Nigéria - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/nigeria/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 16 Jan 2026 23:42:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Nigéria - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/nigeria/ 32 32 Un bilan en demi-teinte pour les frappes américaines de Noël au Nigeria https://mondafrique.com/international/un-bilan-en-demi-teinte-pour-les-frappes-americaines-de-noel-au-nigeria/ Fri, 16 Jan 2026 11:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145363 Une enquête publiée le 12 janvier par le journal The New Humanitarian brosse un tableau contrasté des résultats des frappes de missiles tirés par les États-Unis, dans le nord-ouest du Nigeria, le 25 décembre, visant officiellement l’État islamique au nom de la défense des « des chrétiens innocents », selon les mots de Donald Trump. […]

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Une enquête publiée le 12 janvier par le journal The New Humanitarian brosse un tableau contrasté des résultats des frappes de missiles tirés par les États-Unis, dans le nord-ouest du Nigeria, le 25 décembre, visant officiellement l’État islamique au nom de la défense des « des chrétiens innocents », selon les mots de Donald Trump.

« Le décalage entre le récit officiel des frappes et les dynamiques actuelles du conflit a immédiatement soulevé des questions sur la qualité du renseignement mobilisé, la perception de la menace et la stratégie motivant la décision des USA», écrit le journaliste nigérian Malik Samuel, spécialiste des questions de sécurité, qui s’étonne, avec d’autres avant lui, du choix de la région du nord-ouest plutôt que celle du nord-est où les groupes djihadistes font des ravages depuis des décennies, en particulier la plus grande franchise actuelle de l’État islamique : l’État islamique en Afrique de l’Ouest, souvent désigné par son acronyme anglais ISWAP. Ce dernier groupe, a, en effet, « ouvertement revendiqué et célébré des attaques contre des communautés chrétiennes dans les États du Borno et d’Adamawa et qualifie habituellement ses victimes de ‘croisés’». De même, estime l’auteur de l’article, on aurait pu invoquer la même justification « si les frappes avaient visé le centre-nord du Nigeria, où des milices peules visent de façon prédominante les communautés rurales chrétiennes. »

Au contraire, dans la région ciblée par le Pentagone, les chrétiens ne sont pas la cible des violences extrêmes que subissent depuis des années les communautés locales, de la part de plusieurs groupes armés et qui prennent la forme de massacres à grande échelle, de violences sexuelles, de déplacements forcés, de destruction des moyens de production, d’enlèvements de masse et d’extorsion systématique. Ces communautés endurent la situation quasiment sans protection de l’État. Les auteurs de ces violences, explique le New Humanitarian, sont de deux ordres. « Le premier est la violence criminelle organisée, le plus souvent appelée banditisme, perpétrée par des groupes armés composés surtout de Peuls motivés au premier chef par le gain financier. La seconde source d’insécurité dans le nord-ouest est l’extrémisme violent. Il est représenté, notamment, par un groupe djihadiste appelé Lakurawa. Contrairement aux bandits, Lakurawa obéit à des motivations religieuses et réclame le renforcement de l’application totale de la charia dans les territoires sous son influence. » 

Un groupe mystérieux, de 800 combattants

On sait peu de choses de ce groupe, qui était la cible principale des missiles Tomahawk tirés à partir d’un destroyer stationné dans le golfe de Guinée. Son nom même est mystérieux. Les chercheurs s’accordent sur l’origine sahélienne – le plus souvent étrangère – des combattants mais ils se disputent sur le rattachement de Lakurawa à l’État islamique au Sahel (EIS) ou au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) affilié à Al Qaïda.

Selon les sources internes au groupe interrogées par The New Humanitarian, Lakurawa serait un rejeton d’Al Qaïda formé en 2010. Ses combattants sont essentiellement originaires du Mali, du Niger, du Tchad et du Nigeria et la plupart parlent zarma, la langue majoritaire dans les régions à la frontière du nord-ouest. Le groupe aurait bougé dans les États du Borno, de Niger et de Kebbi avant de jeter son dévolu, en 2017, sur la forêt à cheval sur les districts de Gudu, Kware et Tangaza dans l’État de Sokoto, en 2017. Ces sources ont estimé le nombre des combattants à 800 pour Sokoto.

Lakurawa s’est d’abord présenté aux communautés locales comme une protection contre les bandits et comme un partisan du renforcement de la charia (dont l’application au Nigeria est limitée par le cadre constitutionnel.) Il a imposé progressivement des règles sociales et religieuses strictes dans les zones sous son influence, interdisant la musique et la danse lors des rassemblements, vérifiant la licéité des contenus des téléphones, détruisant des cartes SIM, bannissant des imams jugés trop modérés, imposant un contrôle des prix sur les marchés et prohibant la vente des cigarettes et de l’alcool. Au fil du temps, les impôts en nature collectés au nom de la zakat sont devenus de la confiscation pure et simple, notamment du bétail et des récoltes. « En dépit de ces pratiques coercitives, Lakurawa s’est, en général, abstenu d’attaques indiscriminées contre les civils. La violence était surtout dirigée contre ceux qui résistaient à ses exigences, en particulier concernant le paiement de la zakat. » Avec le temps, le groupe s’est montré plus dur avec les communautés, tuant des villageois sans motif. Il a tenté de recruter des chefs de groupes de bandits, dans le cadre de ses objectifs idéologiques, mais il a échoué : les bandits n’ont pas été séduits par l’abandon de leurs activités lucratives au profit d’un cadre social rigide bannissant l’alcool et le sexe hors mariage.

Trois districts frappés mais un seul abritant des djihadistes

Pour revenir aux frappes de Noël, opérées officiellement en collaboration avec les autorités nigérianes, elles ont touché trois districts de Sokoto : Isa, Tangaza et Tambuwal. Si Tangaza « est reconnu comme une zone d’activité importante des Lakurawa », il n’en va pas de même pour Tambuwal, ni Isa, bastion d’un groupe de bandits commandé par Bello Turji, un grand chef. Ce dernier aurait survécu à l’attaque. A Tangaza, en revanche, un camp des Lakurawa a subi des pertes importantes. Pour les désigner, le commandement militaire américain, étroitement aligné sur les propos de Trump, a annoncé que des « terroristes de l’État islamique » avaient été tués.

Le bandit Turji Bello. Photo réseaux sociaux.

Selon les informateurs du New Humanitarian, le camp aurait essuyé deux frappes successives de missiles. La première aurait tué environ 30 combattants. Et la seconde, les rescapés venus constater les dégâts et porter secours aux blessés. Au total, ce sont environ 155 combattants de Lakurawa qui auraient péri, dont 19 ayant succombé plus tard à leurs blessures. Dando Sibu, un commandant du groupe, aurait quitté le site cinq minutes avant l’impact du 2e missile et ainsi survécu. Les jours passant, le bilan a été porté à 200 combattants disparus et des pertes importantes de bétail, qui constitue une source importante de revenus. Il n’empêche que le 31 décembre seulement, le groupe a réussi à lancer une grande attaque, qui a duré plusieurs heures, contre la ville de Birnin Yauri, dans l’État de Kebbi, tuant au moins 21 civils, dont 9 par décapitation.

Pour l’auteur de l’article, il ne fait pas de doute que la cible américaine était bien Lakurawa. Les autres groupes djihadistes du nord-ouest, parmi lesquels JAS – communément appelé Boko Haram – et Ansaru, un groupe affilié à Al Qaïda – n’ont pas été visés. Pourtant, insiste le journal, JAS, dont le chef surnommé Sadiku opère dans les États de Niger, de Kebbi et de Kwara, passe pour responsable de l’enlèvement de 300 enfants d’une école catholique en novembre.

