Mali - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/mali/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 03 Mar 2026 13:03:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Mali - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/mali/ 32 32 La force armée de la Cedeao toujours virtuelle https://mondafrique.com/limage-du-jour/force-en-attente-de-la-cedeao-mirage-ou-realite/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/force-en-attente-de-la-cedeao-mirage-ou-realite/#respond Tue, 03 Mar 2026 05:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147989 Annoncée, promise, oubliée, puis remise au goût du jour, revoilà le projet de la CEDEAO de déployer une force armée. Fin février 2026 à Freetown, l’organisation a décidé d’envoyer un signal fort. Sur le papier, l’annonce est ambitieuse. Dans la pratique, de nombreux obstacles restent à surmonter. Depuis plus de vingt ans, la Force armée […]

Cet article La force armée de la Cedeao toujours virtuelle est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Annoncée, promise, oubliée, puis remise au goût du jour, revoilà le projet de la CEDEAO de déployer une force armée. Fin février 2026 à Freetown, l’organisation a décidé d’envoyer un signal fort. Sur le papier, l’annonce est ambitieuse. Dans la pratique, de nombreux obstacles restent à surmonter.

Depuis plus de vingt ans, la Force armée de la CEDEAO (FAA), toujours en attente,ressemble à une arlésienne : toujours invoquée mais jamais visible sur le terrain. Son ancêtre, l’ECOMOG, avait marqué les années 1990 lors des guerres au Liberia et en Sierra Leone, laissant derrière elle une réputation entachée par de graves violations des droits humains. Depuis, et malgré les crises majeures qui ont secoué et secouent toujours l’Afrique de l’Ouest, la nouvelle version de cette force régionale n’a jamais été à l’œuvre.

Freetown : le retour des promesses

Selon les chefs d’état-major ouest-africains réunis en Sierra Leone, un premier contingent d’environ 2 000 soldats serait opérationnel d’ici fin 2026. L’objectif affiché : répondre à la montée en puissance des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, dont les actions s’étendent du Sahel vers les États côtiers.

L’initiative vise également à restaurer l’image d’une organisation souvent critiquée pour son activisme politique mais jugée peu efficace sur le plan sécuritaire.

Cependant, au-delà de l’effet d’annonce, les interrogations demeurent.

Le défi des effectifs et des financements

Deux mille hommes : le chiffre apparaît modeste au regard de l’ampleur de la menace. Les groupes armés actifs dans la région comptent des milliers de combattants aguerris et mobiles. Dans un espace aussi vaste que l’Afrique de l’Ouest, marqué par des zones forestières, sahéliennes et côtières difficiles à contrôler, cet effectif ne pourra jouer qu’un rôle symbolique.

Autre obstacle majeur : l’argent. Déployer une force régionale crédible suppose des moyens lourds : transport aérien, renseignement, équipements adaptés, primes de risque, soutien logistique continu. Or, le financement de l’opération n’est pas encore bouclé. Sans ressources stables, la Force en attente pourrait demeurer fidèle à son appellation : en attente… de financements.

Les plus grandes difficultés sont politiques

Mais au-delà des problèmes pratiques, les obstacles majeurs sont bien entendu d’ordre politique. Les États les plus touchés par les groupes armés djihadistes le Mali, le Burkina Faso et le Niger, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont claqué la porte de la CEDEAO. Sauf improbable retournement diplomatique, il n’est donc pas question que la Force en attente se déploie sur leur territoire. Autrement dit, l’organisation entend combattre une menace dont l’épicentre se situe précisément en dehors de son périmètre politique actuel.

Mais la difficulté ne s’arrête pas là. Deux membres de la CEDEAO, le Bénin et le Nigeria, se sont réunis à Cotonou le 27 février pour formaliser une stratégie sécuritaire transfrontalière : coordination des patrouilles, partage de renseignements, opérations conjointes, surveillance accrue des flux. La France a été sollicitée pour les accompagner, notamment en matière de renseignement.

Mauvaise manière

Alors même que la CEDEAO annonce solennellement l’activation de sa Force en attente, deux de ses États membres choisissent de coopérer avec l’appui d’un partenaire extérieur. C’est une très mauvaise manière faite à l’organisation sous-régionale. Cette initiative traduit aussi un manque de confiance dans l’efficacité de la communauté économique ouest-africaine. Ce choix risque, en prime, d’alimenter davantage la méfiance de l’AES vis-à-vis de ses voisins côtiers. Voir Abuja et Cotonou renforcer leur coopération sécuritaire avec Paris ne pourra qu’attiser les discours sur l’ingérence extérieure et le manque de solidarité strictement africaine.

Enfin, si le Nigeria, première puissance militaire de la région et contributeur essentiel aux opérations de la CEDEAO, investit prioritairement dans des cadres bilatéraux, cela fragilise la FAA, qui risque de manquer de l’impulsion politique et des moyens humains qui conditionnent sa crédibilité.

La Force en attente pourrait bien rester fidèle à sa réputation : une promesse récurrente dans les discours, mais toujours incertaine dans les faits.

 

Cet article La force armée de la Cedeao toujours virtuelle est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/limage-du-jour/force-en-attente-de-la-cedeao-mirage-ou-realite/feed/ 0
Chronique d’une drôle de guerre dans le nord du Mali https://mondafrique.com/a-la-une/chronique-dune-drole-de-guerre-dans-le-nord-du-mali/ https://mondafrique.com/a-la-une/chronique-dune-drole-de-guerre-dans-le-nord-du-mali/#respond Thu, 26 Feb 2026 09:13:26 +0000 https://mondafrique.com/?p=147677 Le théâtre du conflit du nord du Mali est peu actif ces dernières semaines. Les hostilités se limitent, du côté des groupes armés rebelles et djihadistes, à des attaques à distance contre les convois de ravitaillement militaires. Sur les itinéraires empruntés par ces derniers, les soldats maliens et leurs alliés russes continuent de commettre des […]

Cet article Chronique d’une drôle de guerre dans le nord du Mali est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le théâtre du conflit du nord du Mali est peu actif ces dernières semaines. Les hostilités se limitent, du côté des groupes armés rebelles et djihadistes, à des attaques à distance contre les convois de ravitaillement militaires. Sur les itinéraires empruntés par ces derniers, les soldats maliens et leurs alliés russes continuent de commettre des exactions contre les civils.

