Sahara occidental - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/sahara-occidental/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Wed, 18 Feb 2026 10:48:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Sahara occidental - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/sahara-occidental/ 32 32 Les États-Unis veulent régler le conflit du Sahara occidental à tout prix https://mondafrique.com/international/les-etats-unis-veulent-regler-le-conflit-du-sahara-occidental/ Thu, 19 Feb 2026 05:30:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147295   Les 8 et 9 février, les États-Unis ont réuni à Madrid le Front Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie pour débloquer le règlement du conflit sur le Sahara Occidental, sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc. Les Marocains sont en position de force, mais les conditions d’un accord opérationnel ne […]

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Les 8 et 9 février, les États-Unis ont réuni à Madrid le Front Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie pour débloquer le règlement du conflit sur le Sahara Occidental, sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc. Les Marocains sont en position de force, mais les conditions d’un accord opérationnel ne sont pas, pour autant, forcément réunies. Riccardo Fabiani, directeur du programme Afrique du Nord-Moyen Orient d’International Crisis Group, décrypte pour Mondafrique les enjeux de cette réunion. 

Par Selim Jaziri

La réunion au niveau ministériel qui s’est tenue dans les locaux de l’ambassade américaine à Madrid aurait dû rester secrète. Elle était présidée par Massad Boulos, le conseiller spécial de Donald Trump pour les questions arabes et africaines, en présence de Staffan de Mistura, l’envoyé du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental.

Cette rencontre avait pour but de relancer le processus de règlement du conflit qui oppose le Maroc et le Front Polisario sur le statut du Sahara occidental depuis le retrait espagnol en 1976. Rabat revendique sa pleine souveraineté sur ce territoire au nom de liens historiques. Pour le Polisario, soutenu par l’Algérie – protagoniste pleinement engagé dans le contentieux, il s’agit d’un territoire colonisé ayant vocation à l’indépendance. Alors qu’Alger estime qu’il s’agit d’un conflit de décolonisation dont l’issue doit être négociée entre le Maroc et les représentants sahraouis, les Marocains entendent le traiter comme une question de sécurité régionale entre les quatre parties prenantes (la Mauritanie a renoncé à sa souveraineté sur la partie méridionale de l’ancien Sahara espagnol au profit du Polisario en août 1979, avant que celle-ci ne soit annexée par le Maroc). L’approche de Rabat a donc fini par s’imposer.

25 ans de statu quo

Le statu quo perdure depuis un cessez-le-feu négocié sous l’égide des Nations unies en 1991. Le Maroc contrôle de facto près de 80 % du territoire et le Polisario la partie orientale, tandis qu’un dispositif de sécurité, le « mur de sable », sépare les deux zones et qu’une force onusienne, la MINURSO, veille au respect du cessez-le-feu. L’Algérie abrite environ 175 000 réfugiés dans le camp de Tindouf.

Le plan de règlement onusien fondé sur le principe d’autodétermination prévoyait la tenue d’un référendum pour donner le choix à la population du territoire entre l’indépendance et l’intégration à l’État marocain. Mais le projet butte depuis plus de 30 ans sur la question de la définition du corps électoral. En 2002, le roi Mohamed VI a estimé que le référendum était impraticable et depuis 2007, le Maroc a mis sur la table un projet d’autonomie régionale sous souveraineté marocaine.

Pour sortir du statu quo, une première rencontre quadripartite a eu lieu en 2019 dans le cadre des Nations unies. Elle a tourné court après le retrait du Polisario qui estimait les discussions biaisées en faveur du Maroc. L’impasse diplomatique a poussé une partie du mouvement sahraoui à relancer la voie militaire. L’escalade a été contenue malgré une série d’incidents fin 2020, mais une crise ouverte a éclaté en juillet 2021 entre Rabat et Alger, aboutissant à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays et à une course aux armements.

Un consensus diplomatique en faveur du Maroc

Ces dernières années, le Maroc a engrangé les soutiens diplomatiques, notamment celui des États-Unis qui a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental en contrepartie du ralliement de Rabat aux accords d’Abraham et de la normalisation des relations avec Israël, le 22 décembre 2020. Par la voix d’Emmanuel Macron, la France a estimé en juillet 2024 que « l’autonomie sous souveraineté marocaine est le cadre dans lequel cette question doit être résolue ».

