Iran - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/iran/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 07 Mar 2026 23:45:54 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Iran - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/iran/ 32 32 Quand Téhéran attaque son banquier https://mondafrique.com/libre-opinion/quand-teheran-attaque-son-banquier/ https://mondafrique.com/libre-opinion/quand-teheran-attaque-son-banquier/#respond Sun, 08 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148274 Dubaï n’a jamais prétendu être neutre. Elle a prétendu être indifférente. Nuance capitale. Pendant quarante ans, les Émirats arabes unis ont laissé transiter les capitaux iraniens sans poser de questions gênantes. Ce n’était pas de la complicité. C’était du commerce. Un modèle parfaitement rationnel : percevoir une commission sur l’oxygène d’une économie asphyxiée. Une chronique […]

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Dubaï n’a jamais prétendu être neutre. Elle a prétendu être indifférente. Nuance capitale. Pendant quarante ans, les Émirats arabes unis ont laissé transiter les capitaux iraniens sans poser de questions gênantes. Ce n’était pas de la complicité. C’était du commerce. Un modèle parfaitement rationnel : percevoir une commission sur l’oxygène d’une économie asphyxiée.

Une chronique signée Michel Santi



Michel Santi
Cliquez sur le lien ci-dessous:

https://michelsanti.fr/

Les chiffres sont désormais publics. En 2024, selon le Trésor américain, 9 milliards de dollars liés à l’activité financière clandestine iranienne ont transité par des entreprises émiraties — 62 % d’entre eux directement issus de ventes pétrolières iraniennes acheminées via Dubaï. Neuf milliards. Annuels. Et ce chiffre ne représente que ce qu’on a pu tracer.

Ce système fonctionnait parce qu’il arrangeait tout le monde. Washington pouvait sanctionner Téhéran tout en sachant que la pression resterait tolérable. Les Gardiens de la Révolution pouvaient financer le Hezbollah et les Houthis. Abou Dhabi encaissait les commissions. L’équilibre n’était pas précaire. Il était structurel.

Puis l’Iran a décidé de bombarder l’aéroport international de Dubaï.

Depuis le 28 février, 165 missiles balistiques, deux missiles de croisière et 541 drones ont été interceptés au-dessus des Émirats arabes unis. Des débris sont tombés sur le Fairmont Palm. Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup ont ordonné le télétravail à leurs équipes. Dubai International — l’aéroport le plus fréquenté du monde — s’est tu. Les supermarchés ont été dévalisés.

L’Iran n’a pas attaqué un ennemi. Il a attaqué son banquier

La réponse est maintenant sur la table. Selon le Wall Street Journal, Abou Dhabi envisage de geler les actifs des sociétés-écrans iraniennes, de saisir les navires de la flotte fantôme, de soumettre les bureaux de change informels — ces artères discrètes par lesquelles Téhéran respire encore — à une inspection généralisée. Aucune décision finale n’a été prise. Mais le simple fait que la mise en garde ait été transmise à Téhéran constitue déjà une rupture historique.

Car voilà ce qui change tout : ce gel ne viendrait pas de Washington. Il viendrait d’Abou Dhabi. Ce n’est pas une sanction imposée de l’extérieur. C’est un divorce initié de l’intérieur. La différence est abyssale. Les sanctions américaines, l’Iran les contournait précisément via les EAU. Si les EAU ferment le robinet eux-mêmes, il n’existe plus de contournement. Il n’existe plus de porte.

Les experts qui suivent l’économie iranienne depuis des années sont sans équivoque. Esfandyar Batmanghelidj, directeur de Bourse & Bazaar, le dit sans détour : les EAU constituent “la porte d’entrée la plus importante de l’Iran vers l’économie mondiale.” Andreas Krieg, du King’s College London, est plus précis encore : le gel des comptes liés aux Gardiens de la Révolution serait “l’outil non militaire le plus important que les EAU puissent utiliser contre l’Iran.”

L’Iran le savait. Il l’a fait quand même

C’est là que réside l’énigme stratégique. On peut comprendre une décision risquée. On peine à comprendre une décision suicidaire. Téhéran disposait d’un actif rare dans ce monde de blocus financiers : un accès réel, fonctionnel, quotidien aux marchés mondiaux. Cet actif ne se reconstitue pas en quelques mois. Il s’est construit sur quatre décennies de discrétion mutuelle, de non-dits rentables, d’intérêts bien compris des deux côtés.

Six jours de drones ont suffi à en solder le compte.

Pour les EAU, le tournant est douloureux mais lisible. Dubaï avait bâti sa réputation sur une promesse : être la ville la plus sûre dans la région la plus instable du monde. Cette promesse est désormais fissurée. Bloomberg le formule sans fioritures : il n’y a pas de retour possible. La question n’est plus de savoir si Dubaï restera un hub financier mondial. La question est de savoir à quel prix elle le restera — et sous quelles conditions géopolitiques.

Le réalignement est en cours. En gelant les actifs iraniens, Abou Dhabi ne punit pas seulement l’agresseur. Elle envoie un signal à Washington, à Tel-Aviv, aux hedge funds qui hésitent encore à rouvrir leurs bureaux. Elle signifie qu’elle a choisi son camp — non par idéologie, mais par calcul.

L’Iran, lui, n’a pas seulement perdu un accès aux marchés. Il a perdu quelque chose de plus rare : un interlocuteur qui n’était pas son ennemi. Dans un monde de sanctions totales, c’est le seul luxe qui comptait vraiment.

Il vient de le détruire lui-même.

Ce que Khomeini m’a dit en 1978

Je n’ai pas lu l’Iran dans des livres. Je l’ai entendu de sa bouche.

C’était à Neauphle-le-Château, quelques semaines avant que le monde bascule. J’avais quinze ans. On m’a conduit dans une pièce sans chaises, des tapis, quelques plats. L’homme en face de moi parlait un arabe d’une autre époque — celui du Coran, pas des rues. Il posait sa main sur mon genou. Il me regardait fixement.

« C’est moi qui écrirai pour les deux siècles à venir l’histoire de tout le Moyen-Orient. La réaction en chaîne a déjà commencé. »

Il m’a dit qu’il protégerait les chiites du Liban — méprisés, invisibles, dont nos servantes portaient le visage. Il les appellerait à se lever, de Beyrouth à Bagdad, de Bahreïn à Sanaa. « Tu verras comment le clan chiite deviendra le plus puissant de ton pays. Il sera le Parti de Dieu » – Hezbollah.

Ce n’était pas de la prophétie.C’était un plan.

Aujourd’hui, Khamenei est mort. L’Iran est en guerre. Le Hezbollah tire depuis le Liban. Le détroit d’Ormuz est fermé. Et le monde découvre avec stupeur ce que cet homme m’avait annoncé dans cette petite maison de banlieue parisienne, en 1978.

Une jeunesse levantine n’est pas un récit autobiographique.

C’est le seul témoignage de première main d’une conversation avec l’architecte de tout ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux.

Une jeunesse levantine

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Iran : l’UNICEF sonne l’alarme, les enfants paient le prix ultime https://mondafrique.com/moyen-orient/iran-alors-que-la-guerre-sintensifie-les-enfants-en-paient-le-prix-ultime/ https://mondafrique.com/moyen-orient/iran-alors-que-la-guerre-sintensifie-les-enfants-en-paient-le-prix-ultime/#respond Sat, 07 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148261 Déclaration de l’UNICEF au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’UNICEF est profondément préoccupé par l’escalade militaire actuelle en Iran et ses conséquences sur les enfants, alors qu’environ 180 d’entre eux auraient été tués et de nombreux autres blessés depuis le début du conflit.   Parmi les victimes, 168 élèves ont perdu la vie lors d’une frappe qui […]

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Déclaration de l’UNICEF au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

L’UNICEF est profondément préoccupé par l’escalade militaire actuelle en Iran et ses conséquences sur les enfants, alors qu’environ 180 d’entre eux auraient été tués et de nombreux autres blessés depuis le début du conflit.  

Parmi les victimes, 168 élèves ont perdu la vie lors d’une frappe qui a touché l’école primaire pour filles Shajareh Tayyebeh à Minab, dans le sud de l’Iran, le 28 février dernier, alors que ces dernières étaient en classe. Les rapports indiquent que la majorité des personnes tuées étaient des écolières âgées de 7 à 12 ans. D’autres écoles ont par ailleurs été détruites dans cinq localités différentes à travers le pays, coûtant ainsi la vie à douze autres enfants.

Ce lourd bilan est un rappel poignant de la brutalité de la guerre et des violences qu’elle inflige aux enfants, et dont les conséquences affectent les familles et les communautés pendant des générations.

Les enfants et les écoles sont protégés par le droit international humanitaire et ces dernières doivent demeurer des lieux sûrs en toutes circonstances. 