C’est une guerre sourde. Comme si aucun des belligérants ne tenait à rouvrir les hostilités. Manquant de moyens décisifs pour inverser la situation sur le terrain, soucieux d’économiser leurs hommes ou en attente d’une situation meilleure, les djihadistes d’Iyad Ag Ghali, les forces armées maliennes (FAMA) et leurs supplétifs russes et locaux, de même que les indépendantistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA), s’observent davantage qu’ils ne s’affrontent vraiment.

Quelques rares échauffourées sont rapportées – et toujours des exécutions sommaires de civils touareg. Mais ces agissements contre les civils semblent moins systématiques que du temps du ratissage opéré sur le terrain par les miliciens russes de Wagner, avant leur remplacement, au printemps 2025, par Africa Corps, une unité directement contrôlée par l’armée russe et moins agressive ou audacieuse que ses prédécesseurs. Il faut dire que la défaite de Tinzawaten, qui a vu une colonne de Wagner et des FAMA décimée par le feu rebelle entre le 25 et le 27 juillet 2024, à deux pas de la frontière algérienne, a laissé un mauvais souvenir aux Russes : des dizaines de morts abandonnés dans le désert et deux prisonniers. Tinzawaten est un fief incontesté des combattants indépendantistes touareg. 

Les djihadistes du GSIM affaiblis

Commençons par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM). Des observateurs le disent affaibli dans la région. Parce que la zone de repli d’Iyad Ag Ghali vers l’Algérie, vitale pour lui, a été reprise, depuis novembre 2023, par les FAMA, de même que son fief de Kidal. Le gouvernorat de la petite ville des Ifoghas a même été confié à son ennemi de trente ans (et ancien bras droit dans la rébellion), le général Elhadj Gamou. On dit que 2000 soldats russes y seraient basés. Ou tout simplement par épuisement des combattants, qui ont quitté la région ou sont harcelés par les armées nationales.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés  a annoncé récemment l’enregistrement de 184 521 réfugiés et demandeurs d’asile en Mauritanie jusqu’en janvier 2026, originaires du nord et du centre du Mali. Des milliers d’autres sont en attente. Les frappes des armées de l’Alliance des États du Sahel dans le nord, à l’est et au sud compliquent aussi les mouvements et les ravitaillements et coupent les nordistes du grand vivier des combattants peuls du delta central. Dans les premiers jours de février, une frappe de drone militaire a d’ailleurs tué une femme et trois adolescents près de Talataye, dans la zone des trois frontières écumée par l’État islamique, selon les réseaux sociaux pro-FLA.

S’éloigner des itinéraires empruntés par les Russes  

De la même façon que les déplacements djihadistes sont pris pour cibles et, de ce fait, compliqués, les mouvements et relèves des FAMA et de leurs supplétifs russes sont périodiquement attaqués. Ils sont pris à partie pendant des missions régulières d’escorte sur les axes Kidal-Gao, Kidal-Aguelhoc-Tessalit et Gao-Menaka. Sur ces pistes, ils sont souvent guidés par les hommes de Gamou, qu’ils soient puisés dans la milice d’autodéfense GATIA ou dans les unités régulières composées de soldats issus de la même communauté Imghad.

En marge de ces convois, des civils sont parfois assassinés par les Russes d’Africa Corps, par suspicion, précaution ou cruauté envers les nomades touareg et arabes qu’ils surnomment « les bergers ».

Le 23 janvier, une patrouille de sept véhicules sillonnant la vallée d’Eghachar Sadidan a tué un octogénaire. Trois jours plus tard, deux jeunes Touaregs sont morts à Amrouche (Goundam, région de Tombouctou). Le général Gamou lui-même ne semble pas avoir les moyens d’empêcher ces exactions, y compris contre les campements de sa communauté. Le 27 janvier, il a convoqué une réunion restreinte à Kidal et demandé aux participants de relayer un message de mise en garde des civils pour leur demander de s’éloigner des itinéraires empruntés par les Russes, notamment vers Guencheche et Gounham, deux localités situées sur la route nationale qui relie Anefis à Kidal.

Un FLA à deux têtes 

Le Front de libération de l’Azawad, dernier acteur du théâtre, semble aussi davantage observer les forces en présence que prendre l’initiative du combat. Son hybridité est particulièrement visible depuis la chute de Kidal. La composante « HCUA » (Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad, ex Ansar Dine, très proche d’Iyad Ag Ghali) s’organise plutôt à partir de l’Algérie (où sont installés plusieurs leaders) et la composante MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), indépendantiste, plutôt à partir de la Mauritanie. Ces deux géographies reflètent sans doute celles de leurs alliances respectives à l’extérieur.

Comme en 2012, les deux camps ont repris chacun son espace et sa marge de manœuvre. Même si la coalition touareg a acté, au printemps 2024, une sorte de trêve avec les djihadistes du GSIM, sous l’égide du HCUA et de son secrétaire général Alghabass Ag Intallah, le MNLA et son chef Bilal Ag Acherif connaissent mieux que personne les limites de la confiance qu’ils peuvent placer dans Iyad Ag Ghali. En 2012, l’expérience a été particulièrement cuisante. Après avoir rallié l’assaut conduit par le MNLA contre l’armée malienne dans les régions du nord, Iyad Ag Ghali et son groupe armé de l’époque (Ansar Dine) avaient doublé le mouvement puis l’avaient pris en étau avec les autres composantes de la galaxie djihadiste avant de le repousser à la frontière algérienne. Le MNLA y est resté confiné et impuissant jusqu’à l’entrée en guerre de la France, en janvier 2013, pendant que l’ensemble du nord du pays tombait comme un château de cartes sous le contrôle d’Al Qaida.

