Semaine culturelle - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/semaine-culturelle/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 27 Feb 2026 14:32:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Semaine culturelle - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/semaine-culturelle/ 32 32 Notre semaine culturelle africaine débute avec le festival Ramadan à la Cité à Tunis https://mondafrique.com/loisirs-culture/semaine-culturelle-africaine-festival-ramadan/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/semaine-culturelle-africaine-festival-ramadan/#respond Fri, 27 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147723   Des nuits ramadanesques de Tunis aux écrans engagés de Saint-Martin-d’Hères, des grandes scènes du Caire aux projecteurs de Berlin, l’Afrique culturelle s’impose cette semaine comme un espace en mouvement. Festivals, concerts et cinémas relient les diasporas, déplacent les centres et rappellent qu’il ne s’agit pas d’une périphérie créative, mais d’un cœur battant du monde […]

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Des nuits ramadanesques de Tunis aux écrans engagés de Saint-Martin-d’Hères, des grandes scènes du Caire aux projecteurs de Berlin, l’Afrique culturelle s’impose cette semaine comme un espace en mouvement. Festivals, concerts et cinémas relient les diasporas, déplacent les centres et rappellent qu’il ne s’agit pas d’une périphérie créative, mais d’un cœur battant du monde artistique contemporain.

Du 21 février au 17 mars 2026, le festival Ramadan à la Cité investit la Cité de la culture Chedli Klibi à Tunis. Musique, tarab, raï, théâtre et créations tunisiennes rythment les soirées du Ramadan, entre grandes voix arabes et talents locaux.

 


Abir Naama

À Tunis, le mois de Ramadan rime avec scène et partage. Du 21 février au 17 mars 2026, le festival Ramadan à la Cité revient animer les soirées de la capitale à la Cité de la culture Chedli Klibi. Conçu et orchestré par le Théâtre de l’Opéra de Tunis, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous culturel majeur du calendrier ramadanesque, conjuguant exigence artistique et convivialité nocturne.

Pensé comme un festival pluridisciplinaire, Ramadan à la Cité propose une programmation qui traverse les registres et les générations. Concerts symphoniques, grandes voix arabes, figures du raï, groupes engagés, hommages à la chanson tunisienne et propositions théâtrales s’y succèdent, dessinant un paysage artistique à la fois ancré et ouvert.

Grandes voix et répertoires populaires

L’ouverture officielle s’est faite en musique le 25 février avec la chanteuse libanaise Abir Naama. Elle a été accompagnée par l’Orchestre symphonique tunisien sous la direction du Maestro Chady Garfi, dans un spectacle annoncé comme l’un des temps forts de cette édition. Une rencontre entre voix orientale et écriture orchestrale qui fut un moment d’élévation.

Les 27 et 28 février, le public retrouvera le Prince du Raï, Cheb Mami, pour deux soirées très attendues. Icône d’un genre populaire qui a marqué toute une génération, l’artiste algérien incarne cette capacité du festival à conjuguer nostalgie et énergie contemporaine.

Le 1er mars, place au quintet du musicien turc Aytaç Doğan, virtuose du kanoun, qui apportera une couleur instrumentale singulière à la programmation. Du 5 au 7 mars, le Festival de la chanson tunisienne prendra le relais avec un hommage appuyé aux voix locales, rappelant l’importance du patrimoine musical national dans l’identité culturelle du pays.

Zied Gharsa

Le 10 mars sera placé sous le signe du tarab avec Zied Gharsa, figure majeure de la musique classique tunisienne. Le lendemain, le 11 mars, le mythique groupe marocain Nass El Ghiwane montera sur scène. Connu pour son esprit engagé et ses textes puissants, le collectif continue de fédérer un public intergénérationnel à travers le monde arabe.

Enfin, le 15 mars, la clôture du festival sera confiée à la star libanaise Carole Samaha. Une soirée annoncée comme somptueuse, qui devrait attirer un large public et refermer cette édition sur une note festive et spectaculaire.

Un rendez-vous culturel ramadanesque

Au-delà des concerts, le festival accorde également une place au théâtre. Le 14 mars, la pièce “11-14” de Moez El Gdiri viendra enrichir la programmation, confirmant la dimension pluridisciplinaire de l’événement. Cette diversité témoigne de la volonté des organisateurs de faire de Ramadan à la Cité un espace d’expression multiple, où la musique dialogue avec les arts de la scène.

Aytaç Doğan

Le Théâtre de l’Opéra de Tunis, à l’origine de cette manifestation, affirme ainsi son rôle central dans la structuration de la vie culturelle nationale. En investissant la Cité de la culture Chedli Klibi, complexe emblématique au cœur de la capitale, il ancre le festival dans un lieu devenu symbole du renouveau artistique tunisien.

Ramadan à la Cité ne se limite pas à une succession de spectacles. Il s’inscrit dans une tradition propre aux soirées du Ramadan, où les familles et les amis se retrouvent après la rupture du jeûne pour partager des moments de culture et de détente. L’événement cultive cette atmosphère particulière faite de ferveur, de recueillement et de célébration.

En consolidant d’année en année sa programmation et en invitant des artistes tunisiens, arabes et internationaux, le festival affirme sa vocation de passerelle. Il relie les générations, les styles et les sensibilités. À Tunis, il s’impose comme un cœur battant de la saison culturelle, où le plaisir artistique se conjugue à la convivialité.

Informations pratiques

Événement : Ramadan à la Cité 2026
Lieu : Cité de la culture Chedli Klibi, Tunis
Dates : du 21 février au 17 mars 2026
Organisation : Théâtre de l’Opéra de Tunis
Billetterie et programme détaillé : disponibles auprès de la Cité de la culture et des canaux officiels du festival.

À Calgary, l’Ethnik Festival célèbre l’unité (jusqu’au 1 er mars)

Du 27 février au 1er mars 2026, l’Ethnik Festival of Arts and Culture investit Calgary pour trois jours de célébration afro-canadienne et caribéenne. Musique, performances, marchés culturels et rencontres communautaires composent un rendez-vous placé sous le signe de l’unité dans la diversité.

À Calgary, la fin février s’annonce haute en couleurs. Du 27 février au 1er mars 2026, l’Ethnik Festival of Arts and Culture réunit artistes, collectifs, entrepreneurs culturels et publics autour d’une programmation dense mêlant musique, danse, expositions, conférences et marchés culturels. Plus qu’un simple festival, l’événement se veut une plateforme de rencontre et de reconnaissance pour les communautés afro-canadiennes et caribéennes.

Porté par l’Ethnik Festivals Association, organisme à but non lucratif ancré dans la communauté, le festival revendique une ambition claire : créer des espaces d’apprentissage, de recherche, de formation et de célébration des réussites individuelles et collectives. Son credo, « Unity in diversity », traduit une vision d’une société canadienne intégrée et socialement cohésive, où les identités culturelles ne s’effacent pas mais dialoguent.

Une plateforme pour raconter et transmettre

L’association se définit comme un acteur communautaire à vocation globale. Elle se présente à la fois comme organisatrice d’événements, incubatrice de talents et gardienne de mémoires culturelles. Au cœur de son action, trois axes structurent son travail : le développement et la recherche artistique, l’apprentissage et l’autonomisation des jeunes, la célébration des créateurs et la promotion des identités culturelles à travers des festivals et rassemblements significatifs.

 

 



L’Ethnik Festival incarne concrètement cette mission. Sur scène, des artistes afro-canadiens et caribéens font vibrer des répertoires qui traversent les générations et les géographies. Les performances mêlent musiques traditionnelles et expressions urbaines contemporaines. Les danses racontent des histoires de migrations, d’héritages et de métissages. Dans les espaces d’exposition, arts visuels et artisanat témoignent de savoir-faire transmis et réinventés.

Les marchés culturels occupent également une place centrale. Ils offrent une vitrine à des entrepreneurs issus des communautés représentées, qu’il s’agisse de mode, de gastronomie, d’édition ou d’objets artisanaux. Cette dimension économique n’est pas secondaire. Elle participe d’une volonté d’autonomisation et de visibilité, en soutenant des initiatives qui prolongent la culture dans la vie quotidienne.

L’art comme langage commun

Pour les organisateurs, l’art constitue un langage universel capable de dépasser les frontières et de favoriser une meilleure compréhension des histoires et des valeurs des différents peuples. Il ne s’agit pas seulement d’expression esthétique. L’art est envisagé comme une force dynamique, inscrite dans la vie de tous les jours, capable de guérir, de créer du lien et de renforcer le sentiment d’appartenance.

Dans cette perspective, les conférences et tables rondes proposées durant le festival occupent une fonction essentielle. Elles permettent d’aborder des enjeux liés à la transmission culturelle, à la représentation des minorités dans les industries créatives ou encore à la place des jeunes dans la construction des identités diasporiques. Ces moments d’échange complètent la dimension festive et donnent au rendez-vous une profondeur réflexive.

Le festival s’inscrit également dans une vision assumée du « rêve canadien », façonné par la diversité, l’opportunité et l’unité. Les organisateurs affirment leur conviction que chaque personne doit pouvoir vivre, apprendre et créer à partir de son héritage culturel. En ce sens, l’Ethnik Festival ne se contente pas de montrer des cultures ; il revendique un droit à la visibilité et à la participation pleine et entière à la société canadienne.

À Calgary, ville marquée par une forte croissance démographique et une diversité croissante, l’événement joue un rôle de catalyseur. Il favorise les rencontres entre communautés, encourage la curiosité et contribue à enrichir le paysage culturel local. Loin de se limiter à une célébration ponctuelle, il s’inscrit dans un travail continu mené tout au long de l’année par l’association.

En réunissant artistes, publics et acteurs communautaires, l’Ethnik Festival of Arts and Culture affirme que la diversité n’est pas un slogan mais une pratique vivante. Pendant trois jours, Calgary devient un espace de partage où les cultures afro-canadiennes et caribéennes se racontent, se célèbrent et se projettent vers l’avenir.

Informations pratiques

Événement : Ethnik Festival of Arts and Culture 2026
Dates : du 27 février au 1er mars 2026
Lieu : Calgary, Alberta, Canada
Organisation : Ethnik Festivals Association
Programme détaillé et billetterie : disponibles sur les plateformes officielles du festival.


Le Caire : Angham se produira au Grand Egyptian Museum le 3 mars

Le 3 mars 2026, la star égyptienne Angham se produira pour la première fois au Grand Egyptian Museum, dans le cadre des GEM Nights. Une soirée caritative mêlant concert, exposition exclusive et sohour, sous le titre évocateur « One Night, One Light ».

Angham

Le mardi 3 mars, le Grand Egyptian Museum accueillera l’une des voix les plus emblématiques du monde arabe. À partir de 22 heures, la chanteuse Angham investira la tente Al-Mashrafia pour une performance exceptionnelle, marquant sa première apparition dans ce lieu prestigieux.

Organisée par Ahl Masr Burn Hospital Sohour, la soirée porte le titre One Night, One Light. Au-delà du concert, l’événement revêt une dimension philanthropique. Il associe musique, exposition exclusive et sohour, transformant la nuit ramadanesque en moment de partage culturel et de solidarité. Le choix du Grand Egyptian Museum comme écrin confère à la soirée une portée symbolique forte, reliant patrimoine millénaire et création contemporaine.

Une voix majeure de la scène arabe

Née en 1972 dans une famille d’artistes, Angham grandit au cœur de la musique. Son père, Mohamed Ali Soliman, compositeur, violoniste et chanteur, l’initie très tôt à la scène. Sa mère, Magda Abdel-Haleem, appartient également au monde artistique. Angham débute à la fin des années 1980 aux côtés de son père, avant de poursuivre une formation au Conservatoire du Caire et d’entamer une carrière indépendante.

Angham

Depuis, elle a publié plus de vingt-cinq albums et construit un répertoire qui traverse les générations. De Fil Rokn El Baeed El Hady à Mazh, en passant par Betheb Meen ou Hala Khassa Geddan, elle a su conjuguer romantisme classique, arrangements modernes et maîtrise vocale. Sa présence scénique et sa capacité à incarner l’émotion lui valent une popularité constante en Égypte et dans l’ensemble du monde arabe.

En septembre 2025, elle franchissait une étape historique en se produisant au Royal Albert Hall de Londres, devenant la première artiste égyptienne à fouler la scène de cette salle mythique. Cinquante-huit ans après le concert d’Abdel Halim Hafez en 1967, sa performance y fut saluée par une ovation mémorable. Ce jalon international confirme son statut d’icône culturelle.

Les GEM Nights, nouvelle scène internationale

Le concert du 3 mars s’inscrit dans la série des GEM Nights, lancée fin 2025. Le Grand Egyptian Museum a depuis accueilli une programmation éclectique réunissant des artistes de renommée mondiale tels que le violoncelliste Hauser, le chanteur R&B Brian McKnight, l’auteur-compositeur britannique Calum Scott, le musicien canadien Bryan Adams ou encore la soprano égyptienne Fatma Said.

En accueillant Angham, le musée poursuit cette dynamique d’ouverture, mêlant figures internationales et grandes voix arabes. Le choix de la tente Al-Mashrafia crée une atmosphère à la fois intime et solennelle, propice à une expérience immersive où patrimoine architectural et performance musicale dialoguent.

Le format de la soirée, combinant concert, exposition et sohour, reflète une conception élargie de l’événement culturel. Il ne s’agit pas seulement d’assister à un spectacle, mais de vivre un moment complet, inscrit dans le rythme particulier des nuits de Ramadan. L’initiative caritative portée par Ahl Masr Burn Hospital Sohour ajoute une dimension solidaire, rappelant que l’art peut également être un vecteur d’engagement.

Au Grand Egyptian Museum, temple dédié à l’histoire pharaonique et à la mémoire nationale, la voix d’Angham résonnera comme un pont entre héritage et modernité. En s’inscrivant dans la programmation des GEM Nights, la chanteuse confirme son rôle central dans la scène musicale arabe contemporaine.

Informations pratiques

Événement : Angham – One Night, One Light
Date : mardi 3 mars 2026
Heure : à partir de 22 h
Lieu : Tente Al-Mashrafia, Grand Egyptian Museum, Le Caire
Organisation : Ahl Masr Burn Hospital Sohour
Programme : concert live, exposition exclusive et sohour
Billetterie : via les canaux officiels du Grand Egyptian Museum et des organisateurs.

À Saint-Martin-d’Hères, une semaine au rythme des Cinémas d’Afrique (4-10 mars)

Du 4 au 10 mars 2026, Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères accueille la neuvième édition des Rendez-vous des Cinémas d’Afrique. Dix-neuf films, dont plusieurs inédits et avant-premières, célèbrent la vitalité des créations africaines et ouvrent un espace de dialogue avec le public.

 

À Saint-Martin-d’Hères, le cinéma devient une fenêtre ouverte sur le continent africain. Du mercredi 4 au mardi 10 mars, la salle Mon Ciné accueille la neuvième édition des Rendez-vous des Cinémas d’Afrique. Dix-neuf films, entre fictions et documentaires, composent une programmation dense qui explore la diversité des regards et des récits venus d’une douzaine de pays.

Fidèle à son ambition initiale, le festival entend mettre en lumière la richesse des créations africaines contemporaines. Après une édition 2025 qui avait réuni plus de 1 200 spectateurs, l’événement confirme son ancrage local et son rayonnement croissant. Cette année, l’identité visuelle a été conçue en partenariat avec le lycée Argouges, où des élèves de première ont participé à l’élaboration de l’affiche. Un geste symbolique qui souligne la dimension pédagogique et collective du projet.

Une programmation exigeante et engagée

Le programme, élaboré avec le concours de onze associations partenaires, propose un éventail de films permettant d’aborder des réalités sociales, politiques et culturelles variées. Huit œuvres sont inédites et quatre seront présentées en avant-première. Nombre d’entre elles ont été remarquées dans de grands festivals internationaux tels que Cannes, le Fespaco ou Locarno, parfois couronnées de prix.

En ouverture, le documentaire Soudan, souviens-toi de la réalisatrice Hind Meddeb donne le ton. Le film revient sur l’élan révolutionnaire soudanais et interroge la mémoire collective d’un pays traversé par les aspirations à la liberté. D’autres œuvres explorent les luttes pour l’indépendance, les mutations sociales ou encore les combats pour l’émancipation des femmes. Loin des clichés, la sélection propose un éclairage nuancé sur la complexité des sociétés africaines contemporaines.

La diversité des formats contribue à cette richesse. Les documentaires côtoient des fictions audacieuses, offrant des expériences cinématographiques complémentaires. Certaines œuvres adoptent une approche intimiste, d’autres privilégient la fresque historique ou la chronique sociale. Ensemble, elles dessinent un paysage pluriel, à l’image du continent.

Le jeune public n’est pas oublié. Le film Fantastique, sélectionné au Festival de Locarno 2025, sera projeté le dimanche 8 mars au matin. Destinée aux enfants à partir de dix ans, cette séance confirme la volonté des organisateurs d’élargir l’accès aux cinémas d’Afrique à toutes les générations.

Un festival de rencontres et de débats

Au-delà des projections, Les Rendez-vous des Cinémas d’Afrique cultivent l’échange. Chaque séance devient l’occasion de rencontres avec des représentants associatifs, des réalisateurs, des distributeurs ou des historiens. Ces discussions prolongent les films, ouvrent des perspectives et invitent le public à confronter ses points de vue.

Nouvelle initiative cette année, un ciné-radio en lien avec Radio Campus accompagnera certaines projections. Cette formule permet de diffuser les débats au-delà de la salle et d’inscrire le festival dans un espace médiatique élargi. Elle témoigne de la volonté d’expérimenter de nouveaux formats pour faire circuler la parole.

À Mon Ciné, l’événement s’inscrit dans une tradition d’ouverture aux cinématographies du monde. Les Rendez-vous des Cinémas d’Afrique s’y imposent comme un temps fort, alliant exigence artistique et engagement citoyen. En mettant en avant des œuvres souvent peu visibles dans les circuits commerciaux, le festival contribue à diversifier les imaginaires et à renouveler les regards.

Dans un contexte où les représentations de l’Afrique restent parfois stéréotypées, cette semaine de projections offre un contrepoint salutaire. Elle rappelle que le cinéma africain est multiple, inventif et profondément ancré dans les réalités contemporaines. À Saint-Martin-d’Hères, le public est invité à voyager, à réfléchir et à débattre, le temps d’un festival devenu incontournable.

Informations pratiques

Événement : Les Rendez-vous des Cinémas d’Afrique 2026
Lieu : Mon Ciné, Saint-Martin-d’Hères
Dates : du 4 au 10 mars 2026
Programme : 19 films, dont 8 inédits et 4 avant-premières
Rencontres : débats avec réalisateurs, associations et professionnels
Billetterie et horaires : disponibles auprès de Mon Ciné et sur les supports officiels du festival.

 

Berlinale 2026 : « Soumsoum, la nuit des astres », 

Présenté en compétition à la Berlinale 2026, Soumsoum, la nuit des astres marque le retour de Mahamat-Saleh Haroun. Entre mythe et réalisme, le cinéaste franco-tchadien explore l’invisible, la mémoire et la place des femmes dans un Tchad traversé par les bouleversements contemporains.


Dévoilé mi-février en compétition officielle à la 76e Berlinale, Soumsoum, la nuit des astres confirme la singularité du regard de Mahamat-Saleh Haroun. Depuis Daratt, Un homme qui crie, Grigris ou Lingui, le réalisateur franco-tchadien n’a cessé de proposer une image du continent affranchie des clichés, attentive aux tensions entre héritages ancestraux et mutations modernes. Avec ce nouveau long métrage, il pousse plus loin encore une esthétique de l’épure et du symbolique.

Le film s’ouvre dans un Tchad désertique récemment frappé par des pluies diluviennes. Nous suivons Kellou, adolescente scolarisée, amoureuse, connectée à son téléphone comme toutes les jeunes filles de son âge. Mais Kellou est habitée par des visions. « Je fais des rêves. Je vois des événements qui se produisent », confie-t-elle. Née dans le sang après la mort de sa mère en couches, elle porte une marque ambivalente, à la fois stigmate et possible puissance.

Entre merveilleux et chronique contemporaine

Haroun installe son récit au cœur d’une cosmogonie où âmes errantes, fêtes des masques et étoiles messagères composent une trame discrète mais persistante. Le film convoque le merveilleux sans jamais basculer dans l’illustration folklorique. L’invisible affleure dans les silences, dans les regards, dans la manière dont la caméra capte les visages comme des paysages intérieurs.

La rencontre de Kellou avec Aya, femme ostracisée et qualifiée de sorcière par les habitants, constitue un pivot narratif. À travers cette figure marginalisée, le cinéaste interroge la peur collective, la désignation de boucs émissaires et la place des femmes dans un environnement social traversé par le syncrétisme religieux et les tensions identitaires. Ce qui pourrait relever du conte devient alors une lecture en creux du Tchad contemporain.

Le décor joue un rôle central. Le plateau de l’Ennedi, avec ses arches naturelles, ses falaises et ses grottes, impose une dimension quasi intemporelle au récit. Ces paysages spectaculaires, filmés avec ampleur, rappellent par moments l’usage mythique de Monument Valley chez John Ford. Ils inscrivent la quête de l’héroïne dans un espace qui semble échapper à l’agitation humaine, proche d’une éternité minérale.

Une œuvre d’épure et de transmission

Le parcours initiatique de Kellou se construit dans la tension entre modernité et héritage. Le téléphone portable coexiste avec les croyances anciennes. Les visions prophétiques se heurtent à un village en proie aux conséquences du dérèglement climatique. Les inondations du 1er septembre 2024, évoquées dans le film, ancrent le récit dans une actualité tangible.

Haroun tisse ces éléments avec une grande sobriété. La mise en scène privilégie les plans longs, les cadres ouverts et une direction d’acteurs contenue. Maïmouna Miawama incarne Kellou avec une fragilité retenue, tandis qu’Achouackh Abakar Souleymane confère à Aya une présence magnétique. Les dialogues, souvent elliptiques, invitent à lire entre les lignes.

Produit par la société française Pili Films et coproduit en exécutif par la société tchadienne Goï-Goï Productions, le film bénéficie d’une diffusion internationale assurée par Films Boutique. Sa sélection en compétition à la Berlinale l’inscrit d’emblée dans la rotation des grands festivals, augurant un parcours soutenu dans les mois à venir.

Soumsoum, la nuit des astres peut dérouter par son rythme et son style narratif inhabituel. Il refuse les démonstrations appuyées et privilégie une progression presque méditative. Mais c’est précisément dans cette retenue que réside sa force. Haroun y apparaît en passeur, reliant passé et présent, visible et invisible, mémoire et devenir.

À Berlin, le film s’impose comme l’une des propositions les plus singulières de la compétition 2026. En explorant le merveilleux comme un prisme pour comprendre le réel, Mahamat-Saleh Haroun poursuit une œuvre cohérente et exigeante, attentive à la complexité des identités africaines contemporaines.

Informations

Titre : Soumsoum, la nuit des astres
Réalisation : Mahamat-Saleh Haroun
Pays : Tchad / France
Première mondiale : Berlinale 2026, compétition officielle
Production : Pili Films, Goï-Goï Productions
Ventes internationales : Films Boutique

Berlinale 2026 : Leyla Bouzid fait entendre la force du murmure

Sélectionné en compétition officielle à la 76e Berlinale, In a Whisper confirme la maturité du cinéma de Leyla Bouzid. Entre retour aux sources et mémoire féminine, la réalisatrice tuniso-française explore les silences familiaux et les fractures intimes d’une Tunisie plurielle.

La nouvelle a circulé comme un souffle devenu écho : In a Whisper, troisième long-métrage de fiction de Leyla Bouzid, figure parmi les films en compétition officielle à la 76e Berlinale, qui se tient du 12 au 22 février 2026 à Berlin. Aux côtés de vingt-et-un autres films venus de vingt-huit pays, l’œuvre concourt pour les Ours d’or et d’argent, inscrivant une nouvelle fois le cinéma tunisien au cœur d’un rendez-vous majeur du septième art.

Coproduit par Unité (France) et Cinétéléfilms (Tunisie), le film, d’une durée de 1h53, s’inscrit dans la continuité d’un parcours artistique cohérent, où l’intime dialogue avec le politique. Depuis À peine j’ouvre les yeux jusqu’à Une histoire d’amour et de désir, Leyla Bouzid a construit un cinéma attentif aux voix empêchées, aux désirs contrariés et aux identités en tension entre deux rives.

Une maison, trois générations, des silences

Le récit s’ouvre sur un retour contraint. Lilia, interprétée par Eya Bouteraa, quitte Paris pour revenir en Tunisie à l’occasion des funérailles de son oncle. Ce retour agit comme un révélateur. Dans la maison familiale, trois générations de femmes cohabitent, liées par des histoires tues, des blessures anciennes et des fidélités invisibles.

Autour de Lilia, les présences de Hiam Abbas et Marion Barbeau composent une constellation féminine dense. Les regards s’échangent, les gestes s’interrompent, les phrases restent en suspens. Chez Bouzid, le conflit ne s’énonce pas frontalement. Il affleure dans la retenue, dans les silences qui pèsent plus lourd que les mots.

La maison devient un espace symbolique. Elle concentre les héritages, les ruptures et les attentes d’une Tunisie traversée par des mutations profondes. Les murs semblent porter la mémoire des femmes qui les ont habités. La cinéaste filme ces corps comme des archives vivantes, gardiennes d’histoires souvent marginalisées.

Un cinéma de la nuance

Avec In a Whisper, Leyla Bouzid poursuit son exploration des territoires intérieurs. Son style, loin de l’emphase, privilégie la suggestion. La caméra avance à pas feutrés, attentive aux détails, aux respirations, aux zones d’ombre. Cette écriture délicate trouve un écho particulier dans le cadre berlinois, festival historiquement attentif aux œuvres engagées et audacieuses dans leur forme.

Leyla Bouzid

Révélée en 2015 avec À peine j’ouvre les yeux, portrait d’une jeune chanteuse à la veille de la révolution tunisienne, la réalisatrice interrogeait déjà la liberté et la parole entravée. En 2021, Une histoire d’amour et de désir abordait le désir féminin et l’exil intérieur avec une rare sensibilité. In a Whisper apparaît aujourd’hui comme une œuvre mûrie, creusant le sillon d’un cinéma du murmure où les tensions sociales se lisent dans les fractures intimes.

La sélection en compétition officielle à la Berlinale ne constitue pas seulement une consécration individuelle. Elle marque une étape importante pour la visibilité du cinéma tunisien contemporain, porté par des voix féminines exigeantes et profondément ancrées dans leur époque. Dans un paysage international souvent dominé par des narrations spectaculaires, le choix d’un film fondé sur la retenue et la complexité des liens familiaux a valeur de signal.

À Berlin, Leyla Bouzid ne cherche pas l’éclat. Elle choisit la vibration discrète. Et c’est dans ce chuchotement que se déploie la puissance de son cinéma.

Informations

Titre : In a Whisper (À voix basse)
Réalisation : Leyla Bouzid
Pays : France / Tunisie
Durée : 1h53
Première mondiale : Berlinale 2026, compétition officielle
Sortie en Tunisie : 29 avril 2026
Production : Unité (France), Cinétéléfilms (Tunisie)

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Notre semaine culturelle débute avec la finale du Africa Alive Festival à Francfort https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-le-clap-de-fin-du-africa-alive-festival-a-francfort/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-le-clap-de-fin-du-africa-alive-festival-a-francfort/#respond Fri, 20 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147351 De Francfort à Nairobi, en passant par Paris, la création africaine s’expose, se projette et se joue sur toutes les scènes. Derniers jours d’Africa Alive, afro-pop de Calema à l’Accor Arena, highlife de Santrofi au New Morning, jazz de Mokhtar Samba au Sunset, cinéma à Kitale et à l’ADIFF : une cartographie vibrante où se […]

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De Francfort à Nairobi, en passant par Paris, la création africaine s’expose, se projette et se joue sur toutes les scènes. Derniers jours d’Africa Alive, afro-pop de Calema à l’Accor Arena, highlife de Santrofi au New Morning, jazz de Mokhtar Samba au Sunset, cinéma à Kitale et à l’ADIFF : une cartographie vibrante où se croisent diasporas, industries culturelles et nouvelles écritures du continent.

 

La 32e édition du Africa Alive Festival se tient à Francfort-sur-le-Main du 29 janvier au 22 février 2026 et s’achèvera dans deux jours. Il reste donc peu de temps pour découvrir, en cours de route, une programmation riche de films africains et d’événements culturels.


Il ne reste que deux jours avant la clôture du Africa Alive Festival 2026. Depuis le 29 janvier, la ville de Francfort accueille la 32e édition de ce rendez-vous incontournable consacré aux cinématographies africaines. Longs métrages, documentaires et courts métrages ont été présentés en version originale sous-titrée, offrant au public allemand un panorama exigeant et diversifié du cinéma du continent.

Cette édition a été marquée par un hommage à Souleymane Cissé, disparu en février 2025. Réalisateur majeur, souvent associé à Ousmane Sembène dans l’histoire du cinéma africain, Cissé a fait l’objet d’une rétrospective réunissant plusieurs de ses œuvres emblématiques.

Parmi les films projetés figuraient La Jeune Fille (1975), qui explore le destin d’une jeune femme rejetée par sa famille après un viol ; Le Vent (1982), centré sur un couple d’étudiants issus de milieux sociaux différents ; et Yeelen (1987), récit initiatique inspiré des traditions bambara, décrivant le conflit entre un père et son fils. À travers ces projections, le festival a rappelé la place centrale de Cissé dans la construction d’un langage cinématographique africain autonome et engagé.

Un focus soudanais et des rencontres culturelles en ville

La programmation 2026 a également mis en avant le documentaire soudanais, avec notamment Khartoum (2025) d’Anas Saeed, Rawia Alhag, Ibrahim “Snoopy” Ahmad et Timeea M Ahmed, ainsi que Soudan, souviens-toi (2024) de la journaliste et réalisatrice Hind Meddeb. Ces films abordent les effets de la guerre civile, les déplacements de population et la fragilité des trajectoires individuelles dans un contexte de conflit.

Les projections ont été accompagnées de discussions permettant d’approfondir les enjeux politiques et sociaux soulevés à l’écran. Le festival s’est ainsi affirmé comme un espace de réflexion autant que de diffusion.

Les séances se sont déroulées dans plusieurs lieux culturels de la ville, notamment le Deutsches Filminstitut & Filmmuseum, le Filmforum Höchst et la Brotfabrik. En parallèle des projections, des concerts, performances, lectures et ateliers ont élargi l’expérience artistique, permettant au public de découvrir d’autres formes d’expression issues du continent africain et de ses diasporas.

À deux jours de la clôture, le Africa Alive Festival offre encore la possibilité de prendre le programme en cours et de découvrir une sélection de films rarement distribués en Allemagne. Pour les spectateurs curieux de cinéma africain contemporain et patrimonial, ces dernières séances constituent une occasion précieuse.

 

Informations pratiques

Dates : du 29 janvier au 22 février 2026 (fin dans deux jours)
Lieu : Francfort-sur-le-Main, Allemagne
 Principaux sites : Deutsches Filminstitut & Filmmuseum, Filmforum Höchst, Brotfabrik
Programme : longs métrages, documentaires et courts métrages africains en version originale sous-titrée, rétrospective Souleymane Cissé, focus sur le Soudan, concerts, performances et ateliers culturels.

Calema à l’Accor Arena : l’afro-pop lusophone en scène le 21 février

Le 21 février 2026, le duo Calema se produira à l’Accor Arena. Originaires de São Tomé-et-Principe et installés au Portugal, António et Fradique Mendes Ferreira se sont imposés comme l’un des groupes afro-pop les plus suivis en Europe.

Le concert parisien s’inscrit dans une trajectoire ascendante. Depuis plusieurs années, Calema enchaîne les tournées à guichets fermés dans l’espace lusophone, notamment au Portugal où le duo a rempli à plusieurs reprises les grandes salles de Lisbonne et Porto. Leur présence à l’Accor Arena confirme leur capacité à fédérer un public élargi, au-delà de la diaspora lusophone.

Leur identité musicale repose sur un croisement maîtrisé entre afro-pop, R&B contemporain, semba angolais et influences zouk et latines. Les productions sont structurées autour de mélodies immédiates, de refrains fédérateurs et de rythmes dansants. Les textes, majoritairement en portugais, explorent les thèmes de l’amour, des relations, de la séparation et du lien aux origines.

Nés à São Tomé-et-Principe avant de grandir au Portugal, les deux frères ont construit un pont culturel entre Afrique lusophone et Europe. Cette double appartenance irrigue leur répertoire. Leurs albums successifs ont consolidé une base de fans importante dans les communautés africaines d’Europe, tout en séduisant un public plus large grâce à une esthétique pop accessible.

Sur scène, Calema privilégie une configuration live complète : musiciens, choristes et dispositif visuel élaboré. Les concerts alternent morceaux rythmés et séquences plus intimistes, portées par des arrangements épurés. L’équilibre entre production contemporaine et présence instrumentale contribue à leur crédibilité scénique.

L’Accor Arena est l’une des plus importantes salles d’Europe qui accueille habituellement des artistes internationaux de premier plan. Pour un duo afro-pop issu d’un petit archipel d’Afrique centrale, y programmer un concert constitue un marqueur fort de reconnaissance institutionnelle et commerciale.

