Sénégal, le pouvoir lâche du lest en libérant Sonko

La justice sénégalaise vient de libérer l’opposant Ousmane Sonko dont l’interpellation pour viol a mis le pays à feu et à sang.

Le Président sénégalais, Macky Sall, qui a brillé par son absence face aux manifestations violentes qui ont eu lieu dans tout le pays, sort fragilisé des émeutes déclenchées par la garde à vue d’un de ses principaux opposants, aujourd’hui relâché. c’est que la rue sénégalaise le soupçonne, sans doute avec raison, d’avoir instrumeentalisé la justice pour neutraliser un de ses principaux opposants

Beaucoup de mauvaises nouvelles, ces dernières heures, pour le pouvoir sénégalais dans la gestion de ce dossier: désistement du premier juge d’instruction chargé du dossier, démission du capitaine de gendarmerie chargé de l’enquête et qui a fait état des pressions.

Ambitions contrariées

L’ingénierie politico-judiciaire qui a permis de neutraliser Khalifa Sall, l’ancien et brillant maire de Dakar, ou Karim Wade, le fils de l’ex Président sénégalais, n’a pas marché avec Sonko. Ce revers complique les ambitions de Macky Sall qui voudrait briguer un troisième mandat.

Il reste à savoir si les manifestations prévues pour trois jours à venir vont accentuer ou relâcher leu pression sur le pouvoir.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)