Des conséquences négatives de plusieurs ordres

Au-delà des questions qui persistent sur la pertinence des cibles américaines, The New Humanitarian s’interroge sur les conséquences que l’intervention militaire risque de produire. « L’imprédictibilité de frappes de missiles dans des zones dotées de peu de réseaux d’information formels peut fracturer la confiance communautaire, exacerber la perception de l’insécurité et aggraver les inquiétudes concernant le rôle de militaires étrangers sur le sol nigérian. » C’est ainsi qu’a circulé sur les réseaux sociaux, après l’explosion d’un missile égaré dans un champ à Tambuwal, la rumeur d’une attaque contre le Nord musulman du pays. « Au total, quatre des 16 missiles tirés ont raté leur cible, deux frappant des bâtiments résidentiels dans l’Etat du Kwara. » Plus grave encore dans un pays multiconfessionnel comme le Nigeria, l’argument de la défense des chrétiens est d’une « exceptionnelle maladresse », récupéré aussitôt par la propagande extrémiste pour « renforcer le narratif d’une hostilité occidentale contre les populations musulmanes », déplore le journaliste.

Enfin, le risque de représailles contre les civils et l’État est majeur, estime l’auteur, de la part des bandits comme des djihadistes. C’est ainsi, explique-t-il, que l’enlèvement de 25 écolières à Maga, dans l’État de Kebbi, en novembre dernier, a été supervisé par le bandit Ado Alero pour se venger de l’arrestation de ses neveux et alliés par les forces de sécurité. « Depuis les frappes de Sokoto, ISWAP semble avoir accéléré ses attaques contre les communautés chrétiennes du nord-est », insiste-t-il.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Cherchant à fuir Sokoto, Lakurawa veut se déplacer à l’intérieur du Nigeria ou traverser la frontière des pays voisins, le Niger et le Tchad, sa préférence allant au Tchad pour des raisons de liens familiaux et sociaux dans ce pays, qui n’était pour lui jusqu’ici qu’un couloir de transit logistique. Le chef des opérations au Nigeria, Amir Tajuddin, est d’origine tchadienne et Dando, bien que d’origine malienne, y est né et y a grandi. Mais pour rejoindre le Tchad, il faut d’abord réussir à exfiltrer les combattants du Nigeria et à traverser le Niger voisin sans attirer l’attention des forces de sécurité. C’est ainsi, par exemple, que 20 combattants ont péri le 2 janvier dans des affrontements avec la police paramilitaire du district de Sabon Birni alors qu’ils tentaient de franchir la frontière. Les survivants se sont réfugiés dans une forêt voisine mais en ont été délogés par les bandits locaux craignant que leur présence n’attire les forces de sécurité.

Même si Lakurawa décidait finalement de rester au Nigeria, il est probable qu’une pression militaire soutenue et coordonnée pousse finalement un grand nombre de ses combattants étrangers à rentrer dans leurs pays d’origine. Mais il n’en va pas de même pour les bandits, issus des communautés nigérianes qu’ils terrorisent et susceptibles de se venger. Comme l’a dit l’un d’eux au New Humanitarian au lendemain des frappes de Sokoto : « Si un seul bandit est pris pour cible, je vous le jure, les gens pleureront tellement que ceux qui nous bombardent seront désolés pour les civils.» Dans l’État de Zamfara, plusieurs chefs de bandits ont récemment acquis des engins explosifs improvisés, à travers Dodo Gide, considéré comme le plus puissant et le plus redouté de tous, grâce à de l’argent mis en commun pour leur fabrication. Gide a un temps collaboré avec JAS, notamment dans une attaque contre un train de passagers en 2022. Même s’il s’est éloigné des djihadistes par la suite il a conservé les capacités d’artificier acquises auprès d’eux.

On parle désormais d’une surveillance de drone élargie déployée dans le nord du Nigeria, avec de nouvelles frappes attendues. Mais ces interventions exposent les failles de capacités nigérianes. Malgré d’importants investissements aériens et des campagnes antiterroristes de longue haleine, la dépendance du Nigeria en matière de renseignement extérieur, de surveillance, de reconnaissance et de capacités de frappes de précision met en lumière ses insuffisances militaires sur les différents théâtres. Bien que l’aviation du Nigeria ait conduit de nombreuses opérations aériennes au cours des ans, particulièrement dans le nord-ouest et le nord-est, ces efforts ont souvent été déployés de façon ponctuelle et ils ont parfois été ternis par des pertes civiles importantes, sapant leur efficacité et leur légitimité.

Au Nigeria actuellement, même si les frappes américaines ont été plutôt accueillies positivement, beaucoup de gens s’interrogent sur la pertinence de cette implication étrangère et sur ce qu’elle révèle des capacités opérationnelles et de la volonté politique de leurs dirigeants politiques et militaires. Ce que ressentent les Nigérians, quand ils considèrent la capacité de leurs dirigeants à les protéger, c’est un profond désespoir et un sentiment d’impuissance.

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«The Return of the King»: anatomie d’un pouvoir nigérian à vif https://mondafrique.com/loisirs-culture/king-of-boys-the-return-of-the-king-anatomie-dun-pouvoir-nigerian-a-vif/ Thu, 15 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145245 Avec King of Boys: The Return of the King, Nollywood s’aventure avec une ampleur rare sur un terrain longtemps contourné : celui du pouvoir politique comme système total. Cette mini-série sombre et ambitieuse, à voir ou à revoir, déploie une vision désenchantée de la conquête de l’État, où l’illusion morale n’a plus cours. Suite directe […]

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Avec King of Boys: The Return of the King, Nollywood s’aventure avec une ampleur rare sur un terrain longtemps contourné : celui du pouvoir politique comme système total. Cette mini-série sombre et ambitieuse, à voir ou à revoir, déploie une vision désenchantée de la conquête de l’État, où l’illusion morale n’a plus cours.

Suite directe du film King of Boys (2018), la série ne se contente pas de capitaliser sur un succès antérieur. Elle en déplace l’échelle et en approfondit radicalement la portée. Là où le film proposait une tragédie du pouvoir encore contenue dans les codes du film de gang, The Return of the King élargit le cadre pour en faire une fresque politique structurée, patiente, implacable.

L’intrigue reprend après la disparition d’Eniola Salami, figure centrale et redoutée, femme d’affaires devenue cheffe de clan politique. Donnée pour morte, elle réapparaît dans un Nigeria plus instable que jamais, décidée non seulement à reconquérir son influence, mais à investir frontalement le champ du pouvoir institutionnel. À partir de ce retour, la série opère un basculement net : le crime organisé cesse d’être une fin en soi pour devenir un outil parmi d’autres dans une stratégie de prise de l’État.

Ce qui distingue immédiatement The Return of the King, et justifie qu’on s’y attarde aujourd’hui, tient à sa frontalité. La série ne cherche ni à adoucir ni à simplifier les mécanismes du pouvoir nigérian. Elle expose un système où les frontières entre affaires, politique et violence sont volontairement brouillées, où l’État apparaît comme un territoire à conquérir, et où la morale ne constitue jamais un principe, mais un levier tactique.

Au centre de cette architecture se tient Eniola Salami, incarnée avec une intensité remarquable par Sola Sobowale. Le personnage échappe à toute catégorisation confortable. Ni héroïne ni anti-héroïne, elle incarne une figure tragique du pouvoir : lucide, autoritaire, protectrice à ses heures, cruelle souvent, toujours stratège. La série évite toute lecture simpliste du féminin en politique. Eniola n’est pas une femme confrontée à un monde d’hommes ; elle est le monde tel qu’il fonctionne, avec ses règles implicites, sa brutalité assumée et ses compromis nécessaires.

Sur le plan narratif, la mini-série gagne en densité ce qu’elle abandonne volontairement en immédiateté. Le rythme est plus lent que dans le film, les dialogues plus chargés, les intrigues plus nombreuses et plus imbriquées. Le spectateur est invité à suivre des jeux d’influence complexes, des retournements d’alliances, des stratégies électorales étalées dans le temps. Cette exigence peut désorienter, mais elle confère à l’ensemble une profondeur rare dans les productions africaines destinées à une diffusion grand public.

