Un « printemps berbère » assez chaud au Maroc

Tout est parti de heurts violents qui ont opposé fin janvier, aux universités d’Agadir et de Marrakech,  des étudiants du mouvement amazigh aux étudiants pro-Polisario. Un étudiant amazigh succombe à ses blessures le 23 janvier, ppoint de départ d’un vaste mouvement de dénonciation aux relents identitaires très prononcés. En effet, dans les villages et les douars très reculés du haut et moyen-Atlas, les drapeaux berbères, symbole d’une revendication de la singularité de la culture amazighe, font leur apparition. Le discours lors des manifestations est très politisé, très revendicatif. « C’est la première fois que l’on assiste au Maroc à un tel mouvement », affirme à Mondafrique, le patron d’un parti de la majorité gouvernementale, inquiet de la tournure que prend cette affaire.

En un quelques semaines, ce qui a été un hommage rendu à un martyr est devenu un mouvement politique. Assiste-t-on à la levée d’un vent de contestation dans le « pays berbère » ? La situation économique n’est pas reluisante, d’autant plus qu’une sécheresse implacable s’abat sur le monde rural, vivier de ce nouveau « printemps berbère ». En outre, comme le reconnait un membre du gouvernement « l’entêtement du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane face à certains dossiers pourrait rajouter de l’huile sur le feu de la contestation amazighe ».

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)