Au-delà de l’événement musical, la trajectoire de Calema témoigne de l’évolution du marché afro-pop en Europe. Longtemps cantonnées à des circuits communautaires ou spécialisés, les musiques africaines et diasporiques investissent désormais des infrastructures majeures.

 

Informations pratiques

Date : samedi 21 février 2026
Lieu : Accor Arena, Paris 12ᵉ
Style : afro-pop, R&B, influences lusophones et afro-caribéennes
Origine : São Tomé-et-Principe / Portugal

 

Kitale Film Week 2026, carrefour du cinéma (22 février- 1 er mars)

Du 22 février au 1er mars 2026, Kitale accueille une nouvelle édition du Kitale Film Week. Ce festival kényan met à l’honneur le cinéma africain et international, entre projections, ateliers et rencontres professionnelles au cœur du comté de Trans Nzoia.

Du 22 février au 1er mars 2026, la ville de Kitale, dans le comté de Trans Nzoia, devient un carrefour cinématographique avec le Kitale Film Week. L’événement, désormais identifié comme un rendez-vous structurant du paysage audiovisuel kényan, s’inscrit dans une dynamique de décentralisation culturelle, loin des grandes capitales.

Contrairement à la majorité des festivals africains concentrés dans les métropoles — Nairobi, Lagos, Le Caire ou Durban — Kitale Film Week assume une implantation régionale. Cette localisation constitue l’un de ses atouts majeurs : élargir l’accès au cinéma d’auteur et aux productions africaines contemporaines à des publics qui en sont souvent éloignés.

La ligne éditoriale du festival privilégie les films africains, tout en restant ouverte à des œuvres internationales. Fictions, documentaires, courts métrages et productions étudiantes composent une programmation éclectique. Les organisateurs mettent l’accent sur des récits ancrés dans les réalités sociales, culturelles et environnementales du continent, tout en favorisant les dialogues interculturels.

Au-delà des projections, le Kitale Film Week se distingue par son volet pédagogique et professionnel. Des ateliers sont proposés aux jeunes réalisateurs, scénaristes et techniciens, avec un objectif clair : renforcer les compétences locales et encourager l’émergence de nouvelles voix. Des tables rondes et panels réunissent également des producteurs, distributeurs et critiques afin d’analyser les défis de l’industrie cinématographique en Afrique de l’Est.

 

Le festival accorde une attention particulière au jeune public. Des séances scolaires sont organisées, permettant aux élèves de découvrir des films africains récents et d’échanger avec des professionnels du secteur. Cette orientation éducative participe à la formation d’une nouvelle génération de spectateurs et de créateurs.

Dans le contexte kényan, marqué par une croissance progressive de la production audiovisuelle, le Kitale Film Week joue un rôle structurant. Les plateformes numériques ont récemment accru la visibilité des œuvres est-africaines, mais la diffusion en salle reste un enjeu. Le festival offre ainsi un espace de projection et de reconnaissance pour des films parfois absents des circuits commerciaux.

La situation géographique de Kitale, à environ 380 kilomètres de Nairobi, renforce la dimension stratégique de l’événement. En s’implantant dans l’ouest du pays, le festival contribue à l’équilibre territorial des initiatives culturelles. Il attire des professionnels et des visiteurs au-delà de la région, créant une dynamique économique et symbolique pour le comté de Trans Nzoia.

L’édition 2026, prévue du 22 février au 1er mars, devrait poursuivre cette ambition : valoriser les talents africains émergents, consolider les réseaux professionnels et offrir au public une programmation exigeante. Dans un paysage continental où les grands festivals jouent souvent un rôle diplomatique et institutionnel, Kitale Film Week propose un modèle plus ancré dans la proximité et l’engagement communautaire.

À travers cette initiative, le Kenya affirme sa volonté de structurer une industrie cinématographique régionale dynamique, en complément des pôles établis. Le festival devient ainsi un espace d’expérimentation et de visibilité pour des œuvres qui interrogent les transformations sociales du continent.

 

Informations pratiques

Dates : 22 février – 1er mars 2026
Lieu : Kitale, Trans Nzoia County
Type : festival de cinéma (films africains et internationaux)
Activités : projections, conférences, ateliers, rencontres professionnelles, séances jeunesse
Public : tout public
Accès : Kitale est accessible par route ou vol domestique depuis Nairobi

 

Santrofi en concert au New Morning le 27 février

Le 27 février 2026, le groupe ghanéen Santrofi investit le New Morning à Paris. Figure du renouveau du highlife, la formation propose un concert ancré dans les traditions ouest-africaines, traversé par des influences afrobeat, afro-caribéennes et funk.

Le collectif Santrofi s’est imposé ces dernières années comme l’un des porte-étendards du highlife contemporain. Né au Ghana, ce genre musical emblématique d’Afrique de l’Ouest, apparu au début du XXᵉ siècle, mêle cuivres, guitares rythmiques, percussions et lignes de basse syncopées. Santrofi en propose une lecture actuelle, nourrie d’afrobeat, de funk et de sonorités afro-caribéennes.

Dirigé par le producteur et bassiste Emmanuel Kwadwo Ofori, le groupe réunit plusieurs musiciens issus de la scène ghanéenne. Sur scène, la formation développe une structure orchestrale dense : section de cuivres, guitare lead inspirée des maîtres du highlife classique, rythmique soutenue et chœurs puissants. L’énergie live constitue l’un des marqueurs de leur identité.

Le concert parisien s’inscrit dans la tournée de promotion de leur album Making Moves, qui revisite l’esthétique highlife des années 1970 tout en intégrant des arrangements contemporains. Les compositions alternent morceaux festifs et titres plus introspectifs, portés par des textes en anglais et en langues ghanéennes.

Santrofi revendique également un dialogue avec la scène afro actuelle. Le collectif a collaboré ou partagé la scène avec plusieurs artistes majeurs du Ghana, dont Black Sherif, Kidi, Yaw Tog et AratheJay. Ces interactions illustrent la circulation des influences entre highlife traditionnel, afro-rap et afro-beat contemporain. Toutefois, ces artistes ne sont pas annoncés comme participants au concert parisien ; il s’agit de collaborations antérieures dans le parcours du groupe.

Le choix du New Morning n’est pas anodin. Salle emblématique du 10ᵉ arrondissement, elle accueille depuis des décennies des artistes de jazz, de musiques du monde et de grooves internationaux. Santrofi y trouve un espace adapté à sa configuration scénique et à son répertoire dansant.

Le public parisien pourra ainsi découvrir un groupe qui contribue à repositionner le highlife sur la scène internationale. Dans un contexte où l’afrobeats domine les classements mondiaux, Santrofi propose une alternative enracinée dans l’histoire musicale ouest-africaine, tout en restant connectée aux dynamiques contemporaines.

Informations pratiques

Date : vendredi 27 février 2026
Heure : 20 h 30
Lieu : New Morning, Paris 10ᵉ
Album récent : Making Moves

Mokhtar Samba & The African Messengers au Sunset le 27 février

Le 27 février 2026 à 20 h 30, le batteur sénégalais Mokhtar Samba se produira au Sunset Sunside Jazz Club à Paris avec son projet The African Messengers. Une performance qui croise jazz moderne, afrobeat et héritage rythmique ouest-africain.

Figure majeure des musiques afro-jazz depuis les années 1980, Mokhtar Samba s’est imposé comme l’un des batteurs africains les plus respectés sur la scène internationale. Né au Sénégal, il s’est installé en France où il a collaboré avec de nombreux artistes de premier plan, naviguant entre jazz, musiques africaines, funk et world music.

Au fil de sa carrière, il a accompagné des musiciens tels que Manu Dibango, Salif Keïta ou encore Jacques Higelin, développant un jeu reconnaissable par sa précision rythmique et sa capacité à fusionner les traditions africaines avec l’improvisation jazz. Son approche repose sur une batterie polyrythmique, inspirée des percussions mandingues et wolof, enrichie d’un langage harmonique et dynamique issu du jazz contemporain.

Avec The African Messengers, Mokhtar Samba dirige un collectif instrumental conçu comme un laboratoire sonore. Le projet articule grooves afrobeat, lignes de basse puissantes, cuivres expressifs et espaces d’improvisation ouverts. L’écriture alterne passages structurés et séquences improvisées, laissant aux musiciens la liberté d’explorer les textures et les dynamiques.

La formation combine héritage africain et modernité jazz. Les compositions s’appuient sur des motifs rythmiques ancrés dans les traditions d’Afrique de l’Ouest, tout en intégrant des harmonies contemporaines et des dialogues entre instruments. La batterie occupe un rôle central, non seulement comme moteur rythmique mais comme véritable voix narrative.

Le concert au Sunset s’inscrit dans la programmation jazz et world de cette salle emblématique du quartier des Halles. Réputé pour accueillir des artistes internationaux et des projets exigeants, le club offre un cadre intimiste propice à l’écoute et à l’interaction entre musiciens et public. Dans cet espace, la dimension improvisée du projet prend toute son ampleur.

La performance promet un équilibre entre énergie groove et sophistication harmonique. L’afrobeat, avec ses cycles rythmiques répétitifs et dansants, rencontre la liberté du jazz, tandis que les arrangements laissent émerger solos et échanges instrumentaux. L’ensemble vise à créer une expérience immersive, où la tradition dialogue avec l’innovation.

À travers ce projet, Mokhtar Samba poursuit un travail entamé depuis plusieurs décennies : affirmer la place des musiques africaines dans le champ du jazz international, non comme simple influence, mais comme matrice rythmique et esthétique à part entière.

 

Informations pratiques

Date : vendredi 27 février 2026
Heure : 20 h 30
Lieu : Sunset (Paris, 1er arrondissement)
Style : jazz, afrobeat, world music

 

Nairobi accueille l’Africa Media Festival 2026 (25-26 février)

Les 25 et 26 février 2026, l’Africa Media Festival réunit à Nairobi journalistes, créateurs, éditeurs et innovateurs venus de plus de 26 pays. Cette quatrième édition interroge la liberté des médias, les modèles économiques et l’impact des technologies émergentes sur les récits africains contemporains.

Organisé par Baraza Media Lab, le festival s’est imposé en quatre ans comme l’un des principaux espaces panafricains de réflexion stratégique sur l’avenir des médias. Ce qui n’était au départ qu’une initiative régionale est devenu une plateforme structurante, réunissant plus de 1 900 participants et plus de 200 intervenants issus du journalisme, de la production audiovisuelle, de la recherche et de l’entrepreneuriat créatif.

Le thème de l’édition 2026 — Resilient Storytelling: Reimagining Media Freedom — donne le ton. Il ne s’agit plus seulement de défendre la liberté de la presse dans l’abstrait, mais d’examiner les conditions concrètes de sa survie : indépendance financière, sécurité des rédactions, pressions politiques, dépendance aux plateformes numériques, désinformation et mutation accélérée des outils technologiques.

Durant deux jours, le Nairobi National Museum accueille panels, ateliers pratiques, démonstrations technologiques et sessions participatives. Les formats varient : interventions courtes dites “Ignite Talks”, discussions ouvertes menées par les participants eux-mêmes, formations techniques sur la narration multimédia ou la sécurité numérique. L’objectif est opérationnel : fournir des outils directement mobilisables par les professionnels.

La programmation 2026 met en avant des figures majeures du secteur. Parmi elles, Will Church, directeur de la liberté des médias chez Thomson Reuters, intervient sur l’évolution des cadres internationaux de protection de la presse. Joy Lusige, journaliste vidéo à ZDF, partage son expérience de production audiovisuelle transnationale depuis l’Afrique de l’Est.

Francesca Ekondaho, coordinatrice Afrique au Pulitzer Center, aborde les opportunités de financement et de collaborations internationales pour les rédactions africaines. Anita Eboigbe, directrice des opérations de Big Cabal Media, analyse les stratégies de viabilité économique dans un marché numérique fragmenté. De son côté, Dr Zippy Okoth, professeure à KCA University, propose une lecture académique des mutations des pratiques médiatiques et de leurs implications sociales.

Plusieurs sessions s’attaquent frontalement à la question de la répression et de la censure. Des représentants du Committee to Protect Journalists et de PEN International participent à une discussion consacrée aux journalistes emprisonnés ou contraints à l’exil. Ces échanges rappellent que la liberté médiatique demeure, dans certains contextes, une question de survie.

L’intelligence artificielle occupe également une place centrale. Ateliers et démonstrations interrogent l’usage éthique des outils génératifs, l’automatisation rédactionnelle et les risques liés aux biais algorithmiques. Des intervenants issus de DW Akademie explorent les stratégies de lutte contre la désinformation, notamment en période électorale.

Au-delà des débats, le festival met l’accent sur les dynamiques collaboratives. Les rencontres informelles, les espaces de réseautage et les ateliers fermés favorisent la naissance de projets transfrontaliers. Dans un environnement où les financements sont incertains et les marchés publicitaires instables, ces alliances deviennent essentielles.

L’événement intègre également les Africa Media Awards, organisés en partenariat avec The Africa Editors Forum et Journalists for Human Rights. Ces distinctions récompensent des travaux journalistiques à fort impact social et introduisent cette année un prix dédié aux créateurs numériques engagés.

En toile de fond, une question traverse l’ensemble des échanges : qui contrôle le récit africain à l’ère des plateformes mondialisées ? Les intervenants examinent la dépendance aux réseaux sociaux dominants, la captation des revenus publicitaires par des acteurs extérieurs au continent et la nécessité de développer des infrastructures locales plus autonomes.

L’Africa Media Festival ne se contente donc pas d’identifier les fragilités du secteur. Il cherche à structurer des réponses : diversification des revenus, coopérations régionales, mutualisation technologique, renforcement des capacités locales. Cette approche pragmatique explique en partie son attractivité croissante.

En réunissant journalistes indépendants, responsables de grandes organisations internationales, entrepreneurs numériques et universitaires, l’édition 2026 confirme Nairobi comme l’un des pôles stratégiques de réflexion sur l’avenir des médias africains. L’enjeu dépasse le cadre professionnel : il concerne la qualité du débat public, la circulation de l’information et la capacité des sociétés africaines à produire et diffuser leurs propres narrations.

Informations pratiques

Dates : 25 et 26 février 2026
Lieu : Nairobi National Museum, Nairobi, Kenya
Public concerné : journalistes, éditeurs, créateurs numériques, producteurs audiovisuels, chercheurs, étudiants et entrepreneurs des médias
Programme et inscriptions : disponibles via le site officiel de l’événement organisé par Baraza Media Lab

 

Black History Month 2026 : les Afro-Andins à l’honneur ( jusqu’au 28 février) 

Encore en cours jusqu’au 28 février, la 7ᵉ édition française du Black History Month célèbre son centenaire en mettant à l’honneur les héritages Afro-Andins. Une programmation nationale qui explore mémoire, histoire et création des communautés noires d’Amérique latine.

Il est encore temps d’en découvrir les temps forts. Du 31 janvier au 28 février 2026, la France accueille la 7ᵉ édition du Black History Month, déclinaison nationale d’une commémoration née aux États-Unis en 1926. Introduit en 2018 à Bordeaux par l’association Mémoires & Partages, l’événement s’est progressivement structuré comme un rendez-vous culturel et mémoriel désormais implanté dans plusieurs villes.

Pour cette année du centenaire, les organisateurs ont choisi de déplacer le regard vers un territoire encore peu exploré dans les programmations européennes : les Andes et les héritages afro-descendants d’Amérique latine.

Le thème « Nos héritages Afro-Andins » met en lumière les communautés noires établies le long de la Cordillère des Andes, du Pérou à la Colombie, en passant par l’Équateur et la Bolivie. À partir du XVIᵉ siècle, des populations africaines déportées ont été intégrées aux économies coloniales andines, notamment dans les mines et les ports. Malgré l’esclavage et la marginalisation, elles ont façonné des expressions culturelles singulières, mêlant traditions africaines, influences autochtones et héritages ibériques.

Musique afro-péruvienne, marimba afro-colombienne, danses rituelles et poésie engagée constituent aujourd’hui encore ce patrimoine vivant. La figure de la chorégraphe et intellectuelle afro-péruvienne Victoria Santa Cruz a servi de référence à plusieurs rencontres, soulignant l’importance d’une affirmation identitaire noire dans l’espace latino-américain.

Ce qui a eu lieu, ce qui reste à voir

L’ouverture officielle s’est tenue le 31 janvier à Bordeaux, berceau du Black History Month français. Tables rondes, projections et performances musicales ont inauguré un mois articulé autour de la mémoire transatlantique et du dialogue interculturel.

À Paris, des projections et débats ont croisé littérature, cinéma et gastronomie afro-colombienne. À Rouen, une visite guidée consacrée aux traces de l’esclavage a rappelé l’ancrage français de cette histoire globale.

Au 20 février, plusieurs rendez-vous demeurent programmés jusqu’au 28 février, notamment des projections-débats et concerts consacrés aux rythmes afro-andins. La clôture, prévue à Poitiers, réunira artistes, chercheurs et public autour des enjeux contemporains de transmission et de reconnaissance.

Sept ans après son lancement en France, le Black History Month confirme son inscription dans le paysage culturel national. En mettant l’accent sur les Andes, cette édition élargit la cartographie mémorielle et rappelle la pluralité des expériences afro-descendantes sur le continent américain.

Informations pratiques :
Black History Month – 7ᵉ édition française
Du 31 janvier au 28 février 2026
Programmation à Bordeaux, Paris, Rouen, Poitiers et dans d’autres villes partenaires.
Détails auprès de l’association Mémoires & Partages et des structures culturelles locales.

 

 

 

 

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Notre semaine culturelle débute avec Nuits d’Afrique au Club Balattou à Montréal https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-nuits-dafrique-au-club-balattou-a-montreal/ Fri, 13 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147075 Des cordes de la kora mandingue aux guitares électriques de la rumba kinoise, des archives panafricaines projetées à Paris aux pages vibrantes d’un roman nigérian, l’Afrique culturelle circule et se réinvente cette semaine. À Montréal, Marseille ou La Cigale, artistes et œuvres déplacent les frontières, relient les diasporas et rappellent qu’il ne s’agit pas d’une […]

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Des cordes de la kora mandingue aux guitares électriques de la rumba kinoise, des archives panafricaines projetées à Paris aux pages vibrantes d’un roman nigérian, l’Afrique culturelle circule et se réinvente cette semaine. À Montréal, Marseille ou La Cigale, artistes et œuvres déplacent les frontières, relient les diasporas et rappellent qu’il ne s’agit pas d’une périphérie créative, mais d’un centre en mouvement permanent

À Montréal, le Cabaret Nuits d’Afrique poursuit sa programmation au Club Balattou du 13 février jusqu’à la fin du mois. Concerts intimistes, artistes africains et diasporiques, rythmes métissés : une série de rendez-vous musicaux qui prolonge l’esprit du festival au cœur de l’hiver.

 

À Montréal, les Nuits d’Afrique ne s’arrêtent pas à l’été. Si le Festival international Nuits d’Afrique demeure l’un des grands rendez-vous culturels de juillet, son volet Cabaret assure une présence continue tout au long de l’année au Club Balattou, salle emblématique des musiques du monde.

À partir du 13 février, la programmation s’intensifie et enchaîne les concerts jusqu’à la fin du mois, confirmant la dynamique régulière de diffusion.

Le 13 février, Gabriel Schwartz (Trio Quintina) ouvre cette séquence avec un projet instrumental à la croisée des influences africaines, latines et méditerranéennes. Le format trio favorise l’improvisation et le dialogue entre les instruments, dans une approche sensible et structurée.

Le 14 février, place à Grèn Sémé. Le groupe réunionnais propose un univers mêlant chanson créole, reggae et rythmes afro-caribéens. Les textes engagés s’appuient sur une énergie scénique maîtrisée, sans surcharge, fidèle à l’esprit cabaret.

Le 15 février, The One Love Project investit la scène avec une proposition afro-fusion. Reggae, soul et afrobeat s’entrecroisent autour d’un socle rythmique solide. La dimension collective – percussions, harmonies vocales, groove – structure un concert pensé comme un moment de partage.

Après une courte pause, la programmation reprend le 19 février avec Kouadjo Marie-Rose et Le Djidji Band. L’artiste met en avant les traditions musicales ivoiriennes, portées par les percussions et le chant, tout en les inscrivant dans des arrangements contemporains.

Le 20 février, la scène accueille Zal Sissokho et Senny Camara, figures reconnues des musiques mandingues. La kora – harpe-luth emblématique d’Afrique de l’Ouest – dialogue avec la voix dans une approche épurée. Le concert s’inscrit dans une tradition orale transmise et réinventée, au plus près du public.

Le 21 février, le groupe Benkadi – dont le nom signifie « entente » ou « solidarité » – explore un répertoire d’Afrique de l’Ouest structuré autour des percussions et des chants collectifs.

Le 22 février, Afrovibes clôt cette séquence annoncée avec un projet afro-contemporain ouvert aux influences urbaines. Les rythmes traditionnels y rencontrent des arrangements modernes, dans une synthèse assumée.

Si ces dates structurent la seconde moitié du mois, le Cabaret Nuits d’Afrique ne s’arrête pas au 22 février. Fidèle à son principe de programmation continue, le Club Balattou poursuit les concerts au-delà de cette série, avec d’autres artistes annoncés progressivement.

Cette ouverture constitue l’un des atouts du dispositif : plutôt qu’un événement ponctuel, le Cabaret fonctionne comme une plateforme permanente de diffusion des musiques africaines et diasporiques à Montréal.

Le choix du Club Balattou n’est pas anodin. La salle, à taille humaine, privilégie l’écoute attentive et la proximité avec les musiciens. Loin des grandes scènes estivales, chaque concert repose ici sur la qualité de l’interprétation et l’interaction directe.

Dans un contexte hivernal, cette formule offre une alternative chaleureuse et immersive. Les musiques africaines et métissées ne sont pas présentées comme des objets folkloriques, mais comme des expressions contemporaines en circulation constante entre continents et diasporas.

Jusqu’à la fin février – et au-delà – le Cabaret Nuits d’Afrique confirme ainsi son rôle : maintenir vivante, semaine après semaine, la scène africaine à Montréal.  

 

Informations pratiques

Événement : Cabaret Nuits d’Afrique
Organisateur : Festival international Nuits d’Afrique
Lieu : Club Balattou, Montréal (Québec, Canada)
Période mise en avant : du 13 février jusqu’à la fin du mois (programmation ouverte au-delà)
Format : concerts intimistes – musiques africaines et afro-diasporiques
Billetterie : en ligne via le Club Balattou et aux guichets, dans la limite des places disponibles

 

Abi Daré et « La Fille qui ne voulait pas se taire », le pouvoir d’une voix

Dans ce roman puissant, Abi Daré raconte l’itinéraire d’une adolescente nigériane déterminée à conquérir son droit à l’éducation. À travers le destin d’Adunni, l’autrice explore mariages forcés, inégalités de genre et puissance libératrice de la parole.

Paru en anglais en 2020 sous le titre The Girl with the Louding Voice et publié en français en janvier 2026, La Fille qui ne voulait pas se taire de Abi Daré s’est imposé comme l’un des romans africains contemporains les plus lus à l’international. Porté par un bouche-à-oreille puissant, salué par des figures engagées pour l’éducation des filles, le livre conjugue émotion, dénonciation sociale et espoir lucide.

L’histoire se déroule au Nigeria. Adunni, quatorze ans, vit dans un village pauvre. Depuis l’enfance, elle nourrit un rêve simple et radical : aller à l’école, apprendre, devenir enseignante. Pour elle, l’éducation n’est pas seulement un moyen d’ascension sociale ; c’est la condition même de la dignité. Elle veut « avoir une voix », c’est-à-dire être capable de s’exprimer, de comprendre le monde, de décider pour elle-même.

Mais la réalité sociale la rattrape brutalement. Après la mort de sa mère, son père, accablé par la misère, la donne en mariage à un homme plus âgé, déjà polygame. En échange, il reçoit une dot. Le geste, présenté comme une nécessité économique, révèle surtout l’enracinement de pratiques patriarcales où le corps et l’avenir d’une jeune fille peuvent devenir une monnaie d’échange.

Chez son mari, Adunni découvre un univers de violence, de rivalités domestiques et d’isolement. Elle est réduite au silence, assignée à des tâches ménagères, sommée d’obéir. Le roman ne cède pas au sensationnalisme, mais il montre sans détour les conséquences du mariage forcé : interruption de la scolarité, maternité imposée, dépendance totale. L’autrice restitue avec précision les mécanismes sociaux qui rendent ces situations possibles et souvent invisibles.

Adunni finit par fuir. Son parcours la mène vers la ville, où elle travaille comme domestique dans une famille aisée. Là encore, les rapports de pouvoir sont présents : hiérarchie sociale, mépris de classe, exploitation. Pourtant, c’est aussi dans cet espace urbain que se dessine une possibilité de transformation. Au contact d’autres femmes, d’autres réalités, Adunni réactive son rêve d’éducation. Chaque page montre sa détermination intacte : apprendre à lire, à écrire, à parler « correctement » pour se faire entendre.

Abi Daré

Une voix comme acte de résistance

Le titre français met l’accent sur le refus du silence. Dans la version originale, l’expression « louding voice » – volontairement fautive – reflète la manière dont Adunni parle anglais. Ce choix stylistique est central. Abi Daré adopte une langue qui épouse la syntaxe et les hésitations de son héroïne. Loin d’être un effet folklorique, cette écriture incarne le processus même d’émancipation : maîtriser la langue, c’est conquérir un espace symbolique.

La voix d’Adunni n’est pas seulement individuelle. Elle devient celle de milliers de jeunes filles confrontées à des mariages précoces, à la pauvreté et à l’inégalité d’accès à l’éducation. Le roman s’inscrit dans un contexte nigérian précis, mais il dépasse largement ce cadre. Les tensions entre tradition et modernité, entre normes communautaires et aspirations personnelles, traversent de nombreuses sociétés.

Abi Daré ne caricature pas. Les figures masculines ne sont pas toutes monstrueuses ; certaines sont faibles, d’autres prisonnières de leur propre condition. De même, les femmes ne sont pas uniquement victimes : certaines participent à la reproduction des normes, d’autres deviennent des alliées inattendues. Cette complexité évite le manichéisme et renforce la crédibilité du récit.

Sur le plan documentaire, le roman éclaire des réalités chiffrées : au Nigeria, comme dans d’autres pays, les mariages précoces restent une problématique majeure. L’éducation des filles demeure un enjeu crucial de développement, avec des conséquences directes sur la santé, l’autonomie économique et la participation citoyenne. En mettant un visage et une voix sur ces statistiques, la fiction devient un outil de sensibilisation.

Le succès du livre tient aussi à son équilibre entre gravité et espérance. Malgré les épreuves, Adunni n’est jamais réduite à son statut de victime. Elle incarne une énergie, une capacité de projection vers l’avenir. Son rêve d’être enseignante symbolise une chaîne vertueuse : une fille éduquée peut à son tour en instruire d’autres.

La Fille qui ne voulait pas se taire est ainsi plus qu’un roman social. C’est une réflexion sur la parole comme pouvoir. Refuser le silence, c’est refuser l’effacement. À travers le destin d’Adunni, Abi Daré rappelle que l’éducation n’est pas un privilège mais un droit, et que donner une voix aux jeunes filles revient à transformer en profondeur les sociétés.

Informations pratiques

Titre : La Fille qui ne voulait pas se taire
Autrice : Abi Daré
Titre original : The Girl with the Louding Voice
Traduction française : publiée en janvier 2026
Édition française : disponible en format broché et poche
Nombre de pages : environ 400 pages (selon édition)
Disponibilité : en librairie et sur les principales plateformes de vente en ligne

 

Peinture et cinéma d’Haïti à Paris et Marseille avec Elsie Haas (18 et 19 février)

Le cycle CinéMansA consacre une double séance à l’artiste haïtienne Elsie Haas, à Paris puis à Marseille. Portrait filmé par Safi Faye, projection restaurée de Zatrap et rencontres publiques : une immersion dans une œuvre panafricaine entre peinture, cinéma et mémoire.

Le cycle CinéMansA élargit son format habituel et propose, les 18 et 19 février 2025, une double séance consacrée à l’artiste haïtienne Elsie Haas, peintre et cinéaste. Intitulée Regards sur Elsie Haas : peinture et cinéma d’Haïti, cette programmation se déploie à Paris puis à Marseille, autour de projections et de rencontres.

Conçu par Annabelle Aventurin, ce nouveau cycle met en lumière le cinéma panafricain à partir des archives de June Givanni, explorant leur rôle dans la transmission des mémoires cinématographiques et leur dialogue avec les créations contemporaines.

La séance s’ouvre avec Safi Faye, figure majeure du cinéma sénégalais, qui consacre en 1985 un court métrage à l’artiste : Elsie Haas, femme peintre et cinéaste d’Haïti (France/Sénégal, 8 min). Ce portrait offre une entrée directe dans le travail plastique de Haas, alors installée à Paris, et éclaire les liens entre sa pratique picturale et son regard cinématographique.

Le programme se poursuit avec Zatrap (France, 1978, 51 min), premier film réalisé par Elsie Haas. Tourné en créole martiniquais, le film propose une chronique du quotidien d’hommes et de femmes en Martinique. À travers une approche attentive aux gestes, aux voix et aux espaces, Zatrap restitue une réalité sociale rarement représentée à l’écran à la fin des années 1970.

La projection de la version numérisée récente de Zatrap est rendue possible grâce au soutien de University College London et de l’association Film Flamme, permettant de redonner visibilité à une œuvre peu diffusée mais centrale dans l’histoire des cinémas caribéens.

Une œuvre entre Haïti et la Caraïbe

Originaire d’Haïti, Elsie Haas développe une pratique multidisciplinaire qui traverse peinture, cinéma et performance. Son travail explore les réalités sociales et culturelles d’Haïti et de la Caraïbe, tout en s’inscrivant dans des circulations plus larges entre Europe, Afrique et Amériques.

Dans ses films comme dans ses toiles, la question de la mémoire occupe une place structurante. Il ne s’agit pas d’illustrer un passé, mais de travailler les traces : héritages coloniaux, transmissions familiales, langues créoles, représentations du quotidien. L’image devient un espace d’observation et d’affirmation identitaire.

Le dialogue entre le film de Safi Faye et Zatrap permet de saisir cette cohérence. Le portrait éclaire la démarche artistique ; le long métrage en déploie les principes formels et politiques.

À Paris, la séance du mercredi 18 février 2025 à 19h30 sera suivie d’un échange entre Elsie Haas et June Givanni, archiviste et fondatrice des archives panafricaines qui portent son nom. La discussion portera sur la circulation des œuvres, la préservation des archives et la place du cinéma caribéen dans l’histoire du cinéma mondial.

À Marseille, le jeudi 19 février 2025 à 19h30, la rencontre réunira Elsie Haas et Annabelle Aventurin. Ce second temps permettra d’élargir la réflexion aux enjeux contemporains de la création panafricaine et aux dialogues entre archives et productions actuelles.

En articulant projection et discussion, CinéMansA confirme sa volonté de faire du cinéma un espace critique et collectif. Le cycle ne se limite pas à la diffusion d’œuvres : il crée les conditions d’un échange direct entre artistes, chercheurs et publics.

Dans un paysage culturel où les cinémas afro-diasporiques demeurent encore sous-représentés, cette double séance constitue un moment de visibilité important pour une œuvre pionnière.

Informations pratiques

Événement : CinéMansA – Regards sur Elsie Haas : peinture et cinéma d’Haïti
Films projetés :
– Elsie Haas, femme peintre et cinéaste d’Haïti de Safi Faye (France/Sénégal, 1985, 8 min)
– Zatrap de Elsie Haas (France, 1978, 51 min – version numérisée)
Dates et lieux :
Paris – Mercredi 18 février 2025, 19h30 – Cinéma Le Grand Action
5 rue des Écoles, 75005 Paris
Marseille – Jeudi 19 février 2025, 19h30 – Cinéma La Baleine
59 cours Julien, 13006 Marseille

 

Soriba Sakho en concert à La Bellevilloise (20 février)

Le 20 février 2026, le musicien sénégalais Soriba Sakho investit La Bellevilloise pour un café-concert gratuit. Entre tradition mandingue et influences contemporaines, le joueur de kora propose une immersion dans l’héritage des griots d’Afrique de l’Ouest.

Le 20 février 2026, la scène de La Bellevilloise accueille Soriba Sakho pour un concert placé sous le signe des musiques mandingues. Organisée dans le cadre des cafés-concerts de la Halle aux Oliviers, la soirée met en avant un artiste profondément enraciné dans la tradition des griots d’Afrique de l’Ouest, tout en étant résolument ouvert aux influences contemporaines.

Originaire de la région de Tambacounda, au Sénégal, Soriba Sakho appartient à une lignée de musiciens et de conteurs. Il est joueur de kora, instrument emblématique de l’espace mandingue, à mi-chemin entre la harpe et le luth. Dotée de 21 cordes, la kora accompagne depuis des siècles les récits historiques, les chants d’éloge et les cérémonies communautaires. Elle occupe une place centrale dans la transmission orale des sociétés d’Afrique de l’Ouest.

