Pays du Golbe - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/pays-du-golbe/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sun, 22 Mar 2026 22:03:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Pays du Golbe - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/pays-du-golbe/ 32 32 Vols sous tension dans le Golfe : le risque invisible https://mondafrique.com/moyen-orient/vols-sous-tension-dans-le-golfe-le-risque-invisible/ https://mondafrique.com/moyen-orient/vols-sous-tension-dans-le-golfe-le-risque-invisible/#respond Mon, 23 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149285 Le trafic aérien commercial a partiellement repris dans le Golfe, mais les passagers prennent des risques, affirme le Wall Street Journal. Le quotidien new-yorkais publie une enquête montrant qu’en dépit des propos rassurants tenus par les compagnies aériennes moyen-orientales, il est dangereux d’atterrir – ou de décoller – à Dubaï, Sharjah, Abu Dhabi, etc. Alors […]

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Le trafic aérien commercial a partiellement repris dans le Golfe, mais les passagers prennent des risques, affirme le Wall Street Journal. Le quotidien new-yorkais publie une enquête montrant qu’en dépit des propos rassurants tenus par les compagnies aériennes moyen-orientales, il est dangereux d’atterrir – ou de décoller – à Dubaï, Sharjah, Abu Dhabi, etc. Alors que la guerre contre l’Iran entre dans sa quatrième semaine, des centaines de vols commerciaux sont effectués au quotidien.

Le Moyen-Orient dans la presse anglophone
Par Bruno Philip

Oui, il est risqué de décoller ou d’atterrir sur les aéroports des monarchies du Golfe persique alors que missiles et drones iraniens visent – et explosent dans – les villes de Dubaï, Abu Dhabi, Sharjah, etc. Non, il n’y a pas de vols sûrs à 100 % dans de telles conditions, contrairement à ce que semblent promettre les compagnies aériennes régionales alors que le trafic aérien a en partie repris, trois semaines après le déclenchement des frappes israélo-américaines. Ces affirmations semblent relever de l’évidence, mais cela ne semble pas soucier les transporteurs aériens…

Le Wall Street Journal vient de publier une enquête, samedi 21 mars, qui confirme en effet ce que tout voyageur lambda en partance pour le Moyen-Orient peut de lui-même anticiper : à savoir qu’en dépit des couloirs aériens surveillés par les aiguilleurs du ciel des Émirats arabes unis, de la protection des forces aériennes locales et des moyens techniques permettant de prévenir et d’éviter l’arrivée de drones et de missiles, il est dangereux de décoller et d’atterrir dans la région !

Le grand quotidien donne plusieurs exemples propres à décourager les voyageurs en puissance : lundi dernier, juste avant qu’un drone iranien ne vienne s’écraser sur un réservoir de carburant de l’aéroport de Dubaï, un avion d’Emirates venait juste de décoller pour Pékin. Au même moment, deux avions en approche décidèrent de faire demi-tour et de patienter dans l’espace aérien dubaïote avant que le ciel ne soit à nouveau dégagé. Dans les trente minutes précédant cette attaque, douze avions avaient décollé de Dubaï. Et à midi, le trafic avait repris comme si de rien n’était.

La question se pose donc de savoir si les autorités émiraties et les compagnies du Golfe prennent des risques, même calculés, mettant ainsi potentiellement en danger les voyageurs d’Emirates, Etihad, Oman Air, Fly Dubai… Cela alors que des centaines de vols décollent à nouveau chaque jour des villes de la région.

Un risque reconnu mais assumé

Selon le WSJ, « les pilotes, les spécialistes de la sécurité et les dirigeants du secteur aérien expriment une crainte croissante d’une catastrophe, évoquant le risque qu’un avion soit touché par un projectile hostile ou pris pour une menace par les systèmes de défense aérienne ».

Selon les calculs du quotidien, sur 8 700 vols qui ont décollé ou atterri à Dubaï entre le début de la guerre et le 20 mars, date de la veille de la publication de l’article, « au moins 39 avions de ligne ont atterri ou décollé dans les cinq minutes précédant ou suivant une alerte [d’explosions de missiles] imminente ».

