Koweit - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/koweit/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 20 Mar 2026 09:14:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Koweit - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/koweit/ 32 32 Depuis Tunis, l’Iran veut rassurer les pays arabes https://mondafrique.com/international/depuis-tunis-liran-veut-rassurer-les-pays-arabes/ https://mondafrique.com/international/depuis-tunis-liran-veut-rassurer-les-pays-arabes/#respond Fri, 20 Mar 2026 13:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149149 Lors d’une conférence de presse, l’ambassadeur iranien à Tunis, Masoud Hosseinian a tenté d’apaiser la tension avec les pays du Golfe. Face à un plan de déstabilisation régionale, « la sécurité de la région repose sur nous, est entre nos mains », a-t-il assuré. Par Selim Jaziri Téhéran a choisi Tunis pour adresser un message […]

Cet article Depuis Tunis, l’Iran veut rassurer les pays arabes est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Lors d’une conférence de presse, l’ambassadeur iranien à Tunis, Masoud Hosseinian a tenté d’apaiser la tension avec les pays du Golfe. Face à un plan de déstabilisation régionale, « la sécurité de la région repose sur nous, est entre nos mains », a-t-il assuré.

Par Selim Jaziri

Téhéran a choisi Tunis pour adresser un message aux pays arabes par la voix de son ambassadeur, Masoud Hosseinian, alors que plusieurs États du Golfe sont la cible des missiles iraniens depuis le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis le 28 février. Lors d’une conférence de presse le 12 mars dernier, le diplomate a commencé par rappeler que les États-Unis avaient violé le droit international et les usages diplomatiques les plus élémentaires en se joignant à Israël pour bombarder l’Iran, alors que les négociations en cours sous l’égide du
sultanat d’Oman progressaient de manière encourageante. L’Iran, en effet, s’apprêtait à se plier à l’essentiel des exigences américaines sur le transfert de ses stocks d’uranium et le plafonnement de son enrichissement à un seuil beaucoup plus bas que dans l’accord de 2015.

« Notre priorité est la protection du territoire »

Dès le premier jour, « nous avons prévenu les États de la région qui abritent des bases militaires américaines que celles-ci seraient des cibles prioritaires en cas d’attaque de la République islamique. Nous leur avons conseillé de prendre exemple sur l’Espagne » (qui a refusé que ses installations militaires servent de point de départ à des actions militaires contre l’Iran).

Les installations de la flotte américaine au Bahreïn, les systèmes radar au Qatar, les bases militaires au Koweit, à Abu Dhabi, en Arabie saoudite ont été frappées dès les premiers jours, pour paralyser les capacités de projection et d’interception des forces américaines et israéliennes. Des infrastructures civiles, ports, aéroports, ont également été sérieusement endommagées aux Émirats arabes unis, particulièrement visés en raison de leur forte intégration dans les dispositifs militaires américains et israéliens.

L’ambassadeur iranien s’est adressé aux pays arabes depuis Tunis pour tenter d’apaiser la tension que ces frappes suscitent avec les pays visés. « L’Iran n’a jamais agressé personne au cours de son histoire », mais pour le moment, a-t-il insisté, « notre priorité est la protection du territoire et la préservation de la souveraineté iranienne ».

L’Iran n’est que le début

L’essentiel du message consistait à démontrer que l’agression israélo-américaine obéissait à un plan dont l’Iran n’était que la première étape et qui visait à affaiblir, à remodeler et à soumettre toute la région. Notamment à lui imposer la normalisation avec Israël au moment où les ambitions expansionnistes de ce dernier se matérialisent à la faveur de l’instabilité régionale. Les États qui espèrent infléchir la position des États-Unis en se montrant accommodants font un mauvais calcul, a expliqué en substance le diplomate. En d’autres termes, face aux ambitions américaines et israéliennes, les intérêts iraniens et arabes sont solidaires, et l’Iran veut faire savoir que sa
résistance s’exerce au bénéfice de toute la région.

« Nous voulons affirmer, a martelé Masoud Hosseinian, que nous n’avons aucune envie de porter atteinte aux intérêts des musulmans dans la région. Depuis des siècles, l’Iran assure la sécurité du détroit d’Ormuz. Tous les navires ont toujours pu circuler sans rencontrer de problème de notre part. La sécurité alimentaire et la stabilité économique des pays arabes sont de notre intérêt. Mais nous voulons dire à nos frères arabes que la sécurité de la région est entre nos mains. »

Tunis, une porte d’entrée pour l’Iran

Le choix de Tunis pour s’adresser ainsi aux pays arabes n’a rien d’anodin. Certes, la réaction de la Tunisie au déclenchement de la guerre était pour le moins tempérée. Son communiqué du 1er mars évitait soigneusement de nommer l’agresseur, en appelait sagement à une désescalade et assurait les pays arabes de sa « pleine solidarité », au nom de la « fraternité arabe et islamique », sans expliciter les raisons pour lesquelles leur territoire avait été pris pour cible par des tirs iraniens.

Néanmoins, Tunis et Téhéran ont sensiblement renforcé leurs relations ces deux dernières années, même si elles demeurent à un niveau modeste. Lors d’une interview à la radio nationale suite à sa conférence de presse, l’ambassadeur iranien à Tunis en a rappelé la motivation essentielle : «  Les relations avec la Tunisie sont très importantes pour nous, parce que la Tunisie est la porte de l’Afrique et du Sud de l’Europe. » Tunis, et la circonstance vient de la démontrer, est une porte d’entrée utile pour un pays qui cherche à sortir de son isolement international.

Escalade

Toutefois, il n’est pas certain que les explications iraniennes suffisent à les rassurer. La tension s’est considérablement accrue après les bombardements par l’Iran d’installations énergétiques, notamment le site de production de gaz naturel liquéfié au Qatar, en représailles de l’attaque israélo-américaine du principal gisement iranien d’extraction de gaz de South Pars, au large du Qatar.

Les pays du Golfe, fortement vulnérables aux perturbations du commerce maritime et régional, ont tout à perdre dans l’escalade du conflit. Ils importent 85 % de leur alimentation et leurs stocks stratégiques ne leur garantissent que quelques semaines d’approvisionnement. Les restrictions de circulation sur le détroit d’Ormuz vont peser gravement sur leurs capacités d’exportation, en particulier pour le Koweït. Les dommages causés aux aéroports et les fermetures d’espace aérien diminuent les capacités du fret aérien. L’instabilité régionale va dissuader les investisseurs. Lors d’une réunion à Riyad mercredi, les ministres des Affaires étrangères des États du Golfe ont affirmé leur droit à se défendre. Il faudra sans doute davantage qu’une conférence de presse à Tunis pour les convaincre de faire cause commune avec Téhéran. 

Cet article Depuis Tunis, l’Iran veut rassurer les pays arabes est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/international/depuis-tunis-liran-veut-rassurer-les-pays-arabes/feed/ 0