Iran - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/iran/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 28 Mar 2026 23:21:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Iran - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/iran/ 32 32 Trump ou la guerre sans boussole https://mondafrique.com/moyen-orient/trump-ou-la-guerre-sans-boussole/ https://mondafrique.com/moyen-orient/trump-ou-la-guerre-sans-boussole/#respond Sun, 29 Mar 2026 07:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149794 Entre provocations, contradictions et mise en scène permanente, Donald Trump brouille les repères au cœur de la guerre contre Iran. À force d’affirmations démenties et de postures changeantes, la parole américaine s’érode, au moment même où la situation internationale exige clarté, cohérence et maîtrise stratégique. Il y a, d’abord, la question du ton. Et celle, […]

Cet article Trump ou la guerre sans boussole est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Entre provocations, contradictions et mise en scène permanente, Donald Trump brouille les repères au cœur de la guerre contre Iran. À force d’affirmations démenties et de postures changeantes, la parole américaine s’érode, au moment même où la situation internationale exige clarté, cohérence et maîtrise stratégique.

Il y a, d’abord, la question du ton. Et celle, indissociable, du contexte. En pleine guerre, devant un parterre d’investisseurs réunis dans un forum soutenu par l’Arabie saoudite, Donald Trump choisit de s’en prendre publiquement au prince héritier Mohammed Ben Salmane.

Le propos, en apparence anecdotique, est en réalité révélateur. Le président américain entame son intervention par des éloges, qualifiant MBS de « grand homme » avec lequel il affirme avoir noué des liens solides. Mais très vite, le récit bascule. Trump relate une conversation privée qu’il décide d’exposer : le prince lui aurait confié qu’un an auparavant, les États-Unis étaient « un pays mort », avant de devenir « le pays le plus important au monde ».

C’est dans la reformulation de cette scène que réside le basculement. Trump insiste sur le fait que Mohammed Ben Salmane « ne pensait pas que cela arriverait » et surtout « qu’il devrait me lécher les bottes ». Il prolonge ensuite cette mise en scène en suggérant que le prince croyait avoir affaire à un « président raté », désormais contraint de revoir son jugement.

Ce passage n’est pas un simple trait d’humour. Il révèle une conception profondément personnalisée des relations internationales, où l’alliance stratégique cède la place à une logique de domination interpersonnelle. Or, dans un contexte de guerre, cette théâtralisation fragilise la lisibilité et la solidité des partenariats.

Le récit d’une victoire contestée

Parallèlement, Donald Trump martèle une autre idée : l’Iran serait « en train de supplier » pour obtenir un accord. Cette affirmation est répétée avec constance, comme pour imposer une lecture univoque du rapport de force.

Mais cette narration se heurte à un démenti frontal de la part de Téhéran, qui nie toute demande de négociation et conteste la réalité même de discussions en cours.

Nous sommes ici face à deux récits incompatibles. Peut-être relèvent-ils tous deux d’une stratégie de bluff, pratique classique en temps de guerre. Chaque camp cherche à projeter une image de maîtrise et à influer sur les perceptions adverses.

Toutefois, la répétition insistante d’une version systématiquement contredite affaiblit celui qui la porte. Une parole qui doit sans cesse être réaffirmée face au démenti finit par susciter le doute.

Au-delà de cet épisode, c’est l’ensemble de la communication présidentielle qui apparaît traversé par une instabilité structurelle.

Donald Trump affirme que l’Iran souhaite négocier, tout en assurant qu’il n’est « pas pressé » de conclure. Il évoque des échanges « productifs », alors même que Téhéran nie tout contact. Il alterne entre menaces d’escalade et ouvertures diplomatiques, sans ligne directrice clairement identifiable.

Cette oscillation permanente ne produit pas un effet de dissuasion. Elle installe une incertitude diffuse, qui fragilise la capacité des États-Unis à envoyer des signaux cohérents.

OTAN et Ormuz : l’ambivalence stratégique

Les déclarations relatives à l’OTAN en offrent une illustration particulièrement nette. Donald Trump suggère que les États-Unis pourraient ne plus honorer leur engagement de défense : « Nous dépensons des centaines de milliards de dollars pour les protéger… mais au vu de leurs actions, je suppose que nous n’avons plus à l’être, n’est-ce pas ? »

Cette mise en cause intervient précisément au moment où Washington sollicite le soutien de ses alliés pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

Le contraste est frappant. D’un côté, un appel à la solidarité stratégique ; de l’autre, une remise en cause de son principe même. Cette ambivalence affaiblit mécaniquement la cohésion de l’alliance et brouille le message adressé tant aux partenaires qu’aux adversaires.

À cela s’ajoute la séquence du « détroit de Trump ». En évoquant la nécessité d’ouvrir ce passage stratégique, le président glisse ce lapsus — ou cette provocation — avant de se corriger, puis d’affirmer qu’« avec lui, il n’y a pas d’accidents ».

Ce moment, à la fois léger et troublant, illustre une difficulté plus profonde : celle de maintenir un registre présidentiel à la hauteur des enjeux. Car le détroit d’Ormuz n’est pas un simple symbole. Il constitue un point névralgique du commerce énergétique mondial, dont la perturbation affecte l’ensemble de l’économie internationale.

Une guerre mal calibrée

Ces dérives discursives renvoient à une question plus fondamentale : celle de l’évaluation initiale du conflit.

L’offensive américaine semble avoir été conçue comme une démonstration de force rapide, susceptible de contraindre l’Iran à céder. Or, la réalité observée suggère une dynamique différente.

L’Iran ne cherche pas l’affrontement frontal décisif. Il privilégie une stratégie d’usure, fondée sur la durée, la dispersion et la perturbation indirecte. Le blocage du détroit d’Ormuz en constitue une illustration majeure.

