diaspora - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/diaspora/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 24 Mar 2026 19:28:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg diaspora - Mondafrique https://mondafrique.com/tag/diaspora/ 32 32 Banlieues Bleues : jazz, luttes et diasporas en mouvement https://mondafrique.com/loisirs-culture/banlieues-bleues-jazz-luttes-et-diasporas-en-mouvement-27-mars-17-avril/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/banlieues-bleues-jazz-luttes-et-diasporas-en-mouvement-27-mars-17-avril/#respond Wed, 25 Mar 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149390 Du 27 mars au 17 avril 2026, le festival Banlieues Bleues revient en Seine-Saint-Denis avec une édition resserrée et ambitieuse, mêlant jazz, musiques du monde et scènes afro-diasporiques dans une programmation audacieuse, politique et résolument tournée vers les circulations culturelles contemporaines. Pendant trois semaines, la Seine-Saint-Denis se transforme en cartographie sonore en constante recomposition. Pour sa 43e édition, […]

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Du 27 mars au 17 avril 2026, le festival Banlieues Bleues revient en Seine-Saint-Denis avec une édition resserrée et ambitieuse, mêlant jazz, musiques du monde et scènes afro-diasporiques dans une programmation audacieuse, politique et résolument tournée vers les circulations culturelles contemporaines.

Pendant trois semaines, la Seine-Saint-Denis se transforme en cartographie sonore en constante recomposition. Pour sa 43e édition, le festival Banlieues Bleues choisit de condenser son énergie du 27 mars au 17 avril 2026, en investissant dix villes du département et une quinzaine de salles. Loin d’un simple rendez-vous musical, l’événement s’affirme comme un espace de circulation des imaginaires, où les héritages africains, les diasporas et les expérimentations contemporaines se rencontrent, se frictionnent et se réinventent.

Cette année, la programmation assume pleinement son ambition : faire du jazz non pas un genre figé, mais un langage en perpétuelle transformation. Un jazz traversé par les mémoires coloniales, les luttes politiques, les hybridations culturelles et les esthétiques urbaines. Un jazz qui dialogue avec le rap, les musiques électroniques, les traditions africaines et les scènes du Sud global.

L’affiche du festival, signée par l’illustratrice Calixte Bernard, donne d’ailleurs le ton. Elle met en avant le public lui-même, comme pour rappeler que Banlieues Bleues est avant tout une expérience collective, un lieu où se fabrique une écoute partagée, attentive aux mutations du monde.

Dès la soirée d’ouverture, le 27 mars à Pantin, le festival annonce la couleur. Le projet Twende Pamoja, réunissant la Nigériane Aunty Rayzor, la Tanzanienne Kadilida et le violoniste Théo Ceccaldi, incarne cette volonté de brouiller les frontières. Le singeli tanzanien y croise des flows rap et des textures instrumentales inattendues, dessinant une musique à la fois ancrée et déterritorialisée.

Dans la foulée, la DJ Edna Martinez prolonge cette dynamique avec ses sets inspirés de la culture picó colombienne, elle-même nourrie d’influences africaines. Une manière de rappeler que les circulations musicales ne sont jamais univoques, mais tissées d’allers-retours, de détours et de réappropriations.

Héritages vivants, modernités réinventées

Au cœur de cette édition, une idée traverse l’ensemble de la programmation : les héritages ne sont pas des archives figées, mais des matières vivantes à réactiver. Le festival met ainsi en lumière des artistes qui travaillent la mémoire musicale pour en faire un terrain d’expérimentation.

Le 29 mars à Épinay-sur-Seine, l’Orchestre de la Crèche, venu de Kinshasa, offre une relecture vibrante de la rumba congolaise. Cette musique, longtemps associée à une forme de nostalgie, retrouve ici une vitalité nouvelle, portée par une scène locale qui ne cesse de la réinventer. Sa présence pour la première fois en France constitue un moment fort du festival.

Dans un autre registre, le projet Love & Revenge, programmé le 4 avril à Saint-Denis, revisite le répertoire d’Oum Kalthoum. Mais loin de la simple reprise, il s’agit d’une transfiguration. La musique devient un espace visuel et sonore où se rencontrent tradition arabe et esthétiques contemporaines, dans un geste artistique qui interroge la transmission autant qu’il la célèbre.