La mise en scène accompagne cette ambition par une tonalité sombre, presque crépusculaire. Les décors nocturnes, les bureaux feutrés, les résidences sécurisées et les lieux de pouvoir filmés comme des espaces clos participent d’une atmosphère d’étouffement. Le Nigeria de King of Boys n’est pas un simple arrière-plan : c’est un champ de forces, un territoire disputé, où chaque parole engage une menace potentielle.

Politiquement, la série s’impose comme l’une des propositions les plus audacieuses issues de Nollywood et diffusées sur Netflix. Sans désigner explicitement des figures réelles, elle renvoie sans détour à des pratiques bien identifiées : élections truquées, clientélisme, instrumentalisation des foules, collusion entre élites économiques et appareils sécuritaires. Ce réalisme assumé confère à la série une portée qui dépasse largement le cadre de la fiction.

La diffusion de The Return of the King sur Netflix confirme également une évolution stratégique majeure : celle d’un Nollywood capable de produire des récits longs, complexes, politiquement situés, sans chercher à les lisser pour un public international. La série ne s’explique pas, ne traduit pas ses codes, ne simplifie pas son contexte. Elle impose son univers, son rythme et sa logique.

À distance de sa sortie, King of Boys: The Return of the King apparaît ainsi comme une œuvre charnière. Plus politique que spectaculaire, plus exigeante que divertissante, elle s’impose comme une série à voir ou à revoir pour comprendre comment le cinéma nigérian ose désormais regarder le pouvoir droit dans les yeux.

 

Informations pratiques
Titre : King of Boys: The Return of the King
Création : Kemi Adetiba
Pays : Nigeria
Année : 2021
Format : mini-série (7 épisodes)
Genre : thriller politique
Disponibilité : Netflix
Langues : anglais, yoruba (sous-titres disponibles)

 

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Au Bénin, des élections sous le vernis de la normalité https://mondafrique.com/confidentiels/au-benin-des-elections-sous-le-vernis-de-la-normalite/ Wed, 14 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145257   Le 11 janvier, les Béninois se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un pays qui veut afficher un visage apaisé après la tentative de coup d’État du mois dernier. Un épisode brutal, officiellement refermé, mais dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées. Dimanche, pourtant, tout semblait […]

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Le 11 janvier, les Béninois se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux, dans un pays qui veut afficher un visage apaisé après la tentative de coup d’État du mois dernier. Un épisode brutal, officiellement refermé, mais dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées.

Dimanche, pourtant, tout semblait « normal ». Les bureaux de vote ont ouvert et fermé sans incident notable, dans un climat présenté comme calme et maîtrisé. Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, alors que le chef de l’État, au terme de son second mandat, s’apprête à quitter le pouvoir lors de la présidentielle d’avril. Une démonstration de continuité institutionnelle, après les violents événements du 8 décembre dernier.

De discrets observateurs russes

Lors de ce scrutin, aucune mission de l’Union européenne n’a été signalée, Bruxelles se faisant de plus en plus rare lors des élections en Afrique. En revanche, une présence a été remarquée : celle d’une petite délégation d’observateurs russes. Officiellement saluée par la Commission électorale nationale autonome lors d’un briefing le 9 janvier, cette mission, forte de seulement sept membres, est restée très discrète. Mentionnée aux côtés des délégations du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, de l’Union africaine et de la Cedeao, cette présence symbolique s’inscrit dans la volonté du Bénin de diversifier ses partenariats, à l’image de nombreux pays du continent. Dans ce cadre, en juillet 2025, Moscou et Cotonou ont signé un accord de coopération militaire, permettant notamment l’accès des navires russes aux ports béninois. Pour autant, le Bénin demeure solidement ancré dans le camp occidental : les aides de la France et de la Cedeao reçues lors du putsch manqué en témoignent.

Une sécurité toujours sous tutelle régionale

Autre présence, peu mise en avant mais néanmoins très significative, celle des soldats nigérians et ivoiriens, déployés sous l’égide de la Cedeao et toujours présents sur le sol béninois. Envoyés en renfort après la tentative de renversement de Patrice Talon, ils incarnent une stabilité sous perfusion régionale bien réelle.

Entre affichage de normalité démocratique, présence militaire étrangère et nouveaux observateurs, le Bénin avance comme si tout allait très bien, madame la marquise.

 

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L’artiste nigérian Demas Nwoko se bat contre le réchauffement du climat https://mondafrique.com/loisirs-culture/larchitecture-pionniere-de-lartiste-designer-nigerian-demas-nwoko/ Tue, 23 Jul 2024 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=76528 Architecture, peinture, sculpture et design : Demas Nwoko  est l’un des pionniers du mouvement artistique moderne du Nigeria et son architecture est innovante tout en s’inspirant de la construction africaine traditionnelle, malgré son absence de formation officielle en architecture (il préfère le titre d' »artiste-designer »). Il a mis au point  des mesures d’atténuation du climat tropical, […]

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Architecture, peinture, sculpture et design : Demas Nwoko  est l’un des pionniers du mouvement artistique moderne du Nigeria et son architecture est innovante tout en s’inspirant de la construction africaine traditionnelle, malgré son absence de formation officielle en architecture (il préfère le titre d' »artiste-designer »). Il a mis au point  des mesures d’atténuation du climat tropical, pour avoir promu les principes de durabilité avant qu’ils ne dominent la pensée dominante.

Une chapelle pour l’Institut dominicain dans la ville nigériane d’Ibadan (1970)

La première commande de Nwoko, en 1970, était une chapelle pour l’Institut dominicain de la ville d’Ibadan, au Nigeria. Fabriqué à partir de matériaux locaux, son clocher emblématique évoque à la fois la couronne d’épines du christianisme et les pinacles d’angle des toits de l’architecture vernaculaire haoussa.

Parfaitement adaptés à leur environnement géographique et culturel, les bâtiments emblématiques de l’artiste-designer nigérian Demas Nwoko, qui nécessitent peu d’entretien, ont résisté à l’épreuve du temps. La première commande de Nwoko, en 1970, était une chapelle pour l’Institut dominicain dans la ville nigériane d’Ibadan. Fabriqué à partir de matériaux locaux, son clocher emblématique évoque à la fois la couronne d’épines du christianisme et les pinacles d’angle des toits de l’architecture vernaculaire haoussa.

Biographie

Demas Nwoko a été photographié en juillet 2022 devant une table à dessin fabriquée à la main dans sa maison et son studio à Idumuje-Ugboko.

Fils d’un chef traditionnel, Nwoko est né en 1935 à Idumuje-Ugboko, une ville rurale du sud du Nigeria, et il a cultivé son talent pour la peinture, le dessin et la sculpture à l’école secondaire de Benin City, où il s’est installé en 1951. Nwoko avait initialement prévu d’étudier l’architecture au Collège d’art, de science et de technologie du Nigeria, basé à Zaria, mais lorsqu’il a découvert que le cours était principalement axé sur le développement de compétences techniques en matière de dessin plutôt que sur l’expression créative, il s’est tourné vers les beaux-arts. Le programme n’incluait pas l’art africain, alors que l’art traditionnel africain influençait déjà les beaux-arts en Europe, ce qui a incité Nwoko et ses camarades de classe, dont Yusuf Grillo, Uche Okeke, Bruce Onobrakpeya et Simon Okeke, à créer la Zaria Art Society. Ils défendent l’idée de la « synthèse naturelle », en combinant leur formation artistique occidentale avec des idées africaines. Plus tard, le groupe est devenu populairement connu sous le nom de « rebelles de Zaria ». Certains y ont vu une rébellion contre la façon dont l’art était enseigné, mais je ne le voyais pas de cette façon. Nous essayions seulement de compléter. Nous n’étions pas du tout rebelles », déclare Nwoko. En fait, nous étions très amicaux avec nos professeurs ».