Dans ce type de configuration, le temps devient un facteur déterminant. Et il apparaît aujourd’hui davantage favorable à Téhéran qu’à Washington.

La conséquence directe de cette situation est une érosion progressive de la crédibilité américaine.

Lorsque la parole officielle est perçue comme fluctuante, voire contradictoire, elle perd de sa force normative. Elle cesse d’être un repère stable pour devenir un élément parmi d’autres dans le jeu des perceptions.

Or, la crédibilité constitue un pilier essentiel de la puissance. Elle conditionne la capacité à dissuader, à rallier, à structurer les alliances.

Un précédent préoccupant

Au-delà du cas américain, une interrogation plus large s’impose.

Si le président de la première puissance mondiale adopte une posture aussi instable — mêlant provocation, contradiction et personnalisation extrême — que peut-on attendre des dirigeants de puissances moins structurantes ? Le risque est celui d’un effet de diffusion. La norme se délite au sommet, et avec elle les cadres implicites qui régulent les comportements étatiques.

Donald Trump ne se contente pas de conduire une guerre : il en redéfinit les modalités discursives.

Mais à force de contradictions et de mises en scène, la parole présidentielle cesse d’être un instrument de puissance pour devenir un facteur d’incertitude.

Et cette incertitude n’est pas neutre. Elle peut, à elle seule, accélérer le glissement vers un désordre dont nul ne maîtriserait plus les contours.

Cet article Trump ou la guerre sans boussole est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/moyen-orient/trump-ou-la-guerre-sans-boussole/feed/ 0
28 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique https://mondafrique.com/video/28-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/ https://mondafrique.com/video/28-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/#respond Sat, 28 Mar 2026 18:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149731 Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire. Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques […]

Cet article 28 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire.

Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques et les répercussions sur les populations. Analyses, décryptages, reportages et informations de terrain éclairent une région où les équilibres évoluent jour après jour.

Cet article 28 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/video/28-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/feed/ 0
Les unités d’élite américaines en route pour le Moyen-Orient https://mondafrique.com/moyen-orient/unites-delite-americaines-en-route-pour-le-moyen-orient/ https://mondafrique.com/moyen-orient/unites-delite-americaines-en-route-pour-le-moyen-orient/#respond Sat, 28 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149632 Alors que Washington renforce sa présence militaire face à l’Iran, le déploiement possible de la 82e division aéroportée et de plusieurs unités de Marines éclaire les options envisagées par les États-Unis dans le Golfe, entre pression stratégique, démonstration de force et limites opérationnelles. Une analyse signée Mario Chartouni, reprise du site partenaire Ici Beyrouth. Alors […]

Cet article Les unités d’élite américaines en route pour le Moyen-Orient est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Alors que Washington renforce sa présence militaire face à l’Iran, le déploiement possible de la 82e division aéroportée et de plusieurs unités de Marines éclaire les options envisagées par les États-Unis dans le Golfe, entre pression stratégique, démonstration de force et limites opérationnelles. Une analyse signée Mario Chartouni, reprise du site partenaire Ici Beyrouth.

Alors que la guerre entre les États-Unis et l’Iran entre dans sa quatrième semaine, Washington intensifie ses préparatifs militaires dans la région. Les États-Unis envisagent de déployer jusqu’à 3 000 soldats de la 82ᵉ division aéroportée au Moyen-Orient, renforçant ainsi un dispositif militaire déjà considérable. Ce mouvement de troupes s’inscrit dans un contexte où l’administration Trump cherche à rouvrir le détroit d’Ormuz et à rétablir le flux pétrolier mondial. Pour comprendre la portée stratégique de ces déploiements, il convient d’examiner la nature exacte de ces unités d’élite.

La 82ᵉ division aéroportée : une force de réaction immédiate

La 82ᵉ division aéroportée est basée à Fort Bragg, en Caroline du Nord. Elle constitue le bras armé principal du XVIIIᵉ corps aéroporté et se spécialise dans les opérations d’entrée de force conjointe, autrement dit, la capacité à s’emparer d’un territoire par voie aérienne dans des conditions hostiles.

La division remonte à 1917 et a acquis une renommée internationale durant la Seconde Guerre mondiale grâce aux sauts en parachute de combat de ses soldats. Ses troupes ont constitué l’avant-garde des forces américaines lors de l’opération «Tempête du désert» en 1991, et ont joué un rôle clé dans la «guerre globale contre le terrorisme» en Irak et en Afghanistan.

Au sein de cette division, c’est l’«Immediate Response Force» (IRF) – la force de réaction immédiate – qui concentre aujourd’hui toutes les attentions. Il s’agit d’une brigade d’environ 3.000 soldats, capable de se déployer n’importe où dans le monde en moins de 18 heures. Cette unité a été créée en 2018. Son premier déploiement opérationnel a eu lieu en Irak en janvier 2020, à la suite de l’attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad. Elle a également été mobilisée lors des évacuations d’Afghanistan en 2021, puis déployée en Europe en 2022 après l’invasion russe de l’Ukraine.


Des capacités redoutables, mais des limites réelles

L’attrait tactique de la 82ᵉ division pour une opération au Moyen-Orient tient à sa vélocité. Selon le colonel à la retraite Mark Cancian, cité par Axios, «les parachutistes ont la capacité de menacer des cibles dans le Golfe sans avoir à traverser le détroit. Ils peuvent également arriver relativement rapidement».

Mais cette rapidité a un revers. Mark Cancian souligne que la 82ᵉ division est une infanterie légère, «vulnérable lors de l’atterrissage et face à des blindés». Toute mission visant à s’emparer de l’île iranienne de Kharg serait risquée, car «il n’y a pas beaucoup de soutien à proximité».