La résolution 2797 votée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 31 octobre 2025 entérine le plan d’autonomie présenté par le Maroc comme la base de règlement la plus crédible. Depuis, la diplomatie américaine s’active pour ajouter la fin du conflit sahraoui au palmarès de « faiseur de paix » de Donald Trump. C’est dans cette perspective qu’a été organisée la rencontre de Madrid, dont le cadre a été limité par Massad Boulos à la mise en œuvre de la résolution 2797 et du plan d’autonomie marocain.

Forte pression exercée sur Alger et le Polisario 

Mondafrique : Comment expliquer que l’Algérie et le Polisario acceptent de prendre part à une rencontre dont le format quadripartite et la base de discussion vont à l’encontre de ce qu’ils ont toujours défendu ?

Riccardo Fabiani : Pour ce qui concerne le Front Polisario, dont il faut souligner la dépendance matérielle à l’égard de l’Algérie, il faut noter qu’il refuse de parler de « processus de négociation », mais préfère le mot « discussion ». Cette subtilité sémantique signifie qu’il entend maintenir une distance et ne pas s’engager dans une négociation sur des bases qu’il désapprouve. En réalité, il est surtout sous la menace d’un projet de loi déposé au Congrès américain en septembre 2025 qui vise à le classer comme organisation terroriste.

Quant à l’Algérie, elle a été soumise à une pression intense de la part des États-Unis. Massad Boulos s’est rendu deux fois à Alger durant les quatre derniers mois. L’Algérie doit tenir compte de son isolement croissant : elle est en crise diplomatique avec le Maroc, la France, le Mali. Son influence est en recul au Sahel, ses relations sont difficiles avec l’Europe en général. Elle se sent encerclée par ses ennemis : Israël est littéralement à sa frontière via le Maroc, les relations se sont dégradées avec la Russie depuis l’implantation des milices Wagner au Sahel et en Libye. Elle est en crise ouverte avec les Émirats arabes unis, etc.

Dans ces conditions, ce serait catastrophique pour l’Algérie d’entrer en crise avec les États-Unis, qui restent bien évidemment la puissance principale dans le monde et dans cette région. Le calcul algérien, depuis l’élection de Donald Trump, a été de rester engagé avec l’administration américaine pour la convaincre de ne pas s’aligner complètement sur le Maroc. Elle a conclu, en mai 2025, un mémorandum d’entente avec les États-Unis pour accroître la coopération en matière de défense et adopté, en juin 2025, une loi autorisant les sociétés étrangères à détenir jusqu’à 80 % des parts dans les projets miniers, pour attirer les investisseurs américains.

Mais l’Algérie est également sous la menace de sanctions américaines en vertu de la loi CAATSA (Countering America’s adversaries through sanctions Act), après avoir passé commande de 12 chasseurs et de 14 bombardiers russes. Dans ces conditions, ni l’Algérie ni le Polisario ne sont plus en mesure d’imposer leurs conditions.

Riccardo Fabiani.

Le cadre des Nations unies mis de côté

Mondafrique : L’autre élément significatif de cette rencontre n’est-il pas la mise à distance du cadre des Nations unies par les États-Unis ?

R.F. : L’engagement américain est effectivement la principale nouveauté de cette période. Depuis plus de vingt ans, ils s’étaient désengagés du conflit. Il est évident qu’ils ne croient plus du tout aux Nations unies et au multilatéralisme. On le voit avec le  «Conseil de paix» pour Gaza, qui semble avoir pour vocation d’élargir sa compétence à d’autres situations. On le voit aussi en Libye, où Massad Boulos s’efforce d’obtenir une réunification économique puis politique du pays, en contournant complètement l’ONU.

Dans le cas du Sahara, Staffan de Mistura a été invité. Américains et ONU sont censés mener conjointement les négociations. Mais la vérité, c’est que ce sont les États-Unis qui mènent réellement le jeu. De leur point de vue, et on ne peut pas leur donner tort, rien n’a avancé depuis plus de trente ans, ils sont convaincus qu’il faut tenter des approches diplomatiques complètement différentes par rapport au passé.

Mondafrique : Ce processus peut-il réussir là où l’ONU a échoué ?