Alors que les frappes militaires se poursuivent dans toute la région et que les enfants sont de plus en plus confrontés à la violence, les atteintes portées aux infrastructures civiles essentielles constituent une menace directe pour leur bien-être. Au moins 20 écoles et 10 hôpitaux auraient ainsi été endommagés en Iran, perturbant l’accès à l’éducation et aux services de santé essentiels. 

L’UNICEF exhorte toutes les parties à respecter les obligations mises à leur charge par le droit international humanitaire et à garantir la protection des populations civiles, et en particulier les enfants, dont la vie et le bien-être doivent être protégés en tout temps.   

L’UNICEF continue également de suivre attentivement la situation et se tient prêt à soutenir les efforts humanitaires visant à aider les enfants et les familles touchés par l’escalade de la violence. 

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Guerre en Iran : « Au-delà des préjugés, voir les intérêts! » https://mondafrique.com/international/guerre-en-iran-au-dela-des-prejuges-voir-les-interets/ https://mondafrique.com/international/guerre-en-iran-au-dela-des-prejuges-voir-les-interets/#respond Sat, 07 Mar 2026 05:44:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148210 Dans un propos sur la guerre en cours contre l’Iran déconstruisant idées reçues et préjugés, l’ancien Premier ministre du Tchad Albert Pahimi Padacké invite à un regard lucide centré sur les propres valeurs et intérêts du continent, en se projetant au-delà des fantasmes immédiats pour définir un positionnement autonome et raisonné.   Par Albert Pahimi […]

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Dans un propos sur la guerre en cours contre l’Iran déconstruisant idées reçues et préjugés, l’ancien Premier ministre du Tchad Albert Pahimi Padacké invite à un regard lucide centré sur les propres valeurs et intérêts du continent, en se projetant au-delà des fantasmes immédiats pour définir un positionnement autonome et raisonné.
 

Par Albert Pahimi Padacké

Albert Pahimi Padacké.

Déconstruire les préjugés religieux

Cette guerre n’est ni civilisationnelle ni religieuse. N’oublions pas qu’il y a plus de chrétiens en Iran ( 400 000 à 800 000, selon les sources), qu’en Israël (180 000). Deux idées reçues structurent aujourd’hui de nombreux positionnements dits et non dits africains.

La première consiste à soutenir, consciemment ou inconsciemment, Israël au nom d’une prétendue proximité « judéo‑chrétienne », comme si l’État d’Israël se battait pour défendre le christianisme. C’est historiquement et théologiquement faux. Israël est associé à l’histoire du christianisme et non à son actualité. Israël est un État-nation, fondé sur un projet sioniste et non chrétien. La communauté chrétienne ne représente que moins de 2 % de la population, largement inférieure à la communauté musulmane d’Israël, 21 %.

Israël est donc factuellement plus musulman que chrétien. La tradition orthodoxe juive, ne prône t-elle pas le crachat sur les chrétiens ? Le réflexe de certains chrétiens africains qui lisent la guerre au Proche‑Orient comme la simple actualisation de récits bibliques, témoigne davantage d’un imaginaire religieux fantasmé que d’une analyse factuelle.

La politique derrière la religion 

La seconde illusion est symétrique : soutenir l’Iran au nom d’une fraternité islamique ou d’une solidarité « arabo‑musulmane ». Là encore, la confusion est profonde. La révolution islamique de 1979 en Iran souvent invoquée est d’abord un projet politique de conquête et d’exercice du pouvoir par les mollahs, et d’exportation d’une idéologie politique, qui instrumentalise une doctrine religieuse chiite pour justifier une stratégie d’influence régionale, de Bagdad à Beyrouth, de Sanaa à Gaza, au détriment de la doctrine religieuse sunnite. Il est autant conçu contre le sionisme que contre le sunnisme.

Aussi, il faut dire que l’Iran n’est pas un pays arabe, comme beaucoup peuvent le penser, mais perse. Les Arabes n’y représentent que 2 % à 3 % de la population. Se ranger derrière Téhéran par réflexe identitaire, c’est donc confondre solidarité religieuse et calcul géopolitique d’une puissance moyenne en quête de profondeur stratégique, d’abord contre l’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe, eux-mêmes non moins musulmanes.

Dans les deux cas, Israël comme l’Iran mobilisent la religion pour légitimer des objectifs éminemment politiques : sécurité, influence, contrôle des routes énergétiques, recomposition des alliances régionales. L’Afrique, si elle veut se penser comme acteur et non comme terrain de jeu, doit refuser de se laisser enfermer dans ces récits, faits de préjugés et des idées reçues, qui chatouillent notre ignorance commune et entretiennent nos illusions.

Un conflit lointain, des impacts immédiats pour l’Afrique

La guerre au Proche-Orient n’est pas un simple spectacle télévisé pour les sociétés africaines. Elle produit déjà au moins quatre types d’effets.

D’abord, un choc énergétique. Toute escalade impliquant Israël, l’Iran et les pays du Golfe pèse sur les cours du pétrole et du gaz, renchérit les importations africaines et aggrave les déficits des États dépendants des hydrocarbures et des produits importés. Pour des économies déjà fragilisées par la dette et l’inflation, chaque flambée au détroit d’Ormuz se traduit par moins de marges budgétaires pour la santé, l’éducation ou la sécurité intérieure.

Ensuite, un risque de conflits par procuration. Les grandes puissances qui s’affrontent et leurs alliés régionaux cherchent des relais politiques, militaires et médiatiques sur le continent. Israël a développé, depuis des années, une diplomatie de sécurité et de renseignement avec plusieurs pays africains, en particulier en Afrique de l’Est et en Afrique centrale. L’Iran, de son côté, mène une offensive diplomatique soutenue vers des États en rupture avec l’Occident, notamment dans le Sahel et en Afrique australe. Le risque est réel de voir l’Afrique redevenir un espace de rivalités externalisées, où se croisent instructeurs, conseillers militaires, livraisons d’armes et campagnes de désinformation, via la toile bleue.

Troisièmement, un enjeu de cohésion interne. Le conflit attise des clivages religieux et identitaires à l’intérieur même des sociétés africaines, entre communautés chrétiennes et musulmanes, entre courants sunnites et chiites, entre élites laïques et mouvements politico-religieux. Sur fond de crise sociale, cette polarisation silencieuse peut fragiliser des États déjà confrontés au terrorisme, aux coups d’État et aux sécessions. Il faudra communiquer intelligemment pour éclairer nos populations sur les enjeux et aller au-delà des idées reçues. Dieu n’est pas l’objet de cette guerre d’intérêts géostratégiques.

Enfin, un enjeu diplomatique. Le continent est loin d’être monolithique. On observe un camp ouvertement pro‑iranien, un camp proche d’Israël, et un large centre qui prône prudence et désescalade. L’Union africaine, pour sa part, multiplie les appels à la retenue et au respect du droit international, sans toujours parvenir à transformer cette posture en stratégie commune.

Vers un positionnement africain fondé sur les intérêts

Face à ces dynamiques, quel devrait être le cap de l’Afrique ? Ni alignement sentimental sur Israël ni sur l’Iran, mû par des préjugés religieux fantasmés et hors-champ. L’enjeu n’a rien de religieux. L’enjeu est de définir un positionnement autonome et raisonné, fondé sur trois principes.

Le premier est la primauté du droit international et de la protection des civils. Les sociétés africaines, qui ont payé le prix fort des guerres civiles, des interventions extérieures et des déplacements massifs de populations, ne peuvent pas accepter la banalisation des crimes de guerre d’où qu’ils viennent. Or, le silence de l’Union africaine face aux massacres des civils Iraniens par les mollahs est une faute historique, qui la rend inaudible aujourd’hui. Soutenir les mécanismes multilatéraux – Nations unies, Cour internationale de justice, diplomatie préventive – devrait être un réflexe, non un calcul conjoncturel.

Le deuxième principe est la défense des intérêts économiques et sécuritaires du continent. Cela suppose de diversifier les partenariats énergétiques, de réduire la dépendance aux importations de pétrole et de gaz du Moyen-Orient, et de peser davantage dans la régulation des flux commerciaux et financiers liés à cette région. Cela implique aussi de refuser que des acteurs extérieurs importent leurs rivalités sur le sol africain via des bases, des milices ou des accords de sécurité opaques.

Le troisième principe est l’affirmation d’une diplomatie africaine collective. L’Afrique ne doit pas être seulement un réservoir de voix à l’Assemblée générale de l’ONU ou un marché pour les drones et les technologies de surveillance israéliennes, turques, chinoises ou iraniennes. Elle doit parler d’une voix plus cohérente sur les crises majeures qui menacent la paix et la sécurité internationales, non pour « choisir un camp » entre Tel‑Aviv, Washington et Téhéran, dans leur unilatéralité, mais pour rappeler que le seul camp légitime est celui de la paix, du droit et de la dignité humaine. Tout ce dont les belligérants actuels ne sont pas porteurs avérés.