Appliquer des pratiques anciennes pour résoudre des problèmes contemporains

L’école d’art est suivie d’une bourse d’études d’un an à Paris pour étudier le théâtre, la scénographie et la peinture à fresque. En 1962, il rentre au Nigeria pour enseigner à la toute nouvelle école d’art dramatique de la prestigieuse université d’Ibadan. Au cours de cette période, Nwoko et ses collègues de l’Art Society, ainsi que leurs pairs dans le domaine des arts, créent un collectif moderniste postcolonial. Ils ont ensuite créé des espaces tels que le Mbari Writers and Artists Club, développant un nouvel art qui mélangeait les esthétiques, les formes et les processus modernistes africains et occidentaux afin de refléter l’esprit d’indépendance politique. Nwoko se souvient que « nous étions quelques-uns à dire que le nouveau devait naître de l’ancien, tandis que les autres étaient emportés par la modernisation ».

Nwoko déplore la dépendance du Nigeria à l’égard de l’Occident pour les matériaux et les biens importés, et s’engage à trouver des matériaux et des ressources locaux. S’inspirant de l’architecture vernaculaire de toute l’Afrique, il applique des pratiques anciennes pour résoudre des problèmes contemporains. Il déclare : « Si nous avions continué à suivre la manière dont nos ancêtres procédaient, nous aurions atteint un certain niveau de gestion raisonnable des ressources naturelles dont le monde occidental pourrait s’inspirer. Ils utilisent beaucoup trop d’énergie pour ce qu’ils réalisent ».

Il construit la chapelle sans formation architecturale

La première commande de Nwoko, en 1970, pour construire le complexe de l’Institut dominicain d’Ibadan, est le fruit d’un heureux hasard. Des membres du chapitre d’Ibadan de l’ordre dominicain l’ont contacté pour qu’il conçoive une plaque pour leur autel, après qu’ils aient visité une exposition de ses sculptures en terre cuite. Lorsque Nwoko a découvert que la chapelle n’était pas encore construite, il a proposé ses services d’architecte. J’ai reçu la commande de construire une chapelle africaine sans aucune formation architecturale formelle. J’ai dû me former au dessin d’architecture », raconte-t-il. Plus tard, il a également conçu les quartiers d’habitation et les espaces d’enseignement de l’Institut.


Le projet de Nwoko pour la chapelle était basé sur un article qu’il avait écrit sur l’art dans la religion, synthétisant toutes les religions du monde en une seule structure. Il a utilisé les tours des anciennes mosquées en pisé de Tombouctou, au Mali, comme motif central, et a ajouté des éléments au projet comme il le ferait en peinture ou en sculpture. La peinture, on la construit. La sculpture, on la construit. Vous continuez à ajouter des choses en fonction de ce que vous voulez exprimer, du message esthétique que vous voulez faire passer. Tout s’est donc développé », dit-il.

Qualité magique de la lumière

La chapelle dominicaine d’Ibadan présente de nombreux éléments soigneusement fabriqués à la main, notamment les 12 fleurs en vitrail derrière la statue de la Vierge Marie.

La caractéristique la plus remarquable de la chapelle de l’Institut dominicain est la qualité magique de la lumière, selon Joseph Conteh, un architecte britannique et sierra-léonais qui a étudié le travail de Nwoko dans le cadre de son projet de recherche de sept ans sur l’architecture africaine. Conteh explique que la lumière pénètre dans l’autel par le haut, faisant ainsi directement référence à Dieu dans le ciel. La lumière entre, elle filtre, elle se diffuse », dit-il, décrivant la beauté de la façon dont Nwoko joue avec les ressources naturelles en constante évolution.

La chapelle dominicaine d’Ibadan comporte de nombreux éléments soigneusement fabriqués à la main, notamment les 12 fleurs en vitrail derrière la statue de la Vierge Marie et les 12 colonnes sculptées.

La chapelle dominicaine d’Ibadan et ses 12 colonnes sculptées qui font référence aux 12 disciples.

Les détails à l’intérieur de l’édifice sont impeccables, notamment les 12 colonnes sculptées individuellement qui reflètent les 12 disciples de la Bible chrétienne, et la forme libre saisissante des panneaux de vitraux. À l’extérieur, la tour en béton armé est un élément sculptural complexe qui s’élève jusqu’au point culminant du site, tandis que des écrans fonctionnels et décoratifs en métal finement travaillé sont utilisés à l’extérieur du bâtiment. Nwoko dit avoir spécifiquement cherché à inclure « l’essence esthétique de l’art africain » dans son architecture. C’est-à-dire « la tendance expressionniste – la nature hautement expressive des formes et des couleurs qui prennent vie. En général, dans la vie, chaque objet d’usage était imprégné de ces expressions créatives, tant dans la forme que dans la couleur, et chaque citoyen, quelle que soit sa classe, en profitait ».

En 1977, deux ans après l’achèvement de l’institut, le critique Noel Moffett écrivait dans le journal du Royal Institute of British Architects : « Ici, sous un soleil tropical, l’architecture et la sculpture se combinent d’une manière que seul Gaudí, parmi les architectes, a pu faire de manière aussi convaincante ». Aujourd’hui encore, il est considéré comme un monument architectural.

New culture studio, 1967

Ci-dessus et ci-dessous, la construction du New Culture Studio, situé au sommet d’une colline à Ibadan, a commencé en 1967, mais il s’agit toujours d’un chantier en cours. Sa façade ornée cache un grand amphithéâtre construit en pierre de granit locale.

Nwoko a commencé à construire son New Culture Studio et sa résidence privée à Ibadan en 1967. Le projet, qui reste un travail en cours, a commencé comme un espace privé pour son propre usage, mais a ensuite été étendu et transformé en un centre artistique accessible au public. Il est également devenu un modèle pour le centre culturel Oba Akenzua, un bâtiment public dans l’ancienne ville de Benin, la capitale de l’État d’Edo dans le sud du Nigeria. Nwoko a commencé à travailler sur le projet Benin City en 1972. Toutefois, selon la publication de John Godwin et Gillian Hopwood (2007) intitulée The Architecture of Demas Nwoko, le centre culturel a souffert d’un « financement intermittent » et n’a donc pas été inauguré officiellement avant 1993. 

La latérite

La résidence privée de Nwoko a été l’occasion pour lui d’expérimenter la latérite, un type de sol que l’on trouve couramment au Nigeria.

La résidence privée de Nwoko a été l’occasion pour lui d’expérimenter la latérite, un type de sol que l’on trouve couramment au Nigeria. Elle était généralement utilisée dans l’architecture vernaculaire nigériane, mais le gouvernement avait interdit son utilisation dans la construction. La plupart des villes étaient construites en terre et la plupart de ces bâtiments sont encore debout aujourd’hui », explique Nwoko. Ils ont plus de 100 ans. Ils sont durables et très propices à notre environnement, alors je ne vois pas pourquoi nous les avons jetés ». Il a réussi à contourner la loi en ajoutant dix pour cent de ciment à la latérite afin de former ce qu’il appelle des blocs de « latcrete ». Ces blocs ont également été utilisés pour le revêtement extérieur du centre culturel d’Akenzua, imitant la façade du palais de l’Oba, situé à proximité.

Un amphithéâtre inspiré du théâtre grec occupe le centre du studio et de la résidence d’Ibadan, qui s’étend sur trois étages et occupe 300 mètres de colline. Nwoko a visité l’ancien amphithéâtre grec d’Epidaure, établissant des liens entre le site et le petit théâtre du palais de son père à Idumuje- Ugboko. Avec l’amphithéâtre du studio, il souhaitait améliorer l’expérience du public du théâtre africain en recréant l’acoustique du théâtre grec traditionnel, sans avoir recours à des panneaux acoustiques et à une ingénierie élaborés. Il a transféré ces connaissances au projet de Benin City.