Double attaque le 18 février 

Revenons à notre chronique. Le 18 février, une attaque de drones kamikaze du FLA a visé deux véhicules des FAMA et des Russes d’Africa Corps entre Anefis et Kidal. Une autre a été menée, le même jour, par le GSIM avec un engin explosif improvisé, sur la route d’un autre convoi près d’Aguelhoc. Six passagers d’un des véhicules sont morts dans l’explosion. Il s’agit de Touaregs du GATIA qui assuraient l’escorte. Au cours de l’attaque menée par le FLA, deux jeunes hommes ont été tués en manipulant leur drone. Il s’agit du fils d’Alghabass Ag Intallah et du jeune frère de Fahad Ag Almahmoud. Les deux attaques ne sont pas officiellement coordonnées mais au moins synchronisées. 

Dans la région de Tombouctou, au sud-ouest de Kidal, un autre convoi russo-malien parti de Niakunké pour rejoindre le nord a tué trois éleveurs touareg dans le secteur de Tin-Djarane, dans la commune de Gargando, le 14 février. Dans leur sillage, les soldats ont laissé « des habitations incendiées, des forages endommagés et du bétail abattu», écrit le journaliste en exil Mohamed Ag Ahmedou, originaire de cette région. Il a recueilli le témoignage accablé d’un chef de fraction de Gargando: « On a l’impression que l’armée et les Russes n’épargnent que ceux dont Dieu n’a pas voulu qu’ils meurent. Ils tuent tous ceux qu’ils rencontrent dans le désert, même les animaux et nos moyens de subsistance. »

Un rapport circonstancié

Ces agissements, systématiques de la part de Wagner à l’époque de son déploiement, nourrissent un soupçon de projet de nettoyage ethnique. Dans son rapport annuel 2025, récemment publié, le Collectif pour la défense des droits du peuple de l’Azawad (CD-DPA) a d’ailleurs dénoncé « une intensification préoccupante des violences dirigées contre les populations civiles ». Il dénombre 374 incidents distincts de violations graves des droits humains imputables « principalement aux forces armées maliennes, opérant en collaboration, durant l’année considérée, avec les mercenaires du groupe Wagner (au cours de ses quatre derniers mois de présence) puis avec son successeur Africa Corps (durant ses sept premiers mois d’activité. »

Ces exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, actes de torture, arrestations arbitraires, destructions et pillages de biens civils, atteintes graves à l’environnement et violences sexuelles ont fait 553 morts, 366 blessés (parfois sous la torture), 414 victimes d’arrestation arbitraire, de disparition forcée ou d’enlèvement, 2622 cas de pillage ou de destruction de biens, 20 feux de forêt et 7 victimes de viol. Si l’on en croit le rapport, les incidents commis par les FAMA et Wagner seraient au nombre de 155 (ayant fait 222 morts) et ceux commis par les FAMA et Africa Corps au nombre de 147 (ayant fait 278 morts). Les femmes et les enfants tués (149) l’ont été en majorité lors de frappes de drones, à l’origine de plus du quart du total des victimes.

Cet article Chronique d’une drôle de guerre dans le nord du Mali est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/a-la-une/chronique-dune-drole-de-guerre-dans-le-nord-du-mali/feed/ 0
Deux attaques contre des convois militaires dans le nord du Mali https://mondafrique.com/limage-du-jour/deux-attaques-contre-des-convois-militaires-dans-le-nord-du-mali/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/deux-attaques-contre-des-convois-militaires-dans-le-nord-du-mali/#respond Thu, 19 Feb 2026 05:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147330 Au premier jour du Ramadan mercredi, le Front de Libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué une attaque de drones kamikazes dans le nord du Mali, contre un convoi de l’armée malienne et de ses alliés russes d’AfricaCorps circulant entre Anefis et Kidal. Le même jour, les djihadistes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux […]

Cet article Deux attaques contre des convois militaires dans le nord du Mali est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Au premier jour du Ramadan mercredi, le Front de Libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué une attaque de drones kamikazes dans le nord du Mali, contre un convoi de l’armée malienne et de ses alliés russes d’AfricaCorps circulant entre Anefis et Kidal. Le même jour, les djihadistes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) ont également revendiqué une attaque à l’engin explosif improvisé contre un autre convoi près d’Aguelhoc.

Les deux opérations n’étaient pas coordonnées, a assuré le FLA à Mondafrique

Les bilans sont contrastés. Le GSIM dit avoir tué 6 hommes, des Touaregs partisans du général Elhadj Gamou, le gouverneur de Kidal, qui guidaient le convoi. Le FLA revendique des dégâts et des victimes mais sans précision de bilan.

En revanche, on sait que deux combattants du FLA ont été tués par une mauvaise manipulation de leur drone. Et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit du fils d’Alghabass Ag Intallah, Mohamed, et du plus jeune frère de Fahad Ag Almahmoud, Alyazid Ag Matafa. Alghabass est le chef du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA) et Fahad, tué par une frappe de drone il y a quelques mois, était le chef du Groupe auto-défense touareg imghrad et alliés (GATIA), longtemps associé au général Gamou. Fahad avait rejoint la rébellion après l’abandon par Bamako de l’accord de paix d’Alger. Il a été tué par une frappe de drone le 1er décembre 2024. 