Se défaire des illusions et passions importées qui faussent notre lecture des faits

Le moment est venu pour les intellectuels, les médias et les responsables africains de mener un travail de pédagogie politique. Il faut expliquer que les préjugés religieux sont de fausses boussoles dans la lecture contemporaine des rapports de force d’intérêts internationaux.

Il faut montrer que derrière chaque oppression et chaque discours de « défense des opprimés » se cachent des intérêts politiques et stratégiques précis, qu’il s’agisse de conserver le pouvoir, de sécuriser un détroit, de contrôler une route énergétique ou d’encercler un rival régional, mais jamais de défendre une religion et moins encore les peuples opprimés, comme je l’ai exprimé dans ma dernière tribune : « LE SANG DE L’IRAN, LE SILENCE DU MONDE » dans Nouvelle Revue politique du 17 février 2026.

Dans cette guerre, Israël joue sa survie, les USA tentent de freiner la montée en puissance de la Chine à travers ses sources de ravitaillement énergétiques au Venezuela et en Iran… La véritable question pour l’Afrique n’est pas : « Qui a raison, d’Israël ou de l’Iran ? », mais : « Que gagne ou que perd le continent à s’aligner sur l’un ou l’autre ? »

Tant que cette interrogation restera occultée par les passions importées et les illusions identitaires hors sol, l’Afrique demeurera un simple objet de la guerre au Proche-Orient. Le jour où elle se décidera à regarder ce conflit avec ses propres lunettes, celles de ses intérêts et de ses peuples, elle cessera d’applaudir depuis les gradins pour devenir, enfin, un acteur de sa propre histoire et du monde.

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L’Afrique craint les conséquences économiques de la guerre en Iran https://mondafrique.com/limage-du-jour/lafrique-craint-les-consequences-economiques-de-la-guerre-en-iran/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/lafrique-craint-les-consequences-economiques-de-la-guerre-en-iran/#respond Fri, 06 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148200 L’Union africaine, la CEDEAO et plusieurs chefs d’État ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences pour leurs économies de la guerre israélo-américaine en Iran. Un conflit prolongé pourrait fragiliser plusieurs pays du continent. La flambée du pétrole  Le premier impact concerne l’énergie. Les tensions au Moyen-Orient ont déjà fait remonter les cours du pétrole au-delà […]

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L’Union africaine, la CEDEAO et plusieurs chefs d’État ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences pour leurs économies de la guerre israélo-américaine en Iran. Un conflit prolongé pourrait fragiliser plusieurs pays du continent.

La flambée du pétrole 

Le premier impact concerne l’énergie. Les tensions au Moyen-Orient ont déjà fait remonter les cours du pétrole au-delà de 80 dollars le baril et ce n’est pas terminé. Certains analystes envisagent un baril à plus de 100 dollars. Or la plupart des pays africains importent leurs carburants. Une hausse du brut renchérit le transport, l’électricité et la production industrielle. Elle se répercute mécaniquement sur les prix à la consommation où l’énergie et l’alimentation représentent une part importante du budget des ménages.

 « L’Afrique subit déjà les conséquences de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, avec des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une hausse des prix de l’énergie », a déclaré le Sud-Africain Cyril Ramaphosa

Inflation et pression sur les monnaies

La hausse des prix de l’énergie pourrait aussi accentuer les tensions inflationnistes. La plupart des pays africains paient leurs importations en dollars. Lorsque la facture énergétique augmente, la demande de devises progresse et les monnaies locales risquent de se déprécier. Cette pression renchérit encore le coût des importations et peut alourdir la dette extérieure libellée en dollars. Pour plusieurs économistes, un conflit prolongé pourrait ainsi peser sur la croissance et accentuer les fragilités de certaines économies africaines.

Perturbation des routes maritimes

Les inquiétudes portent également sur le commerce maritime. Le conflit menace des routes stratégiques comme le Détroit d’Hormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial. La mer Rouge et le canal de Suez sont également des axes essentiels pour les échanges entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Toute perturbation dans ces zones peut entraîner une hausse des coûts du transport maritime, des retards de livraison et une augmentation des primes d’assurance. Certaines compagnies ont déjà instauré des surtaxes liées au risque de guerre sur les routes vers l’Afrique.

Un effet inégal selon les pays 

Les conséquences de la crise pourraient toutefois varier d’un pays à l’autre. Certains exportateurs de pétrole, comme le Nigeria, l’Angola ou l’Algérie, pourraient bénéficier temporairement de la hausse des cours grâce à des recettes d’exportation plus élevées. Mais la majorité des pays africains, importateurs nets d’énergie, verraient au contraire leur facture énergétique s’alourdir.

Le paradoxe africain

Alors même que l’Afrique est l’un des grands producteurs mondiaux de matières premières, elle reste aussi l’une des régions les plus vulnérables aux chocs internationaux. La raison en est simple : elle produit peu. La plus grande partie de ses ressources est exportée à l’état brut, tandis que le continent importe encore de nombreux produits transformés, carburants ou biens industriels.

Cette dépendance aux marchés mondiaux explique pourquoi les crises géopolitiques, même lointaines, se traduisent souvent par une hausse rapide des prix, une pression sur les monnaies et un ralentissement de la croissance. Autrement dit, même lorsqu’elle n’est pas directement impliquée dans ces conflits, l’Afrique en paie l’addition économique. Une donnée jamais prise en compte par ceux qui décident de la guerre ou de la paix… 

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La République islamique iranienne peut-elle encore tenir ? https://mondafrique.com/moyen-orient/la-republique-islamique-iranienne-peut-elle-encore-tenir/ https://mondafrique.com/moyen-orient/la-republique-islamique-iranienne-peut-elle-encore-tenir/#respond Thu, 05 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148056 « L’Iran sera incapable de résister longtemps aux frappes aériennes israélo-américaines », affirme le quotidien israélien Haaretz. Plusieurs jours après la décapitation du régime et la mort de l’ayatollah Khamenei, une question domine : combien de temps la République islamique peut-elle encore tenir ? Il est prévisible que le système survive un moment, que les hiérarques survivants arrivent à […]

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« L’Iran sera incapable de résister longtemps aux frappes aériennes israélo-américaines », affirme le quotidien israélien Haaretz. Plusieurs jours après la décapitation du régime et la mort de l’ayatollah Khamenei, une question domine : combien de temps la République islamique peut-elle encore tenir ? Il est prévisible que le système survive un moment, que les hiérarques survivants arrivent à se maintenir au pouvoir et que le régime se radicalise, redoute le Wall Street Journal.

Le Moyen-Orient dans la presse anglophone, par Bruno Philip

Aux lendemains de la décapitation de la République islamique d’Iran, à commencer par la « tête suprême », l’ayatollah Khamenei, la question essentielle qui se pose aujourd’hui est de savoir combien de temps peut tenir le régime et quels sont les scénarios plausibles pour les « jours d’après ».

Selon certains experts militaires, il est probable que Téhéran n’ait pas les moyens de résister très longtemps, car l’Iran va arriver, dans un futur relativement proche, à court de munitions. Si l’on en croit l’ancien commandant de la défense aérienne israélienne, le général Pini Yungman, cité dimanche par le quotidien Haaretz, « étant donné que les Iraniens ont déjà tiré entre 150 et 175 missiles sur Israël, en plus de leurs tirs sur les pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, ils en ont donc déjà utilisé environ 250 au total. Cela signifie qu’ils en ont encore assez pour maintenir cette pression pendant quelques jours, mais pas pendant des mois, ni même des semaines. »

L’Iran ayant tiré depuis cet entretien de nombreux missiles sur Israël et les pays voisins du Moyen-Orient, sans compter les drones, les derniers chiffres font penser que le régime de Téhéran a en effet bien dégarni ses stocks : plus de 500 missiles auraient été tirés. Selon le Jerusalem Post, les réserves balistiques iraniennes se monteraient à au moins 2 500, chiffres datant d’avant le début des frappes israélo-américaines.

Les jeux ne sont pas faits, cependant. Même si le régime de Téhéran semble bien être dans la situation d’un navire en perdition par gros temps, le bateau n’a pas encore coulé. Ainsi, le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran), véritable cœur du réacteur du système, reste en place et en position de force, au moins au plan politique : il possède une armée de 200 000 soldats, à quoi s’ajoute un million, voire plus, de « basijis », ou volontaires, véritables nervis de la « révolution », prêts à tout pour tuer, punir, réprimer.

