Nigéria - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/nigeria/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 23 Jul 2024 08:21:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.2 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Nigéria - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/nigeria/ 32 32 L’artiste nigérian Demas Nwoko se bat contre le réchauffement du climat https://mondafrique.com/loisirs-culture/larchitecture-pionniere-de-lartiste-designer-nigerian-demas-nwoko/ Tue, 23 Jul 2024 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=76528 Architecture, peinture, sculpture et design : Demas Nwoko  est l’un des pionniers du mouvement artistique moderne du Nigeria et son architecture est innovante tout en s’inspirant de la construction africaine traditionnelle, malgré son absence de formation officielle en architecture (il préfère le titre d' »artiste-designer »). Il a mis au point  des mesures d’atténuation du climat tropical, […]

Cet article L’artiste nigérian Demas Nwoko se bat contre le réchauffement du climat est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Architecture, peinture, sculpture et design : Demas Nwoko  est l’un des pionniers du mouvement artistique moderne du Nigeria et son architecture est innovante tout en s’inspirant de la construction africaine traditionnelle, malgré son absence de formation officielle en architecture (il préfère le titre d' »artiste-designer »). Il a mis au point  des mesures d’atténuation du climat tropical, pour avoir promu les principes de durabilité avant qu’ils ne dominent la pensée dominante.

Une chapelle pour l’Institut dominicain dans la ville nigériane d’Ibadan (1970)

La première commande de Nwoko, en 1970, était une chapelle pour l’Institut dominicain de la ville d’Ibadan, au Nigeria. Fabriqué à partir de matériaux locaux, son clocher emblématique évoque à la fois la couronne d’épines du christianisme et les pinacles d’angle des toits de l’architecture vernaculaire haoussa.

Parfaitement adaptés à leur environnement géographique et culturel, les bâtiments emblématiques de l’artiste-designer nigérian Demas Nwoko, qui nécessitent peu d’entretien, ont résisté à l’épreuve du temps. La première commande de Nwoko, en 1970, était une chapelle pour l’Institut dominicain dans la ville nigériane d’Ibadan. Fabriqué à partir de matériaux locaux, son clocher emblématique évoque à la fois la couronne d’épines du christianisme et les pinacles d’angle des toits de l’architecture vernaculaire haoussa.

Biographie

Demas Nwoko a été photographié en juillet 2022 devant une table à dessin fabriquée à la main dans sa maison et son studio à Idumuje-Ugboko.

Fils d’un chef traditionnel, Nwoko est né en 1935 à Idumuje-Ugboko, une ville rurale du sud du Nigeria, et il a cultivé son talent pour la peinture, le dessin et la sculpture à l’école secondaire de Benin City, où il s’est installé en 1951. Nwoko avait initialement prévu d’étudier l’architecture au Collège d’art, de science et de technologie du Nigeria, basé à Zaria, mais lorsqu’il a découvert que le cours était principalement axé sur le développement de compétences techniques en matière de dessin plutôt que sur l’expression créative, il s’est tourné vers les beaux-arts. Le programme n’incluait pas l’art africain, alors que l’art traditionnel africain influençait déjà les beaux-arts en Europe, ce qui a incité Nwoko et ses camarades de classe, dont Yusuf Grillo, Uche Okeke, Bruce Onobrakpeya et Simon Okeke, à créer la Zaria Art Society. Ils défendent l’idée de la « synthèse naturelle », en combinant leur formation artistique occidentale avec des idées africaines. Plus tard, le groupe est devenu populairement connu sous le nom de « rebelles de Zaria ». Certains y ont vu une rébellion contre la façon dont l’art était enseigné, mais je ne le voyais pas de cette façon. Nous essayions seulement de compléter. Nous n’étions pas du tout rebelles », déclare Nwoko. En fait, nous étions très amicaux avec nos professeurs ».

Appliquer des pratiques anciennes pour résoudre des problèmes contemporains

L’école d’art est suivie d’une bourse d’études d’un an à Paris pour étudier le théâtre, la scénographie et la peinture à fresque. En 1962, il rentre au Nigeria pour enseigner à la toute nouvelle école d’art dramatique de la prestigieuse université d’Ibadan. Au cours de cette période, Nwoko et ses collègues de l’Art Society, ainsi que leurs pairs dans le domaine des arts, créent un collectif moderniste postcolonial. Ils ont ensuite créé des espaces tels que le Mbari Writers and Artists Club, développant un nouvel art qui mélangeait les esthétiques, les formes et les processus modernistes africains et occidentaux afin de refléter l’esprit d’indépendance politique. Nwoko se souvient que « nous étions quelques-uns à dire que le nouveau devait naître de l’ancien, tandis que les autres étaient emportés par la modernisation ».

Nwoko déplore la dépendance du Nigeria à l’égard de l’Occident pour les matériaux et les biens importés, et s’engage à trouver des matériaux et des ressources locaux. S’inspirant de l’architecture vernaculaire de toute l’Afrique, il applique des pratiques anciennes pour résoudre des problèmes contemporains. Il déclare : « Si nous avions continué à suivre la manière dont nos ancêtres procédaient, nous aurions atteint un certain niveau de gestion raisonnable des ressources naturelles dont le monde occidental pourrait s’inspirer. Ils utilisent beaucoup trop d’énergie pour ce qu’ils réalisent ».

Il construit la chapelle sans formation architecturale

La première commande de Nwoko, en 1970, pour construire le complexe de l’Institut dominicain d’Ibadan, est le fruit d’un heureux hasard. Des membres du chapitre d’Ibadan de l’ordre dominicain l’ont contacté pour qu’il conçoive une plaque pour leur autel, après qu’ils aient visité une exposition de ses sculptures en terre cuite. Lorsque Nwoko a découvert que la chapelle n’était pas encore construite, il a proposé ses services d’architecte. J’ai reçu la commande de construire une chapelle africaine sans aucune formation architecturale formelle. J’ai dû me former au dessin d’architecture », raconte-t-il. Plus tard, il a également conçu les quartiers d’habitation et les espaces d’enseignement de l’Institut.


Le projet de Nwoko pour la chapelle était basé sur un article qu’il avait écrit sur l’art dans la religion, synthétisant toutes les religions du monde en une seule structure. Il a utilisé les tours des anciennes mosquées en pisé de Tombouctou, au Mali, comme motif central, et a ajouté des éléments au projet comme il le ferait en peinture ou en sculpture. La peinture, on la construit. La sculpture, on la construit. Vous continuez à ajouter des choses en fonction de ce que vous voulez exprimer, du message esthétique que vous voulez faire passer. Tout s’est donc développé », dit-il.

Qualité magique de la lumière

La chapelle dominicaine d’Ibadan présente de nombreux éléments soigneusement fabriqués à la main, notamment les 12 fleurs en vitrail derrière la statue de la Vierge Marie.

La caractéristique la plus remarquable de la chapelle de l’Institut dominicain est la qualité magique de la lumière, selon Joseph Conteh, un architecte britannique et sierra-léonais qui a étudié le travail de Nwoko dans le cadre de son projet de recherche de sept ans sur l’architecture africaine. Conteh explique que la lumière pénètre dans l’autel par le haut, faisant ainsi directement référence à Dieu dans le ciel. La lumière entre, elle filtre, elle se diffuse », dit-il, décrivant la beauté de la façon dont Nwoko joue avec les ressources naturelles en constante évolution.