Cet article Deux attaques contre des convois militaires dans le nord du Mali est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/limage-du-jour/deux-attaques-contre-des-convois-militaires-dans-le-nord-du-mali/feed/ 0
Mali. Mahmoud Dicko, l’aventure ambiguë https://mondafrique.com/limage-du-jour/mali-mahmoud-dicko-laventure-ambigue/ Fri, 13 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147069 De Nouakchott, où il participait à la Conférence africaine pour la paix sponsorisée par les Émirats arabes unis, Mahmoud Dicko a lancé mercredi un appel au dialogue au Mali, qu’il a quitté en décembre 2023 pour trouver refuge en Algérie. L’une des figures les plus influentes et les plus controversées de son pays, à la […]

Cet article Mali. Mahmoud Dicko, l’aventure ambiguë est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
De Nouakchott, où il participait à la Conférence africaine pour la paix sponsorisée par les Émirats arabes unis, Mahmoud Dicko a lancé mercredi un appel au dialogue au Mali, qu’il a quitté en décembre 2023 pour trouver refuge en Algérie. L’une des figures les plus influentes et les plus controversées de son pays, à la croisée du religieux et du politique, Dicko n’a jamais occupé de fonction élective. Ancien professeur d’arabe devenu imam, il s’est imposé comme une conscience morale autoproclamée, capable de faire sortir des dizaines de milliers de personnes dans les rues et de peser sur le destin des présidents. Nous reproduisons ici un portrait publié dans sa dernière livraison par le journal d’investigation Le Sphynx.

Par Adama Dramé

Né au milieu des années 1950 dans la région de Tombouctou, Mahmoud Dicko grandit dans un environnement marqué par l’Islam malékite et les traditions peules. Il part très tôt se former en Mauritanie puis en Arabie saoudite, où il se nourrit d’un islam salafiste dont il importera ensuite les codes et la rigueur doctrinale à Bamako.

Dans les années 1980, de retour au Mali, il devient l’imam de la mosquée de Badalabougou, à Bamako, un poste qui lui offre une première tribune religieuse et sociale auprès d’une population urbaine en quête de repères. Ses prêches, mêlant références coraniques et dénonciation des dérives politiques, installent progressivement son image d’homme de foi intransigeant et de médiateur sollicité dans les moments de crise.

Ascension d’un leader islamique

Dans les années 2000, Dicko prend la tête du Haut Conseil islamique du Mali, qu’il préside de 2008 à 2019, transformant cette institution en véritable force de pression sur les pouvoirs publics. À ce poste, il s’illustre par des positions conservatrices. D’abord en 2002, il annonce à la Radio Islamique sise à la Grande Mosquée de Bamako que « les musulmans ont décidé de voter » pour l’ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta, alors candidat à la présidentielle. Puis en 2009, il mène la fronde contre un projet de code des personnes et de la famille jugé trop favorable aux droits des femmes, qu’il parvient à faire profondément réviser.

Son influence dépasse alors le strict champ religieux : il se pose en arbitre des grandes orientations sociales, mobilisant les mosquées, la rue et les radios pour relayer ses mots d’ordre. Cette capacité à transformer une bataille juridique en mouvement populaire fait de lui un interlocuteur incontournable pour les présidents successifs, mais aussi une source d’inquiétude pour les défenseurs de la laïcité.

De soutien du pouvoir à opposant central

Au début des années 2010, Mahmoud Dicko choisit d’abord d’accompagner le pouvoir, soutenant la candidature d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) à la présidentielle de 2013, au nom d’un « sursaut moral » promis au pays. Parallèlement, il accepte des missions de médiation sensibles, notamment avec des groupes armés du nord, convaincu que le dialogue avec certains islamistes est indispensable à la paix, ce qui lui vaut des accusations de complaisance.

À partir de 2017, le ton change : déçu par la gouvernance d’IBK, l’imam passe progressivement dans l’opposition et prend la tête de vastes mobilisations populaires contre la corruption, l’insécurité et la crise sociale. En 2019 puis en 2020, ses appels rassemblent des dizaines de milliers de manifestants à Bamako et culminent avec le mouvement M5-RFP, qui réclame la démission du Président, prélude au coup d’État d’août 2020.

Après la « rectification » de mai 2021, le quintet de colonels conduit par Assimi Goïta s’installe durablement au pouvoir. Mahmoud Dicko, qui avait auparavant pesé sur la vie politique, en faisant nommer, de son propre aveu, le Premier ministre Moctar Ouane, se mue alors en opposant et réclame le respect du calendrier initial de transition, avec la tenue d’élections dans les délais annoncés. Une attitude qui intrigue le quintet de colonels.

Exil algérien

Face au durcissement du pouvoir, il quitte le Mali pour l’Algérie en décembre 2023, invité initialement par le président Abdelmadjid Tebboune. Ses proches restent toutefois actifs : le 17 février 2024, ils participent à la création de la Synergie d’action pour le Mali, une coalition de partis et d’associations opposée aux militaires au pouvoir.

La riposte des autorités est rapide : le 6 mars 2024, le gouvernement dissout la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l’imam Dicko. Son coordinateur, Youssouf Daba Diawara, est arrêté en juin 2024 pour participation à une manifestation interdite de la Synergie, puis condamné en octobre à deux mois de prison avec sursis.

Un discours populiste et conservateur

La force de Dicko réside dans un discours qui marie références religieuses, critique virulente des élites et exaltation d’un peuple malien présenté comme trahi par ses dirigeants. Sur les places publiques, il convoque l’histoire des empires ouest-africains pour flatter la fierté nationale, tout en dénonçant les ingérences étrangères et la « décadence » des mœurs importées de l’Occident.

Cette rhétorique s’accompagne de prises de position très conservatrices : il fustige la promotion des droits LGBT, allant jusqu’à interpréter un attentat djihadiste à Bamako comme un « châtiment divin » lié à l’homosexualité, et voit dans le djihadisme une création de puissances occidentales visant à recoloniser le Mali. Des déclarations qui renforcent sa popularité auprès d’une base croyante hostile au libéralisme social, mais alimentent, au Mali comme en Europe, les mises en garde contre un glissement théocratique.

