
Un rassemblement s’est tenu jeudi place du Panthéon à Paris pour protester contre l’augmentation des frais pour les étudiant(e)s extra-communautaires à l’université Paris 1, imposée par la présidence de l’établissement. Il en coûtera désormais à ces étudiants 2 895 euros/an en licence et 3941 en master, de 10 à plus de 15 fois plus que ce que payent leurs camarades français et européens.
La mobilisation des personnels et des étudiants, en grève ce 2 avril, a « déjà permis un amendement », a indiqué l’intersyndicale : les étudiants étrangers en cours de cycle ne se verront pas imposer ces nouveaux tarifs.
La contestation au sein de l’université ne faiblit pas et le mouvement de rétention des notes se poursuit. L’intersyndicale dénonce un budget « austéritaire » et affirme qu’il existe encore d’autres solutions à explorer, pour que Paris 1 ne soit pas placé sous tutelle du rectorat, que celle de la différenciation des frais de scolarité des étudiants étrangers.
« Bienvenue en France »
La possibilité d’imposer des coûts différents aux étudiants en fonction de leur origine a été adoptée par le gouvernement en novembre 2018, puis mise en œuvre par l’arrêté bien mal nommé « Bienvenue en France », le 19 avril 2019. Cette mesure avait suscité une levée de boucliers de toutes les sociétés savantes et la majorité des universités s’étaient refusées à l’appliquer. Le propre président de Paris 1 à l’époque, Georges Haddad, avait critiqué avec véhémence une décision discriminatoire. « Je ne sais pas qui a eu cette idée mais elle me choque beaucoup« , s’était-il indigné à l’époque, refusant de s’y soumettre. « Pour moi, c’est une insulte. J’en ai souffert parce que je viens de Tunisie. Et je sais très bien qu’à 4000 euros de droits d’inscription, je n’aurais jamais pu étudier en France« , avait-il ajouté.
Avec le temps, alors que toutes les universités de France sont désormais en déficit, à cause d’un désengagement croissant du ministère, certaines ont fini par céder. Il est vrai que les solutions de financement privés ne sont pas ouvertes de façon égale à tous les établissements, en fonction des disciplines enseignées. Paris 1, université de sciences humaines et sociales, n’y a pas accès et se trouve donc en déficit depuis 2024. L’année dernière, elle a été mise sous tutelle du rectorat, ce que ses dirigeants ont très mal vécu.
Un système inégalitaire et dissuasif
Les droits d’inscription différenciés, quand ils sont appliqués, le sont soit intégralement, soit avec des exceptions. À Paris 1 par exemple, les ressortissants des pays les moins avancés sont exemptés. « Mais ça reste extrêmement inégalitaire. Pourquoi exempter quelqu’un qui vient d’un milieu très favorisé au Tchad et pas un étudiant tunisien issu d’un milieu modeste?« , s’interroge une membre de l’intersyndicale.
Ajoutons que l’attractivité des universités françaises à l’étranger, qui reposait largement sur le faible coût des études comparé aux universités anglo-saxonnes, ne résistera peut-être pas aux nouvelles pratiques. La France était, avant cette décision, la première destination universitaire non anglophone.


