La maison-atelier de Nwoko à Idumuje-Ugboko. Inspiré par la cour romaine de l’impluvium, son puits de lumière central est revêtu de fibre de verre et apporte la lumière du soleil et l’eau de pluie à la plante en pot située en dessous.

La maison et l’atelier de Nwoko dans sa ville natale d’Idumuje-Ugboko, où il vit depuis 1977, constituent un exemple frappant de la traduction des sensibilités esthétiques indigènes en formes et matériaux modernes. Le toit en surplomb, qui « couronne » le bâtiment, est emblématique de son travail et fait référence aux maisons traditionnelles des années 1920 dans le sud-est du Nigeria, tandis que les colonnes extérieures striées imitent les murs cannelés du palais de l’Oba à Benin City.

La construction de cette maison rurale a fourni l’occasion parfaite d’appliquer les principes de ventilation initialement explorés dans sa résidence d’Ibadan. L’élément central est un atrium avec un entonnoir doublé de fibre de verre, ou impluvium, qui entre dans l’espace par le haut. Il permet de capter et d’acheminer un flux contrôlé d’eau de pluie du toit vers la maison, contribuant ainsi à rafraîchir l’intérieur. Comme la lumière se traduit par de la chaleur, Nwoko conçoit ses maisons avec un éclairage naturel tamisé, créant un sentiment de sérénité dans un environnement frais.

Les blocs de latérite ont créé un effet isolant, aidant à contrôler les températures internes. Nwoko explique dans le livre de Godwin et Hopwood que « des températures ambiantes confortables sont obtenues lorsque l’air entre et sort de la maison à un rythme lent […] par des ouvertures soigneusement aménagées au niveau du sol et au-dessus de la tête ». Conteh souligne des détails exquis tels que les portes sculptées, dont le design diffère de part et d’autre. Il souligne également ce qu’il appelle la « variation de la similarité » de la maçonnerie. Elle semble uniforme, mais il y a une variation subtile dans la pigmentation de chaque brique. Cela reflète le principe esthétique de Nwoko, qui veut que l’on découvre toujours quelque chose de nouveau en observant le même objet.

Adeyemo Shokunbi, architecte et codirecteur de la création chez Patrickwaheed Design Consultancy, explique que la matérialité du projet, la disposition spatiale et la façon dont Nwoko  » manipule la chaleur et la lumière sont une énorme source d’inspiration. Il n’y a aucun moyen mécanique de ventilation », dit-il, faisant référence aux principes de refroidissement très efficaces appliqués. Tout est naturel.

Une œuvre encore aujourd’hui méconnue

Une fois découverts, les bâtiments de Nwoko sont chéris et adoptés. Cependant, de nombreux architectes du monde entier ne les connaissent toujours pas. Olufemi Majekodunmi, ancien président de l’Union internationale des architectes, affirme que le designer n’a jamais été mentionné ni enseigné pendant les nombreuses années qu’il a passées dans le milieu universitaire au Nigeria. C’est peut-être parce que nous avons ce penchant pour les qualifications académiques », déclare Majekodunmi. Son travail devrait être davantage étudié. Il était beaucoup plus innovant que ceux d’entre nous qui ont fait une école d’architecture ». Shokunbi, qui a suivi une formation britannique, affirme que toute sa perspective de conception a changé après avoir découvert le travail et les philosophies de Nwoko. Outre l’ajout de la latérite à sa palette de matériaux, il est plus attentif à la manière de créer « dans le contexte de l’endroit où je pratique l’architecture ».

L’héritage de Nwoko est sans aucun doute sa démonstration de la manière dont la tradition et la modernité, l’esthétique africaine et les pratiques développées à l’échelle internationale peuvent apporter des réponses innovantes et efficaces aux questions de conception. Il met en garde contre la construction d’un « monde sans personnes » par le biais d’un modèle de développement industriel à grande échelle qui fait appel à des pratiques de construction destructrices et non durables.
portes en bois sculptées de manière décorative

Une paire de portes décoratives en bois perpétue la tradition locale des portails d’entrée minutieusement sculptés.

Nwoko continue à utiliser son travail comme une expression artistique de ce que le Nigeria pourrait devenir s’il exploitait ses ressources. Il a récemment terminé la conception d’une nouvelle chapelle à Ewu, une ville située non loin d’Idumuje-Ugboko, et la construction devrait commencer dans les mois à venir. Il prévoit de terminer le New Culture Studio à Ibadan, en ajoutant un toit rétractable tant attendu à l’amphithéâtre, ainsi que des meubles qu’il a conçus. Il souhaite ensuite lancer une école de design où architectes et artisans pourront se réunir pour apprendre et explorer des idées. Des livres sur sa vie et ses projets sont également en préparation. Ce qui me réjouit, c’est que les gens apprécient mon travail, et pour moi, c’est le début et la fin du travail », déclare Nwoko. Je suis simplement un designer et je conçois des solutions.

Information

Ijeoma Ndukwe , The pioneering architecture of Nigerian artist-designer Demas Nwoko, Wallpaper, 10 septembre 2022.

Photographies

Andrew Esiebo.

 

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« Digital Benin » ouvre un nouveau chapitre dans la saga des restitutions https://mondafrique.com/loisirs-culture/digital-benin-ouvre-un-nouveau-chapitre-dans-la-saga-des-restitutions/ Sun, 13 Nov 2022 13:38:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=81147 Le lancement du projet numérique Digital Benin – le premier catalogue complet de plus de 5 240 bronzes béninois connus à travers le monde, mis en ligne cette semaine – aurait été pris jusqu’il y a peu comme la preuve que la restitution était inutile. Lorsqu’il a été imaginé il y a environ cinq ans […]

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Le lancement du projet numérique Digital Benin – le premier catalogue complet de plus de 5 240 bronzes béninois connus à travers le monde, mis en ligne cette semaine – aurait été pris jusqu’il y a peu comme la preuve que la restitution était inutile.
Lorsqu’il a été imaginé il y a environ cinq ans par Barbara Plankensteiner au musée MARKK de Hambourg, en réponse à des demandes de chercheurs nigérians, et même lorsque le projet a démarré en 2020 grâce à un financement sans précédent de 1,2 million d’euros de la Fondation Ernst von Siemens, il aurait semblé fantaisiste que le gouvernement allemand s’engage bientôt à restituer au Nigeria tous les bronzes du Bénin conservés dans ses musées.
Il l’a fait en avril 2021, et un accord avec le Nigeria pour le transfert légal de la propriété a été signé en juillet de cette année. Digital Benin pourrait bien avoir été de loin le projet le plus ambitieux, mais néanmoins le dernier d’une longue série de projets qui ont cherché, avec la perspective de restitutions physiques apparemment politiquement impossible, le compromis de rendre les ressources en ligne plus facilement accessibles à ceux qui se lamentent sur les trésors perdus. Aujourd’hui, alors que le paysage de la restitution a irrévocablement changé dpuis le discours de Ouagadougou d’Emmanuel Macron en 2017, ce projet est un au revoir salutaire à une époque de surdité par rapport aux demandes  des peuples africains.
Une capture d’écran du catalogue en ligne Digital Benin.