Une figure ambiguë et incontournable

Mahmoud Dicko revendique de ne pas être un homme politique, tout en lançant en 2019 son propre mouvement, la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS), qui fait de son orientation islamiste le socle d’un projet de réforme du pays. Il refuse jusqu’ici de briguer la magistrature suprême, tout en pesant sur les équilibres institutionnels au point d’être perçu, par certains, comme un président potentiel de l’ombre.

Pour ses partisans, il incarne un rempart moral face à une classe dirigeante discréditée et une voix de justice sociale dans un Mali en crise profonde. Pour ses détracteurs, il est un chef religieux ambigu, oscillant entre médiation et radicalisation conservatrice, dont l’irruption au cœur du jeu politique fragilise la laïcité malienne et ouvre une ère d’incertitudes. Un personnage hybride dixit feu l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.

À la fin de l’année 2025, Mahmoud Dicko rejoint un nouveau cadre d’opposition en exil, la Coalition des forces pour la République (CFR), dont le porte-parole est l’universitaire et opposant malien Étienne Fakaba Sissoko. Cette démarche consacre son ancrage dans une opposition extérieure à la junte, structurée autour de figures exilées.

 

 

Cet article Mali. Mahmoud Dicko, l’aventure ambiguë est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Meurtre des journalistes au Mali : demande de levée du secret défense https://mondafrique.com/limage-du-jour/meurtre-des-journalistes-au-mali-demande-de-levee-du-secret-defense/ Tue, 10 Feb 2026 05:07:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146903 Le juge d’instruction antiterroriste chargé du dossier de l’enquête sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon en novembre 2013 à Kidal a demandé au ministère des Armées français de déclassifier des documents secrets défense concernant plusieurs acteurs du crime, qui avait été revendiqué par Al Qaïda au Maghreb islamique.  Selon l’Agence France Presse, la […]

Cet article Meurtre des journalistes au Mali : demande de levée du secret défense est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le juge d’instruction antiterroriste chargé du dossier de l’enquête sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon en novembre 2013 à Kidal a demandé au ministère des Armées français de déclassifier des documents secrets défense concernant plusieurs acteurs du crime, qui avait été revendiqué par Al Qaïda au Maghreb islamique. 

Second tour des élections présidentielles à Kidal, août 2013 (Photo MINUSMA).

Selon l’Agence France Presse, la requête du juge, envoyée le 13 janvier, vise l’un des deux commanditaires présumée, Seidane Ag Hita, bras droit du parrain du djihadisme malien Iyad Ag Ghali, ainsi que le dernier membre vivant du commando, Hamadi Ag Mohamed, qui serait toujours actif dans une katiba du nord du Mali.

Le magistrat a également demandé des renseignements sur un ancien très proche d’Iyad Ag Ghali, Cheikh Ag Haoussa, que l’équipe de RFI avait rencontré quelques jours avant son enlèvement le 2 novembre 2013. Cheikh Ag Haoussa, personnage ambigu tué dans un attentat le 8 octobre 2016 à Kidal, était un informateur de la force des Nations unies – la MINUSMA – et de la force Serval, en tant qu’influent acteur politico-militaire du nord. Ancien bras droit d’Iyad Ag Ghali à Ansar Dine – le groupe armé de celui qui est devenu plus tard le chef de la nébuleuse Al Qaida au Sahel – Cheikh Ag Haoussa était revenu à Kidal après l’entrée en guerre de Serval, en 2013, sous la nouvelle étiquette « blanchie » du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad, organisation qui avait recyclé beaucoup de combattants touareg d’Ansar Dine. Cheikh Ag Haoussa a été vu dans son véhicule, le jour de l’enlèvement, avec le chef du commando, Baye Ag Bakabo. La justice s’interroge sur le rôle qu’il aurait pu jouer dans toute cette affaire. 

Plus de soldats français au Mali donc plus de sources à protéger

Le juge a également relayé une interrogation persistante des parties civiles sur l’absence de rapport écrit des forces spéciales françaises sur le drame et demandé la déclassification de « tout document » attestant qu’un commanditaire de l’enlèvement « aurait contacté après les faits » un membre du commando « pour lui reprocher d’avoir ‘gâché la marchandise' ». François Hollande avait publiquement révélé ces propos qu’il a contestés par la suite devant le juge. 

Les corps avaient été découverts, tués par balles, à quelques mètres du véhicule en panne qui avait servi au rapt, à une dizaine de kilomètres de la sortie de Kidal, par un convoi de militaires français. L’alerte avait été donné dès l’enlèvement par Ambery Ag Ghissa, la personnalité touareg devant le domicile duquel a eu lieu l’enlèvement. Toute l’opération, avortée à cause de la panne moteur du 4×4 des ravisseurs, avait duré moins d’une heure.

Danièle Gonod, la présidente de l’Association des amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a expliqué à l’AFP que les déclassifications accordées aux magistrats instructeurs successifs ont jusqu’ici été « limitées, avec des documents caviardés ». « On nous a opposé le secret défense en nous disant que cela relevait de la protection des sources au Mali mais aujourd’hui, il n’y a plus un seul soldat français au Mali donc plus de source à protéger », a-t-elle dit. L’enquête conduite ces dernières années à partir de la téléphonie a révélé, a précisé Danièle Gonod, « un vrai réseau djihadiste, politique et organisé, avec des liens en Algérie. » 

Un contexte très trouble

Lors de l’enlèvement, en novembre 2013, l’armée française et la MINUSMA étaient déployées à Kidal, après la reconquête du nord du Mali engagée en janvier de la même année par la force Serval. En 2012, le bastion rebelle était passé sous le contrôle des djihadistes alors qu’un groupe indépendantiste touareg, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et plusieurs groupes djihadistes se disputaient le pouvoir, après avoir chassé l’armée malienne de toutes les régions du nord. Les indépendantistes du MNLA étaient, au moment de l’enlèvement, en position de force dans la ville où ils collaboraient avec l’armée française dans la traque des djihadistes. Mais une grande partie des hommes d’Iyad Ag Ghali, alors en fuite, étaient aussi de retour, prétendument « rangés » du djihad et recyclés à l’intérieur d’un nouveau groupe, officiellement allié du MNLA. De ce fait, alors que la ville pouvait sembler reconquise, les forces hostiles continuaient d’agir clandestinement. Pour Al Qaïda au Maghreb islamique, l’enlèvement de Ghislaine Dupont et Claude Verlon a pu être considéré comme une action d’éclat destinée à démontrer la faiblesse de leurs rivaux locaux et étrangers sur le terrain, au-delà d’une opportunité d’empocher une grosse rançon. 