Et s’il est évident que tous sont « largement surclassés en termes d’armement » par les États-Unis et Israël, comme le souligne le Wall Street Journal, le quotidien ajoute qu’il « faudra sans doute des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires pour paralyser cette organisation ». Résultat, « le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les radicaux ayant survécu aux premières frappes américaines et israéliennes pourraient déchaîner les milices armées des pasdarans dans l’espoir de s’accrocher au pouvoir ».

Si l’on fait se télescoper les affirmations de l’expert israélien et les prévisions du WSJ, on peut donc raisonnablement anticiper la situation suivante : l’Iran va être rapidement incapable de continuer à résister aux attaques aériennes faute de missiles, même si les forces de Téhéran les économisent, mais le régime peut survivre en termes de contrôle militaire et politique sur le terrain, compte tenu du fait qu’il est douteux, pour l’heure, que Donald Trump ose envoyer ses « boys » en Iran.



Les figures les plus radicalisées du régime

Quel scénario peut-on donc imaginer pour les semaines à venir et quelle forme pourrait prendre la transition si l’on écarte l’hypothèse d’un écroulement rapide du gouvernement et des institutions qui ont forgé la République islamique depuis son avènement, en 1979 ?

Le Wall Street Journal, dans un article très complet publié dimanche sur son site, estime également que l’actuel gouvernement, actuellement présidé par Massoud Pezechkian, qui a survécu aux frappes israélo-américaines et appelé à venger la mort du « Guide », pourrait « évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution ». Il est difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, la vice-présidente vénézuélienne qui s’est alignée sur la ligne de Washington depuis la capture de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier, selon les analystes.

L’article du Journal cite à cet égard l’expert Mohammed Albasha, créateur d’une société de conseil en gestion de risques basée à Washington, qui estime que la mort de Khamenei « renforce les éléments les plus radicaux et militarisés du régime, aucune opposition organisée n’étant prête à saisir cette opportunité ». Il pense par ailleurs que « s’il existe des pragmatiques au sein des Gardiens, ceux-là ne sont peut-être pas prêts à renier une idéologie qu’ils défendent depuis des années », une réalité qui vaut surtout pour les plus âgés, qui ont fait leurs armes comme soldats durant la sanglante guerre Iran-Irak dans les années quatre-vingt.

Kasra Aarabi, chercheuse spécialisée sur les pasdarans, également citée dans le même article, enfonce le clou : « Les Gardiens de la révolution sont une force extrêmement radicalisée et endoctrinée : l’idée qu’ils changent de camp me semble donc improbable. »

Dans le New York Times, Sanam Vakil, la directrice du département Moyen-Orient du think tank londonien Chatham House, nuance le propos mais en arrive à des conclusions similaires : si elle estime que la République islamique « ne va pas survivre » à ces frappes israélo-américaines et que le Moyen-Orient « ne sera plus le même » après le samedi 28 février, le nouveau leadership « post-Khamenei » pourrait tout à fait être encore plus hostile à Washington que ne l’était son prédécesseur, tout particulièrement si le nouveau régime est dominé par les Gardiens de la révolution, même sous l’égide d’un dirigeant plus flexible que l’ayatollah mort sous les bombes.

Il faut dire qu’un tel dirigeant aura fort à faire pour prolonger l’existence d’un système profondément affaibli et qu’il lui faudra se concentrer, estime encore Mme Vakil, « sur les divisions internes du nouveau pouvoir, les questions de sécurité internes et le chaos économique ».

Seule certitude aujourd’hui : le régime, qui se préparait depuis des semaines, voire des mois, à une attaque américaine de plus grande ampleur que celle de la « guerre des 12 jours » en juin 2025, avait élaboré des plans d’urgence en cas de décès de Khamenei.

Pour le Wall Street Journal, les « successeurs potentiels, notamment Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur du régime, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, ne possèdent ni son envergure ni ses relations au plus haut niveau ». Selon le WSJ, « l’une des possibilités envisagées serait de confier la direction du pays à deux hauts dignitaires religieux, épaulés par le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejei », si l’on en croit les affirmations de responsables non identifiés contactés par le quotidien new-yorkais.


Mojtaba Khamenei

Deux hommes avaient déjà émergé pour assurer la transition du pouvoir politique en attendant la nomination d’un nouveau « Guide de la révolution » : Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, étaient désormais considérés, en attendant de nouveaux développements, comme les deux hommes forts du régime.

Depuis longtemps pressenti pour succéder à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei apparaît désormais comme le candidat pressenti pour reprendre le flambeau après avoir survécu aux frappes israélo-américaines. Second fils du Guide suprême, il n’occupe aucune fonction officielle au sein du gouvernement de la République islamique, mais serait, d’après Reuters, « connu pour entretenir des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution ».

Ou ce qu’il en reste.



 

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Guerre en Iran: réactions africaines contrastées https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/guerre-en-iran-reactions-africaines-contrastees/#respond Thu, 05 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148043 Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues. Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette […]

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Quatre jours après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les réactions africaines se répartissent en quatre catégories : fermes, prudentes, très réservées et silencieuses. Des positions parfois inattendues.

Contrairement aux réactions qui avaient surpris le monde après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prises de position des organisations et des capitales africaines n’ont, cette fois, guère marqué les esprits.

Positions tranchées

Parmi les réactions les plus claires figure celle du Sénégal. Dakar a exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade et condamné l’usage de la force, considéré comme une violation du droit international et une menace pour la souveraineté des États. Le gouvernement a appelé à un cessez-le-feu immédiat et au retour au dialogue. Le Premier ministre Ousmane Sonko a dénoncé une « liquidation du droit international», tout en alertant sur les conséquences économiques potentielles pour l’Afrique.

L’Afrique du Sud a également adopté une position ferme. Pretoria condamne explicitement une violation du droit international et rejette la notion de « légitime défense préventive », restant fidèle à sa diplomatie et à son positionnement au sein des BRICS.

Le Tchad a lui aussi réagi clairement en exprimant sa « profonde tristesse » après la confirmation de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, en partageant la douleur du peuple iranien et réaffirmant l’attachement du pays aux principes de paix et de solidarité internationale. Puis, dans un second message, sûrement pour ne pas se mettre à dos les Émirats arabes unis, N’Djamena a condamné avec fermeté la riposte iranienne contre plusieurs pays du Golfe et a qualifié ces attaques d’« inacceptables ».

Le  Maroc, lui s’est rangé sans surprise du côté de Washington et de Tel Aviv. Rabat n’a formulé aucune critique des frappes américano-israéliennes et a exprimé sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes. Une posture attendue et cohérente avec son alignement sur les États-Unis et sur Israël depuis la signature des accords d’Abraham.

Le camp des prudents

Dans le camp des prudents, l’Union africaine a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade et appelé à la désescalade, évoquant les risques pour la stabilité mondiale, les marchés énergétiques et la sécurité alimentaire. La CEDEAO a adopté un ton similaire, mettant en garde contre les conséquences économiques pour l’Afrique de l’Ouest. D’autres pays ont réagi de la même manière, comme le Ghana, la Sierra Léone ou la Côte d’ivoire.

L’étrange retenue d’Alger

Plus surprenante est la prudence extrême de l’Algérie. Alger s’est contentée de regretter l’échec des négociations menées à Oman et d’appeler à la retenue, tout en exprimant sa solidarité avec les États arabes visés par les ripostes iraniennes, sans condamnation directe des frappes initiales. Une position qui tranche avec sa tradition diplomatique de non-alignement affirmé et ses bonnes relations avec Téhéran. La Tunisie s’est alignée sur son voisin.

Le silence bavard de l’AES

Enfin, le silence de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) reste l’un des faits les plus marquants. Un mutisme d’autant plus notable que ces trois pays ont développé une coopération militaire avec l’Iran, notamment dans le domaine des drones. Deux jours avant le déclenchement du conflit, le ministre burkinabè de la Défense se trouvait encore à Téhéran. Cette absence de réaction est parlante, elle signifie que les États de l’AES souhaitent ne pas remettre en cause leur récente reprise du partenariat entre Washington.

Au final, toutes les réactions, quelles soient prudentes ou silencieuses s’expliquent par la volonté de ne pas froisser Washington afin de ne pas subir les foudres de l’imprévisible Donald Trump.