Situation similaire à Abu Dhabi où le Journal a recensé six incidents du même ordre « dans le même laps de temps », tandis que douze autres incidents concernant du trafic aérien juste avant ou après l’explosion ou l’arrivée de missiles et de drones ont été répertoriés.

On pourra objecter qu’au vu des centaines d’avions qui décollent ou atterrissent à nouveau dans les aéroports concernés, aucun accident n’a eu lieu et que, jusqu’à présent, une catastrophe a pu être évitée. Soit. (Même si deux avions au sol, un Airbus A380 d’Emirates et un Airbus A321 de Saudia, ont été touchés à Dubaï au début du conflit.)

Mais quels sont les moyens mis en œuvre par les autorités locales et comment peuvent-elles réagir pour éviter qu’un avion de ligne commerciale soit touché en vol ?

Une sécurité sous contrainte permanente

« Pour atténuer les risques, les Émirats arabes unis ont défini des couloirs aériens spécifiques pour les pilotes et préparé les contrôleurs aériens à dérouter rapidement les appareils, tandis que des avions de chasse ont été déployés pour protéger les avions de ligne contre les drones », raconte le WSJ, s’appuyant sur des « sources proches du dossier ».

Les compagnies donnent par ailleurs des garanties à leurs clients et multiplient les propos rassurants : « Nous n’effectuons aucun vol sans qu’il ait été entièrement évalué et jugé sûr », a déclaré une porte-parole d’Etihad, compagnie basée à Abou Dhabi, dans un communiqué, évoquant un « contrôle réglementaire rigoureux et une discipline opérationnelle stricte ».

Certains experts sont cependant beaucoup plus alarmistes dans leur vision de la situation : selon un spécialiste de l’agence de sécurité aérienne Osprey Flight Solutions, citée par le quotidien, « même en prévoyant des plans d’urgence, on expose l’appareil, les passagers et l’équipage à un risque de catastrophe ».

Ce même expert a précisé que « le nombre de drones et de missiles tirés dans l’espace aérien des Émirats arabes unis étant de plus de deux fois supérieur à celui de tout autre pays de la région, les Émirats arabes unis disposent de deux minutes maximum pour réagir à un missile balistique tiré depuis l’Iran et de 15 minutes à un tir de drone ».

Le temps de réaction est donc assez court, même si les techniques de surveillance et d’interception se sont pour l’instant avérées efficaces. Pour l’heure, Emirates assure désormais à nouveau 60 % de ses vols au quotidien, et les trois compagnies majeures de la région – Emirates, Fly Dubai et Air Arabia – ont effectué plus de 11 000 vols depuis le début du conflit… Plus d’un million de voyageurs ont déjà transité par les aéroports de la région en pleine guerre.

Prudentes, la plupart des compagnies aériennes étrangères ont interrompu tous leurs vols et ont prolongé ces annulations pour une période indéterminée.

Pour l’instant, les transporteurs aériens locaux en sont réduits à déterminer eux-mêmes si les vols sont sûrs. Leur « évaluation » est basée, toujours selon le WSJ, « sur un ensemble disparate de renseignements gouvernementaux, d’avis réglementaires et de consultants en sécurité privés ». Ce constat est ensuite mis en balance avec le coût d’une catastrophe potentielle – incluant l’indemnisation des familles et les dommages à la réputation – et le manque à gagner lié aux annulations.

Les jugements émanant des sources du WSJ ne contribueront ainsi pas à rassurer les candidats au voyage. D’autant que des tensions ont eu lieu entre les compagnies et certains équipages, révèle le journal, qui s’est entretenu avec des pilotes de compagnies non spécifiées.

Un pilote a ainsi raconté ne pas avoir pu atterrir sur plusieurs aéroports durant l’un des premiers jours du conflit, même si sa compagnie n’avait pas jugé bon d’annuler son vol. Résultat : il a atterri avec seulement 30 minutes de carburant restant, un volume considéré comme insuffisant.

« Nous avons de sérieuses inquiétudes concernant la situation sécuritaire », a pour sa part déclaré Paul Reuter, vice-président de l’Association européenne des pilotes de ligne, dans un communiqué. Avec la reprise progressive des vols, a-t-il ajouté, « le risque que des avions de ligne soient pris pour cible, intentionnellement ou par erreur, augmentera considérablement ».

Bon voyage !

 

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