Mali, Iyad Ag Ghali serait bien le commanditaire de l’assassinat des journalistes de RFI

 

 

Cet article Meurtre des journalistes au Mali : demande de levée du secret défense est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Mali : hommage à Saïf al-Islam du fils de Moussa Traoré https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/mali-hommage-a-saif-al-islam-du-fils-de-moussa-traore/ Wed, 04 Feb 2026 19:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146497 Cheick Boucadry Traoré a réagi dans nos colonnes à la mort de Saïf al-Islam qu’il qualifie, ainsi que Mouammar Kadhafi, de « véritables amis du Mali ». Nous publions ici son texte.  C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Saïf al-Islam. Le peuple libyen a perdu un dirigeant précieux en la personne […]

Cet article Mali : hommage à Saïf al-Islam du fils de Moussa Traoré est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Cheick Boucadry Traoré a réagi dans nos colonnes à la mort de Saïf al-Islam qu’il qualifie, ainsi que Mouammar Kadhafi, de « véritables amis du Mali ». Nous publions ici son texte. 

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Saïf al-Islam. Le peuple libyen a perdu un dirigeant précieux en la personne de Saïf et a besoin de force morale pour surmonter cette tragédie.

Il était un homme politique exceptionnel dont toute la vie a été consacrée au service de sa nation. Lui et son père étaient de véritables amis du Mali et ont déployé de nombreux efforts pour améliorer les relations bilatérales et hisser les deux nations au niveau d’un partenariat stratégique.

Nous garderons un souvenir précieux de cet homme remarquable. Nous exprimons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis. Nous leur souhaitons, ainsi qu’à tout le peuple libyen, le courage nécessaire pour faire face à cette perte difficile et irréparable.

Cet article Mali : hommage à Saïf al-Islam du fils de Moussa Traoré est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Donald Trump envoie son émissaire au Mali https://mondafrique.com/international/donald-trump-envoie-son-emissaire-en-mission-de-bons-offices-au-mali/ Tue, 03 Feb 2026 17:11:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146404 Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel. Nick Checker a été […]

Cet article Donald Trump envoie son émissaire au Mali est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel.

Nick Checker a été reçu en audience par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a rapporté l’agence malienne de presse AMAP. 

À l’issue de la rencontre qui s’est tenue au ministère, il a déclaré être venu « pour discuter avec le gouvernement du Mali ». Il a précisé que les échanges avaient porté sur la lutte contre le terrorisme, le développement économique et la correction des erreurs de l’administration américaine précédente.« Moi je suis venu pour respecter le principe de souveraineté du Mali », a-t-il assuré.

Sécurité et économie

Cette rencontre s’inscrit dans une nouvelle posture de l’administration Trump visant à réengager les relations avec le Mali, après une période de tensions diplomatiques et un recentrage américain sur le respect de la souveraineté des États sahéliens. Elle fait suite aux visites d’autres responsables américains et offres de services diverses, ces derniers mois, accueillies jusqu’ici avec une certaine méfiance par les capitales concernées en butte à une forte hostilité de la France depuis leur prise de distance brutale avec Paris.

Nick Checker effectue ce déplacement pour explorer une nouvelle voie de coopération bilatérale, axée sur la sécurité et l’économie, en consultant également les autorités des pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger, précise l’AMAP.

Bien que les trois pays du Sahel central aient fait appel à la Russie pour leur défense et leur sécurité, après la crise ouverte avec la France – leur partenaire militaire précédent dans la guerre contre les groupes djihadistes – Washington semble ne pas renoncer à jouer un rôle, dont les contours précis restent flous.  

L’État islamique pour cible

C’est ainsi que le général John Brennan, commandant adjoint d’Africom, a déclaré que son pays collaborait « toujours avec les armées des juntes au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger », lors d’une interview accordée à l’Agence France Presse le 24 janvier à Abuja. « Nous avons même partagé des informations avec certains d’entre eux pour frapper des cibles terroristes clé », a-t-il ajouté, reconnaissant que la situation était cependant « très différente d’il y a deux ou trois ans ». La date mentionnée par le général correspond à la fermeture, en août 2024, de la base américaine de drones d’Agadez, dans le nord du Niger, à la demande de Niamey.  

« Nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’État islamique. » Il a ajouté que l’objectif des États-Unis était de renforcer les capacités des partenaires, de leur fournir des renseignements et des équipements « avec moins de restrictions » pour leur permettre d’être plus efficaces. 

 

Cet article Donald Trump envoie son émissaire au Mali est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Justice pour Birama Touré, dix ans après sa disparition https://mondafrique.com/limage-du-jour/toujours-pas-de-justice-pour-birama-toure-dix-ans-apres-sa-disparition/ Mon, 02 Feb 2026 11:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146300 «29 janvier 2016 – 29 janvier 2026. Voilà 10 ans que nous demandons Justice pour Birama Touré», rappelle le journal malien Le Sphynx dans sa dernière édition parue ce lundi. Le journaliste de l’hebdomadaire d’investigation est probablement mort sous la torture après son enlèvement par les services de sécurité maliens. Le directeur du Sphynx, Adama […]

Cet article Justice pour Birama Touré, dix ans après sa disparition est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
«29 janvier 2016 – 29 janvier 2026. Voilà 10 ans que nous demandons Justice pour Birama Touré», rappelle le journal malien Le Sphynx dans sa dernière édition parue ce lundi. Le journaliste de l’hebdomadaire d’investigation est probablement mort sous la torture après son enlèvement par les services de sécurité maliens.

