Ségolène Royal avait préparé le voyage de Macron à Alger

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Emmanuel Macron a beaucoup consulté de monde, dont l’historien Benjamin Stora et l’ancien conseiller diplomatique de la mairie de Paris, avant de se rendre en voyage officiel à Alger. Sur place, Ségolène Royal qui passait huit jours de vacances à Djanet dans le sud algérien, a finalisé les conditions de ce déplacement à haut risque. C’est elle qui a transmis à Emmanuel Macron les précautions à prendre pour ne pas froisser Alger.

Du “génocide” à “la barbarie”

Pas question tout d’abord que la sénatrice socialiste et présidente de l’Institut des cultures de l’Islam, Bouza Khiari, jugée trop pro marocaine, participe à ce voyage, comme cela avait été annoncé. Deuxièmement, le candidat à la présidentielle se devait de déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du soldat inconnu algérien. Troisième condition, Emmanuel Macron était prié de rendre visite au ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, qui est candidat pour prendre la tète de la Mosquée de Paris, un poste à la discrétion du pouvoir algérien sous réserve d’un accord discret de Paris.

Autant de lignes jaunes que l’ancien ministre de Hollande a scrupuleusement respectées. Ses déclarations sur “les crimes contre l’humanité” et “les actes de barbarie” commis par les colonisateurs français ont été la cerise sur le gâteau. Il s’agit en effet des éléments de langage habituels du pouvoir algérien. Encore que le président Bouteflika, lui, préfère parler de “génocide” à propos des tueries de Sétif, aux lendemain de la seconde guerre, qui ont fait au moins 30000 morts.

Nicole Guedj indésirable

Il a juste été reproché à Emmanuel Macron d’être accompagné par l’ancienne secrétaire d’Etat de Jacques Chirac, Nicole Guedj, originaire de Constantine, mais jugée par certains Alger trop pro israélienne. Les Affaires Etrangère algériennes avaient donné un accord de principe à la venue de cette française d’origine algérienne que l’on croise souvent à la Mosquée de Paris. Mais d’autres clans nationalistes et arabisants ont regretté en privé la présence de la fondatrice de la Fondation France-Israel.

Le voyage, pour le reste aura été parfaitement réussi.

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