Liban - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/liban/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 01 Nov 2024 18:08:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.2 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Liban - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/liban/ 32 32 L’agence d’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) interdite par Israël    https://mondafrique.com/international/lunrwa-lindispensable-et-controversee-agence-daide-aux-refugies-palestiniens/ Thu, 31 Oct 2024 07:05:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=105366  « United Nation Relief and Works Agency (UNRWA) ….for Palestine Refugiees in the Near East ». Un nom à rallonge qui désigne l’agence créée voici soixante quinze ans destinée à aider les Palestiniens. Du moins jusqu’à ce qu’ils puissent retrouver leurs habitations abandonnées en Israel. Malgré l’opposition des États-Unis et la mise en garde du Conseil de […]

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 « United Nation Relief and Works Agency (UNRWA) ….for Palestine Refugiees in the Near East ». Un nom à rallonge qui désigne l’agence créée voici soixante quinze ans destinée à aider les Palestiniens. Du moins jusqu’à ce qu’ils puissent retrouver leurs habitations abandonnées en Israel. Malgré l’opposition des États-Unis et la mise en garde du Conseil de sécurité de l’ONU, la Knesset a adopté lundi l’interdiction pour l’Unrwa d’exercer ses activités sur le territoire israélien. Un vote lourd de conséquences humanitaires et politiques qui oblige la communauté internationale à repenser toute l’aide aux Palestiniens. Les députés suisses ont déjà voté depuis deux mois pour couper les vivres à l’UNRWA, mais les sénateurs ont décidé… d’attendre. En fait, le gouvernement est très ennuyé car le patron de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, est suisse et c’est l’un des très rares hauts fonctionnaires internationaux helvétiques.

Très récemment, l’armée israélienne et le Shin Beth, l’agence de sécurité intérieure, auraient découvert un tunnel appartenant au Hamas, long de 700 mètres, sous une école gérée par l’UNRWA. Pour Israël, qui réclame depuis longtemps la disparition de l’agence onusienne, c’est une nouvelle preuve que l’UNRWA « est totalement infiltrée par le Hamas ».

L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans Le Proche-Orient n’a pourtant pas besoin que l’on charge encore davantage sa barque. Douze de ses employés sont accusés d’être impliqués dans l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023. « C’est un matin glorieux inoubliable » aurait lancé l’un d’entre eux. Quant à une ancienne otage, elle assure avoir été retenue dans la maison « de quelqu’un qui travaillait pour l’UNRWA ».

Six millions de Palestiniens en charge

Cette suspicion d’implication a convaincu une douzaine de pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Italie, la Finlande, les Pays-Bas, le Japon, de cesser leurs financements au profit de l’UNRWA. Or ce sont parmi les plus gros contributeurs. Les Palestiniens, principalement ceux de Gaza., sont les victimes d’une telle décision

A l’origine, l’UNRWA, conçue comme un agence temporaire, devait aider 726 000 personnes. Aujourd’hui, elle a la charge de presque 6 millions de Palestiniens. Car malgré la résolution de l’ONU, ce droit au retour n’a jamais été appliqué. Les enfants des réfugiés sont devenus à leur tour des réfugiés. Puis les petits-enfants, et les arrières petits-enfants, survivent dans 58 camps dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem Est, mais aussi en Jordanie, au Liban, en Syrie.

L’UNRWA, dont le quartier général est à Amman, en Jordanie, est un cas à part. Ailleurs, les réfugiés sont pris en charge par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR). L’UNRWA s’occupe à la fois d’éducation, de santé, de protection, d’aide d’urgence, et même de microfinance. Elle compte ainsi 709 écoles réunissant 530 000 élèves (1).   

Quels liens avec le Hamas ?  

La position française est plus ambigüe. Tout en déclarant qu’elle ne suspend pas ses financements, elle affirme ne pas avoir prévu de versement au premier trimestre 2024… Catherine Colonna, l’ancien ministre des Affaires étrangères, débarquée le mois dernier, est chargée d’évaluer le fonctionnement de l’UNRWA. Pourra-t-elle seulement se rendre dans la bande de Gaza, écrasée sous les bombes ? Et comment interviewer en toute indépendance une population qui vit depuis 2007 sous le joug d’une organisation bien peu démocratique ? Le Hamas condamne systématiquement à la peine de mort toute personne soupçonnée de collaboration avec « l’ennemi sioniste ».              

Le patron de l’UNRWA, le Suisse Philippe Lazzarini, 60 ans, d’origine italienne, a toujours démenti tout lien avec le Hamas. Mais quand on salarie 13 000 personnes dans la bande de Gaza (sur un total de 30 000 employés régionaux), comment ne pas imaginer que quelques dizaines ou même centaines d’entre eux n’ont pas de sympathies pour cette organisation terroriste ?

Le Wall Street Journal va plus loin en écrivant que 10 % des employés de l’UNRWA auraient des liens avec les organisations islamistes. Philippe Lazzarini, ancien au CICR en Bosnie, a fermement condamné les atrocités du 7 octobre et immédiatement licenciés les 12 salariés soupçonnés d’avoir participé aux massacres. Depuis longtemps, Israël reproche à l’office de secours et de développement d’utiliser des manuels scolaires antisémites et hostiles à l’État juif.

L’impuissance de l’ONU

Israël ne cesse de répéter que l’UNRWA ne fera pas partie de l’après-guerre à Gaza. Mais qui va remplacer cet office et surtout qui va payer l’addition ? Afin de permettre à 2,3 millions de Gazaouis de garder la tête hors de l’eau. Le Monde rappelle que l’UNRWA « fournit des services vitaux et coûteux à Gaza comme à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, lesquels incomberaient en son absence à la puissance occupante » (2). Ce serait logiquement à Israël de prendre en charge ces populations.  

En attendant, les fonds bloqués par les riches donateurs représentent autour de 450 millions de dollars, soit presque la moitié des revenus de l’UNRWA (son budget étant d’environ un milliard de dollars). Les principaux contributeurs n’étant pas les pays arabes mais les États-Unis et l’Union européenne. Comment, dans ces conditions, éviter une famine ? Sans solution sérieuse de rechange, le comité indépendant animé par l’ancienne ministre française des Affaires étrangères devrait se contenter d’émettre des recommandations pour « améliorer et renforcer » les mécanismes en place. C’est-à-dire pas grand-chose. Va-t-on demander la tête de Philippe Lazzarini pour apaiser le courroux d’Israël ? Ce serait injuste et une erreur. Avant de prendre la tête de l’UNRWA en 2020, cet originaire de Neuchâtel, en Suisse, a déjà montré ses compétences en Bosnie, au Rwanda, en Angola, au Soudan du Sud.

Tout le monde en est conscient : l’ONU n’a pas les moyens de résoudre la crise. Faut-il rappeler qu’au Cachemire, la population attend depuis 75 ans un référendum pour savoir si elle souhaite être indienne, pakistanaise ou tout simplement cachemirie ? Quant au Sahara occidental… Et le HCR ? il n’en surtout pas envie et encore moins la possibilité de prendre en charge du jour au lendemain 6 millions de réfugiés palestiniens, répartis dans quatre pays.    

(1) Elsa de La Roche Saint-André, « Qu’est-ce que l’UNRWA, l’agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens, mise en cause par Israël ? », Libération, 4 décembre 2023.

(2)Louis Imbert, Philippe Ricard, Laure Stephan, « L’UNRWA plongée dans la tourmente », 30 janvier 2024

 

 

 

     

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Hanane Hajj Ali : « Jogging » théatral au cœur d’un Beyrouth dévasté https://mondafrique.com/loisirs-culture/hanane-hajj-ali-un-jogging-theatral-au-coeur-des-rues-de-beyrouth/ Fri, 04 Oct 2024 07:07:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=112169 Dans Jogging iconoclaste, la libanaise Hanane Hajj Ali, vêtue de noir, allie humour et gravité en explorant les histoires de quatre femmes. Sur scène, elle court et se livre à une introspection profonde, abordant les thèmes de la maternité, des guerres au Moyen-Orient et des stéréotypes qui pèsent sur le genre dans le monde arabe. […]

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Dans Jogging iconoclaste, la libanaise Hanane Hajj Ali, vêtue de noir, allie humour et gravité en explorant les histoires de quatre femmes. Sur scène, elle court et se livre à une introspection profonde, abordant les thèmes de la maternité, des guerres au Moyen-Orient et des stéréotypes qui pèsent sur le genre dans le monde arabe. Inspirée par sa propre vie dans le fracas des crises libanaises, cette performance théâtrale défie les conventions et invite à une réflexion sur la condition féminine.

Christophe et Cécile Barreyre

Lorsque les spectateurs prennent place, Hanane Hajj Ali est déjà sur scène. Habillée de noir, elle s’étire, s’échauffe et prépare sa voix pour son « seule en scène » avant de commencer à courir. Intitulée Jogging iconoclaste, cette performance se distingue par son humour et ses moments de profonde noirceur.

 Des histoires de femmes et de guerres

Le spectacle nous entraîne dans les récits de quatre femmes : Hanane elle-même, ainsi que deux versions de Médée, l’une antique et l’autre contemporaine. Médée, qu’elle soit dans l’Antiquité ou de nos jours, tue ou sacrifie ses enfants sur l’autel des guerres qui ravagent le Moyen-Orient. Tout est question de perspective.

Inspirée par sa propre vie de mère, de comédienne et de citoyenne, Hanane court chaque jour dans les ruelles de Beyrouth pour prévenir le stress, la dépression et l’ostéoporose. Elle transforme ce simple parcours de santé en une plongée dans les méandres de ses rêves et de ses craintes les plus intimes. Par ce biais, elle lance un défi radical aux stéréotypes et préjugés qui pèsent sur les femmes du monde arabe.