R.F. : Les dirigeants du Polisario sont conscients des contraintes, mais les réfugiés, les jeunes Sahraouis, sont sur une ligne beaucoup plus radicale. Ils comprennent le besoin d’une diplomatie, les menaces de Washington, mais ils sont hostiles à une négociation sur la base proposée par le Maroc. Bachir Mostafa Saïd, le frère du fondateur du Polisario, qui est le représentant de l’opposition à la direction du Polisario, a publié un article à la veille de la réunion de Madrid pour critiquer complètement cette approche. Il estime que le Polisario est en train de céder aux pressions de l’administration Trump, mais qu’il n’a rien à y gagner. Comment imaginer que le Polisario puisse accepter l’autonomie alors que l’écrasante majorité des réfugiés y est opposée ?

Pour les Sahraouis, il y a une ligne rouge : ils sont disposés à participer à n’importe quel processus parrainé par les Américains, à discuter de l’autonomie, mais ils ne renonceront pas à un référendum qui inclut l’option de l’indépendance. Pour les Marocains, l’idée d’un référendum limité au peuple sahraoui qui mentionne l’option de l’indépendance est tout aussi inacceptable.

Dès lors, je vois deux scénarios. Le premier, c’est que les Sahraouis et les Algériens restent engagés dans ce processus à cause de la pression américaine, mais fassent durer les négociations en entrant dans des discussions extrêmement détaillées et extrêmement complexes pour retarder le moment d’un accord et de l’heure de vérité. Le second scénario, c’est que Donald Trump commence à faire pression directement sur les Algériens, le Polisario et les Marocains pour aboutir à un accord avant le mois de mai. Mais la question, ce serait alors l’opérationnalisation d’un accord obtenu dans telles conditions. On court le risque de déclencher une révolte dans les camps de réfugiés, potentiellement aussi de violence, donc de divisions au sein du Polisario, de l’apparition de nouveaux mouvements…

Vers un rapport de force frontal

Mondafrique : Que pourrait concéder le Maroc pour tenter d’amener le Polisario et l’Algérie à un accord acceptable ?

R.F. : De toutes mes conversations avec les responsables marocains, j’ai compris qu’ils ne sont pas intéressés du tout par un compromis avec l’Algérie et le Polisario, et que les conséquences de l’imposition du plan d’autonomie sur la stabilité de l’Algérie et les risques de violence dans les camps des réfugiés, ce n’est pas leur problème. Leur priorité, c’est de garder cette relation privilégiée avec les États-Unis.

Leur objectif n’est pas d’aboutir à un accord mais de bâtir une coalition de pays qui soutiennent le plan de l’autonomie et reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara pour ensuite faire voter par l’Assemblée générale des Nations unies le retrait du Sahara occidental de la liste des territoires non autonomes. À partir de là, légalement, il n’y a plus de conflit et ils auront les mains libres pour imposer leur plan.

Mondafrique : Au risque d’une nouvelle escalade militaire avec l’Algérie ?

R.F. : En réalité, ils n’ont pas peur d’une confrontation militaire parce qu’en cas de reprise des affrontements, les forces marocaines sont certaines d’avoir l’appui des États-Unis, d’Israël, de la France…

Et surtout, ils sont convaincus qu’à cause de ces rapports de force, l’Algérie ne s’engagera jamais dans une confrontation militaire et donc qu’ils ont assez de soutien diplomatique pour la forcer à accepter cette nouvelle situation.

Mondafrique : Avant d’en arriver là, que sait-on du résultat de la rencontre de Madrid ?

R.F. : C’est un peu un mystère parce que les négociateurs ont reçu la directive très claire de la part des Américains de garder le silence pour minimiser le risque d’interférences et de pressions à travers la presse de la part des bases respectives du Polisario, de l’Algérie et du Maroc. C’était une réunion préliminaire. Les détails de cette première réunion restent donc impossibles à connaître.

Ce qu’on sait, c’est qu’il n’y a pas eu d’accord, ni même de consensus. On a parlé de la formation d’un comité technique qui travaillerait sur un accord cadre qui serait ensuite approuvé à Washington au mois de mai… Mais apparemment, c’est plutôt une spéculation de la part de la presse marocaine.