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Frappes en Iran : le choix risqué de Donald Trump https://mondafrique.com/moyen-orient/frappes-en-iran-le-choix-risque-de-donald-trump/ https://mondafrique.com/moyen-orient/frappes-en-iran-le-choix-risque-de-donald-trump/#respond Wed, 04 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148018 Les frappes aériennes menées par les États-Unis en coordination avec Israël en Iran surviennent à un moment où Donald Trump, qui avait pourtant promis lors de sa dernière campagne électorale qu’il n’engagerait pas son armée sur des théâtres lointains, fait face à une pression politique croissante liée aux révélations qui s’enchaînent dans l’affaire Epstein. En […]

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Les frappes aériennes menées par les États-Unis en coordination avec Israël en Iran surviennent à un moment où Donald Trump, qui avait pourtant promis lors de sa dernière campagne électorale qu’il n’engagerait pas son armée sur des théâtres lointains, fait face à une pression politique croissante liée aux révélations qui s’enchaînent dans l’affaire Epstein. En cas d’enlisement et de pertes importantes dans les rangs de l’armée, le Parti républicain pourrait, lors des élections de mi-mandat, être sanctionné par ses sympathisants. Le décryptage de nos excellents confrères du site The Conversation.

L’embrasement militaire contre l’Iran a eu l’effet d’un électrochoc politique à Washington, offrant à Donald Trump une échappatoire spectaculaire au moment précis où la pression judiciaire et parlementaire menaçait de l’encercler.

Au lendemain des auditions successives de Bill Clinton et de Hillary Clinton devant une commission de la Chambre des représentants consacrée, à l’affaire Epstein les 26 et 27 février, l’exécutif états-unien apparaissait fragilisé par une séquence politique défavorable. Plusieurs responsables du Parti démocrate venaient de réclamer l’audition du président lui-même, estimant que les éléments révélés au cours de ces dépositions justifiaient l’extension de l’enquête. La réapparition dans l’espace public de la question des cinquante-trois pages manquantes d’un ancien dossier judiciaire, impliquant l’accusation formulée par une plaignante mineure de treize ans à l’époque des faits contre l’actuel occupant de la Maison-Blanche, accentuait encore la vulnérabilité politique de la présidence, malgré l’absence de conclusion judiciaire définitive.

C’est dans ce contexte de tension intérieure maximale que, quelques heures après la déposition de Bill Clinton, Trump s’est adressé à ses concitoyens pour les informer du début de l’opération « Epic Fury » contre des cibles iraniennes.

Trump se pose en libérateur du peuple iranien

La soudaineté de l’opération a immédiatement déplacé l’attention médiatique et politique vers le registre stratégique et militaire. La concomitance entre la séquence des auditions parlementaires et l’engagement armé a nourri les interrogations sur l’articulation entre politique intérieure et action extérieure.

Le discours prononcé par Donald Trump le 28 février au matin constitue le pivot de cette reconfiguration.

Le président y présente l’opération non comme une démonstration de force, mais comme une entreprise morale visant à « rendre la liberté » au peuple iranien. La rhétorique mobilisée insiste presque exclusivement sur des valeurs positives : liberté, dignité, sécurité des populations civiles, avenir démocratique. En décrivant la mission comme « noble », il ajoute à la logique géopolitique une justification éthique, se positionnant explicitement en protecteur d’un peuple décrit comme victime de l’oppression de ses dirigeants. Cette construction discursive transforme l’intervention militaire en geste de libération, inscrivant « Epic Fury » dans une tradition messianique de politique étrangère où les États-Unis se perçoivent comme porteurs de principes universels et d’une responsabilité particulière en matière de défense des droits fondamentaux de par le monde.

L’insistance sur la libération de l’oppression iranienne constitue le cœur de la nouvelle posture présidentielle. Donald Trump évoque à plusieurs reprises le « droit du peuple iranien à vivre libre », reprenant un vocabulaire rarement associé jusque-là à sa propre doctrine. Il affirme vouloir « ouvrir une ère nouvelle » pour la région, suggérant que l’action militaire pourrait provoquer une transformation politique interne en Iran.

Cette vision, qui fait de l’usage de la force un instrument de délivrance, vise à légitimer l’opération auprès de l’opinion internationale tout en redéfinissant l’image du président sur la scène intérieure. En se posant comme le défenseur d’une population étrangère contre le propre régime de celle-ci, il endosse un rôle de libérateur qui transcende les clivages partisans américains et mobilise un imaginaire politique puissant, fondé sur la promesse d’émancipation et de renouveau historique.

Une place dans l’Histoire ?

Un autre aspect central du discours réside dans la volonté affichée de « faire l’histoire ». Trump inscrit explicitement son action dans une perspective mémorielle, affirmant que cette intervention sera jugée par les générations futures comme un tournant décisif.

Cette projection dans le temps long répond à une logique de présidentialisation du récit national : en se plaçant dans la lignée des dirigeants qui auraient redéfini l’ordre international, il cherche à transformer une décision conjoncturelle en moment fondateur.

La référence implicite aux grandes interventions américaines passées suggère une ambition de marquer durablement la politique étrangère des États-Unis et d’inscrire son mandat dans une chronologie héroïsée. Dans cette optique, la libération supposée du peuple iranien devient non seulement un objectif stratégique, mais aussi un instrument de construction d’une mémoire présidentielle destinée à survivre aux controverses du présent.

Un calcul de politique intérieure

Enfin, cette séquence peut également être interprétée comme une stratégie de communication visant à restaurer une image affaiblie et à préparer les échéances électorales de mi-mandat prévues en novembre.

En déplaçant le débat national vers la sécurité internationale et en adoptant la posture du chef de guerre humanitaire, Donald Trump pourrait chercher à recomposer une coalition électorale autour du patriotisme et du leadership présidentiel. La mise en scène d’une intervention présentée comme libératrice permet de marginaliser les controverses intérieures et de substituer au récit de la fragilité politique celui de la détermination historique. Dans cette perspective, la guerre en Iran ne serait pas seulement un épisode géopolitique, mais aussi un levier destiné à redorer le blason du locataire de la Maison-Blanche et à influencer le rapport de forces électoral à l’approche des élections de mi-mandat.

En effet, l’offensive contre l’Iran intervient en effet à un moment particulièrement sensible du calendrier politique aux États-Unis. En novembre prochain, les élections de mi-mandat détermineront l’équilibre du pouvoir au Congrès pour la seconde moitié du mandat présidentiel. En déclenchant une opération militaire d’ampleur sans autorisation préalable du Congrès, Donald Trump s’expose à une double contestation, institutionnelle et électorale. Plusieurs élus démocrates dénoncent une violation du War Powers Act, estimant que le président n’a pas le droit d’engager le pays dans un conflit sans l’accord du Congrès.

La controverse est renforcée par l’absence perçue d’une menace immédiate justifiant une action préventive, ce qui alimente l’idée d’une guerre de choix plutôt que d’une guerre de nécessité.

Dans ce contexte, l’opération iranienne pourrait devenir un enjeu central de la campagne de mi-mandat, les démocrates cherchant à transformer la question de la légalité et du contrôle parlementaire en argument électoral majeur contre l’administration.

Ralliement autour du drapeau ou rejet d’une intervention qui n’était pas indispensable ?

Sur le plan de l’opinion publique, les premiers indicateurs apparaissent ambivalents et potentiellement dangereux pour la majorité présidentielle. En effet, les conflits extérieurs peuvent produire un effet de ralliement patriotique à court terme, mais ils deviennent rapidement coûteux électoralement lorsque les pertes humaines s’accumulent sans victoire décisive. Trois militaires américains ont déjà été tués depuis le début de l’opération, et la perspective d’un nombre élevé de pertes constitue un facteur susceptible d’éroder le soutien à l’intervention et de fragiliser les candidats républicains dans les circonscriptions les plus disputées.

Si le conflit devait s’enliser ou provoquer une escalade régionale entraînant des attaques meurtrières contre des forces américaines, dont des dizaines de milliers se trouvent actuellement au Proche-Orient, le calcul politique initial pourrait se retourner contre le président. Les pertes militaires renforceraient la position de ceux qui reprochent à l’exécutif d’avoir engagé la vie de soldats sans débat national préalable. Pour les démocrates, l’argument serait stratégique : faire de la crise iranienne le symbole d’une présidence imprudente et d’un contournement des procédures constitutionnelles, afin de mobiliser un électorat inquiet d’un retour à des guerres longues et coûteuses au Moyen-Orient.

Dès lors, les élections de mi-mandat apparaissent comme un test politique indirect de la guerre elle-même. Une défaite républicaine serait interprétée comme une sanction populaire de la décision d’entrer en conflit, tandis qu’un succès pourrait être présenté par la Maison-Blanche comme une validation de la posture de fermeté adoptée face à Téhéran. Le pari de Donald Trump consiste donc à obtenir des résultats stratégiques rapides – ou du moins une perception de succès – avant que la dynamique électorale ne cristallise les critiques. À défaut, l’intervention en Iran pourrait devenir non pas un instrument de consolidation du pouvoir présidentiel, mais le catalyseur d’un rééquilibrage institutionnel imposé par les urnes.

