Les succès de l’armée algérienne face au trafic d’armes 

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De l’aveu même de l’Etat-Major de l’armée algérienne, le problème numéro 1 qui menace dangereusement la sécurité nationale de l’Algérie s’appelle… le trafic d’armes. Depuis l’éclatement de la Libye et le pourrissement du conflit au nord du Mali, le phénomène prend une ampleur inquiétante dans les zones frontalières en Algérie. Les réseaux de trafiquants nouent des connexions avec des groupuscules terroristes algériens. Les services de renseignements ont tiré la sonnette d’alarme. Et depuis 2015, sur le terrain, l’armée algérienne mène une véritable guerre contre les réseaux de trafic d’armes.

Lutte sans merci 

“Sans aucun doute, les plus dangereux réseaux de contrebande sont ceux de trafic d’armes, à qui l’ANP a toujours fait face. Nous avons mis en échec leurs desseins hostiles à notre pays et notre peuple”. C’est avec ces mots que le général-major Ahmed Gaïd Salah a résumé la situation en louant “l’esprit national” algérien. Il faut éviter à tout prix, selon l’Armée, que l’Algérie devienne un marché à ciel ouvert d’armes de guerre.

Depuis la nouvelle restructuration du DRS (services algériens), la coordination entre les services et les militaires s’est améliorée. Preuve en est, il ne se passe pas un jour sans qu’une saisie d’armes de guerre ou une découverte de cachette d’armes ne soient signalées par le ministère de la Défense algérien.

Une cache d’armes et de munitions a été découverte samedi 4 mars de la zone frontalière d’In Guezzam (wilaya de Tamanrasset) par un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP), indique un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).

Menaces sahéliennes

Ce jour là, grâce une patrouille de reconnaissance menée près des frontières au niveau de la zone frontalière de In Guezzam, wilaya de Tamanrasset (6ème Région Militaire), un détachement de l’armée a découvert, une cache d’armes et de munitions contenant six  pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov PMAK , une mitrailleuse lourde de type FMPK, un lance-roquettes de type RPG-7, un fusil semi-automatique de type Simonov, deux  roquettes pour RPG7″, a expliqué le ministère de la Défense à Alger.  Cette même cache contenait également “vingt grenades, neuf grenades fumigènes, dix-sept chargeurs pour pistolet mitrailleur de type Kalachnikov, ainsi qu’une importante quantité de munitions de différents calibres”.

Ces armes sont destinées, selon des sources sécuritaires algériennes, à la vente en Afrique Sub-saharienne où les négociateurs des narcotrafiquants les revendent à des groupes armées. Autant le  Nigéria que le vaste Sahel sont des terrains minés par les luttes armées depuis l’éclatement de la crise du nord du Mali.

La poudrière libyenne
Deux jours auparavant, c’est une autre opération de l’armée algérienne à Adrar, au sud du pays, qui a permis de découvrir une autre cache importante contenant des pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov et une lourde mitrailleuse ainsi que 1686 balles de différents calibres.  Il arrive souvent que ces armes soient acheminées jusqu’au nord de l’Algérie pour alimenter des réseaux criminels ou même des groupes armés comme ce fut le cas à Boumerdès, une région située à 50 Km d’Alger, où l’armée algérienne a démantelé au début du mois d’octobre tout un groupe terroriste qui disposait d’une inquiétante cache d’armes contenant des bombes , des produits explosifs et des moyens de détonation.
C’est dans le sud du pays, une région proche de la poudrière libyenne, que les armes les plus dangereuses transitent, se vendent et s’échangent notamment dans les régions de Tamanrasset et Adrar, deux vastes territoires que l’armée algérienne tente de surveiller minutieusement pour éviter l’avènement d’une menace armée. Et pour contrecarrer le dispositif de contrôle de l’armée algérienne, les marchands d’armes évitent de transporter des armes lourdes et préfèrent faire circuler des fusils mitrailleurs RPK, des pistolets mitrailleurs de type kalachnikov, des chargeurs de munitions et des quantités de balles de différents calibres.
Et le match qui oppose les soldats algériens à ces trafiquants d’armes ne vient que de commencer. Pour l’Algérie, l’ultime objectif est d’empêcher que ces armes tombent entre les mains des groupes armés islamistes encore en activité dans le maquis algérien. Pour les trafiquants, l’Algérie est une plaque tournante qui leur permet d’exporter leurs armes un partout en Afrique et quelques fois jusqu’au nord de la Méditerranée où des bandes criminelles les achètent à des prix défiant toute concurrence.
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