RDCongo, la violence politique toujours présente

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L’ONG Human Rights Watch émet les plus grands doutes sur la possibilité d’organiser des élections libres en République démocratique du Congo

La répression gouvernementale en République démocratique du Congo six mois avant les élections programmées renforce les craintes de violences politiques généralisées, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Le 23 juin 2018, le Comité laïc de coordination (CLC) de l’Église catholique a déclaré dans une lettre à l’Union africaine préparer de nouvelles actions de protestation, et a décrit « une crise totale de confiance » dans le processus électoral et des risques de « chaos certain et généralisé ».

Les gouvernements concernés et les organes régionaux devraient augmenter la pression sur le Président Joseph Kabila et les autres hauts responsables afin qu’ils prennent des mesures urgentes pour permettre des élections libres et équitables avant la fin de l’année. Au cours des trois dernières années, le parti au pouvoir en RD Congo, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, ainsi que les forces de sécurité gouvernementales ont eu recours à la répression, à la violence et à la corruption pour renforcer leur mainmise sur le pouvoir. Kabila est toujours en poste, alors que les deux mandats que lui autorise la Constitution sont arrivés à échéance en décembre 2016.

« Il y a toujours beaucoup d’incertitudes quant à savoir si le Président Kabila va se retirer en accord avec la Constitution, et permettre un scrutin crédible qui marquerait la première transition démocratique en RD Congo depuis son indépendance », a déclaré Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Si Kabila ne le fait pas, cela renforcera le risque de violences et d’instabilité à grande échelle, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour toute la région. »

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)