 

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Sahara occidental : Rabat compte sur Trump https://mondafrique.com/confidentiels/maghreb/sahara-occidental-rabat-compte-sur-trump/ Sat, 25 Jan 2025 11:23:23 +0000 https://mondafrique.com/?p=125707 Le retour du milliardaire à la Maison-Blanche nourrit de grands espoirs au Maroc, notamment en ce qui concerne le projet d’ouverture d’un consulat américain à Dakhla. Un acte fort qui renforcerait les acquis diplomatiques du royaume sur le Sahara occidental. En décembre 2020, Trump avait reconnu la souveraineté marocaine sur ce territoire. Une décision saluée […]

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Le retour du milliardaire à la Maison-Blanche nourrit de grands espoirs au Maroc, notamment en ce qui concerne le projet d’ouverture d’un consulat américain à Dakhla. Un acte fort qui renforcerait les acquis diplomatiques du royaume sur le Sahara occidental.

En décembre 2020, Trump avait reconnu la souveraineté marocaine sur ce territoire. Une décision saluée comme une victoire diplomatique majeure pour Rabat. Cette reconnaissance devait être suivie de l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, projet qui n’a jamais vu le jour sous la précédente administration démocrate. Aujourd’hui, le Maroc espère que Trump donnera suite à cet engagement, confirmant ainsi son soutien initial apporté par le biais d’un post sur X.

Dans le royaume, la victoire de Trump en novembre dernier a été évidemment accueillie avec enthousiasme, renforçant l’idée que son retour pourrait accélérer les avancées diplomatiques. Cependant, cette dynamique pourrait être entravée par les pressions internationales, notamment celles de l’Algérie et des soutiens du Front Polisario, qui cherchent à contrecarrer les positions américaines.

Malgré ces défis, Rabat continue de consolider ses alliances, s’appuyant notamment sur le soutien de la France, de l’Allemagne et d’Israël, qui considèrent le plan marocain d’autonomie comme la solution « la plus crédible et réaliste » au conflit du Sahara. Plus récemment, c’est la Côte d’Ivoire qui a réitéré son appui au projet marocain. En 2020, le pays avait inauguré un Consulat Général à Laâyoune.

 

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Russie et Sahara occidental : le Maroc s’interroge https://mondafrique.com/confidentiels/maghreb/russie-et-sahara-occidental-le-maroc-sinterroge/ Mon, 20 Jan 2025 11:44:13 +0000 https://mondafrique.com/?p=125359 Les récentes déclarations de Sergueï Lavrov sur le Sahara occidental mettent en exergue l’attitude ferme de la Russie, qui parait vouloir réaffirmer ses ambitions en Afrique du Nord. Des propos que Rabat tente de tempérer, tout en assumant son rôle actif dans plusieurs parties de l’Afrique.   Lors d’une récente conférence de presse, le ministre […]

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Les récentes déclarations de Sergueï Lavrov sur le Sahara occidental mettent en exergue l’attitude ferme de la Russie, qui parait vouloir réaffirmer ses ambitions en Afrique du Nord. Des propos que Rabat tente de tempérer, tout en assumant son rôle actif dans plusieurs parties de l’Afrique.

 

Lors d’une récente conférence de presse, le ministre russe des Affaires étrangères a évoqué le dossier sensible du Sahara occidental en précisant que son pays resterait guidé par « les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU » et que cette crise « devrait être résolue sur la base du principe d’autodétermination ».

Des déclarations qui n’ont pas manqué de provoquer de nombreuses réactions au sein des observateurs de la vie politique marocaine. D’après eux, les propos de Lavrov ne marquent pas un réel changement dans la position de la Russie, historiquement opposée aux positions occidentales, mais s’inscrivent dans un contexte où Moscou cherche à compenser ses pertes d’influence au Moyen-Orient en réinvestissant l’Afrique du Nord. Ainsi, Lavrov pourrait vouloir rassurer l’Algérie, un allié historique, et réaffirmer la pérennité de leur partenariat stratégique.

La présence marocaine, qui s’intensifie dans des régions comme le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, susciterait aussi l’inquiétude de la Russie, dont les intérêts sur le continent se heurtent à ceux des puissances occidentales.

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Sahara Occidental, le jeu du chat et de la souris https://mondafrique.com/decryptage/sahara-occidental-jeu-chat-de-souris/ https://mondafrique.com/decryptage/sahara-occidental-jeu-chat-de-souris/#comments Thu, 19 Apr 2018 09:34:48 +0000 https://mondafrique.com/?p=18844 Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé le 25 avril à renouveler pour un an sa mission d’observation du cessez-le-feu au Sahara occidental, entre le Maroc et le Polisario, sur fond de tensions liées à une volonté attribuée au mouvement sahraoui de rompre le statu quo. Le Front Polisario indépendantiste réclame un référendum d’autodétermination […]

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Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé le 25 avril à renouveler pour un an sa mission d’observation du cessez-le-feu au Sahara occidental, entre le Maroc et le Polisario, sur fond de tensions liées à une volonté attribuée au mouvement sahraoui de rompre le statu quo.

