi. »

La théorie du complot pour réécrire l’histoire

Mais le mal est fait. La presse n’est pas tendre avec Brahim Diaz. TelQuel évoque même une « panenka atroce». Parmi les observateurs du football africain, une théorie a ses adeptes : le joueur aurait volontairement manqué son geste, dans le but d’éviter un chaos plus grand encore. Une variante complotiste circule également : c’est SAR le prince Moulay Rachid qui en aurait donné l’ordre, dans le souci de ne pas voir le Maroc gagner la CAN sur un but litigieux.

On peut voir dans cette théorie diffusée, sans la moindre preuve, par certains proches du régime, une manière commode de justifier une défaite a posteriori. D’autres, plus rationnels et plus nombreux, estiment que le contexte explosif et le quart d’heure d’attente avant d’exécuter la sentence ont sorti l’intéressé de son match et provoqué son échec. 

Alors qu’il lui avait adressé une soufflante depuis son banc de touche avant de le remplacer, le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, sera plus clément pour son joueur au moment de sa conférence de presse d’après-match : « Brahim a frappé un tir au but contre le Mali et l’a marqué. Aujourd’hui, il l’a loupé. Ça fait partie du football. »

Tous les entraîneurs ne sont pas du même avis. Ancien occupant du banc du Maroc, aujourd’hui assis sur celui de l’Arabie Saoudite, Hervé Renard livre un verdict sans appel. « On a le droit de rater un penalty, mais, en pareil cas, je suis catégorique et je n’ai aucune complaisance, déclare le technicien français dans un entretien au Parisien. C’est un manque de respect pour tout un pays et tout un peuple en quête d’un succès depuis 50 ans. » Brahim Diaz va devoir être fort, très fort, pour revenir plus fort.

 

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CAN 2025 : le Maroc face à son destin https://mondafrique.com/societe/can-2025-le-maroc-face-a-son-destin/ Sun, 18 Jan 2026 10:44:05 +0000 https://mondafrique.com/?p=145548 Tout un peuple n’attend que cela : en quête d’un titre continental depuis 1976, le Maroc affronte le Sénégal ce dimanche (20h00) à Rabat en finale de la CAN 2025. Ambiance fébrile à quelques heures de ce rendez-vous historique entre les deux meilleures équipes africaines du moment.     Par Patrick Juillard    Vendeur de drapeaux, […]

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Tout un peuple n’attend que cela : en quête d’un titre continental depuis 1976, le Maroc affronte le Sénégal ce dimanche (20h00) à Rabat en finale de la CAN 2025. Ambiance fébrile à quelques heures de ce rendez-vous historique entre les deux meilleures équipes africaines du moment.  
 
Par Patrick Juillard 
 
Vendeur de drapeaux, d’écharpes, de casquettes et d’objets destinés aux supporters du Maroc et des autres équipes de la CAN 2025, Mehdi ne chôme pas en cette veille de finale entre les Lions de l’Atlas et le Sénégal. Dans son magasin « Au beau fanion », à quelques encablures de la mosquée Al-Badr, dans le vivant quartier d’Agdal, le jeune homme arbore un sourire discret. « Au début, c’était surtout les gens des pays francophones qui venaient acheter, des drapeaux aux couleurs de leur pays ou des maillots du Maroc, dit-il. Aujourd’hui, ce sont surtout des Marocains, de toutes tranches d’âge, hommes et femmes. Tout le monde veut montrer qu’il supporte son équipe. »

La folie des billets

Les affaires se portent donc bien, mais en ville, pourtant, la fièvre monte tout doucement. Que l’on ne s’y trompe pas, toutefois : le jour J, à l’heure H, le stade Prince Moulay-Abdellah grondera et poussera son équipe comme un seul homme, et les quelques supporters du Sénégal n’existeront que visuellement dans ce vacarme patriotique. Tout le monde veut en être, tous ceux qui n’ont pas (encore) de place en cherchent désespérément.
 
Quoiqu’en disent les organisateurs et les autorités locales, le marché noir carbure non-stop pour tous ceux qui ne veulent pas se contenter pas de suivre le match dans les fanzones et les cafés, où l’IPTV tourne à plein régime depuis un mois. Les heureux détenteurs brandissent parfois leur ticket comme un trophée. « C’est un billet à 300 dirhams (environ 30 euros) et le gars me le faisait à 4000 (400 euros), mais je l’ai acheté à 2000 dirhams », racontait jeudi un jeune et débrouillard habitant de la capitale à L’Équipe. Depuis, les prix ont continué de grimper sur ce marché informel, alimenté par le système D et les messageries cryptées. 

Des petits fours aux 100 décibels 

Peut-être le revers d’une médaille, celle de la fidélité ? Après avoir tancé le public en début de CAN – « Si le public vient juste pour manger les petits fours, on n’a rien à faire de lui », avait-il déclaré – le sélectionneur Walid Regragui n’a cessé, depuis, de saluer sa montée en puissance. Celle-ci a été synchrone avec celle de l’équipe qu’il dirige, en quête d’un second sacre continental, cinquante ans après le trophée ramené d’Éthiopie.
 
« Contre le Nigeria [en demi-finale], nos supporters sont montés à 100 décibels, a rappelé l’ancien joueur de Grenoble et d’Ajaccio. Je veux que le Sénégal sente que ce n’est pas le stade des Martyrs [à Kinshasa, où le Sénégal a affronté et battu la RDC cet automne en éliminatoires du Mondial 2026, ndlr]. Pour venir nous battre au Maroc, c’est très compliqué, très dur. Le Cameroun s’en est rendu compte et le Nigeria aussi. Ce n’est pas Dortmund, le Parc [des Princes] ou Marseille. Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous. » 

 Aux portes du Top 10 mondial

Battu en 1988 par le futur vainqueur camerounais, le Maroc entend, cette fois, être roi en son Royaume. Doté d’un effectif de qualité à tous les postes, le pays hôte de cette 35e édition recueillerait ainsi les fruits de sa régularité dans cette finale du triomphe de la logique, entre le pays africain leader au classement mondial de la FIFA (le Maroc, 11e) et son premier challenger continental (le Sénégal, 19e).
 
Il lui faudra d’abord vaincre une équipe remontée contre les organisateurs : vendredi, l’arrivée de la délégation du Sénégal à la gare TGV de Rabat, pourtant annoncée publiquement, s’est faite sans cordon de sécurité et le lendemain, un nouveau lieu d’entraînement a été alloué au dernier moment aux Lions de la Teranga, désireux de ne pas effectuer leur dernière séance sur les installations du complexe Mohammed V, habituellement dédié au Maroc.
 
Il s’agira ensuite de chasser les soupçons de favoritisme, prompts à se déchaîner à la moindre erreur d’arbitrage. Enfin, Walid Regragui et ses joueurs devront surmonter la (relative) malédiction du pays organisateur au 21e siècle : depuis 2000, seules la Tunisie (2004), l’Égypte (2006) et la Côte d’Ivoire (2024) ont triomphé à domicile.

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