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Le soutien constant du Hezbollah au Hamas palestinien https://mondafrique.com/decryptage/le-sotien-constant-du-hezbollah-au-hamas/ Sun, 29 Sep 2024 00:28:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=108009 Dès le lendemain de l’attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier, le Liban a été entraîné dans le conflit sur sa frontière Sud contrôlée par le Hezbollah, qui a tiré des roquettes sur le territoire de l’État hébreu en solidarité avec le mouvement palestinien. Israël a répliqué par des bombardements soutenus visant les positions du […]

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Dès le lendemain de l’attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre dernier, le Liban a été entraîné dans le conflit sur sa frontière Sud contrôlée par le Hezbollah, qui a tiré des roquettes sur le territoire de l’État hébreu en solidarité avec le mouvement palestinien. Israël a répliqué par des bombardements soutenus visant les positions du Hezbollah au Liban. Depuis, les combats n’ont cessé de s’intensifier, au point qu’une escalade vers une guerre totale qui embraserait l’ensemble de la région apparaît comme un scénario crédible aux yeux de nombreux observateurs et d’une partie significative de la population libanaise.

Historienne, Université Libre de Bruxelles (ULB), du site « The Conversation »

Le Hezbollah construirait un réseau de passages souterrains en prévision d’une confrontation avec les Israéliens

Dans un discours diffusé le 16 février le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a défié Israël en annonçant qu’il ne renoncera pas au combat et en martelant :

« L’ennemi paiera le prix du sang de nos femmes et de nos enfants qui ont été tués dans le Sud. Le prix du sang sera le sang ; pas des avant-postes, des équipements de surveillance ou des véhicules militaires. »

Cette déclaration implique que la milice chiite ne ciblera plus uniquement des positions militaires, mais également des civils. La veille, une frappe de drone contre des responsables du Hezbollah à Nabatiyeh avait fauché une famille au premier étage de l’immeuble visé.

Du côté israélien, le ministre de la Défense Yoav Gallant avait averti le 11 novembre : « Le Hezbollah entraîne le Liban dans une guerre qui pourrait avoir lieu. […] Ce que nous pouvons faire à Gaza, nous pouvons aussi le faire à Beyrouth ». L’armée israélienne a déployé des troupes supplémentaires sur sa frontière Nord, évacuant les civils résidant dans les localités frontalières. S’achemine-t-on inéluctablement vers une nouvelle guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah ?

État des lieux au Liban

Depuis le 8 octobre, plus de 90 villages ont été visés par des tirs israéliens, et plus de 83 000 habitants du Sud Liban ont quitté leur foyer pour des endroits plus sûrs.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, la majorité des déplacés sont accueillis par des parents tandis que d’autres louent ou sont installés dans des centres et dans des écoles réquisitionnées pour les héberger. L’organisation de l’aide pour les déplacés est ainsi gérée en grande partie par la solidarité familiale et des institutions humanitaires civiles et partisanes ; le rôle du gouvernement libanais reste limité et, souvent, les plans d’urgence sont inadéquats.

Le bilan humain s’alourdit de jour en jour. Il s’élève actuellement à plus de 200 morts, dont la plupart sont des combattants du Hezbollah. Parmi les victimes civiles, on compte notamment des journalistes délibérément visés par les frappes israéliennes, une stratégie adoptée dans cette guerre par Israël dont les frappes à Gaza ont tué plus de 84 journalistes depuis le début des hostilités.

On ne saurait trop insister sur le fardeau financier qui pèse sur l’État libanais et, surtout, sur les personnes déplacées, dont une grande partie sont des agriculteurs et des travailleurs journaliers. Ainsi, de nombreux villageois n’ont pu récolter et vendre leurs produits (notamment les olives), et l’utilisation par Israël de bombes au phosphore blanc dans les champs du Sud-Liban a durablement endommagé la terre.

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Outre l’impact économique et environnemental, la plupart des écoles ont dû fermer leurs portes dans la région et plus de 5 000 enfants ont été déscolarisés. Il ne faut pas perdre de vue que le Liban souffre depuis 2020 d’une grave crise économique qui se manifeste par un effondrement de sa monnaie et un des ratios dette/PIB les plus élevés au monde (283,2 %). Le déclenchement d’un conflit avec Israël anéantirait pour de bon les espérances des Libanais de sortir de l’impasse et réduirait en cendres le peu d’infrastructures qui restent encore en état de fonctionnement.

Israël et le Hezbollah, les meilleurs ennemis

Ce n’est pas la première fois que le Liban est confronté à de tels scénarios. Depuis la guerre civile (1975-1989), jusqu’à la période qui a suivi l’évacuation de l’occupation israélienne du Sud-Liban (2000) et la guerre de juillet 2006, les forces israéliennes ont plusieurs fois attaqué le Liban et conservent une forte présence militaire le long de la frontière.

 

Israël et le Hezbollah sont les meilleurs ennemis : les attaques israéliennes répétées consacrent le rôle du Hezbollah comme gardien de la résistance, adversaire résolu d’Israël et défenseur de la souveraineté libanaise et de la libération de la Palestine, alors qu’une paix avec Israël contraindrait le mouvement à se désarmer et, in fine, à disparaître. Pour l’État israélien, l’existence de la milice et le danger qu’elle représente justifient sa politique de sécurité et de guerre continue.

Il reste que si le conflit actuel a redoré le blason du Hezbollah auprès de la majorité des Arabes qui applaudissent son effort de guerre auprès du Hamas contre Israël, au Liban le soutien reste mitigé. Pour beaucoup, les affrontements en cours représentent une menace sérieuse pour l’avenir du pays.

Divisions politiques

L’opinion publique et la classe politique libanaises sont divisées entre, d’une part, ceux qui adhèrent au projet politique du Hezbollah et de ses alliés de « l’axe de la résistance » soutenus par l’Iran – qui comprend le Hamas, les milices chiites en Irak et les Houthis yéménites – et, d’autre part, ceux qui le rejettent et réclament son désarmement, l’accusant d’être un contre-pouvoir bloquant la vie politique et la reprise économique.

Dans les premiers jours du conflit, l’engagement du Hezbollah sur le front Sud a réussi à transcender, un temps, les clivages sectaires, notamment entre sunnites, druzes et chiites par solidarité avec Gaza ; mais avec l’enlisement et l’installation de la guerre dans la durée, les alliances se fissurent.

Pour la communauté chrétienne, hostile à cette guerre, le Hezbollah prend une fois de plus les Libanais en otage et met en danger la souveraineté du pays. Par ailleurs, la promesse faite par le secrétaire général Hassan Nasrallah d’engager de manière limitée son organisation dans la création « d’un front de soutien et de solidarité » au début du conflit, ne tient plus. Le bilan élevé des combattants morts lors des opérations et les cadres (Hamas et Hezbollah) assassinés par drone, le déplacement des populations du Sud fuyant les combats et l’installation dans le conflit rendent le risque d’embrasement plus plausible que jamais. Mais ce danger n’est pas perçu de la même manière par tous au Liban, où plusieurs réalités coexistent.

Réalités parallèles

Malgré la crise et la guerre qui menace au Sud, la vie à Beyrouth et dans ses environs est quasi normale. Les restaurants et les bars ne désemplissent pas, les stations de ski sont toujours fréquentées, les centres commerciaux et les cinémas aussi.

Quand on se promène du côté de Gemmayzé, Mar Mikhael, Verdun ou Rabieh, on ressent l’insouciance d’une partie de la population qui vit dans le déni de la guerre et dans une réalité parallèle. Ces Libanais qui ne souhaitent pas quitter leur pays pour des endroits plus sûrs et dont les revenus sont perçus pour une grande partie en devises étrangères ne parlent ni de conflit ni de crise, termes vulgaires et obscènes qui enlaidissent leur projection d’une vie idéale à la libanaise.

Ils vivent dans une bulle qui préserve du présent, est détachée du passé douloureux et ne se projette pas dans un avenir incertain. Une bulle flottant hors temps et hors sol, qui protège de l’autre réalité, plus dure : celle de la majorité des Libanais qui vivent sous le seuil de pauvreté, qui ne peuvent se chauffer en hiver, se soigner ou payer la scolarité de leurs enfants. Différente aussi de celle des habitants du Sud Liban, obligés de fuir leur foyer. Les réalités libanaises cohabitent mais ne se croisent pas ; elles sont le reflet d’un pays déchiré par des années de guerre, avec une société fragmentée et un État en faillite, incapable d’empêcher que la guerre à Gaza ne s’invite à Beyrouth.

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Notre série Hezbollah (4), l’infiltration de l’appareil sécuritaire libanais https://mondafrique.com/a-la-une/linfiltration-de-lappareil-libanais-par-le-hezbollah/ Fri, 06 Sep 2024 20:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=82286 Le Hezbollah s’est imposé face à la population libanaise en incarnant « l’armée, le peuple et la Résistance ». L’expression est née dans la bouche d’Hassan Nasrallah, le chef du mouvement pro iranien, au lendemain de la guerre de 2006, qui opposa l’armée israélienne aux miliciens chiites.

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Le Hezbollah s’est imposé face à la population libanaise en incarnant « l’armée, le peuple et la Résistance ». L’expression est née dans la bouche d’Hassan Nasrallah, le chef du mouvement pro iranien, au lendemain de la guerre de 2006, qui opposa l’armée israélienne aux miliciens chiites. La branche armée du Hezbollah avait émergé dans les années 1980 en pleine guerre civile avec pour objectif la libération des terres libanaises de l’occupation israélienne. Ce mouvement inféodé à l’Iran, qui a infiltré peu à peu l’État libanais, est devenu le principal obstacle à une vie politique apaisée dans un pays qui, depuis un an, ne parvientpas à élire un Président de la République. 