Installé à Paris depuis 2007, Soriba Sakho a développé un projet artistique qui conjugue fidélité à la tradition et dialogue interculturel. À travers son groupe Esprit Mandingue, il propose un répertoire composé de pièces traditionnelles issues du Sénégal, du Mali ou de la Guinée, mais aussi de créations originales. Ces compositions intègrent des éléments empruntés à d’autres univers musicaux, comme la salsa, le reggae ou le mbalax sénégalais.

Le concert du 20 février s’inscrit dans cette dynamique. Dans la configuration intimiste de la Halle aux Oliviers, le public pourra entendre la kora dans toute sa richesse sonore : arpèges délicats, lignes mélodiques répétitives, variations rythmiques. La voix de l’artiste, portée par une diction claire et un timbre chaleureux, prolonge l’instrument en racontant des histoires de mémoire, d’exil, de transmission et de résilience.

La formule du café-concert renforce la proximité entre musiciens et spectateurs. À La Bellevilloise, le dispositif scénique favorise l’écoute attentive et l’échange direct. Loin des grandes scènes, l’espace permet de percevoir les nuances du jeu instrumental et les interactions entre les membres du groupe. Selon la formation réunie ce soir-là, Soriba Sakho peut être accompagné de musiciens à la basse, aux percussions ou à la guitare, offrant une palette sonore plus large tout en conservant la centralité de la kora.

Au-delà de la performance musicale, la venue de Soriba Sakho s’inscrit dans un paysage culturel parisien où les musiques africaines occupent une place croissante. Les scènes de la capitale accueillent régulièrement des artistes issus des diasporas africaines, contribuant à diversifier l’offre musicale et à renouveler les imaginaires sonores. Dans ce contexte, la présence d’un griot contemporain comme Soriba Sakho rappelle l’importance des traditions vivantes, loin de toute folklorisation.

 

Le concert du 20 février se distingue également par son accessibilité : l’entrée est gratuite, ce qui favorise un public large et diversifié. Cette gratuité participe d’une logique de diffusion culturelle ouverte, permettant à des auditeurs parfois peu familiers des musiques mandingues de découvrir cet univers.

Soriba Sakho ne se contente pas d’interpréter un patrimoine ; il le fait circuler. En jouant à Paris, il prolonge la trajectoire diasporique des musiques ouest-africaines, passées des cours royales mandingues aux scènes européennes contemporaines. La kora devient ainsi un pont entre continents, générations et cultures.

Informations pratiques

Artiste : Soriba Sakho
Date : vendredi 20 février 2026
Horaire : 20h – 22h (ouverture des portes à 19h)
Lieu : La Bellevilloise – Halle aux Oliviers
Adresse : 19-21 rue Boyer, 75020 Paris
Tarif : entrée gratuite, dans la limite des places disponibles

 

JB Mpiana à La Cigale à Paris (21 février)

Le 21 février 2026, JB Mpiana investit La Cigale pour un concert très attendu. Figure majeure de la rumba congolaise, l’artiste kinshasais promet une soirée intense, entre héritage musical, virtuosité orchestrale et communion festive avec le public parisien.

Le 21 février 2026, JB Mpiana se produira sur la scène de La Cigale, salle emblématique du boulevard de Rochechouart. L’événement marque l’un des temps forts africains de la saison hivernale à Paris et confirme la place centrale de la capitale française dans la diffusion de la rumba congolaise en Europe.

Né Jean-Bedel Mpiana Tshituka à Kinshasa, JB Mpiana s’impose dès les années 1990 comme l’un des leaders de la nouvelle génération de musiciens congolais. Cofondateur de Wenge Musica BCBG, formation mythique issue de la scission du groupe Wenge Musica, il contribue à redéfinir les contours de la rumba kinoise moderne. À la croisée de la tradition et du ndombolo, son style conjugue élégance vocale, puissance rythmique et sophistication orchestrale.

La rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, repose sur un équilibre subtil entre mélodie, polyphonie et séquences instrumentales dansantes appelées sebene. JB Mpiana maîtrise parfaitement cette architecture musicale. Ses concerts alternent passages lyriques et montées rythmiques, portées par des guitares électriques dialoguant avec la section rythmique. Le public, familier de ces codes, accompagne souvent les séquences dansées avec une ferveur collective.

La Cigale constitue un écrin idéal pour ce type de performance. Salle historique de la scène parisienne, elle offre une capacité intermédiaire permettant une véritable interaction entre artiste et spectateurs. Pour un concert de rumba, cette proximité est essentielle : la musique ne se limite pas à l’écoute, elle engage le corps, le mouvement et l’échange.

Au fil des années, JB Mpiana a construit une discographie solide, jalonnée de titres devenus des classiques auprès de la diaspora congolaise et des amateurs de musiques africaines. Ses textes abordent des thèmes universels – amour, relations sociales, ambition – tout en conservant les codes narratifs propres à la tradition musicale kinoise. Sur scène, il s’appuie sur un orchestre structuré, où chaque musicien occupe une place définie dans l’économie du son.

La venue de JB Mpiana à Paris ne relève pas du simple passage en tournée. Elle s’inscrit dans une continuité historique : depuis plusieurs décennies, la France constitue un espace privilégié pour les artistes congolais, en raison de la présence d’une importante diaspora et d’un public fidèle. Les concerts de rumba y prennent souvent la dimension d’événements communautaires autant que musicaux.

Le 21 février, le spectacle devrait s’articuler autour d’un répertoire mêlant morceaux emblématiques et titres plus récents. Fidèle à la tradition congolaise, la performance promet une mise en scène soignée, des costumes élégants et une dynamique collective forte. JB Mpiana, connu pour sa présence scénique charismatique, orchestre ses concerts comme de véritables cérémonies musicales.

Informations pratiques

Artiste : JB Mpiana
Date : samedi 21 février 2026
Lieu : La Cigale – 120 boulevard de Rochechouart, 75018 Paris
Genre : rumba congolaise/ndombolo
Billetterie : places disponibles via les plateformes officielles et le site de la salle
Accès : métro Pigalle ou Anvers

 

Deplick à l’Alhambra : la rumba congolaise à Paris (21 fevrier)

Le 21 février 2026, Deplick investit l’Alhambra à Paris pour une soirée dédiée à la rumba congolaise. Héritier de la grande tradition kinoise, l’artiste conjugue énergie scénique, patrimoine musical et sonorités contemporaines dans un concert très attendu.

Le 21 février 2026, la salle de l’Alhambra accueille Deplick, figure montante de la rumba congolaise. Annoncée comme l’un des rendez-vous africains majeurs de l’hiver à Paris, la soirée s’inscrit dans la continuité d’une présence forte des musiques d’Afrique centrale sur les scènes européennes.

Né à Kinshasa sous le nom de Fabrice Luangomba Nkoka, Deplick appartient à une génération d’artistes qui ont grandi dans l’ombre des grandes formations congolaises. Il a fait ses armes au sein de Wenge Musica Maison Mère, groupe emblématique dirigé par Werrason, véritable institution de la scène kinoise. Cette filiation artistique structure encore aujourd’hui son approche musicale.

La rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, repose sur un équilibre subtil entre guitares mélodiques, lignes de basse fluides, sections rythmiques précises et polyphonies vocales. Deplick s’inscrit pleinement dans cette tradition tout en la renouvelant. Son répertoire combine morceaux ancrés dans les codes classiques du genre et compositions originales plus contemporaines, influencées par le ndombolo et les musiques urbaines africaines.

Le concert parisien promet une immersion dans cet univers. Sur scène, Deplick est reconnu pour son énergie et son interaction constante avec le public. La rumba n’est pas uniquement une musique d’écoute : elle est indissociable de la danse, du mouvement, du collectif. Les séquences chantées alternent avec des passages instrumentaux où les guitares dialoguent, créant ces fameuses montées rythmiques caractéristiques des orchestres congolais.

L’Alhambra, salle historique du 10ᵉ arrondissement, constitue un écrin adapté à cette esthétique. Avec sa capacité intermédiaire et son acoustique travaillée, le lieu permet de restituer la richesse des arrangements sans sacrifier la proximité avec le public. Cette configuration favorise une ambiance festive mais maîtrisée, où chaque détail instrumental reste perceptible.

Au-delà de l’événement ponctuel, la venue de Deplick s’inscrit dans un contexte plus large : celui de la vitalité de la diaspora congolaise en France. Paris demeure l’un des principaux pôles de diffusion de la rumba hors d’Afrique centrale. Les concerts attirent un public composite, mêlant amateurs avertis, membres de la diaspora et curieux venus découvrir un pan essentiel du patrimoine musical africain.

 

Deplick incarne une génération qui ne rompt pas avec l’héritage, mais qui le prolonge. Ses textes abordent des thèmes universels — amour, relations sociales, ambition, réussite — tout en conservant les codes narratifs propres à la tradition congolaise. Le chant alterne douceur et puissance, soutenu par des arrangements dynamiques.

Le 21 février, le public parisien assistera ainsi à une performance qui conjugue tradition et modernité. La rumba congolaise, loin d’être figée, continue d’évoluer à travers des artistes comme Deplick. Ce concert à l’Alhambra offre l’occasion de mesurer la vitalité d’un genre musical qui a traversé les décennies et les frontières.

 

Informations pratiques

Artiste : Deplick
Date : samedi 21 février 2026
Horaire : ouverture des portes 18 h – concert 19h
Lieu : Alhambra
21 rue Yves Toudic, 75010 Paris
Genre : rumba congolaise/musique africaine
Tarifs : billetterie payante (selon placement)
Accès : métro République ou Jacques Bonsergent

 

 

 

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Notre semaine culturelle débute avec Saïdou Dicko à la galerie AFIKARIS à Paris https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-saidou-dicko-a-la-galerie-afkaris-a-paris-6-28-fevrier/ Fri, 06 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146587 De Paris à Tunis, de Londres au désert tchadien, la semaine culturelle africaine déploie un vaste paysage de créations et de luttes. Arts visuels, musiques diasporiques, cinéma engagé et traditions vivantes dessinent des circulations sensibles entre territoires, mémoires et urgences contemporaines. À la galerie AFIKARIS, l’exposition Où la terre et le ciel se croisent de […]

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De Paris à Tunis, de Londres au désert tchadien, la semaine culturelle africaine déploie un vaste paysage de créations et de luttes. Arts visuels, musiques diasporiques, cinéma engagé et traditions vivantes dessinent des circulations sensibles entre territoires, mémoires et urgences contemporaines.

À la galerie AFIKARIS, l’exposition Où la terre et le ciel se croisent de Saïdou Dicko explore l’horizon comme espace de mémoire et de projection. Un travail sensible, à la frontière de la photographie et de la peinture, où le paysage devient langage.



Saïdou Dicko

Jusqu’au 28 février 2026, la AFIKARIS Gallery consacre une exposition personnelle à Saïdou Dicko, figure singulière de la scène artistique contemporaine africaine. Intitulée Où la terre et le ciel se croisent (Where the Earth and the Sky Meet), cette exposition propose une traversée poétique de paysages réels et mentaux, où l’horizon agit comme une ligne de tension entre enracinement et déplacement.

Chez Saïdou Dicko, le paysage n’est jamais décoratif. Il est une expérience vécue, traversée par la mémoire de l’enfance, par les déplacements géographiques et par les récits silencieux du quotidien. Photographe de formation, l’artiste a développé au fil des années une pratique hybride, mêlant photographie, peinture, aquarelle et intervention manuelle sur l’image. Les silhouettes humaines, souvent réduites à des ombres noires, surgissent dans des espaces ouverts — routes poussiéreuses, champs, ciels immenses — comme des présences à la fois anonymes et profondément incarnées.

Dans Où la terre et le ciel se croisent, l’horizon devient un motif central. Il n’est pas une simple ligne de séparation, mais un lieu de passage, de bascule, presque de méditation. Les figures qui peuplent les œuvres semblent marcher vers ce point indéterminé où le sol cesse d’être stable et où le ciel s’ouvre comme une promesse. Cette tension visuelle traduit une réflexion plus large sur l’exil, le retour, l’attente, mais aussi sur la capacité du regard à transformer l’espace en récit.

L’exposition s’inscrit dans une dimension profondément intime. Les œuvres convoquent des souvenirs personnels, mais refusent toute lecture strictement autobiographique. En travaillant sur la silhouette — forme universelle, presque archétypale — Saïdou Dicko ouvre son travail à une expérience partagée. Chacun peut s’y projeter, reconnaître une marche, une traversée, un moment suspendu. Le paysage africain, bien que présent, n’est jamais assigné à une identité figée : il devient un espace mental, un lieu de circulation entre les mondes.

La galerie AFIKARIS accompagne cette démarche avec une scénographie épurée, laissant aux œuvres l’espace nécessaire pour respirer. Fidèle à sa ligne curatoriale, la galerie met en avant une création africaine contemporaine qui échappe aux assignations ethnographiques ou esthétiques. Ici, aucune volonté d’exotisme, mais un regard exigeant sur des pratiques artistiques qui interrogent le monde depuis des expériences situées.

Où la terre et le ciel se croisent s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la place du paysage dans l’art contemporain africain. Loin d’une nature idéalisée, le paysage devient un territoire politique et sensible, traversé par les questions de mobilité, de mémoire et de transmission. Chez Saïdou Dicko, il est surtout un espace de silence, où l’image parle sans jamais s’imposer.

Cette exposition offre un temps d’arrêt. Un moment de contemplation, presque de retrait, où l’on accepte de se tenir, comme les silhouettes de l’artiste, entre la terre et le ciel, dans cet intervalle fragile où naissent les récits.

Informations pratiques
AFIKARIS Gallery, 7 rue Notre-Dame de Nazareth, Paris 3ᵉ
Du 10 janvier au 28 février 2026
Mardi – samedi, 11 h – 19 h
Entrée libre

 

Gabès, laboratoire d’une catastrophe écologique durable (6 février)

À Tunis, la projection du documentaire Gabès Labess ouvre un espace de réflexion essentiel sur l’écologie politique en Tunisie. En mettant en lumière la région de Gabès, ce rendez-vous interroge les liens profonds entre désastre environnemental, injustice sociale et mobilisations citoyennes en Afrique du Nord.

Vendredi 6 février 2026, le public est invité à découvrir Gabès Labess, un film documentaire réalisé par Habib Ayeb, à l’occasion d’une projection organisée en marge de l’exposition Autumn of the Earth, Spring of the Comprador de Saif Fradj, curatée par Farah Sayem. La séance sera suivie d’un temps d’échange, prolongeant la réflexion autour des enjeux environnementaux et sociaux contemporains en Tunisie.

Située au sud-est du pays, la région de Gabès occupe une place singulière dans l’imaginaire tunisien. Longtemps perçue comme un territoire fertile et stratégique, elle est devenue au fil des décennies l’un des symboles les plus frappants d’une industrialisation destructrice, menée sans véritable considération pour l’environnement ni pour les populations locales. La construction, dans les années 1970, d’un complexe industriel chimique lié à l’exploitation des phosphates a profondément altéré le littoral, l’oasis — unique oasis côtière au monde — et les équilibres sanitaires, économiques et sociaux de toute une région.

 

C’est cette réalité que Gabès Labess donne à voir, sans sensationnalisme mais avec une rigueur analytique et humaine. À travers des témoignages d’habitants, de pêcheurs, d’agriculteurs et d’acteurs associatifs, le film documente une pollution chronique de l’air, de la mer et des sols. Maladies respiratoires, effondrement des ressources halieutiques, disparition progressive des cultures traditionnelles : la catastrophe écologique apparaît ici comme indissociable d’une violence sociale silencieuse, lente, mais durable.

Le documentaire montre également que cette situation n’est pas le fruit d’un accident ou d’une fatalité, mais le résultat de choix politiques et économiques répétés. Hérités pour partie de la période autoritaire, ces modèles de développement extractivistes se sont prolongés après la révolution de 2011, révélant les contradictions profondes de la transition tunisienne. Gabès apparaît alors comme un véritable laboratoire à ciel ouvert : promesse de justice sociale et de dignité d’un côté, continuité d’un système industriel prédateur de l’autre.

À travers cette lecture lucide et engagée, Gabès Labess s’inscrit pleinement dans une réflexion plus large sur l’écologie politique en Afrique du Nord. Longtemps marginalisées dans le débat public, les questions environnementales y sont pourtant centrales. À Gabès, l’écologie n’est ni un luxe ni un discours abstrait : elle est une question de survie, de dignité et de droits fondamentaux. Le film rejoint ainsi d’autres luttes écologiques africaines, où les populations locales paient le prix fort de stratégies industrielles pensées loin de leurs territoires.

La projection sera suivie d’un débat ouvert, conçu comme un espace de parole et de confrontation des points de vue. Il s’agira notamment d’interroger les notions de justice environnementale, la responsabilité des États et des industries, mais aussi les formes de résistances citoyennes qui émergent dans des contextes de forte asymétrie de pouvoir. À Gabès, malgré l’usure, la précarité et la fatigue sociale, des mobilisations persistent, portées par des associations locales et des collectifs de citoyens qui refusent l’effacement de leur territoire.

Le parcours de Habib Ayeb éclaire la démarche du film. Géographe de formation, enseignant-chercheur et cinéaste, il développe depuis de nombreuses années un travail à la croisée des sciences sociales et du cinéma documentaire. Son regard, à la fois engagé et méthodique, s’attache aux territoires dominés et aux voix longtemps absentes du récit officiel. Avec Gabès Labess, le cinéma devient un outil critique, capable de rendre visibles des réalités reléguées hors champ et d’ouvrir des espaces de réflexion collective.

Informations pratiques

Vendredi 6 février 2026 à 17 h 30
La Boîte – 25 rue 8603, La Charguia I
Tunis 2035, Tunisie
Projection du film documentaire Gabès Labess (47 min), suivie d’un temps d’échange.

 

À Londres, la musique soudanaise au service de la solidarité (6 février)

À Londres, la diaspora soudanaise se mobilise à travers la musique. Le 6 février 2026, Music for Sudan réunit artistes et publics autour d’un concert solidaire célébrant la diversité musicale du Soudan, tout en soutenant les populations déplacées du Darfour et du Kordofan.

Dans un contexte marqué par la crise humanitaire persistante au Soudan, la culture devient un levier essentiel de mobilisation. Le vendredi 6 février 2026, The Africa Centre accueille Music for Sudan: A Night of Regional Sudanese Music, une soirée caritative portée par des acteurs de la diaspora soudanaise au Royaume-Uni. De 19h à 21h, la musique s’y fait à la fois mémoire, célébration et appel à la solidarité.

Conçu comme un concert-collecte de fonds, l’événement met en lumière la richesse et la diversité du patrimoine musical soudanais, souvent méconnu en Europe. Loin d’un répertoire uniforme, Music for Sudan propose un voyage à travers plusieurs traditions régionales, révélant la pluralité culturelle d’un pays situé au carrefour de l’Afrique subsaharienne et du monde arabe. Chaque performance est pensée comme un fragment d’histoire, un récit musical ancré dans des territoires, des langues et des pratiques sociales distinctes.

Une place particulière est accordée au mardoum, genre emblématique de la région du Kordofan, reconnaissable à ses rythmes puissants et à son ancrage dans les danses collectives. Cette tradition, rendue célèbre par de grandes figures de la musique soudanaise, témoigne de la capacité du chant et du rythme à fédérer des communautés entières. À travers ce répertoire, le concert rend hommage à une culture populaire profondément liée à la vie quotidienne et aux rites sociaux.

Autre axe fort de la soirée : Aghani Al-Banat, une tradition musicale portée par les femmes, historiquement associée aux célébrations familiales, aux mariages et aux espaces de sociabilité féminine. Longtemps reléguée à la sphère privée, cette expression occupe aujourd’hui une place centrale dans les dynamiques culturelles de la diaspora, devenant un symbole d’affirmation et de transmission. En la mettant en avant, Music for Sudan souligne le rôle fondamental des femmes dans la préservation et la réinvention des patrimoines musicaux soudanais.

Sur scène, deux artistes incarnent ce dialogue entre héritage et présent : Jumana Eltgani et Ahmed Allord. Tous deux actifs sur la scène contemporaine, ils inscrivent leurs performances dans une continuité culturelle tout en y apportant une sensibilité actuelle, façonnée par l’exil, la migration et les échanges transnationaux. Leur présence reflète la vitalité d’une scène diasporique qui refuse l’effacement et revendique une visibilité artistique.

Au-delà de la dimension musicale, la soirée est explicitement solidaire. L’intégralité des bénéfices est destinée à soutenir des personnes déplacées originaires des régions du Darfour et du Kordofan, parmi les plus durement touchées par les violences et les crises successives. Ces fonds sont redistribués via des initiatives coordonnées par des organisations de la diaspora, engagées dans une aide directe et concrète.

L’événement se distingue également par son accessibilité. Des billets gratuits, ainsi que des remboursements de frais de transport, sont proposés aux demandeurs d’asile et aux réfugiés souhaitant y assister. Ce choix témoigne d’une volonté claire : faire de Music for Sudan un espace inclusif, où la musique devient un lieu de rencontre et de reconnaissance, indépendamment des statuts ou des parcours.

À travers cette soirée, la diaspora soudanaise à Londres affirme une conviction forte : la culture n’est pas un luxe en temps de crise, mais un outil de résistance, de lien et de reconstruction. En conjuguant musique, mémoire et engagement humanitaire, Music for Sudan rappelle que les scènes culturelles peuvent aussi être des espaces d’action.

Informations pratiques

Événement : Music for Sudan – A Night of Regional Sudanese Music
Date : Vendredi 6 février 2026
Horaires : 19h – 21h
Lieu : The Africa Centre, 66 Great Suffolk Street, Londres
Artistes : Jumana Eltgani, Ahmed Allord
Objectif : concert solidaire au profit des populations déplacées du Darfour et du Kordofan
Billetterie : en ligne – billets solidaires, accès gratuit et aide au transport pour réfugiés et demandeurs d’asile selon conditions solidaire célébrant la diversité musicale du Soudan, tout en soutenant les populations déplacées du Darfour et du Kordofan.

 

Gospel Dream : quand le gospel traverse Paris et ses églises (7 février)

En février, la chorale Gospel Dream déploie le gospel afro-américain dans plusieurs églises parisiennes. Une série de concerts qui mêle ferveur spirituelle, héritages africains et énergie collective, transformant les lieux patrimoniaux de la capitale en scènes vibrantes et ouvertes à tous.

Depuis plus de trois décennies, Gospel Dream s’impose comme l’une des formations majeures du gospel à Paris. Son ambition dépasse le simple cadre musical : il s’agit de faire entendre, à travers les voix et les rythmes, une histoire longue et transatlantique, née dans les communautés afro-américaines, nourrie de racines africaines, et devenue au fil du temps un langage universel d’espérance et de résistance.

Tout au long du mois de février, la chorale propose une véritable itinérance musicale à travers plusieurs lieux religieux emblématiques de la capitale. Le premier rendez-vous marquant a lieu le samedi 7 février 2026 à la Cathédrale Américaine de Paris. Dans cet édifice anglican situé avenue George-V, le gospel trouve un écrin particulièrement symbolique. Les harmonies puissantes, les appels-réponses et l’intensité des chœurs prennent une ampleur particulière sous les voûtes de la cathédrale, offrant au public une expérience immersive où la musique dialogue avec la spiritualité du lieu.

Mais ce concert n’est qu’une étape d’un parcours plus large. D’autres dates sont programmées les week-ends suivants, toujours à la Cathédrale Américaine, permettant à différents publics de découvrir ou redécouvrir Gospel Dream dans ce cadre prestigieux. Cette régularité témoigne du succès durable de la formation et de l’engouement parisien pour le gospel, bien au-delà d’un effet de mode.

À partir de la mi-février, Gospel Dream investit également d’autres églises historiques de Paris, élargissant encore la portée de cette série. Parmi elles, l’église de la Madeleine accueille la chorale pour des concerts où la monumentalité du lieu dialogue avec la ferveur du gospel. D’autres dates sont prévues à Saint-Louis d’Antin – Espace Bernanos, à Saint-Germain-des-Prés ou encore dans des paroisses du nord et de l’est parisien, confirmant la volonté de toucher des publics variés et de faire circuler cette musique dans toute la ville.

Sur le plan artistique, chaque concert conserve une identité propre. Le répertoire mêle negro spirituals, gospels traditionnels et pièces plus contemporaines, parfois réarrangées pour s’adapter à l’acoustique spécifique de chaque lieu. Cette capacité d’adaptation est l’une des forces de Gospel Dream : la chorale ne plaque pas un format unique, mais laisse la musique dialoguer avec l’espace, le public et le moment.

La diversité des chanteurs et musiciens participe également à cette richesse. Leurs origines multiples reflètent les circulations culturelles à l’œuvre dans le gospel lui-même. Sur scène, l’émotion est palpable, l’interaction avec le public constante, et la frontière entre concert et célébration s’estompe rapidement.

En multipliant les dates et les lieux en février, Gospel Dream propose bien plus qu’un événement ponctuel. C’est une série cohérente, presque un parcours initiatique à travers Paris, où chaque église devient le temps d’une soirée le théâtre d’une mémoire chantée, collective et vivante.

Informations pratiques

Concerts gospel – Gospel Dream
Samedi 7 février 2026 – Cathédrale Américaine de Paris
Autres dates tout au long de février (week-ends) à la Cathédrale Américaine
Concerts à partir de la mi-février à la Madeleine, Saint-Louis d’Antin, Saint-Germain-des-Prés et autres églises parisiennes
Horaires : généralement à 20h30
Durée : environ 1h15

 

À Paris, IBIYEWA fait vibrer les héritages africains au présent (7 février) 

Le 7 février, le groupe IBIYEWA se produit au Son de la Terre à Paris. Entre rythmes africains, jazz et grooves contemporains, le trio propose une musique du mouvement, festive et habitée, où la tradition se réinvente au contact des scènes urbaines actuelles.

Le samedi 7 février 2026, le trio IBIYEWA se produit sur la scène du Le Son de la Terre, à Paris. Une date qui accompagne la sortie en France de leur premier album, Vendredi Magnifique, et confirme l’émergence d’un projet musical où les héritages africains se réinventent au contact des grooves contemporains.

Né à Bruxelles, IBIYEWA est avant tout une histoire de circulation. À l’initiative du batteur béninois Angelo Moustapha, protégé du guitariste Philip Catherine, le trio réunit deux figures marquantes de la scène bruxelloise : le guitariste malgache Joel Rabesolo, voix singulière de la jeune génération, et le saxophoniste belge Toine Thys, musicien incontournable aux multiples projets.

Leur musique repose sur un principe clair : faire du rythme un langage commun. La batterie n’y est pas un simple support, mais un moteur qui structure les morceaux, ouvre l’improvisation et entraîne le dialogue entre guitare et saxophone. Le groove est constant, parfois hypnotique, parfois plus aérien, mais toujours central.

Vendredi Magnifique célèbre la fête, la nuit et la liberté du corps. Les morceaux, écrits par les trois musiciens, naviguent entre acoustique et textures électroniques, sans jamais perdre leur ancrage rythmique. Derrière l’énergie festive, l’album interroge la manière dont les rythmes africains voyagent, se transforment et s’inscrivent dans des paysages urbains contemporains.

Le nom du groupe dit beaucoup de cette démarche. En yoruba, IBIYEWA signifie « ici, nous nous ressemblons ». Une profession de foi musicale : dépasser les frontières culturelles, créer un espace sonore partagé, où influences africaines, jazz, électro et improvisation coexistent sans hiérarchie.

Sur scène, cette philosophie prend corps. De Bruxelles à Ouagadougou, de Conakry à Tananarive, de Luanda à Paris, le trio construit une relation directe avec le public, portée par une joie communicative et une énergie collective. La danse s’invite naturellement, sans jamais exclure l’écoute attentive.

Au Son de la Terre, lieu emblématique des musiques africaines et diasporiques à Paris, ce concert s’inscrit pleinement dans une programmation qui pense l’Afrique comme une source vivante et contemporaine. Avec IBIYEWA, la tradition n’est ni figée ni folklorisée : elle circule, se transforme et s’invente au présent, au rythme des corps en mouvement.

Informations pratiques

Le Son de la Terre, 2 port de Montebello, Paris 5ᵉ
Samedi 7 février 2026 à 20 h
Musiques africaines contemporaines / afro-jazz
Billetterie en ligne et sur place (concert ou formule dîner-concert)

 

Au cœur du désert tchadien, le FICSA fait vibrer les cultures sahariennes (7-13 février)

Du 7 au 13 février 2026, Amdjarass accueille la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes. Une semaine de célébration artistique et patrimoniale au cœur du Sahara tchadien, entre traditions vivantes, échanges interculturels et affirmation identitaire.

À l’extrême nord-est du Tchad, aux portes du Sahara, la ville d’Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un carrefour culturel majeur. Du 7 au 13 février 2026, la cité accueille la 6ᵉ édition du Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA), un rendez-vous désormais incontournable pour la valorisation des patrimoines culturels sahariens et des arts du désert.

Pensé comme un espace de transmission et de dialogue, le FICSA célèbre les multiples expressions artistiques des peuples du Sahara : musiques traditionnelles, danses rituelles, poésie orale, artisanat, gastronomie et pratiques sociales ancestrales. Loin d’un folklore figé, le festival met en lumière des cultures vivantes, en constante réinvention, portées par des communautés nomades et sédentaires dont les savoir-faire traversent les siècles.

Soutenu par les autorités locales et nationales, le FICSA s’inscrit dans une politique de promotion culturelle et touristique de la province de l’Ennedi-Est, territoire spectaculaire classé pour ses paysages rocheux et son patrimoine naturel exceptionnel. Le festival devient ainsi une vitrine du Sahara tchadien, trop souvent réduit à ses contraintes géographiques, alors qu’il constitue un espace de création, de circulation et d’échanges historiques.

Durant sept jours, Amdjarass se transforme en scène à ciel ouvert. Les performances musicales occupent une place centrale, mettant à l’honneur les rythmes sahariens, les chants accompagnés de percussions et les formes vocales liées à la poésie orale. Ces expressions artistiques racontent la vie dans le désert, les migrations, les alliances tribales, mais aussi la relation intime entre l’homme, l’animal et l’espace saharien.

Le FICSA accorde également une large place aux arts du mouvement. Les danses traditionnelles, souvent collectives, traduisent des rituels sociaux et symboliques : célébrations, mariages, victoires ou moments de passage. Elles dialoguent avec des démonstrations équestres et des courses de dromadaires, temps forts très attendus du festival, qui rappellent le rôle central de ces animaux dans l’histoire des échanges transsahariens.

Si le festival est ancré dans le Tchad, il dépasse largement les frontières nationales. Le Sahara y est pensé comme un espace culturel continu, reliant différentes régions et peuples. À ce titre, le FICSA constitue un lieu de rencontres interculturelles, où artistes, artisans et visiteurs venus d’autres zones sahariennes partagent pratiques et récits. Même s’il n’est pas centré exclusivement sur la diaspora soudanaise, le festival fait écho aux circulations culturelles entre le Tchad, le Soudan et l’ensemble de la bande saharienne.

Les expositions d’artisanat occupent un autre volet essentiel de la programmation. Bijoux, textiles, objets en cuir ou en bois témoignent de savoir-faire transmis de génération en génération. En valorisant ces productions locales, le FICSA participe aussi à une dynamique économique, offrant une visibilité accrue aux artisans et aux circuits courts.

Au-delà de l’événement festif, le Festival International des Cultures Sahariennes porte une ambition plus large : réaffirmer la dignité culturelle des peuples du désert, renforcer la fierté identitaire et inscrire le Sahara dans les grandes cartographies culturelles contemporaines. Dans un monde où les marges sont souvent invisibilisées, Amdjarass devient, le temps d’une semaine, un centre.

 

Informations pratiques
Événement : Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA) – 6ᵉ édition
Dates : Du 7 au 13 février 2026
Lieu : Amdjarass, province de l’Ennedi-Est, Tchad
Programme : musiques et danses sahariennes, poésie, artisanat, courses de dromadaires, expositions culturelles
Public : tout public

 

Galerie Angalia : voir le bassin du Congo autrement ( jusqu’au 28 février)

À la galerie Angalia, l’exposition Au cœur du bassin du Congo propose une immersion photographique dans l’un des territoires les plus vitaux et menacés de la planète. Le regard de Hugh Kinsella Cunningham relie paysages, communautés humaines et urgences climatiques.

Jusqu’au 28 février 2026, la Galerie Angalia présente Au cœur du bassin du Congo, une exposition photographique de Hugh Kinsella Cunningham, visible tout au long de la semaine du 6 février. Fidèle à sa ligne éditoriale, la galerie poursuit son travail de mise en lumière d’artistes engagés, attentifs aux réalités contemporaines de l’Afrique centrale et, en particulier, de la République démocratique du Congo.

Le bassin du Congo constitue l’un des plus vastes ensembles forestiers du monde et l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète. Pourtant, ce territoire demeure largement absent des récits visuels dominants, souvent réduit à des chiffres, des alertes ou des images spectaculaires décontextualisées. Le travail de Hugh Kinsella Cunningham prend le contre-pied de cette approche. Son regard s’inscrit dans le temps long, celui de la présence, de l’observation et de la relation patiente avec les lieux et les populations.