 

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La Tunisie impuissante face à l’embrasement du Proche Orient https://mondafrique.com/international/la-tunisie-impuissante-face-a-lembrasement-du-proche-orient/ https://mondafrique.com/international/la-tunisie-impuissante-face-a-lembrasement-du-proche-orient/#respond Wed, 04 Mar 2026 05:25:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148010 La modération de la réaction tunisienne à la guerre déclenchée contre l’Iran par Israël et les États-Unis sonne comme l’amorce d’une soumission aux nouveaux équilibres régionaux. Par Selim Jaziri Le temps des postures anti-impérialistes est terminé. La concrétisation des menaces israélo-américaines contre le régime iranien contraint la diplomatie tunisienne à un brutal retour aux réalités. […]

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La modération de la réaction tunisienne à la guerre déclenchée contre l’Iran par Israël et les États-Unis sonne comme l’amorce d’une soumission aux nouveaux équilibres régionaux.

Par Selim Jaziri

Le temps des postures anti-impérialistes est terminé. La concrétisation des menaces israélo-américaines contre le régime iranien contraint la diplomatie tunisienne à un brutal retour aux réalités. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères du 1er mars, au lendemain du lancement de la campagne de bombardements contre l’Iran et de la réplique iranienne, est particulièrement révélateur.

La diplomatie tunisienne y fait état de sa « profonde préoccupation et [de sa] vive inquiétude » face à la « dangereuse escalade militaire ». Elle condamne « toute agression contre le territoire de tout État », s’alarme des risques d’un « élargissement du conflit » pour « la sécurité et la paix régionales et internationales » et proclame « son rejet absolu de toute atteinte au territoire de pays arabes frères », faisant part de sa « pleine solidarité avec l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, la Jordanie et l’Irak », au nom de la « fraternité arabe et islamique ».

Un alignement à demi-mots

Pour la forme, Tunis pose quelques principes : « droit international », « règlement pacifique des différends », cessation des « opérations militaires », « sagesse », « retour à la table des négociations ». Des vœux pieux dénués de toute capacité d’en imposer aux belligérants ou de mobiliser d’autres puissances. Qui a amorcé l’escalade ? Quelle était la cible initiale ? Quid des victimes ? Quelles étaient les cibles sur le territoire des pays arabes ? Une guerre sans responsables, ni victimes, une simple fatalité mécanique. Aucune indignation, aucune condamnation de l’agression israélienne. Le communiqué réussit le tour de force de s’exprimer sur cette nouvelle guerre sans prononcer les mots « Israël » (ou « entité sioniste »), « Iran », « États-Unis », « bases américaines », « victimes civiles », «condoléances », sans même parler de « Ali Khamenei »… Une telle position n’est ni plus ni moins qu’un alignement à demi-mots, une soumission aux nouveaux rapports de force.

Lors des bombardements israéliens de l’Iran en juin, Tunis avait été moins ambigüe dans sa dénonciation : « cette atteinte à sa souveraineté et à sa sécurité est une violation flagrante de la charte des Nations unies et de toutes les lois et coutumes internationales ». Cette fois, le ton est bien plus mesuré.

Nouvelle donne régionale

Sous la présidence de Kaïs Saïed, Tunis avait amorcé un rapprochement remarqué avec Téhéran dont le signe le plus tangible a été le déplacement du chef de l’État en Iran à l’occasion du décès du président iranien Ebrahim Raïssi dans un crash d’hélicoptère, en mai 2024. La presse d’État triomphait alors : « Kaïs Saïed enterre le sionisme mondial à Téhéran », « Saïed met fin à quarante ans de Tunisie atlantiste ». Le 10 septembre 2025, Abbas Araghchi, le chef de la diplomatie iranienne, a fait le déplacement à Tunis. Entre-temps, les deux pays avaient amorcé en mai 2025 une coopération technologique dans le domaine de l’intelligence artificielle. Ces élans et ces amabilités ne sont plus de saison.

La direction prise par l’état des rapports de force régionaux est désormais claire : Israël n’a payé aucun prix pour le génocide à Gaza, l’accélération de l’annexion et de la colonisation de Cisjordanie et les bombardements au Liban, en Syrie, au Qatar, au Yémen. L’appui américain sans faille lui garantit une impunité totale. Les monarchies du Golfe et le Maroc coopèrent avec Israël et les États-Unis. L’Union européenne suit le mouvement. Les Nations Unies sont hors jeu. Quant aux BRICS, leurs relations commerciales avec Israël tempèrent les ardeurs de la plupart des pays du « Sud global » dans la dénonciation du génocide à Gaza.

L’espoir caressé par Kaïs Saïed de diversifier les alliances et d’équilibrer la dépendance à l’égard des pays occidentaux par le renforcement de ses liens avec la Chine et avec l’Iran a fait long feu. Même si le régime iranien parvient à négocier sa survie, l’Iran sera infréquentable et une coopération irano-tunisienne ne pourra plus offrir la moindre ressource diplomatique à la Tunisie. Le régime de Kaïs Saïed, de plus en plus isolé, n’a plus l’espace géopolitique pour se frayer une voie singulière et il doit s’ajuster aux nouvelles réalités s’il veut être épargné par de futures pressions américaines une fois la nouvelle situation régionale stabilisée.

Tunis au diapason d’Alger

L’appui d’Alger ne lui sera d’aucun secours. La position tunisienne sur cette nouvelle escalade au Proche-Orient est en réalité la copie conforme de la position algérienne. Après s’être contenté de déplorer l’échec des négociations menées au Sultanat d’Oman et l’escalade, la diplomatie algérienne a finalement proclamé sa solidarité avec les pays arabes… Et oublié au passage ses griefs à l’encontre des Émirats arabes unis que le président Tebboune qualifiait pourtant, en juillet 2025, de « micro-État », d’« État artificiel », de « nain », d’« entité hybride, dépourvue d’origine et de souveraineté », de « fabrique du mal et de la discorde », d’« usine à sédition et à dissémination de toxines idéologiques »… La « fraternité arabe » avait ses limites.

L’Algérie n’a plus les moyens de maintenir une ligne dissidente. Cette faiblesse est apparue clairement lors de son adhésion au cadre de négociation défini par le Maroc sur le dossier sahraoui. La presse marocaine jubile avec une certaine férocité, à l’instar du site « le360 » proche du Palais qui se réjouit de voir l’Algérie « orpheline du régime des Mollahs ».

Alger parvient encore à maintenir un relatif équilibre dans ses relations avec les États-Unis grâce à ses capacités de renseignement et à ses gisements de gaz de schiste. La Tunisie, elle, n’a quasiment plus aucune carte en main, à part le contrôle migratoire pour le compte de l’Europe. Elle donne un peu de profondeur stratégique à l’Algérie. La solidarité arabe reste dès lors le seul cadre protecteur pour le tandem algéro-tunisien, d’autant que l’Arabie saoudite, échaudée par la priorité donnée à Israël par la protection américaine face aux missiles iraniens et soucieuse de paraître aux yeux des opinions arabes comme le défenseur de l’État palestinien, serait le seul atout de puissance face à une domination américaine et israélienne totale sur la région.

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Trump ou Netanyahou : qui tient vraiment la guerre ? https://mondafrique.com/libre-opinion/trump-ou-netanyahou-qui-tient-vraiment-la-guerre/ https://mondafrique.com/libre-opinion/trump-ou-netanyahou-qui-tient-vraiment-la-guerre/#respond Tue, 03 Mar 2026 14:21:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148004 Quinze jours après avoir exclu l’hypothèse de frappes, notre chroniqueur, Xavier Houzel, admet s’être trompé. Il décrit une opération qu’il juge préméditée, interroge le rapport de force entre Trump et Netanyahou et alerte sur le risque d’un embrasement régional aux effets durables. Interview menée par Joëlle Hazard Il y a quinze jours, vous avez affirmé […]

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Quinze jours après avoir exclu l’hypothèse de frappes, notre chroniqueur, Xavier Houzel, admet s’être trompé. Il décrit une opération qu’il juge préméditée, interroge le rapport de force entre Trump et Netanyahou et alerte sur le risque d’un embrasement régional aux effets durables.

Interview menée par Joëlle Hazard

Il y a quinze jours, vous avez affirmé qu’il n’y aurait pas de frappes… Erreur de vision ?

Objectivement, je me suis bel et bien trompé, ou plutôt j’ai été « trumpé » : les Israéliens et les Américains ont attaqué l’Iran, pour une série d’assassinats. Je n’aurais pas cru qu’ils puissent le faire avec autant d’audace. Surtout, grâce à une telle rouerie.

Avant même de connaître le résultat des frappes sur l’Iran – et de savoir si le Guide suprême était effectivement mort –, j’en avais pourtant déduit que les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, étaient des illusionnistes de talent, faits pour amuser le terrain, pour détourner l’attention, et que ce n’était pas normal. Autrement dit, que quelque chose de troublant couvait sous un semblant de calme. Avant la tempête.