Le directeur du Sphynx, Adama Drame, est bien seul dans cette bataille pour la mémoire, qui l’a conduit à quitter son pays pour trouver refuge en France, fuyant, à l’époque, le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta et de son fils Karim dont l’ombre plane sur cette sombre affaire. Malgré les changements de pouvoir à Bamako, les personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce dossier sont toujours protégées et restent hors d’atteinte des juges français et malien saisis. 

Mondafrique s’était entretenu avec Adama Drame en 2024. 

Les autorités maliennes bloquent l’enquête sur la mort du journaliste Birama Touré

Cet article Justice pour Birama Touré, dix ans après sa disparition est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
« Un jour splendide et glorieux pour notre pays » https://mondafrique.com/libre-opinion/un-jour-splendide-et-glorieux-pour-notre-pays/ Tue, 27 Jan 2026 15:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145995 Le 20 janvier, le Mali a fêté son armée, en mémoire du discours prononcé le 20 janvier 1961 par Modibo Keita pour exiger le départ du pays des troupes coloniales françaises. Voici le texte écrit en cette occasion par Cheick Boucadry Traoré, fils du président (et général) Moussa Traoré, qui mêle hommage aux forces armées […]

Cet article « Un jour splendide et glorieux pour notre pays » est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Le 20 janvier, le Mali a fêté son armée, en mémoire du discours prononcé le 20 janvier 1961 par Modibo Keita pour exiger le départ du pays des troupes coloniales françaises. Voici le texte écrit en cette occasion par Cheick Boucadry Traoré, fils du président (et général) Moussa Traoré, qui mêle hommage aux forces armées maliennes (FAMA) et critique de la gouvernance militaire actuelle. Cheick Boucadry Traoré préside le parti Convergence Africaine pour le Renouveau (CARE).

Par Cheick Boucadry Traore

Cheick Boucadry Traoré

Le 20 janvier est un jour splendide et glorieux pour notre pays. Cette journée de la naissance et de la reconnaissance militaire est l’occasion idéale d’exprimer aux membres de l’armée malienne, ainsi qu’à leurs familles, notre gratitude pour tout ce qu’ils font chaque jour en défendant les intérêts et la sécurité de notre pays. Cette année, et en cette journée patriotique, alors que de nombreux militaires sont sur le champ de bataille, il est particulièrement important que nous, en tant que nation, prenions une pause pour rendre hommage à ceux qui ont tant sacrifié pour notre liberté. Aussi, au fil des années, à mesure que le nombre de nos femmes et hommes mariés en uniforme augmentait et que leurs missions militaires devenaient plus complexes et dispersées, leurs conjoints ont fait d’innombrables sacrifices personnels pour soutenir les forces armées. Nous devons sûrement apprécier et honorer celles et ceux qui sacrifient tant pour soutenir la mission de leurs conjoints militaires.

« L’institution la plus diversifiée de notre pays » 


En effet, ce 20 janvier, nous célébrons ceux qui ont honoré et ceux qui continuent d’honorer notre pays par la plus haute forme de service : le sacrifice ultime de leur vie pour la défense de la nation par les porteurs d’uniforme de nos forces de défense et de sécurité. Nous nous réunissons pour témoigner dignement notre respect et exprimer notre profonde gratitude pour les sacrifices et les contributions que vous et vos familles faites pour notre pays. Les forces armées maliennes, responsables de la défense de l’intégrité territoriale et de la
souveraineté du Mali, forment l’institution la plus diversifiée de notre pays – des femmes et des hommes des armées de terre et de l’air, de la garde nationale, de la gendarmerie et de la police militarisée qui représentent tous les coins de notre pays, toutes les nuances ethniques, sociales et politiques, forgeant en commun un service.

Nous le répétons chaque fois et nous devons encore le répéter aujourd’hui – nos engagements politiques mettent souvent à nu nos désaccords à travers notre pays. Mais l’instinct malien n’est pas de rechercher l’isolement. Nous avons toujours su trouver de la force dans notre credo commun, forger l’unité à partir de notre grande diversité, maintenir cette force et cette unité même quand c’est difficile. Et à la fin des combats politiques, nous cherchons toujours les moyens de nous rassembler, de nous reconnecter les uns aux autres et autour des principes – qui sont plus durables que la politique, transitoire.

« Se garder du piège de la division »

Certains de nos meilleurs exemples sont les femmes et les hommes que nous saluons en ce jour dédié aux FAMA. C’est pour cela que nous devons mobiliser tous les secteurs de la société pour repousser les campagnes d’intoxication contre nos forces de défense et sécurité et travailler avec nos institutions pour prendre des mesures sérieuses afin de mieux équiper, protéger et soutenir moralement nos femmes et hommes en uniforme. Il faut s’abstenir de donner l’occasion aux adversaires du Mali de continuer à diviser notre pays. Il faut sûrement se garder du piège de la division et de l’abdication et refuser la condescendance et le déni. Notre nation est menacée et nos femmes et hommes en uniforme comptent sur nous, le peuple dans son ensemble – uni et solidaire – pour poursuivre concrètement les efforts de défense et de sécurité. Il est temps de prendre nos responsabilités et de placer l’intérêt supérieur du Mali au-dessus de toute autre considération.

Cependant, il est très dommage de constater qu’en la veille de cette journée commémorative de notre Nation, la junte au pouvoir dans notre pays continue avec ses campagnes de représailles contre quiconque, au sein de l’armée ou de l’administration, refuse de faire
preuve de loyauté aveugle envers son chef, les limogeant pour des motifs administratifs ou politiques inappropriés. En effet, le régime continue d’écarter nos officiers généraux de compétence sans pareille, accuse et limoge sans jugement d’autres officiers militaires de
valeur.