En l’an 2000, le retrait de Tsahal a assuré au mouvement chiite une aura nationale. Six ans plus tard, les miliciens du Hezbollah, en enlevant deux soldats israéliens, confortent cette image de « Résistance » auprès des Libanais et obtiennent un cessez le feu, soutenu par la communauté internationale, qui fait figure d’un nouveau bulletin de victoire.
Fort de cette confusion entre une capacité militaire entretenue à fonds perdus par le Qatar, l’Iran et la Syrie et l’incontestable fibre patriotique des Libanais, le Hezbollah a adopté une posture guerrière nourrie par un antisémitisme grossier. À l’extérieur de l’État, les amis d’Hassan Nasrallah ont été les seuls des partis politiques, lors des accords de Taëf de1989, à conserver une milice armée. Depuis, les armes du Hezbollah nourrissent un débat houleux et clivant au sein de la vie politique libanaise. À l’intérieur de l’État et de façon plus insidieuse, le Hezbollah a réussi à mettre la main sur de solides leviers au sein des services sécuritaires

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L’armée condamnée à la cohabitation

Courtois, consensuel et légitimiste, le patron de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, a réussi la performance d’être soutenu discrètement par les Américains, tout en cohabitant, au prix de beaucoup de diplomatie, avec le Hezbollah. Ce militaire apprécié par l’ensemble des forces politiques dirige une armée composée  d’une bonne moitié d’officiers chrétiens. Encore que ces dernières années, le Président Aoun, allié du Hezbollah, a fait pression pour que des militants de son mouvement, le Courant Patriotique Libre (CPL), grossissent les rangs de ses sympathisants au sein de l’institution militaire.
Le général Joseph Aoun doit compter également avec des sous-officiers  sunnites pour 35% et chrétiens pour 28%. Un quart seulement de la hiérarchie militaire intermédiaire est chiite, mais pas nécessairement sous l’influence du Hezbollah. « Ces dernières années, observe un officier, l’accent mis par l’armée sur le recrutement des femmes a été certainement un moyen habile d’éviter la venue de militaires qui soient des musulmans fondamentalistes ».
Au Liban, tout est affaire de dosage. Des gradés au sein de l’armée sont connus pour leur proximité avec le Hezbollah comme le général Malek Chamas, membre du conseil militaire et directeur général de l’administration. Ses fonctions précédentes comme commandant adjoint du secteur du Sud du Litani, directeur adjoint des Renseignements et coordinateur du gouvernement Libanais près de la FINU, montrent à quel point les équilibres communautaires sont respectés au sein de l’institution militaire.

Les Forces de Sécurité Intérieur (FSI)
Les FSI regroupent quelque 30000 policiers et un service de renseignement sophistiqué, sont présentées comme une citadelle sunnite. Ses chefs, effectivement, appartiennent à cette communauté. C’est l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, soucieux de construire sa propre police politique, qui a donné aux FSI des moyens considérables d’intervention, notamment au niveau des systèmes d’écoute les plus performants au Liban. Les cadres étaient formés par le FBI, la France et l’Italie, les financements étaient américains.
Le service de renseignement, baptisé « service d’information », a été longtemps dans une opposition frontale avec le mouvement chiite. Du moins quand il avait à sa tête le général Wissam Al-Hassan, un grand professionnel. Les enquêteurs des FSI ont ainsi mis en cause la responsabilité du Hezbollah et de son allié syrien dans l’attentat meurtrier de 2005 contre Rafic Hariri.
Plus tard durant l’été 2012, le général Al-Hassan avait été également été à l’origine de l’arrestation d’un député pro syrien Michel Samaha, condamné à treize ans de prison pour avoir planifié, avec les services syriens, un transport d’explosifs de Damas à Beyrouth pour planifier des assassinats. Or deux mois plus tard, le patron du renseignement était assassiné de retour d’Allemagne. « Tout indique, confie un proche du général assassiné, de la voiture piégée au timing parfait de l’explosion, que les Syriens n’ont pu agir qu’avec l’aide des petites mains du Hezhollah ».
Depuis dix ans, les relations entre les FSI et le Hezbollah ont évolué. Hassan Nasrallah et ses amis préfèrent désormais l’infiltration à la confrontation. Certes, le patron actuel des FSI, Imad Osman, est proche du « courant du Futur » de l’ancien Premier ministre et fils de Rafic, Saad Hariri. Le service de renseignement est dirigé par Khaled Hamoud, un sunnite proche du clan Hariri. Mais la lutte cotre les réseaux israéliens au Liban ou la lutte contre les groupes liés à l’État Islamique sont souvent le résultat d’une collaboration étroite entre les FSI et les services dominés par le Hezbollah. Au nom de l’efficacité ! « Aussi étonnant que cela paraisse, explique-t-on à Tripoli, la capitale du sunnisme libanais, les rencontres et les échanges d’informations sont nombreux entre les adversaires d’hier. Nous sommes au Liban ! »

La justice militaire sous influence

La justice militaire est une sorte de champ de mines où il est juste impossible de rendre la justice.Le Général Hussein Abdallah, un chiite qui n’a jamais fait allégeance au Hezbollah, présida longtemps le tribunal militaire avec un grand souci de neutralité. Jusqu’à ce jour de 2020 où Armer Fakhouri, l’ex-responsable de la prison de Khiam, située au Sud Liban alors sous occupation israélienne, est interpellé. Ce mercenaire qui a sévi entre 1985 et 2000 est suspecté de meurtres et de tortures. Mais les Américains exigent sa libération immédiate ; le pouvoir libanais, dont le Hezbollah est partie prenante, s’incline. La justice militaire libère le suspect.
Le Hezbollah, qui a trempé dans cet arrangement, se dédouane en alimentant une campagne contre le général Hussein Abdallah qui serait « à la solde d’Israël ». Ce qui oblige ce dernier à démissionner.

Le service de renseignement militaire 

Le renseignement militaire est dirigé depuis 2020 par le général Tony Kahwagi, un maronite dont la grand-mère a été assassinée par les Palestiniens pro syriens,. Le nouveau promu travaille pourtant en bonne intelligence avec le Hezbollah. Comment faire autrement ? « Le Président libanais, Michel Aoun, qui le nomme, est l’allié des forces chiites, explique un officier supérieur, le général Kahwagi exécute les ordres comme tout bon militaire ». Et d’ajouter : « Il est en plus cornaqué par deux adjoints, dont un est chiite et très lié au Hezbollah».
Autant de réseaux souterrains qui poussèrent au départ en 1999 le Procureur du Tribunal militaire, Pierre Germanos, accusé sans preuves de corruption alors qu’il se heurtait aux coups fourrés du Hezbollah. « Quand des officiers liés au Hezbollah étaient pris la main dans un trafic quelconque, explique un de ses amis avocat, ils étaient immédiatement relâchés. Ce que Pierre Germanos ne supportait plus »

La Sureté générale, le fief du Hezbollah

Les responsables du Hezbollah ont très tôt compris tout le profit qu’ils pourraient tirer de la maitrise des aéroports, des ports et des frontières. Or c’est le service de « la Sureté générale » qui gère les grandes infrastructures libanaises. Longtemps il a été dirigé par un chrétien maronite avant de passer sous la coupe du Hezbollah. En 1998, le président Emile Lahoud nomme en effet le général Jamel Sayyed, proche à la fois du régime Syrien et du Hezbollah, qui occupera. « Au nom de la lutte contre le terrorisme, explique un député libanais, la sureté générale peut se mêler d’à peu près de tout ». Fort de 3000 hommes, ce service en roue libre est susceptible à la fois de mettre les politiques sur écoute, de mobiliser des forces spéciales, de lancer des enquêtes judiciaires ou d’infiltrer des associations ou des ONG.
Depuis une douzaine d’années, le général Ibrahim Abbas, courroie de transmission du Hezbollah, est le patron tout puissant de la Sureté générale.
– « Que pensez-vous, a demandé l’AFP au général Ibrahim Abbas,, de sa qualification d’«homme du Hezbollah»?
– « Cela ne me dérange absolument pas», a-t-il répondu.
Médiateur entre les barons de la politique au Liban, libérateur d’otages en Syrie, interlocuteur des services étrangers à Washington et à Paris, ce gradé entretient des relations excellentes avec le patron de la DGSE française, Bernard Emié. « Il faut bien préserver des passerelles avec le mouvement pro iranoien, explique un gradé de l’armée, c’est la France qui joue ce rôle d’interlocuteur du mouvement chiite, en accord avec le reste du monde et en oubliant les enlèvements d’otages français des années 1980 », explique l’expert « Sécurité » d’un des principaux partis politiques libanais.
Le contrôle de l’aéroport de Beyrouth est partagé par le Hezbollah et certains fonctionnaires nommés par ses alliés politiques, le mouvement chiite Amal et le Courant Patriotique Libre (CPL. Ainsi le directeur des douanes Badri Daher, un proche du CPL, est actuellement incarcéré dans le cadre de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 où le Hezbollah est mis en cause pour ne pas avoir fait preuve de suffisamment de vigilance sur les tonnes de nitrate conservées dans les hangars.
Pour autant, la Sureté générale a montré un talent indéniable pour lutter contre l’État Islamique, dont l’influence a été miraculeusement limitée au Liban malgré la proximité de la Syrie. Issu de la communauté chiite, le patron libanais de la lutte anti-terroriste n’a jamais montré la moindre indulgence pour combattre les sunnites qui avaient rejoint les rangs de l’État Islamique.


L’État libanais pris en tenaille

L’expression convenue qui présente le Hezbollah comme « un État dans l’État » n’est que partiellement juste. La formation chiite a lancé une véritable OPA sur un pouvoir désormais pris en tenaille dehors par les miliciens armés et dedans par les complicités sécuritaires. « Il n’y a pas une seule région au Liban où la loi soit appliquée parfaitement, tout est affaire de compromis entre les diverses communautés qui sont toutes représentées au sein de l’appareil sécuritaire », estime un général libanais qui a occupé des fonctions opérationnelles sensibles au sein de l’appareil sécuritaire. Et de poursuivre : « les grands patrons de l’armée et des services libanais sont contraints de cohabiter avec les hommes du Hezbollah, qui se sont imposé en profitant des faiblesses de leurs adversaires
Dans le climat actuel, il est difficile d’imaginer une bonne sortie de crise. Certains veulent faire le pari d’un recentrage libanais du Hezbollah qui s’éloignerait de sa tutelle iranienne. Hélas, le scénario le plus probable est de voir le mouvement chiite poursuivre son OPA sur un État libanais miné par une crise sans précédent.