J’avais eu cette prémonition en les voyant, à Genève, passer d’un sujet à l’autre – celui de l’Ukraine et celui de l’Iran – sans s’appesantir jamais, dans un survol chaotique qui ne menait nulle part.

Ce que j’en conclus aujourd’hui est alarmant. Ou bien Trump cache son jeu, mais il sait ce qu’il fait – il se fiche pas mal du nucléaire et des missiles balistiques, lesquels ne sont, pour son administration, ni plus ni moins que la fiole de Colin Powell. Ce qu’il pourrait vouloir alors, à défaut du Groenland en apanage, c’est le territoire iranien dans son intégralité, en tant que plateforme stratégique idéalement située dans un des centres de gravité de la planète, à équidistance de la Chine et de la Russie. L’affaire se terminerait par l’installation sur place d’un chapelet de bases militaires américaines. Les entreprises américaines prendraient le gaz et le pétrole, et le Pentagone le contrôle du détroit d’Ormuz.

Ou bien ce n’est pas lui qui décide, et il se moque de nous sur toute la ligne. Par « nous », je veux dire les 27 dirigeants de l’Union européenne, la Grande-Bretagne, les monarchies du Golfe, tous des alliés traditionnels de l’Amérique, qui n’y voient que du feu.

Reste à savoir qui est le deus ex machina.

Est-ce la guerre de Trump ou celle de Netanyahou ?

Vous brûlez ! La question est grave.

Il existe, en apparence, une convergence de préoccupations entre Israël et les États-Unis. Elles ont pris un caractère obsessionnel. Le premier pays invoque sa survie et stigmatise l’Iran et son projet de bombe, qui est mythique. Le second évoque le danger existentiel que représenterait pour lui la Chine, avec la perspective d’un effondrement de l’ordre américain. Nous en avons amplement débattu – l’OPEC+, les BRICS, etc.

Mais d’autres contingences expliquent la complexité des rapports personnels entretenus entre les personnages, et leur évolution : l’affaire Epstein et l’approche des élections de mi-mandat pour Trump ; un agenda judiciaire chargé pour Netanyahou, avec la perspective d’une série d’enquêtes à venir sur l’avant et l’après 7 octobre. L’un tombe et l’autre ne se relèvera pas !

Dans le couple qu’ils forment, la vraie question est de savoir quel est le dominant… Difficile, car l’un est le plus fort alors que l’autre est plus malin.

Il en va de même des services américains face aux services israéliens, dont les rapports incestueux en font un troisième centre de pouvoir. Tout-puissant ! L’action conjuguée des deux services est un tel classique, et elle est parfois tellement bien huilée qu’on peine à en deviner la trace.

C’est le cas, par exemple, s’agissant de la guerre ouverte déclenchée, il y a quelques jours à peine, par le Pakistan contre l’Afghanistan, et qui augure de graves problèmes, à savoir un risque de fractionnement de l’Iran au Sud, en région pachtoune, de même qu’un phénomène analogue au Nord – avec les Kurdes et les Azéris, qui feraient volontiers sécession. C’est le genre de mèches lentes que la CIA et le Mossad manipulent volontiers.

Or cela peut aller si loin, et les effets des manœuvres élaborées par lesdits services peuvent être tels que certaines de leurs conséquences peuvent s’imposer aux États de manière inattendue : ils réagiront alors de façon irrationnelle. Nous sommes ici, je le redoute, dans la configuration d’un ménage à trois – avec une montagne de secrets dans les placards.

Toutes ces raisons semblent indiquer que l’on s’oriente vers une guerre longue ?

Le risque existe, compte tenu de la diversité des composantes de l’Iran et de la superficie de ce pays, limitrophe d’une quinzaine d’autres, y compris les riverains du Golfe persique et ceux de la mer Caspienne, que cela finisse par une guerre civile générale ou par plusieurs conflits internes et externes.

Les frappes qui ont tué le Guide suprême, en même temps qu’une quarantaine de hauts responsables du régime, ont été le fait d’Israël – apparemment en solo – sous couvert de l’opération dite Lion rugissant. Cette particularité aura frappé les esprits en ravivant un sentiment patriotique chez de nombreux Iraniens.

À la condition de faire « porter le chapeau » de tels assassinats à Israël, les Américains pourraient encore éviter le pire et entamer un dialogue. Au rythme auquel les représailles s’enclenchent de part et d’autre, la guerre s’arrêtera assez vite faute de munitions. Il ne faudra pas s’attendre, dès lors, à une guerre conventionnelle, mais plutôt à des affrontements plus épisodiques, à la manière de l’État islamique (Daech), et à une multiplication possible d’attentats antisémites à travers le monde.

Les pays arabes voisins sont remontés contre l’Iran, dont certains des missiles qui visaient les bases américaines ont explosé sur des centres urbains émiratis et qataris… Vous croyez que des négociations seraient encore possibles ?

Difficilement, parce que l’Histoire dira qu’à Genève, l’Iran était prêt à faire d’énormes concessions. Le pays était ouvert à pratiquement toutes les demandes américaines s’agissant du nucléaire. Il était prêt à envisager de limiter la portée et le nombre de ses missiles balistiques dans le cadre d’une opération de démilitarisation mutuelle et réciproque. Quant au gaz et au pétrole, cela aurait été de soi…

Le médiateur omanais devrait être là pour en témoigner, de même que de la mystification dont le ministre des Affaires étrangères iranien et lui-même – voire le Sultanat d’Oman, honteusement utilisé – ont été les dupes. Cela demande un retour en arrière et un plongeon dans les secrets, face à l’indicible.

Dans les coulisses de l’opération Bouclier de Juda – ainsi dénommée pour désigner une série de scénarios militaires méticuleusement préparés pendant de longs mois et prévus pour être mis en œuvre conjointement, le jour venu, par les deux armées israélienne et américaine –, une autre opération, jumelle mais complètement secrète, que nous appellerons Baiser de Judas, a été simultanément montée par le Mossad (de concert ou non avec la CIA).

Ce baiser de la mort – celui de Judas avec un « s » – a demandé rien de moins que deux négociateurs réputés nantis d’un large pouvoir délibérant, mais ne possédant aucun moyen direct d’exécution : comme ces messieurs Witkoff et Kushner, conscients ou non de l’être.

À Genève, au soir du jeudi fatidique, l’on se congratula : un accord était au bout du stylo. Mais il manquait l’approbation formelle – autrement dit la rédaction d’un mémorandum et la signature du Guide suprême et celles des principaux responsables de la République islamique, lesquels devaient… se réunir à cet effet !

Pour qu’ils en aient le temps, rendez-vous fut donné à Vienne pour le lundi d’après. Une occasion pareille ne se représenterait plus.

Vous devez commencer à comprendre ! Mais la question se pose surtout de savoir si, parce qu’une occasion se présente et qu’elle est considérée comme exceptionnelle par ses « organisateurs » – Israël en avait rêvé –, il est nécessairement juste, moral et opportun de « sauter dessus » !

Je pense, pour ma part, que le président Trump a eu « la main forcée » par Netanyahou. Je l’imagine émerveillé, tenté par le diable.

La tâche allait être répartie entre les deux comparses : à Israël le soin de tirer le premier (30 bombes de 500 kg) sur le complexe résidentiel où devaient se réunir les aides autour de leur cacique. Cette opération très ciblée serait baptisée The Roaring Lion (le Lion rugissant), par opposition à la partie de l’opération The Epic Fury (la Fureur épique), réservée aux Américains, sous couvert de l’opération globale dite Bouclier de Juda. Le distingo est important.

Pour que le « travail » des Israéliens soit d’avance couronné de succès, il avait fallu au Mossad l’infiltration d’une cohorte d’agents de toutes sortes et l’orchestration des partitions jusqu’au moindre détail : aucune alerte, aucun comportement inhabituel ne devraient laisser supposer aux Iraniens que les négociations puissent ne pas être transparentes, sincères et véritables !

Il fallait que le tandem Witkoff & Kushner se prête parfaitement au jeu ! Et qu’on leur souffle ce qu’ils avaient à dire.

L’Histoire dira si la « fine équipe » avait anticipé ou non le piège qui était tendu ; et le fait que la frappe (par des avions israéliens exclusivement) allait inéluctablement entraîner des représailles iraniennes aussi bien contre Israël que contre des bases ou des navires américains ; et que l’ensemble aurait pour effet de déclencher une riposte américaine dite The Epic Fury – la Fureur épique –, celle-là ostensiblement décidée par le président américain, dans le plein exercice de ses prérogatives… que le Congrès ne pourrait pas lui contester.

