Au secours, la Centrafrique se meurt !

Le régime centrafricain , protégé par la France et la Minusca, connaît une dérive très inquiétante.

Mondafrique
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Depuis le début de l’année, les populations sont massacrées dans quasiment douze préfectures sur seize. Des pics de violence ont lieu dans les deux Mboumou et dans les deux Kotto. Des massacres qui pourraient s’assimiler bientôt à des génocides ont commencé à l’est du pays. Les responsables de l’ONU qu’ils soient à New York, à Libreville et surtout à Bangui n’arrivent plus à trouver, dans le dictionnaire, les mots les plus forts pour dénoncer ces massacres de civils innocents et la destruction par dizaines de milliers de leurs habitations. Bientôt. A l’exception du “Ledger Plaza”, le palace de Bangui, la guerre civile risque de se propager sur tout le territoire national.

Circulez, il n’y a rien à voir

Quelques paroles répétitives, désormais  inaudibles, de l’ONU, de l’Union africaine, et encore plus rarement de l’Union européenne et de la France, et puis plus rien. La Communauté internationale détourne les yeux de ce drame qui a rejoint les plus terribles de l’Histoire africaine. Quelques miroirs aux alouettes, aux budgets colossaux, tels que le DDRR, La RSS, la Cour  Pénale Spéciale sont lancés alors qu’il n’y a plus d’État, que le territoire national est hors de contrôle. On ne trouve pas deux  ennemis déterminés comme au Rwanda ou en Cote-d’Ivoire, mais des centaines de groupes criminels.

Des questions sans réponses
Les Centrafricains savent-ils que la Cour Penale Spéciale n’est pas compétente pour les crimes commis après 2015 ? Qu’elle ne commencera vraiment dans quelque mois pour les crimes les plus anciens ?  Comment les juges instructeurs pourront-ils se rendre à Ndele, Paoua, Boda etc … Sans risquer pour leur vie ?
 Comment les autorités de l’ONU et de la France laissent-elles le régime de Touadera glisser inexorablement, de jour en jour, vers une dictature. Ses conseillers zélés, qui avaient déjà sévi sous Bozize et Touadera, avant 2013, sont revenus et s’en prennent violemment à l’Assemblée nationale, asphyxiée financièrement.
Des dérives inquiétantes
Les médias sont de plus en plus bâillonnés, comme en témoigne le limogeage récent de la directrice de la TV, les contrôles des réseaux sociaux et les ennuis de nombreux journalistes. Les principales personnalités politiques de l’opposition sont inquiétées par de nouveaux  “patriotes” organisés, à l’instar de la Côte-d’ivoire de Gbagbo, par un proche conseiller du président et un activiste militaire de l’ancien régime de Bozize, responsable de l’insurrection anti-balaka du 5 décembre 2013.
La Cour Pénale Spéciale va-t-elle instruire contre ces assassins du régime Bozize-Touadera pour leurs actes criminels commis avant 2015 ? Va-t-Il y avoir de nouvelles liquidations, comme celle de Charles Massi?
L’heure du bilan
En laissant faire ce régime discrédité et corrompu et en ne protégeant pas les innocents des bandes criminelles, l’ONU, avec ses milliards de dollars dépensés, ne pourra plus longtemps échapper au bilan de son intervention en Centrafrique.
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