 

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Notre série Hezbollah (3): trafics et contrefaçon https://mondafrique.com/moyen-orient/liban-notre-enquete-sur-le-tresor-de-guerre-du-hezbollah/ Wed, 04 Sep 2024 05:13:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=74364 C’est un trésor de guerre caché, alimenté par Téhéran et Damas et que personne ne peut chiffrer, qui a permis à cette milice armée de devenir un des principaux partis libanais. État dans  l’État, le Hezbollah parvient même à exercer une sorte de droit de veto sur le choix du futur Président libanais qui appartiendra, […]

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C’est un trésor de guerre caché, alimenté par Téhéran et Damas et que personne ne peut chiffrer, qui a permis à cette milice armée de devenir un des principaux partis libanais. État dans  l’État, le Hezbollah parvient même à exercer une sorte de droit de veto sur le choix du futur Président libanais qui appartiendra, en raison d’une tradition constante, aux communautés chrétiennes.

Pour armer et rétribuer des milliers de miliciens, le Hezbollah a besoin de collecter des fonds considérables.

Le mouvement créé par les plus déshérités des chiites dans les années 1980 a acquis, quarante ans plus tard, une influence décisive à la veille de l’élection présidentielle libanaise qui doit avoir lieu cet automne. En effet le vainqueur de ce scrutin, issu de la communauté chrétienne en raison d’une tradition solidement établie depuis la fin du mandat français en 1943, doit passer par une forme de compromis avec la force chiite devenue un parti populiste aux pratiques bien peu démocratiques [1].

Si le Hezbollah s’est imposé au sein de l’État libanais en quelques dizaines d’années, c’est en raison d’un talent indéniable à adopter les codes les plus corrompus et claniques de la classe politique libanaise. Mais le mouvement chiite doit surtout sa percée à l’acquisition de fonds occultes considérables.

Cet argent trouble, voire carrément sale, lui a permis d’affiner son positionnement face à l’opinion publique libanaise, à travers deux atouts majeurs: une logique guerrière anti-israélienne qui ne s’est jamais démentie et une solidarité communautaire qui lui a permis de se substituer à un État libanais défaillant.

Le Hezbollah a toujours justifié le recrutement de milliers  de miliciens armés par « la résistance » contre l’ennemi sioniste

L’obsession anti-israélienne

Cet été, la dénonciation du sionisme par le chef du Hezbollah, le Cheikh Nasrallah, aura été plus vive que jamais. Alors qu’aucun accord ne se dessine sur le partage des champs pétroliers et gaziers entre Israël et le Liban, le Guide a martelé dans des prêches enflammés que le Hezbollah était prêt à entrer en guerre pour défendre les intérêts vitaux du pays.

Le Hezbollah a toujours imposé, malgré les résolutions de l’ONU[2],  le recrutement de milliers  de miliciens armées par « la résistance » contre l’ennemi sioniste. Le chef du Hezbollah  prétend être à la tête de 100000 miliciens armés. Un chiffre qui serait plus proche de 20000 à 25000, ce qui au sein d’une population de quatre millions de Libanais reste considérable.

Riad el-Assaad.

Dans le Liban-Sud, base arrière des chiites, envahi deux fois par les Israéliens en 1982 et en 2006, les populations restent sensibles à de tels mots d’ordre. « Le Hezbollah, confie Riad el-Assaad, héritier d’une grande famille du Sud Liban et opposant résolu du Hezbollah lors des quatre derniers scrutins législatifs a réussi à amalgamer l’identité du sud du Liban avec l’identité de leur combat. L’idée de résistance n’est pas pourtant une idée qui leur appartient. Et pourtant ils sont crédités d’une telle résistance ».  Au point que cet opposant courageux au Hezbollah pense qu’il serait prématuré de désarmer les miliciens du mouvement chiite, un bouclier malgré tout contre les visées israéliennes. 

Les Libanais qui ont laissé voter une incroyable loi qui considère comme un délit toute rencontre avec un citoyen israélien, restent pour la plupart d’un nationalisme ombrageux. La cause palestinienne est sinon omniprésente, du moins sacralisée.  

Le deuxième fonds de commerce du parti pro iranien est sa capacité à distribuer des aides et des emplois à ses sympathisants. Pour combattre l’extrême paupérisation de la population libanaise, le Hezbollah a ouvert des magasins bien achalandés auxquels seuls ses partisans ont accès. Là encore, cette économie parallèle est une bouée de sauvetage pour un pays dont l’endettement est proche de 85 milliards de dollars, soit 155% de son PIB. Ce qui le place au troisième rang des pays les plus endettés au monde, derrière le Japon et la Grèce

Quel est le véritable budget du Hezbollah pour financer à la fois un effort de guerre contre Israël et l’aide considérable aux plus démunis dans ses fiefs du Sud Liban et de la Bekaa? Le montant en cause relève du secret Défense. D’où viennent ces fonds qui permettent au mouvement chiite de se substituer à un État défaillant? Autant de questions que la presse libanaise n’ose guère poser dans un pays où l’usage de la violence par le Hezbollah distille une peur diffuse mais bien réelle, notamment dans les milieux de presse.

À l’image de ce blogueur très investi dans les mobilisations populaires de ces dernières années qui n’hésite pas à dénoncer les turpitudes du Président Aoun et de son gendre, chef du mouvement chrétien pro Hezbollah, mais qui reste prudent quand il s’agit des miliciens chiites eux mêmes: « Nasrallah et ses sbires, explique-t-il, il faut mieux s’en moquer mais sans les attaquer de front, surtout en matière financière ». 

Attention aux attentats ciblés !

À Beyrouth, les journalistes craignent légitimement d’aller sur ce terrain face à un mouvement qui n’a jamais reculé devant des attentats ciblés. Ainsi en 2021, l’écrivain et éditeur Lokman Slim, adversaire farouche au Hezbollah, a été retrouvé mort au Liban-Sud. Le corps de ce courageux intellectuel chiite qui était abandonné dans une voiture de location, une Toyota Corolla à Zahrani au coeur du Liban-Sud, avait été atteint de cinq balles, quatre à la tête et une au dos. L’assassinat aura été le fait de professionnels qui n’ont jamais été retrouvés.

En Europe, peu de médias enquêtent sur les turpitudes du Hezbollah. Son hostilité au sionisme a longtemps suscité une attitude de sympathie dans de larges cercles politiques ou journalistiques. Sans évoquer ces diplomates français sensibles à la glorieuse politique arabe du général de Gaulle dénonçant « le peuple juif sûr de lui même et dominateur ».

À Paris et jusqu’au plus haut sommet de l’État français, on n’a pas voulu voir la transformation d’un mouvement de résistance à l’envahisseur israélien en une milice armée aux ordres de la dictature iranienne. Au plus haut niveau de l’État français, on feint l’ignorance. Lors de sa première tournée au Liban deux jours après l’explosion du Port durant l’été 2020, le président français négocie discrètement quelques arrangements avec le monde politique libanais. Dans un livre fort bien documenté, les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot en racontent les coulisses. Lorsqu’il reçoit les chefs des partis à la résidence des pins qui est celle de l’ambassadeur de France, le Président français croise Mohamed Raad, le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, le parti chiite proche de l’Iran totalement clivant sur la scène politique libanaise. « Je compte sur vous pour nous aider et me faire réussir ma mission », lui confie Emmanuel Macron avant un échange assez vif avec les leaders de l’opposition maronite, Samy Gemayelet et Samir Geagea . 

  • « Comment peut on construire une stratégie de redressement du Liban sans parler des armes du Hezbollah », demandent ces derniers au Président français .
  • « Mais cela fait des années que vous parlez des armes du Hezbollah, est-ce que vous êtes arrivés à un résultat? »,  leur répond avec une totale mauvaise foi le représentant de la France (1).
Or ces armes sophistiquées tournées notamment contre les Israéliens  supposent des financements considérables qui sont assurés notamment par l’Iran et la Syrie, les deux « parrains » régionaux du Hezbollah.

 

Les photos montrant le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, au-côté du guide suprême iranien Ali Khamenei, sont extrêmement rares. Les voici sur une image publiée en 2019 par le site officiel du Guide iranien, en compagnie du chef de la brigade al-Qods au sein des Gardiens de la révolution, le général iranien Kassem Souleimani. Aucun détail n’a été donné concernant le lieu et la date à laquelle cette photo a été prise.

L’Iran: 700 millions de dollars par an

Comment se voiler les yeux ? L’Iran finance le Hezbollah à hauteur de 700 millions de dollars par an, selon des propos de l’adjointe du secrétaire d’Etat américain, en charge de la lutte contre le terrorisme, Sigal Mandelker[3].

« L’Iran fournit jusqu’à 700 millions de dollars par an du Hezbollah, soit plus du triple de la somme de 200 millions de dollars annuels que Téhéran débloquait au profit du parti chiite avant son intervention en Syrie », a déclaré Mme Mandelker, s’exprimant dans les locaux du think-tank américain Foundation for Defence of Democracies (Fondation pour la défense des démocraties), proche des néo-conservateurs.

Dès 2002 alors que le mouvement bénéficiait d’une protection des troupes d’occupation syriennes, l’école d’entraînement militaire de la plaine de la Bekaa était déjà financé par l’Iran. Dans l’une des rares études sur le financement du Hezbollah, le chercheur Matthew Levitt [4] estimait  que l’Iran finançait déjà à lépoque ses activités militaires des chiites libanais à hauteur de 100 à 200 millions de dollars par an. Recrues du Hezbollah, militants du Hamas ou du Jihad islamique ont été formés ainsi à la pause d’explosifs, au combat rapproché et à l’usage et à la construction de roquettes. Le tout placé sous le patronage direct du général Ali Reza Tamza,  alors chef du Corps des gardiens de la révolution iranienne

En 2006, les trois cents millions de dollars qui ont servi à la reconstruction du Sud Liban en 2006 après l’invasion israélienne provenaient de l’Iran. À l’époque, le Hezbollah n’en a pas fait mystère. Cette aide d’envergure est venu s’ajouter aux subventions habituelles.