Une réalisation remarquable

Par un curieux coup du sort, Digital Benin devrait être une consolation pour ceux qui, en Occident, continuent de décrier la perspective de céder la propriété des bronzes. Il s’agit d’une réalisation remarquable ; les ressources proposées offrent un engagement plus profond, plus riche et plus gratifiant avec l’histoire et la signification de ces artefacts que tout ce que peut offrir un musée occidental. Le catalogue peut être filtré par catégorie en anglais et en edo (le royaume du Bénin se trouve dans l’actuel État d’Edo au Nigeria), ainsi que par provenance et par institution. Une section distincte est consacrée à la provenance, où il apparaît immédiatement que le mode d’acquisition le plus courant est, de loin, l’expédition punitive britannique de 1897, au cours de laquelle Benin City a été mise à sac et l’Oba (roi) déposé. Cette provenance est partagée par 1 427, soit environ un tiers, de tous les objets béninois compilés ici. Parmi les autres noms figurant sur cette liste, on trouve des marchands, des diplomates, des officiers coloniaux, des ethnographes et des dignitaires de la cour du Bénin. Chacun d’entre eux est accompagné d’informations biographiques qui permettent aux utilisateurs du site de retracer les itinéraires complexes par lesquels les objets ont fini par être dispersés dans le Nord. Il existe deux cartes interactives, l’une donnant un aperçu des sites importants de l’ancien royaume du Bénin et l’autre indiquant l’emplacement de tous les bronzes du Bénin connus dans les musées du monde entier. (Cinq institutions détenant des œuvres béninoises se trouvent dans l’hémisphère sud – trois en Australie et deux au Nigeria. Les 126 autres se trouvent dans le nord).

Une vision équilibrée entre les sources anglaises et Edo

Des efforts précédents, notamment par Kathryn Wysocki Gunsch dans The Benin Plaques : A 16th Century Imperial Monument (2017) et Dan Hicks dans The Brutish Museums (2020), ont été faits pour reconstituer un catalogue des bronzes. Ni l’un ni l’autre n’est aussi complet, ni ne se vante d’une telle richesse de matériaux supplémentaires que celui-ci. Mais ce qui distingue vraiment Digital Benin, c’est l’équilibre qu’il a réussi à trouver entre les matériaux anglais et ceux d’Edo. Il y a une page consacrée aux témoignages oraux de sources Edo, et une autre intitulée « Eyo Oto » – une expression utilisée par les Edo lorsque les fondations d’un nouveau bâtiment sont posées. Les chercheurs font preuve d’une certaine modestie en qualifiant ce projet de « recherche fondamentale sur la dénomination des objets historiques dans leur contexte Edo ».

Digital Benin. Entretien avec Roseline Ogbodu à Benin City, 2022. Photo : © Osaisonor Godfrey Ekhator-Obogie

Chaque plaque de bronze que vous voyez ici était une page de l’histoire de Benin city

L’une des causes de regret les plus souvent citées par les historiens d’Edo est qu’avec la mise à sac de Bénin, une grande partie de la mémoire culturelle du royaume, inhérente à la position relative des plaques et autres sculptures dans le palais de l’Oba datant du XVe siècle, a été perdue – les volumes d’une histoire auparavant cohérente étant éparpillés comme dans la bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges. Lors d’un événement de lancement mercredi soir, le responsable de la recherche du projet, Osaisonor Godfrey Ekhator-Obogie, a déclaré : « Chaque plaque de bronze que vous voyez ici était une page de l’histoire du Bénin ». Le plus grand héritage de Digital Benin dépendra de sa capacité à aider les Edo à entamer sérieusement le processus laborieux de reconstitution de ces pages, en préparation de l’arrivée tant attendue des objets physiques eux-mêmes. Plus ces efforts avancent – plus la perspective d’un musée à Benin City capable de restaurer la cohésion de l’un des plus grands ensembles artistiques du monde se rapproche – plus la position du président du British Museum, George Osborne, qui s’est rétracté cette semaine en déclarant que le musée refusera d’être pris « dans le maelström du moment [de la restitution] », apparaîtra comme une pétulance face au progrès.

Un modèle pour les marbres du Parthénon?

Il a été suggéré que le projet pourrait servir de modèle pour négocier le sort d’autres objets contestés – par exemple, les marbres du Parthénon. Avec 5 millions d’euros, cinq ans et le personnel adéquat, Anne Luther, l’experte en humanités numériques à la tête de Digital Benin, a déclaré au Financial Times qu’elle pourrait suivre « tous les objets dans toutes les institutions ». On peut comprendre que ce type de projet puisse jeter de l’huile sur le feu des arguments en faveur de la restitution de certains objets, tels que les trésors Maqdala d’Éthiopie ou l’or pillé par les Britanniques aux Asante de l’actuel Ghana, mais le contexte est essentiel, surtout dans un environnement où le refus de restituer les bronzes du Bénin est souvent justifié par le sophisme de la « pente glissante ». Le cas du Parthénon a bien plus de chances d’être réglé par l’avènement des répliques en 3D que par ce type de plateforme de partage des connaissances.

Digital Benin. Plaque en relief représentant un roi avec deux dignitaires (16e/17e siècle), Royaume du Bénin. Photo : Paul Schimweg/Museum am Rothenbaum MARKK.

Pour sa part, Barbara Plankensteiner a souligné que Digital Benin est un « processus parallèle » à la restitution. Nous l’appelons une plateforme de connaissances parce qu’elle va créer de nouvelles connaissances », a-t-elle déclaré. La plateforme est avant tout un triomphe de la collaboration sur la confrontation, et en tant que telle, elle indique un changement de paradigme. Alors que le « musée universel » du 20e siècle tentait d’abriter l’histoire du monde dans un seul bâtiment, peut-être que Digital Benin jette les bases d’un nouveau type de musée universel – un musée qui apporte les perspectives et l’expertise du monde entier pour élucider le patrimoine mondial comme jamais auparavant.

Le catalogue Digital Benin

Voir le catalogue : digitalbenin.org

Et encore

Samuel Reilly, Digital Benin opens a new chapter in the restitution saga, Apollo, 11 novembre 2022.

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Le Nigérian Buhari rappelle à l’ordre ses pairs de la CEDEAO https://mondafrique.com/confidentiels/le-nigerian-buhari-rappelle-a-lordre-ses-pairs-de-la-cedeao/ Tue, 08 Sep 2020 08:53:16 +0000 https://mondafrique.com/?p=40333 A l’occasion du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO lundi à Niamey, le Président nigérian Muhammadu Buhari a rappelé à l’ordre ses pairs d’Afrique de l’Ouest sur le respect des règles démocratiques, au moment où l’institution régionale maintenait sa position de fermeté à l’endroit de la junte malienne, sommée de désigner un président de […]

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A l’occasion du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO lundi à Niamey, le Président nigérian Muhammadu Buhari a rappelé à l’ordre ses pairs d’Afrique de l’Ouest sur le respect des règles démocratiques, au moment où l’institution régionale maintenait sa position de fermeté à l’endroit de la junte malienne, sommée de désigner un président de transition civil avant le 15 septembre.

Cité sur twitter par son porte-parole, Gaba Shehu, il a  demandé aux dirigeants ouest-africains d’arrêter d’allonger leurs mandats car cela devient une source de problèmes. « En tant que dirigeants de nos Etats membres de la CEDEAO, nous devons adhérer aux dispositions constitutionnelles de nos pays, particulièrement en ce qui concerne la limitation des mandats. Car ce domaine est cause de crises et de tensions politiques dans notre sous-région », a-t-il déclaré, visant non seulement le Guinéen Alpha Condé mais aussi l’Ivoirien Alassane Ouattara.

Le Président nigérian est allé encore plus loin en précisant que cette retenue devait aussi embrasser « la nécessité de garantir des élections libres, justes et crédibles. » « Cela doit être le socle de la démocratie qu’il faut soutenir dans notre sous-région, de la même façon que le respect de l’état de droit. »

La veille, le porte-parole avait évoqué explicitement les élections législatives et présidentielles prévues cette année au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger, annonçant que le Président Buhari rappellerait, à l’occasion du sommet, « l’impératif de renforcer la démocratie dans la sous-région en respectant les dispositions constitutionnelles, l’état de droit et les résultats  de scrutins libres et équitables. »

La CEDEAO a été beaucoup perçue comme un club des chefs d’Etat prompts à défendre l’un des leurs lorsque Ibrahim Boubacar Keita a été renversé par une junte, après des mois de troubles et de protestations dans son pays et des élections législatives marquées par un double contexte de pandémie et d’insécurité et l’enlèvement du chef de file de l’opposition.