Les parachutistes présentent un avantage décisif: ils peuvent arriver de nuit. Leur inconvénient majeur est l’absence d’équipements lourds, comme des véhicules blindés, qui offriraient une protection en cas de contre-attaque iranienne. Dans un scénario de prise de Kharg, la 82ᵉ division pourrait relever les Marines après l’assaut initial, ces derniers manquant de la capacité de soutien prolongé que la division aéroportée peut assurer.

Les MEU : des forces amphibies autonomes

L’autre composante majeure du dispositif est constituée par les Marine Expeditionary Units, ou MEU. Ces unités sont des forces d’assaut amphibie déployées en mer, souvent en première ligne lors d’un conflit. Elles comprennent des unités d’infanterie avec des centaines de soldats, des véhicules armés, de l’artillerie, des hélicoptères et des avions d’attaque, un élément logistique de combat et une équipe de commandement.

Selon Michael Mulroy, ancien secrétaire adjoint à la Défense pour le Moyen-Orient cité par le journal américain Time, les MEU disposent d’«une capacité de soutien aérien entièrement intégrée et autonome», ce qui en fait des forces pouvant intervenir depuis la mer jusque loin à l’intérieur des terres.

Deux MEU convergent actuellement vers la région. Quelque 2.200 Marines de la 31ᵉ MEU, à bord de l’USS Tripoli, sont attendus dans la région, accompagnés d’un dock amphibie, l’USS New Orleans. Environ 2.500 soldats supplémentaires de la 11ᵉ MEU sont en route depuis la Californie avec l’USS Boxer.

Cependant, les MEU sont conçues pour des opérations de réponse aux crises plutôt que pour une occupation prolongée. Elles sont extrêmement compétentes, mais pour des opérations limitées de courte durée.

Ces déploiements convergents – la 82ᵉ et les MEU – dessinent une posture militaire à double lecture. Ils pourraient signaler à Téhéran que Washington est sérieux dans ses menaces de déploiement terrestre, dans l’espoir d’infléchir le calcul stratégique iranien. «Est-ce juste pour faire peur à l’Iran?», se demande Michael Mulroy. «Je ne pense pas que ça marche».

Cet article Les unités d’élite américaines en route pour le Moyen-Orient est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/moyen-orient/unites-delite-americaines-en-route-pour-le-moyen-orient/feed/ 0
27 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique https://mondafrique.com/video/27-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/ https://mondafrique.com/video/27-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/#respond Fri, 27 Mar 2026 18:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149641 Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire. Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques […]

Cet article 27 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire.

Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques et les répercussions sur les populations. Analyses, décryptages, reportages et informations de terrain éclairent une région où les équilibres évoluent jour après jour.

Cet article 27 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/video/27-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/feed/ 0
Iran : ouverture diplomatique ou verrouillage sécuritaire ? https://mondafrique.com/moyen-orient/iran-ouverture-diplomatique-ou-verrouillage-securitaire/ https://mondafrique.com/moyen-orient/iran-ouverture-diplomatique-ou-verrouillage-securitaire/#respond Fri, 27 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149602 Entre signaux diplomatiques discrets et durcissement sécuritaire massif, l’Iran apparaît pris dans une double dynamique : ouverture prudente à d’éventuelles négociations avec les États-Unis et verrouillage interne face au risque de contestation. Tandis que des canaux indirects se dessinent via le Pakistan ou la Turquie, le régime renforce son appareil sécuritaire et recentre le pouvoir […]

Cet article Iran : ouverture diplomatique ou verrouillage sécuritaire ? est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Entre signaux diplomatiques discrets et durcissement sécuritaire massif, l’Iran apparaît pris dans une double dynamique : ouverture prudente à d’éventuelles négociations avec les États-Unis et verrouillage interne face au risque de contestation. Tandis que des canaux indirects se dessinent via le Pakistan ou la Turquie, le régime renforce son appareil sécuritaire et recentre le pouvoir autour de son noyau dur.

Une mise au point signée Hamid Enayat, politologue spécialiste de l’Iran, collaborateur de l’opposition démocratique iranienne (CNRI).

 

 

Selon Reuters, citant un haut responsable iranien, le Pakistan aurait transmis à l’Iran une proposition émanant des États-Unis, et le Pakistan ou la Turquie pourraient servir de lieu pour d’éventuelles négociations visant à mettre fin au conflit.

D’après ce rapport, publié mercredi 25 mars, ce responsable — dont l’identité n’a pas été révélée — a refusé de fournir davantage de détails, et n’a notamment pas précisé si les propositions américaines correspondent au « plan en 15 points » évoqué dans les médias.

De son côté, l’Agence France-Presse (AFP) a indiqué, en citant « des responsables », que ce plan en 15 points avait été transmis à l’Iran via le Pakistan. Reuters souligne que ces déclarations figurent parmi les rares signes laissant penser que les autorités iraniennes, malgré leurs démentis publics, sont disposées à examiner des options diplomatiques.

Déploiement massif de points de contrôle : un climat sécuritaire renforcé

Le porte-parole des forces de l’ordre a annoncé que plus de 129 000 policiers, appartenant à différentes unités — dont les unités d’intervention rapide, les forces de secours, les unités spéciales et la police routière — sont mobilisés en permanence.

Il a également fait état du déploiement de 1 463 points de contrôle spéciaux à travers le pays. Selon Saeid Montazerolmahdi, ces dispositifs ont été installés en fonction de « l’importance géographique, sécuritaire et du niveau de circulation » dans les différentes régions.

En outre, près de 15 000 unités de patrouille, motorisées ou automobiles, circulent en continu dans les villes et sur les routes.