À ces fonds en cash, s’ajoutent des aides en nature plus difficilement quantifiables comme la fourniture de milliers de missiles, la formation des miliciens au maniement de ses bombe volante, le soutien logistique, les études de terrassement pour la construction de centre de commande et d’abri souterrain, le stockage d’armes et même des subventions pour la diffusion de la chaîne de télévision Al Manar.

Les aides financières de l’Iran permettent également au Hezbollah de sponsoriser des milices palestiniennes. Ce qui permet au mouvement chiite de monter des opérations anti israéliennes dans le monde entier. Bénéfice collatéral, le Hezbollah est parvenu à empêcher l’émergence de groupes inféodés à Daech, traditionnellement hostiles au chiisme, malgré la longue frontière du Liban avec la Syrie où prospèrent les groupes sunnites extrémistes. Le mouvement chiite peut ainsi se présenter aux yeux des occidentaux comme un solide rempart contre la menace djihadiste.

Le Hezbollah dont on voit les piliciens combattantsen Syrie prète main forte au régime syrien dans sa féroce répression contre les opposants démocrates et es groupes djihadistes.

Les Trafics vers la Syrie

L’autre source principale de financement du Hezbollah ces dernières années aura été la contrebande vers la Syrie, deuxième « parrain » du mouvement chiite dans la région. Une politique de subvention à grande échelle a été imposée à la Banque du Liban, portant sur des produits de première nécessité, tels que l’essence, la farine et même les médicaments. Le Hezbollah a profité de ces subventions pour parrainer une vaste contrebande de ces produits vers la Syrie du fait de la différence des prix, due à ces subventions, entre le Liban et la Syrie. A un point tel, que le Gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, devait déclarer au quotidien Le Figaro que «depuis 2017, le Liban importe pour deux pays, le Liban et la Syrie». L’ancien vice-gouverneur de la BDL, Nasser Saïdi, a abondé dans le même en précisant, sur les réseaux sociaux, que le Liban importait des carburants subventionnés «trois fois plus que ses besoins pour la consommation interne».

Le président de la commission parlementaire des Finances, Ibrahim Kanaan, a été encore plus explicite en indiquant, au cours d’une séance parlementaire, en mars 2021, que «les politiques de subvention des gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ont coûté (au Trésor) 11 milliards de dollars par an »… Un chiffre qui en dit long sur les rentrées dont profitait le Hezbollah du fait qu’il parrainait toutes les activités de contrebande organisées le long de frontière poreuse au nord du Liban avec la Syrie par le biais de plusieurs voies de passage qui échappent à tout contrôle de l’Etat.

 Une collecte mondialisée  

Au delà des aides de l’Iran et de la Syrie, les deux forces régionales qui le protègent et le financent, la force du Hezbollah est de collecter des fonds dans le monde entier, via une diaspora riche et entreprenante. Rien de plus simple que de rapatrier des valises d’argent via l’aéroport de Beyrouth devenu le plus grand site de tranit de cash du monde.

Le 13 juillet 2009, la fondation européenne pour la démocratie, à Bruxelles, s’est indignée dans un communiqué de la liberté qu’avait le Hezbollah de collecter des fonds en Allemagne au profit de ses « œuvres » au Liban. Le projet « orphelins du Liban », basé à Gottingen en Allemagne, a permis d’envoyer des dons de résidents allemands à l’association libanaise «  Al-Shahid », proche du mouvement chiite. Laquelle a pour objectif de susciter l’évocation des martyres auprès de groupes d’enfants. En Allemagne les dons sont déductibles des impôts. Une façon dont l’administration allemande subventionne ainsi indirectement le Hezbollah.

Aux États-Unis, la ville  de Chicago connait une forte concentration musulmane, dont beaucoup de sympathisants du Hezbollah qui organisent des projections à domicile de film tourné par Al Manar. À la fin de la projection, un panier circule ; des dollars sont ainsi collectées qui bénéficie au « famille des victimes du conflit avec Israël ».

En Argentine, un bon exemple de l’action du Hezbollah est fourni par les attentats commis le 18 juillet 1994. Quatre vingt  cinq personnes ont trouvé la mort dans une explosion. Les détails sont connus aujourd’hui grâce a la défection d’ un agent iranien de haut niveau. L’opération avait été planifiée dans les plus petits détails. Ainsi ce don de 10 millions de dollars au président argentin Carlos Menem afin que ce dernier calme les ardeurs de la police. En Argentine toujours, Mario Baizan, ancien conseiller à la présidence, affirme que la ville de Ciudad El Este et plus important centre de financement du Hezbollah.

L’Afrique, un fief privilégié des chiites

https://mondafrique.com/libanais-en-cote-divoire-volet-2-ces-transferts-vers-les-chiites-du-hezbolllah/

L’Afrique enfin et surtout où les Libanais se sont installés en grand nombre, est traditionnellement devenue un gros pourvoyeur d’aides financières au Hezbollah. La première manifestation de ces liens financiers sera, le 25 décembre 2003, le vol 141 de la compagnie UTA reliant Cotonou à Beyrouth. Après le décollage, 136 passagers, libanais dans leur majorité, sont tués sur le coup. Or un responsable du Hezbollah et deux de ses collaborateurs sont morts dans l’accident. Dans leurs bagages, on a retrouvé une valise contenant 2 millions de dollars de petites coupures. Cet argent aurait été collecté auprès d’hommes d’affaires libanais établis dans le commerce du diamant de la Guinée, au Sierra Leone ou au Libéria.

Autre exemple plus récent, le libanais Aziz Ibrahim Nassour appartient à une de ces familles qui auront été, ces dernières années, une des passerelles entre  le Hezbollah, et les représentants de la communauté chiite installées en Centrafrique.

Aziz Nassour est le fils ainé de Ibrahim Khalil Nassour, un homme d’affaires qui avait créé en 1983 la société « Dianonds Forever » basée à Anvers et spécialisés dans l’import-export de diamants polis. Sa fille Diana Nassour, la sœur de Aziz Nassour, s’est mariée à Ali Saïd Ahmad qui appartient à une autre famille libanaise chiite enrichie dans le commerce de diamants du Zaïre à Anvers. Le clan Ahmad-Nassour, est spécialisé dans le commerce de diamants du Sierra Leone, du Libéria et de République Démocratique du Congo revendus à Anvers avant d’en investir les bénéfices au Liban, principalement par le biais d’acquisitions immobilières.

Autre piste, le 8 mars 2022, deux hommes d’affaires libano-guinéens, Ali Saadé et Ibrahim Taher, ont été poursuivis par le parquet de Conakry pour : « présomptions graves de blanchiment de capitaux et financement du terrorisme ». Tous leurs biens ont été saisis et leurs avoirs ont été gelés. La sanction de la justice guinéenne tombe quelques jours après que les mises en garde pour complicité avec le Hezbollah formulées par le Trésor américain contre les deux Libanais chiites !

Ces généreux donateurs mettent-ils la main au portefeuille de leur plein gré ? Personne ne s’est jamais plaint d’avoir été racketté

Contrefaçon à tous les étages

Le secrétaire général de Interpol de 2000 à 2014, Ronald K Noble

Copier un sac Vuitton, un film de Steven Spielberg, un médicament breveté et revendre ses produits pour son propre compte au mépris des droits de propriété intellectuelle relève du délit de la contrefaçon. Les profits élevés, le faible risque d’être démasqué et la légèreté des peines a incité de nombreuses  entreprises criminelles à s’y livrer sur une grande échelle.

Le secrétaire général de Interpol de 2000 à 2014, Ronald K Noble, a été le premier à attirer l’attention des gouvernements sur le fait que «  la criminalité liée à la propriété intellectuelle est en passe de devenir le moyen de financement d’un certain nombre d’organisation terroriste». Le 16 juillet 2003, déposant devant la commission des relations internationales de la chambre des représentants des États-Unis, le patron d’Interpol citait explicitement Al Qaïda, le Hezbollah, les séparatistes tchétchène, les extrémistes albanais comme autant d’entités qui « tirent un profit de la production ou de la vente de marchandises contrefaites ».

En mars 2009, le rapport de la Rand Corporation, proche de la CIA, estimait que différentes trafics menés dans la zone de la triple frontières en Amérique latine, entre le Brésil, l’Argentine et le Paraguay, aurait fourni 20 millions de dollars chaque année dans les caisses du Hezbollah.

Assad Ahmad Barakat, qui dirigeait deux sociétés dans la ville La ville de Foz do Iguaçu, dans l’État brésilien du Paraná, aurait participé largement à ces trafi. Catalogué « global terrorist » par les services américains, Assad  avait reçu un mot de remerciement de Hassan Nasrallah, avant d’être expulsé en 2020 du Brésil au Paraguay où il était accusé de toutes sortes de malversations

Le Captagon au cœur des trafics

Le champ de la contrefaçon c’est étendu aux produits de santé : du viagra, des anticancéreux, ou encore du Captagon, une molécule de la classe des amphétamines qui semble un marché convoité par le Hezbollah. Or les autorités saoudiennes ont annoncé , le 22 juillet 2022, la saisie de près de 15 millions de pilules de captagon, une drogue de la famille des amphétamines, qui fait des ravages dans le royaume comme dans toute la région. Les douanes séoudiennes ont «contrecarré une tentative de contrebande d’une grande quantité de captagon, s’élevant à 14.976.000 pilules», ont-elles annoncé, après avoir découver les pilules dissimulées dans «une machine destinée à fabriquer des blocs de béton» parvenus par fret au port de Jeddah, dans l’ouest du royaume.