Le festival accorde également une place importante aux traditions musicales africaines revisitées. Le 9 avril à Saint-Ouen, Maalem Houssam Guinia fait résonner la musique gnawa dans une dimension à la fois spirituelle et contemporaine. À ses côtés, Retro Cassetta, surnommé « l’homme aux 20 000 cassettes », explore les archives sonores du Maghreb, révélant des trésors oubliés et leur redonnant une nouvelle actualité.

Cette tension entre passé et présent se retrouve aussi chez des artistes comme Sombat Simla, qui détourne les sonorités traditionnelles thaïlandaises, ou encore le duo Guillaume Latil et Matheus Donato, qui tisse des liens subtils entre jazz et choro brésilien. Autant de propositions qui témoignent d’un monde musical en constante recomposition.

Musiques, luttes et imaginaires politiques

Mais Banlieues Bleues ne se contente pas d’explorer les formes musicales. Le festival interroge aussi leur dimension politique. Cette année, cette réflexion prend une forme particulièrement marquante avec la projection du documentaire Soundtrack to a Coup d’État de Johan Grimonprez, le 31 mars au cinéma Le Trianon à Romainville.

Le film revient sur l’assassinat de Patrice Lumumba, figure majeure des indépendances africaines, en mettant en lumière un angle original : le rôle du jazz dans les stratégies de soft power des États-Unis pendant la guerre froide. À travers les musiques d’Abbey Lincoln, Max Roach, Nina Simone ou encore Dizzy Gillespie, le documentaire montre comment le jazz a été utilisé à la fois comme outil de propagande et comme langage de résistance.

Cette ambivalence traverse l’ensemble du festival. Elle se retrouve dans les performances d’artistes qui interrogent les rapports de pouvoir, les héritages coloniaux et les identités contemporaines. Le projet Aïchoucha de Khalil EPI, par exemple, révèle la richesse des musiques traditionnelles tunisiennes tout en les inscrivant dans un dispositif scénique contemporain.

De même, la présence d’artistes comme Uzi Freyja, qui ouvre le festival avec un rap-électro-twerk intense et engagé, ou encore KeiyaA, dont la musique échappe à toute catégorisation, témoigne d’une volonté de bousculer les normes. Ici, les genres se mélangent, les identités se recomposent et les récits dominants sont remis en question.

Le festival donne également une visibilité forte aux artistes féminines qui réinvestissent des traditions longtemps réservées aux hommes. Asmaa Hamzaoui, avec son groupe Bnat Timbouktou, en est un exemple emblématique. En s’imposant dans l’univers gnawa, elle ouvre un espace inédit, à la fois musical et symbolique.

Enfin, Banlieues Bleues continue de penser la musique comme un espace de circulation globale. Des sound systems colombiens aux scènes nord-africaines, des expérimentations électroniques aux traditions africaines, la programmation dessine une cartographie décentrée, où les périphéries deviennent des centres.

Informations pratiques

Festival Banlieues Bleues – 43e édition
Du 27 mars au 17 avril 2026
Seine-Saint-Denis (10 villes) + Paris
37 groupes – 23 soirées
Lieux principaux :

– La Dynamo (Pantin)
– Théâtre Berthelot (Montreuil)
– Studio Zéro – Académie Fratellini (Saint-Denis)
– Le Trianon (Romainville)
– Divers lieux à Saint-Denis, Saint-Ouen, Épinay-sur-Seine, Aubervilliers

Événements à retenir :

– 27 mars : ouverture avec Twende Pamoja (Pantin)
– 29 mars : Orchestre de la Crèche (Épinay-sur-Seine)
– 31 mars : projection Soundtrack to a Coup d’État (Romainville)
–  4 avril : Love & Revenge (Saint-Denis)
–  9 avril : Maalem Houssam Guinia & Retro Cassetta (Saint-Ouen)
–  17 avril : clôture avec Konono n° 1 (Aubervilliers)
Accès : Navettes gratuites disponibles pour certains concerts (Stains, Clichy-sous-Bois) sur réservation.
Réservations : 01 49 22 10 10