Le Front Polisario indépendantiste réclame un référendum d’autodétermination pour cette étendue désertique de 266.000 km2, seul territoire du continent africain au statut post-colonial non réglé. Le Maroc rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté.

« Si le Conseil de sécurité suit le Maroc, il n’y a plus rien à négocier », affirme à l’AFP et à la radio RFI Emhamed Khadad, coordinateur du Front Polisario auprès de la mission Minurso de l’ONU.

« Il doit pousser le Maroc à s’asseoir à la table de négociations ». « Le Maroc ne veut discuter que d’autonomie alors que ce qui est en jeu, c’est la souveraineté », dénonce-t-il.

« Discuter avec un pion, ca ne sert à rien et on ne veut plus se prêter à cette comédie », rétorque l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale. « L’Algérie doit jouer son rôle et venir à la table de négociations », souligne-t-il.

Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, avait aussi récemment appelé Alger à la discussion, en faisant valoir que « l’Algérie finance, abrite, arme et soutient diplomatiquement le Polisario ».

Mais Alger refuse de prendre part à des négociations directes. « L’Algérie soutient les droits légitimes du peuple sahraoui », mais le conflit au Sahara occidental n’est « pas une affaire entre l’Algérie et le Maroc », a fait valoir début avril le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel. « C’est une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui » et « entre le Maroc et les décisions des Nations unies », a-t-il ajouté.

Le Maroc a pris en 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance colonisatrice espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et combattu les troupes marocaines, jusqu’au cessez-le-feu conclu en 1991 sous l’égide de l’ONU.

– « Chat et souris » –

Les dernières négociations remontent à 2012. Après des années d’impasse, l’ONU s’est doté en août d’un nouvel émissaire, l’ex-président allemand Horst Koehler. Au début de l’année, ce dernier a rencontré les trois parties et promis au Conseil de sécurité – sans échéance – une reprise des négociations courant 2018.

La mission d’observation de la Minurso est réduite: environ 400 personnels et quelques postes d’observation pour un budget annuel de 52 millions de dollars. Grâce à elle, aucun coup de feu n’a été tiré depuis 27 ans, se félicitent toutes les parties.

Au cours des dernières semaines, le Maroc s’est insurgé contre des velléités attribuées au Polisario de vouloir changer la donne sur le terrain. Sans mouvement de troupes, « il y a eu des constructions », « des installations » dans une zone tampon en « violation » des engagements, a affirmé Rabat. En citant notamment une école d’entrainement militaire, un hôpital militaire, le déplacement d’institutions sahraouies…

Le Polisario a démenti toute violation des accords, soulignant que ses personnels restaient à des dizaines de kilomètres de la ligne de séparation.

« C’est le jeu du chat et la souris », souligne-t-on de source marocaine, en espérant que la résolution renouvelant la Minurso inclura une mise en garde contre toute provocation du Polisario mettant en cause le statu quo. Le Maroc a menacé de recourir aux armes contre le Front « si le Conseil de sécurité n’assume pas ses responsabilités ».

Pour preuve de sa bonne volonté, Rabat assure avoir engagé des investissements au Sahara à hauteur de 8 milliards de dollars (autoroute, université, ports, aéroports, énergie solaire, hôpitaux…).

Après le renouvellement de la Minurso, « il reviendra à Horst Koehler de trouver le bon cadre » pour une reprise des négociations, estime sous couvert d’anonymat un diplomate d’un pays membre du Conseil de sécurité.

Rédacteurs de la résolution, les Etats-Unis ont montré leur projet à certains pays, mais le Conseil de sécurité dans son ensemble ne devrait en être saisi que peu avant une mise au vote.

avec l’AFP

 

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Les Sahraouis ne représentent pas grand chose… https://mondafrique.com/video/sahraouis-ne-representent-grand-chose/ Mon, 26 Mar 2018 15:02:09 +0000 https://mondafrique.com/?p=18158 Dans cette interview réalisée par Euronews, Jean-Paul Carteron président et fondateur du « Forum Crans-Montana » à Dakhla s’explique sur la présence du forum dans cette ville du Sahara Occidental, tout en ignorant le boycott de l’Union Africaine et de l’Union Européenne.  Dans cette seconde vidéo Jean-Paul Carteron commente le discours du roi Mohammed VI et explique que les […]

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Dans cette interview réalisée par Euronews, Jean-Paul Carteron président et fondateur du « Forum Crans-Montana » à Dakhla s’explique sur la présence du forum dans cette ville du Sahara Occidental, tout en ignorant le boycott de l’Union Africaine et de l’Union Européenne. 