L’exposition rassemble une sélection de photographies issues de plusieurs années de terrain. Le fleuve Congo y apparaît comme une colonne vertébrale, structurant les vies, les déplacements et les imaginaires. Autour de lui, se déploient des scènes de la vie quotidienne : pêche, transport fluvial, gestes agricoles, instants de repos ou de traversée. À ces images s’ajoutent des paysages plus silencieux — forêts denses, montagnes des Virunga, sommets des Ruwenzori — où la nature impose une présence presque écrasante, mais désormais fragile.

Ce qui frappe dans cette série, c’est l’absence de toute dramatisation forcée. La menace climatique, pourtant bien réelle, n’est jamais illustrée par l’effroi. Elle se lit dans les détails : la fonte progressive des glaciers, les transformations des écosystèmes, les adaptations quotidiennes des populations riveraines. La photographie devient alors un outil de compréhension, un espace de nuance, loin des récits catastrophistes qui saturent l’actualité environnementale.

Le travail de Cunningham se situe à la frontière du photojournalisme et de la photographie documentaire sensible. Il ne cherche pas à imposer un discours, mais à rendre visibles des liens : liens entre humains et milieux naturels, entre mémoire et territoire, entre exploitation et vulnérabilité. Chaque image semble poser la même question, en filigrane : comment habiter un monde en transformation sans en épuiser les ressources vitales ?

La galerie Angalia accompagne cette démarche par une présentation sobre, laissant au regard le temps de circuler. Spécialisée dans la mise en avant d’artistes vivant et travaillant en République démocratique du Congo, la galerie s’attache à défendre des pratiques visuelles ancrées dans le réel, mais ouvertes à une lecture globale. Ici, l’Afrique centrale n’est ni périphérique ni exotisée : elle est montrée comme un espace stratégique, au cœur des enjeux planétaires contemporains.

Au cœur du bassin du Congo dépasse ainsi le simple cadre de l’exposition photographique. Elle invite à une prise de conscience lente, presque silencieuse, où l’image agit comme un lieu de rencontre plutôt que comme un choc. Dans un contexte de crises écologiques accélérées, ce travail rappelle que la photographie peut encore être un outil de vigilance, de transmission et de responsabilité.

 

Informations pratiques

Galerie Angalia, 10–12 rue des Coutures Saint-Gervais, Paris 3ᵉ
Du 1er au 28 février 2026
Horaires habituels de la galerie
Entrée libre

 

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Notre semaine culturelle débute avec le Tambasansang Cultural Festival en Gambie https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-le-tambasansang-cultural-festival-en-gambie/ Fri, 30 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146094 De Paris au Val-de-Marne, de Lomé à Mombasa, de Tambasansang aux plateformes mondiales, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine des scènes contrastées. Concerts, festivals, séries et expositions dessinent un paysage culturel traversé par le rituel, la fête, l’enquête et l’expérimentation formelle. Une programmation plurielle, où les œuvres dialoguent avec les réalités sociales, les […]

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De Paris au Val-de-Marne, de Lomé à Mombasa, de Tambasansang aux plateformes mondiales, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine des scènes contrastées. Concerts, festivals, séries et expositions dessinent un paysage culturel traversé par le rituel, la fête, l’enquête et l’expérimentation formelle. Une programmation plurielle, où les œuvres dialoguent avec les réalités sociales, les imaginaires contemporains et les cadres politiques qui les façonnent.

 

Du 30 janvier au 1er février 2026, le Tambasansang Cultural Festival réunit habitants et visiteurs dans l’est de la Gambie. Trois jours de musiques, danses et rituels pour célébrer un patrimoine vivant, transmis collectivement.

 
À l’écart des grands circuits touristiques, le Tambasansang Cultural Festival s’impose comme l’un des rendez-vous culturels les plus ancrés localement en Gambie. Organisé dans le village de Tambasansang, dans l’Upper River Region, l’événement se tiendra sur trois jours, du 30 janvier au 1er février 2026, selon des dates confirmées par l’organisation.

Le festival est pensé avant tout comme un moment communautaire. Ici, il ne s’agit pas de reconstituer une tradition pour le regard extérieur, mais de rendre visibles des pratiques qui structurent encore la vie quotidienne : musique, danse, oralité, transmission intergénérationnelle. Tambasansang devient, le temps de quelques jours, un espace de rassemblement où se croisent habitants des villages voisins, membres de la diaspora de retour au pays et visiteurs curieux de découvrir une Gambie rurale et vivante.

Les performances musicales occupent une place centrale. Tambours, chants traditionnels mandingues et interventions de griots rythment les journées. Ces figures, gardiennes de la mémoire orale, racontent les lignées, les événements fondateurs et les valeurs qui organisent la communauté. La musique n’est pas ici un simple divertissement : elle est un langage social, un outil de cohésion et de reconnaissance mutuelle.

Une célébration communautaire

Danses collectives, démonstrations rituelles et cérémonies ponctuent le programme, souvent sans séparation nette entre artistes et public. Les spectateurs deviennent participants, invités à entrer dans le cercle, à apprendre les gestes, à partager le tempo. Cette porosité fait partie de l’identité du festival, qui refuse la mise à distance entre ceux qui montrent et ceux qui regardent.

La dimension culinaire est également essentielle. Les repas préparés sur place, à base de produits locaux, sont proposés comme des moments de partage. Ils prolongent les échanges, favorisent les rencontres et donnent au festival une atmosphère familiale, loin des formats standardisés des grands événements culturels. L’artisanat local — tissus, objets utilitaires, créations traditionnelles — trouve aussi sa place, rappelant que la culture s’exprime autant dans les gestes quotidiens que sur scène.

Le Tambasansang Cultural Festival s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des cultures rurales gambiennes. Dans un pays souvent réduit à sa côte touristique, l’événement rappelle la richesse des régions de l’intérieur et leur rôle central dans la préservation des identités culturelles. Il contribue également à renforcer la fierté locale, en donnant aux jeunes générations un espace où voir leurs traditions reconnues et célébrées.

Pour les visiteurs étrangers, le festival offre une expérience rare : celle d’une immersion sans filtre dans une communauté qui se raconte elle-même. Loin de l’exotisme de façade, Tambasansang propose un autre rapport au temps, à la fête et à la transmission. On y vient moins pour consommer un spectacle que pour assister à une culture en action.

À mesure que l’événement gagne en visibilité, ses organisateurs insistent sur un équilibre délicat : accueillir sans dénaturer, ouvrir sans transformer. Le Tambasansang Cultural Festival revendique cette simplicité comme une force. Celle d’un rendez-vous où la culture n’est ni figée ni mise en scène, mais vécue collectivement, dans un esprit de continuité.

Informations pratiques

Événement : Tambasansang Cultural Festival
Dates : 30 janvier – 1er février 2026
Lieu : Tambasansang, Upper River Region, Gambie
Durée : 3 jours
Type : Festival culturel et communautaire
À savoir : événement en plein air, organisation locale, immersion culturelle privilégiée

 

Sons d’hiver, laboratoire musical de l’Île-de-France (30 janvier- 21 fevrier) 

Du 30 janvier au 21 février 2026, le Festival Sons d’hiver déploie à Paris et dans le Val-de-Marne une programmation exigeante et ouverte, où jazz, hip-hop et musiques expérimentales dialoguent au fil de concerts itinérants.

Chaque hiver, Festival Sons d’hiver s’impose comme l’un des rendez-vous musicaux majeurs de l’Île-de-France. Pour son édition 2026, le festival investit à nouveau Paris et le Val-de-Marne, du 30 janvier au 21 février, avec une ambition inchangée : offrir un espace d’exploration sonore où se croisent héritages du jazz, écritures contemporaines et formes hybrides issues des musiques actuelles.

Créé au début des années 1990, Sons d’hiver a longtemps été identifié comme un festival de jazz. Il en a conservé l’exigence artistique et le goût de l’improvisation, tout en élargissant progressivement son spectre. Aujourd’hui, la programmation mêle jazz moderne, hip-hop, musiques électroniques, rock expérimental et projets inclassables. Ce décloisonnement est devenu sa signature, attirant un public varié, composé d’amateurs avertis comme de curieux en quête de nouvelles expériences d’écoute.

La géographie du festival participe pleinement de son identité. Les concerts se déploient dans plusieurs villes du Val-de-Marne — Créteil, Vitry-sur-Seine, Vincennes, Villejuif ou encore Alfortville — ainsi qu’à Paris, notamment au Théâtre de la Cité internationale. Cette circulation entre les territoires permet de toucher des publics différents et de faire dialoguer des lieux aux jauges et aux atmosphères contrastées, des salles intimistes aux scènes plus institutionnelles.

Une programmation pensée comme un parcours

Sons d’hiver ne se contente pas d’aligner des concerts. L’édition 2026 est conçue comme un parcours, où chaque soirée éclaire une facette différente de la création musicale contemporaine. Des figures reconnues du jazz international y côtoient des artistes émergents, des formations acoustiques dialoguent avec des dispositifs électroniques, et certaines soirées font se rencontrer des traditions musicales éloignées géographiquement mais proches dans leur rapport au rythme et à l’improvisation.

Le festival accorde également une place importante aux créations originales. Projets inédits, collaborations spécialement conçues pour l’événement, relectures d’œuvres existantes : Sons d’hiver se positionne comme un espace de production autant que de diffusion. Cette dimension créative renforce son rôle de laboratoire, où les artistes peuvent expérimenter hors des cadres commerciaux habituels.

L’un des enjeux centraux du festival est la relation au public. En privilégiant des lieux de proximité et des formats accessibles, Sons d’hiver maintient une forme de convivialité rare dans les grandes manifestations musicales. Les échanges entre artistes et spectateurs, parfois informels, font partie intégrante de l’expérience. Cette attention portée à l’écoute et à la rencontre contribue à fidéliser un public qui revient moins pour des têtes d’affiche que pour une ligne artistique cohérente.

Dans le paysage culturel francilien, Sons d’hiver occupe une place singulière. Il ne cherche ni l’effet de masse ni la programmation consensuelle. Son positionnement repose sur la confiance accordée à l’intelligence du public et sur une vision exigeante de la musique comme espace de recherche. Cette constance explique sa longévité et son inscription durable dans le calendrier hivernal.

À l’heure où de nombreux festivals misent sur la visibilité immédiate et la rentabilité, Sons d’hiver continue de défendre une autre temporalité : celle de l’écoute attentive, de la découverte progressive et de la curiosité. Trois semaines durant, il offre un panorama vivant des musiques qui se fabriquent aujourd’hui, à la croisée des genres et des territoires.

 

Informations pratiques

Événement : Festival Sons d’hiver
Dates : 30 janvier – 21 février 2026
Lieu : Paris et Val-de-Marne (Île-de-France)
Type : Festival musical itinérant
Genres : jazz, hip-hop, musiques électroniques, expérimentales
Format : concerts et créations originales

Hamid El Kasri, le souffle du gnawa à Paris (31 janvier)

Le 31 janvier 2026, Hamid El Kasri est en concert à Paris. Le maître gnawa marocain y déploie une musique rituelle fondée sur la voix, le rythme et la répétition, entre tradition vivante et expérience collective.

Le 31 janvier 2026, Hamid El Kasri se produit à Paris pour un concert consacré au gnawa, tradition musicale et spirituelle nord-africaine inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. La date apparaît dans plusieurs agendas spécialisés des musiques africaines et figure parmi les rendez-vous marquants de l’hiver pour les amateurs de musiques rituelles.

Hamid El Kasri est l’un des mâalems les plus respectés de sa génération. Né à Ksar El Kebir, formé à Meknès puis à Marrakech, il est reconnu pour sa voix grave et ample, capable de porter des suites longues sans perdre en intensité. Son jeu de guembri, précis et profond, structure l’ensemble du rituel sonore, soutenu par les qraqeb, dont le cliquetis métallique impose une pulsation continue.

Le gnawa n’est pas une musique de format court. Les morceaux s’étirent, s’installent, progressent par cycles. Les chants évoquent la mémoire des communautés afro-maghrébines, la filiation, la protection et la guérison symbolique. Sur scène, Hamid El Kasri ne simplifie pas ce répertoire : il en conserve la durée, la répétition et la tension rythmique, même dans un contexte de concert.

Une soirée entre scène et rituel

À Paris, la performance s’annonce comme une soirée immersive, où la frontière entre concert et expérience collective reste volontairement poreuse. Le public n’est pas invité à consommer un spectacle, mais à entrer dans un tempo, à accepter une autre temporalité. La montée progressive du rythme, l’appel-réponse entre le mâalem et les chœurs, l’endurance musicale font partie intégrante de l’écoute.

Habitué des grandes scènes internationales — du Festival d’Essaouira aux festivals européens de musiques du monde — Hamid El Kasri est aussi connu pour avoir collaboré avec des musiciens de jazz et d’improvisation. Mais ses concerts en solo gnawa restent les plus fidèles à l’esprit originel de cette musique. Celui de Paris s’inscrit dans cette ligne : une proposition directe, sans ornement superflu.

Dans le contexte parisien, cette date attire un public large : amateurs de musiques traditionnelles, membres des diasporas maghrébines et africaines, mais aussi auditeurs curieux des formes répétitives et modales. En plein hiver, ce concert offre une alternative aux formats électriques ou électroniques dominants : une musique portée par le corps, la voix et le rythme.

Hamid El Kasri rappelle ainsi que le gnawa n’est ni une relique ni un folklore figé, mais une pratique vivante, capable de trouver sa place sur une scène parisienne sans perdre sa force ni sa cohérence.

 

Informations pratiques

Artiste : Hamid El Kasri
Date : 31 janvier 2026
Ville : Paris
Lieu : Cabaret Sauvage
Genre : gnawa/musique traditionnelle nord-africaine
Format : concert vocal et rythmique
Instrumentation : guembri, qraqeb, chant
Billetterie : réservation en ligne (plateformes culturelles parisiennes)

 

Mizani : une enquête au cœur des ténèbres kényanes (5 février)

Avec Mizani, Showmax propose une série policière kényane sombre et engagée. Portée par une enquête sur le trafic d’organes à Mombasa, elle mêle drame intime, corruption systémique et quête de rédemption.

 

 

Prévue pour le 5 février 2026, Mizani s’inscrit dans la montée en puissance des fictions africaines ambitieuses sur les plateformes de streaming. Produite pour Showmax, la série adopte les codes du crime drama contemporain tout en les ancrant fermement dans une réalité kényane rarement explorée avec autant de frontalité.

Mizani suit le parcours d’un journaliste d’investigation à la réputation solide, dont la vie bascule lorsque sa fille est brutalement enlevée. Très vite, l’affaire dépasse le cadre d’un drame familial. En cherchant à la retrouver, il met au jour l’existence d’un réseau clandestin de trafic d’organes opérant sur la côte est-africaine, avec Mombasa comme plaque tournante. L’enquête révèle alors un enchevêtrement de complicités : policiers corrompus, intermédiaires médicaux, notables intouchables.

Là où la série se distingue, c’est dans son refus du sensationnalisme. Le trafic d’organes n’est jamais réduit à un simple ressort narratif. Il est présenté comme un système, alimenté par la misère, la demande internationale et l’effondrement de certains garde-fous institutionnels. Mizani prend le temps de montrer les zones grises : des personnages ni totalement coupables ni totalement innocents, pris dans des logiques de survie ou de silence.

Entre enquête criminelle et drame moral

La série articule son récit autour d’une tension constante entre investigation et culpabilité intime. Le journaliste n’est pas un héros lisse. Sa quête de vérité se heurte à ses propres renoncements passés, à des compromis professionnels qui, peut-être, ont rendu ce drame possible. À mesure que l’enquête progresse, la question centrale se déplace : s’agit-il seulement de sauver sa fille, ou de réparer quelque chose de plus large — un regard trop longtemps détourné ?

Le choix de Mombasa comme décor n’est pas anodin. Ville portuaire, carrefour commercial et touristique, elle apparaît ici sous un jour rarement montré à l’écran. Les contrastes sont omniprésents : plages et arrière-salles, hôtels de luxe et cliniques clandestines, circulation fluide de l’argent et invisibilité des victimes. La mise en scène joue sur ces oppositions pour renforcer le sentiment d’étouffement et de danger latent.

Sur le plan formel, Mizani adopte une narration tendue, parfois austère, privilégiant l’atmosphère à l’action spectaculaire. Les silences, les regards et les non-dits occupent une place centrale. Cette retenue contribue à donner du poids au propos, en évitant l’écueil du thriller standardisé.

Avec cette série, Showmax poursuit une ligne éditoriale claire : soutenir des récits africains qui abordent frontalement des enjeux sociaux et politiques, sans les édulcorer pour un public international. Mizani ne cherche pas à plaire à tout prix. Elle propose un regard dur, parfois inconfortable, mais nécessaire sur une criminalité transnationale qui reste largement méconnue.

À la croisée du polar, du drame familial et de la critique sociale, la série s’adresse à un public en quête de fictions exigeantes, capables de raconter l’Afrique contemporaine autrement que par le prisme de l’exotisme ou du divertissement pur.

Informations pratiques
Titre : Mizani
Première diffusion : 5 février 2026
Plateforme : Showmax
 Format : Série
Genre : Policier/crime drama
Pays : Kenya
Langue : anglais/swahili (sous-titres disponibles)

 

Raï Nation 2 : Paris célèbre le raï populaire (6 février)

Le 6 février 2026, Raï Nation 2 investit l’Adidas Arena à Paris. Une grande soirée dédiée au raï algérien, réunissant figures historiques et artistes populaires pour célébrer une musique festive, sociale et profondément transgénérationnelle.

Le 6 février 2026, Raï Nation 2 transforme l’Adidas Arena en vaste scène consacrée au raï, musique populaire algérienne née à Oran et devenue, au fil des décennies, l’un des langages musicaux les plus fédérateurs du Maghreb et de ses diasporas.

Pensé comme une immersion musicale et culturelle, l’événement réunit plusieurs figures majeures du genre, issues de différentes générations. À l’affiche, Zahouania, voix emblématique du raï féminin, connue pour ses textes directs et son énergie scénique, côtoie Cheb Bilal, figure incontournable du raï populaire des années 1990-2000. Autour d’eux, Bilal Sghir, Samira l’Oranaise, Cheb Bello, Cheba Djenet ou encore Houari Dauphin composent un plateau volontairement large, reflétant la diversité du raï contemporain.

Le raï est une musique de la parole et du corps. Historiquement liée aux milieux populaires, aux fêtes, aux cafés et aux cabarets, elle raconte l’amour, l’exil, la fête, les désillusions sociales. Sur scène, cette dimension collective est centrale : refrains repris en chœur, rythmes dansants, proximité avec le public. Raï Nation 2 assume pleinement cet héritage festif, sans chercher à lisser ou intellectualiser le genre.

Une soirée entre mémoire et fête populaire

L’intitulé Raï Nation 2 suggère la continuité d’un format déjà éprouvé : un grand concert fédérateur, pensé pour un public large, mêlant nostalgiques du raï classique et amateurs de formes plus actuelles. La programmation repose sur une logique claire : faire dialoguer les voix qui ont façonné le genre avec celles qui le prolongent aujourd’hui, dans un même élan populaire.

Le choix de l’Adidas Arena permet un format ample, à la hauteur de l’ambition de l’événement. Ici, le raï quitte les salles intermédiaires pour investir une grande enceinte parisienne, confirmant son statut de musique majeure dans le paysage culturel francilien. Le public attendu est à la fois diasporique, intergénérationnel et festif, venu autant pour danser que pour retrouver des voix familières.

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Sans dispositif scénique complexe annoncé, l’essentiel repose sur les performances vocales, l’enchaînement des artistes et l’énergie collective. Raï Nation 2 s’inscrit ainsi dans une tradition de concerts-événements où la musique populaire se vit comme un moment de rassemblement, plus que comme un simple spectacle.

Dans un hiver culturel dense, cette soirée apparaît comme un temps fort pour les amateurs de musiques nord-africaines, rappelant que le raï, loin d’être figé dans le passé, continue de remplir les salles et de faire vibrer les foules.

Informations pratiques
Événement : Raï Nation 2 – Une immersion musicale & culturelle
Date : 6 février 2026
Ville : Paris
Lieu : Adidas Arena
Genre : raï/musiques nord-africaines
Artistes : Zahouania, Cheb Bilal, Bilal Sghir, Samira l’Oranaise, Cheb Bello, Cheba Djenet, Houari Dauphin…
Format : grand concert festif
Public : tout public, amateurs de raï et de musiques populaires

Yoh ! Bestie: quand l’amitié se heurte à l’amour (6 février) 

Suite attendue de Yoh ! Christmas, Yoh ! Bestie arrive sur Netflix début février 2026. Cette comédie romantique sud-africaine explore la frontière fragile entre amitié, jalousie et désir, dans le décor lumineux d’un mariage.

Prévu pour le 6 février 2026, Yoh ! Bestie s’inscrit dans la stratégie de Netflix de renforcer son offre de fictions locales à portée mondiale. Le film prolonge l’univers de Yoh ! Christmas, succès des fêtes 2023, et en déplace les enjeux vers un terrain plus intime : celui des sentiments longtemps contenus.

Là où Yoh ! Christmas jouait avec les codes du récit choral et les pressions familiales liées aux fêtes, Yoh ! Bestie resserre le cadre autour d’un duo central. Thando, héroïne déjà connue du public, voit revenir son meilleur ami Charles après un voyage prolongé. Il n’est plus seul : il est fiancé. Ce simple basculement suffit à fissurer l’équilibre. Le film s’intéresse alors à une question universelle : que reste-t-il d’une amitié quand l’un des deux comprend trop tard qu’il désirait davantage ?

Classée comme comédie romantique, l’œuvre évite les effets faciles. Le ton reste léger, mais les situations sont traitées avec une attention particulière portée aux émotions contradictoires : loyauté, frustration, peur de perdre l’autre, difficulté à nommer ce qui fait mal. La jalousie, souvent caricaturée dans le genre, devient ici un révélateur. Elle oblige les personnages à clarifier leurs attentes et à assumer leurs choix.

L’intrigue se déroule en grande partie à Knysna, sur la Garden Route sud-africaine, à l’occasion d’un mariage de destination. Le cadre idyllique joue un rôle narratif précis : l’espace clos de la cérémonie, l’enchaînement des rituels et la promiscuité forcée accélèrent les confrontations. Comme souvent dans les récits de noces, l’événement agit moins comme une célébration que comme un révélateur de vérités longtemps différées.

Continuité et renouvellement du casting

Le film retrouve plusieurs visages appréciés de la série, dont Katlego Lebogang (Thando) et Siya Sepotokele (Charles). Leur dynamique gagne en maturité : les dialogues sont plus directs, les silences plus lourds de sens. De nouveaux personnages gravitent autour du couple central, apportant un regard extérieur sur cette amitié ambiguë et servant de miroir aux hésitations des protagonistes.

Avec Yoh ! Bestie, Netflix confirme son intérêt pour des récits sud-africains capables de parler au-delà de leur contexte local. Les références culturelles restent présentes — langues, codes sociaux, humour — mais sans jamais devenir opaques. Le film s’adresse autant au public sud-africain qu’à la diaspora et aux spectateurs internationaux familiers des rom-coms contemporaines.

Sans critiques disponibles à ce stade, l’anticipation se mesure à l’enthousiasme suscité par les premières images et annonces. Le public de Yoh ! Christmas attend une suite qui ne se contente pas de reproduire une formule gagnante, mais qui ose déplacer le regard. En choisissant l’amitié comme point de départ et la jalousie comme moteur dramatique, Yoh ! Bestie promet une variation sensible sur un thème universel.

Informations pratiques

Titre : Yoh ! Bestie
Sortie : 6 février 2026
Plateforme : Netflix
Format : Long métrage
Genre : Comédie romantique
 Pays de production : Afrique du Sud
Langues : anglais/langues sud-africaines (sous-titres disponibles)

À Lomé, le design ouest-africain en partage (jusqu’au 15 mars)

Présentée au Palais de Lomé du 28 novembre 2025 au 15 mars 2026, l’exposition Design in West Africa : Unity in Multiplicity rassemble des designers ouest-africains autour d’un design ancré, pluriel et résolument contemporain.

Ouverte depuis le 28 novembre 2025 et visible jusqu’au 15 mars 2026, Design in West Africa : Unity in Multiplicity occupe les espaces du Palais de Lomé. L’exposition est pleinement accessible pendant l’hiver 2026.

Conçue comme un panorama du design ouest-africain contemporain, elle réunit plus d’une vingtaine de créateurs issus du Nigeria, du Ghana, du Sénégal, du Mali, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Togo. Le propos est clair : montrer une scène multiple, sans chercher à produire une esthétique unique ou un récit unifié.

Mobilier, objets, textiles et installations mettent en avant un rapport direct aux matériaux — bois, fibres naturelles, métal, tissus, éléments recyclés — et aux usages. Les pièces exposées dialoguent avec des savoir-faire locaux tout en répondant à des enjeux contemporains : durabilité, réemploi, transformation des formes traditionnelles.

Un design situé, entre usages et création

L’exposition évite toute lecture folklorisante. Le design présenté n’est ni décoratif ni figé : il est pensé comme une pratique située, liée aux contextes sociaux, économiques et culturels des pays représentés. Les œuvres montrent comment les designers s’approprient héritages et contraintes pour produire des objets fonctionnels, parfois critiques, toujours ancrés dans le présent.

Le choix du Palais de Lomé renforce cette lecture. Ancien bâtiment du pouvoir colonial devenu lieu culturel, il offre un cadre sobre et lisible, où les objets dialoguent avec l’histoire sans l’écraser. L’exposition s’inscrit ainsi dans une dynamique de réappropriation des espaces et des récits.

Sans spectaculaire inutile, Design in West Africa: Unity in Multiplicity propose une lecture claire et accessible du design ouest-africain actuel : un champ de création structuré, divers, et pleinement engagé dans les réalités contemporaines.

Informations pratiques

Exposition : Design in West Africa: Unity in Multiplicity
Lieu : Palais de Lomé, Lomé (Togo)
Dates : 28 novembre 2025 → 15 mars 2026

 

 

 

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Notre semaine culturelle débute avec les musiques africaines au Maroc https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-debute-avec-les-musiques-africaines-au-maroc/ Fri, 23 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145720 De Biarritz à Bamako, de Paris à Montréal, du Maroc au Nigeria, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine plusieurs scènes majeures. Cinéma documentaire, festivals, musiques, arts visuels et séries contemporaines témoignent d’une vitalité culturelle transnationale, inscrite au cœur des débats esthétiques et politiques actuels. Du 23 au 30 janvier, le Maroc vibre au rythme […]

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De Biarritz à Bamako, de Paris à Montréal, du Maroc au Nigeria, la création africaine et afro-diasporique occupe cette semaine plusieurs scènes majeures. Cinéma documentaire, festivals, musiques, arts visuels et séries contemporaines témoignent d’une vitalité culturelle transnationale, inscrite au cœur des débats esthétiques et politiques actuels.

Du 23 au 30 janvier, le Maroc vibre au rythme des musiques nord-africaines et afro-diasporiques. De la gnawa rituelle aux concerts participatifs, Tanger, Rabat, Oujda et Tétouan accueillent une série de rendez-vous qui dessinent un paysage musical pluriel et vivant.

 




Fin janvier 2026, le Maroc confirme son statut de carrefour musical africain. À travers plusieurs concerts programmés dans différentes villes du pays, la scène marocaine met en dialogue traditions anciennes, répertoires populaires et influences afro-diasporiques. Cette séquence culturelle, concentrée entre le 23 et le 30 janvier, illustre une politique de diffusion musicale décentralisée, portée par des théâtres et des salles institutionnelles, mais aussi par une forte demande du public.

À Tanger, le 23 janvier, le projet Kolna Nghani investit le Théâtre Palais des Arts et de la Culture. Pensé comme un concert participatif, « Nous chantons tous » revisite un répertoire de chansons marocaines connues, invitant le public à devenir acteur du spectacle. Dans cette ville ouverte sur la Méditerranée et l’Afrique, la musique se fait langage commun, accessible et fédérateur, loin de toute hiérarchie entre scène et salle.

Le même soir, Rabat accueille l’un des temps forts majeurs de la période avec La Grande Soirée Gnawa au Zénith de Rabat. Sur scène, Hamid El Kasri, figure emblématique de la gnawa contemporaine, partage l’affiche avec Abdelkebir Merchane. Héritée des traditions subsahariennes intégrées à l’histoire marocaine, la musique gnawa, classée au patrimoine immatériel de l’humanité, conjugue ici dimension spirituelle, transe collective et performance scénique. Présentée dans un format ample, elle touche un public large tout en conservant sa profondeur rituelle.

Le 24 janvier, la programmation se déploie dans plusieurs villes. À Oujda, Dunia Batma se produit au Théâtre Mohammed VI. Incarnant une pop marocaine contemporaine nourrie d’influences orientales, la chanteuse s’adresse à une jeunesse urbaine attentive aux nouvelles formes musicales. Sa présence à Oujda souligne l’importance des scènes régionales dans la circulation des artistes, au-delà des grands centres habituels.

Traditions, pop et circulations afro-diasporiques

Toujours le 24 janvier, Rabat propose une autre facette de cette diversité musicale avec le Rabat Celebration – Gospel Concert #3, au Théâtre Al Mansour. Le gospel, genre né de l’histoire afro-américaine, y est revisité dans un contexte nord-africain, révélant les multiples circulations culturelles entre Afrique, diaspora et Méditerranée. Ce concert choral témoigne de la capacité des musiques afro-diasporiques à s’adapter à de nouveaux territoires tout en conservant leur charge émotionnelle et collective.

À Tétouan, enfin, Chantons Tous Ensemble se tient au Cinéma Español. Dans cette ville marquée par l’héritage andalou, le concert met en avant la pratique du chant collectif comme outil de transmission et de convivialité. Ici, la musique n’est pas seulement performance, mais expérience partagée, inscrite dans une tradition urbaine où se croisent influences arabes, andalouses et africaines.

Pris ensemble, ces rendez-vous dessinent un panorama révélateur de la scène marocaine actuelle. Ils montrent une coexistence assumée entre patrimoine musical et créations populaires, une ouverture aux influences africaines subsahariennes et afro-diasporiques, ainsi qu’une volonté de rapprocher la musique des publics locaux.

Informations pratiques
Période : du 23 au 30 janvier 2026 (semaine culturelle du 23–31 janvier) 
Concerts : 23 janvier – Kolna Nghani, Théâtre Palais des Arts et de la Culture, Tanger 23 janvier – La Grande Soirée Gnawa (Hamid El Kasri & Abdelkebir Merchane), Zénith de Rabat
24 janvier – Dunia Batma en concert, Théâtre Mohammed VI, Oujda
24 janvier – Rabat Celebration – Gospel Concert #3, Théâtre Al Mansour, Rabat
24 janvier – Chantons Tous Ensemble, Cinéma Español, Tétouan
Genres : gnawa, pop marocaine, gospel, chant participatif
Public : tous publics
Accès : billetterie et informations auprès des salles et plateformes locales

FIPADOC à Biarritz : raconter le réel, débattre le monde (24 janvier-1er février)

À Biarritz, le FIPADOC ouvre l’année documentaire européenne. Projections, avant-premières, débats et créations immersives composent un panorama du réel contemporain, où se croisent auteurs du monde entier, enjeux de société et nouvelles formes de narration.

Chaque hiver, Biarritz devient un observatoire privilégié du réel. FIPADOC s’impose comme le premier grand rendez-vous documentaire européen de l’année, réunissant créateurs, professionnels et public autour d’une programmation dense et exigeante. Pendant neuf jours, la ville vit au rythme des projections, des rencontres et des débats, affirmant la place centrale du documentaire dans le paysage culturel contemporain.

Le festival déploie une sélection internationale qui embrasse toutes les écritures : longs et courts métrages, films musicaux, séries documentaires, œuvres d’impact et créations numériques. La diversité des formats répond à une même ambition : interroger le monde tel qu’il est, sans simplification, en donnant du temps aux récits et aux points de vue. Les films présentés abordent les grands enjeux contemporains –  droits humains, environnement, mémoire, identités, géopolitique – et explorent la complexité du réel à travers des histoires singulières.

FIPADOC se distingue par son attention portée à la circulation des œuvres et des idées. Les projections sont systématiquement accompagnées d’échanges avec les équipes, favorisant un dialogue direct entre auteurs et spectateurs. Cette proximité nourrit la réflexion collective et conforte le rôle du documentaire comme espace de débat public. La présence régulière de cinéastes africains et de la diaspora, ainsi que de films produits ou tournés sur le continent, inscrit le festival dans une dynamique véritablement mondiale, attentive aux voix longtemps marginalisées.

Un espace d’expérimentation

Au-delà des salles de cinéma, FIPADOC investit le champ de l’innovation avec Biarritz Immersive, un espace dédié aux expériences documentaires en réalité virtuelle et aux formes interactives. Ici, le spectateur devient acteur de sa perception : il traverse des récits, explore des territoires et s’immerge dans des situations vécues. Cette section, accessible gratuitement sur réservation, illustre l’évolution du documentaire vers des dispositifs sensoriels qui renouvellent la relation au réel.