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Enquête sur la diaspora malgache en France https://mondafrique.com/societe/enquete-sur-la-diaspora-malgache-en-france/ Fri, 16 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145328 Forte de près de 170 000 personnes, cette communauté est pourtant peu connue en France. Une enquête permet de mieux comprendre la perception de l’appartenance à la diaspora malgache ainsi que la diversité des relations entre les membres.  Par Caroline Nourry et Sarah M’Roivili (The Conversation)   La diaspora malgache est l’une des principales diasporas d’Afrique subsaharienne […]

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Forte de près de 170 000 personnes, cette communauté est pourtant peu connue en France. Une enquête permet de mieux comprendre la perception de l’appartenance à la diaspora malgache ainsi que la diversité des relations entre les membres.

 Par Caroline Nourry et Sarah M’Roivili (The Conversation)

 

La diaspora malgache est l’une des principales diasporas d’Afrique subsaharienne en France. Les dernières estimations, datant de 2015, font état de 170 000 personnes, ce qui la place au même niveau que les diasporas malienne et sénégalaise. Malgré son importance numérique et son rôle important lors des récentes manifestations de la Gen Z à Madagascar, notamment à travers une mobilisation soutenue sur le réseau social Facebook, cette communauté est peu visible. Elle fait notamment l’objet de peu d’études si on la compare aux autres diasporas préalablement citées.

Une communauté peu connue

On peut faire remonter la première présence malgache en France hexagonale à la moitié du XIXᵉ siècle avec la venue de deux étudiants malgaches inscrits en faculté de médecine. Par la suite, d’autres étudiants, principalement issus des classes bourgeoises proches du pouvoir colonial, suivront le même chemin (études de médecine et de théologie). Cependant, comme le précise Chantal Crenn dans son livre Entre Tananarive et Bordeaux. Les migrations malgaches en France, il est difficile de parler de première vague tant le nombre est faible.

Il faut attendre la Première Guerre mondiale pour observer la première vague importante avec l’arrivée de 40 000 hommes, puis une deuxième vague avec la Seconde Guerre mondiale. Après 1947, la venue de Malgaches en métropole est principalement le fait d’étudiants issus de la bourgeoisie des Hautes Terres. Dans les années 1975-1980, les difficultés économiques et politiques de la Grande île vont pousser une partie des étudiants à venir étudier en France métropolitaine et certains à y rester.

Cet article se propose de combler en partie ces lacunes en analysant les résultats de l’enquête qualitative « Perception et réseaux de la diaspora malgache en France », réalisée dans le cadre du projet de recherche TADY entre janvier 2025 et décembre 2025, regroupant 25 entretiens réalisés avec des membres de la diaspora malgache en France (France hexagonale et La Réunion) et à Madagascar.

Dans le cadre de ces entretiens, deux thématiques principales ont été abordées : d’une part, la perception de l’appartenance à la diaspora malgache ; d’autre part, la diversité des relations entre les membres de la diaspora en France, ainsi que les relations entre cette communauté et Madagascar.

Les résultats développés dans cet article n’engagent pas l’ensemble de l’équipe de recherche du projet TADY mais les seuls auteurs de l’enquête « Perception et réseaux de la diaspora malgache en France ». Cependant, les travaux ont bénéficié d’interactions porteuses au sein du projet TADY et les auteurs remercient à ce titre l’ensemble des membres du projet. Nous renvoyons également les lecteurs au rapport « La diaspora malagasy en France et dans le monde : une communauté invisible ? ».

Définitions endogènes de la diaspora malgache

L’analyse des entretiens de notre enquête ne permet pas d’identifier une définition commune et uniforme à l’ensemble des membres de la diaspora.

Cela rejoint la littérature scientifique sur les diasporas et souligne la nécessité de ne pas adopter une définition trop restrictive des groupes diasporiques. Dans les faits, nous identifions plusieurs visions avancées par les personnes enquêtées, qui peuvent être cumulatives ou non.

Premièrement, une vision identitaire et culturelle met en lumière une série d’arguments en lien avec le fait d’être natif de Madagascar ; d’avoir un attachement identitaire et culturel ; ou encore d’avoir la nationalité malgache (sans forcément avoir un attachement particulier à la culture malgache ou au pays). Ainsi, plusieurs entretiens soulignent que l’appartenance à la diaspora malgache renvoie au fait d’être né à Madagascar puis d’avoir migré, ou encore d’avoir la nationalité et de vivre dans un autre pays que Madagascar.

