Rapport Rwanda (2), la DGSE aura gardé la tète froide

187079 03: A crowd of refugees carry their belongings May 3, 1994 at the border of Rwanda and Tanzania. Hutu refugees have fled to Tanzania border across the Akagara River in order to escape reprisals by Tutsi rebels. (Photo by Scott Peterson/Liaison)

Le rapport Duclert sur les responsabilités françaises dans le génocide au Rwanda montre que les services secrets français (DGSE) ont gardé la tète froide

Contrairement à l’armée française et à l’Elysée qui ont dédouané les Hutus dans le génocide commis contre les Tutsis, la DGSE a montré beaucoup plus de rigueur dans l’analyse des événements rwandais. D’après le rapport Duclert, les barbouzes français renvoient « une image critique » du président rwandais, leHutu Juvénal Habyarimana, constamment soutenu par la France, dont l’avion fut abattu le 6 avril 2014 par deux missiles entrainant sa mort et le début du génocide. Après ces événements, les barbouzes français mettent très vite en cause les responsables génocidaires, des termes qu’au plus haut sommet de l’Etat on se refuse à utiliser. « Munies de listes préétablies, écrit la DGSE, les militaires de la garde présidetielle appartenant à l’ethnie des Hutus ont entrepris de massacrer tous les Tutsi ».

Le FPR dédouané

Dès le 2 mai, les services français estiment que le Front patriotique rwandais (FPR), organisation militaire tutsie basée en Ouganda, est « très certainement étranger » à l’attentat contre le président rwandais, alors que les génocidaires hutus ont ainsi justifié leurs exactions par une supposée responsabilité de leurs ennemis dans l’attaque contre l’avion présidentiel.

Et plus tard, les services fraçais d’avertir que « le danger est grand pour la France, de passer pour complice du gouvernement rwandais hutu ».

Dont acte !

Previous articleRapport Rwanda (3), encore des zones grises
Next articleRapport Rwanda (1), la confiscation du dossier par Mitterrand
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)