Parallèlement, de nombreux citoyens ont fait état, sur les réseaux sociaux, d’un durcissement du climat sécuritaire et d’une montée de la peur et de l’inquiétude dans les villes. Certains rapports indiquent que l’aspect de nombreuses villes est désormais quasi militaire, marqué par une présence massive de forces armées et de véhicules militaires dans les places et aux principaux carrefours.

Source : agence de presse Mehr

Selon l’agence de presse semi-officielle Mehr, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement — présenté comme un interlocuteur potentiel dans d’éventuelles négociations avec les États-Unis —, s’adressant aux forces du régime, a écrit sur le réseau social X : « Votre présence dans les rues a désorienté et irrité l’ennemi. Votre humble serviteur vous adresse trois demandes : la rue, la rue, la rue. » (« Attention aux émeutes et aux soulèvements dans la rue. »)

Recomposition du noyau du pouvoir sécuritaire

La nomination de Bagher Zolghadr au poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale constitue l’un des changements les plus significatifs dans la structure du pouvoir depuis la mort d’Ali Larijani. Il ne s’agit pas d’un simple remaniement administratif, mais d’un basculement stratégique au cœur du dispositif sécuritaire.

En conséquence, la gestion sécuritaire du pays semble s’être progressivement détachée des structures gouvernementales pour être recentrée autour du « noyau dur du pouvoir » — comprenant les Gardiens de la révolution, les services de renseignement et les appareils de répression.

Cette évolution entraîne des conséquences importantes, notamment un renforcement du rôle des Gardiens de la révolution et un affaiblissement relatif de celui du président dans les décisions sécuritaires. Le Conseil suprême de sécurité nationale, selon la loi, constitue le point de convergence entre le gouvernement, l’armée, les Gardiens de la révolution, les services de renseignement et la politique étrangère, et représente un centre névralgique de décision en matière de guerre, de dossier nucléaire et de crises internes.

Dans un système où aucune décision finale n’est effective sans l’aval du Guide suprême, plus le secrétaire est proche des Gardiens de la révolution et du noyau dur du pouvoir, plus le poids de ces acteurs dans la prise de décision s’en trouve renforcé.

Si les démentis officiels des autorités iraniennes concernant d’éventuelles négociations directes avec les États-Unis peuvent encore susciter des doutes, le déploiement massif des forces de l’ordre — en dehors même des Gardiens de la révolution, des Bassidjis, des forces en civil et des services de renseignement — témoigne d’une inquiétude réelle du régime face à l’après-guerre, période durant laquelle de nouveaux soulèvements populaires pourraient émerger.

Cet article Iran : ouverture diplomatique ou verrouillage sécuritaire ? est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/moyen-orient/iran-ouverture-diplomatique-ou-verrouillage-securitaire/feed/ 0
26 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique https://mondafrique.com/video/26-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/ https://mondafrique.com/video/26-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/#respond Thu, 26 Mar 2026 18:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149524 Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire. Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques […]

Cet article 26 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire.

Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques et les répercussions sur les populations. Analyses, décryptages, reportages et informations de terrain éclairent une région où les équilibres évoluent jour après jour.

Cet article 26 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/video/26-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/feed/ 0
Le glissement narratif de Trump https://mondafrique.com/libre-opinion/le-glissement-narratif-de-trump/ https://mondafrique.com/libre-opinion/le-glissement-narratif-de-trump/#respond Thu, 26 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149505 La guerre contre l’Iran ne se joue plus seulement sur le terrain militaire. Aux États-Unis, elle expose des fractures politiques, économiques et narratives croissantes, fragilisant la cohérence du camp républicain et mettant à l’épreuve la capacité de Donald Trump à maintenir le contrôle. Le centre de gravité de la guerre contre l’Iran ne se limite […]

Cet article Le glissement narratif de Trump est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
La guerre contre l’Iran ne se joue plus seulement sur le terrain militaire. Aux États-Unis, elle expose des fractures politiques, économiques et narratives croissantes, fragilisant la cohérence du camp républicain et mettant à l’épreuve la capacité de Donald Trump à maintenir le contrôle.

Le centre de gravité de la guerre contre l’Iran ne se limite plus au Golfe. Il se déplace vers l’intérieur du système politique américain, de ses institutions, de son économie et de son environnement informationnel fracturé. Ce qui a commencé comme une confrontation militaire extérieure est de plus en plus conditionné par des pressions intérieures qui ne sont plus simplement latentes. Elles deviennent visibles, cumulatives et politiquement lourdes de conséquences.

Le Parti républicain n’est pas en révolte ouverte, mais il n’est plus uni. Ce qui émerge n’est pas tant une scission nette qu’une divergence stratifiée entre les faucons traditionnels, les nationalistes populistes et les non-interventionnistes libertariens. Rand Paul continue d’exprimer le scepticisme institutionnel le plus clair, mettant en garde contre le glissement de mission et la dérive budgétaire. Sa position trouve un écho auprès de segments de l’électorat républicain qui voient dans cette guerre un écart par rapport aux priorités de l’« America First ». Dans le même temps, l’écosystème populiste autrefois réflexivement aligné sur Trump commence à montrer des signes visibles de tension. Ce qui importe n’est pas seulement que la critique existe, mais qu’elle n’est plus politiquement taboue. Des responsables élus commencent à faire écho à ces inquiétudes de manière indirecte, signe qu’ils perçoivent des mouvements dans leurs propres électorats. L’aile belliciste, cependant, reste influente. Marco Rubio continue de présenter la guerre comme nécessaire à la dissuasion, tandis que J. D. Vance occupe une position ambiguë, loyal en public, mais manifestement attentif au risque politique.