« La diaspora pour moi, c’est être natif du pays tout en étant parti du pays. » Cette définition est pour certaines personnes une condition essentielle de l’appartenance au groupe diasporique. D’autres ont une vision plus large et considèrent que l’appartenance à la diaspora malgache est davantage liée aux pratiques culturelles, surtout au fait de parler le malgache.« Quelqu’un de deuxième génération peut être considéré comme de la diaspora, mais cela dépend de l’éducation. Si les deux parents sont nés à Madagascar, et si les parents entretiennent la langue avec leurs enfants. Dans ce cas, oui. Sinon, les enfants peuvent avoir un rejet. Cette adoption passe par la langue mais aussi la culture, l’adoption du pays. »

Deuxièmement, une vision réticulaire et communautaire, avec deux représentations.

La première (représentation plus individuelle) renvoie au fait d’être en relation avec les membres de la diaspora et/ou d’être en relation avec Madagascar. « Pour moi, la diaspora c’est toute personne qui a une relation avec Madagascar – que la personne soit malgache ou mariée à un Malgache ou née en France mais enfant de Malgache. Voilà, donc dès qu’il y a une relation avec quelqu’un qui vient de Madagascar ou qui est malgache, qu’il soit né ou pas à Madagascar, pour moi, ça constitue totalement la diaspora. »

La deuxième représentation organisationnelle et communautaire (moins fréquente) qualifie la diaspora comme étant toute forme d’action collective et d’organisation (formelle ou non) qui œuvre pour l’intérêt des Malgaches en France ou à Madagascar. « Selon moi, la diaspora malgache, c’est la communauté de Malgaches à l’étranger qui se retrouvent par leur origine […] et qui se réunissent selon leurs centres d’intérêt (sportif, religion commune, ou un aspect culturel, etc.). »

Comme nous le verrons dans la suite de l’article, cette dimension réticulaire prend une place importante.

La structuration de la diaspora malgache en France

L’analyse des récits nous permet également d’identifier une dimension centrale de la diaspora : celle de la complexité et de la diversité des relations entre diaspora et Madagascar, d’une part, et entre les membres de la diaspora, d’autre part.

Premièrement, l’ensemble des témoignages soulignent l’importance des relations d’entraide entre les membres de la diaspora et Madagascar.

D’abord, les soutiens sont pour la plupart intrafamiliaux et peuvent être plus ou moins réguliers. Ils peuvent intervenir pendant un événement ponctuel (mariage, enterrement, baptême, maladie) ou bien plus régulièrement (transfert mensuel, paiement de frais de scolarité, etc.). « Chaque fois que mes parents avaient besoin, ou avaient un pépin à Madagascar, il fallait dépanner. Ils n’avaient personne sur qui compter à part moi. Donc on part, on ne se rend pas forcément compte, mais il y a une responsabilité derrière. »

Ces logiques d’entraide s’apparentent souvent à de véritables mécanismes de protection sociale s’inscrivant dans une stratégie familiale construite autour de la migration.

D’autres témoignages relatent des processus d’entraide qui dépassent le simple cercle intrafamilial. À l’échelle de la famille élargie, de nombreuses initiatives sont développées dans le village d’origine des parents ou, plus largement, dans le lieu d’origine de la famille à Madagascar. Les mécanismes d’entraide sous-tendent de nombreux processus de négociation et des échanges complexes. Les écarts économiques et les perceptions de ces écarts renforcent la complexité de ces relations.

Nourrir tout un voisinage

De nombreux témoignages soulignent la complexité des réseaux d’entraide entre la diaspora et Madagascar :« Quand on envoie de l’argent là-bas, comme c’est un pays pauvre, ma famille a des voisins, les voisins savent que la famille de France envoie de l’argent, alors des fois quand on envoie de l’argent, on nourrit tout un voisinage. Donc des fois ma famille en demande un peu plus. C’est en allant là-bas que je l’ai vu et je l’ai vécu. »

Ainsi, les mécanismes d’entraide intrafamiliaux réguliers (entre enfants en France et parents à Madagascar par exemple) sont souvent le pilier de tout un système de redistribution impliquant de nombreuses personnes à Madagascar et en France.