La chapelle dominicaine d’Ibadan comporte de nombreux éléments soigneusement fabriqués à la main, notamment les 12 fleurs en vitrail derrière la statue de la Vierge Marie et les 12 colonnes sculptées.

La chapelle dominicaine d’Ibadan et ses 12 colonnes sculptées qui font référence aux 12 disciples.

Les détails à l’intérieur de l’édifice sont impeccables, notamment les 12 colonnes sculptées individuellement qui reflètent les 12 disciples de la Bible chrétienne, et la forme libre saisissante des panneaux de vitraux. À l’extérieur, la tour en béton armé est un élément sculptural complexe qui s’élève jusqu’au point culminant du site, tandis que des écrans fonctionnels et décoratifs en métal finement travaillé sont utilisés à l’extérieur du bâtiment. Nwoko dit avoir spécifiquement cherché à inclure « l’essence esthétique de l’art africain » dans son architecture. C’est-à-dire « la tendance expressionniste – la nature hautement expressive des formes et des couleurs qui prennent vie. En général, dans la vie, chaque objet d’usage était imprégné de ces expressions créatives, tant dans la forme que dans la couleur, et chaque citoyen, quelle que soit sa classe, en profitait ».

En 1977, deux ans après l’achèvement de l’institut, le critique Noel Moffett écrivait dans le journal du Royal Institute of British Architects : « Ici, sous un soleil tropical, l’architecture et la sculpture se combinent d’une manière que seul Gaudí, parmi les architectes, a pu faire de manière aussi convaincante ». Aujourd’hui encore, il est considéré comme un monument architectural.

New culture studio, 1967

Ci-dessus et ci-dessous, la construction du New Culture Studio, situé au sommet d’une colline à Ibadan, a commencé en 1967, mais il s’agit toujours d’un chantier en cours. Sa façade ornée cache un grand amphithéâtre construit en pierre de granit locale.

Nwoko a commencé à construire son New Culture Studio et sa résidence privée à Ibadan en 1967. Le projet, qui reste un travail en cours, a commencé comme un espace privé pour son propre usage, mais a ensuite été étendu et transformé en un centre artistique accessible au public. Il est également devenu un modèle pour le centre culturel Oba Akenzua, un bâtiment public dans l’ancienne ville de Benin, la capitale de l’État d’Edo dans le sud du Nigeria. Nwoko a commencé à travailler sur le projet Benin City en 1972. Toutefois, selon la publication de John Godwin et Gillian Hopwood (2007) intitulée The Architecture of Demas Nwoko, le centre culturel a souffert d’un « financement intermittent » et n’a donc pas été inauguré officiellement avant 1993. 

La latérite

La résidence privée de Nwoko a été l’occasion pour lui d’expérimenter la latérite, un type de sol que l’on trouve couramment au Nigeria.

La résidence privée de Nwoko a été l’occasion pour lui d’expérimenter la latérite, un type de sol que l’on trouve couramment au Nigeria. Elle était généralement utilisée dans l’architecture vernaculaire nigériane, mais le gouvernement avait interdit son utilisation dans la construction. La plupart des villes étaient construites en terre et la plupart de ces bâtiments sont encore debout aujourd’hui », explique Nwoko. Ils ont plus de 100 ans. Ils sont durables et très propices à notre environnement, alors je ne vois pas pourquoi nous les avons jetés ». Il a réussi à contourner la loi en ajoutant dix pour cent de ciment à la latérite afin de former ce qu’il appelle des blocs de « latcrete ». Ces blocs ont également été utilisés pour le revêtement extérieur du centre culturel d’Akenzua, imitant la façade du palais de l’Oba, situé à proximité.

Un amphithéâtre inspiré du théâtre grec occupe le centre du studio et de la résidence d’Ibadan, qui s’étend sur trois étages et occupe 300 mètres de colline. Nwoko a visité l’ancien amphithéâtre grec d’Epidaure, établissant des liens entre le site et le petit théâtre du palais de son père à Idumuje- Ugboko. Avec l’amphithéâtre du studio, il souhaitait améliorer l’expérience du public du théâtre africain en recréant l’acoustique du théâtre grec traditionnel, sans avoir recours à des panneaux acoustiques et à une ingénierie élaborés. Il a transféré ces connaissances au projet de Benin City.

La maison-atelier de Nwoko à Idumuje-Ugboko. Inspiré par la cour romaine de l’impluvium, son puits de lumière central est revêtu de fibre de verre et apporte la lumière du soleil et l’eau de pluie à la plante en pot située en dessous.

La maison et l’atelier de Nwoko dans sa ville natale d’Idumuje-Ugboko, où il vit depuis 1977, constituent un exemple frappant de la traduction des sensibilités esthétiques indigènes en formes et matériaux modernes. Le toit en surplomb, qui « couronne » le bâtiment, est emblématique de son travail et fait référence aux maisons traditionnelles des années 1920 dans le sud-est du Nigeria, tandis que les colonnes extérieures striées imitent les murs cannelés du palais de l’Oba à Benin City.

La construction de cette maison rurale a fourni l’occasion parfaite d’appliquer les principes de ventilation initialement explorés dans sa résidence d’Ibadan. L’élément central est un atrium avec un entonnoir doublé de fibre de verre, ou impluvium, qui entre dans l’espace par le haut. Il permet de capter et d’acheminer un flux contrôlé d’eau de pluie du toit vers la maison, contribuant ainsi à rafraîchir l’intérieur. Comme la lumière se traduit par de la chaleur, Nwoko conçoit ses maisons avec un éclairage naturel tamisé, créant un sentiment de sérénité dans un environnement frais.

Les blocs de latérite ont créé un effet isolant, aidant à contrôler les températures internes. Nwoko explique dans le livre de Godwin et Hopwood que « des températures ambiantes confortables sont obtenues lorsque l’air entre et sort de la maison à un rythme lent […] par des ouvertures soigneusement aménagées au niveau du sol et au-dessus de la tête ». Conteh souligne des détails exquis tels que les portes sculptées, dont le design diffère de part et d’autre. Il souligne également ce qu’il appelle la « variation de la similarité » de la maçonnerie. Elle semble uniforme, mais il y a une variation subtile dans la pigmentation de chaque brique. Cela reflète le principe esthétique de Nwoko, qui veut que l’on découvre toujours quelque chose de nouveau en observant le même objet.

Adeyemo Shokunbi, architecte et codirecteur de la création chez Patrickwaheed Design Consultancy, explique que la matérialité du projet, la disposition spatiale et la façon dont Nwoko  » manipule la chaleur et la lumière sont une énorme source d’inspiration. Il n’y a aucun moyen mécanique de ventilation », dit-il, faisant référence aux principes de refroidissement très efficaces appliqués. Tout est naturel.