Le festival est aussi un lieu stratégique pour les professionnels. Les Industry Days réunissent producteurs, diffuseurs et auteurs autour de conférences, ateliers et sessions de pitch. Objectif : accompagner la création, favoriser les coproductions internationales et soutenir l’émergence de nouveaux talents. Pour de nombreux cinéastes, notamment venus d’Afrique ou de régions sous-représentées, FIPADOC constitue une plateforme décisive de visibilité et de financement.

Ce qui fait la singularité du festival tient enfin à son équilibre entre exigence artistique et ouverture au public. Les sélections « En famille » ou les panoramas thématiques élargissent l’audience du documentaire, sans renoncer à la rigueur. À Biarritz, le documentaire n’est ni un genre marginal ni un objet élitiste : il devient une expérience collective, accessible et profondément ancrée dans les préoccupations du présent.

Informations pratiques
Dates : du 24 au 1er févrierLieu : Biarritz (plusieurs cinémas et espaces culturels)
Programmation : projections, avant-premières, rencontres, Biarritz Immersive, Industry Days
Accès : pass festival, pass journée ou séance à l’unité
Billetterie et programme : en ligne sur le site officiel du festival et aux points d’accueil à Biarritz

Nuits d’Afrique, la scène afro-diasporique en format intimiste (24- 30 janvier)

Fin janvier, les « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » investissent le Club Balattou pour une série de concerts dédiés aux musiques africaines et du monde. Une programmation resserrée, exigeante et conviviale, où la scène afro-diasporique se donne à entendre au plus près.

À contre-courant des grandes messes musicales, Festival Nuits d’Afrique défend, en plein hiver, une autre idée du concert : l’écoute, la proximité, le dialogue. Du 24 au 31 janvier 2026, la programmation des « Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique » réunit plusieurs artistes au Club Balattou, lieu emblématique de la diffusion des musiques africaines et afro-descendantes. Ici, pas de démesure : la musique se vit dans un format intime, presque confidentiel, fidèle à l’esprit originel du festival.

Fondé à partir de la scène du Balattou avant de devenir l’un des plus importants festivals de musiques du monde en Amérique du Nord, Nuits d’Afrique conserve cette double identité : une grande manifestation estivale et, tout au long de l’année, des rendez-vous plus resserrés. Les cabarets acoustiques prolongent cette mission fondatrice : offrir une visibilité constante aux artistes issus d’Afrique, des Caraïbes et des diasporas, dans un cadre propice à la découverte.

La programmation de fin janvier 2026 reflète cette diversité. Le 23 janvier, Melting Point ouvre la série avec une proposition de fusion, nourrie de rythmes africains et d’influences world, pensée pour l’écoute autant que pour le partage. Le lendemain, Bumaranga investit la scène avec une énergie collective : percussions, flûtes et pulsations afro-colombiennes rappellent les filiations africaines qui traversent l’Atlantique et irriguent les musiques des Amériques.

Le 25 janvier, place à Modeline Raymond (Moray), artiste d’origine haïtienne installée au Canada. Sa musique, portée par une voix habitée, explore les thèmes de la résilience, de l’identité et de l’émancipation, dans un langage qui mêle héritage caribéen et sensibilités contemporaines. Une proposition à la fois intime et universelle, fidèle à l’ADN de ces soirées.

Une scène de proximité

Après une courte pause, la série reprend le 29 janvier avec Numidz, dont la démarche s’inscrit dans une exploration ouverte des musiques du monde. Le 30 janvier, Lasso Sanou clôture le cycle avec une performance ancrée dans les rythmes africains, portée par une approche acoustique qui met en valeur la voix, la percussion et le dialogue instrumental.

Ce qui relie ces soirées, au-delà des styles et des origines, c’est une même conception de la scène. Au Balattou, le public n’est jamais relégué à distance : il partage l’espace avec les artistes, perçoit les nuances, les silences, les respirations. Cette proximité favorise une autre relation à la musique, loin de la consommation rapide, et redonne toute sa place à l’écoute attentive.

Dans un contexte où les musiques africaines et afro-diasporiques connaissent une visibilité mondiale accrue, ces cabarets jouent un rôle essentiel. Ils rappellent que derrière les succès planétaires, il existe une multitude de scènes locales, de parcours singuliers et de formes hybrides. Nuits d’Afrique agit ici comme un passeur : il met en relation des héritages culturels, des territoires et des publics, sans jamais figer les identités musicales.

Dans la chaleur feutrée du Balattou, chaque concert devient ainsi un moment de circulation culturelle, à taille humaine.

Informations pratiques
Événement : Cabarets acoustiques – Festival Nuits d’Afrique
Dates : concerts les 23, 24, 25, 29 et 30 janvier 2026
Lieu : Club Balattou, Montréal
Programmation :  25 janvier – Modeline Raymond (Moray)
29 janvier – Numidz
30 janvier – Lasso Sanou
Format : concerts acoustiques en club
Billetterie : en ligne via le site officiel de Nuits d’Afrique et sur place, selon disponibilité

Ogobagna, la culture malienne en partage (26 janvier–1er février)

À Bamako, le Festival culturel Ogobagna déploie une semaine de créations, de rites et de dialogues pour célébrer la diversité du Mali. Musiques, danses et savoirs ancestraux s’y croisent comme autant de réponses culturelles aux défis contemporains.

 

Chaque année, Bamako se transforme en scène ouverte où les cultures du Mali se donnent à voir, à entendre et à transmettre. Du 26 janvier au 1er février 2026, la Place du Cinquantenaire accueille la onzième édition du Festival Culturel Ogobagna, un rendez-vous devenu incontournable pour qui s’intéresse aux expressions vivantes du patrimoine malien. Pensé comme un espace de rencontre et de circulation des savoirs, le festival rassemble artistes, artisans, communautés et chercheurs autour d’une même ambition : faire de la culture un levier de cohésion sociale et de projection vers l’avenir.

Le nom Ogobagna, issu de la tradition dogon, renvoie au « plat du Hogon », figure spirituelle centrale. Le symbole est clair : partage, égalité et unité. Cette philosophie irrigue l’ensemble de la programmation, qui mêle performances musicales, danses rituelles, défilés symboliques, expositions artisanales et ateliers de transmission. Loin d’une vitrine folklorique, Ogobagna revendique une culture en mouvement, ancrée dans les territoires mais attentive aux mutations du présent.

L’édition 2026 s’inscrit sous le thème « Cultures du Mali : dialogue, créativité, résilience pour un développement durable ». Une orientation qui dit l’essentiel : dans un contexte social et politique éprouvé, la culture devient un langage commun, un espace de médiation et un outil de reconstruction. Les organisateurs mettent en avant la capacité des traditions à nourrir des réponses contemporaines, qu’il s’agisse de vivre-ensemble, de préservation du patrimoine immatériel ou de développement local.

Traditions vivantes

Au cœur du festival, la musique et la danse occupent une place centrale. Des ensembles traditionnels aux formes plus contemporaines, les scènes d’Ogobagna donnent à entendre la richesse des répertoires maliens : rythmes mandingues, chants bozo liés au fleuve Niger, danses communautaires et performances rituelles. La communauté Bozo, invitée d’honneur de cette édition, incarne ce lien ancestral entre culture, environnement et modes de vie, rappelant l’importance du fleuve comme matrice culturelle et économique.

Mais Ogobagna ne se limite pas au spectacle. Les espaces de dialogue et de réflexion constituent un pilier du festival. Tables rondes, rencontres et échanges informels permettent d’aborder des questions de transmission intergénérationnelle, de sauvegarde des langues et des pratiques, ou encore de place des artistes dans la société. Cette dimension réflexive confère au festival une portée qui dépasse l’événementiel : Ogobagna se veut un laboratoire social où la culture sert de médiateur.

L’artisanat et la gastronomie participent également de cette mise en commun. Masques, textiles, objets rituels et savoir-faire culinaires sont présentés comme des expressions à part entière de l’identité malienne. En favorisant la rencontre directe entre artisans et public, le festival soutient des économies locales et valorise des métiers souvent fragilisés.

Soutenu par des partenaires institutionnels, dont l’UNESCO lors de précédentes éditions, Ogobagna s’inscrit dans une dynamique de reconnaissance internationale du patrimoine culturel malien. Cette visibilité contribue à renforcer la confiance des acteurs culturels et à inscrire Bamako sur la carte des grandes capitales culturelles africaines.

Au fil des jours, Ogobagna rappelle une évidence : la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité. À Bamako, elle se vit comme un acte de résistance pacifique, un moyen de préserver la mémoire tout en inventant des formes nouvelles. Dans un monde fragmenté, le festival affirme la force du collectif et la capacité des traditions à éclairer le présent.

Informations pratiques
Festival : Festival culturel Ogobagna
Dates : du 26 janvier au 1er février 2026
Lieu : Place du Cinquantenaire, Bamako, Mali
Programme : concerts et danses traditionnelles, défilés rituels, expositions artisanales, gastronomie, ateliers et rencontres
Accès : ouvert au public

À l’UNESCO, l’Afrique au cœur de l’universel culturel (26 janvier)

Le 26 janvier, l’UNESCO célèbre la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante. Un rendez-vous institutionnel et symbolique qui affirme la centralité des cultures africaines dans le monde contemporain, entre héritage, création vivante et dialogue global.

Chaque 26 janvier, la culture africaine quitte les marges pour occuper le centre d’une scène internationale. À Paris, au siège de UNESCO, la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA) s’impose comme un temps fort du calendrier culturel mondial. Instituée officiellement en 2019, cette journée vise à reconnaître la contribution décisive des cultures africaines et des diasporas africaines à l’histoire, à la pensée et à la création universelles.

La date n’est pas anodine. Elle renvoie à l’adoption, en 2006, de la Charte de la Renaissance culturelle africaine par l’Union africaine, texte fondateur qui affirme la culture comme pilier du développement, de la dignité et de la souveraineté des peuples africains. En lui donnant une portée mondiale, l’UNESCO inscrit cette ambition dans une dynamique multilatérale : celle d’un dialogue des cultures fondé sur l’égalité symbolique et la reconnaissance mutuelle.

Pour l’édition 2026, la célébration prend la forme d’un événement hybride, combinant rencontres en présentiel à Paris et participation en ligne. Cette configuration permet une ouverture large, à l’image même des cultures africaines et afrodescendantes, dont l’histoire est faite de circulations, de déplacements et de réinventions permanentes. La JMCA n’est ni un festival folklorique ni une commémoration figée : elle se veut un espace de réflexion, de visibilité et de projection.

Les échanges organisés à l’UNESCO rassemblent artistes, intellectuels, chercheurs, responsables culturels et représentants institutionnels. Tables rondes, prises de parole officielles et interventions artistiques structurent une journée pensée comme une agora contemporaine. Les discussions portent sur la diversité des expressions culturelles africaines, leur transmission, mais aussi sur leur rôle dans les grands enjeux actuels : cohésion sociale, développement durable, industries culturelles, mémoire et innovation.

Une force de création et de transformation

L’un des apports majeurs de la JMCA est de déplacer le regard. Ici, l’Afrique n’est pas envisagée comme un héritage figé ou un réservoir de traditions, mais comme un espace de création active, traversé par des dynamiques contemporaines. Musiques, arts visuels, littérature, cinéma, modes de vie : les cultures africaines et afrodescendantes irriguent aujourd’hui les imaginaires mondiaux, souvent sans être pleinement reconnues comme telles.

La JMCA met également en lumière le rôle central des diasporas africaines. Porteuses d’identités multiples, elles participent à la circulation des formes artistiques et des idées, tout en interrogeant les notions d’appartenance, de mémoire et de transmission. À travers ces trajectoires diasporiques, la culture africaine se révèle comme un espace transnational, capable de relier les continents et de produire des récits communs.

Autre axe structurant : la jeunesse. À l’UNESCO, la JMCA donne une place particulière aux jeunes créateurs et penseurs, considérés comme les vecteurs d’une renaissance culturelle en devenir. Leur parole souligne l’urgence de soutenir les industries culturelles africaines, non seulement comme secteurs économiques, mais comme lieux d’expression et de construction citoyenne.

Enfin, la journée s’inscrit dans une réflexion plus large sur la diversité culturelle comme bien commun de l’humanité. En affirmant que les cultures africaines et afrodescendantes sont constitutives de l’universel, la JMCA combat les stéréotypes, les hiérarchies implicites et les récits dominants. Elle rappelle que la reconnaissance culturelle est indissociable des combats pour l’égalité, la dignité et la justice symbolique.

Informations pratiques

Événement : Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA)
Date : 26 janvier 2026
Lieu : Siège de l’UNESCO, Paris
Format : événements présentiels et en ligneProgramme : cérémonie officielle, tables rondes, interventions culturelles et artistiques
Public : grand public, artistes, chercheurs, institutions culturelles
Accès : inscription recommandée pour les événements sur place et en ligne

Aníkúlápó, une épopée yoruba sur Netflix (30 janvier)

Avec Aníkúlápó, le cinéma nigérian s’empare de la mythologie yoruba pour bâtir une fresque ambitieuse, où le surnaturel éclaire les mécanismes du pouvoir. Né comme un film, le projet se prolonge aujourd’hui en série sur Netflix, dont la nouvelle saison sera mise en ligne le 30 janvier.

Rarement une production africaine aura assumé avec autant de clarté son ancrage mythologique. Aníkúlápó s’inscrit dans une tradition narrative profondément yoruba, tout en adoptant les codes d’une fresque épique contemporaine. Le projet, imaginé et réalisé par Kunle Afolayan, s’est d’abord imposé comme un film avant d’être développé en série, confirmant l’ambition de construire un univers durable, cohérent et pleinement africain.

Le récit se déroule dans l’ancien empire d’Oyo, au XVIIᵉ siècle, à une époque précoloniale rarement représentée à l’écran. Saro, voyageur sans titre ni fortune, cherche à se frayer un chemin dans un monde régi par les hiérarchies sociales, les alliances politiques et les forces invisibles. Son ascension brutale, déclenchée par une relation interdite avec une reine, le conduit à une chute tout aussi radicale. Trahi, condamné, puis ramené à la vie par un oiseau mystique, il devient un être à part : celui qui a franchi la frontière entre la vie et la mort.

Le cœur symbolique du film repose sur cette figure surnaturelle. Dans la cosmologie yoruba, la mort n’est pas une fin, mais un passage régi par des équilibres précis. En défiant ces lois, Saro ne gagne pas un pouvoir absolu ; il s’expose au contraire à une forme de malédiction. Aníkúlápó interroge ainsi la tentation humaine de dominer le destin, et rappelle que toute transgression du sacré a un coût. Le mythe devient un outil de réflexion politique : gouverner, désirer, posséder sont autant de gestes qui engagent une responsabilité morale.

Une œuvre africaine qui choisit le mythe

Là où une grande partie des productions africaines contemporaines privilégient le réalisme social ou le thriller urbain, Aníkúlápó fait un autre choix. Kunle Afolayan s’appuie sur les récits ancestraux pour parler du présent. Le pouvoir royal, les intrigues de cour, la violence symbolique exercée sur les corps et les esprits font écho à des questions toujours actuelles : légitimité, abus d’autorité, rapport entre individu et communauté.

Sur le plan formel, le film se distingue par une attention particulière portée aux décors, aux costumes et à la langue. Le choix du yoruba comme langue principale n’est pas anecdotique : il affirme une souveraineté culturelle et narrative, sans souci de simplification. Le spectateur est invité à entrer dans un monde dont il doit accepter les règles, les silences et les symboles. Cette exigence contribue à la singularité de l’œuvre sur une plateforme dominée par des récits standardisés.

Le succès du film a conduit Netflix à développer la série Aníkúlápó : Rise of the Spectre. Celle-ci prolonge l’histoire au-delà de la mort initiale de Saro et explore les conséquences politiques et spirituelles de sa résurrection. Les intrigues s’élargissent, les personnages gagnent en complexité, et l’univers mythologique se densifie. La série permet ainsi d’inscrire le récit dans une temporalité longue, fidèle à la logique des épopées.

La saison 2, dont la sortie est annoncée le 30 janvier, confirme la volonté de Netflix d’investir dans des narrations africaines ambitieuses, capables de conjuguer ancrage local et portée universelle.

Informations pratiques

Titre : Aníkúlápó/Aníkúlápó : Rise of the SpectreCréation et réalisation : Kunle Afolaya
Origine : NigeriaPlateforme : NetflixFormat : film (2022), puis série
Saison 1 : disponible
Saison 2 : sortie le 30 janvier
Langue : yoruba (sous-titres)
Genre : fresque historique, mythe et fantasy

Mickalene Thomas, rétrospective d’un regard qui déplace les normes 

Au Grand Palais, la rétrospective consacrée à Mickalene Thomas retrace plus de vingt ans d’une œuvre centrée sur la représentation des femmes noires. Peintures, collages et photographies interrogent l’histoire de l’art, le désir et le pouvoir des images.

 

Le Grand Palais consacre une vaste rétrospective à Mickalene Thomas, figure majeure de l’art contemporain afro-américain. Intitulée All About Love, l’exposition, présentée du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026, réunit peintures monumentales, collages, photographies et installations réalisées depuis le début des années 2000. Elle offre une lecture claire et structurée d’un travail qui a profondément renouvelé les questions de représentation, en particulier celles liées au corps féminin noir.

Mickalene Thomas s’est imposée par une iconographie immédiatement identifiable. Ses portraits de femmes, souvent allongées ou frontalement installées dans des intérieurs domestiques, revendiquent une présence pleine et assumée. Les modèles regardent le spectateur sans détour. Ils occupent l’espace, dominent la composition, et inversent les rapports traditionnels entre sujet et regardeur. Ce positionnement constitue l’un des axes centraux de l’exposition.

La rétrospective met en évidence le dialogue constant que l’artiste entretient avec l’histoire de l’art occidental. Thomas cite, recompose et détourne des œuvres canoniques de la peinture européenne, notamment du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. En réinterprétant ces compositions avec des femmes noires comme figures centrales, elle ne procède pas à une simple substitution. Elle interroge les hiérarchies implicites qui ont longtemps structuré les récits visuels dominants et questionne la notion même d’universalité esthétique.

L’exposition souligne également l’importance du décor dans le travail de l’artiste. Tissus, motifs géométriques, papiers peints et meubles ne sont jamais secondaires. Ils construisent un espace visuel dense, souvent saturé, qui participe pleinement à la signification des œuvres. Ce choix formel inscrit les corps dans un environnement maîtrisé, affirmant une souveraineté visuelle rarement accordée aux sujets noirs dans l’histoire de la peinture.

Représentation, désir et politique de l’image

Le titre All About Love renvoie explicitement à l’ouvrage de bell hooks. Cette référence éclaire l’ensemble du parcours. Chez Mickalene Thomas, l’amour n’est pas un thème sentimental, mais une position politique. Il s’agit d’un amour revendiqué pour les corps, les histoires et les subjectivités longtemps marginalisées. Cette approche traverse l’ensemble de l’exposition sans jamais verser dans le discours théorique explicite.

Les strass, souvent associés au travail de Thomas, occupent une place importante dans plusieurs œuvres exposées. Leur usage ne relève pas d’un simple effet décoratif. Ils attirent l’œil, fragmentent la surface picturale et soulignent la construction artificielle des codes de beauté. Cette matérialité assumée participe d’une réflexion sur la fabrication des images et sur les attentes projetées sur les corps féminins.

La photographie, autre médium central de l’exposition, permet de comprendre le processus de travail de l’artiste. Mise en scène, pose, cadrage : rien n’est laissé au hasard. Les images révèlent un rapport précis au contrôle du regard et à la construction de l’identité visuelle. Peinture et photographie dialoguent ainsi sans hiérarchie, renforçant la cohérence de l’ensemble.

En accueillant cette rétrospective, le Grand Palais inscrit Mickalene Thomas dans une reconnaissance institutionnelle forte en France. L’exposition ne cherche pas l’exhaustivité spectaculaire. Elle propose au contraire un parcours lisible, centré sur les enjeux essentiels de l’œuvre : visibilité, autorité du regard, réécriture des récits visuels. All About Love s’impose comme une exposition de référence pour comprendre comment l’art contemporain peut déplacer durablement les normes de représentation.

Informations pratiques
Exposition : Mickalene Thomas – All About Love
Dates : du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026
Lieu : Grand Palais, Paris
Œuvres présentées : peintures, collages, photographies, installations
Billetterie : site officiel du Grand Palais

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Notre semaine culturelle débute avec le documentaire africain à Bamako https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-africaine-16-23-janvier-debute-avec-le-fidab-bamako-inaugure-un-nouveau-rendez-vous-majeur-du-documentaire-africain-16-18-janvier/ Fri, 16 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145388 De Bamako à Bruxelles, de Genève à Chambéry, en passant par le Soudan du Sud et le sud de la France, la scène africaine se déploie cette semaine sur plusieurs territoires : cinéma documentaire, festivals culturels, concerts, arts vivants et créations musicales témoignent de la vitalité, de la diversité et de la circulation contemporaine des […]

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De Bamako à Bruxelles, de Genève à Chambéry, en passant par le Soudan du Sud et le sud de la France, la scène africaine se déploie cette semaine sur plusieurs territoires : cinéma documentaire, festivals culturels, concerts, arts vivants et créations musicales témoignent de la vitalité, de la diversité et de la circulation contemporaine des imaginaires africains.

Du 16 au 18 janvier 2026, Bamako accueille la première édition du Festival international de documentaire africain. Un nouvel événement dédié aux récits du réel, porté par une ambition claire : donner une visibilité accrue aux regards africains et diasporiques.

Du 16 au 18 janvier 2026, la capitale malienne devient le théâtre d’un nouvel événement culturel d’envergure : le Festival international de documentaire Africain de Bamako (FIDAB). Entièrement consacré au cinéma documentaire africain, ce festival naissant entend s’imposer comme une plateforme de diffusion, de réflexion et de reconnaissance pour un genre longtemps marginalisé dans les circuits internationaux.

Pensé comme un espace de visibilité pour les cinéastes du continent et de la diaspora, le FIDAB met en avant des œuvres récentes, produites après le 1ᵉʳ janvier 2024, et propose des projections gratuites ouvertes au public. Un choix assumé qui inscrit le festival dans une logique d’accessibilité et de transmission, au cœur même de Bamako, ville historiquement liée à la création cinématographique africaine.

Le documentaire, par nature, occupe une place singulière dans les cinémas africains. Souvent contraint par des difficultés de financement ou de diffusion, il reste pourtant un outil majeur de narration, d’archive et de réflexion critique. En créant un événement exclusivement dédié à ce format, le FIDAB affirme la légitimité du réel filmé comme forme artistique à part entière, capable de rendre compte des mutations sociales, politiques et culturelles du continent.

Une scène pour les regards africains contemporains

La programmation du FIDAB s’articule autour d’une sélection de documentaires abordant des thématiques variées : mémoires collectives, dynamiques sociales, trajectoires individuelles, enjeux historiques ou transformations contemporaines. Sans privilégier un pays ou une école esthétique particulière, le festival revendique une diversité de regards et de formats, du court au long métrage.

Au-delà des projections, le FIDAB se veut un lieu d’échanges. Des discussions avec les réalisateurs et réalisatrices sont prévues afin de prolonger les films par la parole, de contextualiser les démarches et de nourrir le dialogue avec le public. Cette dimension pédagogique et critique constitue l’un des axes forts de la manifestation, dans une volonté de décloisonner le cinéma documentaire et de le rendre pleinement accessible.

Le festival s’inscrit également dans une dynamique professionnelle. En amont de l’événement, une résidence d’écriture documentaire s’est tenue à Bamako, réunissant plusieurs porteurs de projets africains. Ateliers, accompagnement artistique et rencontres avec des professionnels du secteur ont permis de renforcer l’écosystème local du documentaire et de préparer l’émergence de nouvelles œuvres.

Sur le plan de la reconnaissance artistique, le FIDAB prévoit l’attribution de plusieurs distinctions : Grand Prix, Prix du Jury, Meilleur court métrage, ainsi que des prix techniques récompensant l’image et le son. Ces prix visent à valoriser autant la puissance narrative que l’exigence formelle des œuvres présentées, dans un esprit de professionnalisation et de reconnaissance internationale.

Avec cette première édition, Bamako confirme son rôle central dans l’histoire et l’avenir du cinéma africain. Le FIDAB ne prétend pas concurrencer les grandes manifestations existantes, mais plutôt compléter le paysage en offrant un espace spécifique au documentaire, au plus près des réalités africaines et de leurs modes de représentation.

Informations pratiques

Événement : Festival international de documentaire Africain de Bamako (FIDAB)
Dates : du 16 au 18 janvier 2026
Lieu : Bamako, Mali
Accès : projections gratuites, ouvertes au public
Type : festival de cinéma documentaire africain
Public : grand public et professionnels du cinéma

 

Au Soudan du Sud, la culture Mundari se donne à voir et à entendre (16-18 janvier)

Du 16 au 18 janvier 2026, Terekeka accueille le Mundari Cultural Festival. Une célébration communautaire consacrée aux traditions vivantes du peuple Mundari, entre danses, rituels, musique et artisanat, au cœur d’un territoire où la culture demeure un pilier identitaire.

Du 16 au 18 janvier 2026, la ville de Terekeka, dans l’État d’Équatoria Central, accueille le Mundari Cultural Festival, un événement annuel dédié à la mise en valeur des traditions du peuple Mundari. Dans un pays marqué par une histoire récente instable, ce rendez-vous culturel s’affirme comme un espace de transmission, de visibilité et de continuité des savoirs locaux.

Peuple agro-pastoral vivant principalement le long du Nil Blanc, les Mundari occupent une place singulière dans le paysage culturel du Soudan du Sud. Leur organisation sociale, leurs rites et leur esthétique sont étroitement liés à l’élevage bovin, élément central de leur économie comme de leur symbolique. Le festival s’inscrit dans cette réalité quotidienne, sans mise en scène artificielle ni folklorisation excessive : il donne à voir une culture encore pleinement pratiquée.

Contrairement aux festivals culturels institutionnalisés, le Mundari Cultural Festival repose avant tout sur une dynamique communautaire. Il rassemble habitants des villages environnants, chefs traditionnels, musiciens, artisans et danseurs, dans une atmosphère de célébration collective. L’objectif n’est pas seulement festif, mais aussi éducatif : transmettre aux jeunes générations des pratiques menacées par les bouleversements sociaux, l’urbanisation contrainte et les effets prolongés des conflits.

Une culture vivante, entre rituels et expressions artistiques

Le cœur du festival est constitué de performances traditionnelles. Danses collectives, chants rituels et musiques percussives rythment les journées et les soirées. Ces expressions ne sont pas présentées comme des spectacles autonomes, mais comme des pratiques sociales liées à des moments précis de la vie communautaire : rites de passage, célébrations saisonnières, affirmations identitaires.

Les rituels occupent une place centrale. Ils mettent en scène les liens entre les individus, le groupe et le bétail, mais aussi la relation au territoire et aux ancêtres. Les parures corporelles — peintures à base de cendres, coiffes, ornements — font partie intégrante de ces pratiques et témoignent d’une esthétique codifiée, profondément ancrée dans la culture Mundari.

Le festival offre également un espace dédié à l’artisanat local. Objets utilitaires, instruments de musique, éléments de parure ou de décoration sont exposés ou fabriqués sur place. Ces démonstrations de savoir-faire soulignent l’importance de la transmission intergénérationnelle, dans un contexte où les circuits économiques formels restent limités.

Au-delà de la célébration culturelle, le Mundari Cultural Festival revêt une dimension symbolique forte. Il s’agit d’un acte de réaffirmation identitaire, dans un pays jeune où la reconnaissance des cultures locales participe à la construction d’un tissu social plus inclusif. En mettant en avant une communauté spécifique, l’événement rappelle la diversité culturelle du Soudan du Sud et la richesse de ses traditions.

Le public du festival est majoritairement local et régional. Toutefois, l’événement suscite aussi l’intérêt de chercheurs, anthropologues, photographes et journalistes spécialisés dans les cultures africaines. Cette attention extérieure reste mesurée : le festival n’est pas conçu comme un produit touristique, mais comme un moment de cohésion communautaire.

L’organisation demeure volontairement souple. Les infrastructures sont limitées, l’accès peut être complexe, et la tenue de l’événement dépend des conditions locales. Cette fragilité organisationnelle fait partie intégrante de sa nature, mais renforce aussi son authenticité.

Informations pratiques

Événement : Mundari Cultural Festival
Dates : du 16 au 18 janvier 2026
Lieu : Terekeka Town, État d’Équatoria Central, Soudan du Sud
Type : Festival culturel traditionnel communautaire
Programme : danses, chants et musiques traditionnelles, rituels culturels, artisanat local

 

À Genève, Black Movie ouvre l’année cinématographique sur le monde ( 16-25 janvier)

Du 16 au 25 janvier 2026, Genève accueille une nouvelle édition du Black Movie Festival. L’un des premiers rendez-vous cinématographiques de l’année en Europe, consacré aux films indépendants, aux regards singuliers et aux récits venus des marges.

Du 16 au 25 janvier 2026, le Black Movie Festival investit une nouvelle fois les salles genevoises pour proposer une programmation dense et exigeante. Manifestation incontournable du calendrier culturel suisse, le festival s’est imposé, au fil des années, comme une vitrine essentielle du cinéma indépendant international, loin des logiques commerciales dominantes.

Créé au début des années 1990, Black Movie se distingue par une ligne éditoriale claire : donner à voir des films d’auteur venus du monde entier, souvent absents des circuits de diffusion classiques. Fictions, documentaires, courts métrages ou œuvres expérimentales composent une sélection volontairement hétérogène, où se croisent formes narratives, esthétiques et points de vue. L’édition 2026 rassemble plus d’une centaine de films, projetés sur dix jours dans plusieurs salles de Genève, confirmant l’ampleur et la vitalité de l’événement.

Si le festival revendique une ouverture globale, il accorde une place importante aux cinématographies africaines et à celles de la diaspora. Ces œuvres, qu’elles soient politiques, intimistes ou poétiques, interrogent les héritages, les identités et les transformations contemporaines. Elles dialoguent avec des films venus d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine, d’Europe ou du Moyen-Orient, dans une programmation pensée comme un espace de circulation des regards.

Un festival de cinéma, mais aussi de dialogue

Black Movie ne se limite pas à l’acte de projection. Le festival se conçoit comme un lieu de rencontres et de réflexion, où les films sont prolongés par la parole et l’échange. Des ciné-rencontres, débats publics et masterclasses jalonnent la programmation, permettant au public de dialoguer avec les réalisateurs, producteurs et intervenants invités. Cette dimension critique participe pleinement de l’identité du festival, qui encourage une réception active des œuvres.

Autre spécificité : l’attention portée aux publics non spécialistes. À côté des séances destinées aux cinéphiles avertis, Black Movie propose des programmes familiaux et pédagogiques, notamment à travers des séances adaptées aux enfants et aux adolescents. L’objectif est clair : initier dès le plus jeune âge à un cinéma exigeant, tout en restant accessible.

Le rythme du festival est soutenu, avec plusieurs projections quotidiennes et des séances spéciales en soirée. Cette concentration temporelle fait de Black Movie un véritable temps fort culturel à Genève, attirant à la fois un public local fidèle et des visiteurs venus d’autres régions de Suisse ou de l’étranger. L’événement contribue ainsi à positionner la ville comme un pôle majeur de diffusion du cinéma indépendant en Europe.

Dans un paysage audiovisuel dominé par les plateformes et les formats standardisés, Black Movie défend une autre idée du cinéma : un art de la complexité, du questionnement et de la diversité des formes. Sa longévité témoigne de la pertinence de cette démarche, mais aussi de l’existence d’un public curieux, prêt à se confronter à des récits moins consensuels.

 

Informations pratiques
Événement : Black Movie Festival
Dates : du 16 au 25 janvier 2026
Lieu : Genève, Suisse
Type : Festival international de films indépendants
Programmation : plus de 100 films (fictions, documentaires, courts métrages, cinéma expérimental)
Lieux principaux : Cinémas du Grütli et salles partenaires à Genève
Public : grand public, cinéphiles, familles (séances dédiées)
Accès : projections payantes, tarifs variables selon les séances
Site officiel : https://blackmovie.ch

 

Sigean illumine l’hiver avec le festival Lumières d’Afrique (17-18 janvier)

Les 17 et 18 janvier 2026, la Réserve Africaine de Sigean (Aude, France) clôture sa seconde édition du festival Lumières d’Afrique, un parcours nocturne immersif où des centaines de lanternes transforment le parc en scènes lumineuses inspirées de la faune et la flore africaines.  

À la tombée de la nuit, les allées de la Réserve Africaine de Sigean se métamorphosent en un spectacle visuel et sonore singulier pour les dernières soirées du festival Lumières d’Afrique. Conçu comme un parcours immersif et féérique, l’événement invite les visiteurs à découvrir une série d’installations lumineuses représentant des milieux africains — savane, forêts équatoriales, désert, littoral — le tout accompagné d’une bande sonore qui enrichit l’expérience.  

Organisé dans le cadre de la seconde édition de ce festival visuel, Lumières d’Afrique reprend un concept né lors de la célébration des 50 ans de la Réserve. Après un succès remarqué lors de sa première édition, le parcours nocturne revient illuminer les soirées d’automne et d’hiver, transformant la visite du parc en promenade contemplative et poétique.  