Dans cette seconde vidéo Jean-Paul Carteron commente le discours du roi Mohammed VI et explique que les Sahraouis ne représentent pas grand chose.

 

L’Union Africaine boycotte un forum au Sahara Occidental

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L’Union Africaine boycotte un forum au Sahara Occidental https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/lunion-africaine-boycotte-forum-sahara-occidental/ Mon, 26 Mar 2018 14:06:19 +0000 https://mondafrique.com/?p=18153 L’Union Africaine a décidé que ses Etats membres devaient boycotter le forum qui a eu lieu du 15 au 20 mars 2018 à Dakhla, au Sahara Occidental occupé. Ce forum, organisé par l’ONG Suisse « Crans Montana Forum », sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour « promouvoir le dialogue », défie depuis deux ans […]

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L’Union Africaine a décidé que ses Etats membres devaient boycotter le forum qui a eu lieu du 15 au 20 mars 2018 à Dakhla, au Sahara Occidental occupé. Ce forum, organisé par l’ONG Suisse « Crans Montana Forum », sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour « promouvoir le dialogue », défie depuis deux ans l’opinion publique internationale.

L’union Africaine a exhorté l’ONG suisse à cesser de convoquer ses réunions dans la ville occupée de Dakhla au Sahara Occidental car il confère une légitimité à une occupation illégale et brutale qui viole les droits de l’homme et refuse à tout un peuple son droit inaliénable à l’autodétermination et à la liberté.

En 2015, l’Union Africaine avait qualifié l’organisation du forum au Sahara Occidental occupé de « violation du droit international ». Trois ans plus tard, sa position n’a pas changé : tout participant au forum ne peut pas plaider l’ignorance de l’agenda sous-jacent du Maroc, car le matériel promotionnel pour le forum décrit Dakhla comme faisant partie du Royaume du Maroc, ce qui est contraire au droit international.

Consulter le programme du Forum de Dakhla 2018

 

 

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Sahara occidental: le Conseil de sécurité veut redémarrer les négociations https://mondafrique.com/confidentiels/sahara-occidental-conseil-de-securite-veut-redemarrer-negociations/ Thu, 22 Mar 2018 10:49:23 +0000 https://mondafrique.com/?p=18041 Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé mercredi à l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental de poursuivre les discussions sur une relance de négociations visant à régler le différend autour de ce territoire. Horst Koehler a rencontré les membres du Conseil à huis clos pour l’informer de ses discussions avec des représentants […]

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Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé mercredi à l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental de poursuivre les discussions sur une relance de négociations visant à régler le différend autour de ce territoire.

Horst Koehler a rencontré les membres du Conseil à huis clos pour l’informer de ses discussions avec des représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental.

Les membres du Conseil ont exprimé « leur entier soutien », aux efforts de l’ancien président allemand pour « relancer le processus de négociations grâce à une dynamique et un esprit nouveau », a indiqué le président du Conseil, l’ambassadeur néerlandais, Karel van Oosterom.

Aucune date n’a été annoncée pour reprendre des pourparlers formels, les derniers en date, sous l’égide de l’ONU, remontant à 2012.

Vaste étendue désertique de 266.000 km2, avec 1.100 km de côte atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’a pas été réglé: le Maroc en contrôle 80%, le Front Polisario 20%, séparés par un mur et une zone tampon contrôlée par les Casques bleus de l’ONU.

Le Conseil a souligné qu’il ne devait pas y avoir de changement du statut de la zone tampon près de Guerguerat, a indiqué M. Van Oosterom.

Le Maroc a accusé le Front Polisario d’incursions dans cette zone.

Le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination pouvant conduire à l’indépendance, mais le Maroc rejette toute autre solution que l’autonomie sous sa souveraineté.

avec AFP

Les Sahraouis ne représentent pas grand chose…

 

 

 

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