Une œuvre encore aujourd’hui méconnue

Une fois découverts, les bâtiments de Nwoko sont chéris et adoptés. Cependant, de nombreux architectes du monde entier ne les connaissent toujours pas. Olufemi Majekodunmi, ancien président de l’Union internationale des architectes, affirme que le designer n’a jamais été mentionné ni enseigné pendant les nombreuses années qu’il a passées dans le milieu universitaire au Nigeria. C’est peut-être parce que nous avons ce penchant pour les qualifications académiques », déclare Majekodunmi. Son travail devrait être davantage étudié. Il était beaucoup plus innovant que ceux d’entre nous qui ont fait une école d’architecture ». Shokunbi, qui a suivi une formation britannique, affirme que toute sa perspective de conception a changé après avoir découvert le travail et les philosophies de Nwoko. Outre l’ajout de la latérite à sa palette de matériaux, il est plus attentif à la manière de créer « dans le contexte de l’endroit où je pratique l’architecture ».

L’héritage de Nwoko est sans aucun doute sa démonstration de la manière dont la tradition et la modernité, l’esthétique africaine et les pratiques développées à l’échelle internationale peuvent apporter des réponses innovantes et efficaces aux questions de conception. Il met en garde contre la construction d’un « monde sans personnes » par le biais d’un modèle de développement industriel à grande échelle qui fait appel à des pratiques de construction destructrices et non durables.
portes en bois sculptées de manière décorative

Une paire de portes décoratives en bois perpétue la tradition locale des portails d’entrée minutieusement sculptés.

Nwoko continue à utiliser son travail comme une expression artistique de ce que le Nigeria pourrait devenir s’il exploitait ses ressources. Il a récemment terminé la conception d’une nouvelle chapelle à Ewu, une ville située non loin d’Idumuje-Ugboko, et la construction devrait commencer dans les mois à venir. Il prévoit de terminer le New Culture Studio à Ibadan, en ajoutant un toit rétractable tant attendu à l’amphithéâtre, ainsi que des meubles qu’il a conçus. Il souhaite ensuite lancer une école de design où architectes et artisans pourront se réunir pour apprendre et explorer des idées. Des livres sur sa vie et ses projets sont également en préparation. Ce qui me réjouit, c’est que les gens apprécient mon travail, et pour moi, c’est le début et la fin du travail », déclare Nwoko. Je suis simplement un designer et je conçois des solutions.

Information

Ijeoma Ndukwe , The pioneering architecture of Nigerian artist-designer Demas Nwoko, Wallpaper, 10 septembre 2022.

Photographies

Andrew Esiebo.

 

Cet article L’artiste nigérian Demas Nwoko se bat contre le réchauffement du climat est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
« Digital Benin » ouvre un nouveau chapitre dans la saga des restitutions https://mondafrique.com/loisirs-culture/digital-benin-ouvre-un-nouveau-chapitre-dans-la-saga-des-restitutions/ Sun, 13 Nov 2022 13:38:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=81147 Le lancement du projet numérique Digital Benin – le premier catalogue complet de plus de 5 240 bronzes béninois connus à travers le monde, mis en ligne cette semaine – aurait été pris jusqu’il y a peu comme la preuve que la restitution était inutile. Lorsqu’il a été imaginé il y a environ cinq ans […]

Cet article « Digital Benin » ouvre un nouveau chapitre dans la saga des restitutions est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le lancement du projet numérique Digital Benin – le premier catalogue complet de plus de 5 240 bronzes béninois connus à travers le monde, mis en ligne cette semaine – aurait été pris jusqu’il y a peu comme la preuve que la restitution était inutile.
Lorsqu’il a été imaginé il y a environ cinq ans par Barbara Plankensteiner au musée MARKK de Hambourg, en réponse à des demandes de chercheurs nigérians, et même lorsque le projet a démarré en 2020 grâce à un financement sans précédent de 1,2 million d’euros de la Fondation Ernst von Siemens, il aurait semblé fantaisiste que le gouvernement allemand s’engage bientôt à restituer au Nigeria tous les bronzes du Bénin conservés dans ses musées.
Il l’a fait en avril 2021, et un accord avec le Nigeria pour le transfert légal de la propriété a été signé en juillet de cette année. Digital Benin pourrait bien avoir été de loin le projet le plus ambitieux, mais néanmoins le dernier d’une longue série de projets qui ont cherché, avec la perspective de restitutions physiques apparemment politiquement impossible, le compromis de rendre les ressources en ligne plus facilement accessibles à ceux qui se lamentent sur les trésors perdus. Aujourd’hui, alors que le paysage de la restitution a irrévocablement changé dpuis le discours de Ouagadougou d’Emmanuel Macron en 2017, ce projet est un au revoir salutaire à une époque de surdité par rapport aux demandes  des peuples africains.
Une capture d’écran du catalogue en ligne Digital Benin.

Une réalisation remarquable

Par un curieux coup du sort, Digital Benin devrait être une consolation pour ceux qui, en Occident, continuent de décrier la perspective de céder la propriété des bronzes. Il s’agit d’une réalisation remarquable ; les ressources proposées offrent un engagement plus profond, plus riche et plus gratifiant avec l’histoire et la signification de ces artefacts que tout ce que peut offrir un musée occidental. Le catalogue peut être filtré par catégorie en anglais et en edo (le royaume du Bénin se trouve dans l’actuel État d’Edo au Nigeria), ainsi que par provenance et par institution. Une section distincte est consacrée à la provenance, où il apparaît immédiatement que le mode d’acquisition le plus courant est, de loin, l’expédition punitive britannique de 1897, au cours de laquelle Benin City a été mise à sac et l’Oba (roi) déposé. Cette provenance est partagée par 1 427, soit environ un tiers, de tous les objets béninois compilés ici. Parmi les autres noms figurant sur cette liste, on trouve des marchands, des diplomates, des officiers coloniaux, des ethnographes et des dignitaires de la cour du Bénin. Chacun d’entre eux est accompagné d’informations biographiques qui permettent aux utilisateurs du site de retracer les itinéraires complexes par lesquels les objets ont fini par être dispersés dans le Nord. Il existe deux cartes interactives, l’une donnant un aperçu des sites importants de l’ancien royaume du Bénin et l’autre indiquant l’emplacement de tous les bronzes du Bénin connus dans les musées du monde entier. (Cinq institutions détenant des œuvres béninoises se trouvent dans l’hémisphère sud – trois en Australie et deux au Nigeria. Les 126 autres se trouvent dans le nord).

Une vision équilibrée entre les sources anglaises et Edo

Des efforts précédents, notamment par Kathryn Wysocki Gunsch dans The Benin Plaques : A 16th Century Imperial Monument (2017) et Dan Hicks dans The Brutish Museums (2020), ont été faits pour reconstituer un catalogue des bronzes. Ni l’un ni l’autre n’est aussi complet, ni ne se vante d’une telle richesse de matériaux supplémentaires que celui-ci. Mais ce qui distingue vraiment Digital Benin, c’est l’équilibre qu’il a réussi à trouver entre les matériaux anglais et ceux d’Edo. Il y a une page consacrée aux témoignages oraux de sources Edo, et une autre intitulée « Eyo Oto » – une expression utilisée par les Edo lorsque les fondations d’un nouveau bâtiment sont posées. Les chercheurs font preuve d’une certaine modestie en qualifiant ce projet de « recherche fondamentale sur la dénomination des objets historiques dans leur contexte Edo ».