Ce n’est pas aujourd’hui que le Hezbollah a découvert ces filières juteuses. Le 8 mars 2012, le journal L’Orient le jour consacré sa une ou « deux frères du député Moussaoui, au cœur du trafic de Cap Tagon, toujours introuvable ». L’article commençait ainsi : « après la saisie par les douanes de deux appareils en provenance de Chine utilisé pour la fabrication de pilules de Cap Tagon, l’enquête révèle progressivement les contours du réseau de commerçants impliqués. Ce sont les deux frères d’un député du Hezbollah qui sont impliqués dans ce trafic illicite, pour l’instant introuvable est réfugié dans le village Nabi Chit dans la Bekaa. »

En 2008, le directeur français du département affaires publiques de la compagnie européenne d’Intelligence stratégique, Eric Schmidt, avait remis au ministère de l’industrie français un rapport explosif[5]. Cet expert  notait que « la contrefaçon de médicaments peut faire le jeu du terrorisme international… Plusieurs organisations, telles que le Hezbollah libanais, la Camora italienne, les groupes criminels albanais sont ainsi suspecté de s’intéresser à ce trafic ».

Mais de façon beaucoup plus inquiétante pour l’ensemble du monde occidental, et notamment pour les Américains, le Hezbollh tire une grande partie de ses fonds secrets de son implication dans les trafics de drogue comme nous le verrons dans le prochain volet de ntre enquète

Nos articles sur les fonds secrets du Hezbollah doivent beaucoup aux recherches d’Yves Mamou, un ancien journaliste du quotidien français « Le Monde », qui est l’auteur d’un livre fort instructif: « Hezbollah, dernier acte » (Édition Plein Jour) et qui nous a autorisés à reprendre un certain nombre d’éléments factuels de son excellent travail.

NOTES

[1] Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a accueilli, vendredi soir, le chef du Mouvement Marada Sleiman Frangieh et le chef du Mouvement patriotique libre Gebran Bassil au dîner de l’Iftar (rupture du jeûne du mois de Ramadan).

[2] La résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 2 septembre 2004, qui est au cœur du débat politique libanais, demande entre autres « le désarmement et la dissolution de toutes les milices », essentiellement celles du Hezbollah, et « l’extension du contrôle du gouvernement libanais sur tout son territoire, dans la mesure où les forces sécuritaires négocient la moindre intervention dans le sud du Liban avec les partis chiites

[3] Ces propos ont été rapportés en juin 2018 par le quotidien émirati anglophone The National.

[4] « Hieballah Finances : Funding the party of God”, Washington Institute for the Near East Policy, mars 2005

  • [5] Le rapport était titré : « Évaluation de l’ampleur de la vente des produits contrefaits sur Internet ».

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Le Hezbolah bombarde le Nord d’Israël https://mondafrique.com/moyen-orient/le-hezbolah-bombarde-le-nord-disrael/ Wed, 17 Jul 2024 13:16:01 +0000 https://mondafrique.com/?p=114902   Le lundi 15 juillet, une frappe israélienne a touché une école dans la ville de Gaza. Des tirs d’artillerie ont également été signalés dans plusieurs quartiers. En réponse, le Hezbollah libanais a annoncé avoir bombardé le nord d’Israël, en représailles aux frappes israéliennes qui ont causé deux morts dans le sud du Liban.  « Au […]

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Le lundi 15 juillet, une frappe israélienne a touché une école dans la ville de Gaza. Des tirs d’artillerie ont également été signalés dans plusieurs quartiers. En réponse, le Hezbollah libanais a annoncé avoir bombardé le nord d’Israël, en représailles aux frappes israéliennes qui ont causé deux morts dans le sud du Liban.

 « Au cours des dernières heures seulement, le Hezbollah a tiré plus de 50 projectiles vers Israël » a déclaré le porte parole de Tsahal Olivier Rafowicz.

 

 

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« Beyrouth entre parenthèses », un roman du libanais Sabyl Ghossoub https://mondafrique.com/loisirs-culture/beyrouth-entre-parentheses-sabyl-ghossoub/ Tue, 18 Jun 2024 16:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=76927 Il est défendu à un citoyen libanais de se rendre en Israël. Mais dans « Beyrouth entre parenthèses », le livre de  Sabyl Ghoussoub, le narrateur, un jeune photographe franco-libanais, décide d’enfreindre la loi de son pays et de ne pas suivre l’avis de sa famille. Arrivé à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, il subit un interrogatoire […]

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Il est défendu à un citoyen libanais de se rendre en Israël. Mais dans « Beyrouth entre parenthèses », le livre de  Sabyl Ghoussoub, le narrateur, un jeune photographe franco-libanais, décide d’enfreindre la loi de son pays et de ne pas suivre l’avis de sa famille.
Arrivé à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, il subit un interrogatoire de plusieurs heures. Les questions fusent et se répètent. « Comment s’appelle votre mère ? Comment s’appelle votre père ? Comment s’appelle votre grand-père ? Comment vous appelez-vous ? » Des questions qui reviennent comme une berceuse et qui voudraient obliger le narrateur à se définir de manière définitive. Lui qui avait pensé faire ce voyage pour mettre de côté sa part libanaise, mettre Beyrouth entre parenthèses…

Nous serions tous morts
Depuis longtemps si nous n’avions pas
Notre sens de l’humour.
Waguih Ghali.

Voilà un livre comme on aimerait en écrire. Une longue phrase qui coule, et qui ne recherche jamais un effet de style. Un livre qui vous transporte dans la peau d’un autre : artiste, mi-Libanais mi-Parisien, et qui soudainement rend lumineux tout ce qui vous paraissait compliqué. Beyrouth entre parenthèses est une vraie réussite. On l’ouvre, on le lit, et on ne le referme qu’à la dernière page. Sabyl Ghoussoub vous fait goûter au bonheur d’errer, à la liberté d’aller là où vous ne devez pas aller.

Les deux côtés de la table

Dans l’édition de poche, ce long interrogatoire, à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv occupe 100 pages exactement. 100 pages dans une petite pièce vétuste.  Le photographe y est interrogé pendant un temps infini par une soldate de Tsahal qui désire débusquer « l’arabe » qui est en lui. Cet échange est savoureux. Deux mondes s’affrontent: celui du noir et blanc, de l’ordre et de la peur, et celui de la couleur, du désordre et du plaisir de vivre. Le réel et la fiction. D’un côté de la table, une femme réduit les choses à ce qu’elles sont extérieurement, face à elle, un bonimenteur transforme ce qu’il vit en une pièce de théâtre à sketches, pour rire de ce qui devrait le faire pleurer.

J’erre dans les rues de Haïfa. Je me prends pour l’écrivain Émile Habibi, à marcher les mains derrière le dos en attendant une paix qui ne viendra jamais. Je me transforme en Sa’îd le Peptimiste, l’un de ses personnages de roman, avec cette philosophie que tout va pour le mieux, parce que tout pourrait aller plus mal. Je suis, moi aussi, peptimiste. À la question : « Quand Israéliens et Palestiniens accepteront finalement de s’asseoir à la table des négociations, choisirez-vous de vous asseoir avec les Israéliens ou avec les Palestiniens ? », Émile Habibi avait répondu : Je choisirai d’être la table.

Un roman endiablé, composé de saynètes qui s’enchaînent comme autant de claps

Le roman de Sabyl Ghoussoub est composé de chapitres courts, pareils à des saynètes. Cela m’a rappelé les 1200 claps tournés jadis par Marc-Henri Wajnberg (vous pouvez visionner sur son site internet quelques uns de ses claps). Les chapitres (comme les claps) se succèdent à la vitesse de l’éclair, et se bousculent l’un l’autre, sans fin ni début. Ainsi en va-t-il de nos vies. Nous essayons bien maladroitement de les transformer en récit, alors que tout est sauts et syncopes. Il y a dans ce roman la saveur absurde d’un monde vaste, si vaste, qui permet de voyager, de jouir avec insouciance, avec en arrière-plan, le spectacle d’un pays, le Liban, que plusieurs cousins déchiquettent.

Comment se délester du poids de l’histoire ? Comment affronter les silences qui règnent dans les familles ? L’histoire de la guerre du Liban entre 1975 et 1980 n’a pas encore été écrite, et sans ce récit, comment imaginer autre chose? Il y a un trou noir. C’est de ces silences qu’est né le besoin de mettre Beyrouth « entre parenthèses », d’enfreindre la loi, pour aller rencontrer des hommes et des femmes de l’autre côté. Découvrir un peuple et non un concept haï, qui permet seulement de structurer son dépit.

Comment échapper à son identité

Le narrateur veut partir en sa qualité de Français, de  « citoyen du monde ». Mais, dès le vol dans l’avion, puis dans le long interrogatoire, il est ramené à son pays d’origine. Pareil à une mouche sur son ruban, il est englué, contraint de revenir à son nom, à sa langue maternelle, étouffé par sa famille, par la politique ; sommé d’expliquer ses œuvres photographiques, de les réduire à ce qu’elles montrent et non à ce qu’elles sont, comme on peut le voir dans la série de photos reproduites dans le roman, de personnages la tête recouverte de Keffiehs palestiniens.

Sabyl Ghossoub, Rêve imaginaire, série photographique, 2013.

Le jeune photographe, après avoir été démasqué par l’interrogatrice (sa faiblesse c’est sa mère), est relaxé, mais il demeure happé par l’identité à laquelle on l’assigne. La deuxième partie du livre se déroule dans le Fairouz café, jardin clos libanais à Tel Aviv.

Comment peut-on bombarder les lieux de son enfance

La saynète finale est bouleversante. Sabyl Ghoussoub nous parle de l’œuvre de l’artiste israélien Dor Zlekha Levy à propos de la synagogue de Beyrouth et du témoignage d’un soldat israélien né à Beyrouth, puis venu la bombarder en 1982. Ce soldat, « Isaac Balaila, israélien, juif d’origine libanaise se rappelle ses souvenirs d’enfance à Beyrouth et son retour dans sa ville de naissance en tant que soldat ».