Le principe est simple et spectaculaire : dès la tombée de la nuit, généralement entre 17h30 et 20h, des centaines de lanternes LED basse consommation jalonnent plus d’un kilomètre de sentiers. Elles dessinent des structures animalières et végétales qui dialoguent avec l’environnement naturel du parc. Parées de lumière, ces scènes représentent des animaux emblématiques et des paysages du continent africain, offrant aux visiteurs une relecture lumineuse des écosystèmes africains dans une ambiance musicale enveloppante.  

La scénographie repose sur une mise en espace variée : les allées sinuantes de la réserve deviennent des corridors d’émotion où se mêlent couleurs, formes et sons. Tout au long du parcours, les visiteurs sont invités à ralentir leur pas et à se laisser porter par la magie des installations — une expérience différente de la visite diurne habituelle du parc.  

L’événement s’adresse à un large public. Il attire autant les familles en quête d’une sortie originale que les amateurs d’ambiances artistiques et immersives. La possibilité d’opter pour une formule combinant la visite du parc animalier en journée et Lumières d’Afrique en soirée offre aux visiteurs une journée complète d’exploration — d’abord au plus près des animaux, puis au cœur d’un univers nocturne féerique.  

Pour ceux qui préfèrent uniquement l’expérience lumineuse, une option « Lumières d’Afrique seule » est également proposée. Dans cette formule, l’accès au parcours lumineux se fait à pied, sans la visite des espaces animaliers du parc, ce qui permet de se concentrer pleinement sur le spectacle visuel et sonore des lanternes.  

L’achat des billets se fait obligatoirement en ligne, avec un nombre d’entrées limité pour garantir une expérience fluide et éviter la saturation des allées. Cette réservation préalable est essentielle, notamment pour les soirées d’ouverture et de clôture du festival.  

Sur place, les visiteurs profitent d’une ambiance conviviale : des espaces de restauration légère, comme le snack « Le Serengeti », proposent boissons chaudes, crêpes ou gaufres pour agrémenter la promenade. Des aires de jeux extérieures restent accessibles aux plus jeunes avant la tombée de la nuit, tandis que le parcours lumineux s’offre comme un point d’orgue visuel à la sortie du parc.  

À mi-chemin entre installation artistique et attraction immersive, Lumières d’Afrique témoigne de l’attrait croissant pour les événements nocturnes qui réinventent les espaces naturels en saisons froides. Dans le contexte culturel et touristique de l’Aude, cette initiative distingue la Réserve African de Sigean par une proposition audacieuse qui prolonge l’expérience du parc bien au-delà de la simple visite animale.  

 

Informations pratiques

Événement : Festival Lumières d’Afrique – seconde édition
Dates ouverture correspondant à la période : 17 et 18 janvier 2026
Lieu : Réserve Africaine de Sigean, Aude, France
Horaires du parcours lumineux : 17h30 à 20h (accès possible à partir de 17h pour la seule visite lumières)  
Parcours : environ 1 km à pied, scènes lumineuses représentant faune et milieux africains  
Formules : visite combinée Réserve + Lumières ou Lumières seule  
Réservation : en ligne obligatoire (places limitées)  
Site officiel : https://www.reserveafricainesigean.fr/visitez-la-reserve/lumieres-d-afrique/  

 

À Chambéry, Ciné Bala fait dialoguer cinéma africain et arts vivants (23 – 26 janvier)

Du 23 au 26 janvier 2026, Chambéry accueille la 11ᵉ édition de Ciné Bala. Un festival dédié aux cinémas d’Afrique qui élargit son format en mêlant projections, musique, ateliers et expositions, pour une immersion culturelle ouverte à tous.

Du 23 au 26 janvier 2026, la ville de Chambéry devient le temps de quatre jours un carrefour des cinémas d’Afrique avec la 11ᵉ édition de Ciné Bala. Fidèle à sa vocation initiale, le festival propose une programmation cinématographique exigeante et accessible, tout en affirmant plus nettement que jamais sa dimension transdisciplinaire.

Créé pour favoriser la diffusion de films africains rarement visibles dans les circuits commerciaux, Ciné Bala s’est progressivement imposé comme un rendez-vous culturel singulier dans le paysage régional. Cette nouvelle édition confirme cette ambition, en associant au cinéma des formes artistiques complémentaires : musique, arts visuels, ateliers participatifs et gastronomie.

La programmation cinéma met à l’honneur des œuvres venues de plusieurs pays du continent africain, notamment du Maroc, du Burkina Faso, du Sénégal ou encore de Guinée. Fictions et documentaires composent une sélection pensée pour refléter la diversité des récits, des esthétiques et des contextes de production africains contemporains. Le film d’ouverture, projeté en grande salle, donne le ton d’une édition placée sous le signe de la rencontre et du partage.

Au-delà des projections, Ciné Bala revendique une approche immersive. La soirée d’ouverture associe ainsi cinéma, arts visuels et musique avec un vernissage d’exposition intitulée Contes illustrés, suivi d’un concert du groupe marocain Gnaoua Roots, formation reconnue pour son mélange de musiques gnaoua traditionnelles et d’influences contemporaines.

Une expérience culturelle globale

L’édition 2026 se distingue par la place accordée aux animations interactives. Des ateliers d’initiation aux percussions africaines sont proposés au public, invitant chacun à expérimenter le rythme et les sonorités au cœur des cultures musicales africaines. Dans le même esprit, un défilé de sapes mêle création vestimentaire, musique et performance, offrant une lecture ludique et artistique des esthétiques africaines et afro-diasporiques.

Les plus jeunes trouvent également leur place au sein du festival. Les séances CinéContes, animées par Bintou Sombié, combinent narration orale et projection d’images, permettant une découverte sensible et pédagogique des imaginaires africains. Cette attention portée au jeune public s’inscrit dans la vocation éducative de Ciné Bala, qui cherche à transmettre autrement, dès l’enfance.

La convivialité constitue un autre pilier de l’événement. Des dégustations de plats traditionnels africains ponctuent la programmation, transformant les temps de projection en moments de partage. Des scènes musicales viennent également rythmer le festival, renforçant l’idée d’un dialogue constant entre les arts.

Ciné Bala s’adresse ainsi à un public large : cinéphiles, familles, scolaires, amateurs de musiques du monde ou simples curieux. En croisant les disciplines, le festival dépasse le cadre strict du cinéma pour devenir un espace de circulation des cultures, des récits et des sensibilités africaines.

Dans un contexte où les représentations de l’Afrique restent souvent fragmentaires ou stéréotypées, Ciné Bala affirme une autre approche : montrer la pluralité des voix, des formes et des expériences. À Chambéry, le cinéma devient alors un point d’entrée vers une exploration plus vaste des cultures africaines contemporaines.

Informations pratiques

Événement : Ciné Bala – 11ᵉ édition
Dates : du 23 au 26 janvier 2026
Lieu : Chambéry, France
Type : Festival de cinéma africain et événements culturels associés
Au programme : projections de films africains, concerts, expositions, ateliers, CinéContes, gastronomie
Public : grand public, familles, scolaires
Site officiel : www.cinebala.fr

 

Burna Boy fait escale à Bruxelles avec « No Sign of Weakness » à Bruxelles (23 janvier)

Le 23 janvier 2026, Burna Boy se produira à Bruxelles dans le cadre de sa tournée mondiale No Sign of Weakness. À l’ING Arena, l’artiste nigérian présentera son nouvel album lors d’un concert à 360 degrés, confirmant l’ancrage européen de son afro-fusion sur les grandes scènes internationales.

Janvier 2026 marque une nouvelle étape dans le déploiement européen de Burna Boy. Avec la No Sign of Weakness Tour, tournée mondiale accompagnant l’album du même nom sorti en juillet 2025, l’artiste nigérian confirme son statut de figure centrale des musiques africaines contemporaines. Après un lancement américain à l’automne, la tournée investit l’Europe dans une logique désormais assumée de grandes salles et de concerts solo, sans première partie, pensés pour un public large et transversal.

No Sign of Weakness prolonge l’esthétique afro-fusion qui a fait la renommée internationale de Burna Boy. L’album assume un métissage affirmé entre afrobeats, reggae, dancehall, hip-hop, rock et influences pop occidentales. Cette hybridation, devenue sa signature, se double ici d’une production plus dense, clairement conçue pour le live. Le disque réunit plusieurs collaborations internationales marquantes, notamment avec Travis Scott, Stromae, Mick Jagger et Shaboozey, confirmant une stratégie artistique tournée vers une circulation fluide entre scènes et genres.

Sur scène, la tournée privilégie un format resserré et exigeant, centré exclusivement sur la performance de l’artiste. Le concert bruxellois devrait s’articuler autour d’un équilibre entre les nouveaux titres et les morceaux qui ont jalonné son ascension mondiale, de Ye à Last Last, en passant par Anybody. Cette construction vise à inscrire le nouvel album dans une continuité, plutôt qu’à rompre avec un répertoire désormais solidement installé dans le paysage musical international.

Né à Port Harcourt, au Nigeria, Damini Ebunoluwa Ogulu s’est imposé en une quinzaine d’années comme l’une des figures majeures de l’afrobeats contemporain. Après ses débuts en 2010 et un premier album, L.I.F.E (2013), il franchit un cap décisif avec African Giant (2019), qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards. Twice as Tall (2020) confirme cette reconnaissance en remportant le Grammy du Best Global Music Album, installant durablement Burna Boy dans le circuit des artistes internationaux de premier plan.

La date bruxelloise du 23 janvier 2026 s’inscrit dans une séquence européenne dense, marquée par une tournée hivernale hors période de festivals. Ce choix n’est pas anodin : il traduit la capacité de l’afro-fusion à soutenir, seule, des concerts de grande ampleur dans des arenas, sans dépendre d’un contexte événementiel estival. Burna Boy ne se positionne plus comme un ambassadeur ponctuel des musiques africaines, mais comme un artiste global, pleinement intégré aux logiques de tournée des scènes pop et urbaines internationales.

Avec No Sign of Weakness, il confirme une trajectoire sans rupture brutale, mais sans affaiblissement non plus : celle d’un artiste qui consolide son statut, affine son langage musical et continue d’inscrire les musiques africaines au cœur du paysage musical mondial contemporain.

Informations pratiques

Artiste : Burna Boy
Tournée : No Sign of Weakness Tour
Date : vendredi 23 janvier 2026
Lieu : ING Arena, Bruxelles
Configuration : scène à 360°
Billetterie : plateformes officielles (Ticketmaster, Live Nation)

 

Jeune Lion : un album charnière en préparation et un single le 23 janvier

Le 13 février 2026, Jeune Lion sort un nouvel album attendu sur la scène afro-urbaine francophone. En amont, le single Nyamien son no fall, prévu le 23 janvier, en esquisse les lignes : un projet dense, spirituel et ancré dans une nouvelle génération ivoirienne.

Le 13 février 2026, Jeune Lion dévoilera un nouvel album qui marque une étape importante dans son parcours. Après plusieurs projets remarqués, l’artiste franco-ivoirien confirme son ambition : inscrire sa musique dans une dynamique à la fois contemporaine, spirituelle et résolument africaine, sans se limiter aux formats dominants de l’afro-urban.

Installé entre la France et la Côte d’Ivoire, Jeune Lion s’est imposé progressivement grâce à un univers identifiable. Il débute avec le morceau JUDA, qui attire l’attention par son ton grave et ses références spirituelles. Très tôt, il se démarque par une écriture directe, parfois incantatoire, et par des choix sonores qui mêlent rap, trap, afro et influences reggae. Cette hybridation devient sa signature.

La reconnaissance arrive avec Highly Spiritual, un projet qui élargit nettement son audience. Le titre SOUL, largement relayé sur les plateformes de streaming, agit comme un accélérateur de visibilité. Sans changer de registre, Jeune Lion gagne alors en exposition et s’impose comme l’un des profils à suivre sur la scène afro-francophone émergente.

Le nouvel album attendu en février s’inscrit dans cette continuité, mais avec une intention plus affirmée. L’artiste revendique une « new wave » ivoirienne, qu’il conçoit comme une rupture générationnelle : moins codifiée, plus personnelle, ouverte aux influences globales tout en restant solidement ancrée dans ses références culturelles. Cette posture se retrouve autant dans les textes que dans l’esthétique visuelle associée au projet.

Un single à forte charge symbolique

Avant la sortie de l’album, Jeune Lion publiera le 23 janvier le single Nyamien son no fall. Le titre donne le ton. « Nyamien », qui désigne Dieu en langue akan, indique clairement la place du spirituel dans ce nouveau projet. Le morceau n’est pas pensé comme un simple titre promotionnel, mais comme une porte d’entrée thématique vers l’album.

Sur le plan musical, Nyamien son no fall prolonge les équilibres qui caractérisent Jeune Lion : une base trap affirmée, des sonorités afro-urbaines, et une interprétation vocale intense. Le texte évoque la résilience, la protection divine et la confiance, des thèmes récurrents dans son œuvre, mais ici traités de manière plus frontale.

Deux autres singles, CUBE MAGGI et PIGALLE, déjà dévoilés, permettent de mieux cerner la diversité du projet. Le premier joue sur une écriture plus brute et des références du quotidien, tandis que le second installe une atmosphère plus sombre, presque introspective. Ensemble, ces morceaux dessinent un album qui refuse l’uniformité et assume des contrastes.

L’artiste soigne également son image. Les visuels associés à ces sorties témoignent d’un travail esthétique précis, où symboles, références urbaines et spiritualité se croisent. Cette cohérence entre musique et image participe à l’identité de Jeune Lion, qui pense ses projets comme des ensembles et non comme une succession de singles indépendants.

Avec cet album, Jeune Lion cherche revendique une liberté de ton et de forme, sans renoncer à ses références culturelles.

La sortie du 13 février sera donc observée de près. Elle doit confirmer la place de Jeune Lion parmi les artistes qui comptent dans le renouvellement actuel des musiques africaines francophones.

Informations pratiques
Artiste : Jeune Lion
Album : sortie le 13 février 2026
Single annonciateur : Nyamien son no fall – sortie le 23 janvier 2026
Style : afro-urban, trap, influences rastafari
Origines : artiste franco-ivoirien

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Notre semaine culturelle africaine (9-15 janvier) débute avec AFRIMA Music Village à Lagos (9 janvier 2026) https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-africaine-9-15-janvier-debute-avec-afrima-music-village-a-lagos-9-janvier-2026/ Fri, 09 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144954 Concerts populaires et scènes urbaines, expositions conceptuelles, littérature engagée, cinéma nigérian et grands rendez-vous panafricains : cette semaine culturelle dessine une Afrique plurielle, en mouvement. De Lagos à Casablanca, de Ouagadougou aux plateformes de streaming, la création africaine affirme ses voix, ses luttes et ses récits contemporains. Le vendredi 9 janvier 2026, Lagos deviendra l’épicentre […]

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Concerts populaires et scènes urbaines, expositions conceptuelles, littérature engagée, cinéma nigérian et grands rendez-vous panafricains : cette semaine culturelle dessine une Afrique plurielle, en mouvement. De Lagos à Casablanca, de Ouagadougou aux plateformes de streaming, la création africaine affirme ses voix, ses luttes et ses récits contemporains.

Le vendredi 9 janvier 2026, Lagos deviendra l’épicentre de la musique africaine contemporaine. Le AFRIMA Music Village investira le Ikeja City Mall, à Alausa, Ikeja, pour une soirée annoncée comme l’un des temps forts de la semaine des All Africa Music Awards. Une nuit open-air, festive et dense, pensée comme une célébration collective de la création musicale africaine.

Le vendredi 9 janvier 2026, Lagos deviendra l’épicentre de la musique africaine contemporaine avec l’AFRIMA Music Village, l’un des moments les plus fédérateurs de la semaine des All Africa Music Awards. Installé au Ikeja City Mall, à Alausa, au cœur de Lagos Mainland, l’événement se tiendra en prélude à la 9ᵉ édition des AFRIMA, organisés du 7 au 11 janvier dans la capitale économique nigériane.

Pensé comme un contrepoint assumé à la cérémonie officielle de remise des prix prévue le 11 janvier, l’AFRIMA Music Village s’impose depuis plusieurs éditions comme le versant le plus populaire, le plus immédiat et le plus incarné des AFRIMA. Là où la cérémonie consacre, le Music Village rassemble. Là où l’institution formalise, il libère les corps, les sons et les circulations. Open-air, festif et dense, il attire aussi bien les habitants de Lagos que les artistes, managers, producteurs et journalistes venus de tout le continent pour la semaine AFRIMA.

Présenté comme l’un des plus grands rendez-vous musicaux jamais organisés à Lagos, le Music Village 2026 réunira plus de 25 artistes et DJs africains sur une seule scène, le temps d’une nuit non-stop, de 18h (WAT) jusqu’à la fermeture. Ce format volontairement foisonnant n’a rien d’anecdotique : il traduit une vision de la musique africaine comme un flux continu, traversé par des influences multiples, des collaborations spontanées et une énergie collective qui dépasse les logiques de tête d’affiche.

Cette année marque une montée en puissance symbolique et logistique avec l’association du Music Village à la célèbre Mainland Block Party. Cette alliance transforme l’événement en un véritable « city-wide takeover », une prise de possession culturelle de la ville par la musique. Plus qu’un concert, il s’agit d’une fusion entre block party et grand rassemblement panafricain, pensée comme une célébration de la rue, de la fête, de la communauté et de l’expérience AFRIMA dans ce qu’elle a de plus vivant.

Le public n’est pas seulement spectateur : il circule, danse, répond aux artistes, participe à cette dynamique de communion qui fait la singularité du Music Village. L’événement se vit autant qu’il s’écoute, dans une logique de partage immédiat et d’appropriation collective.

Un plateau panafricain

Le line-up 2026 assume pleinement sa dimension continentale. Il mêle grandes figures de la pop et des musiques urbaines africaines, artistes enracinés dans des traditions musicales fortes, voix montantes et DJs influents. Des artistes comme Harmonize, Peter Psquare, Yemi Alade, Wande Coal, Zlatan, Ayuba, Stonebwoy, Innos’B, Kcee, 9ice, Jeriq, Skales, Moliy ou encore Femi Kuti incarnent la diversité des scènes africaines actuelles, de l’afrobeats à l’afropop, du hip-hop aux héritages afrobeat et highlife.

La présence d’Iba One, figure majeure du rap malien, confirme l’orientation résolument panafricaine de l’événement, au-delà des seuls pôles anglophones ou ouest-africains dominants. La Côte d’Ivoire sera quant à elle représentée par Didi B, annoncé comme l’unique artiste ivoirien du line-up officiel, appelé à se produire devant un public international et des professionnels de l’industrie venus de toute l’Afrique et de la diaspora.

Le choix du Ikeja City Mall n’est pas anodin. Situé à Lagos Mainland, dans un quartier densément peuplé et facilement accessible, le site permet d’accueillir un public massif dans un cadre sécurisé, tout en restant profondément ancré dans la vie quotidienne de la ville. Ces dernières années, le centre commercial s’est imposé comme un espace hybride, capable d’absorber de grands événements culturels sans rompre avec son environnement urbain. Le Music Village y trouve un écrin à la hauteur de ses ambitions : populaire, ouvert, urbain et profondément lagossien.

Au-delà du spectacle, l’AFRIMA Music Village agit comme une véritable vitrine de l’industrie musicale africaine contemporaine. Pour les artistes, c’est un espace de visibilité et de rencontres informelles. Pour les professionnels, un lieu d’observation privilégié des tendances, des publics et des nouvelles dynamiques du marché. Pour Lagos, enfin, une affirmation supplémentaire de son statut de capitale culturelle majeure du continent, capable d’absorber, de transformer et de projeter l’énergie musicale africaine.

Informations pratiques

Événement : AFRIMA Music Village – 9ᵉ édition
Date : vendredi 9 janvier 2026
Horaires : de 18h (WAT) jusqu’à la fermeture
Lieu : Ikeja City Mall, Alausa, Ikeja, Lagos, Nigeria
Cadre : All Africa Music Awards 2026 (7–11 janvier, Lagos)
Format : concert open-air, musique non-stop, block party & performances live
Programmation : plus de 25 artistes et DJs africains annoncés
Billetterie officielle : www.afrima.org

 

Lagos : Nifemi Marcus-Bello expose la matière comme archive vivante (jusqu’au 10 janvier) 

À Lagos, Material Affirmations: ORÍKÌ Acts I–III marque le retour de Nifemi Marcus-Bello sur son sol natal. Une exposition dense et conceptuelle, où bronze, aluminium et cuivre deviennent des récits critiques de l’histoire, du présent et des futurs africains.



 Nifemi Marcus-Bello

« Mon objectif a toujours été d’interroger l’histoire des matériaux et l’identité, tout en cherchant à comprendre leur signification culturelle au sein de la société. » Cette déclaration de Nifemi Marcus-Bello donne le ton de Material Affirmations: ORÍKÌ Acts I–III, sa première exposition personnelle à Lagos, présentée par Tiwani Contemporary en collaboration avec Marta Los Angeles. Plus qu’une exposition de design, il s’agit d’un projet de recherche plastique et politique, où la matière devient langage, mémoire et projection.

Le fil conducteur de l’exposition est l’oríkì, tradition yoruba de poésie de louange et d’affirmation identitaire, transposée ici dans l’espace visuel et sonore. Une bande sonore, portée par la voix de Folake Marcus-Bello, la mère de l’artiste, délivrant un oríkì personnalisé à son fils, enveloppe le visiteur. Cette présence intime donne à l’exposition une dimension transgénérationnelle, reliant gestes artisanaux, transmission familiale et histoire collective.

Trois actes, trois matérialités, trois temporalités

L’exposition se structure en trois actes, chacun centré sur un matériau et une temporalité précise.

Act I – Friction Ridge se concentre sur le bronze, matériau du passé. Marcus-Bello s’inscrit ici dans la continuité des bronzes du Bénin, non pour les citer, mais pour en prolonger la logique : un matériau comme porteur de récit, de rituel et d’identité. Les œuvres, réalisées selon la technique traditionnelle de la cire perdue en collaboration avec des artisans de Lagos et de Benin City, portent physiquement les traces de la main humaine. Le choix de formes répétées, notamment des assises collectives aux courbes douces, met en avant la notion de touch work, ce travail du toucher qui relie le corps, la matière et la communauté.

Act II – Tales By Moonlight explore l’aluminium comme matériau du présent. Issu de l’économie informelle, du recyclage et de la réparation, l’aluminium raconte une Afrique prise dans les flux de la surconsommation mondiale. Les pièces s’inspirent directement du travail des fondeurs de pièces automobiles à Lagos, qui prolongent la vie de véhicules importés d’Europe et des États-Unis. Ici, l’aluminium devient le symbole d’une modernité bricolée, à la fois ingénieuse et contrainte, révélant les déséquilibres structurels de l’économie globale.

Act III – Whispers of a Trail se tourne vers le futur à travers le cuivre. Métal stratégique, abondant en Afrique mais majoritairement exporté sans transformation, il cristallise les enjeux d’extraction, de valeur ajoutée et de souveraineté économique. Marcus-Bello y injecte une dimension personnelle, liée à ses années passées en Zambie, au cœur du Copperbelt. Les œuvres — tables, assises, luminaires — interrogent la possibilité d’un futur où les ressources africaines seraient transformées localement, générant innovation et autonomie.

Au-delà de leur fonction, ces objets se veulent métaphysiques. Ils interrogent notre rapport à l’usage, à la valeur et au désir, tout en rendant visibles les chaînes humaines — artisans, marchés, territoires — qui rendent la matière possible.

Présentées auparavant à Los Angeles et Miami, et aujourd’hui réunies à Lagos, ces œuvres trouvent ici une résonance particulière. La ville n’est plus seulement un contexte, mais un acteur du récit. À quelques jours de sa clôture, Material Affirmations: ORÍKÌ Acts I–III s’impose comme une exposition majeure, où le design africain contemporain affirme sa capacité à penser le monde à partir de ses propres matériaux.

Informations pratiques
Exposition : Material Affirmations: ORÍKÌ Acts I–III
Artiste : Nifemi Marcus-Bello
Dates : jusqu’au 10 janvier 2026
Lieu : Tiwani Contemporary, Victoria Island, Lagos, Nigeria
Type : exposition solo (design / art contemporain)
Accès : informations et horaires via les canaux officiels de Tiwani Contemporary

Avec Najat Aatabou, la chanson populaire marocaine à l’honneur à Casablanca (13 janvier 2026)

Le 13 janvier 2026, Casablanca accueillera l’une des grandes voix du répertoire populaire marocain. Najat Aatabou est annoncée en concert au Morocco Mall, dans le cadre d’un événement présenté comme l’Africa Festival Morocco Mall. Une date confirmée, relayée par les canaux officiels du lieu et de l’artiste, qui s’inscrit dans la dynamique des programmations culturelles hivernales de la capitale économique marocaine.

Figure incontournable de la chanson marocaine depuis les années 1980, Najat Aatabou incarne une musique à la fois populaire, engagée et profondément ancrée dans les réalités sociales. Sa voix puissante, reconnaissable entre toutes, a porté des textes souvent audacieux sur la condition féminine, l’amour, la liberté et les contradictions de la société. Au fil des décennies, elle s’est imposée comme une artiste transgénérationnelle, capable de rassembler un public large, bien au-delà des cercles traditionnels de la musique populaire.

Le concert annoncé au Morocco Mall s’inscrit dans une soirée à vocation culturelle et musicale, sous l’appellation « Africa Festival ». Les éléments actuellement disponibles indiquent qu’il s’agit d’un événement ponctuel, centré principalement sur la performance de Najat Aatabou, plutôt que d’un festival au sens classique du terme, avec une programmation étendue sur plusieurs jours ou plusieurs scènes. À ce stade, aucune autre tête d’affiche n’a été officiellement annoncée pour la même date.

Une artiste emblématique dans un cadre grand public

Le choix du Morocco Mall comme lieu d’accueil n’est pas anodin. Espace commercial mais aussi plateforme événementielle, il accueille régulièrement des concerts destinés à un large public, dans une logique d’accessibilité et de visibilité. Cette configuration permet à Najat Aatabou de se produire dans un cadre grand public, tout en touchant un public varié, allant des amateurs de musique populaire marocaine aux spectateurs plus jeunes ou occasionnels.


 Najat Aatabou

L’événement participe également à une mise en avant plus large des cultures africaines au sein de programmations urbaines contemporaines, même si l’appellation « Africa Festival » reste, en l’état, davantage une dénomination événementielle qu’un label institutionnalisé. La communication officielle insiste avant tout sur la présence de l’artiste et sur le caractère exceptionnel de la soirée.

Pour le public casablancais, comme pour les visiteurs de passage, ce concert constitue une occasion de retrouver sur scène une voix majeure du patrimoine musical marocain, toujours active, toujours suivie, et dont les performances live restent un moment fédérateur.

Informations pratiques
Artiste : Najat Aatabou
Événement : Africa Festival Morocco Mall
Date : mardi 13 janvier 2026
Heure : 20 h
Lieu : Morocco Mall, Casablanca, Maroc
Type : concert
Billetterie : informations disponibles via les canaux officiels du Morocco Mall et plateformes partenaires

 

« Le harem du roi » de Djaïli Amadou Amal : quand l’amour se heurte au pouvoir

Avec Le harem du roi, Djaïli Amadou Amal explore la collision entre modernité et traditions patriarcales. Un roman tendu et politique, paru en format poche début janvier 2026, qui interroge le pouvoir, la condition féminine et le prix intime de l’autorité.

Paru en édition poche début janvier 2026, Le harem du roi s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de Djaïli Amadou Amal, autrice camerounaise dont les romans sondent, avec constance et précision, les rapports de domination à l’œuvre dans certaines sociétés africaines contemporaines. Après Les Impatientes, ce nouveau texte confirme une écriture engagée, mais jamais didactique, où la fiction sert d’outil d’exploration sociale.

Le roman s’ouvre sur une situation familière et résolument moderne. Seini et Boussoura vivent à Yaoundé. Lui est médecin, elle professeure de littérature. Ils forment un couple éduqué, urbain, amoureux, ancré dans un présent où les rôles semblent négociables et les choix personnels respectés. Cette normalité apparente est brutalement fissurée lorsque Seini est rappelé à ses origines : fils d’un lamido, un roi traditionnel peul, il est appelé à succéder à son père.


Djaïli Amadou Amal

À partir de ce basculement, Le harem du roi change d’échelle. Le roman quitte l’espace privé pour entrer dans celui du pouvoir coutumier. Seini devient chef religieux et politique, dépositaire d’une tradition qui ne souffre aucune remise en question. Boussoura, elle, découvre un monde régi par des règles strictes, où la polygamie, la hiérarchie féminine et la soumission au souverain constituent l’ordre social.

Un homme pris dans un système

Le cœur du roman réside dans cette tension irréductible. Peut-on exercer un pouvoir traditionnel sans en épouser les violences symboliques ? Peut-on aimer une femme et accepter qu’elle devienne une épouse parmi d’autres ? Amal ne propose pas de réponse simple. Elle montre au contraire comment le pouvoir, même hérité, transforme celui qui l’exerce. Seini n’est ni un monstre ni un tyran caricatural. Il est un homme pris dans un système qui exige des sacrifices et les impose surtout aux femmes.

Boussoura est le véritable centre de gravité du récit. Intellectuelle, lucide, amoureuse, elle se heurte à une structure sociale qui nie son individualité. À travers elle, l’autrice explore la condition des femmes enfermées dans le harem, chacune porteuse d’une histoire, d’une résignation ou d’une stratégie de survie. Le harem n’est pas décrit comme un simple décor exotique, mais comme une institution politique à part entière, un espace où se joue l’ordre du pouvoir masculin.

La force du roman tient à son écriture maîtrisée, directe, sans pathos excessif. Amal ne cherche pas à choquer, mais à rendre visible. Les scènes de vie quotidienne, les silences, les regards, les compromis imposés donnent au texte une densité particulière. Le lecteur assiste à une lente dépossession : celle d’une femme, mais aussi celle d’un homme qui renonce progressivement à ce qu’il était.

Le harem du roi est aussi un roman sur l’impossibilité du compromis. Entre la modernité et certaines traditions, l’autrice montre que la conciliation est parfois un leurre, surtout lorsque les structures de pouvoir reposent sur l’inégalité. Le livre ne condamne pas une culture dans son ensemble, mais interroge ce qui, en son sein, résiste à toute réforme.

Paru initialement en 2024, le roman trouve une nouvelle actualité avec sa sortie en poche début 2026. À un moment où les débats sur les droits des femmes, les héritages culturels et les formes de domination traversent les sociétés africaines et diasporiques, Le harem du roi s’impose comme un texte nécessaire. Un roman qui ne cherche pas à réconcilier, mais à faire voir et à faire réfléchir.

 

Informations pratique
Titre : Le harem du roi
Autrice : Djaïli Amadou Amal
Pays : Cameroun
Genre : roman
Première parution : août 2024 (Éditions Emmanuelle Collas)
Édition poche : janvier 2026 (J’ai Lu)
Formats : broché, poche, eBook
Thèmes : pouvoir traditionnel, condition féminine, polygamie, modernité vs tradition

 

« Lionheart », le Nigeria autrement : un film à voir ou à revoir sur Netflix 

Avec Lionheart, Genevieve Nnaji signe un film nigérian à contre-courant des excès de Nollywood. Une comédie dramatique sobre et élégante, à voir ou à revoir, qui parle d’entreprise, de filiation et de pouvoir féminin sans folklore ni démonstration.

À sa sortie, Lionheart a marqué un tournant discret mais décisif dans l’histoire du cinéma nigérian contemporain. Non par un choc esthétique ou un geste radical, mais par un choix plus rare : celui de la justesse. Dans un paysage souvent dominé par l’emphase narrative et émotionnelle, le film de Genevieve Nnaji impose une écriture mesurée, lisible, profondément ancrée dans le réel.

L’intrigue tient sur une ligne claire. Adaeze Obiagu, cadre efficace et loyale, travaille dans l’entreprise de transport fondée par son père. Lorsque celui-ci tombe malade, elle se retrouve confrontée à une succession incertaine où ses compétences sont mises en doute au profit de considérations traditionnelles. Pour sauver l’entreprise familiale, elle devra composer avec un oncle plus âgé, charismatique mais imprévisible, des partenaires financiers sceptiques et un environnement professionnel encore structuré par des réflexes masculins.

Ce qui distingue immédiatement Lionheart, et justifie qu’on le voie ou le revoie aujourd’hui, c’est son refus de la caricature. Le Nigeria qu’il montre n’est ni misérabiliste ni folklorique. Lagos apparaît comme une métropole contemporaine, organisée, traversée par les mêmes enjeux que toute grande capitale économique : compétitivité, crédibilité, héritage, pression du résultat. Le film parle d’entreprise, de gouvernance, de négociation — des thèmes rarement traités avec sérieux dans le cinéma africain grand public — sans jamais basculer dans le discours pédagogique.

Genevieve Nnaji, également interprète principale, évite avec intelligence le piège du film-programme. Lionheart n’est pas un manifeste féministe au sens militant du terme. Adaeze n’est ni une victime, ni une héroïne sacrificielle, ni une figure de revanche. Elle est compétente, calme, stratège, parfois hésitante, souvent lucide. Son combat n’est pas idéologique mais pragmatique : elle veut diriger parce qu’elle sait faire. Cette posture confère au film une portée politique implicite, précisément parce qu’elle n’est jamais martelée.