Digital Benin. Entretien avec Roseline Ogbodu à Benin City, 2022. Photo : © Osaisonor Godfrey Ekhator-Obogie

Chaque plaque de bronze que vous voyez ici était une page de l’histoire de Benin city

L’une des causes de regret les plus souvent citées par les historiens d’Edo est qu’avec la mise à sac de Bénin, une grande partie de la mémoire culturelle du royaume, inhérente à la position relative des plaques et autres sculptures dans le palais de l’Oba datant du XVe siècle, a été perdue – les volumes d’une histoire auparavant cohérente étant éparpillés comme dans la bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges. Lors d’un événement de lancement mercredi soir, le responsable de la recherche du projet, Osaisonor Godfrey Ekhator-Obogie, a déclaré : « Chaque plaque de bronze que vous voyez ici était une page de l’histoire du Bénin ». Le plus grand héritage de Digital Benin dépendra de sa capacité à aider les Edo à entamer sérieusement le processus laborieux de reconstitution de ces pages, en préparation de l’arrivée tant attendue des objets physiques eux-mêmes. Plus ces efforts avancent – plus la perspective d’un musée à Benin City capable de restaurer la cohésion de l’un des plus grands ensembles artistiques du monde se rapproche – plus la position du président du British Museum, George Osborne, qui s’est rétracté cette semaine en déclarant que le musée refusera d’être pris « dans le maelström du moment [de la restitution] », apparaîtra comme une pétulance face au progrès.

Un modèle pour les marbres du Parthénon?

Il a été suggéré que le projet pourrait servir de modèle pour négocier le sort d’autres objets contestés – par exemple, les marbres du Parthénon. Avec 5 millions d’euros, cinq ans et le personnel adéquat, Anne Luther, l’experte en humanités numériques à la tête de Digital Benin, a déclaré au Financial Times qu’elle pourrait suivre « tous les objets dans toutes les institutions ». On peut comprendre que ce type de projet puisse jeter de l’huile sur le feu des arguments en faveur de la restitution de certains objets, tels que les trésors Maqdala d’Éthiopie ou l’or pillé par les Britanniques aux Asante de l’actuel Ghana, mais le contexte est essentiel, surtout dans un environnement où le refus de restituer les bronzes du Bénin est souvent justifié par le sophisme de la « pente glissante ». Le cas du Parthénon a bien plus de chances d’être réglé par l’avènement des répliques en 3D que par ce type de plateforme de partage des connaissances.

Digital Benin. Plaque en relief représentant un roi avec deux dignitaires (16e/17e siècle), Royaume du Bénin. Photo : Paul Schimweg/Museum am Rothenbaum MARKK.

Pour sa part, Barbara Plankensteiner a souligné que Digital Benin est un « processus parallèle » à la restitution. Nous l’appelons une plateforme de connaissances parce qu’elle va créer de nouvelles connaissances », a-t-elle déclaré. La plateforme est avant tout un triomphe de la collaboration sur la confrontation, et en tant que telle, elle indique un changement de paradigme. Alors que le « musée universel » du 20e siècle tentait d’abriter l’histoire du monde dans un seul bâtiment, peut-être que Digital Benin jette les bases d’un nouveau type de musée universel – un musée qui apporte les perspectives et l’expertise du monde entier pour élucider le patrimoine mondial comme jamais auparavant.

Le catalogue Digital Benin

Voir le catalogue : digitalbenin.org

Et encore

Samuel Reilly, Digital Benin opens a new chapter in the restitution saga, Apollo, 11 novembre 2022.

Cet article « Digital Benin » ouvre un nouveau chapitre dans la saga des restitutions est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le Nigérian Buhari rappelle à l’ordre ses pairs de la CEDEAO https://mondafrique.com/confidentiels/le-nigerian-buhari-rappelle-a-lordre-ses-pairs-de-la-cedeao/ Tue, 08 Sep 2020 08:53:16 +0000 https://mondafrique.com/?p=40333 A l’occasion du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO lundi à Niamey, le Président nigérian Muhammadu Buhari a rappelé à l’ordre ses pairs d’Afrique de l’Ouest sur le respect des règles démocratiques, au moment où l’institution régionale maintenait sa position de fermeté à l’endroit de la junte malienne, sommée de désigner un président de […]

Cet article Le Nigérian Buhari rappelle à l’ordre ses pairs de la CEDEAO est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
A l’occasion du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO lundi à Niamey, le Président nigérian Muhammadu Buhari a rappelé à l’ordre ses pairs d’Afrique de l’Ouest sur le respect des règles démocratiques, au moment où l’institution régionale maintenait sa position de fermeté à l’endroit de la junte malienne, sommée de désigner un président de transition civil avant le 15 septembre.

Cité sur twitter par son porte-parole, Gaba Shehu, il a  demandé aux dirigeants ouest-africains d’arrêter d’allonger leurs mandats car cela devient une source de problèmes. « En tant que dirigeants de nos Etats membres de la CEDEAO, nous devons adhérer aux dispositions constitutionnelles de nos pays, particulièrement en ce qui concerne la limitation des mandats. Car ce domaine est cause de crises et de tensions politiques dans notre sous-région », a-t-il déclaré, visant non seulement le Guinéen Alpha Condé mais aussi l’Ivoirien Alassane Ouattara.

Le Président nigérian est allé encore plus loin en précisant que cette retenue devait aussi embrasser « la nécessité de garantir des élections libres, justes et crédibles. » « Cela doit être le socle de la démocratie qu’il faut soutenir dans notre sous-région, de la même façon que le respect de l’état de droit. »

La veille, le porte-parole avait évoqué explicitement les élections législatives et présidentielles prévues cette année au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger, annonçant que le Président Buhari rappellerait, à l’occasion du sommet, « l’impératif de renforcer la démocratie dans la sous-région en respectant les dispositions constitutionnelles, l’état de droit et les résultats  de scrutins libres et équitables. »

La CEDEAO a été beaucoup perçue comme un club des chefs d’Etat prompts à défendre l’un des leurs lorsque Ibrahim Boubacar Keita a été renversé par une junte, après des mois de troubles et de protestations dans son pays et des élections législatives marquées par un double contexte de pandémie et d’insécurité et l’enlèvement du chef de file de l’opposition.

Cet article Le Nigérian Buhari rappelle à l’ordre ses pairs de la CEDEAO est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le Nigérien Petit Boube a vendu des armes à Ouattara https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/le-nigerien-petit-boube-a-vendu-des-armes-a-ouattara/ Thu, 03 Sep 2020 08:16:44 +0000 https://mondafrique.com/?p=40239 Le marchand d’armes nigérien Aboubacar Hima, alias Petit Boubé, a vendu des armes à la Côte d’Ivoire, a appris Mondafrique de source ivoirienne. Accusé par un rapport d’audit de l’Inspection générale des armées du Niger d’avoir contribué au détournement de près de 76 milliards de francs CFA de fonds destinés à des achats d’armement, Aboubacar […]

Cet article Le Nigérien Petit Boube a vendu des armes à Ouattara est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le marchand d’armes nigérien Aboubacar Hima, alias Petit Boubé, a vendu des armes à la Côte d’Ivoire, a appris Mondafrique de source ivoirienne.

