Pressions françaises et américaines sur l’élection du futur Président libanais

Les alliés occidentaux du Liban tentent d’accélérer l’élection d’un nouveau président de la République et de peser sur le choix du candidat, alors que le mandat du sortant, Michel Aoun, a expiré le 31 octobre.

Une délégation du Congrès américain était attendue, dimanche, à Beyrouth pour une visite d’un seul jour, selon des sources citées par l’agence al-Markaziya. Menée par le démocrate Mark Takano qui représente la Californie, la délégation devrait être reçue par le président de la Chambre, Nabih Berry, connu pour être un « faiseur de Rois », le Premier ministre sortant, Najib Mikati ainsi que le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, dont les chances apparaissent aujourd’hui sérieuses d’accéder à la magistrature suprême. Courtois, consensuel et légitimiste, le patron des militaires libanais a réussi la performance d’être soutenu discrètement par les Américains, tout en cohabitant, au prix de beaucoup de diplomatie, avec le Hezbollah, le mouvement chiite radical. 

Intrusions françaises

Le patron de l’armée libanaise apparait en tout cas comme le candidat de la diplomatie française qui, d’après le journal Al-Akhbar, cherche à soutenir une personnalité qui soit relativement neutre par rapport au Hezbollah, le mouvement chiite pro iranien.Lequel voudrait imposer un des ses alliés au sein de la communauté chrétienne.

Dès le mois d’avril dernier,  Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait invité pour un Iftar ses deux principaux interlocuteurs maronites: le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, avec qui le mouvement chiite  a gouverné ces dernières années, et le président du mouvement Marada, Sleiman Frangié, qui a toujours revendiqué une proximité avec le Hezbollah. Le leader chiite avait tenté d’apaiser les tensions entre les deux rivaux politiques et d’apparaitre comme incontournable dans le choix d’un Président au Liban. Le revers subi par la coalition gouvernementale aux dernières législatives du mois de mai pourrait amener le Hezbollah à réduire ses prétentions dans le futur choix du parlement libanais en faveur du prochain chef de l’état.

Les relations entre Paris et le mouvement chiite pro iranien se sont en tout cas nettement refroidies ces dernières semaines. Pour Emmanuel Macron qui cherchait à peser dans les négociations sur le nucléaire avec Téhéran, le Hezbollah pro iranien représentait un interlocuteur à ménager. Les mobilisations populaires en Iran n’ont pu que faire passer au second plan l’espoir d’un accord au Moyen Orient. Du coup, Emmanuel Macron n’a plus la volonté de jouer un rôle central dans un tel dossier et ne doit plus privilégier ses relations avec le Hezbollah au Liban.   

 

1 COMMENT

  1. Les colonistes que se soit français ou américains ne retiennent jamais l’histoire du monde. Ils se mêlent sa s cesse de ce qui ne les regarde pas. Leurs seuls soucis se sont les gains qu’ils peuvent tirer audetriment des peuples.

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