La nuance plutôt que l’affrontement frontal

La relation entre Adaeze et son père constitue l’autre axe fort du récit. Lionheart explore la transmission dans toute son ambivalence : loyauté, dette symbolique, affection, mais aussi aveuglement et reproduction de normes anciennes. Le père n’est pas présenté comme un obstacle caricatural, mais comme un homme d’une génération antérieure, attaché à des réflexes culturels qu’il ne remet que partiellement en question. Là encore, le film préfère la nuance à l’affrontement frontal.

Sur le plan formel, la mise en scène se caractérise par une grande discrétion. Pas d’effets ostentatoires, pas de dramatisation excessive. La caméra accompagne les personnages dans leur quotidien professionnel, s’attarde sur les réunions, les déplacements, les silences. Cette retenue donne au film une tonalité presque universelle. Lionheart pourrait se dérouler dans n’importe quelle économie émergente, dans toute entreprise familiale confrontée au passage de relais et à la modernisation.

Le choix de Netflix de produire et de diffuser le film a joué un rôle déterminant dans sa réception internationale. Lionheart fut le premier film nigérian acquis comme Netflix Original, ouvrant la voie à une visibilité nouvelle pour Nollywood, moins spectaculaire mais plus qualitative. Le film ne cherche jamais à expliquer le Nigeria au spectateur occidental, ni à l’exotiser. Il part du principe que le spectateur saura suivre – et ce pari est tenu.

À distance de sa sortie, Lionheart apparaît comme un film charnière. Ni œuvre radicale ni produit formaté, il incarne une transition : celle d’un cinéma nigérian capable de raconter son présent avec sobriété, élégance et précision. Un film à voir, et surtout à revoir, pour mesurer ce que la retenue peut produire lorsqu’elle est maîtrisée.

Informations pratiques

Titre : Lionheart
Réalisation : Genevieve Nnaji
Pays : Nigeria
Année : 2018
Durée : 95 minutes
Genre : Comédie dramatique
Disponibilité : Netflix
Langues : anglais, igbo (sous-titres disponibles)

 

«King of Boys: The Return of the King » , le pouvoir politique nigérian mis à nu en série

Avec King of Boys: The Return of the King, Nollywood s’aventure sur un terrain rarement exploré avec autant d’ampleur : celui du pouvoir politique. Une mini-série sombre et ambitieuse, à voir ou à revoir, où la conquête de l’État se joue sans illusion.

Avec King of Boys: The Return of the King, le cinéma nigérian franchit un seuil. Suite directe du film King of Boys (2018), cette mini-série ne se contente pas de prolonger une intrigue à succès : elle en radicalise les enjeux et en approfondit la portée politique. Là où le film esquissait une tragédie du pouvoir, la série en déploie l’architecture complète.

L’histoire reprend après la chute apparente d’Eniola Salami, figure centrale et redoutée, femme d’affaires devenue cheffe de clan politique. Disparue, puis donnée pour morte, elle réapparaît dans un Nigeria encore plus instable, décidée à reprendre sa place et à s’emparer du pouvoir institutionnel. La série bascule alors du film de gang vers une véritable fresque politique, où corruption, alliances, violence et stratégie électorale s’entremêlent.

Ce qui distingue immédiatement The Return of the King, et justifie qu’on la voie ou la revoie aujourd’hui, c’est sa frontalité. La série ne cherche pas à édulcorer les mécanismes du pouvoir nigérian. Elle montre un système où les frontières entre affaires, crime organisé et politique sont poreuses, où l’État est un terrain de conquête, et où la morale n’est jamais un principe opérant mais une variable stratégique.

Le personnage d’Eniola Salami, incarné avec une intensité remarquable par Sola Sobowale, est au cœur de cette dynamique. Elle n’est ni héroïne ni anti-héroïne classique. Elle est une figure tragique du pouvoir : lucide, cruelle, protectrice, parfois maternante, toujours calculatrice. La série évite toute lecture simpliste du féminin en politique. Eniola n’est pas une femme “dans un monde d’hommes” : elle est le monde tel qu’il fonctionne, avec ses codes, sa brutalité et ses compromis.

Narrativement, la mini-série gagne en densité ce qu’elle perd volontairement en accessibilité. Le rythme est plus lent que dans le film, les dialogues plus chargés, les intrigues plus nombreuses. Le spectateur est invité à suivre des jeux d’influence complexes, des retournements d’alliances, des stratégies à long terme. Cette exigence peut dérouter, mais elle donne à l’ensemble une profondeur rare dans les productions africaines destinées au grand public.

La mise en scène assume une tonalité sombre, presque crépusculaire. Les décors, souvent nocturnes, les bureaux feutrés, les résidences sécurisées, les lieux de pouvoir filmés comme des espaces clos, participent à une impression d’étouffement. Le Nigeria de King of Boys n’est pas un décor : c’est un champ de forces, un territoire disputé, où chaque parole engage une menace potentielle.

Sur le plan politique, la série est sans doute l’une des œuvres nigérianes les plus audacieuses diffusées sur Netflix. Sans nommer explicitement des figures réelles, elle renvoie clairement à des pratiques connues : élections truquées, clientélisme, instrumentalisation des foules, collusion entre élites économiques et appareils sécuritaires. Ce réalisme assumé donne à la série une portée qui dépasse largement le cadre de la fiction.

Le choix de Netflix de diffuser The Return of the King confirme aussi une évolution stratégique : celle d’un Nollywood capable de produire des récits longs, complexes, politiquement situés, sans chercher à les lisser pour un public international. La série ne s’explique pas, ne se traduit pas culturellement : elle impose son univers, son rythme et sa logique.

À distance de sa sortie, King of Boys: The Return of the King apparaît comme une œuvre charnière. Plus exigeante que spectaculaire, plus politique que divertissante, elle s’impose comme une série à voir ou à revoir.

 

Informations pratiques
Titre : King of Boys: The Return of the King
Création : Kemi Adetiba
Pays : Nigeria
Année : 2021
Format : mini-série (7 épisodes)
 Genre : thriller politique
 Disponibilité : Netflix
 Langues : anglais, yoruba (sous-titres disponibles)

 

Soko Festival 2026 à Ouagadougou : créer, résister, transmettre (15-17 janvier)

Le Soko Festival revient à Ouagadougou pour sa 11ᵉ édition, du 15 au 17 janvier 2026. Ancré au Burkina Faso et reconnu dans la région, ce rendez-vous pluridisciplinaire met en dialogue musique, arts de la scène et marché professionnel, avec une ambition claire : soutenir la création africaine contemporaine dans toute sa diversité.

Pensé dès l’origine comme un espace de circulation des œuvres et des idées, le Soko Festival se distingue par son double mouvement. D’un côté, des performances artistiques ouvertes au public — concerts, spectacles vivants, propositions hybrides. De l’autre, une plateforme de rencontres professionnelles qui structure l’événement et en fait un véritable levier pour les artistes et les acteurs culturels. En 2026, le thème annoncé, « Créer, Résister, Transmettre », inscrit explicitement le festival dans une réflexion sur la place de la culture africaine aujourd’hui : comment produire, comment tenir, comment passer le relais.

La programmation détaillée (noms d’artistes, horaires, lieux précis) n’est pas encore publiée, mais le cadre est posé. Le Soko Festival n’est pas un simple enchaînement de concerts. Il revendique une économie de la création, attentive aux conditions de production, de diffusion et de circulation des œuvres. Cette approche explique la fidélité d’un public professionnel — programmateurs, producteurs, managers, journalistes — qui s’y rend autant pour voir que pour rencontrer.

Un marché des arts au cœur du festival

Au centre du dispositif se trouve Yaar Music, le volet « marché » du Soko Festival. Yaar, qui signifie « marché » en mooré, fonctionne comme un espace d’échanges et de mise en réseau : présentations de projets, rencontres B2B, discussions sur les modèles économiques, circulation des pratiques. Cette dimension fait du Soko un rendez-vous structurant pour les scènes musicales et artistiques d’Afrique de l’Ouest, au-delà du seul temps du spectacle.

Le festival s’adresse ainsi à plusieurs publics sans jamais les opposer. Les spectateurs viennent pour découvrir des propositions artistiques souvent peu visibles dans les circuits commerciaux. Les professionnels y trouvent un lieu de travail, de veille et de projection. Les artistes, enfin, bénéficient d’un cadre où création et stratégie ne sont pas dissociées.

Le choix d’Ouagadougou n’est pas neutre. Capitale culturelle historique de la région, la ville demeure un point d’ancrage pour les arts vivants en Afrique de l’Ouest. Le Soko Festival s’inscrit dans cette tradition tout en la renouvelant, en assumant une programmation contemporaine et en ouvrant des espaces de réflexion sur les conditions actuelles de la création.

L’édition 2026, par son thème, affirme une posture : la culture comme acte de résistance et de transmission, dans un contexte où les artistes africains doivent composer avec des contraintes économiques, politiques et logistiques fortes. Sans discours grandiloquent, le Soko Festival propose un cadre concret pour penser et pratiquer cette résistance par l’art.

Pour qui s’intéresse aux scènes africaines contemporaines, aux dynamiques professionnelles de la culture ou simplement à la découverte de propositions artistiques exigeantes, le Soko Festival constitue un rendez-vous à suivre de près.

Informations pratiques

Événement : Soko Festival – 11ᵉ édition
Dates : du 15 au 17 janvier 2026
Lieu : Ouagadougou, Burkina Faso
Thème 2026 : Créer, Résister, Transmettre
Contenu : musique, arts de la scène, rencontres professionnelles (Yaar Music)
Programmation détaillée : annoncée sur place et via les canaux officiels du festival

 

 

 

 

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Notre semaine culturelle africaine: Kaapse Klopse, le deuxième Nouvel An de Cape Tow https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-africaine-2-9-janvier-debute-avec-kaapse-klopse-le-deuxieme-nouvel-an-de-cape-town-2-janvier/ Tue, 06 Jan 2026 05:30:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144586 Du Cap à Abidjan, d’Ouidah à Accra, en passant par Johannesburg, Marseille et Montréal, la création africaine s’impose cette semaine sur toutes les scènes. Carnavals urbains, rituels spirituels, concerts engagés, expositions majeures et rendez-vous musicaux internationaux composent une cartographie culturelle vibrante, où mémoire, transmission et modernité dialoguent à l’échelle du continent et de ses diasporas. […]

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Du Cap à Abidjan, d’Ouidah à Accra, en passant par Johannesburg, Marseille et Montréal, la création africaine s’impose cette semaine sur toutes les scènes. Carnavals urbains, rituels spirituels, concerts engagés, expositions majeures et rendez-vous musicaux internationaux composent une cartographie culturelle vibrante, où mémoire, transmission et modernité dialoguent à l’échelle du continent et de ses diasporas.

Chaque 2 janvier, Cape Town s’embrase au rythme du Kaapse Klopse. Héritier de l’histoire coloniale et de l’esclavage, ce carnaval populaire transforme la ville en scène à ciel ouvert, mêlant mémoire, musique et célébration collective.

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Chaque année, le 2 janvier, Cape Town vit un moment à part. Tandis que le monde a déjà tourné la page du Nouvel An, la ville sud-africaine célèbre son « Deuxième Nouvel An », le Tweede Nuwe Jaar. Ce jour-là, les rues s’emplissent de fanfares, de chants et de couleurs éclatantes : c’est le Kaapse Klopse, aussi appelé Cape Town Minstrel Carnival.

Loin d’être un simple défilé folklorique, le Kaapse Klopse est l’un des rituels urbains les plus chargés de sens du pays. Ses racines plongent au XIXᵉ siècle, à l’époque où les esclaves du Cap n’avaient droit qu’à une seule journée de congé par an, le 2 janvier, une fois les célébrations de leurs maîtres terminées. Cette journée devint un espace de liberté provisoire, une parenthèse où la musique, la danse et le travestissement permettaient de reprendre possession de son corps et de sa voix.

Après l’abolition de l’esclavage en 1834, la tradition n’a pas disparu. Elle s’est transformée, transmise de génération en génération, jusqu’à devenir un événement structurant de la culture populaire capetonienne, notamment au sein des communautés dites Coloured et Cape Malay. Aujourd’hui encore, le Kaapse Klopse porte cette mémoire de la contrainte et de l’émancipation, sans jamais verser dans la commémoration figée.

Le jour du carnaval, des milliers de participants, organisés en troupes appelées klopse, défilent dans la ville. Costumes satinés aux couleurs vives, visages parfois maquillés, parapluies décorés, banjos, tambours ghoema et cuivres composent un spectacle aussi joyeux que précis. Chaque troupe prépare pendant des mois ses chorégraphies, ses chants et son esthétique, dans une forme de compétition amicale où se joue l’excellence artistique autant que la fierté communautaire.

Une fête vivante

Le parcours du défilé traverse des quartiers chargés d’histoire comme District Six ou Bo-Kaap, rappelant les déplacements forcés et les fractures urbaines de l’époque de l’apartheid. Mais le Kaapse Klopse ne se vit pas comme une lamentation. Il s’agit au contraire d’une fête tournée vers le présent, où la créativité populaire affirme une identité plurielle, métissée et résolument urbaine.

Musicalement, le carnaval mêle héritages locaux et influences extérieures. On y retrouve des échos des minstrel shows américains du XIXᵉ siècle, réappropriés et transformés, ainsi que des rythmes africains et créoles propres au Cap. Cette hybridation fait du Kaapse Klopse un objet culturel singulier, à la fois profondément local et ouvert sur le monde.

Le public, très nombreux, ne reste jamais simple spectateur. Les trottoirs deviennent des tribunes improvisées, les familles suivent « leur » troupe, les enfants apprennent les chants, et les anciens commentent les performances. La ville entière semble suspendue à ce moment de liesse collective, où l’espace public est réinvesti par ceux qui en ont longtemps été exclus.

Au fil des décennies, le Kaapse Klopse s’est imposé comme un marqueur fort du calendrier culturel sud-africain. Il attire désormais visiteurs et chercheurs, artistes et journalistes, venus observer cette forme rare de carnaval urbain, ni touristique au sens classique, ni muséifiée. Sa force tient précisément à cette tension entre tradition et renouvellement, entre mémoire douloureuse et joie affirmée.

Informations pratiques

Date : 2 janvier 2026
Lieu : Centre-ville de Cape Town (District Six, Bo-Kaap et axes principaux)
Accès : événement public et gratuit
Durée : défilés et animations tout au long de la journée

Asake à Johannesburg, l’afrobeats en pleine puissance (3 janvier)

Le 3 janvier 2026, Asake se produit au Goldrush Dome de Johannesburg. Figure centrale de l’afrobeats nigérian, l’artiste promet un concert à haute énergie, symbole de l’expansion continentale et internationale d’un genre désormais incontournable.

Johannesburg s’impose comme l’un des premiers grands carrefours musicaux de l’année 2026. Le samedi 3 janvier, Asake est attendu au Goldrush Dome pour un concert annoncé comme l’un des temps forts du début de saison. L’événement, présenté par le collectif AfroFuture – Curated By Culture, marque une étape importante dans la trajectoire live de l’artiste nigérian.

En quelques années, Asake s’est imposé comme l’une des figures majeures de l’afrobeats contemporain. Originaire de Lagos, il a développé un style immédiatement reconnaissable, mêlant afrobeats, street pop nigériane, amapiano et influences urbaines globales. Ses morceaux, portés par des refrains accrocheurs et une énergie brute, ont rapidement dépassé les frontières du Nigeria pour conquérir les scènes africaines, européennes et américaines.

Le concert de Johannesburg s’inscrit dans cette dynamique d’expansion. Il s’agit de l’une des premières grandes dates africaines de l’artiste en 2026, et surtout d’un rendez-vous très attendu par le public sud-africain, où l’afrobeats dialogue depuis plusieurs années avec l’amapiano local. Cette rencontre entre scènes musicales africaines fait de Johannesburg un terrain particulièrement fertile pour un artiste comme Asake, dont la musique circule naturellement entre les styles.

Le Goldrush Dome, vaste espace de spectacles situé dans la métropole sud-africaine, offre un cadre à la hauteur de l’événement. Conçu pour accueillir de grandes productions live, le lieu permet une scénographie immersive, combinant son, lumières et écrans géants. L’organisation prévoit une ouverture des portes en fin d’après-midi, laissant place à une montée progressive de l’ambiance avant l’entrée en scène de l’artiste.

Une performance symbole de l’afrobeats globalisé

Sur scène, Asake est réputé pour ses performances intenses, où la danse, la proximité avec le public et la puissance rythmique occupent une place centrale. Ses concerts sont conçus comme des expériences collectives, où les hits sont repris en chœur par une audience jeune, mobile et connectée. À Johannesburg, cette dimension communautaire devrait trouver un écho particulier, dans une ville habituée aux grands rassemblements musicaux.

Au-delà du simple divertissement, ce concert illustre l’état actuel de l’afrobeats : un genre africain devenu global, sans pour autant perdre son ancrage continental. La présence d’Asake en tête d’affiche en Afrique du Sud témoigne de cette circulation fluide entre pays africains, où les artistes ne se contentent plus de viser l’exportation vers l’Occident, mais construisent aussi des réseaux solides à l’échelle du continent.

L’événement est porté par AfroFuture, plateforme culturelle connue pour ses festivals et concerts célébrant les cultures africaines contemporaines. Leur approche privilégie des expériences immersives, mêlant musique, esthétique visuelle et mise en valeur des identités africaines urbaines. Le concert d’Asake s’inscrit pleinement dans cette logique, à la croisée du spectacle musical et de l’affirmation culturelle.

Pour Johannesburg, cette date du 3 janvier s’annonce comme un signal fort : celui d’une année musicale placée sous le signe des circulations africaines, des collaborations transfrontalières et de la reconnaissance accrue des artistes du continent sur leurs propres scènes. Pour Asake, il s’agit d’un nouveau jalon dans une trajectoire déjà fulgurante, confirmant son statut d’artiste incontournable du live afrobeats.

Informations pratiques

Artiste : Asake
Événement : AfroFuture Presents – Curated By Culture | Asake Live
Date : samedi 3 janvier 2026
Heure : ouverture des portes vers 16h00
Lieu : Goldrush Dome, Johannesburg (Afrique du Sud)
Style : afrobeats, street pop, amapiano
Accès : événement 18+
Billetterie : vente en ligne via Quicket

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Naftaly à Abidjan, reggae conscient pour ouvrir 2026 (3 janvier)

Le 3 janvier 2026, Naftaly se produit à AZK Live à Abidjan autour de son album Lève-toi et marche. Une soirée de reggae conscient et d’afro-fusion pour ouvrir l’année sur un message d’espoir, de spiritualité et de rassemblement.

Abidjan s’apprête à vibrer au rythme du reggae le samedi 3 janvier 2026. Ce soir-là, Naftaly investit la scène d’AZK Live, lieu emblématique des musiques live à Cocody Blockhauss. Annoncé dès 21h00, le concert s’inscrit comme l’un des premiers rendez-vous musicaux majeurs de l’année en Côte d’Ivoire.

Figure reconnue du reggae ivoirien, Naftaly s’est construit une identité singulière, à la croisée du reggae roots, du hip-hop et des sonorités afro-contemporaines. Surnommé par son public « le Soldat de Jah », l’artiste développe depuis plusieurs années une musique engagée, portée par des textes spirituels, sociaux et introspectifs. Son approche privilégie le message autant que la vibration, dans une relation de proximité assumée avec son audience.

Ce concert du 3 janvier s’articule autour de son album Lève-toi et marche, projet central dans son parcours récent. Composé comme une exhortation à la résilience, le disque invite à dépasser les épreuves individuelles et collectives, à retrouver une force intérieure et à se remettre en mouvement. Sur scène, ces chansons prennent une dimension plus organique, soutenues par l’énergie du live et l’interaction directe avec le public.

Le choix d’AZK Live n’est pas anodin. Réputée pour défendre les musiques conscientes et les artistes afro-caribéens et africains, la salle s’est imposée comme un espace de rencontre entre artistes et publics fidèles. Son format relativement intimiste favorise une atmosphère dense, propice aux concerts où la parole, le rythme et la communion jouent un rôle central. Pour Naftaly, il s’agit moins d’un simple spectacle que d’un moment de partage collectif.

Au-delà de la performance musicale, la soirée est pensée comme une célébration de début d’année. Les messages diffusés par l’artiste et ses partenaires parlent de « vibration », de « lumière » et de « foi », autant de termes qui renvoient à une conception du concert comme expérience globale. Dans un contexte social et économique souvent tendu, ce type de proposition musicale trouve un écho particulier auprès d’un public en quête de sens autant que de divertissement.

Un concert manifeste pour une musique engagée

Sur scène, Naftaly défend une vision du reggae comme musique de conscience et de transmission. Héritier des grandes figures du genre, il l’inscrit dans une réalité ivoirienne contemporaine, nourrie de références locales, de préoccupations sociales et d’une spiritualité assumée. Le concert du 3 janvier promet ainsi un équilibre entre titres récents, morceaux emblématiques de son répertoire et moments d’improvisation propres au live.

La mobilisation autour de l’événement témoigne de l’ancrage de l’artiste dans sa communauté. Les annonces relayées sur les réseaux sociaux insistent sur la présence physique, sur l’importance d’« être là » pour commencer l’année ensemble. Cette dimension communautaire est l’un des traits marquants du parcours de Naftaly, dont la musique se conçoit comme un dialogue permanent avec son public.

À Abidjan, cette soirée s’inscrit également dans une dynamique plus large de valorisation des scènes reggae et afro-conscientes, parfois éclipsées par les musiques plus commerciales. En ouvrant l’année 2026 avec un concert de ce type, Naftaly affirme la place du reggae comme espace de réflexion, de fête et de résistance culturelle.

Le 3 janvier à AZK Live, le public est donc invité à plus qu’un concert : une traversée musicale, spirituelle et collective, portée par une voix qui revendique le droit de dire, de rassembler et d’espérer.

Informations pratiques

Artiste : Naftaly
Événement : Concert live autour de l’album Lève-toi et marche
Date : samedi 3 janvier 2026
Heure : à partir de 21h00
Lieu : AZK Live, Cocody Blockhauss, Abidjan (Côte d’Ivoire)Style : reggae conscient, afro-fusion

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Guinée-Concert à Marseille, la scène guinéenne en fête (3 janvier)

Le 3 janvier 2026, le Molotov à Marseille accueille Guinée-Concert, une soirée portée par la diaspora guinéenne. Afrobeat, reggae, hip-hop et musiques mandingues s’y croisent pour célébrer la vitalité des scènes africaines contemporaines en France.

À Marseille, la nouvelle année s’ouvrira sous le signe des musiques africaines. Le samedi 3 janvier 2026, la salle du Le Molotov accueillera Guinée-Concert, un événement organisé par l’association Familly 224. Pensée comme une grande soirée festive et fédératrice, la manifestation met à l’honneur la création guinéenne et afro-diasporique dans toute sa diversité.

Marseille n’a pas été choisie au hasard. Ville portuaire, carrefour des cultures méditerranéennes et africaines, elle abrite une importante diaspora ouest-africaine. Guinée-Concert s’inscrit dans cette géographie culturelle vivante, en offrant une scène à des artistes qui, pour beaucoup, évoluent entre héritage guinéen et influences urbaines contemporaines. Le Molotov, réputé pour sa programmation ouverte et éclectique, constitue un écrin naturel pour ce type de rendez-vous.

La programmation réunit une quinzaine d’artistes issus de la scène guinéenne et africaine locale. Parmi les noms annoncés figurent Lil Saako, Baar-K, Kissima, Sekouba Kalondji, Weda Faya, Modou Becue, King Seesay ou encore Gawa Zion, accompagnés sur scène par l’OSK Band. Ensemble, ils dessinent un panorama musical allant de l’afrobeat au reggae, du dancehall au hip-hop, sans oublier les sonorités mandingues traditionnelles.

Au-delà de l’accumulation des styles, l’événement revendique une cohérence : celle d’une musique diasporique en mouvement. Les artistes invités partagent souvent une même réalité, faite de circulation entre continents, de métissages sonores et de récits ancrés dans l’expérience migratoire. Guinée-Concert devient ainsi un espace d’expression collective, où la scène sert à la fois de lieu de fête et de reconnaissance.

Transmission culturelle et énergie urbaine

L’ambition de l’association Familly 224 dépasse le simple cadre du concert. En organisant Guinée-Concert, elle entend valoriser la culture guinéenne sous ses formes contemporaines, tout en créant un moment de rassemblement intergénérationnel. Le public attendu mêle membres de la diaspora, amateurs de musiques du monde et curieux désireux de découvrir une scène encore peu médiatisée dans les circuits traditionnels.

Sur scène, la diversité des esthétiques reflète l’évolution des musiques africaines en Europe. Les rythmes traditionnels dialoguent avec les beats électroniques, les textes alternent entre langues africaines, français et anglais, et les performances empruntent autant au concert live qu’à la culture urbaine. Cette hybridation est au cœur du projet, assumée comme une richesse plutôt qu’une dilution des identités.

La durée de l’événement, annoncée de la fin d’après-midi jusqu’au cœur de la nuit, souligne cette volonté de créer un véritable temps fort. Plus qu’une succession de concerts, Guinée-Concert se présente comme une immersion, où la musique devient le vecteur principal du lien social. Dans une ville comme Marseille, marquée par la pluralité de ses appartenances, cette proposition trouve une résonance particulière.

En ouvrant l’année 2026 avec une soirée dédiée aux musiques guinéennes et africaines, Guinée-Concert affirme la place de ces scènes dans le paysage culturel français. Il rappelle aussi que les diasporas ne sont pas seulement des communautés de mémoire, mais des espaces de création active, capables de renouveler les formes musicales et les récits contemporains.

Informations pratiques

Événement : Guinée-Concert
Date : samedi 3 janvier 2026
Horaires : de 18h30 à 02h00
Lieu : Le Molotov, 3 place Paul Cézanne, 13006 Marseille
Programmation : artistes guinéens et africains (afrobeat, reggae, hip-hop, mandingue)
Organisateur : association Familly 224
Tarif indicatif : environ 15 €

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Vodun Days à Ouidah, au cœur du vodun béninois (8–10 janvier)

À Ouidah, du 8 au 10 janvier 2026, les Vodun Days célèbrent une spiritualité vivante et un patrimoine culturel majeur du Bénin. Rituels, arts et musique s’y conjuguent pour redonner au vodun sa profondeur historique et symbolique.

Chaque mois de janvier, la ville côtière d’Ouidah devient l’épicentre d’un rendez-vous singulier où spiritualité, création artistique et mémoire collective se rencontrent. Les Vodun Days, organisés du 8 au 10 janvier 2026, s’inscrivent dans une dynamique de réappropriation culturelle visant à montrer le vodun tel qu’il est pratiqué au Bénin : une tradition complexe, structurée et profondément ancrée dans la vie sociale.

Souvent réduit, dans l’imaginaire occidental, à une caricature exotique ou inquiétante, le vodun est pourtant l’un des systèmes spirituels les plus anciens et les plus élaborés d’Afrique de l’Ouest. Reconnu officiellement par l’État béninois depuis 1996, il repose sur une relation étroite entre les humains, les forces de la nature et les ancêtres. Les Vodun Days ont précisément été pensés pour restituer cette richesse, loin des clichés, en donnant à voir la diversité de ses expressions rituelles, artistiques et philosophiques.

Le choix d’Ouidah n’est pas anodin. Ancien port négrier, la ville occupe une place centrale dans l’histoire atlantique et dans la diffusion du vodun vers les Amériques, où il a donné naissance à d’autres formes religieuses et culturelles. Ouidah demeure aujourd’hui l’un de ses hauts lieux, avec des sites emblématiques comme la forêt sacrée de Kpassè ou le Temple des Pythons. Pendant les Vodun Days, ces espaces deviennent des scènes vivantes, traversées par les processions, les danses et les cérémonies.

Au fil des trois journées, la ville se transforme en un vaste théâtre à ciel ouvert. Des sorties rituelles se déploient sur les grandes places et les esplanades, mêlant chants, percussions et danses codifiées. Les figures spectaculaires d’Egungun ou de Zangbeto, aux costumes monumentaux, incarnent à la fois la présence des ancêtres et la puissance symbolique de la communauté. Ces manifestations, ouvertes au public, s’inscrivent dans un cadre précis où le sacré n’est jamais dissocié du collectif.

Rituels, arts et scène contemporaine

Les Vodun Days ne se limitent pas aux cérémonies religieuses. Le festival affirme aussi une ambition artistique forte, en proposant des concerts, des performances et des créations contemporaines inspirées du vodun. Des artistes béninois et internationaux investissent les scènes en plein air, croisant musiques traditionnelles, afro-pop et formes actuelles. Cette programmation contribue à inscrire le vodun dans le présent, comme une source toujours active de création.

Un village festif accueille également artisans, associations culturelles et stands de transmission des savoirs. On y découvre objets rituels, textiles, sculptures et récits liés aux divinités et aux lignées spirituelles. L’enjeu est autant pédagogique que culturel : permettre aux visiteurs, béninois comme étrangers, de comprendre les principes du vodun, ses règles, ses interdits et son rôle dans l’organisation sociale.

Moment central du festival, la grande cérémonie vodun rassemble prêtres, fidèles et dignitaires venus de différentes régions. Elle donne à voir la dimension profondément collective de cette spiritualité, fondée sur l’équilibre entre les forces visibles et invisibles. À la différence d’un spectacle, il s’agit d’un temps rituel authentique, auquel le public est convié dans le respect des pratiques.

Les Vodun Days s’inscrivent enfin dans le prolongement de la Fête du Vodoun, célébrée chaque 10 janvier et jour férié national au Bénin. Ensemble, ces événements participent à une politique culturelle plus large, visant à faire du patrimoine immatériel un levier de reconnaissance internationale et de développement local.

Informations pratiques

Dates : du 8 au 10 janvier 2026
Lieu : Ouidah, Bénin (places publiques, sites sacrés et scènes en plein air)
Accès : manifestations majoritairement ouvertes au public

 

Afrique Mode à Montréal, la mode africaine en mouvement (jusqu’au 1er février)

Présentée au Musée McCord Stewart jusqu’au 1er février 2026, l’exposition Afrique Mode retrace plus de soixante ans de création vestimentaire africaine. Une plongée ambitieuse dans une scène inventive, politique et résolument contemporaine, loin des clichés folkloriques.

À Montréal, l’hiver n’a jamais semblé aussi vibrant. Jusqu’au 1er février 2026, le Musée McCord Stewart accueille Afrique Mode, une exposition d’envergure consacrée à la mode africaine contemporaine. Pensée comme un récit global, elle replace le vêtement au cœur des dynamiques culturelles, sociales et esthétiques du continent africain et de ses diasporas.

Conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres, référence mondiale en matière de design et d’arts décoratifs, l’exposition réunit vêtements, accessoires, photographies, vidéos et archives. Ensemble, ces éléments composent une histoire dense et nuancée, couvrant plus de six décennies de création, des années 1960 à aujourd’hui. Le propos est clair : la mode africaine n’est ni marginale ni périphérique, elle est constitutive de la modernité visuelle mondiale.

Le parcours met en lumière des créateurs issus de plus de vingt pays, des pionniers de l’après-indépendance aux designers les plus influents de la scène actuelle. À travers leurs œuvres, se dessinent des trajectoires marquées par l’émancipation, la circulation des styles et la réappropriation des héritages textiles. Ici, le vêtement devient un manifeste : il dit l’histoire coloniale, la fierté retrouvée, mais aussi l’inscription pleine et entière dans une économie créative globale.

L’exposition refuse toute vision homogène du continent. Elle montre au contraire une pluralité de formes, de silhouettes et de langages : couture sophistiquée, prêt-à-porter engagé, hybridations entre artisanat local et techniques contemporaines. Les tissus traditionnels dialoguent avec des coupes audacieuses, tandis que la photographie et la vidéo rappellent combien la mode est indissociable de la rue, des corps et des usages sociaux.

Une mode entre identité, pouvoir et création contemporaine

Au fil des salles, Afrique Mode explore la dimension politique du vêtement. Dans de nombreux contextes africains, s’habiller n’est jamais neutre : c’est affirmer une identité, négocier une modernité, parfois résister. Certaines pièces évoquent les premières années post-coloniales, où la mode devient un outil de souveraineté culturelle. D’autres racontent les métropoles africaines contemporaines, de Lagos à Johannesburg, où les créateurs inventent de nouveaux récits visuels à partir de références multiples.

La photographie occupe une place centrale dans cette narration. Elle documente les scènes locales, les podiums improvisés, les studios de créateurs, mais aussi la manière dont les vêtements sont portés, détournés, revendiqués. Ces images rappellent que la mode africaine s’est longtemps développée hors des circuits occidentaux traditionnels, avant d’être reconnue par les grandes institutions et les marchés internationaux.

L’exposition insiste également sur les circulations transnationales. Beaucoup de designers africains travaillent entre plusieurs continents, brouillant les frontières entre local et global. Leurs créations interrogent les notions d’authenticité, de luxe et d’appartenance, tout en affirmant une voix singulière. À Montréal, ville marquée par la diversité culturelle, cette dimension résonne particulièrement.