Accusé par un rapport d’audit de l’Inspection générale des armées du Niger d’avoir contribué au détournement de près de 76 milliards de francs CFA de fonds destinés à des achats d’armement, Aboubacar Hima est aussi dans le collimateur de la justice du Nigeria. On a appris en août qu’il était recherché par la Commission sur les Crimes Economiques et Financiers, pour son implication dans l’affaire des détournements de fonds opérés dans le cadre de marchés d’approvisionnement de l’armée nigériane, en complicité avec le Conseiller National à la Sécurité du Nigeria Sambo Dasuki. L’avis de recherche le concernant figure sur le site internet de la Commission, qui précise qu’on lui reproche les crimes de « complot criminel, escroquerie au contrat, détournement de fonds publics, blanchiment d’argent, fraude sur des subventions pour un montant de $394 millions, 9,9 millions d’euros et 369 millions de nairas. » Aboubacar Hima n’ayant pas répondu aux convocations de la Commission, il est déclaré en fuite.

Au Niger, les auteurs du rapport d’inspection ont notamment découvert deux « faux » certificats de destination finale (end-user certificate), signés par le cabinet du chef d’état-major, concernant des livraisons d’armes jamais parvenues dans ce pays. Le mystère reste entier sur la destination réelle des canons d’aviation, armes collectives de calibre 12.7 mm et 916 missiles S8 non guidés faisant l’objet de l’un de ces certificats délivrés en 2018.

https://mondafrique.com/niger-76-milliards-de-fcfa-detournes-selon-linspection-des-armees/

Cet article Le Nigérien Petit Boube a vendu des armes à Ouattara est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Best Of Niger (9), le système antimissile fantôme de l’avion présidentiel https://mondafrique.com/decryptage/le-systeme-de-protection-antimissile-fantome-de-lavion-du-president/ Fri, 07 Aug 2020 14:00:20 +0000 https://mondafrique.com/?p=38375 Dans leur rapport d’audit sur les marchés publics du ministère de la Défense, publié le 17 février dernier, les inspecteurs généraux des Armées s’attardent avec précision sur un marché hors norme, relatif à l’acquisition d’un système de protection antimissile sur l’avion présidentiel. Cette affaire illustre en effet toutes les tares de la gestion démontrée au […]

Cet article Best Of Niger (9), le système antimissile fantôme de l’avion présidentiel est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Dans leur rapport d’audit sur les marchés publics du ministère de la Défense, publié le 17 février dernier, les inspecteurs généraux des Armées s’attardent avec précision sur un marché hors norme, relatif à l’acquisition d’un système de protection antimissile sur l’avion présidentiel. Cette affaire illustre en effet toutes les tares de la gestion démontrée au ministère de la Défense du Niger, en termes de désordre et d’improvisation administratives autant que de capacité de prédation sans tabou.

Le bénéficiaire du marché, conclu en 2015, est, comme très souvent, la société BRID A DEFCON, d’Aboubacar Hima, surnommé Petit Boubé, qui a perçu près de 3 milliards de francs CFA (4,5 millions d’euros). « Ce montant a été payé par mandatement en date du 14 décembre 2014, c’est-à-dire avant même l’approbation du marché le 6 août 2015», notent les auteurs. Le délai d’exécution du marché était de six mois. Mais près de cinq ans plus tard, «le système n’a jamais été installé sur le BBJ 737 (l’avion du Président).» « En effet, un faux bon de livraison et un faux procès verbal de réception ont servi à liquider le dossier pour le paiement indu du montant.»

Et cela vaut peut-être mieux, malgré les promesses du fournisseur, épinglé par l’Inspection, de réparer son impair.

Car l’installation de ce système « exposerait l’avion à des risques », changerait « son statut pour passer d’avion civil à avion militaire » et nécessiterait « en outre, au préalable, une autorisation du constructeur américain Boeing », d’après les techniciens de l’Armée de l’Air du Niger, de Russie, d’Ukraine ainsi que l’Autorité nigérienne de l’Aviation civile, cités par les auteurs du rapport. « Elle est contre-productive, inefficace et inopportune. » Il faut donc faire rentrer l’Etat dans ses droits, concluent-ils. C’est-à-dire exiger le remboursement.

Mais ce dossier  révèle aussi l’amateurisme et la négligence des trafiquants eux-mêmes et, du coup, la nécessaire complicité de l’administration qui a reçu ces pièces.

BRID A DEFCON est une société enregistrée au Nigeria « qui a fait l’objet de plusieurs procès au Nigeria, n’est plus active » et ne paye l’impôt ni au Nigeria, ni au Niger, précisent les inspecteurs. « Le contrat a fait l’objet d’une fausse mise en concurrence avec les sociétés APC AXIAL et AERODYNE TECHNOLOGIES, qui sont en réalité des sociétés créées en zone franche de l’aéroport international de Sharjah, aux Emirats arabes unis, et qui sont aujourd’hui des sociétés dormantes. »

La fausse mise en concurrence est un classique des marchés publics et le dossier d’audit du ministère de la Défense la retrouve sur de nombreux marchés. 

Pire, ces sociétés n’ont pas hésité à produire « de fausses pièces administratives et des documents falsifiés. » C’est ainsi que le registre de commerce fourni par AERODYNE TECHNOLOGIES est établi au nom d’un dénommé Gintaustas Baraukas, « né le 18 mars 1959 à Sharjah, en Ukraine, de nationalité ukrainienne». Or Sharjah est une ville des Emirats arabes unis. Et le gérant officiel de la société n’est pas ukrainien, mais letton « et impliqué dans plusieurs dossiers ayant servi à extorquer d’importantes sommes d’argent à l’Etat du Niger. » Il nourrirait d’ailleurs, tout récemment, le projet d’attaquer le Niger en justice pour réclamer le reliquat d’autres contrats tout aussi fantaisistes. 

Cet article Best Of Niger (9), le système antimissile fantôme de l’avion présidentiel est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
600 filles enlevées par Boko Haram en 9 ans https://mondafrique.com/confidentiels/600-filles-enlevees-par-boko-haram-en-9-ans/ Thu, 11 Oct 2018 15:10:27 +0000 https://mondafrique.com/?p=23224 Au Nigeria, l’impact des attaques d’école est dévastateur pour les jeunes filles, témoigne un rapport de la Coalition mondiale pour la protection des populations  Les attaques contre l’éducation perpétrées par le groupe d’insurgés de Boko Haram ont causé des souffrances horribles et de longue durée aux élèves de sexe féminin et aux enseignantes du nord-est […]

Cet article 600 filles enlevées par Boko Haram en 9 ans est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Au Nigeria, l’impact des attaques d’école est dévastateur pour les jeunes filles, témoigne un rapport de la Coalition mondiale pour la protection des populations 

Les attaques contre l’éducation perpétrées par le groupe d’insurgés de Boko Haram ont causé des souffrances horribles et de longue durée aux élèves de sexe féminin et aux enseignantes du nord-est du Nigeria, a déclaré la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) dans un rapport publié aujourd’hui.

Boko Haram a enlevé plus de 600 jeunes filles et jeunes femmes à l’école au cours des neuf années de conflit ; certaines étant détenues en captivité pendant des années, et beaucoup d’entre elles subissaient des répercussions nocives bien après leur retour chez elles.