Sabyl Ghoussoub écrit :

Je m’étais toujours demandé ce qu’un soldat israélien, né à Beyrouth, avait ressenti en pénétrant au Liban dans son char en 1982. Ce que ça faisait de venir bombarder les lieux de son enfance. On en avait souvent parlé avec Rose. […]. Isaac apparaît à l’écran. Chauve, trapu, la chemise ouverte, la chaîne en argent qui brille, il est l’archétype du soldat israélien. Je clique sur play : « Je suis né à Beyrouth en 1960, je suis parti quand j’étais un petit garçon. Mes souvenirs de la ville sont très clairs. Je me souviens très bien de Wadi Abou Jmil, le quartier juif de Beyrouth, et de la synagogue Maghen Abraham. » Il poursuit l’entretien et décrit ces lieux avec détails. Fier de son drapeau, de son uniforme, de son armée, il raconte ensuite combien Tsahal a fait du bien au Liban, il parle des siens comme des libérateurs. Cela dure cinq minutes, cinq minutes interminables où j’ai envie de jeter mon iPhone au sol et de voir la tête d’Isaac se fracasser en mille morceaux. Puis un plan de coupe vient arrêter Isaac. Il réapparaît, pensif. Il lève les yeux au ciel et confesse à l’artiste : « Écoute. Pour moi la guerre, c’était presque un rêve. C’était même impossible que ce soit la guerre. Je ne pouvais voir cette ville détruite, en ruines. J’ai vu mon enfance face à moi. Je me suis senti à la maison. La vérité, c’est que je n’ai jamais pensé que le Liban était un pays ennemi. Le Liban, cette terre, je l’aime de tout mon cœur. Jusqu’à aujourd’hui, dit-il alors qu’il éclate en sanglots, je désire cette patrie. Tu sais, cela peut sonner étrange pour moi, Beyrouth est ma patrie, non pas Israël.

Rédigé « avant que le cœur des Libanais n’explose » le 4 août, ce livre tente de faire de ce pays une promesse, et non plus une division.

Renseignements

Le livre de Sabyl Ghoussoub est paru en 2020, peu après le « mouvement du 17 octobre ». Dans un premier temps, après ce soulèvement, l’auteur avait pensé renoncer à publier son ouvrage face à l’inconnue dans laquelle était plongé le Liban. Il paraîtra finalement peu avant la catastrophe du 4 août. Il ressort aujourd’hui dans la collection L’antilopoche.

Biographie

Sabyl Ghossoub. Photo: Olivier Roller

Né à Paris dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub a publié trois romans (Beyrouth-Sur-SeineLe Nez juif, Beyrouth entre parenthèses). Chroniqueur, il a correspondu pendant deux ans avec la commissaire d’exposition franco-israélienne Laura Schwartz sur le blog « En attendant la guerre » hébergé par le site du quotidien Libération. Depuis février 2021, il tient la chronique littéraire intitulée « Quoi qu’on en lise » dans le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour. Journaliste, il collabore avec différents médias (Konbini Arts, Blind Magazine, Libération, L’Orient-Le Jour, L’oeil de la Photographie, Historia, L’Officiel Levant, Remue, Mashallah News, Agenda Culturel…). Photographe, il a publié ses images dans divers journaux (The Guardian, Fotografia Magazine…) et expose à Paris, Beyrouth ou New-York. Commissaire d’exposition et programmateur, il a été entre 2012 et 2015 directeur du festival du film Libanais de Beyrouth.  

Un entretien entre Sabyl Ghossoub et Diane Mazloum dans La Grande table des idées, le jeudi 27 août 2020

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/beyrouth-ville-memoire-l-identite-libanaise-en-ruine-7163845

L’interview de Sabyl Ghossoub dans Magreb Orient Express sur TV5 Monde le 11 septembre 2020

https://www.youtube.com/watch?v=DnoXu-LybC8

L’installation Shomer de l’artiste Dor Zlekha Levy

L’artiste présente cette série comme suit : « Shomer (2019) est une installation multimédia qui comprend des œuvres vidéo, des pièces de projection, des affiches imprimées et des sculptures imprimées en 3d. L’œuvre démonte et réassemble la structure et l’histoire de la synagogue Magen Abraham à Beyrouth pour explorer des concepts tels que l’authenticité et la préservation, et leur relation avec la mémoire humaine. Le mouvement du spectateur dans l’espace de la galerie révèle différentes couches de l’installation, présentant des moments de l’histoire complexe de la synagogue. Les visiteurs se promènent sur les deux étages tout en écoutant une bande sonore grâce à des écouteurs sans fil. Cette bande sonore est basée sur une interview d’un Israélien d’origine libanaise, qui évoque ses souvenirs d’enfant ayant grandi à Beyrouth et de soldat israélien retournant dans sa ville natale pendant la guerre. »

On trouvera des images de l’installation Shomer sur le site de l’artiste.

L’installation Rêve imaginaire de Sabyl Ghossoub

L’artiste présente cette série comme suit : « Dès leur plus jeune âge, les enfants issus du monde arabo-musulman sont très vite confrontés au problème palestinien. Le sujet est omniprésent. Lors des repas de famille mais aussi à la télévision, dans les journaux. Couvrir d’un keffieh tous les membres d’une ascendance, c’était exprimer mes étouffements familial et politique. Comme dans un rite initiatique, le foulard se passe de main en main. Ici, le grand le donne au petit, et ainsi de suite. Un jeu qui mène parfois à la mort ou à l’étourdissement : le jeu du foulard appelé aussi rêve bleu, ou rêve imaginaire. » On trouvera des images de la série photographique sur le site de l’artiste.

Sabyl Ghossoub. Photo: Olivier Roller.

https://mondafrique.com/rejoignez-le-groupe-whatsapp-de-mondafrique/

 

 

 

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Côte d’Ivoire, les transferts financiers vers les chiites du Hezbollah https://mondafrique.com/societe/libanais-en-cote-divoire-volet-2-ces-transferts-vers-les-chiites-du-hezbolllah/ Wed, 12 Jun 2024 10:07:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=65680 Si la diaspora libanaise s’est intégrée au cours des dernières années en Côte d’Ivoire, sa composante chiite majoritaire  reste une communauté puissante et structurée. Poumon économique en Côte d’Ivoire, les chiites permettent aux familles restées au Liban  de recevoir des aides qui participent à la survie du Sud Liban, fief du Hezbollah. Entre rumeurs, fantasmes […]

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Si la diaspora libanaise s’est intégrée au cours des dernières années en Côte d’Ivoire, sa composante chiite majoritaire  reste une communauté puissante et structurée. Poumon économique en Côte d’Ivoire, les chiites permettent aux familles restées au Liban  de recevoir des aides qui participent à la survie du Sud Liban, fief du Hezbollah. Entre rumeurs, fantasmes et réalités

De notre envoyé spécial à Abidjan,  Jean Louis Cardan

Généraliser à propos de la diaspora libanaise est une faute, car il n’y a pas une communauté libanaise. Il existe des communautés qui sont traversées par les mêmes lignes de fractures confessionnelles que celles existantes au Liban. En Côte d’Ivoire, toutes sont représentées: maronite, sunnite, chiite, néanmoins, cette dernière est de loin la plus nombreuse. 

En un peu plus d’un siècle de présence, ces ressortissants du Sud Liban ont organisé leur vie sociale, culturelle, ont créé des réseaux d’entraide, de solidarité qui restent très puissants aujourd’hui. Même s’ils sont plus « assimilés » qu’auparavant, les quartiers résidentiels de Marcory ou de zone 4 restent des lieux qu’ils privilégient.

Ils prient aussi à Al-Zahra, leur grande mosquée Fatima Al-Zahra. En 2009, sous le règne de Laurent Gbagbo, l’imam de ce lieu de culte, Abdul Kobeissi, a été arrêté puis expulsé au Liban. Américains et Israéliens le soupçonnaient de financer le Hezbollah.Lorsqu’on interroge ces Libanais sur leurs liens avec le parti d’Hassan Nasrallah, ils répondent en chœur : « pur fantasme ».

Pourtant, en 2004, lors des très fortes tensions entre Paris et Abidjan et alors que Charles Blé Goudé, leader de la jeunesse ivoirienne, proche de Laurent Gbagbo, avait harangué ses partisans en lançant l’appel « à chacun son Blanc », les hommes du Hezbollah avait protégé les biens des Libanais.

Pendant la guerre de 2011, ils veillaient encore au grain en protégeant Marcory, selon des Ivoiriens vivant dans ce quartier.

Fantasme ou réalité

« Le Hezbollah qui aide les chiites d’Abidjan : fantasme ; les chiites qui aident le Hezbollah : fantasme ; la diaspora qui vient en aide au Liban encore des fantasmes », tonne un maronite installé depuis les années 60 en zone 4.  Les rumeurs ont la peau dure, les réalités aussi. Il est pourtant de notoriété publique que depuis la guerre de 1975 au Liban, les émigrés ont toujours porté assistance à leurs compatriotes restés au pays et qu’ils l’ont fait sur une base purement confessionnelle.

Sans cette aide financière comment certaines familles n’auraient pas pu survivre surtout depuis 2019 date de la pire crise financière que le pays du Cèdre a connue. Toute l’économie de la région de Tyr, au Sud Liban, est irriguée par la manne des émigrés de Côte d’Ivoire. A tel point que dans le village de Zrarieh, la rue principale a été surnommée « avenue d’Abidjan ».

Il est vrai néanmoins qu’au cours de ces dix dernières années avec la guerre en Syrie, l’effondrement de l’économie et de la monnaie libanaise, la diaspora ne se fait plus construire de somptueuses villas dans son pays d’origine, elle juge plus sûr d’investir dans l’immobilier à Abidjan. Au passage, ces crises ont largement contribué à l’assimilation des Libanais de Côte d’Ivoire, compte tenu du désordre à Beyrouth, ils sont de moins en moins tiraillés entre leurs deux amours.  .

Dans le viseur des Américains

Mais depuis la fin 2019, les banques ont bloqué les retraits à quelques centaines d’euros, par conséquent faire parvenir de l’argent à la famille n’est pas simple. Comme au bon vieux temps, c’est le retour des bonnes vieilles valises. En prime, ce retour au cash permet de passer outre les multiples contrôles.  Les Etats-Unis ont placé le parti d’Hassan Nasrallah est sur la liste des organisations terroristes, cela leur donne un cadre juridique pour surveiller et sanctionner toutes les sociétés, les personnes privées, les associations caritatives soupçonnées d’avoir un lien avec le Hezbollah.