Une guerre contrainte par l’intérieur

La guerre approche aussi d’un moment institutionnel décisif : la nécessité d’un financement complémentaire massif. Jusqu’ici, le conflit est resté politiquement absorbable parce que ses coûts n’ont pas encore été pleinement traduits en crédits budgétaires. Cela changera lorsque le Congrès sera contraint de voter non plus sur des abstractions stratégiques, mais sur des engagements fiscaux concrets dans un contexte de pré-campagne électorale. À ce moment-là, la dissidence deviendra mesurable. Même une défection républicaine modeste, surtout si elle se combine à une opposition démocrate, pourrait retarder, conditionner ou politiquement fragiliser l’effort de financement. Le vote lui-même deviendrait alors un référendum par procuration sur la guerre.

Sous la politique visible se trouve un second niveau de contrainte : l’appareil de sécurité nationale lui-même. Le Pentagone et la communauté du renseignement définissent les limites opérationnelles et analytiques de la guerre. Si les réalités du champ de bataille continuent de diverger du discours public, des frictions apparaîtront sous la forme d’évaluations internes, de briefings prudents et, à terme, de fuites. Dans ce contexte, la démission de Joe Kent revêt une signification qui dépasse l’acte individuel. À Washington, un tel geste est rarement perçu comme neutre. Il est lu comme l’équivalent institutionnel le plus proche d’une défection au sein même de l’appareil gouvernemental. Son importance tient moins à Kent lui-même qu’à ce qu’elle peut signaler. Si la guerre continue de produire ambiguïté, risque réputationnel ou désaccord interne, d’autres démissions ou départs discrets ne peuvent être exclus.

Pourtant, la soutenabilité de cette guerre dépend désormais autant de la cohérence du récit que de la performance militaire. L’environnement informationnel américain est fragmenté entre médias traditionnels, plateformes populistes, réseaux progressistes et espaces sociaux décentralisés. Dans un tel cadre, l’administration doit produire sans cesse un récit crédible et répétable du progrès. Cela devient de plus en plus difficile. La stratégie iranienne semble calibrée pour priver les États-Unis de la capacité à revendiquer un succès décisif, contredire les affirmations américaines et démontrer une résilience opérationnelle continue.

La dernière contradiction de Trump accentue le problème. Après avoir annoncé un report de cinq jours des frappes prévues contre les infrastructures énergétiques iraniennes, il a décrit les contacts américano-iraniens comme « très bons et productifs », laissant entendre que des négociations étaient en cours. L’Iran a aussitôt démenti l’existence de tout échange, direct ou indirect. Si le démenti de Téhéran est exact, Trump ne se contente plus de décrire les événements. Il tente de faire exister par le récit une réalité diplomatique qui n’a pas encore été obtenue. C’est politiquement révélateur. Cela suggère un président qui s’efforce de préserver l’image du contrôle sur une guerre dont la logique stratégique et politique devient de plus en plus difficile à soutenir. La contradiction n’est donc pas accessoire. C’est un signe supplémentaire que l’administration est peut-être en train de perdre la maîtrise du récit, oscillant entre escalade, pause et négociation sans fournir un compte rendu stable de la phase réelle de la guerre. Une fois que ces catégories se brouillent dans l’espace public, la crédibilité s’érode plus vite que ne le justifieraient à eux seuls les développements du champ de bataille.

Une érosion politique progressive

Ce qui était jusque-là latent devient donc politiquement intelligible. Le changement le plus important n’est pas encore une défection de masse, mais la normalisation de la dissidence au sein même de la coalition de Trump. Le seuil franchi est psychologique avant d’être législatif. L’opposition à la guerre ne se limite plus à des critiques marginales ou à des figures idéologiquement excentriques. Elle s’exprime désormais, dans des registres différents, chez des élus républicains, des figures de l’écosystème Maga au sens large, d’anciens loyalistes et des éléments de l’appareil d’État lui-même. Cela ne constitue pas encore une rupture. Mais cela signifie que la critique a cessé d’être taboue et qu’une fois le tabou brisé, le coût politique de nouvelles dissidences baisse rapidement.

La division n’est donc plus seulement tactique. Elle devient idéologique. Une distinction est en train d’émerger entre le trumpisme comme identité personnelle et électorale, et l’« America First » comme doctrine de fond désormais mobilisable contre Trump lui-même. Maga reste attaché à Trump comme chef, mais l’America First est de plus en plus invoqué par des critiques qui estiment qu’il est revenu à la logique de l’ancienne droite interventionniste, subordonnant les priorités intérieures à un engrrenage extérieur que sa propre mythologie politique avait promis d’éviter.

La contrainte intérieure la plus immédiate reste économique. Les prix de l’énergie, les coûts du transport maritime et la volatilité des marchés augmentent, même s’ils ne sont pas encore à des niveaux de crise. Cette stabilité relative pourrait se révéler trompeuse. Si la guerre se prolonge et si l’Iran démontre son endurance, les effets cumulés pourraient commencer à peser sur l’inflation, la confiance des consommateurs et les marchés financiers. Cela crée une vulnérabilité particulière pour Trump, qui a longtemps traité la Bourse comme un baromètre en temps réel du succès présidentiel. Même sans krach spectaculaire, un repli prolongé aurait un poids politique et psychologique disproportionné, accentuant la pression en faveur d’une désescalade. Plus largement, la pression économique est le mécanisme par lequel une politique étrangère devient politiquement dangereuse à l’intérieur. Les prix du carburant, le coût de l’alimentation, les tensions sur le logement, les anticipations inflationnistes et l’anxiété des ménages traduisent une guerre lointaine en fardeau quotidien.