Le rapport de 106 pages, « You Will Never Go Back to School’: Impact of Attacks on Education for Nigerian Women and Girls », (Vous n’irez plus jamais à l’école : Impact des attaques contre l’éducation pour les femmes et filles nigériennes) est basé sur des entrevues avec 119 victimes et témoins oculaires des attaques sur des écoles et sur l’éducation, y compris des survivants des trois plus grands enlèvements d’école au Nigeria : Chibok (avril 2014), Damasak (novembre 2014) et Dapchi (février 2018). Dans le rapport, des femmes et des jeunes filles parlent de leurs expériences effrayantes, y compris la conversion forcée à l’islam, le « mariage » forcé, le viol et d’autres violences physiques et psychologiques.

«Boko Haram vise toujours les étudiantes pour des violences et des abus inimaginables » a déclaré Diya Nijhowne, directrice générale de GCPEA.  « Cette année, l’enlèvement de 111 filles de leur école à Dapchi – plus de quatre ans après la tragédie de Chibok – souligne la nécessité urgente pour le Nigeria de renforcer la sécurité scolaire et de protéger les élèves et les enseignantes de sexe féminin.»

Cet article 600 filles enlevées par Boko Haram en 9 ans est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
La Suisse, les corrupteurs chinois et le pétrole nigérian https://mondafrique.com/economie/suisse-corrupteurs-chinois-petrole-nigerian/ Thu, 04 Oct 2018 06:41:14 +0000 http://mondafrique.com/?p=12610 Il faut sans doute être chinois pour prendre la décision, en quelques jours, de fermer une société qui vous a coûté 7,8 milliards de francs suisses (6,2 milliards d’euros). A moins d’être très inquiet. La China Petroleum and Chemical Corporation – ou Sinopec – le cinquième producteur mondial de pétrole, a été la première entreprise […]

Cet article La Suisse, les corrupteurs chinois et le pétrole nigérian est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Il faut sans doute être chinois pour prendre la décision, en quelques jours, de fermer une société qui vous a coûté 7,8 milliards de francs suisses (6,2 milliards d’euros). A moins d’être très inquiet.

La China Petroleum and Chemical Corporation – ou Sinopec – le cinquième producteur mondial de pétrole, a été la première entreprise chinoise à venir faire ses emplettes en Suisse, en rachetant Addax Petroleum. Alors que la Confédération n’a de ports que sur ses lacs, elle est devenue la deuxième place mondiale pour l’achat et la vente de pétrole et de matières premières, juste derrière Londres. Bien évidemment les barils ne circulent par sur le lac Léman, mais ils s’échangent dans quelques 350 sociétés de négoce, qui se veulent encore plus discrètes que les fiduciaires et les établissements financiers. Cotée en Bourse, Addax Petroleum était une très bonne affaire, active en Nigeria, au Gabon, au Cameroun et en Irak.

Des bakchichs en dollars

L’affaire a commencé à sentir le roussi en décembre 2016, lorsque Deloitte, le cabinet britannique d’audit d’Addax Petroleum, annonce son intention d’émettre un « avis de non-responsabilité ». En clair, le cabinet refuse de cautionner les comptes d’une société pétrolière qui verse 100 millions de dollars (respectivement 20 puis 80 millions) à un cabinet d’avocats sans donner « d’explications satisfaisantes ». Des sommes destinées à arrondir les fins de mois difficiles de sociétés au Nigeria. L’information est révélée par le quotidien suisse 24 heures. Reniflant aussitôt une odeur de pots-de-vin, la justice genevoise ouvre une enquête pour soupçons de corruption. Le CEO d’Addax Petroleum, Yi Zhang, se retrouve brièvement derrière les barreaux, accompagné par Guus Klusener, le directeur juridique de cette entreprise active dans l’exploration et la production pétrolière en Afrique. Mais à peine sortis de prison, les deux dirigeants reprennent immédiatement leurs postes, comme s’il ne s’était rien passé.

Indulgences suisses    

Cette histoire embarrasse tout particulièrement le canton de Genève, qui ne ménage pas ses efforts depuis plusieurs années pour attirer au bord du lac des géants chinois. « Or, la China Petroleum and Chemical Corporation a sans doute spécialement choisi la Suisse en imaginant que le pays fermait toujours les yeux sur les magouilles », souligne un proche du dossier. Seulement voilà, depuis quelques années, sous la pression conjuguée de Washington et de Bruxelles, la Confédération a promis de mettre fin au secret bancaire et au blanchiment d’argent.

La Cité de Calvin n’est tout de même pas une république bananière et les juges sont indépendants du pouvoir politique. Malgré tout, un compromis est trouvé. Le 5 juillet, le Ministère public classe la procédure contre Addax, en considérant que la société pétrolière aurait accompli tous les efforts que l’on pouvait attendre d’elle « pour compenser le tort qu’elle a causé et rétablir une situation conforme à la loi ». En clair, l’entreprise s’en tire avec une simple amende de 31 millions de francs suisses (28 millions d’euros).

Des salariés à la rue      

Mais pour les Chinois, 31 millions, c’est déjà trop. Selon eux, la justice suisse aurait dû carrément accorder un certificat de virginité à leur protégé genevois. Résultat, un mois plus tard, début août, Sinopec annonce que pour « rationaliser ses processus opérationnels », il fermait boutique et licenciait les 174 salariés d’Addax Petroleum en Suisse. Les bureaux à Aberdeen, en Grande-Bretagne et à Houston, aux Etats-Unis, sont également bouclés. « Il faut connaître les Chinois. Ils avaient bien prévenu qu’à la moindre condamnation, ils fichaient le camp. Là-dessus, ils ont tenu parole », rappelle Patrick Gantès, secrétaire général du centre de recherches entreprises et sociétés (CRES), et ancien consultant d’Addax Petroleum.

Sur les bords du lac, on tente de minimiser cette fuite. Mais le choc est rude. « Le négoce de pétrole depuis Genève se caractérise par une expertise reconnue internationalement et un environnement offrant des conditions-cadres favorables. Le secteur ne devrait pas être trop affecté par ce départ, pour autant que les conditions-cadres restent favorables », assure Stéphane Graber, le secrétaire général de l’Association suisse du négoce de matières premières et le transport maritime (STSA) dans La Tribune de Genève.

La SEC sur le coup     

Cette débandade n’évitera pas forcément les ennuis au géant chinois. Le 30 août, l’Américain Bloomberg, spécialiste des marchés financiers et de l’information économique et financière, annonçait que Sinopec était rattrapé par la justice et les autorités boursières américaines, la SEC (Securities and Exchange Commission) (*). Les raisons ? Les paiements supposés illicites de 100 millions de dollars, versés depuis la Suisse vers le Nigeria, seraient passés par des banques à New York et en Californie. Selon le quotidien suisse Le Temps, la justice genevoise aurait d’ailleurs eu vent de cette procédure ouverte de l’autre côté de l’Atlantique. « Il était inutile de poursuivre une procédure tentaculaire pour des faits commis essentiellement au Nigeria alors que les autorités américaines enquêtaient sur les mêmes faits », croit savoir le journal.