Il n’y a rien d’honorable dans tout cela, ce qui me dispense de faire amende honorable. Il est devenu très difficile d’avoir des certitudes de nos jours.

Mais je reste optimiste ! Un dialogue est encore possible ; il est toujours possible. C’est en revanche exactement ce dont Netanyahou ne voulait pas.

Le président américain doit regretter d’avoir été pris dans l’engrenage d’une fuite en avant qui pourrait le contraindre à mettre demain des troupes au sol, selon l’expression consacrée, sachant qu’il serait alors mis en minorité dans son propre camp républicain.

Mais Netanyahou n’a pas gagné non plus. Lorsqu’on aura la confirmation de ce que je vous dis, ce n’est pas de l’admiration que l’on aura, mais du dégoût pour ses méthodes. Les conséquences pour la région seront telles que les Accords d’Abraham s’annuleront d’eux-mêmes. On ne fait pas confiance à un voisin dont la langue est à ce point fourchue.

Pauvres amis iraniens, pauvres amis israéliens, pauvres amis américains !

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L’Iran appelle, le Hezbollah répond, et le Liban paie le prix https://mondafrique.com/moyen-orient/liban-letat-face-au-defi-ultime-du-hezbollah/ https://mondafrique.com/moyen-orient/liban-letat-face-au-defi-ultime-du-hezbollah/#respond Tue, 03 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147954 Cet article L’Iran appelle, le Hezbollah répond, et le Liban paie le prix est apparu en premier sur Mondafrique.

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En soutien à l’Iran, après la mort du Guide suprême Ali Khamenei dans des frappes américano-israéliennes, le Hezbollah a relancé les hostilités contre Israël. La riposte a été immédiate. Beyrouth tente désormais de reprendre la main, sans garantie de pouvoir imposer son autorité.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le Hezbollah a lancé une série de projectiles en direction d’Israël, revendiquant une action présentée comme une « vengeance » après la mort d’Ali Khamenei, tué dans les premières heures d’une campagne de bombardements américano-israélienne contre la République islamique. Une roquette a été interceptée au sud de Haïfa, d’autres sont tombées dans des zones ouvertes sans faire de victimes. Sur le plan militaire, l’attaque est restée limitée. Sur le plan politique, elle marque une rupture majeure.

Il s’agit du premier tir revendiqué depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. En agissant explicitement en soutien à l’Iran, le Hezbollah a réinscrit le Liban dans une confrontation régionale dont le centre de gravité se situe à Téhéran. Le message est clair : l’organisation demeure arrimée à l’axe iranien et prête à agir en fonction de ses développements stratégiques.

La riposte israélienne a été immédiate et massive. Des frappes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, plusieurs localités du Sud-Liban ainsi que des zones de la Békaa. Selon le ministère de la Santé, le bilan provisoire fait état de 31 morts et 149 blessés. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des infrastructures liées au Hezbollah et avoir éliminé Hussein Moukalled, présenté comme chef des services de renseignement du mouvement.

Dans les heures qui ont suivi, la panique a gagné le pays. Des habitants du Sud et de la Békaa ont pris la route vers le Nord et des zones perçues comme plus sûres. La banlieue sud de Beyrouth s’est vidée en partie. Les axes reliant le Sud à la Békaa ont été saturés. Le réflexe est désormais connu : à chaque séquence d’escalade, la population anticipe le pire.

C’est dans ce contexte que le gouvernement libanais s’est réuni en urgence. À l’issue du Conseil des ministres, le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé l’interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah sur le territoire libanais et exigé la remise de ses armes à l’État. « La décision de guerre et de paix relève uniquement de l’État », a-t-il déclaré, appelant également à la reprise de négociations sous parrainage international et à un engagement israélien à cesser les hostilités.

Du front iranien au territoire libanais

Sur le plan institutionnel, la déclaration est lourde de sens. Elle constitue une tentative explicite de réaffirmer le monopole étatique de la violence légitime, principe inscrit dans toute architecture étatique moderne. Elle vise aussi à envoyer un signal extérieur : l’État libanais ne se confond pas avec le Hezbollah.

Reste la question décisive : que peut réellement appliquer le gouvernement ?

Le Hezbollah demeure une organisation armée structurée et implantée. Selon les estimations du centre israélien Alma Research and Education Center, il disposerait encore d’environ 25 000 roquettes et missiles, principalement à courte et moyenne portée, avec une capacité de tir de plusieurs dizaines de projectiles par jour. S’y ajouteraient des armements plus sophistiqués en nombre plus restreint. Le groupe posséderait également environ 1 000 drones kamikazes, même si l’ampleur exacte de ses capacités dans ce domaine reste difficile à établir.

L’Institute for the Study of War estime que, malgré les destructions subies lors de la guerre de 2024, le Hezbollah a reconstitué au moins une partie significative de ses stocks d’avant-guerre. Sur le plan humain, les estimations évoquent entre 40 000 et 50 000 combattants actifs, auxquels s’ajoutent des réservistes.

Il est vrai que la guerre de 2024 et les éliminations ciblées ont fragilisé sa chaîne de commandement. Plusieurs cadres ont été tués, et des tensions internes sont évoquées. Mais affaibli ne signifie pas neutralisé. Le mouvement conserve des capacités de frappe réelles et une implantation territoriale et sociale profonde.

La géographie militaire a cependant évolué. Le déploiement d’environ 10 000 soldats de l’armée libanaise au sud du Litani a contraint le Hezbollah à réduire sa présence visible dans la zone frontalière. Une partie de ses capacités aurait été redéployée au nord du Litani et dans la Békaa. Cette configuration limite certains scénarios d’infiltration terrestre directe, mais elle n’empêche pas des frappes à distance.

L’Iran demeure, par ailleurs, un acteur central de cette équation. Malgré les sanctions et les pressions internationales, des flux financiers et logistiques continueraient d’alimenter le Hezbollah. Des membres des Gardiens de la Révolution islamique et de la Force Qods seraient impliqués dans l’assistance technique et la formation. La mort d’Ali Khamenei ouvre une période d’incertitude stratégique, mais elle ne signifie pas nécessairement un désengagement.

Souveraineté proclamée, rapport de force incertain

Dans ce contexte, exiger le désarmement du Hezbollah revient à poser un acte politique fort, mais dont l’application suppose un rapport de force. L’armée libanaise peut-elle engager un processus de désarmement effectif sans risquer une confrontation interne ? Peut-elle, seule, imposer une décision à une organisation qui dispose d’armements significatifs et d’un soutien externe ?

À l’inverse, ne rien tenter reviendrait à entériner une dualité durable des armes. La déclaration gouvernementale vise donc autant l’intérieur que l’extérieur. Elle cherche à redéfinir la responsabilité. En affirmant que la décision de guerre relève exclusivement de l’État, Beyrouth tente de dissocier le Liban institutionnel de l’initiative du Hezbollah.

Cette « distance » pourrait-elle influencer la conduite des frappes israéliennes ? La question est centrale. Israël distingue-t-il strictement les infrastructures du Hezbollah de celles de l’État libanais ? L’expérience des cycles précédents montre que les lignes peuvent rapidement se brouiller. Pourtant, si la communauté internationale perçoit une volonté claire de l’État libanais de contenir et d’encadrer la situation, la pression diplomatique pourrait s’accentuer pour préserver les infrastructures vitales du pays.

L’aéroport international de Beyrouth demeure le principal point d’entrée et de sortie du territoire. Le port constitue un maillon essentiel d’une économie déjà exsangue. Toute atteinte majeure à ces infrastructures aurait des conséquences systémiques. La tentative du gouvernement de se démarquer des choix militaires du Hezbollah vise aussi à protéger ces leviers stratégiques.

En choisissant d’ouvrir le front en soutien à l’Iran, le Hezbollah a pris une décision unilatérale dont les répercussions dépassent largement son propre appareil. Le Liban, État fragilisé par des crises successives, se retrouve de nouveau exposé à une escalade régionale.

L’enjeu dépasse la séquence actuelle. Il touche à la définition même de la souveraineté. Qui décide de la guerre au Liban ? Tant que cette question restera disputée, chaque crise régionale comportera le risque d’un embrasement local.

La déclaration du gouvernement marque peut-être un tournant symbolique. Elle affirme un principe clair et envoie un message politique sans ambiguïté. Mais sa portée dépendra de sa traduction concrète. Entre la volonté affichée et la capacité réelle, l’écart peut être considérable.

Dans l’immédiat, le pays retient son souffle. Les routes encombrées, les frappes nocturnes et les bilans humains rappellent une réalité que les Libanais connaissent trop bien. La guerre ne se décide pas seulement à Beyrouth. Elle se joue aussi dans les calculs régionaux. Et le Liban, une fois encore, se trouve à l’intersection de ces lignes de fracture.

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