Rien ne va plus entre le Maroc et les Emiratis

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Au grand étonnement du Royaume du Maroc, les Emirats Arabes Unis n’ont plus d’ambassadeur à Rabat, et cela depuis plus d’un an. Ce qui a provoqué un net raidissement des Affaires Etrangères marocaines qui ont rappelé leur ambassadeur à Abu Dhabi.

Les relations sont traditionnellement courtoises et même confiantes entre le Maroc et les Emirats Arabes Unis. Beaucoup de Cheikhs émiratis passent une partie de leurs vacances, à titre strictement privé, dans les somptueuses propriétés qu’ils possèdent à Casablanca ou à Tanger.

Or pour des raisons non avouées, la représentation des Emirats Arabes Unis à Rabat a été gérée, ces derniers mois, par un simple cadre administratif chargé des affaires consulaires. De l’inédit! En d’autres termes, les Emirats Arabes Unis n’ont pas d’ambassadeur au Maroc supposé être un pays frère.

Selon certains diplomates en poste à Rabat, cette marque de défiance à l’égard du Royaume marocain aurait été provoquée par « les bonnes relations que Rabat entretient avec Doha ». Il est vrai que dans la guerre larvée qui oppose les frères ennemis qataris et émiratis aussi bien face à l’Iran que face à la Turquie, la diplomatie marocaine a toujours tenu à se tenir à égale distance entre Doha et Abu Dhabi. « L’objectif des Marocains, ajoute notre diplomate, a toujours été de tenter de rapprocher les points e vue entre les familles rêgnantes au pouvoir dans les deux pays ».

Mauvaise humeur marocaine

Dans ce contexte délétère, le Maroc a rappelé son ambassadeur à Abu Dhabi ainsi que plusieurs cadres de son ambassade. La représentation diplomatique marocaine à Abu Dhabi est réduite à un seul agent.

Une certitude, les relations entre le Maroc et les Emirats Arabes Unis sont au point mort. Pour combien de temps?

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)