C’est ainsi que deux hommes d’affaires libano-guinéens, Ali Saadé et Ibrahim Taher, ont été poursuivis par le parquet de Conakry pour : « présomptions graves de blanchiment de capitaux et financement du terrorisme ». Tous leurs biens ont été saisis et leurs avoirs ont été gelés. Et comme par hasard, la sanction de la justice guinéenne tombe quelques jours après que le Trésor américain ait sanctionné les deux hommes ! Washington ne s’en cache pas, cette action « vise à perturber le réseau d’affaires du Hezbollah en Afrique de l’Ouest ». A bon entendeur…

Le contre coup de la crise libanaise

Dans le même esprit, le FMI a négocié un accord préliminaire avec le gouvernement libanais afin de recapitaliser les banques.  Selon ledit accord, au-delà de 200 000 dollars les déposants ne récupèreront pas leur argent. Or, près de 40% de ces fonds appartiennent à la diaspora libanaise en Afrique qui est bien entendu vent debout contre cet arrangement. Si cette convention était signée en l’état, cela aurait pour conséquence de faire fuir tous ces épargnants du Liban.

En outre, comme en plus tous les chiites d’Afrique sont, plus souvent à tort qu’à raison, soupçonnés par le Trésor américain de soutenir financièrement le Hezbollah ils n’auront plus aucune banque en dehors de leur pays de résidence où déposer leurs économies…

Cs manœuvres financières auront pour corolaire d’augmenter la part d’investissements de ces opérateurs économiques en Afrique et de les pousser un peu plus encore vers l’eldorado ivoirien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le député libanais Ihab Matar votera pour le patron de l’armée https://mondafrique.com/moyen-orient/le-candidat-independant-ihab-matar-tripoli-for-ever/ Fri, 17 May 2024 08:56:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=66034 Candidat indépendant lors des élections législatives à la tète d’une des onze listes présentes à Tripoli, la deuxième ville libanaise, Ihab Matar (41 as), un homme d’affaires qui a fait fortune en Australie, a été seul à choisir, le 14 juin,  le patron de l’armée libanaise, Joseph Aoun. Portrait La ville de Tripoli, capitale du […]

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Candidat indépendant lors des élections législatives à la tète d’une des onze listes présentes à Tripoli, la deuxième ville libanaise, Ihab Matar (41 as), un homme d’affaires qui a fait fortune en Australie, a été seul à choisir, le 14 juin,  le patron de l’armée libanaise, Joseph Aoun. Portrait

L’homme d’affaires Ihab Matar a deux amours: le Liban et l’Australie.

La ville de Tripoli, capitale du sunnisme libanais  a été au cœur du mouvement de contestation populaire qui a débuté le 17 octobre 2019. On se souvient des énormes rassemblements de la « Thawra » (révolution libanaise) sur les places publiques de la deuxième ville libanaise. Ces mobilisations n’ont guère débouché sur un leadership capable d’incarner le changement lors des élections législatives du 15 mai. Il reste l’espoir de voir élue une douzaine de candidats « indépendants », ni totalement indépendants et ni vraiment unis, mais qui représentent une nouvelle façon de faire de la politique au Liban.

Ihab Mahar, 41 ans, est un de ces pionniers venus du bout du monde, fiers de leur réussite et portés par les réseaux sociaux. L’élection de cet électron libre porterait un sérieux coup au moral des féodaux qui se partagent le pouvoir, détestés par l’immense majorité du peuple. Sauf qu’à l’occasion de ces élections du 15 mai, les mêmes achètent, pour une poignée de dollars, les consciences des Libanais pauvres, 80% de la population désormais. 

« Le virus de la réussite »

Issu de milieu modeste, Ihab Matar avait choisi Sydney à dix neuf ans pour trois raisons: un oncle sur place, un pays anglophone et ouvert sur le vaste monde, des études d’informatique moins couteuse à financer qu’aux États Unis. La francophonie a quelques soucis à se faire. Lorsqu’on recherche le nom d’Ihab Matar sur Google, toutes les références apparaissent en anglais. Son épouse, ses trois enfants et ses parents qu’il a fait venir à Sydney sont parfaitement intégrés dans un monde anglophone. « On adore la cuisine libanaise, mais aussi australienne, chinoise, turque ou arménienne ».

« J’ai le virus de la réussite », affirme ce Libanais qui est désormais à la tète à Sydney d’un groupe de services aux collectivités de quelques milliers de salariés qu’il gérera, depuis Tripoli, s’il est élu. Et d’ajouter dans un sourire:  » J’ai deux amours: l’Australie et le Liban ».

L’Australie n’est pas vraiment la porte à coté, vingt quatre heures d’avion via Dubaï. Pas de quoi pourtant dissuader ce citoyen du monde sous perfusion d’Internet. La Révolution a  été l’étincelle pour revenir dans sa ville natale de Tripoli combattre une classe politique qu’il juge totalement corrompue. Qu’on le comprenne bien, il s’agit de toute la classe politique. « Les politiciens s’en prennent au Hezbollah à a télévision. Mais il déjeunent et dinent avec ses dirigeants pour se partager le pouvoir ». 

Ihab Matar parle vite, le temps lui est désormais compté. À l’image du Liban

Une grande mosquée à l’entrée de Tripoli , capitale du sunnisme au Liban

Du neuf avec de l’ancien

Autre surprise, ce candidat ouvert au monde et sans aucune relation avec un système politique dont il espère l’effondrement s’est allié avec une branche d’un des plus anciennes formations politiques libanaises, les Frères Musulmans, qu’on appelle également au Liban « Jamaa Islamiya ».  Comment faire autrement dans un scrutin de liste ultra sophistiqué, aménagé pour justement empêcher des personnalités indépendantes d’aller seules au combat électoral? « À Tripoli, une ville très religieuse et traditionnelle, ceux qu’on appelle ici font partie du paysage. Il me fallait m’enraciner dans la société telle qu’elle est, à la fois traditionnelle et très religieuse ». Et d’ajouter:  » Nous n’avons conclu qu’une alliance électorale, tous unis dans notre passion pour Tripoli, et avec l’engagement de tenir les puissances étrangères éloignées de ce scrutin ». Ce qui vaut pour le Qatar, devenu pourtant le fief des Frères Musulmans comme pour la  Syrie, la Mecque des anti « Jamaa Islamiya ». 

Un patriotisme libanais toujours fort, l’influence déterminante de la diaspora, le vaste monde ramené à l’échelle d’un village libanais, une démocratie minée mais encore  vivante, des hommes d’affaires fiers de leur réussite ou encore des alliances avec des islamistes inconcevables en Europe: voici ce que dit la candidature de Ihab Matar sur le Liban.

L’extravagant système électoral libanais

 

 

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Quatorze soldats israéliens blessés par une attaque du Hezbollah https://mondafrique.com/moyen-orient/quatorze-soldats-israeliens-blesses-par-une-attaque-du-hezbollah/ Thu, 18 Apr 2024 08:49:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=108148 La tension est de nouveau montée d’un cran, mercredi, entre le Hezbollah et l’État hébreu, qui a effectué trois raids, en début de soirée, contre le village de Iaat, dans le caza de Baalbeck. Cette attaque est survenue quelques heures après celle menée en début d’après-midi par le Hezbollah contre un bâtiment militaire israélien à […]

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La tension est de nouveau montée d’un cran, mercredi, entre le Hezbollah et l’État hébreu, qui a effectué trois raids, en début de soirée, contre le village de Iaat, dans le caza de Baalbeck. Cette attaque est survenue quelques heures après celle menée en début d’après-midi par le Hezbollah contre un bâtiment militaire israélien à Arab el-Aramché, en Galilée, dans laquelle quatorze soldats ont été blessés, selon l’armée israélienne.

« Six soldats sont dans un état critique, deux soldats ont été modérément blessés et six autres légèrement blessés », a déclaré, dans ce contexte, l’armée israélienne.

Le Hezbollah a mené cette attaque en signe de représailles aux deux raids israéliens meurtriers de mardi, à Aïn Baal et Chehabiyé, où trois des combattants de la formation pro-iranienne, dont deux cadres, et un autre d’Amal, ont été tués. L’armée israélienne a immédiatement réagi en pilonnant « la structure à partir de laquelle les roquettes ont été lancées contre la Galilée ».

L’armée israélienne avait annoncé en début d’après-midi que six personnes ont été blessées dans un bombardement, à partir du Liban-sud, d’un bâtiment à Arab el-Aramché. Un des blessés est dans un état critique. Un peu plus tard, elle a fait état d’un bilan de dix-huit blessés, dont deux dans un état grave, selon le Haaretz. Le Hezbollah a de son côté revendiqué le pilonnage de l’unité de contrôle aérien à la caserne de Mayroun. Dans un communiqué, il a précisé qu’il s’agit d’un « bombardement de représailles aux raids israéliens de mardi ».

La formation pro-iranienne avait violemment pilonné dans la nuit à plusieurs reprises le nord de la Galilée, ciblant en particulier un char de type Merkava « qui s’apprêtait à entrer à Metoula, tuant ou blessant tous ceux qui se trouvaient à bord du véhicule », toujours en signe de représailles aux raids sur Aïn Baal et Chehabiyé.

Le Hezbollah a aussi revendiqué trois attaques menées, dans la matinée du mercredi, contre le quartier général de la 91ᵉ division, dans la caserne de Baranit, « où étaient positionnés des soldats israéliens, moyennant des missiles, des roquettes et des obus d’artillerie ».

D’autres militaires qui se trouvaient à proximité du site de Ramya ont, en outre, été visés par des tirs de roquettes et d’obus d’artillerie, selon le Hezb.

L’armée israélienne a réagi en bombardant les abords de la ville de Khiam ainsi que la plaine qui s’étend jusqu’à Marjayoun. Les villages de Aïta el-Chaab et Wadi al-Asafir ont également été attaqués par des avions militaires israéliens, en plus des violents bombardements d’artillerie nocturnes qui se sont poursuivis jusqu’à l’aube.

L’attaque de l’Iran donne à l’État hébreu un statut de victime

 

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