Le déplacement structurel le plus profond se situe dans l’électorat, surtout chez les plus jeunes. Les électeurs républicains de moins de 35 ans paraissent plus sceptiques à l’égard d’un conflit prolongé, reflétant une aversion générationnelle façonnée par l’Irak et l’Afghanistan. Chez les évangéliques aussi, une divergence plus silencieuse se dessine : les électeurs plus âgés demeurent plus favorables, tandis que les plus jeunes expriment davantage de préoccupations humanitaires et économiques. Cela compte non parce que cela change immédiatement la politique, mais parce que cela façonne la composition future de la droite. Si cette guerre devient le moment où les jeunes républicains commencent à distinguer plus nettement entre nationalisme intérieur et alignement militarisé à l’étranger, alors ses effets dépasseront les élections de mi-mandat et pèseront sur l’identité post-Trump du conservatisme.

La guerre devient aussi un piège successoral pour le champ républicain post-Trump. Vance et Rubio ne se contentent pas de défendre une politique ; ils sont en train d’être triés par elle. Le problème de Vance est qu’il occupe une position intermédiaire instable : trop proche de Trump pour s’en démarquer ouvertement, trop conscient du sentiment anti-guerre populiste pour embrasser naturellement le conflit. Le problème de Rubio est l’inverse. Sa visibilité projette de la décision, mais elle l’attache aussi plus directement à la responsabilité d’une guerre dont l’issue politique reste incertaine.

Plusieurs points de bascule méritent désormais une attention particulière : un choc budgétaire au Congrès, une détérioration économique, un effondrement du récit, un événement majeur d’escalade, ainsi que d’autres signaux institutionnels tels que des démissions ou des fuites internes. Chacun peut rester gérable isolément. Ensemble, ils pourraient devenir décisifs.

Le poids du discours

Le danger le plus profond pour Trump n’est pas simplement que la guerre devienne coûteuse. C’est qu’elle révèle une dérive téléologique. L’administration risque de perdre de vue le rapport entre les moyens et les fins, poursuivant l’escalade sur le plan rhétorique et opérationnel sans clarifier quel résultat compterait comme un succès. Un conflit lancé dans le langage de l’action décisive peut progressivement se transformer en exercice de maintien des apparences. Dès lors que la guerre dépend davantage de sa crédibilité narrative que de sa résolution effective, le poids du discours politique devient de plus en plus difficile à porter.

Cette érosion a peu de chances de prendre la forme d’un effondrement spectaculaire. Elle est plus susceptible de se produire par attrition. La coalition n’a pas besoin d’éclater pour devenir moins gouvernable. Il lui suffit de perdre en cohérence, en discipline et en confiance affective dans la capacité du leadership à maîtriser les événements.

S’il fallait conseiller Téhéran, la recommandation resterait de soutenir le conflit à une intensité contrôlée, en refusant aux États-Unis une victoire décisive tout en laissant s’accumuler les pressions intérieures américaines. S’il fallait conseiller Washington, l’impératif serait d’éviter la dérive stratégique : soit obtenir rapidement un objectif limité, soit construire une sortie crédible.

Le théâtre décisif n’est donc plus seulement extérieur. Il est intérieur : au Congrès, sur les marchés, dans les institutions, au sein de la coalition républicaine et dans la psychologie évolutive de l’électorat américain. Le système n’a pas encore atteint le point de rupture. Mais il passe d’une contrainte latente à une érosion politique visible, et ce glissement, une fois engagé, se renverse rarement par le seul pouvoir du récit.

 

Cet article Le glissement narratif de Trump est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/libre-opinion/le-glissement-narratif-de-trump/feed/ 0
25 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique https://mondafrique.com/video/25-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/ https://mondafrique.com/video/25-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/#respond Wed, 25 Mar 2026 18:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149456 Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire. Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques […]

Cet article 25 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire.

Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques et les répercussions sur les populations. Analyses, décryptages, reportages et informations de terrain éclairent une région où les équilibres évoluent jour après jour.

Cet article 25 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/video/25-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/feed/ 0
Liban : l’État défie Téhéran, le pays vacille https://mondafrique.com/moyen-orient/liban-letat-defie-teheran-le-pays-vacille/ https://mondafrique.com/moyen-orient/liban-letat-defie-teheran-le-pays-vacille/#respond Wed, 25 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149376 En déclarant persona non grata l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth, le Liban a posé un acte diplomatique rare, validé au sommet de l’État. Mais le même jour, un missile attribué à Téhéran éclatait au-dessus du Mont-Liban. Entre démonstration de souveraineté, pressions militaires et tensions sociales exacerbées, le pays s’enfonce dans une crise systémique où les lignes […]

Cet article Liban : l’État défie Téhéran, le pays vacille est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
En déclarant persona non grata l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth, le Liban a posé un acte diplomatique rare, validé au sommet de l’État. Mais le même jour, un missile attribué à Téhéran éclatait au-dessus du Mont-Liban. Entre démonstration de souveraineté, pressions militaires et tensions sociales exacerbées, le pays s’enfonce dans une crise systémique où les lignes de fracture internes deviennent plus dangereuses que le conflit lui-même.

Mohammad Reza Raouf Sheibani, ambassadeur d’Iran au Liban.

La décision est sans précédent récent. Le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé le retrait de l’accréditation de l’ambassadeur d’Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, diplomate nommé quelques semaines plus tôt à Beyrouth. Il a été déclaré persona non grata et sommé de quitter le territoire avant dimanche.

Sur le plan juridique, la mesure s’inscrit dans le cadre de l’article 9 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui permet à un État d’expulser un représentant étranger sans avoir à justifier publiquement sa décision. Sur le plan politique, elle a été prise en concertation avec les plus hautes autorités libanaises : le président de la République, Joseph Aoun (chef de l’État et commandant en chef des forces armées), le Premier ministre Nawaf Salam (chef du gouvernement) et l’ensemble du Conseil des ministres.