Il reste à savoir comment un géant chinois, qui pèse plus de quatre cents milliards de dollars de chiffre d’affaires et emploie plus de 600 000 personnes, pourrait réagir face aux accusations américaines. Il n’est pas certain que la China Petroleum and Chemical Corporation baisse la tête comme BNP Paribas et accepte une amende de plusieurs milliards de dollars. La grande banque française, sanctionnée pour avoir violé des embargos américains à Cuba, en Iran, et surtout au Soudan, s’est, depuis, presque entièrement retirée du marché.

 

 

(*) « Chinese Oil Giant Sinopec probed by the US Over Nigeria bribery allegations ».        

Cet article La Suisse, les corrupteurs chinois et le pétrole nigérian est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Lac Tchad, des milices contre Boko Haram https://mondafrique.com/international/lac-tchad-milices-contre-boko-haram/ Wed, 28 Mar 2018 10:50:45 +0000 https://mondafrique.com/?p=18203 Les armées régionales dans le bassin du lac Tchad utilisent des groupes d’autodéfense pour renforcer les campagnes militaires contre les insurgés de Boko Haram. Mais recourir à ces milices n’est pas sans risque, alors que les combattants se tournent vers la violence communautaire et le crime organisé. A long terme, ces groupes doivent être dissous […]

Cet article Lac Tchad, des milices contre Boko Haram est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Les armées régionales dans le bassin du lac Tchad utilisent des groupes d’autodéfense pour renforcer les campagnes militaires contre les insurgés de Boko Haram. Mais recourir à ces milices n’est pas sans risque, alors que les combattants se tournent vers la violence communautaire et le crime organisé. A long terme, ces groupes doivent être dissous ou réglementés.

par Crisis Group

Les groupes d’autodéfense au Nigéria, au Cameroun, au Niger et au Tchad jouent un rôle majeur dans la lutte contre Boko Haram, mais leur présence suscite des inquiétudes. Ils rendent les opérations militaires moins brutales et plus efficaces et ont dans une certaine mesure recréé du lien entre ces Etats et bon nombre de leurs communautés locales, mais ils ont également commis des abus et participé à l’économie de guerre. Au Nigéria en particulier, le recours au « vigilantisme » a largement contribué à transformer une insurrection contre l’Etat en une guerre civile plus sanglante, opposant Boko Haram aux communautés et conduisant à une augmentation drastique de la violence.

Comme le conflit, les groupes d’autodéfense continuent d’évoluer. Ils se mêlent aux hautes sphères politiques, en particulier au Nigéria, mais également aux dynamiques intercommunautaires locales, aux opérations commerciales et aux chefferies. Leur désir de voir leurs actions récompensées devra être pris en compte, tout comme la nécessité pour les Etats du bassin du lac Tchad de combler le manque de police de proximité, principalement dans les zones rurales. Pour que les groupes d’autodéfense ne deviennent pas une source d’insécurité, chacun de ces Etats devra trouver son propre équilibre entre dissolution lente des groupes, officialisation et réglementation.

Le vigilantisme, le recours à des acteurs non étatiques pour faire respecter l’ordre public (ou tout au moins une forme d’ordre) s’inscrit dans l’histoire de la région du lac Tchad. Les puissances coloniales comptaient, dans une large mesure, sur les chefs traditionnels locaux et leur entourage. La crise aux multiples facettes de la gouvernance et le déclin des services publics dans les Etats du lac Tchad depuis les années 1980 ont ouvert la voie à de nouveaux groupes d’autodéfense. Les problèmes d’ordre public auxquels ils ont tenté de répondre ont contribué à l’émergence et l’expansion de Boko Haram, mouvement qui cherche à fixer des règles et une orientation.

La lutte des groupes d’autodéfense contre Boko Haram a commencé en 2013, à Maiduguri, capitale de l’état du Borno et épicentre de l’insurrection, sous la double pression d’une violence jihadiste croissante et des actions des forces de sécurité. La Force d’intervention conjointe (Joint Task Force, JTF), dirigée par l’armée nigériane, s’est rapidement rendu compte du potentiel des groupes d’autodéfense comme source de connaissance, de renseignements et de main d’œuvre au niveau local et a entrepris de les coordonner avec l’aide des autorités locales et traditionnelles. Opérant sous le nom officieux mais révélateur de Force d’intervention civile conjointe (Civilian Joint Task Force, CJTF), les groupes d’autodéfense ont été essentiels pour chasser Boko Haram de la ville, puis lancer des opérations dans tout l’état du Borno. L’utilisation officielle des groupes d’autodéfense pour lutter contre Boko Haram s’est étendue plus largement au Nigéria, puis au Cameroun en 2014 et enfin au Tchad en 2015, où ils sont appelés « comités de vigilance ». Le Niger a été plus réticent, en partie du fait des luttes passées avec des groupes armés et parce qu’il n’en a pas eu autant besoin.

Les groupes d’autodéfense ont joué de nombreux rôles : réseaux de surveillance plutôt discrets au Niger, auxiliaires militaires ou forces combattantes semi-autonomes au Nigéria. Pour les forces armées de la région, surmenées et sous pression, ils ont dans une certaine mesure comblé les lacunes en matière de sécurité et fourni des connaissances locales. Ils ont rendu la réponse militaire plus ciblée et plus efficace, mais leur mobilisation a aussi provoqué des représailles de Boko Haram contre leurs communautés et contribué aux niveaux élevés de victimes civiles en 2014 et 2015. Paradoxalement, cela a également favorisé la stratégie des gouvernements régionaux d’éloigner les civils des jihadistes.

Alors que l’insurrection se divise et se rabat sur des opérations de guérilla plus discrètes et des attaques terroristes, néanmoins, le moment est venu d’évaluer les risques posés par une mobilisation aussi importante des groupes d’autodéfense (leurs membres prétendent être environ 26 000 dans le seul état du Borno). Leurs demandes de rémunération vont devoir être prises en compte, en particulier si les autorités envisagent de négocier avec les militants de Boko Haram pour qu’ils déposent leurs armes. À plus long terme, les membres des groupes d’autodéfense pourraient devenir des bras armés politisés, se tournant vers le crime organisé ou nourrissant la violence communautaire. Le vigilantisme peut être un puissant outil de contre-insurrection, mais il est impératif de faire face aux préoccupations immédiates qu’il suscite, notamment en matière d’impunité, et de commencer à prévoir sa transformation post-conflit sur le long terme.