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Le Nigérien Petit Boube a vendu des armes à Ouattara https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/le-nigerien-petit-boube-a-vendu-des-armes-a-ouattara/ Thu, 03 Sep 2020 08:16:44 +0000 https://mondafrique.com/?p=40239 Le marchand d’armes nigérien Aboubacar Hima, alias Petit Boubé, a vendu des armes à la Côte d’Ivoire, a appris Mondafrique de source ivoirienne. Accusé par un rapport d’audit de l’Inspection générale des armées du Niger d’avoir contribué au détournement de près de 76 milliards de francs CFA de fonds destinés à des achats d’armement, Aboubacar […]

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Le marchand d’armes nigérien Aboubacar Hima, alias Petit Boubé, a vendu des armes à la Côte d’Ivoire, a appris Mondafrique de source ivoirienne.

Accusé par un rapport d’audit de l’Inspection générale des armées du Niger d’avoir contribué au détournement de près de 76 milliards de francs CFA de fonds destinés à des achats d’armement, Aboubacar Hima est aussi dans le collimateur de la justice du Nigeria. On a appris en août qu’il était recherché par la Commission sur les Crimes Economiques et Financiers, pour son implication dans l’affaire des détournements de fonds opérés dans le cadre de marchés d’approvisionnement de l’armée nigériane, en complicité avec le Conseiller National à la Sécurité du Nigeria Sambo Dasuki. L’avis de recherche le concernant figure sur le site internet de la Commission, qui précise qu’on lui reproche les crimes de « complot criminel, escroquerie au contrat, détournement de fonds publics, blanchiment d’argent, fraude sur des subventions pour un montant de $394 millions, 9,9 millions d’euros et 369 millions de nairas. » Aboubacar Hima n’ayant pas répondu aux convocations de la Commission, il est déclaré en fuite.

Au Niger, les auteurs du rapport d’inspection ont notamment découvert deux « faux » certificats de destination finale (end-user certificate), signés par le cabinet du chef d’état-major, concernant des livraisons d’armes jamais parvenues dans ce pays. Le mystère reste entier sur la destination réelle des canons d’aviation, armes collectives de calibre 12.7 mm et 916 missiles S8 non guidés faisant l’objet de l’un de ces certificats délivrés en 2018.

https://mondafrique.com/niger-76-milliards-de-fcfa-detournes-selon-linspection-des-armees/

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Best Of Niger (9), le système antimissile fantôme de l’avion présidentiel https://mondafrique.com/decryptage/le-systeme-de-protection-antimissile-fantome-de-lavion-du-president/ Fri, 07 Aug 2020 14:00:20 +0000 https://mondafrique.com/?p=38375 Dans leur rapport d’audit sur les marchés publics du ministère de la Défense, publié le 17 février dernier, les inspecteurs généraux des Armées s’attardent avec précision sur un marché hors norme, relatif à l’acquisition d’un système de protection antimissile sur l’avion présidentiel. Cette affaire illustre en effet toutes les tares de la gestion démontrée au […]

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Dans leur rapport d’audit sur les marchés publics du ministère de la Défense, publié le 17 février dernier, les inspecteurs généraux des Armées s’attardent avec précision sur un marché hors norme, relatif à l’acquisition d’un système de protection antimissile sur l’avion présidentiel. Cette affaire illustre en effet toutes les tares de la gestion démontrée au ministère de la Défense du Niger, en termes de désordre et d’improvisation administratives autant que de capacité de prédation sans tabou.

Le bénéficiaire du marché, conclu en 2015, est, comme très souvent, la société BRID A DEFCON, d’Aboubacar Hima, surnommé Petit Boubé, qui a perçu près de 3 milliards de francs CFA (4,5 millions d’euros). « Ce montant a été payé par mandatement en date du 14 décembre 2014, c’est-à-dire avant même l’approbation du marché le 6 août 2015», notent les auteurs. Le délai d’exécution du marché était de six mois. Mais près de cinq ans plus tard, «le système n’a jamais été installé sur le BBJ 737 (l’avion du Président).» « En effet, un faux bon de livraison et un faux procès verbal de réception ont servi à liquider le dossier pour le paiement indu du montant.»

Et cela vaut peut-être mieux, malgré les promesses du fournisseur, épinglé par l’Inspection, de réparer son impair.

Car l’installation de ce système « exposerait l’avion à des risques », changerait « son statut pour passer d’avion civil à avion militaire » et nécessiterait « en outre, au préalable, une autorisation du constructeur américain Boeing », d’après les techniciens de l’Armée de l’Air du Niger, de Russie, d’Ukraine ainsi que l’Autorité nigérienne de l’Aviation civile, cités par les auteurs du rapport. « Elle est contre-productive, inefficace et inopportune. » Il faut donc faire rentrer l’Etat dans ses droits, concluent-ils. C’est-à-dire exiger le remboursement.

Mais ce dossier  révèle aussi l’amateurisme et la négligence des trafiquants eux-mêmes et, du coup, la nécessaire complicité de l’administration qui a reçu ces pièces.

BRID A DEFCON est une société enregistrée au Nigeria « qui a fait l’objet de plusieurs procès au Nigeria, n’est plus active » et ne paye l’impôt ni au Nigeria, ni au Niger, précisent les inspecteurs. « Le contrat a fait l’objet d’une fausse mise en concurrence avec les sociétés APC AXIAL et AERODYNE TECHNOLOGIES, qui sont en réalité des sociétés créées en zone franche de l’aéroport international de Sharjah, aux Emirats arabes unis, et qui sont aujourd’hui des sociétés dormantes. »

La fausse mise en concurrence est un classique des marchés publics et le dossier d’audit du ministère de la Défense la retrouve sur de nombreux marchés. 

Pire, ces sociétés n’ont pas hésité à produire « de fausses pièces administratives et des documents falsifiés. » C’est ainsi que le registre de commerce fourni par AERODYNE TECHNOLOGIES est établi au nom d’un dénommé Gintaustas Baraukas, « né le 18 mars 1959 à Sharjah, en Ukraine, de nationalité ukrainienne». Or Sharjah est une ville des Emirats arabes unis. Et le gérant officiel de la société n’est pas ukrainien, mais letton « et impliqué dans plusieurs dossiers ayant servi à extorquer d’importantes sommes d’argent à l’Etat du Niger. » Il nourrirait d’ailleurs, tout récemment, le projet d’attaquer le Niger en justice pour réclamer le reliquat d’autres contrats tout aussi fantaisistes. 

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600 filles enlevées par Boko Haram en 9 ans https://mondafrique.com/confidentiels/600-filles-enlevees-par-boko-haram-en-9-ans/ Thu, 11 Oct 2018 15:10:27 +0000 https://mondafrique.com/?p=23224 Au Nigeria, l’impact des attaques d’école est dévastateur pour les jeunes filles, témoigne un rapport de la Coalition mondiale pour la protection des populations  Les attaques contre l’éducation perpétrées par le groupe d’insurgés de Boko Haram ont causé des souffrances horribles et de longue durée aux élèves de sexe féminin et aux enseignantes du nord-est […]

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Au Nigeria, l’impact des attaques d’école est dévastateur pour les jeunes filles, témoigne un rapport de la Coalition mondiale pour la protection des populations 

Les attaques contre l’éducation perpétrées par le groupe d’insurgés de Boko Haram ont causé des souffrances horribles et de longue durée aux élèves de sexe féminin et aux enseignantes du nord-est du Nigeria, a déclaré la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) dans un rapport publié aujourd’hui.