Officiellement, les griefs sont précis. Le diplomate iranien est accusé d’avoir enfreint l’article 41 de la Convention de Vienne, qui impose aux représentants étrangers de ne pas s’ingérer dans les affaires internes du pays hôte. Il lui est reproché d’avoir pris position sur des décisions du gouvernement libanais et d’avoir rencontré des acteurs politiques locaux en dehors des canaux officiels.

Beyrouth a tenu à clarifier immédiatement la portée de sa décision : il ne s’agit pas d’une rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, mais d’une mesure ciblée à l’encontre d’un individu. Cette nuance est essentielle. Elle vise à contenir l’escalade tout en marquant une ligne rouge.

Dans les faits, cependant, la portée de cette décision dépasse largement le cadre protocolaire. Elle constitue un signal politique. Depuis des années, l’influence iranienne au Liban s’exerce principalement à travers le Hezbollah, mouvement chiite à la fois parti politique, organisation sociale et force militaire, classé comme organisation terroriste par plusieurs pays occidentaux. En sanctionnant l’ambassadeur iranien, l’État libanais tente de reprendre une part de contrôle sur un champ diplomatique et sécuritaire largement fragmenté.

le Hezbollah compterait encore entre 40 000 et 50 000 combattants actifs.

La réaction ne s’est pas fait attendre. Le Hezbollah, dirigé par Hassan Nasrallah, et son allié Amal, formation chiite présidée par Nabih Berry (également président du Parlement libanais), ont dénoncé une décision « infondée » et politiquement motivée. Ils y voient un alignement sur les positions américaines et israéliennes.

Plus inquiétant encore, des menaces implicites ont été formulées. Le message est clair : le gouvernement libanais est sommé de revenir sur sa décision. À défaut, il pourrait en subir les conséquences. Derrière la contestation diplomatique se dessine un rapport de force interne, où l’autorité de l’État est directement mise à l’épreuve.

Le missile au-dessus du Mont-Liban

Quelques heures après l’annonce officielle, un événement militaire est venu accentuer la tension. Un puissant bruit d’explosion a été entendu dans plusieurs régions du Kesrouan (district montagneux au nord de Beyrouth, majoritairement chrétien et historiquement perçu comme une zone relativement protégée). Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des colonnes de fumée s’élevant notamment à Sahel Alma, Haret Sakher et dans d’autres localités environnantes.

Selon les informations préliminaires, il s’agirait des débris d’un missile intercepté. Plusieurs sources évoquent un projectile iranien visant une cible au Liban, intercepté par un dispositif militaire étranger en mer avant que ses fragments ne retombent sur le territoire libanais. Les zones touchées s’étendent de Sahel Alma à Faitroun, jusqu’à Kfardebian, station de montagne située à une quarantaine de kilomètres de Beyrouth.

Les cibles potentielles font l’objet d’interprétations divergentes. Certains médias évoquent l’ambassade des États-Unis à Awkar, au nord de Beyrouth, symbole de la présence américaine dans le pays. D’autres mentionnent la base aérienne de Hamat, installation militaire libanaise située plus au nord.

Au-delà de ces incertitudes, un élément s’impose : le timing. Le missile est intercepté le jour même où le Liban annonce l’expulsion de l’ambassadeur iranien. Dans un contexte aussi chargé, la simultanéité ne peut être ignorée.

Il ne s’agit pas nécessairement d’un lien de causalité direct. Mais dans la logique des rapports de force régionaux, les signaux comptent autant que les faits. Le Liban apparaît une fois de plus comme un espace de projection indirecte, où se jouent des messages entre puissances extérieures.

Cette situation renforce une perception déjà ancrée : le territoire libanais n’est plus seulement un théâtre de confrontation, mais un vecteur. Les frappes, les interceptions et les incidents qui s’y produisent relèvent souvent de dynamiques qui le dépassent.

Le Hezbollah en position de force

Dans ce contexte, les déclarations récentes de Wafic Safa prennent une dimension particulière. Figure centrale du Hezbollah, ancien responsable de l’unité de coordination et de liaison (structure chargée des relations internes et sécuritaires), Safa est considéré comme l’un des hommes clés de l’appareil du mouvement.

Dans une intervention récente, il a affirmé que les décisions du gouvernement libanais visant à interdire les activités militaires du Hezbollah seraient « contrées quelle que soit la manière ». Cette déclaration constitue une remise en cause directe de l’autorité de l’État.

Dans le champ des relations internationales, une telle situation correspond à ce que l’on qualifie de « capture de l’État » par un acteur armé non étatique. L’État conserve ses institutions, mais leur capacité à imposer leurs décisions est limitée par l’existence d’un pouvoir parallèle doté de moyens coercitifs.

Le Hezbollah ne se contente pas de contester une décision. Il affirme sa capacité à la neutraliser. Ce positionnement traduit un déséquilibre structurel. L’État libanais fonctionne, mais sous contrainte.

Les références à un possible recours à la rue renforcent cette lecture. Le Hezbollah a déjà démontré sa capacité à imposer un rapport de force interne, notamment en mai 2008, lorsqu’il avait pris le contrôle de larges secteurs de Beyrouth après une décision gouvernementale jugée hostile.

Aujourd’hui, le contexte est différent, mais la logique demeure. La possibilité d’un recours à la mobilisation populaire — ou à des formes de pression plus directes — est évoquée comme un levier.