L’assèchement du lac Tchad suscite des convoitises

Cet article Lac Tchad, des milices contre Boko Haram est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Nigeria, Shell et Eni accusés de négliger la pollution https://mondafrique.com/societe/nigeria-shell-eni-accuses-de-negliger-pollution/ Thu, 15 Mar 2018 08:00:54 +0000 https://mondafrique.com/?p=17882 Par l’intermédiaire d’un réseau des décodeurs, une plateforme novatrice et participative dans le domaine de la recherche sur les droits humains, Amnesty International a mobilisé des milliers de sympathisants et de militants pour analyser des données sur les déversements d’hydrocarbures dans le delta du Niger. Les internautes ont étudié les informations sur le contenu des […]

Cet article Nigeria, Shell et Eni accusés de négliger la pollution est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Par l’intermédiaire d’un réseau des décodeurs, une plateforme novatrice et participative dans le domaine de la recherche sur les droits humains, Amnesty International a mobilisé des milliers de sympathisants et de militants pour analyser des données sur les déversements d’hydrocarbures dans le delta du Niger.
Les internautes ont étudié les informations sur le contenu des rapports que Shell et Eni publient à chaque fois que leur personnel va constater un déversement d’hydrocarbures.Ces renseignements ont ensuite été analysés par les chercheurs d’Amnesty International et vérifiés par Accufacts, une entreprise d’expertise indépendante spécialisée dans les oléoducs.
Preuve 1: Shell et Eni ignoraient les signalements
En examinant les éléments accessibles au public, ils ont constaté que Shell et Eni mettaient des semaines à réagir aux signalements de déversements et publiaient des informations erronées sur la cause et la gravité de ces fuites, ce qui pouvait compromettre la possibilité d’une indemnisation pour la population.Shell et Eni affirment faire tout leur possible pour prévenir les déversements d’hydrocarbures mais les recherches des décodeurs laissent à penser qu’il en est autrement. Ceux-ci ont découvert que les deux entreprises ignoraient souvent les signalements de fuites pendant de longs mois ; une fois, Eni a même mis plus d’un an à réagir. Le delta du Niger est l’un des endroits les plus pollués de la planète et le fait que les entreprises responsables fassent encore preuve d’une telle négligence dépasse l’entendement.Preuve 2: Shell et Eni publiaient des informations erronées
Pour couronner le tout, Shell et Eni semblent publier des informations peu fiables sur la cause et l’ampleur des déversements.

Cela fait trop longtemps que la population du delta du Niger paie le prix de l’imprudence de Shell et d’Eni. Grâce aux décodeurs, la perspective d’amener ces entreprises à rendre des comptes se rapproche.

Sur la même thématique, un autre article de Mondafrique :

Enfin les multinationales vont respecter les droits humains

Cet article Nigeria, Shell et Eni accusés de négliger la pollution est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
L’assèchement du lac Tchad suscite des convoitises https://mondafrique.com/international/assechement-lac-tchad-supercherie-realite/ Wed, 28 Feb 2018 17:36:28 +0000 https://mondafrique.com/?p=17388 L’assèchement du lac Tchad est d’actualité. Est-ce une nouvelle manipulation de l’opinion publique pour détourner des milliards de dollars et conforter les autocrates de la région sur fond de changement climatique? par Aza Boukris Une conférence internationale sur l’avenir du Lac Tchad se tient du 26 au 28 février 2018 à Abuja, la capitale du […]

Cet article L’assèchement du lac Tchad suscite des convoitises est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
L’assèchement du lac Tchad est d’actualité. Est-ce une nouvelle manipulation de l’opinion publique pour détourner des milliards de dollars et conforter les autocrates de la région sur fond de changement climatique?

par Aza Boukris

Une conférence internationale sur l’avenir du Lac Tchad se tient du 26 au 28 février 2018 à Abuja, la capitale du Nigeria. Les chefs de gouvernement des quatre pays riverains ( Cameroun, Niger, Nigeria et Tchad), des personnalités politiques de pays voisins, Centrafrique, Libye, de nombreux représentants d’Organisations internationales vont échanger sur les conséquences sociopolitiques de l’assèchement du Lac Tchad et envisager des solutions pour redonner vie au lac qui concerne plusieurs dizaines de millions d’habitants.

Un espace de non-droit, devenu invivable
Il va de soi que la disparition des frontières terrestres entre les États concernés et les sanctuaires de la secte Boko Haram, désormais établis dans cet espace de non-droit, sont des sujets majeurs de préoccupation, aussi bien au titre des changements climatiques que de la situation géopolitique, au coeur de l’Afrique. Les quelques milliers de militants de Boko Haram ont trouvé là, le territoire qui leur manquait, avec le concours des anciens pêcheurs du lac, complètement délaissés et ayant perdu leur cadre de vie.

L’ assèchement progressif du Lac Tchad, qui aurait perdu 90 % de sa superficie, modifie sensiblement cette zone stratégique du continent africain. La communauté internationale se doit évidemment d’apporter son aide à la population pour la sauver de la famine mais aussi de la terreur imposée par Boko Haram, mais  en prenant garde de remplir un nouveau tonneau des Danaïdes.

L’instrumentalisation de ce phénomène hydrologigue
Les États membre de la Commission du Lac Tchad sont dans des situations socio-politiques et financières comme ils n’en ont jamais connues, depuis leur indépendance. Leur désintégration est à l’image de l’assèchement du Lac Tchad : progressif et amplificateur de la pauvreté.  Le moment est donc propice pour les autocrates locaux de solliciter des financements internationaux, peu importe la façon dont ces mânes financières pourraient être gérées. Business as usual. Les dirigeants des pays concernés ont opportunément remis sur table le fameux projet de détournement des eaux de l’Oubangui vers l’Aouk et le Chari pour renflouer le Lac Tchad. Des bureaux de consultance y ont bien vu les retombées financières exceptionnelles et la Chine, via la société d’Etat PowerChina, s’est lancée dans des études de faisabilité pour ce projet mirobolant estimé, à première vue, à plus de dix milliards de dollars. Un tel projet pourrait surtout servir à alimenter les propres intérêts des uns et des autres.

La politique prend le dessus sur la science et l’histoire
Si l’assèchement du Lac Tchad est une réalité bien visible, en revanche son dessèchement final, c’est-à-dire sa disparition totale est une fausse interprétation des réalités hydrologiques qui se fondent sur plus de cent années d’études scientifiques, également incontestables. De nombreux scientifiques, reconnus pour leurs travaux universitaires, mettent en doute une disparition du Lac Tchad. Les aléas pluviométriques dans les régions orientales de Centrafrique et du Bahr el-Ghazal soudanais ont des répercussions sur la superficie du Lac Tchad.

Un flash back sur l’histoire du Lac Tchad est sans appel. Au début du XXème siècle, les explorateurs et militaires coloniaux avaient rapporté les fluctuations du Lac Tchad. Après une période de sécheresse importante, fin XIXème siècle – début XXème siècle, le commandant géodésien Jean Tilho avait noté en 1908, que les eaux avaient quasiment disparu et que le Lac était devenu un marécage avec sa végétation palustre. Là où il pouvait jadis naviguer sur sa chaloupe, Jean Tilho pouvait désormais faire passer sa caravane de chameaux, à pieds secs. La disparition du Lac Tchad alimentait déjà les préoccupations. Mais dès 1913, Jean Tilho notait que le Lac Tchad avait repris sa superficie d’avant la sécheresse. La question de la disparition du Lac Tchad et les constats de Jean Tilho la réfutant  sont toujours d’actualité. L’assèchement du Lac Tchad est conjoncturel.

Selon le bon principe « A quelque chose malheur est bon », les spécialistes en recherche-développement font aussi remarquer que la décrue des eaux du Lac Tchad a laissé apparaître des terres très fertiles qui pourraient être exploitées, si la sécurité était assurée dans cette zone , plus ou moins contrôlée par Boko Haram. Nul doute que la question du Lac Tchad va devenir un thème porteur pour de futurs colloques et conférences internationales.

Mondafrique présente un reportage réalisé par France 2 sur le lac Tchad :

Cet article L’assèchement du lac Tchad suscite des convoitises est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>