Ensuite, au-delà de la logique de l’aide privée, plusieurs répondants soulignent la nécessité ressentie d’œuvrer directement pour Madagascar. Ils expriment leur sentiment de devoir moral impérieux, souvent cultivé au sein de la famille, à réinvestir leurs compétences acquises en France pour le développement de Madagascar.

Cette position, ancrée dans leur vision propre des enjeux du développement à l’île, se décline entre s’investir via l’aide au développement ou via le secteur privé, dans une perspective critique de l’aide. Dans les deux cas, toutefois, cette volonté de mobiliser ses compétences pour Madagascar entre en tension avec les opportunités limitées sur le marché du travail local, que ce soit en termes d’accès à l’emploi ou en termes de traitement salarial, en lien avec les écarts rapportés par plusieurs répondants entre conditions salariales des expatriés et conditions salariales des personnels nationaux. Les personnes malgaches venues étudier en France craignent de recevoir un salaire local alors que leur niveau de compétence est validé par un diplôme international.

Des réseaux de solidarité dans les deux sens 

Toutefois, malgré le manque d’opportunités de retour à Madagascar, la participation de la diaspora au développement du pays est bien réelle et prend notamment la forme de ressources immatérielles à travers le transfert d’opinions et d’idées qui peuvent influencer voire façonner celles des membres de la famille et plus largement l’opinion publique et dont le principal support et espace d’expression est Facebook, le réseau social le plus utilisé par les Malgaches.

Plusieurs enquêtés affirment s’informer régulièrement sur la situation du pays et certains prennent le temps de discuter les actualités avec leurs proches à Madagascar.

Par ailleurs, les influenceurs et lanceurs d’alerte sur Facebook basés en Europe, qui bénéficient d’une grande popularité en France comme à Madagascar, ont joué un rôle important dans le mouvement de la Gen Z.

Deuxièmement, l’analyse des récits permet également de caractériser la diversité des réseaux diasporiques en France selon les personnes.

Certaines se trouvent dans des réseaux exclusivement structurés autour de la famille proche et n’ont que peu de relations avec le reste de la diaspora malgache en France. « En tant que personne faisant partie de la diaspora, je n’ai pas beaucoup échangé avec d’autres personnes de la diaspora, à part la famille. J’ai une définition très personnelle et très restreinte, je ne connais pas d’associations ou autre, je n’en ai jamais fait partie. »

Ces personnes peuvent par ailleurs maintenir des relations avec les membres de la famille présents à Madagascar. Tandis que d’autres, et ce à des niveaux variables, sont insérées dans des associations sportives, culturelles ou religieuses. Les organisations cultuelles malgaches occupent une place centrale dans la structuration des réseaux diasporiques. Au-delà de la fonction cultuelle, les Églises chrétiennes malgaches, dont les deux plus importantes et présentes dans les grandes villes françaises sont l’Église protestante malgache en France et le réseau des communautés catholiques malgaches de France, assurent souvent un rôle déterminant d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants (recherche d’emploi et de logement, conseil administratif), et favorisent également le maintien d’un lien fréquent et fort avec la communauté malgache. « Sans la communauté malgache, je ne sais pas trop comment j’aurais pu m’en sortir à mon arrivée en France. C’est complètement grâce à la communauté malgache que j’ai pu m’en sortir, parce que ne serait-ce qu’avoir des amis, avoir des gens qui aident, par rapport à tout ce qui est administratif… parce qu’arriver en France sans rien connaître du tout, c’est très compliqué. […] Tout a été facilité par cette communauté malgache. La communauté de l’Église m’a permis de ne pas trop perdre mes repères et de ne pas être perdu totalement après mon arrivée en France. »

En conclusion, les principaux résultats de l’enquête soulignent la complexité des structures des réseaux diasporiques. Cette dernière s’explique non seulement par la diversité des représentations que la diaspora a d’elle-même mais aussi par la multitude des formes d’interaction qu’elle entretient avec Madagascar.


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