Dans le même temps, le mouvement est confronté à ses propres fragilités. Les frappes israéliennes répétées ont ciblé plusieurs de ses cadres et infrastructures. Les chaînes logistiques et les systèmes de communication apparaissent plus exposés. La rhétorique martiale — drones, « surprises », capacités renforcées — s’inscrit aussi dans une logique de communication destinée à compenser ces vulnérabilités.

Fragmentation sociale

Si la dimension géopolitique est centrale, c’est peut-être sur le plan interne que les évolutions les plus préoccupantes se dessinent.

Depuis plusieurs semaines, le Liban fait face à un déplacement massif de populations. Environ un million de personnes, majoritairement issues des zones chiites du sud du pays et de la banlieue sud de Beyrouth (fief du Hezbollah), ont été contraintes de se déplacer en raison des opérations militaires israéliennes.

Ces déplacés se sont installés dans différentes régions du pays, modifiant les équilibres locaux. Dans un pays marqué par une forte segmentation confessionnelle, ces mouvements de population ont un impact direct sur les dynamiques sociales et politiques.

Le cas de la Quarantaine, quartier situé à l’entrée est de Beyrouth et historiquement associé à des épisodes violents de la guerre civile, est révélateur. Un projet visant à y installer des déplacés a été suspendu sous la pression des habitants et des responsables politiques locaux. Le refus est explicite.

Dans plusieurs quartiers du Mont-Liban, notamment à majorité chrétienne, l’opposition à l’accueil de déplacés chiites est devenue ouverte. Ce rejet ne s’exprime pas seulement en termes identitaires. Il est alimenté par une perception sécuritaire.

Lorsque les acteurs armés se fondent dans les espaces civils, la distinction entre population et cible devient floue. Cette confusion alimente une forme de méfiance généralisée.

Les événements récents illustrent cette dérive. Une frappe survenue à Hazmieh (banlieue est de Beyrouth, zone résidentielle mixte) a renforcé la perception d’une menace diffuse. La chute de débris au-dessus du Kesrouan a amplifié ce sentiment.

Dans ce climat, certains habitants, persuadés d’être exposés à des risques indirects liés à la présence de déplacés, ont commencé à refuser de les accueillir, voire à les expulser. Une logique d’exclusion s’installe.

Ce basculement est critique. Il marque le passage d’une tension latente à une dynamique active de désignation. La protection du territoire local devient prioritaire, au détriment de la solidarité nationale.

La mémoire de la guerre civile (1975-1990), jamais totalement résorbée, ressurgit comme un cadre d’interprétation. Les réflexes de fragmentation communautaire réapparaissent.

Un pays pris en étau

Parallèlement, la stratégie israélienne au sud du Liban accentue la pression. L’armée israélienne a annoncé son intention de contrôler une zone allant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres au nord. Cette zone est présentée comme une profondeur stratégique destinée à sécuriser le nord d’Israël.

Dans cette logique, plusieurs villages ont été vidés de leurs habitants. Les infrastructures ont été ciblées, notamment les ponts permettant les déplacements. Le retour des populations déplacées est conditionné à des garanties sécuritaires unilatérales.

Cette stratégie s’inspire de modèles déjà observés dans la bande de Gaza, notamment à Rafah ou à Beit Hanoun, où des zones ont été largement détruites et vidées de leur population.

Le résultat est un déplacement massif vers le nord. Beyrouth et le Mont-Liban absorbent une pression humaine qu’ils ne sont pas en mesure de gérer durablement.

Le Liban se retrouve ainsi pris dans un effet d’étau. Au sud, une pression militaire et territoriale. Au centre, une tension sociale croissante. Au sommet, une fragmentation politique.

Vers un point de bascule ?

L’expulsion de l’ambassadeur iranien, l’incident balistique au-dessus du Mont-Liban, les déclarations du Hezbollah et la montée des tensions sociales ne sont pas des événements isolés. Ils s’inscrivent dans une même dynamique.

Celle d’un système en déséquilibre, où les lignes d’autorité se fragmentent et où les espaces civils deviennent des zones d’incertitude. Le Liban n’est pas encore en guerre civile. Les institutions fonctionnent encore, les équilibres tiennent, les lignes ne sont pas totalement rompues.

Mais les conditions d’une friction interne élevée sont désormais réunies. Lorsque la souveraineté est contestée, que les pressions extérieures s’intensifient et que les tensions sociales s’exacerbent, le risque ne vient pas nécessairement d’un affrontement frontal.

Il peut émerger d’une accumulation. D’incidents. De réactions. De décisions qui, prises isolément, paraissent contenues, mais qui, ensemble, dessinent une trajectoire. Celle d’un pays où le centre ne tient plus.

 

Cet article Liban : l’État défie Téhéran, le pays vacille est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/moyen-orient/liban-letat-defie-teheran-le-pays-vacille/feed/ 0
24 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique https://mondafrique.com/video/24-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/ https://mondafrique.com/video/24-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/#respond Tue, 24 Mar 2026 18:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149370 Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire. Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques […]

Cet article 24 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
Pour suivre l’évolution rapide de la situation au Liban et au Moyen-Orient, Mondafrique reprend désormais chaque soir à 19h00 le journal télévisé du média francophone Ici Beyrouth, média partenaire.

Dans un contexte marqué par la guerre, les tensions régionales et une instabilité croissante, ce rendez-vous quotidien permet de faire le point sur les développements militaires, les dynamiques politiques et les répercussions sur les populations. Analyses, décryptages, reportages et informations de terrain éclairent une région où les équilibres évoluent jour après jour.

Cet article 24 mars 19h: JT Liban et Moyen-Orient sur Mondafrique est apparu en premier sur Mondafrique.

]]>
https://mondafrique.com/video/24-mars-19h-jt-liban-et-moyen-orient-sur-mondafrique/feed/ 0