« Sur les pas de Camus », le 11 décembre à Paris

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Le forum France Algérie, présidé par Farid Yaker, organise à Paris le 11 décembre, une conférence avec Agnès Spiquel et Christian
Phéline auteurs d’un livre: « Sur les pas de Camus ». Une chronique
signée par Chérif Lounès

Ce petit livre propose une exploration d’Alger avec
pour guide Albert Camus, sa vie, ses écrits, ses amis, tant algériens
qu’européens.
A l’heure où le peuple algérien a déclenché depuis le vendredi 22 février 2019 une nouvelle révolution en vue de mettre fin au système mis en
place en 1962 par un clan du FLN qui l’a privé de liberté, il importe de
revisiter les écrits de Camus. Il apparaîtra ainsi à tout un chacun que l’’écrivain prix Nobel de littérature était un visionnaire en avance sur son temps et dont les positions furent rejetées par les extrêmes des deux côtés : celui des colons et celui du FLN. 
Tout d’abord Camus « ne pouvait pas cautionner ceux qui tuaient sans distinction des civils arabes et français, femmes et enfants, au nom d’une telle cause.*». Voici ce qu’il écrivait : « Ce terrorisme est un crime, qu’on ne peut ni excuser ni laisser se développer. Sous la forme où il est pratiqué, aucun mouvement révolutionnaire ne l’a jamais admis … Quelle que soit la cause que l’on défend, elle sera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente ou le tueur sait d’avance qu’il atteindra la femme et l’enfant.*». (A.C dans « Avant Propos », O.C. IV, p.300).
Ensuite, pour Albert Camus, qui dès les années trente dénoncera la misère en Algérie en particulier en Kabylie, « L’erreur du gouvernement
français depuis le début des évènements a été de ne jamais rien
distinguer, et par conséquent de ne jamais parler nettement, ce qui
autorisait tous les les scepticismes et toutes les surenchères dans les masses arabes. Le résultat a été de renforcer de part et d’autre les
factions extrémistes et nationalistes.*». (A.C : « Algérie 1958 », in O.C.IV, p.390).
Enfin, rappelons sa proposition d’une Fédération plaidée en vain même si au départ son idée avait été partagée par Farhat Abbas,
Messali Hadj ou le cheikh El Okbi à la tête de l’association des
Oulémas qu’Albert Camus aimait fréquenter au Cercle du Progrès à Alger. Voici sa position : « Le seul régime qui, dans l’état actuel des choses,
rendrait justice à toutes les parties de la population m’a longtemps paru celui de de la fédération articulée sur des institutions
analogues à celles qui font vivre en paix, dans la confédération
helvétique, des nationalités différentes. Mais je crois qu’il faut
imaginer un système encore plus original.*». (A.C, « Algérie nouvelle », in O.C. IV, p.391-392).
Pour Albert Camus « ce projet fédéral ne prévoyait ni plus ni moins sur la
naissance d’un Commonwealth français ancré dans une perspective euro-méditerranéenne, sans «obéir à la violence»*»: «L’Algérie verrait ainsi
consacrer sa différence, en même temps que sa parenté, à l’intérieur d’une communauté en mouvement dont la destinée est de s’accorder un jour avec une Europe enfin unie. Ce jour-là, l’Algérie aurait
conquis la dignité entière de la personne, qui s’est toujours définie par l’équilibre d’une autonomie et du libre-service à une collectivité.*».
(A.C, «L’avenir algérien -Alger capitale fédérale », 25 juillet 1955, in O.C. III, p. 1031-1032).
C’est cette « dignité entière de la personne » que recherchent les millions de manifestants algériens qui défilent depuis 10 mois dans les rues d’Algérie. 
 
Alessandro Bresolin, livre : « Albert Camus : l’union des différences »,
préface d’Agnès Spiquel, Presse Fédéraliste, septembre 2017.

Une présentation des auteurs et un débat avec le public auront lieu
le 11 décembre à 19 heures à « l’Atelier » au 110, boulevard de

Sébastopol ( Paris 75003).

Le Forum France-Algérie est un espace de réflexion et de dialogue dont l’un des objectifs est de promouvoir l’amitié entre les peuples français et algérien.

www.forumfrancealgerie.orgwww.facebook.com/forumfrancealgerie

Une inscription est nécessaire ici
Une possibilité de diner est offerte sur place 
Entrée – Couscous- Boisson et thé à 23 €


Agnès Spiquel, présidente de la Société des Études camusiennes et
professeur de littérature française, longtemps membre de l’École
doctorale algéro-française, a contribué à l’édition des Œuvres
complètes d’Albert Camus dans la Pléiade, notamment pour Le
Premier Homme, et publié récemment les textes de débat Alger 1967,
Camus un si proche étranger (El Kalima, 2018)

Christian Phéline se consacre à des études de micro-histoire de
l’Algérie coloniale, après avoir été coopérant peu après l’indépendance
puis exercé des responsabilité dans l’administration française de la
culture et des médias. Il a publié dernièrement Les avocats d’origine
musulmane dans l’Alger coloniale (Casbah, 2017), Aurès 1935.
Photographies de Thérèse Rivière et Germaine Tillion (Hazan, 2018)
et Lettres de prison de révoltés de Margueritte (1901) (El Kalima,
2019).
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