Des officiers « trahis par les actions des officiers au pouvoir »

L’absence de procédures régulières, les arrestations arbitraires et le harcèlement crient aux yeux. Les conséquences de ces actes sont lourdes, affectant non seulement nos forces de défense et de sécurité, mais aussi la nation. De vicieuses politiques de ségrégation ont érodé la confiance envers notre vaillante armée et ont eu de profondes répercussions sur le tissu social de la nation. La confiance entre les officiers a été gravement ébranlée. Nombre d’entre eux se sont sentis trahis par les actions des officiers au pouvoir, ce qui a créé un environnement de travail toxique et une baisse du moral. En effet, ces actions ont non seulement affecté les militaires individuellement mais elles ont aussi porté atteinte à l’image de nos forces de défense et de sécurité et de la profession dans son ensemble. Cela a entraîné une surveillance accrue de la part du public et des médias, touchant la réputation de nos femmes et hommes en uniforme et créant un cercle vicieux de méfiance.

Ces décisions ont aussi causé du tort à la sécurité nationale du pays en limogeant les officiers opérationnels et les fonctionnaires les plus expérimentés de l’armée et de l’administration civile, tous experts en matière de prévention du terrorisme et de réduction de la criminalité violente. Les effets de ces actions irréfléchies et néfastes sont soudainement et clairement visibles au grand jour – en effet, les ‘‘djihadistes’’ multiplient les attaques armées et les enlèvements et imposent des blocus à travers le pays, jusqu’à la capitale. La médiocre compétence du régime n’est plus en question face aux crises que nous vivons. Les faits sont indéniables, obstinés et difficiles à ignorer, même face à nos désirs ou à nos opinions. 

Le drapeau et l’armée « indissociables » depuis l’indépendance

Bien que nous vivions un temps de profondes inquiétudes pour l’avenir de notre nation, nous devons toujours nous rappeler que nos forces de défense et de sécurité constituent la colonne vertébrale de notre nation. Alors, ensemble, continuons à soutenir les dignes femmes et
hommes qui sont irrésistiblement engagés dans une lutte sans merci pour non seulement défendre l’honneur et l’indépendance de notre patrie, mais aussi pour maintenir les principes de la liberté et de la paix. Continuons aussi à garder cette confiance sacrée avec nos anciens
combattants, engageons-nous avec eux, honorons leur sacrifice et apportons-leur les soins et assistance dont ils ont besoin. Souvenons-nous également de ceux qui sont tombés au champ d’honneur. Leurs vies étaient plus que précieuses.

Le drapeau et l’armée sont indissociables depuis les premiers jours de l’indépendance. Un lien sacré existe entre les deux. Partout où un soldat malien s’est tenu et a combattu, le Tricolore a toujours été là, guidant la voie à suivre sur le champ de bataille et veillant éternellement sur les vaillants guerriers qui ont donné la dernière mesure de leur dévouement. Notre drapeau ne flotte pas parce que le vent le déplace, mais grâce au dernier souffle de chaque soldat tombé en le protégeant. Nous nous tenons debout pour le drapeau, nous nous agenouillons pour ceux qui sont tombés au champ d’honneur. Souvenons-nous d’eux en ce jour de commémoration et toujours car nous sommes éternellement redevables à ces braves qui ont donné leur vie en sacrifice pour notre liberté et notre souveraineté. Rendons-leur honneur, amour et gratitude. Que Dieu du pouvoir et de la force continue de veiller sur nos forces de défense et de sécurité, qu’Il bénisse tous ceux qui ont servi notre pays et ceux qui continuent à remplir le devoir sacré de le servir, et qu’Il assiste notre pays dans sa quête pour la paix et la réconciliation.

Cet article « Un jour splendide et glorieux pour notre pays » est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine https://mondafrique.com/decryptage/trump-et-linterdiction-de-visas-business-et-rivalite-avec-la-chine/ Sat, 10 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145058 L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques. Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas […]

Cet article Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
L’administration américaine a imposé de nouvelles restrictions de visas, entrées en vigueur le 1er janvier 2026, au détriment, notamment, de plusieurs pays d’Afrique. L’accès au territoire américain se transforme ainsi en levier diplomatique pour servir des intérêts économiques et stratégiques.

Depuis juin 2025, l’administration de Donald Trump a instauré l’interdiction de la délivrance des visas à de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique. Le dispositif a été étendu en janvier 2026 avec l’ajout de nouveaux États. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger se voient ainsi placés sous interdiction totale de visas, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, intègrent pour la première fois la liste des pays soumis à des restrictions partielles.

Officiellement, ces mesures sont justifiées par des impératifs de contrôle migratoire et de sécurité nationale. Officieusement, elles s’inscrivent dans une logique plus large de diplomatie transactionnelle. Plusieurs pays du continent, à l’instar du Congo Brazzaville, redoutant un bras de fer avec Washington, privilégient la négociation bilatérale pour tenter de sortir du dispositif. Ils font appel à des avocats et des lobbyistes installés à Washington, qui se font chèrement payer. S’engagent alors des tractations qui dépassent largement la question des visas : ouvertures aux entreprises américaines, coopération stratégique, accès aux matières premières et aux minerais critiques. Bien entendu, en toile de fond, l’objectif principal de la Maison Blanche consiste à contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent.

D’autres pays, à l’inverse, ont opté pour une réponse plus ferme, fondée sur la réciprocité. C’est le cas du Tchad, soumis à une interdiction complète de visas depuis 2025, ainsi que des trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Cette ligne de conduite n’est pas sans créer un certain embarras à Washington, qui cherche parallèlement à préserver son influence et ses coopérations sécuritaires afin de ne pas abandonner à d’autres puissances une région jugée stratégique.

Cet article Trump et l’interdiction de visas : business et rivalité avec la Chine est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>