Boko Haram a enlevé plus de 600 jeunes filles et jeunes femmes à l’école au cours des neuf années de conflit ; certaines étant détenues en captivité pendant des années, et beaucoup d’entre elles subissaient des répercussions nocives bien après leur retour chez elles.

Le rapport de 106 pages, « You Will Never Go Back to School’: Impact of Attacks on Education for Nigerian Women and Girls », (Vous n’irez plus jamais à l’école : Impact des attaques contre l’éducation pour les femmes et filles nigériennes) est basé sur des entrevues avec 119 victimes et témoins oculaires des attaques sur des écoles et sur l’éducation, y compris des survivants des trois plus grands enlèvements d’école au Nigeria : Chibok (avril 2014), Damasak (novembre 2014) et Dapchi (février 2018). Dans le rapport, des femmes et des jeunes filles parlent de leurs expériences effrayantes, y compris la conversion forcée à l’islam, le « mariage » forcé, le viol et d’autres violences physiques et psychologiques.

«Boko Haram vise toujours les étudiantes pour des violences et des abus inimaginables » a déclaré Diya Nijhowne, directrice générale de GCPEA.  « Cette année, l’enlèvement de 111 filles de leur école à Dapchi – plus de quatre ans après la tragédie de Chibok – souligne la nécessité urgente pour le Nigeria de renforcer la sécurité scolaire et de protéger les élèves et les enseignantes de sexe féminin.»

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La Suisse, les corrupteurs chinois et le pétrole nigérian https://mondafrique.com/economie/suisse-corrupteurs-chinois-petrole-nigerian/ Thu, 04 Oct 2018 06:41:14 +0000 http://mondafrique.com/?p=12610 Il faut sans doute être chinois pour prendre la décision, en quelques jours, de fermer une société qui vous a coûté 7,8 milliards de francs suisses (6,2 milliards d’euros). A moins d’être très inquiet. La China Petroleum and Chemical Corporation – ou Sinopec – le cinquième producteur mondial de pétrole, a été la première entreprise […]

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Il faut sans doute être chinois pour prendre la décision, en quelques jours, de fermer une société qui vous a coûté 7,8 milliards de francs suisses (6,2 milliards d’euros). A moins d’être très inquiet.

La China Petroleum and Chemical Corporation – ou Sinopec – le cinquième producteur mondial de pétrole, a été la première entreprise chinoise à venir faire ses emplettes en Suisse, en rachetant Addax Petroleum. Alors que la Confédération n’a de ports que sur ses lacs, elle est devenue la deuxième place mondiale pour l’achat et la vente de pétrole et de matières premières, juste derrière Londres. Bien évidemment les barils ne circulent par sur le lac Léman, mais ils s’échangent dans quelques 350 sociétés de négoce, qui se veulent encore plus discrètes que les fiduciaires et les établissements financiers. Cotée en Bourse, Addax Petroleum était une très bonne affaire, active en Nigeria, au Gabon, au Cameroun et en Irak.

Des bakchichs en dollars

L’affaire a commencé à sentir le roussi en décembre 2016, lorsque Deloitte, le cabinet britannique d’audit d’Addax Petroleum, annonce son intention d’émettre un « avis de non-responsabilité ». En clair, le cabinet refuse de cautionner les comptes d’une société pétrolière qui verse 100 millions de dollars (respectivement 20 puis 80 millions) à un cabinet d’avocats sans donner « d’explications satisfaisantes ». Des sommes destinées à arrondir les fins de mois difficiles de sociétés au Nigeria. L’information est révélée par le quotidien suisse 24 heures. Reniflant aussitôt une odeur de pots-de-vin, la justice genevoise ouvre une enquête pour soupçons de corruption. Le CEO d’Addax Petroleum, Yi Zhang, se retrouve brièvement derrière les barreaux, accompagné par Guus Klusener, le directeur juridique de cette entreprise active dans l’exploration et la production pétrolière en Afrique. Mais à peine sortis de prison, les deux dirigeants reprennent immédiatement leurs postes, comme s’il ne s’était rien passé.

Indulgences suisses    

Cette histoire embarrasse tout particulièrement le canton de Genève, qui ne ménage pas ses efforts depuis plusieurs années pour attirer au bord du lac des géants chinois. « Or, la China Petroleum and Chemical Corporation a sans doute spécialement choisi la Suisse en imaginant que le pays fermait toujours les yeux sur les magouilles », souligne un proche du dossier. Seulement voilà, depuis quelques années, sous la pression conjuguée de Washington et de Bruxelles, la Confédération a promis de mettre fin au secret bancaire et au blanchiment d’argent.

La Cité de Calvin n’est tout de même pas une république bananière et les juges sont indépendants du pouvoir politique. Malgré tout, un compromis est trouvé. Le 5 juillet, le Ministère public classe la procédure contre Addax, en considérant que la société pétrolière aurait accompli tous les efforts que l’on pouvait attendre d’elle « pour compenser le tort qu’elle a causé et rétablir une situation conforme à la loi ». En clair, l’entreprise s’en tire avec une simple amende de 31 millions de francs suisses (28 millions d’euros).

Des salariés à la rue      

Mais pour les Chinois, 31 millions, c’est déjà trop. Selon eux, la justice suisse aurait dû carrément accorder un certificat de virginité à leur protégé genevois. Résultat, un mois plus tard, début août, Sinopec annonce que pour « rationaliser ses processus opérationnels », il fermait boutique et licenciait les 174 salariés d’Addax Petroleum en Suisse. Les bureaux à Aberdeen, en Grande-Bretagne et à Houston, aux Etats-Unis, sont également bouclés. « Il faut connaître les Chinois. Ils avaient bien prévenu qu’à la moindre condamnation, ils fichaient le camp. Là-dessus, ils ont tenu parole », rappelle Patrick Gantès, secrétaire général du centre de recherches entreprises et sociétés (CRES), et ancien consultant d’Addax Petroleum.

Sur les bords du lac, on tente de minimiser cette fuite. Mais le choc est rude. « Le négoce de pétrole depuis Genève se caractérise par une expertise reconnue internationalement et un environnement offrant des conditions-cadres favorables. Le secteur ne devrait pas être trop affecté par ce départ, pour autant que les conditions-cadres restent favorables », assure Stéphane Graber, le secrétaire général de l’Association suisse du négoce de matières premières et le transport maritime (STSA) dans La Tribune de Genève.

La SEC sur le coup     

Cette débandade n’évitera pas forcément les ennuis au géant chinois. Le 30 août, l’Américain Bloomberg, spécialiste des marchés financiers et de l’information économique et financière, annonçait que Sinopec était rattrapé par la justice et les autorités boursières américaines, la SEC (Securities and Exchange Commission) (*). Les raisons ? Les paiements supposés illicites de 100 millions de dollars, versés depuis la Suisse vers le Nigeria, seraient passés par des banques à New York et en Californie. Selon le quotidien suisse Le Temps, la justice genevoise aurait d’ailleurs eu vent de cette procédure ouverte de l’autre côté de l’Atlantique. « Il était inutile de poursuivre une procédure tentaculaire pour des faits commis essentiellement au Nigeria alors que les autorités américaines enquêtaient sur les mêmes faits », croit savoir le journal.

Il reste à savoir comment un géant chinois, qui pèse plus de quatre cents milliards de dollars de chiffre d’affaires et emploie plus de 600 000 personnes, pourrait réagir face aux accusations américaines. Il n’est pas certain que la China Petroleum and Chemical Corporation baisse la tête comme BNP Paribas et accepte une amende de plusieurs milliards de dollars. La grande banque française, sanctionnée pour avoir violé des embargos américains à Cuba, en Iran, et surtout au Soudan, s’est, depuis, presque entièrement retirée du marché.

 

 

(*) « Chinese Oil Giant Sinopec probed by the US Over Nigeria bribery allegations ».        

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