Afrique Mode ne se contente pas de montrer des vêtements : elle propose une lecture critique de l’histoire de la mode. Elle invite le visiteur à reconsidérer les hiérarchies établies, à reconnaître l’influence décisive des créateurs africains sur les esthétiques contemporaines, et à comprendre la mode comme un champ de pensée autant que de création.

Accessible tout au long de la période du début janvier 2026, l’exposition s’impose comme l’un des rendez-vous culturels majeurs de l’hiver montréalais. Elle offre une immersion rare dans une scène en constante mutation, où le passé dialogue avec l’avenir.

Informations pratiques

Exposition : Afrique Mode
Lieu : Musée McCord Stewart, Montréal (Canada)
Dates : jusqu’au 1er février 2026
Accès : exposition ouverte au public, billets et horaires sur le site du musée
À savoir : visites guidées et événements associés ponctuellement programmés autour de la mode et des cultures africaines

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AFROSON1C X à Accra, la nouvelle scène ouest-africaine (10 janvier)

Le 10 janvier 2026, Accra accueille AFROSON1C X, un rendez-vous musical immersif mêlant concerts, showcases et rencontres professionnelles. Pensé comme une plateforme de découverte et de circulation des talents africains, l’événement confirme la place centrale du Ghana sur la carte musicale du continent.

Accra poursuit son affirmation comme capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest. Le 10 janvier 2026, la ville ghanéenne accueille AFROSON1C X, un événement qui se distingue par son format hybride, à la frontière du concert, du festival et du forum professionnel. Plus qu’une simple soirée musicale, AFROSON1C X se présente comme une expérience immersive pensée pour révéler la vitalité et la diversité des scènes africaines contemporaines.

Né comme une plateforme de repérage et de mise en réseau, AFROSON1C X s’est progressivement imposé comme un label culturel reconnu, avec des éditions et des apparitions dans plusieurs rendez-vous internationaux dédiés aux musiques actuelles. Son retour à Accra, au cœur de l’écosystème créatif ouest-africain, marque une étape stratégique. La capitale ghanéenne, déjà connue pour ses festivals et son dynamisme artistique, offre un terrain idéal à ce type de manifestation.

Le choix du Treehouse Restaurant, lieu à la fois convivial et ancré dans la scène culturelle locale, traduit la volonté des organisateurs de privilégier une proximité entre artistes, public et professionnels. Loin des grandes arènes impersonnelles, AFROSON1C X mise sur l’intensité de l’expérience et la circulation des échanges.

La programmation 2026 s’annonce résolument tournée vers l’Afrique de l’Ouest. En tête d’affiche, le duo nigérian The Cavemen, connu pour sa relecture contemporaine du highlife, incarne parfaitement l’esprit de l’événement : un dialogue constant entre héritage musical et écriture actuelle. Autour d’eux, une sélection d’artistes émergents et confirmés se succèdent en showcase, offrant un panorama des nouvelles esthétiques afro-urbaines, soul, alternative et traditionnelles revisitées.

Une plateforme multiple

AFROSON1C X ne se limite pas à la scène. L’un de ses objectifs centraux est de créer des ponts entre artistes africains et acteurs de l’industrie musicale mondiale. Labels, programmateurs, managers et médias sont invités à assister aux performances, mais aussi à participer à des moments d’échange plus formels. Cette dimension professionnelle fait de l’événement un véritable accélérateur de carrières, particulièrement pour les artistes émergents.

La présence de délégués internationaux confirme l’ambition du projet : inscrire la création africaine dans des réseaux de diffusion globaux, sans l’extraire de ses contextes culturels. AFROSON1C X défend ainsi une vision de la mondialisation musicale fondée sur l’équilibre, où les artistes africains ne sont pas des produits d’exportation, mais des acteurs à part entière de l’industrie.

Sur le plan artistique, le festival revendique un ancrage fort dans les cultures locales. Les performances font dialoguer langues, rythmes et références, rappelant que la modernité musicale africaine se construit autant à partir de la tradition que des influences contemporaines. Cette approche séduit un public jeune, urbain et connecté, mais aussi des auditeurs plus curieux, en quête de nouvelles propositions sonores.

En se tenant juste après la période très dense du début janvier, AFROSON1C X prolonge l’effervescence culturelle qui anime Accra à cette période de l’année. Il offre une transition naturelle entre les grandes célébrations populaires et un temps plus ciblé, dédié à la découverte et à l’écoute attentive. Pour la ville, l’événement contribue à renforcer son image de hub culturel régional ; pour les artistes, il représente une scène stratégique ; pour le public, une immersion dans ce que la musique africaine produit de plus vivant aujourd’hui.

AFROSON1C X s’impose ainsi comme un rendez-vous clé pour comprendre les mutations actuelles des musiques africaines, entre enracinement local et circulation mondiale.

Informations pratiques

Événement : AFROSON1C X
Date : 10 janvier 2026
Lieu : Treehouse Restaurant, Accra (Ghana)
Format : performances live, showcases d’artistes, rencontres professionnelles
Tête d’affiche : The Cavemen

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Notre semaine culturelle africaine: l’Afrique fait son cinéma à Paris https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-africaine-12-19-decembre-debute-avec-lafrique-qui-fait-son-cinema-a-paris-jusquau-20-decembre/ Sun, 14 Dec 2025 07:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144037 Du Nigeria à la France, en passant par le Ghana, le Congo et l’Afrique du Sud, la scène africaine brille cette semaine : festivals, concerts, cinéma, séries et expositions rythment l’actualité culturelle, illustrant la diversité et la créativité du continent. Du 10 au 20 décembre 2025, le festival L’Afrique fait son cinéma investit l’EICAR à […]

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Du Nigeria à la France, en passant par le Ghana, le Congo et l’Afrique du Sud, la scène africaine brille cette semaine : festivals, concerts, cinéma, séries et expositions rythment l’actualité culturelle, illustrant la diversité et la créativité du continent.

Du 10 au 20 décembre 2025, le festival L’Afrique fait son cinéma investit l’EICAR à Ivry-sur-Seine. Plus de soixante films africains et de la diaspora y sont projetés, dans un rendez-vous désormais essentiel pour la promotion du 7ᵉ art africain en France.

À l’approche des fêtes, Paris se met à l’heure africaine. Depuis le 10 décembre et jusqu’au 20 décembre 2025, l’EICAR (École internationale de création audiovisuelle et de réalisation) accueille la septième édition du festival L’Afrique fait son cinéma. Véritable vitrine du cinéma africain et caribéen, cette manifestation est devenue un rendez-vous central pour découvrir la diversité, la vitalité et la créativité des cinéastes issus du continent et de sa diaspora.

Créé en 2019 par Blaise Pascal Tanguy, le festival répond à un besoin de visibilité pour des œuvres souvent absentes des circuits de distribution traditionnels. Grâce à une programmation riche et éclectique, le public francilien rencontre, au fil des projections, des histoires, des esthétiques et des réalités rarement représentées sur les écrans français. Pour cette édition 2025, pas moins de 65 films venus de 34 pays différents sont proposés en compétition et en séances spéciales.

Le festival a débuté le 10 décembre avec l’avant-première de Muganga – Celui qui soigne, un film engagé réalisé par Marie-Hélène Roux. Inspiré de la vie du Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, ce drame poignant rend hommage à celles et ceux qui œuvrent pour la reconstruction dans un contexte de violence extrême en République démocratique du Congo. Isaach de Bankolé y incarne avec justesse un médecin résolu à redonner espoir aux survivantes. Ce choix donne le ton d’une édition où engagement, résilience et quête d’humanité traversent de nombreux récits.

Tout au long du festival, le public navigue entre longs métrages de fiction, documentaires, courts métrages et séries. Les films en lice concourent pour les Ubuntu d’Or, des prix qui récompensent le meilleur film, la meilleure réalisation ou le meilleur scénario. Cette diversité de formats et de genres illustre la richesse de la création africaine contemporaine, qu’elle vienne du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, des Caraïbes ou de la diaspora européenne.

https://www.instagram.com/reel/DSIZQD8jPML/?igsh=MTBubG91NXd6c201Yw%3D%3D

Une plateforme d’échanges

Mais L’Afrique fait son cinéma ne se limite pas à la diffusion d’œuvres cinématographiques. Fidèle à sa vocation de plateforme d’échanges et d’innovation, le festival propose également un marché international du film africain et caribéen, lieu de rencontre pour producteurs, distributeurs et diffuseurs. Ateliers pratiques, masterclasses et tables rondes ponctuent la programmation, notamment autour des nouveaux usages technologiques : cette année, l’intelligence artificielle appliquée à l’écriture ou à la production est au cœur d’un « défi Kino-AI », mêlant créativité et numérique.

La dimension pédagogique est aussi présente : étudiants, jeunes créateurs et professionnels en devenir bénéficient d’espaces pour présenter leurs projets, s’initier aux métiers du cinéma et élargir leur réseau. Le festival, parrainé cette année par Lucien Jean-Baptiste, accorde une place de choix à l’émergence de nouveaux talents et au dialogue intergénérationnel.

Au fil des éditions, L’Afrique fait son cinéma s’est imposé comme un acteur incontournable du paysage cinématographique parisien.

Informations pratiques
Dates : 10 au 20 décembre 2025
Lieu : EICAR, 50 rue de la Justice, 94200 Ivry-sur-Seine (Paris)
Programme complet, réservations, tarifs : www.afriquefaitsoncinema.com
Accès : Métro Ligne 7 – Pierre et Marie Curie
Parrain 2025 : Lucien Jean-Baptiste
Film d’ouverture : Muganga – Celui qui soigne Contact : info@afriquefaitsoncinema.com

 

Lagos en mode « Detty December » (jusqu’au 31 décembre)

Chaque mois de décembre, Lagos, mégapole bouillonnante, se transforme en capitale de la fête et de la culture. « Detty December » y attire une foule bigarrée autour de concerts, festivals et événements qui dynamisent l’économie locale et font rayonner l’afrobeats.


À Lagos, décembre n’est pas un mois comme les autres. Dès la tombée des premières décorations de Noël, la ville s’embrase dans une effervescence unique sur le continent africain : « Detty December ». Ce phénomène, à la fois populaire et spectaculaire, incarne la démesure festive d’une capitale où les nuits ne dorment jamais.

L’expression « Detty December », dérivée du pidgin nigérian (« Dirty December »), symbolise un moment où l’on met de côté les contraintes du quotidien pour s’abandonner à la fête. Nigérians de la diaspora, Lagosiens fortunés et touristes du monde entier convergent alors vers la ville, prêts à profiter, sans compter, de la parenthèse euphorique offerte par la période des fêtes de fin d’année.

Plus qu’un simple festival, « Detty December » est devenu au fil des ans une véritable machine économique. D’après le gouvernement de l’État de Lagos, les retombées de cette saison dépassent les 70 millions de dollars, dont plus de 60 % générés par l’hôtellerie et le divertissement. Pour les grands établissements comme l’Eko Hotels & Suites, qui propose une pension complète sur une dizaine de jours, cette période représente jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires annuel. Les réservations, lancées dès juillet, affichent complet bien avant le début des festivités. Cette manne n’est pas entamée par la crise économique : même dans un contexte d’inflation record, les familles, en particulier celles issues de la diaspora ou venues d’Amérique du Nord, n’hésitent pas à investir plusieurs milliers d’euros pour s’offrir le grand frisson lagosien.

L’épicentre de l’afrobeats

Ce qui fait le sel de « Detty December », c’est avant tout l’explosion musicale qui s’empare de Lagos. Les superstars mondiales de l’afrobeats, souvent en tournée internationale le reste de l’année, réservent pour cette période leurs concerts les plus attendus. En 2025, Davido et Asake donneront des shows exceptionnels autour de Noël, avec des billets vendus entre 150 et 180 euros — soit près de quatre fois le salaire minimum mensuel local : un signe de la puissance d’attraction de ces artistes pour la jeunesse urbaine et la diaspora. Mais l’affiche est foisonnante : BNXN, Bella Shmurda, Chike, DJ Consequence, Beautiful Nubia ou encore Juma Jux s’invitent sur scène, tout comme des DJ sets, des festivals culinaires et des expositions.

Chaque soir, plusieurs quartiers de Lagos s’illuminent : Victoria Island, Lekki, Ikoyi, Ikeja, et les salles mythiques comme le Landmark Centre, le Balmoral Hall ou le Freedom Park. Les événements sont si nombreux qu’il est impossible de tout voir, mais chacun y trouve son compte, entre concerts géants, soirées intimistes, clubs branchés ou fêtes de rue. En 2025, la ville propose même un programme baptisé « 101 jours à Lagos », enchaînant sur trois mois expositions, conventions, ateliers et festivals — une première, preuve de l’ambition décuplée du secteur culturel.

Un moteur d’identité

Pour Deola et Darey Art Alade, organisateurs historiques et dépositaires de la marque « Detty December », cette période est plus qu’une fête : « C’est un pèlerinage culturel, un véritable moteur économique dont Lagos est l’épicentre. Le véritable été de l’Afrique, la fenêtre touristique la plus importante. » Les autorités l’ont bien compris : la ministre de la culture, Hannatu Musa Musawa, voit dans « Detty December » une chance de transformer la créativité en emplois et en opportunités concrètes, stimulant l’économie tout en promouvant le patrimoine nigérian.

Au-delà de la fête, « Detty December » est devenu un véritable vecteur de rayonnement pour Lagos et pour la culture nigériane. La ville attire non seulement des Africains de toute la région, mais aussi des Afro-Américains désireux de renouer avec la matrice africaine. L’afrobeats, jadis underground, a désormais son festival-monde, et Lagos, par la magie de décembre, s’impose comme la capitale de la joie et de la création sur le continent.

Informations pratiques
Période : du 6 au 31 décembre 2025, avec un pic d’événements du 12 au 25 décembre.
Lieu : Lagos, Nigeria (quartiers : Victoria Island, Lekki, Ikeja, Ikoyi…)
Exemples d’événements (12–19 décembre) :
DJ James Live, 13 décembre, Landmark Centre
Bella Shmurda Live, 13 décembre, Livespot Entertarium
Beautiful Nubia Live, 14 décembre, Ikeja
Afrocan Festival, 16 décembre, Freedom Park
Chike Live, 18 décembre, Landmark Centre
BNXN Live, 19 décembre, Landmark Centre
Billets & infos : dettydecemberfestival.com et réseaux sociaux des artistes.

 

Pointe-Noire accueille le Gala des Étoiles 2025 (12-14 décembre)

Du 12 au 14 décembre 2025 à Pointe-Noire, le Gala des Étoiles de l’Afrique réunira les figures majeures du continent. Ce rendez-vous prestigieux célèbre l’excellence et le leadership africains, tout en ouvrant de nouveaux horizons pour la coopération et l’innovation.

C’est l’un des événements phares de la scène africaine : le Gala des Étoiles de l’Afrique 2025 s’apprête à illuminer la ville de Pointe-Noire, en République du Congo, du 12 au 14 décembre. Plus qu’une simple cérémonie, ce rendez-vous incarne une vision ambitieuse pour l’avenir du continent. Il met en avant les personnalités et les initiatives qui font rayonner l’Afrique, tout en favorisant le dialogue et la création de réseaux à l’échelle internationale.

Organisé par Glocal Unity, le Gala entend rassembler des acteurs issus de tous les horizons : entrepreneurs, artistes, décideurs politiques, investisseurs, bâtisseurs de progrès… Tous viennent célébrer la réussite, mais aussi imaginer des solutions communes aux défis économiques, sociaux et culturels du continent. Dans un contexte marqué par les mutations géopolitiques et l’urgence d’une nouvelle dynamique africaine, cette plateforme devient un creuset d’idées et d’engagements concrets.

Un carrefour de talents

Au fil de trois journées intenses, le programme se décline entre panels de haut niveau, ateliers, séances de networking, expositions et cérémonies de remise de prix. L’objectif : distinguer celles et ceux qui, par leur audace, leur créativité ou leur engagement, contribuent à transformer durablement l’Afrique et son image à l’échelle mondiale.

L’édition 2025 s’annonce particulièrement riche, avec la participation de leaders d’opinion, de représentants institutionnels, d’entreprises innovantes et de grandes figures du monde artistique. La diversité des profils et des secteurs illustre la vitalité d’un continent en pleine effervescence, résolument tourné vers l’avenir. Qu’il s’agisse de jeunes entrepreneurs tech, de personnalités de la culture, de pionniers du développement durable ou de diplomates, tous sont invités à partager leur expérience et à tisser de nouveaux liens.

Pour Glocal Unity, l’enjeu dépasse la simple reconnaissance individuelle. Il s’agit de créer un espace où la coopération, l’innovation et l’exemplarité deviennent des leviers pour inspirer les générations futures. Le Gala se veut catalyseur de changements, en encourageant le dialogue entre secteur public et privé, en valorisant les initiatives locales, et en ouvrant la voie à des collaborations transcontinentales.

Le choix de Pointe-Noire, dynamique cité portuaire et poumon économique du Congo, n’est pas anodin : il souligne la volonté de mettre en avant toutes les facettes du potentiel africain, y compris hors des capitales traditionnelles. La ville se transforme ainsi en point de convergence de talents venus du continent entier et de la diaspora, porteurs d’une Afrique audacieuse, inventive et connectée au monde.

Informations pratiques
Dates : du 12 au 14 décembre 2025
Lieu : Hôtel Le Ruisseau, Pointe-Noire, République du Congo
Organisateur : Glocal Unity
Programme : panels, conférences, networking, remise de prix, expositions
Participants : leaders, entrepreneurs, artistes, décideurs, investisseurs, public international

 

Le Beyond Kontrol Concert fait vibrer Accra (13 décembre)

Le 13 décembre 2025, Medikal électrisera l’Accra Sports Stadium lors du Beyond Kontrol Concert, un événement phare du Detty December. Fans, invités de prestige et ambiance survoltée sont attendus pour une nuit de célébration du rap et de la culture urbaine.


Accra s’apprête à vivre l’un des événements majeurs de sa saison festive : le Beyond Kontrol Concert de Medikal, programmé pour le 13 décembre 2025 à l’Accra Sports Stadium. Dans une ville qui vit au rythme du Detty December, ce concert symbolise le dynamisme de la scène musicale ghanéenne et l’attrait grandissant du hip-hop africain auprès d’un public jeune et cosmopolite.

Medikal, de son vrai nom Samuel Adu Frimpong, est aujourd’hui une référence incontournable du rap ghanéen. Avec ses tubes comme « Omo Ada », « La Hustle » ou « Ayekoo », il s’est imposé sur les ondes et les réseaux, devenant une figure emblématique de la nouvelle génération d’artistes qui portent haut les couleurs de l’afrobeats et du hip-hop africain. En 2025, le Beyond Kontrol Concert marque un sommet dans son parcours : il offre à ses fans un spectacle pensé comme une expérience immersive et fédératrice.

L’Accra Sports Stadium, lieu emblématique au cœur de la capitale, accueillera plus de 40 000 spectateurs pour cette soirée unique. La production promet une mise en scène soignée, alliant jeux de lumières, effets spéciaux, pyrotechnie et scénographie XXL. Le public pourra profiter d’un show rythmé, ponctué de prestations d’artistes invités, figures montantes ou confirmées de la scène urbaine ghanéenne. Le programme mise sur la diversité, mêlant morceaux phares, collaborations et surprises, pour offrir un panorama vivant de la richesse musicale du pays.

Multiples rendez-vous culturels

Le Beyond Kontrol Concert ne se limite pas à une démonstration artistique : il s’inscrit dans la dynamique plus large du Detty December, période où la capitale s’anime de multiples rendez-vous culturels et festifs. C’est à ce moment de l’année que la diaspora et les touristes affluent à Accra, transformant la ville en épicentre des tendances, des musiques et de la convivialité africaine. Pour Medikal, l’événement est une occasion de remercier son public, d’ouvrir la scène à des talents émergents et de partager l’énergie créative qui caractérise le Ghana d’aujourd’hui.

Au fil de la soirée, les spectateurs découvriront ou redécouvriront l’univers de Medikal : ses succès populaires, ses messages engagés et son goût pour l’expérimentation musicale. Au-delà du rap, le concert reflète l’évolution de la culture urbaine en Afrique de l’Ouest, où les influences locales et internationales s’entrecroisent pour créer de nouveaux standards. L’organisation mise sur la qualité de l’accueil et la sécurité, avec des équipes mobilisées pour accompagner les spectateurs dès l’ouverture des portes jusqu’aux dernières notes de la nuit.

Le choix de l’Accra Sports Stadium, capable d’accueillir des milliers de fans, témoigne de la popularité croissante du genre et de la volonté de faire du Beyond Kontrol Concert un véritable rendez-vous populaire. L’événement attire non seulement les inconditionnels de Medikal, mais aussi les amateurs de live, de danse et d’ambiance festive. Dans un contexte où la musique est un vecteur de fierté, d’expression et de rassemblement, ce concert prend tout son sens.

Informations pratiques
Date : 13 décembre 2025
Lieu : Accra Sports Stadium, Accra, Ghana
Ouverture des portes : 17 h
Début du concert : 19 h (fin prévue vers 3 h du matin)
Billets : plusieurs catégories disponibles (Standard, VIP, VVIP) sur beyondkontrolconcert.com

 

Burna Boy enflamme l’Amérique du Nord à guichets fermés ! (12-10 décembre)

Burna Boy clôture 2025 avec une série de concerts majeurs aux États-Unis et au Canada. Une tournée dense, rythmée par cinq dates entre Newark, Montréal et Toronto, où l’icône de l’afrofusion confirme son statut de star mondiale.

En décembre 2025, Burna Boy reprend la route pour une étape nord-américaine de sa tournée No Sign of Weakness, un segment court mais intense qui couvre cinq dates stratégiques entre le 12 et le 19 décembre. Newark, Montréal et Toronto accueilleront l’artiste nigérian dans des salles emblématiques où il s’apprête, une fois encore, à faire vibrer un public fidèle et multigénérationnel.

Le premier arrêt aura lieu le 12 décembre au Prudential Center de Newark, une enceinte capable de réunir des dizaines de milliers de spectateurs. Burna Boy y lancera cette série de concerts dans une atmosphère déjà survoltée : décembre est le mois où son public, particulièrement mobilisé en Amérique du Nord, se retrouve pour célébrer la culture afrobeats et les influences multiples qui ont façonné son style. Son mélange d’afrofusion, de dancehall, de hip-hop et de musique traditionnelle nigériane a largement conquis les scènes internationales, et cette tournée en est une nouvelle démonstration.

Trois jours plus tard, le 15 décembre, Burna Boy se produira au Centre Bell de Montréal, où une foule toujours enthousiaste l’attend. La ville, qui accueille une diaspora africaine importante et un public curieux de nouvelles sonorités, constitue une étape clé dans le déploiement mondial de son œuvre. Montréal est régulièrement l’un des arrêts les plus vibrants de ses tournées : l’artiste y trouve un public particulièrement réactif, sensible à son mélange de puissance vocale, d’énergie scénique et de messages identitaires.

La tournée se conclura au Canada avec trois dates successives à Toronto, une ville devenue l’un des centres mondiaux de la culture afro urbaine. Les 17 et 18 décembre, Burna Boy sera sur la scène du Scotiabank Arena, une salle de prestige où se produisent habituellement les plus grands artistes internationaux. Ces deux soirées s’annoncent denses, avec une scénographie puissante et un répertoire qui puise autant dans ses classiques que dans ses titres récents. Puis, le 19 décembre, une dernière date sous forme d’afterparty-concert aura lieu au REBEL, haut lieu de la vie nocturne torontoise. Plus intime, cette soirée offrira une proximité différente avec le public, permettant à Burna Boy de conclure la série dans une ambiance plus festive et informelle.

Une tournée pensée comme une célébration

Si Burna Boy s’est imposé comme l’un des artistes africains les plus influents de sa génération, c’est autant par la qualité de sa production musicale que par sa capacité à transmettre une énergie scénique rare. Chaque concert est conçu comme une expérience immersive où se mêlent rythmes puissants, visuels travaillés et interaction directe avec le public.

La tournée de décembre témoigne de la maturité artistique acquise au fil de ses albums : African Giant, Twice as Tall ou encore Love, Damini, qui lui ont valu une reconnaissance mondiale. Burna Boy y réaffirme une identité musicale profondément ancrée dans la culture africaine tout en dialoguant avec des influences globales. Son succès nord-américain s’explique par cette capacité à créer un son universel sans jamais s’éloigner de ses racines.

À travers cette série de dates, l’artiste poursuit également une dynamique importante : celle de l’expansion continue de l’afrobeats à l’échelle internationale. Le public de Newark, Montréal et Toronto, composé à la fois de fans de la diaspora et d’admirateurs de tous horizons, reflète l’ampleur d’un mouvement devenu transcontinental. À chaque concert, Burna Boy transforme l’arène en un espace de célébration collective où se croisent énergie, mémoire culturelle et modernité.

Informations pratiques

Tournée : Burna Boy – No Sign of Weakness Tour
Dates et lieux :
12 décembre 2025 — Prudential Center, Newark (New Jersey, États‑Unis)
15 décembre 2025 — Centre Bell, Montréal (Canada)
17 décembre 2025 — Scotiabank Arena, Toronto (Canada)
18 décembre 2025 — Scotiabank Arena, Toronto (Canada)
19 décembre 2025 — REBEL, Toronto (Canada) – concert/afterparty

 

« The Covenant », la nouvelle série nigériane événement arrive sur Netflix (12 decembre)

Le 12 décembre 2025, Netflix Afrique et Kava TV dévoilent The Covenant, une série dramatique nigériane qui plonge dans les déchirements d’une famille confrontée à l’enlèvement d’un frère et à de sombres secrets. Un thriller familial à suivre de près.

Dans la galaxie en plein essor des séries africaines, une nouvelle production attire l’attention : The Covenant, projetée à partir du 12 décembre 2025 sur Netflix pour l’Afrique et Kava TV à l’international. Ce drame familial à suspense, réalisé par le cinéaste nigérian Dimeji Ajibola, s’annonce comme l’une des propositions phares de la fin d’année. Il réunit un casting de poids, emmené par Gideon Okeke, Sola Sobowale et Zubby Michael, figures familières du cinéma et de la télévision nigérians.

La série s’inscrit dans la nouvelle vague du « Nollywood » qui, grâce aux plateformes de streaming, conquiert un public mondial avide de récits originaux venus du continent africain. The Covenant s’empare d’un sujet aussi intime qu’universel : la dislocation d’une cellule familiale ordinaire, projetée brutalement dans la tragédie après l’enlèvement du fils aîné. À travers cette histoire, la série explore la force des liens familiaux, les mécanismes de survie face au danger et les secrets qui hantent les maisons les plus respectables.

Dès les premières minutes, le spectateur est happé par une tension sourde : la disparition inexpliquée d’un jeune homme bouleverse la vie de ses proches, révélant des failles insoupçonnées. Le scénario distille habilement suspense et émotions, jouant sur l’alternance entre scènes de famille et plongées dans l’ombre du crime. Chaque membre du foyer devient à son tour suspect, victime ou complice involontaire, alors que les rebondissements révèlent l’ampleur du drame.

Suspense garanti

Ce thriller familial puise sa force dans la réalité sociale du Nigeria contemporain, pays où l’insécurité et les enlèvements rythment malheureusement le quotidien de nombreuses familles. Mais The Covenant ne se limite pas à une chronique sociale : la série opte pour une narration nerveuse, multipliant les fausses pistes, les flashbacks et les retournements de situation. Le suspense, savamment entretenu, capte l’attention tout en offrant une réflexion sur la résilience, le pardon et la capacité de se réinventer face à la violence.

L’écriture ciselée du scénario s’appuie sur l’expérience de Dimeji Ajibola, réalisateur réputé pour sa capacité à mêler drame intime et critique sociale. The Covenant porte l’empreinte de ce cinéaste, dont il s’agit de l’une des dernières œuvres avant sa disparition. On y retrouve son sens du rythme, sa direction d’acteurs et son regard lucide sur les paradoxes de la société nigériane. Gideon Okeke livre une performance tout en intensité, tandis que Sola Sobowale et Zubby Michael donnent à leurs personnages une épaisseur dramatique rarement vue à l’écran.

La série bénéficie aussi d’une production soignée : décors réalistes, photographie sombre et bande-son envoûtante, tout concourt à instaurer une atmosphère oppressante et crédible. La mise en scène, sans effets superflus, privilégie l’émotion brute et la tension psychologique. Au fil des épisodes, The Covenant s’impose comme une fresque familiale universelle, capable de toucher un large public bien au-delà des frontières nigérianes.

Avec ce lancement simultané sur Netflix Afrique et Kava TV à l’international, The Covenant incarne la montée en puissance de la fiction nigériane sur la scène mondiale.

Informations pratiques
Titre : The Covenant
Format : Série – drame/thriller familial
Sortie : 12 décembre 2025
Plateformes : Netflix Afrique, Kava TV (international)
Réalisation : Dimeji Ajibola
Distribution : Gideon Okeke, Sola Sobowale, Zubby Michael, Segun Arinze, Ivie Okujaye, Uzee Usman, Bimbo Manuel, Chioma Okafor, Walter Anga, Joseph Momodu
Langue : anglais (sous-titres disponibles)
 Durée : 8 épisodes (saison 1)
Plus d’infos : netflix.com / kavatv.com

 

Cape Town célèbre l’art subversif de Steven Cohen (12 décembre 2025- 30 juin 2026)

L’artiste sud-africain Steven Cohen investit l’Iziko South African National Gallery du 12 décembre 2025 au 30 juin 2026 avec « Long Life », une exposition rétrospective qui traverse quarante ans de création provocante, mêlant performance, identité et mémoire au cœur de l’art contemporain.

Le 12 décembre 2025, l’Iziko South African National Gallery, nichée au cœur du Company’s Garden de Cape Town, inaugure Long Life, la plus vaste rétrospective jamais consacrée à Steven Cohen, figure incontournable de la scène artistique sud-africaine et internationale. De la fin des années 1980 à nos jours, Cohen n’a cessé d’interroger, de bousculer, de transcender les frontières de l’art par la performance, l’installation, la photographie et la vidéo. Long Life condense ce parcours singulier, offrant au public un voyage inédit à travers les obsessions, les combats et les métamorphoses d’un artiste qui fait du corps et de la marginalité un manifeste vivant.

Réputé pour ses interventions publiques aussi subversives que poétiques, Steven Cohen s’est forgé une réputation mondiale grâce à une pratique artistique qui ne recule ni devant la provocation ni devant l’introspection. À travers ses œuvres, il explore des thèmes aussi universels que l’identité, la sexualité, la mémoire, le deuil ou la transformation, tout en revendiquant une parole ancrée dans la réalité sud-africaine post-apartheid. Son art est celui de la confrontation : à la norme, à la violence sociale, à la politique du regard. Chaque performance, chaque objet, chaque vidéo devient un geste politique, une mise en lumière de ce qui reste habituellement dans l’ombre.

Le titre de la rétrospective, Long Life, fait référence à une expression juive prononcée lors des condoléances : un vœu de vie face à la mort, un mantra qui irrigue l’œuvre de Cohen depuis ses débuts. Sous le commissariat de la Dr Anthea Buys, l’exposition rassemble des pièces emblématiques du parcours de l’artiste, des archives inédites, des costumes-sculptures aux allures baroques, des films rares et des traces documentaires de ses performances emblématiques, dont certaines ont fait scandale dans l’espace public sud-africain.

Long Life s’ouvre sur les premiers travaux textiles de Cohen, où déjà le corps est mis en jeu, travesti, désacralisé et réinventé. Elle se déploie ensuite à travers des installations immersives, où l’artiste apparaît tantôt vulnérable, tantôt provocateur, jouant de sa propre image pour questionner l’altérité et la tolérance. Les visiteurs découvriront notamment les vestiges de performances marquantes, telles que Chandelier, où Cohen arpente des lieux symboliques revêtu d’un lustre monumental, ou Put Your Heart Under Your Feet… and Walk !, hommage vibrant à son compagnon disparu.

L’exposition ne se limite pas à la célébration d’un parcours individuel : elle interroge aussi la place de l’art dans la société sud-africaine, ses résistances et ses évolutions. Long Life résonne ainsi comme un manifeste pour la liberté d’expression, mais aussi comme un miroir tendu à tous les publics, au-delà des frontières et des identités.

Soutenue par l’Iziko Museums of South Africa, l’Institut Français en Afrique du Sud et de nombreux partenaires, la rétrospective propose également un riche programme public : visites guidées, rencontres avec l’artiste, ateliers et projections viendront ponctuer les six mois de l’exposition, invitant le public à dialoguer avec l’œuvre et à repenser la notion même de « longue vie » dans un monde en mutation.

 

Informations pratiques :
Dates : du 12 décembre 2025 au 30 juin 2026
Lieu : Iziko South African National Gallery, Company’s Garden, Cape Town, Afrique du Sud
Commissariat : Dr Anthea Buys
Accès : www.iziko.org.za
Programme public : ateliers, visites guidées, rencontres (détails sur le site du musée)
Tarifs et horaires : consulter le site officiel avant la visite

 

 

 

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